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Présidentielle égyptienne : rebondissements pour la clôture des candidatures

avril 8, 2012

Le dépôt des candidatures pour la présidentielle égyptienne  s’est  terminé dimanche avec des rebondissements de dernière minute qui   bouleversent la course à la magistrature suprême, à près de six semaines  du  premier tour.

Une vingtaine de personnes ambitionnant de diriger le pays le plus peuplé du  monde arabe après la chute en février 2011 du régime de Hosni Moubarak se sont  officiellement portées candidates.

Parmi elles figurent l’ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa, le  prédicateur salafiste Hazem Abou Ismaïl, le richissime homme d’affaires et  membre des Frères musulmans Khairat al-Chater, l’ancien membre de la confrérie  islamiste

Abdelmoneim Aboul Foutouh ainsi que le dernier chef de gouvernement de M.  Moubarak, Ahmad Chafiq.

L’ancien chef du Renseignement Omar Souleimane, un pilier de l’ère Moubarak, a déposé son  dossier de candidature moins d’une demi-heure avant la clôture à 14H00  locales (12H00 GMT).

La police militaire gardait l’entrée de la commission électorale située en  banlieue du Caire, de crainte de violences entre partisans et opposants aux  candidats.

Le Conseil suprême des forces armées, à qui M. Moubarak a remis le pouvoir en  démissionnant sous la pression d’une révolte le 11 février 2011, s’est engagé à  passer les rênes du pays aux civils en juin, une fois un président élu.

« Le peuple veut Omar Souleimane! »

Le processus électoral a permis à des membres de l’ancien régime de revenir  sur le devant de la scène, alors qu’ils faisaient jusqu’à récemment profil bas  par peur de représailles.

« Le peuple veut Omar Souleimane! » criait la foule de partisans de l’ancien  vice-président devant la commission électorale. « Il ramènera la stabilité et  rétablira notre dignité », disait l’un d’entre eux.

L’avocat de gauche Khaled Ali et Abdallah al-Achaal du parti salafiste  al-Assala se sont également enregistrés dimanche. Bothaina Kamel, seule  personnalité publique féminine à se porter candidate, n’a pas pu rassembler les  30.000 signatures d’électeurs nécessaires pour se qualifier.

Cette présentatrice de télévision et militante pro-démocratie a toutefois  indiqué à la presse qu’elle continuerait « d’oeuvrer à développer la conscience  politique du peuple égyptien ».

Le processus de candidature a été émaillé de coups de théâtres, devenant  source de stupeur ou d’hilarité en Egypte.

Le salafiste Hazem Abou Ismaïl, connu pour ses positions anti-américaines, va  ainsi probablement être disqualifié après l’annonce que sa mère a été  naturalisée Américaine en 2006. Selon la loi électorale, tout candidat à la  magistrature suprême doit être uniquement égyptien, de même que ses parents et  son épouse.

Candidat « alternatif »

Les Frères musulmans, qui s’étaient engagés à ne pas participer à la  présidentielle, ont créé la surprise en présentant Khairat al-Chater.

Mais ce dernier pourrait lui-même être disqualifié car il est sorti de prison  en mars 2011 après avoir été condamné par un tribunal militaire à sept ans de  réclusion pour des accusations de terrorisme et de blanchiment d’argent.

Or la loi stipule que toute personne ayant été condamnée à de la prison doit  attendre six ans à partir de la fin de sa peine ou de la date de sa grâce avant  de pouvoir retrouver ses droits politiques.

Samedi, la justice administrative a d’ailleurs interdit à l’opposant Ayman  Nour de se présenter en vertu de cette loi, bien que le pouvoir militaire ait  décidé quelques jours auparavant de lui rendre ses droits politiques.

Pour être sûrs de rester dans la course au cas où leur candidat serait  disqualifié, les Frères musulmans ont présenté en dernière minute un candidat  « alternatif », le président de leur Parti de la liberté et de la justice  (PLJ), Mohammed Morsi.

Quant à Safwat Hegazy, le candidat de la Gamaa islamiya, groupe ultra  conservateur auteur de nombreuses attaques dans les années 1990 avant de  renoncer à la violence, il a finalement décidé de se retirer de la course.

Le premier tour de la présidentielle est prévu les 23 et 24 mai et la  commission doit examiner les candidatures du 13 au 15 avril. Les candidats  rejetés auront 48 heures pour présenter un recours.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : un groupe dissident d’Aqmi revendique le rapt de diplomates algériens

avril 8, 2012

Un groupe dissident d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a   revendiqué dimanche l’enlèvement du consul d’Algérie et de six membres  de sa  mission à Gao, dans le nord du Mali, région aux mains de rebelles  et  d’islamistes dont la pacification sera le premier défi à relever des  autorités  maliennes de transition.

Le Mouvement pour l’unicité et  le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao)  « déclare officiellement sa  responsabilité dans l’enlèvement du consul algérien  et six (membres) de  son équipe à Gao », a affirmé le groupe dans un court  message écrit  transmis à l’AFP.

Les sept diplomates algériens ont été enlevés  jeudi dans cette ville du  nord-est du Mali  prise récemment, comme toute  le Nord, par la rébellion touareg et des groupes  islamistes armés.

Le  Mujao avait revendiqué en décembre 2011 le rapt fin octobre dans  l’ouest  de l’Algérie de deux Espagnols et une Italienne qui, selon un  porte-parole du  groupe, sont toujours retenus par ces jihadistes.

La  situation chaotique au Mali, voisin de l’Algérie, constitue un « facteur   de tension » pouvant engendrer des « implications majeures » dans la  région du  Sahel, a prévenu dimanche à Alger Kamel Rezzag Bara,  conseiller du président  algérien Abdelaziz Bouteflika.

La crise  dans le nord du Mali a été précipitée par le putsch du 22 mars contre le  président Amadou Toumani Touré  (ATT), conduit par une junte qui doit  céder le pouvoir au président de  l’Assemblée nationale Dioncounda  Traoré.

« Finaliser les choses »

Futur chef de l’Etat de transition, il poursuivait  dimanche dans la capitale  ses consultations avec la classe politique. Il  était censé rencontrer le chef  des putschistes, le capitaine Amadou  Sanogo, mais ce rendez-vous pourrait être  reporté, selon l’entourage de  la junte.

A l’hôtel servant de quartier général à M. Traoré et au  ministre burkinabè  des Affaires étrangères Djibrill Bassolé, en charge  de la médiation  ouest-africaine, se succédaient dimanche des  responsables politiques, de la  junte et des diplomates, sous haute  surveillance.

« Il y a beaucoup de va-et-vient entre ici, Kati  (camp militaire et base des  putschistes, près de Bamako) et là où est  ATT (dont la localisation n’a pas été  révélée, ndlr) pour finaliser les  choses », a indiqué à l’AFP un proche de M.  Traoré, assurant que « ça peut  aller très vite ».

Un accord-cadre conclu vendredi entre la junte  et des représentants de la  Communauté économique des Etats d’Afrique de  l’Ouest (Cédéao) prévoit le  transfert du pouvoir aux civils et la  désignation d’un président de la  République et d’un Premier ministre de  transition jusqu’à la tenue d’élections  présidentielle et législatives.

L’accord  stipule que le poste de chef de l’Etat intérimaire doit être occupé  par  le président de l’Assemblée nationale qui, avec son gouvernement, a   théoriquement 40 jours maximum pour organiser des élections. Mais le  texte  prend acte de « l’impossibilité » de tenir ce délai vu les  « circonstances  exceptionnelles » et la crise au Nord, sans fixer une  durée pour la  transition.

Qui sera le chef du gouvernement de  crise? De nombreux noms circulaient ces  dernières heures, dont celui  d’un Arabe du Nord, Zahby Ould Sidi Mohamed,  fonctionnaire de l’ONU au  Soudan. Etaient cités aussi plusieurs candidats à la  présidentielle,  mais certains recherchaient des profils beaucoup moins  partisans.

Une solution « politique »

La  Cédéao a décidé « la levée avec un effet immédiat de toutes les  sanctions  imposées au Mali », un embargo diplomatique, économique et  financier qui  menaçait d’asphyxier le pays. Les auteurs du coup d’Etat  se voient offrir  l’amnistie.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban  Ki-moon, a appelé la junte « à mettre  rapidement en oeuvre » l’accord,  salué par l’Union africaine, l’Union européenne  et l’ex-puissance  coloniale française.

Réunis à Nouakchott, des ministres de la  Mauritanie, de l’Algérie et du  Niger – qui forment avec le Mali, absent,  le groupe des pays « du champ » – ont  réclamé dimanche « l’application  immédiate et inconditionnelle » de l’accord et  jugé que la rébellion du  Nord est « largement noyautée par les groupes armés  terroristes ».

Alors  que les putschistes accusaient ATT d' »incompétence » dans sa gestion de  la situation dans le Nord, la moitié septentrionale est passée il y a  une  semaine sous le contrôle de rebelles touareg, d’islamistes armés et  de divers  groupes criminels.

Le Mouvement national de libération  de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg) a  proclamé vendredi l’indépendance  du Nord, l’Azawad, une déclaration rejetée par  toute la communauté  internationale.

Sur le terrain, le MNLA ne semble en réalité plus  maître du jeu, supplanté  par les islamistes du mouvement Ansar Dine  d’Iyad Ag Ghaly,  figure des ex-rébellions touareg des années 1990,  appuyé par Aqmi, dont trois  principaux chefs ont été vus à Tombouctou  avec lui. L’un d’eux, Mokhtar  Belmokhtar, est arrivé dans la nuit de  vendredi à samedi à Gao.

La Cédéao a brandi de nouveau ce week-end  la menace d’un recours à la force  pour mettre fin à la partition du  Mali. Elle envisage d’y envoyer une force de  2.000 à 3.000 soldats, mais  sa mission et ses moyens restent très flous pour le  moment.

Dimanche  à Nouakchott, l’Algérie a averti que pour elle « la solution ne peut  être que politique », jugeant qu' »un effort militaire pourrait aggraver   davantage une situation déjà fragile et bien complexe ».

Jeuneafrique.com avec AFP