Posts Tagged ‘Kaddafi’

Algérie : que faire de la famille Kaddafi ?

avril 8, 2013
Aïcha Kaddafi avait du mal à tenir sa langue en Algérie Aïcha Kaddafi avait du mal à tenir sa langue en Algérie © Reuters

Trois membres éminents de la famille de l’ancien dictateur libyen sont toujours réfugiés en Algérie. Aïcha, sa fille, est exilée au sultanat d’Oman. À Alger comme à Mascate, on ne sait trop que faire de ces hôtes toujours encombrants.

Safia, la veuve de Mouammar Kaddafi, et Hannibal, son fils, n’ont toujours pas quitté l’Algérie, où ils ont été accueillis pour des « raisons humanitaires » après la chute du « Guide » libyen, en août 2011. Safia a émis le souhait de rentrer en Libye, où elle ne risque pas d’être inquiétée par la justice.

Privé de téléphone, d’ordinateur et de sorties, Hannibal est, lui, « comme un lion en cage », explique un diplomate. Alger a bien tenté de le transférer discrètement au Liban en compagnie de son épouse, l’ex-top modèle Aline Skaf Kaddafi, mais les autorités de ce pays s’y sont opposées, Hannibal étant réputé violent et incontrôlable.

Aïcha, sa soeur, a pour sa part obtenu, en octobre 2012, l’asile politique dans le sultanat d’Oman. Mascate lui a accordé l’asile, pour « des raisons humanitaires ». Cette mesure est assortie de l’interdiction de mener « toute activité politique ou médiatique ». Aïcha se taira-t-elle ? Le gouvernement algérien s’était montré extrêmement discret sur les lieux de résidence de la famille de l’ancien dictateur. Alger avait dû rappeler à l’ordre à deux reprises Aïcha Kaddafi, avocate de formation, qui s’était exprimée dans les médias syriens pro­gouvernementaux pour critiquer le nouveau pouvoir libyen et appeler les partisans du « Guide » à prendre les armes pour venger la mort de son père.

Deux anciens responsables de la Jamahiriya n’ont pas bénéficié des mêmes faveurs. Mohamed Ibrahim Kaddafi, ex-directeur du Fonds libyen du financement et de la production, et Mohamed Amine Maria, ex-ambassadeur en Égypte, ont été extradés du Caire vers la capitale libyenne pour y être jugés. Les deux hommes sont notamment accusés de corruption. En vertu d’un protocole d’entente signé entre l’Égypte et la Libye, cette dernière s’est engagée à donner toutes les garanties d’un procès public, juste et transparent aux deux prévenus, qui pourront choisir en toute liberté leurs avocats.

Jeuneafrique.com

Tunisie : l’ex-premier ministre de Kaddafi condamné à six mois de prison

septembre 23, 2011

L’ex Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi a été arrêté en
Tunisie et condamné jeudi à six mois de prison pour entrée illégale dans le pays.

Al Baghdadi Al-Mahmoudi, Premier ministre jusqu’aux derniers jours du régime Kaddafi, a été arrêté mercredi soir près de Tamaghza (sud-ouest), à la frontière avec l’Algérie. Il circulait avec deux autres hommes, dont l’identité n’a pas été précisée, à bord d’un 4X4 dans cette région désertique du sud tunisien. « Ils ont été interpellés car ils ne disposaient pas de tampon d’entrée en Tunisie », a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur Hichem Meddeb, insistant sur le fait que les trois hommes étaient poursuivis pour « entrée illégale » dans le pays.

Présentés en comparution immédiate au procureur de la République de Tozeur (430 km au sud de Tunis), ils ont été condamnés jeudi à 6 mois de prison ferme avec effet immédiat, a annoncé de son côté le porte-parole du ministère de la Justice Kadhem Zine el Abidine.

« Le juge a appliqué une loi de 1968 qui prévoit entre un mois et une année de détention pour ce chef d’accusation de franchissement illégal de la frontière », a-t-il ajouté, sans divulguer le lieu de détention des trois hommes.

« Des étrangers entrés illégalement en Tunisie »

Les autorités tunisiennes, qui ont d’abord présenté Al-Baghdadi Al-Mahmoudi comme ex-chef des services de renseignement libyen, ont insisté sur le fait que son arrestation n’était pas liée à son statut de dignitaire du régime libyen déchu.

« Pour nous ce sont des citoyens étrangers qui sont entrés illégalement en Tunisie », a répété M. Meddeb, qui n’a pas été en mesure de préciser si les trois hommes venaient d’Algérie ou si, a contrario, ils s’apprêtaient à y entrer.

M. Meddeb a également affirmé que cette arrestation n’avait « pas de lien » avec un violent accrochage survenu mercredi dans la même région entre un groupe armé non identifié venu d’Algérie et l’armée tunisienne.

Al-Mahmoudi est le deuxième dignitaire libyen arrêté en Tunisie depuis l’effondrement du régime du colonel Kaddafi, en fuite depuis la chute de Tripoli le 23 août. Le 7 septembre, le commandant libyen Khouildi Hamidi, compagnon de route de Kaddafi, avait été interpellé à l’aéroport international de Tunis-Carthage alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Casablanca, au Maroc.

Poursuivi pour entrée illégale en Tunisie, ce commandant, qui a participé au coup d’Etat de 1969 en Libye http://www.jeuneafrique.com/pays/libye/libye.asp et a longtemps dirigé les renseignements militaires du pays, a bénéficié d’un non-lieu le 13 septembre, confirmé en appel ce jeudi.

Coopération entre Tunis et Tripoli

La Tunisie constitue une voie de sortie pour les Libyens depuis le début du conflit mi-février. Des dignitaires pro-Kaddafi et des représentants de la rébellion y ont séjourné, voire négocié pendant les six premiers mois du conflit.

Officiellement neutre jusqu’aux derniers jours du régime Kaddafi, Tunis a reconnu le Conseil national de transition libyen (CNT) le 21 août. En visite à Tunis début septembre, le numéro 2 du CNT Mahmoud Jibril avait évoqué avec le Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi des questions de « sécurité bilatérale » et insisté sur la nécessité de coopération dans ce domaine entre les deux pays.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kadhafi aurait encouragé les viols d’opposants

juin 9, 2011

NATIONS UNIES (Reuters) – Les enquêteurs de la Cour pénale internationale (CPI) ont des preuves que Mouammar Kadhafi a encouragé les viols d’opposants en Libye, ce qui pourrait faire l’objet d’un nouveau chef d’inculpation, a dit mercredi le procureur de la CPI.

Luis Moreno-Ocampo a requis en mai un mandat d’arrêt contre Mouammar Kadhafi pour crimes contre l’humanité, ainsi que contre son fils Saïf al Islam et le chef des renseignements libyens, Abdoullah al Senoussi.

Les accusations de viols d’opposants en Libye ne sont pas nouvelles. En avril, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice, a affirmé que les hommes de Kadhafi étaient alimentés en Viagra, traitement indiqué contre l’impuissance sexuelle.

« Maintenant, nous recevons des informations indiquant que Kadhafi a lui-même décidé (d’autoriser les viols) et cela est nouveau », a dit Moreno-Ocampo lors d’une conférence de presse au siège de l’Onu.

« Cela n’avait jamais fait partie de ses techniques de contrôle de la population. Le viol est un aspect nouveau de la répression », a déclaré le procureur de la CPI.

Moreno-Ocampo a indiqué que ses enquêteurs avaient trouvé « quelques éléments » confirmant l’achat de « médicaments du type du Viagra ».

Il y a, a-t-il dit, des preuves que la Libye achetait des « containers entiers » de ces drogues « pour augmenter la possibilité de violer des femmes ».

Il est difficile de savoir à quel point le viol était répandu, a dit Moreno-Ocampo, ajoutant que, selon ses informations, il y avait plusieurs centaines de victimes dans certaines régions.

Reuters

Libye : des bombes pour l’anniversaire de Kaddafi

juin 8, 2011

Le « Guide », qui a fêté ses 69 ans hier en réaffirmant qu’il ne quitterait pas le pouvoir, a reçu une pluie de bombes de la part de l’Otan en guise de cadeau d’anniversaire. Pendant ce temps, le rapprochement des Russes et des Chinois avec les rebelles du CNT se poursuivait. Comme les défections à Tripoli…

À ceux qui en doutaient – dans son entourage ou dans la coalition -, Mouammar Kaddafi a réaffirmé son acharnement à rester au pouvoir. « Malgré les bombardements, nous ne nous soumettrons jamais », a-t-il déclaré mardi dans un message audio diffusé par la télévision libyenne. La réponse de l’Otan – qui était aussi une manière de fêter les 69 ans du « Guide » (né le 7 juin 1942) – ne s’est pas fait attendre : Tripoli a connu ses plus violents bombardements depuis le début de la campagne de frappes aériennes, le 19 mars dernier.

Selon le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, « l’Otan a mené une attaque haineuse sur Tripoli qu’il a frappée avec plus de 60 bombes », faisant « 31 morts » et « des dizaines de blessés ». « Je suis à proximité des bombardements mais je résiste toujours », avait assuré Kaddafi dans son message, tout en appelant « le peuple à résister ».

Aïcha Kaddafi porte plainte contre l’Otan

Mais les moyens d’action du « Guide » paraissent plus limités que jamais. Sa fille, Aïcha (qui serait réfugiée en Algérie), a tenté une contre-attaque judiciaire en portant plainte mardi contre l’Otan, à Bruxelles et à Paris, pour « crimes de guerre ». En cause : le raid qui, le 30 avril, avait tué le plus jeune fils et trois petits-enfants du dirigeant libyen à Tripoli. Mais cette manœuvre juridique ne cache pas l’essentiel : le régime a perdu la main sur le terrain des opérations militaires.

« Nous continuons à faire pression sur le régime en limitant la capacité de Kaddafi à donner des ordres à travers ses centres de commandement », a expliqué un porte-parole de l’Otan, Mike Bracken. La résidence du colonel dans le centre de Tripoli, ainsi que la banlieue de Tajoura (est) et la route de l’aéroport au sud de la capitale, sont particulièrement visés par les bombardements. Quant au vaste complexe résidentiel du dirigeant libyen, ce n’est plus désormais qu’un tas de ruines et de gravats fumants.

La pression diplomatique est également très forte. « Kaddafi doit quitter le pouvoir et le rendre aux Libyens, et la pression ne fera que s’intensifier jusqu’à ce qu’il le fasse », a déclaré Barack Obama, qui a assuré voir une « tendance inexorable » se dessiner pour le départ du colonel Kaddafi.

Kaddafi « ne peut plus diriger la Libye »

« Quoi qu’il arrive, il y aura une solution négociée, même avec le temps. Dans tous les cas, Kaddafi ne peut plus diriger la Libye. Son départ devient une nécessité », a estimé de son côté le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, qui préside un comité de chefs d’État de l’Union africaine (UA) chargé de trouver une solution négociée au conflit libyen.

Du côté de la Russie et de la Chine, si l’on maintient officiellement une volonté de jouer les médiateurs aux côtés de l’UA, les choses bougent en faveur des rebelles du Conseil national de transition (CNT). Après que Pékin a décidé, quelques jours plus tôt, de s’impliquer dans la résolution du conflit en prenant bouche avec les insurgés, un émissaire russe s’est rendu pour la première fois à Benghazi, mardi, pour « faciliter le dialogue entre les deux camps ». Et surtout pour officialiser la nouvelle position de Moscou, longtemps proche de Tripoli. « Nous croyons que Kaddafi a perdu sa légitimité dès la première balle qui a tué un innocent », a déclaré l’envoyé spécial du Kremlin, Mikhaïl Marguelov.

Sentant ses derniers soutiens le lâcher, Tripoli a envoyé mardi le chef de la diplomatie libyenne, Abdelati al-Obeïdi, en Chine pour évoquer une solution politique et tenter d’empêcher un rapprochement entre Pékin et les rebelles. Mais les diplomates chinois étaient déjà en train d’arriver à Benghazi pour y rencontrer des membres du CNT…

Peau de chagrin

Le royaume de Kaddafi se rétrécit comme une peau de chagrin. L’isolement complet du « Guide » se traduit aussi au plan intérieur par des défections en série. Dernière en date : celle du ministre du Travail, Al Amin Manfur, qui a annoncé son soutien à la rébellion alors qu’il était en déplacement à Genève.

Dans ce contexte, l’envoyé spécial de l’ONU Adbel-Ilah al-Khatib est arrivé à Tripoli pour une visite qui n’avait pas été annoncée. Objectif : rapprocher les parties en faveur d’un cessez-le-feu que Mouammar Kaddafi n’a jamais appliqué concrètement sur le terrain. L’UA est aussi engagée depuis des semaines dans des efforts de médiation bien accueillis par le « Guide » mais systématiquement rejetés par la rébellion, qui refuse toute discussion avant le départ du dirigeant.

Sur le plan humanitaire, la situation de la Libye se détériore de plus en plus. Quelque 6 850 réfugiés fuyant les violences en Libye ont franchi la frontière tunisienne entre lundi et mardi matin, selon les autorités tunisiennes. Depuis le début le 15 février de l’insurrection, entre « 10 000 et 15 000 » personnes sont mortes et 890 000 ont pris la fuite, selon l’ONU.

Jeuneafrique.com avec AFP