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États-Unis: Le remplacement de Kamala Harris au Sénat est un enjeu important pour la diversité

décembre 20, 2020

SACRAMENTO, Calif. — La Californie devrait-elle choisir sa première sénatrice latino-américaine, ou devrait-elle garder une représentante afro-américaine?

© Fournis par La Presse Canadienne

C’est la décision que devra prendre le gouverneur de l’État, Gavin Newsom, qui doit choisir la personne qui remplacera la vice-présidente désignée, Kamala Harris, jusqu’à la fin de son mandat au Sénat en 2022.

Le fait que cette décision soit laissée dans les mains du gouverneur frustre certains spécialistes de la question qui déplorent le manque de diversité ethnique au Sénat et l’impuissance des deux partis politiques sur cet enjeu.

«Il s’agit d’un faux dilemme. Ce n’est pas bon pour notre démocratie et cela cache toute l’exclusion dont ont été victime les deux communautés dans l’histoire du Sénat», selon la directrice de la Latino Policy and Politics Initiative de l’Université de la Californie à Los Angeles, Sonja Diaz.

Si l’on exclut la Mme Harris, qui est la seule femme afro-américaine au Sénat, la représentation des minorités ethniques comprend deux sénateurs noirs, deux sénatrices d’origine asiatique et quatre élus d’origine hispanique.

Ces chiffres représentent 9% de tous les élus du Sénat, alors qu’environ 40% de la population américaine s’identifie à une minorité ethnique. En Californie, environ 40% de la population est d’origine hispanique et 6% des citoyens sont des personnes noires.

La surreprésentation des personnes blanches au Sénat ne serait pas causée par un manque de candidats issus de la diversité aux élections aux États-Unis, mais plutôt par la faible proportion de ces candidats qui sont élus lors du scrutin. En novembre dernier, un nombre record de candidats afro-américains se sont présentés aux élections sénatoriales dans les États du Sud, mais aucun n’a été élu.

Le gouverneur Newsom a donc de la pression, «mais ce n’est pas à lui seul de régler les problèmes de diversité au Sénat», affirme la représentante de la Californie Karen Bass, qui est l’une des personnes pressenties pour combler le siège de Mme Harris.

La représentante d’Oakland Barbara Lee, qui est afro-américaine, le secrétaire d’État de la Californie d’origine mexicaine, Alex Padilla, et le maire de Long Beach d’origine péruvienne, Robert Garcia, feraient aussi partie des candidats qui pourraient remplacer Mme Harris au Sénat pour représenter la Californie.

Avec La Presse Canadienne par Kathleen Ronayne, The Associated Press

États-Unis: Une équipe 100% féminine pour la communication de la Maison Blanche

novembre 29, 2020

Le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, a annoncé dimanche 30 novembre la composition de son équipe de communication à la Maison Blanche, qui sera exclusivement féminine, ce que son entourage a qualifié de première dans l’Histoire du pays. Parmi les personnes désignées figure Jen Psaki, qui occupera le poste très en vue d’attachée de presse de la Maison Blanche. Mme Psaki, 41 ans, a occupé plusieurs postes supérieurs, dont celui de directrice de la communication de la Maison Blanche sous l’administration Obama.

Joe Biden et la vice-présidente élue Kamala Harris cherchent à mettre l’accent sur la diversité dans les nominations annoncées jusqu’à présent, avant de prêter serment le 20 janvier. «Je suis fier de présenter aujourd’hui la première équipe de communication pour la Maison Blanche composée exclusivement de femmes», a indiqué Joe Biden dans un communiqué. «Ces professionnelles de la communication, qualifiées et expérimentées, apportent des perspectives variées à leur travail et partagent le même engagement pour reconstruire ce pays.»

En plus de Jen Psaki, six autres femmes ont été nommées. Parmi elles, Kate Bedingfield, directrice adjointe de campagne de Joe Biden, a été nommée directrice de la communication de la Maison Blanche. Kate Bedingfield a déjà officié en tant que directrice de la communication de Biden alors qu’il était vice-président. Ashley Etienne deviendra directrice de la communication de Kamala Harris et Symone Sanders est propulsée conseillère et porte-parole de la vice-présidente. Pili Tobar a été nommée directrice adjointe à la communication de la Maison Blanche et Karine Jean Pierre, attachée de presse adjointe. Elizabeth Alexander sera la directrice de communication de la future Première dame Jill Biden.

Par Le Figaro avec AFP

Kamala Harris, une pionnière à la vice-présidence des États-Unis

novembre 8, 2020
Kamala Harris, le 12 août 2020.

C’est la consécration d’une carrière hors normes, digne du meilleur rêve américain : Kamala Harris, ancienne procureure et fille d’immigrés, entre aussi dans l’Histoire comme la première personne noire à devenir vice-présidente du pays.

À 56 ans, la dynamique et pugnace sénatrice de Californie a permis à Joe Biden, 77 ans, d’engranger les voix d’un électorat plus divers qui avait soif de se voir mieux représenté au sommet du pouvoir. À tel point que certains électeurs disaient voter non pas pour Joe Biden mais pour elle, la fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne.

Pendant la campagne, celle qui sera aussi la première personne noire à devenir vice-présidente du pays, a appelé sans relâche à une mobilisation historique des femmes et des minorités, en dénonçant les tentatives d’entraver le scrutin dans des États républicains.

« Pourquoi croyez-vous que tant de gens puissants (…) essayent de vous empêcher de voter », a-t-elle demandé en Géorgie, l’un des États-clés de l’élection. « Ils connaissent votre pouvoir », a-t-elle répondu. « Ne laissez personne vous mettre hors-jeu. »

Un parcours digne du meilleur rêve américain

Arborant toujours un masque contre le coronavirus et respectant les distances de précaution comme Joe Biden, elle a mené une campagne plus active que le septuagénaire, dansant au rythme des fanfares ou s’entretenant avec les clients de cafés… en extérieur, pandémie oblige.

La vice-présidente élue, Kamala Harris, délivre un discours après l'élection de Joe Biden à la présidentielle américaine, le 7 novembre 2020.

Elle a aussi rencontré à Milwaukee la famille de Jacob Blake, un homme noir grièvement blessé par la police, en pleine vague de colère historique contre le racisme aux États-Unis.

Forte d’un parcours brillant, digne du meilleur rêve américain malgré des chapitres controversés, elle rêvait de devenir la première femme présidente noire des États-Unis.

Elle a finalement brigué la vice-présidence mais avec, sans doute, un oeil sur la présidentielle de 2024 et l’espoir de briser l’ultime plafond de verre.

Pionnière

Kamala Harris accumule déjà les titres de pionnières. Elle a grandi à Oakland, où ses parents – un père professeur d’économie et une mère, aujourd’hui décédée, chercheuse spécialiste du cancer du sein – militaient pour les droits civiques.

Diplômée de l’université Howard, fondée à Washington pour accueillir les étudiants afro-américains en pleine ségrégation, elle rappelle régulièrement son appartenance à l’association d’étudiantes noires « Alpha Kappa Alpha ».

Après deux mandats de procureure à San Francisco (2004-2011), elle avait été élue, deux fois, procureure générale de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de l’État le plus peuplé du pays.

Puis en janvier 2017, elle avait prêté serment au Sénat à Washington, s’inscrivant comme la première femme originaire d’Asie du Sud et seulement la deuxième sénatrice noire dans l’histoire.

Ses interrogatoires serrés de candidats présidentiels à des postes que le Sénat doit confirmer l’ont depuis fait connaître, comme face aux juges nommés à la Cour suprême Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett. Pendant la primaire démocrate, elle avait d’ailleurs promis de « mener le réquisitoire » contre Trump.

JOE BIDEN COMPTE SUR SON IMAGE MODERNE DE FEMME SE PRÉSENTANT EN « MOMALA », FIÈRE DE SA FAMILLE MIXTE ET RECOMPOSÉE.

Mais lors d’un des débats, c’est contre Joe Biden qu’elle avait fait des étincelles, en l’attaquant sur ses positions passées concernant les politiques de déségrégation raciale dans les années 1970.

En racontant comment, petite fille, elle était dans l’un des bus amenant les écoliers noirs dans les quartiers blancs, elle avait ému, et bondi brièvement dans les sondages. Peinant à définir clairement sa candidature, elle avait toutefois jeté l’éponge.

« Momala »

Ses expériences dans les branches législative, judiciaire et exécutive du pouvoir, et sa proximité avec Beau Biden, fils de Joe et ancien procureur du Delaware décédé d’un cancer en 2015, ont malgré tout convaincu son ex-rival de la choisir comme colistière.

Il compte aussi sur son image moderne de femme se présentant en « Momala », fière de sa famille mixte et recomposée. Son époux, l’avocat blanc Douglas Emhoff, a lui aussi participé activement à la campagne présidentielle.

La vice-présidente élue, Kamala Harris, avec sa famille, le 7 novembre, quelques heures après l'annonce de l'élection de Joe Bien à la présidentielle américaine.

Mais son passé de procureure pèse aussi contre elle. Des électeurs noirs et progressistes déplorent sa réputation de dureté, notamment en punissant strictement de petits délits qui ont, selon ses détracteurs, affecté surtout les minorités.

Face à Mike Pence, dans le seul débat des vice-présidents, elle avait attaqué à de multiples reprises la gestion par l’exécutif de la crise du coronavirus, qu’elle a qualifiée de « plus gros échec de toute administration présidentielle dans l’histoire » du pays.

Le lendemain, Donald Trump l’avait traitée de « monstre » qui ne dit que « des mensonges ». Il n’a eu de cesse de mettre en garde contre ses opinions, qui feront, selon lui, plonger l’Amérique dans un « socialisme » honni.

Avec Jeuene Afrique par AFP

États-Unis : Joe Biden choisit la sénatrice Kamala Harris comme colistière pour la présidentielle

août 11, 2020

La sénatrice sera la première femme noire à occuper la place de colistière lors d’une élection américaine.

Kamala Harris a été choisi par Joe Biden pour être sa colistière.
Kamala Harris a été choisi par Joe Biden pour être sa colistière. JEFF KOWALSKY / AFP

De Washington,

Joe Biden a choisi Kamala Harris comme candidate à la vice-présidence. « J’ai le grand honneur d’annoncer que j’ai choisi… une combattante en faveur de l’homme de la rue, et l’un des meilleurs hauts fonctionnaires du pays, comme colistière », a annoncé Joe Biden sur son compte twitter. « Ensemble, avec vous, nous allons battre Trump ».

Élue Sénateur de Californie en 2016, ancien procureur de l’État de Californie, Kamala Harris devient ainsi la troisième femme sélectionnée comme vice-présidente potentielle. Elle est aussi la première d’origine non-européenne, facteur qui semble lui avoir donné l’avantage sur les autres candidates. Cette annonce intervient une semaine avant la tenue de la convention démocrate, virtuelle cette année en raison de la pandémie de Covid-19. Elle met fin à un long suspense, même si Harris était donnée parmi les favorites.

Biden avait annoncé dès sa nomination acquise au mois de mars qu’il prendrait une femme comme colistière. Il a fallu plusieurs mois de réflexion au candidat du parti démocrate pour se décider. Dans un parti démocrate dont l’aile radicale est obsédée par les questions d’identité, et notamment raciale, le choix de l’actuelle sénatrice de Californie apparaît comme l’un des plus prudents pour Biden. Il espère apaiser ainsi la frustration de l’aile gauche du parti qui regimbe à voter pour un homme blanc septuagénaire.

Âgée de 55 ans, d’origine indo-caraïbe (son père est originaire de la Jamaïque et sa mère indienne), cette juriste diplômée de l’université de Howard à Washington et de l’Université de Californie n’a pas grandi dans un ghetto. Ses parents sont des universitaires de haut niveau, son père a été professeur d’économie à Stanford et sa mère diplômée en endocrinologie à Berkeley.

Mais Kamala Harris se considère comme afro-américaine, et a fait campagne en mettant cette caractéristique pendant les primaires démocrates. Elle avait notamment lancé une attaque virulente contre Joe Biden, l’accusant de s’être opposé à la déségrégation des écoles publiques dans les années 1970, expliquant qu’elle avait elle avait été l’une des élèves à avoir bénéficié de cette politique.

Mais l’aile radicale du parti avait critiqué Kamala Harris pour avoir été peu sensible à la question raciale quand elle était procureur général de Californie et procureur de district à San Francisco, et l’avait accusée de ne pas avoir assez pris en compte le racisme et la brutalité policière. Harris avait essayé de se défendre en se déclarant « progressiste » et favorable aux réformes des forces de l’ordre.

Harris avait finalement soutenu Biden et a fait campagne pour lui, après avoir suspendu sa propre campagne présidentielle à la fin de 2019. « On prend beaucoup de décisions importantes en tant que président », a dit Biden. « Mais la première est celle de choisir son vice-président… J’ai décidé que Kamala Harris était la meilleure personne pour m’aider à mener le combat contre Donald Trump et Mike Pence, puis à diriger ce pays à partir de janvier 2021 ».

« Nous ne sommes pas dans un moment normal », a-t-il ajouté. « J’ai besoin à mes côtés de quelqu’un d’intelligent, solide, et prêt à commander. Kamala est cette personne ».

Le choix de Harris comme colistière de Biden est un peu le reflet du tandem qu’il formait avec Barak Obama en 2008, à l’époque lui aussi un jeune sénateur récemment propulsé sur la scène politique nationale.

Donald Trump a aussitôt commenté l’annonce de ce choix en qualifiant Kamala Harris de « fausse ». « Avec Harris comme testament politique vivant de Joe Biden, il vient de donner le contrôle de notre pays aux émeutiers radicaux qui promettent d’augmenter les impôts, de couper les budgets de la police, de détruire les emplois dans l’énergie et d’ouvrir nos frontières ».

Avec Le Figaro par Adrien Jaulmes