Posts Tagged ‘Kadhafi’

Libye: La vengeance posthume du frère guide

octobre 17, 2016

« Kadhafistes par frustration », ironise-t-on, à Tripoli, pour désigner ceux qui commencent à regretter l’ère de celui que l’Occident avait surnommé dictateur, Mouammar Kadhafi, cinq ans après sa mort, dans un pays, hier, modèle de réussite socio-économique, et, aujourd’hui, morcelé et plongé dans le chaos.

« Notre vie était meilleure sous Kadhafi », affirme Faïza al-Naas, pharmacienne de son état qui sent la différence entre le bien-être promis par les Occidentaux et qui se traduit, aujourd’hui, par la confiscation du pays par des factions armées dont l’Etat islamique (EI ou Daesh). Parce qu’il était indocile et insoumis, le frère guide fut, lâchement, assassiné par des forces du Mal, le 20 octobre 2011. L’Afrique, pas seulement les Libyens, continue de pleurer ce leader qui arrivait à les divertir grâce à ses multiples frasques. En effet, les fautes et erreurs de Kadhafi étaient, nettement, supérieures à ce qu’il faisait de bien, en Libye et en Afrique. On s’en rend bien compte, aujourd’hui, qu’il n’est plus là.

Depuis sa chute après 42 ans de règne, insécurité et pénuries se sont installées dans le quotidien des Libyens, rythmé par les coupures d’électricité et les files d’attente devant les banques où la liquidité fait, parfois, défaut. Toutes ces insuffisances ne pouvaient pas survenir à l’époque de Kadhafi. La Libye était, plutôt, perçue comme un modèle de réussite socio-économique dont l’influence grandissante sur les pays de l’Afrique noire, donnaient beaucoup de sueur froide et d’inquiétude aux quelques pays occidentaux qui entendent régenter la terre entière, bien que n’ayant plus de capacité à pouvoir le faire.

Le pays est, actuellement, déchiré par des luttes d’influence que se livrent dans l’impunité la plus totale, les nombreuses milices, mais aussi, les dizaines de tribus, composante essentielle de la société libyenne.

Ce riche pays pétrolier aux frontières poreuses est devenu depuis, un carrefour de contrebande d’armes, de drogue et, surtout, de trafic lucratif de migrants de l’Afrique sub-saharienne, qui tentent la périlleuse traversée de la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. Un service que Kadhafi réussissait à rendre, gratuitement, à l’Europe en empêchant la traversée de la Méditerranée de façon aussi périlleuse. Depuis sa mort, c’est la compétition dans la construction de pirogues prêtes à défier la mer pour conduire les migrants à bon port en Europe du Sud. Rien que pour cela, une certaine Europe (dont fait partie l’Italie) ne cessera, jamais, de regretter le frère guide.

Profitant du chaos, les djihadistes – notamment ceux du groupe Etat islamique (EI) et d’Al-Qaïda – ont, de leur côté, fait de l’immense territoire libyen un de leurs repaires.

Et sur le plan politique, deux autorités rivales se disputent le pouvoir.
Le gouvernement d’union nationale (GNA), issu d’un accord parrainé par l’ONU, est basé, à Tripoli, tandis qu’une autorité rivale s’est installée dans l’Est du pays, où une grande partie de la région est contrôlée par les forces du général controversé Khalifa Haftar. Celles-ci ont étendu, en septembre, leur influence aux terminaux pétroliers de l’Est, permettant une reprise des exportations au profit d’une Compagnie nationale de pétrole, qui tente tant que bien que mal de garder sa neutralité.

Khalifa Haftar puise sa légitimité du parlement, basé à l’Est, mais, reconnu, lui aussi, tout comme le GNA, par la communauté internationale. Il se présente comme le sauveur, le seul capable de rétablir l’ordre.
Même s’il a réussi à reconquérir une grande partie de la ville de Benghazi, berceau de la révolution, qui était aux mains de groupes djihadistes, ses détracteurs l’accusent de n’avoir qu’un seul objectif: prendre le pouvoir et installer une nouvelle dictature militaire. Conséquence, les Libyens post-Kadhafi  » sont obligés de choisir entre deux extrêmes : le chaos sous les milices et les extrémistes islamistes (…) ou un régime militaire », déplore l’analyste libyen, Mohamed Eljarh, membre non-résident du Centre Rafik Hariri pour le Moyen-Orient. « Il n’y a pas d’alternatives convaincantes. »

Khalifa Haftar n’arrive, toujours, pas à venir à bout des milices djihadistes proches d’Al-Qaïda à Benghazi et les forces pro-GNA basées dans la ville de Misrata (Ouest) peinent à en finir avec les dernières poches de résistance des djihadistes de l’EI dans leur ex-bastion de Syrte.

Mais quand, dans les deux camps, les batailles antidjihadistes auront pris fin, les forces pro-Haftar comme celles du GNA voudront étendre leur zone d’influence, faisant craindre un conflit direct entre les deux camps, estiment des experts.

Du vivant du frère guide, il n’était pas possible d’imaginer la Libye sous la coupe des factions armées. Tous les chefs de guerre et autres terroristes ou djihadistes, restaient casernés sur des sites spéciaux où Kadhafi (notre photo) avait l’oeil sur chacun d’entre eux. Il n’hésitait pas à user des méthodes fortes, parfois, violentes pour les maintenir sous son contrôle. Cette façon de faire de Kadhafi était considérée comme de la dictature par l’Occident, qui a fini par l’assassiner. Aujourd’hui, la situation en Libye échappe à tout contrôle car invivable. C’est l’enfer de Sodome et Gomorrhe.

« Il est difficile d’imaginer que le pays puisse retrouver sa stabilité de sitôt, en raison des divisions mais aussi de la volonté des protagonistes de contrôler les populations qui leur résisteront », souligne ainsi Mattia Toaldo, spécialiste de la Libye au European Council on Foreign Relations. Une analyse juste mais que peut-on y faire ? La responsabilité du rétablissement de la paix, en Libye, revient, avant tout, aux Occidentaux, principaux fossoyeurs du pays. On a compris, tardivement, que l’Occident était jaloux du succès libyen.

Afriqueeducation.com

Financement présumé de Sarkozy par Kadhafi : ATT entendu comme témoin à Dakar

mars 31, 2015

Seif el-Islam Kadhafi et le président Amadou Toumani Touré, à Bamako en septembre 2009.
Seif el-Islam Kadhafi et le président Amadou Toumani Touré, à Bamako en septembre 2009. © Mahmud Turkia/AFP

L’ancien président du Mali, Amadou Toumani Touré, a été entendu en qualité de témoin le 24 mars à Dakar par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre de l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

L’information est restée secrète pendant près d’une semaine. L’ancien président du Mali, Amadou Toumani Touré (ATT), a été entendu en qualité de témoin le 24 mars à Dakar par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre de l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. L’audition a eu lieu en présence de deux juges d’instruction français du tribunal de grande instance de Paris et a duré plusieurs heures. La DIC exécutait ainsi une commission rogatoire de la justice française.

Le Mali fut l’un des terrains de jeu préférés de Kadhafi et le premier bénéficiaire de ses investissements en Afrique – environ 250 milliards de F CFA (380 millions d’euros) entre 2002 et 2011. Les juges français veulent vérifier le rôle de Bamako dans d’éventuels versements occultes et soupçonnent certains hommes d’affaires maliens d’être impliqués dans l’affaire.

Dans le cadre de l’enquête, ils avaient déposé en août 2014 une demande d’entraide judiciaire internationale au ministère de la Justice à Bamako, par le biais de l’ambassade de France. Outre des politiciens et des hommes d’affaires de l’entourage d’ATT, son ancien conseiller Cheick Amadou « Bany » Kanté est cité dans la demande d’entraide.

« Bany » Kanté gérait certains investissements libyens au Mali. Ex-DG d’Air Mali, représentant de la Libyan Africa Investment Portfolio (LAP), secrétaire national adjoint du parti pour le développement économique et social (PDES) – le parti d’ATT – et proche de Béchir Salah, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, il est soupçonné d’avoir joué un rôle de « porteur de valises » dans l’affaire du financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi.
Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

Libye: le fils de Kadhafi comparaît devant un tribunal

septembre 19, 2013

Saïf al-Islam Kadhafi, l’un des fils du dirigeant déchu libyen Mouammar Kadhafi, a comparu jeudi devant un tribunal de Zenten, dans l’ouest de la Libye, dans le cadre de son procès pour « atteinte à la sécurité nationale ». Le procès a été ajourné au 12 décembre.

Il s’agit de la troisième audience depuis l’ouverture en janvier du procès de Saïf al-Islam. Depuis son arrestation dans le sud du pays en novembre 2011, environ un mois après la capture et la mort de son père, il est détenu à Zenten par des ex-rebelles.

Le fils de l’ancien dictateur était également appelé à comparaître jeudi à Tripoli aux côtés d’une vingtaine de responsables de l’ancien régime, dont Abdallah al-Senoussi, l’ex-chef des services de renseignements. Ces derniers ont comparu devant une chambre d’accusation de la capitale dans le cadre d’une autre affaire liée à la répression de la révolte de 2011.

Assassinats, pillage et sabotage

Au moins 11 chefs d’accusation ont été retenus contre ces responsables, dont assassinats, pillage et sabotage, actes portant atteinte à l’union nationale, trafic de drogue, complicité dans l’incitation au viol, d’enlèvement et dilapidation de fonds publics.

« Tous les accusés ont rejeté en bloc les charges retenues contre eux », a déclaré un de leurs avocats sous couvert de l’anonymat. L’audience a été ajournée au 3 octobre à la demande de la défense qui souhaite prendre connaissance du dossier, a-t-il indiqué à sa sortie du tribunal.

Crimes contre l’humanité

Selon un membre de la brigade qui détient Saïf al-Islam, les conditions de sécurité n’ont pas permis son transfert à Tripoli réclamé par le procureur général.

Saïf al-Islam et l’ex-chef des services de renseignements Abdallah al-Senoussi font l’objet de mandats d’arrêt internationaux de la Cour pénale internationale (CPI) qui les soupçonne de crimes contre l’humanité lors de la répression de la révolte il y a deux ans.

Tripoli et la CPI se disputent le droit de juger le fils de Mouammar Kadhafi.

Romandie.com

Hollande reçoit discrètement les dictateurs

septembre 20, 2012
Le président de l'Azerbaïdjan Ilham Aliev a été reçu mardi à l'Élysée.
Alors que la gauche a reproché à Nicolas Sarkozy les visites de Kadhafi ou d’el-Assad, François Hollande, rattrapé par la realpolitik, a reçu depuis mai plusieurs dirigeants de régimes peu démocratiques.
François Hollande a-t-il renié sa promesse d’un changement de politique à l’égard des régimes dictatoriaux? «Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris», assénait le candidat à la présidentielle dans son discours du Bourget, en janvier 2012. Avec, en creux, le rappel des visites de Mouammar Kadhafi et de Bachar el-Assad au temps de Nicolas Sarkozy. Quelques mois plus tard, du président gabonais Ali Bongo au fils du roi d’Arabie saoudite, la liste des chefs d’États peu démocratiques reçus à l’Élysée est déjà conséquente.

Dernier en date, invité mardi au palais pour un entretien d’une demi-heure: le président azerbaïdjanais Ilham Aliev. Pas tout à fait un démocrate, puisque la dynastie des Aliev, au pouvoir dans ce pays depuis vingt ans, est accusée par les ONG de défense des droits de l’homme de réprimer l’opposition et la liberté d’expression. Quant à Ilham Aliev lui-même, il a ravivé début septembre les tensions avec l’Arménie, en graciant un officier condamné pour le meurtre d’un militaire arménien. «On ne peut pas accepter qu’Aliev, un dictateur, puisse être en France, et en plus être reçu à l’Élysée», s’est insurgé mardi Hratch Varjabedian, directeur du Bureau français de la cause arménienne, tandis que 600 manifestants accueillaient le chef d’État au cri d’«Aliev fasciste, hors de France!»

«C’est quand la France est silencieuse qu’elle recule»

Conscient du caractère sensible de cette visite, l’Élysée a interdit ce jour-là aux photographes de presse d’accéder à la cour du palais. Et a pris soin, après la rencontre, de publier un communiqué affirmant que «le président de la République a appelé l’Azerbaïdjan à prendre les mesures nécessaires pour rétablir un climat de confiance avec l’Arménie». Une discrétion qui avait été poussée encore plus loin deux mois plus tôt, le 23 juillet, lors de la visite du roi de Bahreïn. Cette rencontre n’avait même pas été inscrite à l’agenda présidentiel. Et pour cause: le roi Hamad Ben Issa al-Khalifa est accusé d’avoir maté dans le sang, grâce au soutien de l’Arabie saoudite, un début de révolte en 2011. Soixante morts, selon Amnesty International, qui a dénoncé «le caractère quasi secret» de la rencontre de juillet.

«C’est quand la France est frileuse ou silencieuse qu’elle recule», affirmait pourtant le président dans son discours aux ambassadeurs, le 27 août, ajoutant qu’il fallait encourager «l’aspiration démocratique» des peuples, notamment «des printemps arabes». Alors, la realpolitik l’a-t-elle déjà emporté face à ces principes?

«C’est l’éternel débat entre la nécessaire politique des droits de l’homme et les tout aussi nécessaires contacts avec tous les dirigeants de la planète», analyse Didier Billion, directeur des études à l‘Iris. Pour ce spécialiste des relations internationales, le fait que le président de la République rencontre des dictateurs ne pose pas de problème en soi. À deux conditions: «D’abord, il faut veiller à ne pas décrédibiliser la parole présidentielle en faisant des déclarations tonitruantes sur les droits de l’homme aussitôt contredites par les faits. Ensuite, la manière a son importance: on peut effectivement organiser ces rencontres plus discrètement, sans le décorum qui avait entouré par exemple la venue de Kadhafi». De ce point de vue, l’engagement formulé de manière ambiguë par François Hollande au Bourget paraît respecté: les dictateurs ne sont plus reçus «en grand appareil».

Lefigaro.fr par Thomas Vampouille

Les trésors de Libye désormais exposés aux pillages

octobre 22, 2011

La guerre a épargné les sites culturels, selon l’Unesco qui organisait le 21 octobre une réunion d’experts sur la préservation du patrimoine libyen.

Il n’y a pas eu de «génocide culturel». Après des mois d’un conflit qui s’est achevé jeudi 20 octobre, avec la mort de l’ex «Guide» Mouammar Kadhafi, «nous avons reçu de bonnes nouvelles : il n’y a pas eu de dégâts majeurs sur la plupart des sites culturels du pays», a déclaré le 21 octobre Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, à Paris, lors de l’ouverture de la conférence d’experts réunis en urgence par l’organisation onusienne, pour la préservation du patrimoine culturel dans le pays. «Leptis Magna, par exemple, a été globalement épargné par le conflit. C’est d’abord grâce aux populations alentours, qui même dans les moments les plus difficiles, se sont mobilisées pour les protéger», a précisé la directrice. Ce colloque était prévu depuis plusieurs semaines. Mais la fin du colonel et la chute de Syrte, son dernier bastion, ont donné à l’événement une importance particulière.

C’est maintenant que la Libye doit être aidée

«C’est maintenant que la Libye doit être aidée. Sinon, on risque d’avoir des pillages, comme en Afghanistan et en Irak. Les populations locales ne sont pas toujours conscientes de la richesse de ce patrimoine qui s’étend du Sahara jusqu’à la Méditerranée», affirme Francesco Bandarin, sous-directeur général pour la culture de l’Unesco. Les «bonnes nouvelles» sont venues du Bouclier bleu, l’organisation internationale en charge des sites du patrimoine culturel, aux termes de la Convention de La Haye de 1954, pour la protection des biens culturels en cas de conflits armés. Ses experts se sont rendus fin septembre en Libye. Si les experts de l’organisation ont pu inspecter les principaux sites, «il faut encore évaluer le sud, la région du Djebel Neffousa, mais aussi Sabrata, cette grande ville de la Tripolitaine. Nous n’avons pas d’idée précise de ce qui s’est passé là-bas, à cause du manque d’informations», a souligné Francesco Bandarin.

L’information est principalement venue des forces de l’Otan. «Nous avons été en contact permanent avec les États engagés dans l’action militaire et le secrétaire général de l’Otan. Nous leur avons fourni les coordonnées géographiques précises et les cartes des sites protégés du Patrimoine mondial», a souligné Irina Bokova.

Il s’agit du premier résultat concret d’une telle coopération. D’où ce prolongement : «Nous avons fait en sorte que l’Otan organise un cycle de formation à la protection des sites culturels, à Vienne, du 22 novembre au 2 décembre prochain», s’enorgueillit-on, à l’Unesco.

Un «crime» qui rapporte «13 milliards d’euros par an

Mais toutes les nouvelles ne sont pas bonnes. «Une mosaïque a été détruite à Cyrène. Trois amphores romaines ont été volées au musée d’Apollonia. Surtout, le vol du trésor de Benghazi est un cataclysme. C’est l’un des plus grands vols de biens archéologiques de l’histoire», s’est indigné Francesco Bandarin. Huit mille monnaies anciennes d’or, d’argent et de bronze, des pièces archéologiques : le trésor sommeillait dans une caisse entreposée à la Banque nationale du Commerce de Benghazi, où le département des Antiquités de Libye les avait déposées. Le professeur italien Serenella Ensoli, qui a dévoilé le pillage, a fait le voyage de Naples à Paris. «Il faut aller à la Banque de Benghazi au plus vite, voir ce qu’il reste de cette caisse, a-t-elle appelé. La chercheuse est inquiète. «Il n’y avait pas de document visuel inventorié par l’Italie entre 1940, année où l’ancienne colonie a emporté les pièces et 1961, quand elle les a restituées». Serenella néanmoins possède bien quelques images des pièces disparues, des photos floues. Karl Heinz Kind, chef de l’unité des biens culturels d’Interpol se veut optimiste : «Nous avons reçu des Carabiniers des informations que nous avons pu entrer dans la base de données mondiale d’Interpol. J’espère que cela rendra difficile la vente sur les marchés».

Reste que la Libye, seule, ne pourra pas lutter contre le trafic d’art organisé. Le fantôme de Bagdad, dont le musée fut vidé de plus de 15 000 pièces archéologiques, hante les mémoires. L’Irak, depuis la fin de sa guerre, est devenu la première «source» de ce «crime» qui rapporte «13 milliards d’euros par an», pour reprendre les mots de Francesco Bandarin. Saleh Al Agab Abdallah, directeur du département des antiquités de Libye, tire la sonnetet d’alarme : «Notre institution est encore coloniale. Nous la voudrions post-coloniale. Beaucoup de sites archéologiques ne font l’objet d’aucun plan de gestion. La Libye n’a absolument aucune infrastructure pour la protection du patrimoine. Tout se fait avec les missions étrangères». Pour aider la Libye, vendredi, Irina Bokova a annoncé la création d’une présence permanente à Tripoli de l’Unesco

Lefigaro.fr par Valérie Sasportas

Kadhafi affirme qu’il ne se rendra pas

septembre 2, 2011

Le colonel et ses proches continuent de se terrer pour échapper aux «combattants de la révolution».

Plus proche de la tragédie que de la comédie, la partie de cache-cache se poursuit entre Mouammar Kadhafi et le nouveau pouvoir libyen, dont les troupes enserrent les dernières villes demeurées fidèles à l’ex-dictateur. Toujours introuvable, ce dernier a averti jeudi, dans un message audio diffusé par la chaîne satellitaire Arrai basée en Syrie, que lui et son clan ne «se rendront pas». «Préparez-vous à une guerre de gangs et de guérilla, à la guerre urbaine, et à une résistance populaire dans chaque ville pour vaincre l’ennemi partout» a-t-il affirmé, la voix calme et posée par rapport à ses discours habituellement enflammées. «L’objectif est de tuer l’ennemi là où il se trouve, qu’il soit libyen ou étranger» a-t-il ajouté.

La veille, dans un entretien téléphonique sur la même chaîne de télévision syrienne, Seïf al-Islam avait exhorté les partisans de son père à combattre «jour et nuit». Celui qui rêvait de succéder à son géniteur a affirmé appeler d’une banlieue de Tripoli, ajoutant que son père allait «bien». Le même soir, un homme affirmant être un autre des fils de Kadhafi, Saadi, s’est dit, lui, prêt à négocier avec les insurgés pour faire cesser la violence. Il a également assuré sur la chaîne al-Arabiya (proche des Saoudiens) parler au nom de son père et de ses chefs militaires. Qui croire? Le clan Kadhafi serait-il en train de se déliter? Combien de temps encore l’ancien dictateur et sa clique pourront-ils résister? Et, à supposer que Mouammar, Seïf al-Islam et Saadi sont ensemble, où se cachent-ils?

Jeudi, jour anniversaire de la prise du pouvoir du colonel Kadhafi le 1er septembre 1969, le Conseil national de transition (CNT), l’organe qui désormais préside aux destinées de la Libye, a repoussé d’une semaine son ultimatum aux partisans de l’ancien dictateur retranchés dans la ville côtière de Syrte. Dans la foulée de la prise de Tripoli, quatre jours de répit avaient été initialement accordés aux militaires et civils encerclés dans la ville natale de Mouammar Kadhafi. Ce premier ultimatum devait arriver à expiration demain, samedi.

Le souhait affiché par le CNT a toujours été d’obtenir une reddition de cette cité par la négociation, afin d’éviter un bain de sang. Manifestement, les pourparlers avec les chefs de tribu de Syrte n’ont toujours pas abouti. D’où ce délai supplémentaire annoncé par le nouveau pouvoir libyen, qui sera également mis à profit par ses propres troupes pour préparer un éventuel assaut de la ville. Ayant acquis au fil des mois une certaine expérience militaire, les combattants de la révolution savent digérer leurs victoires et mesurer les risques de chaque nouvelle offensive. L’Otan, de son côté, poursuit ses frappes, notamment sur Syrte et Beni Oulid.

Outre Syrte, les forces fidèles au clan Kadhafi tiennent encore plusieurs bastions dans le Sahara, dont l’oasis de Sebha dans le centre-ouest du pays et, à 150 km au sud-est de Tripoli, la ville de Beni Oulid. Si tant est que l’ex-Guide libyen et sa clique n’ont pas fui à l’étranger, ils pourraient ressasser leur défaite dans l’une de ces trois villes. Abdel Madjid, coordinateur des opérations militaires au sein du CNT, a déclaré à Reuters qu’une «personne en qui nous avons confiance » avait indiqué que Mouammar Kadhafi, son fils Seïf al-Islam et le chef des services de renseignements Abdallah al-Senoussi, avaient gagné Beni Oulid, trois jours après la chute de Tripoli, la semaine dernière. «Nous avons des informations selon lesquelles Mouammar Kadhafi serait à Beni Oulid depuis deux jours, mais ces informations ne sont pas totalement confirmées», a tempéré le vice-président du CNT, Abdelhafiz Ghoga, tout en faisant état de la présence de combattants rebelles et d’accrochages près de cette ville d’environ 50.000 habitants. Beni Oulid est l’un des fiefs de la tribu des Warfalla, une des plus puissantes du pays et qui compte environ un million de personnes. Depuis le début du conflit, les Warfalla se sont rangés aux côtés du dictateur, nombre d’habitants de Beni Oulid remontant vers le nord pour épauler les troupes loyalistes qui encerclaient la ville rebelle de Misrata.

Les Touaregs, anciens partenaires du colonel

Un garde du corps du clan Kadhafi, cité par la chaîne de télévision britannique Sky News, a, de son côté, rapporté que l’ancien dictateur aurait quitté Tripoli vendredi dernier pour se réfugier à Sebha. Les Touaregs, anciens partenaires de Mouammar Kadhafi, et la propre tribu de l’ex-Guide libyen, les Kadhafa, ont beaucoup d’influence à Sebha, une porte ouverte sur l’Algérie, le Niger et le Tchad.

Dans cette partie de cache-cache, où les fausses nouvelles sont nombreuses, Ahmed Saïd, le conseiller du ministre de l’Intérieur du gouvernement du Conseil national de transition a fait jeudi état de la capture du chef de la diplomatie du régime déchu. «Nous ne pouvons pas vous fournir de détails, mais je peux confirmer qu’il est arrêté», a déclaré ce conseiller, sans pour autant citer le nom d’Abdelati al-Obeidi.

Lefigaro.fr par Thierry Portes

Vidéo d’un bunker sophistiqué de Kadhafi

août 23, 2011

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Le Nigeria appelle Kadhafi à se retirer

août 23, 2011

Le Nigeria a appelé aujourd’hui le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à quitter le pouvoir et a reconnu le Conseil national de transition (CNT) comme « représentant légitime » des Libyens. « Ces dernières 48 heures, la situation en Libye s’est inexorablement rapprochée de son dénouement », a déclaré à la presse la ministre d’Etat aux Affaires étrangères Viola Onwuliri.

Le gouvernement nigérian « souhaite vivement que soient évitées d’autres pertes humaines en Libye et exhorte par conséquent Mouammar Kadhafi à prendre une voie honorable et abandonner le pouvoir immédiatement afin de permettre au peuple libyen de décider de l’avenir de son pays », a-t-elle poursuivi. Le Nigeria, le pays le plus peuoplé d’Afrique, a « formellement reconnu le Conseil national de transition de Libye comme le représentant légitime du peuple libyen », a souligné la ministre.

Lefigaro.fr avec AFP

« Le régime de Kadhafi s’effondre » (Otan)

août 22, 2011

Le régime de Mouammar Kadhafi est en train de « s’effondrer », a affirmé le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen dans la nuit de dimanche à lundi, en appelant la rébellion à préserver l’unité du pays et à travailler à une réconciliation nationale.

« Le régime de Kadhafi s’effondre clairement », a-t-il déclaré dans un communiqué, reprenant des propos de sa porte-parole tenus un peu plus tôt dans la soirée. « Plus tôt Kadhafi réalisera qu’il ne peut vaincre son propre peuple, mieux ce sera, afin que la population libyenne n’ait pas à voir davantage de sang versé et à subir d’autres souffrances », a ajouté M. Rasmussen. « Il est temps à présent de créer une nouvelle Libye, un Etat basé sur la liberté, pas sur la peur, sur la démocratie, pas sur la dictature, sur la volonté de tous, pas les caprices de quelques uns », a estimé Anders Fogh Rasmussen.

Le secrétaire général de l’Otan a promis l’aide de l’Alliance atlantique à la rébellion pour aider à reconstruire une Libye démocratique après quatre décennies de dictature de Mouammar Kadhafi. « Le peuple libyen a énormément souffert sous la direction de Kadhafi pendant plus de quatre décennies », a-t-il jugé. « Maintenant, il a la chance de réaliser un nouveau départ », a-t-il ajouté, en exhortant toutefois les insurgés à ne pas chercher vengeance contre les forces loyalistes et les partisans du régime.

« L’Otan est prête à travailler avec le peuple libyen et avec le Conseil national de transition, qui porte une grande responsabilité », a-t-il dit. « Ils doivent garantir que la transition se fera dans le calme et sur une base inclusive, que le pays reste uni et que l’avenir soit fondé sur la réconciliation et le respect des droits de l’Homme », a-t-il ajouté.

Lefigaro.fr avec AFP

Kadhafi prêt à négocier avec les rebelles

août 21, 2011

L’administration du colonel Mouammar Kadhafi est prête à négocier immédiatement, et exhorte les rebelles à mettre fin à leur offensive, selon un porte-parole du gouvernement libyen. Le gouvernement libyen a invité l’Otan à convaincre les rebelles de mettre fin à leur offensive contre Tripoli, a annoncé un porte-parole. Le « guide de la Révolution » est prêt à négocier en personne avec le chef de file des rebelles, a précisé Moussa Ibrahim, faisant état de 1300 morts dans la capitale ce soir.

Dans une déclaration à la chaine Al-Arabiya, le chef du Conseil national de transition, l’organe de décision des rebelles, s’est dit « prêt à négocier » si Kadhafi annonce son départ.

Les rebelles sont actuellement dans la capitale dans le cadre de l’opération « Sirène », qui vise à isoler Kadhafi jusqu’à sa capitulation.

Lefigaro.fr avec Reuters