Posts Tagged ‘kamikazes’

Syrie: quarante-cinq morts dans une triple explosion près de Damas

janvier 31, 2016

Au moins 45 personnes ont été tuées et 110 blessées dimanche dans une triple explosion près du sanctuaire chiite de Sayeda Zeinab au sud de Damas, selon un nouveau bilan fourni par l’agence officielle syrienne. Celle-ci évoque une voiture piégée et deux kamikazes.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 47 personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées dans les explosions. Le bilan pourrait à nouveau augmenter, plusieurs blessés se trouvant dans un état grave, ajoute l’OSDH.

« Deux explosions (d’origine) terroriste, d’une voiture piégée suivie par celle d’un kamikaze (…) dans la zone de Sayeda Zeinab », a pour sa part indiqué la télévision officielle syrienne. Elle a fait état d' »informations rapportant des morts et des blessés », sans donner plus de détails. La télévision d’Etat syrienne a diffusé des images de bâtiments en feu et de carcasses de voitures près du plus important sanctuaire chiite de Syrie.

Le premier ministre syrien Wael al-Halaki a mis en cause des « groupes terroristes qui cherchent à se remonter le moral après une série de défaites » face à l’armée syrienne.

La mosquée de Sayeda Zeinab, située au sud-est de la capitale syrienne, abrite le mausolée de l’une des petites-filles du prophète Mahomet. De nombreux pèlerins chiites en provenance d’Iran, d’Irak, du Golfe et du Liban s’y rendent quotidiennement en pèlerinage.

En février 2015, la mosquée avait déjà été la cible d’une attaque suicide qui avait fait quatre morts et 13 blessés au niveau d’un checkpoint près du sanctuaire. Ce même mois, une explosion avait visé un bus de pèlerins chiites libanais se rendant sur le site, tuant au moins neuf personnes dans une attaque revendiquée par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda.

Romandie.com

Kaboul: 4 morts dans un attentat-suicide près de l’ambassade de Russie

janvier 20, 2016

Kaboul – Au moins quatre civils ont été tués et 22 autres blessés mercredi dans un attentat-suicide sur une grande artère de Kaboul, à proximité de l’ambassade de Russie.

Ce nouvel attentat, qui n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, intervient deux jours après une nouvelle rencontre quadripartite réunissant des représentants chinois, américains, pakistanais et afghans à Kaboul pour tenter de relancer le processus de paix entre le gouvernement afghan et les rebelles talibans.

 Le kamikaze a précipité sa voiture piégée contre un minibus transportant des civils sur la route de Dar ul-Aman, dans l’ouest de Kaboul, selon Sayed Gul Agha Rohani, chef-adjoint de la police de Kaboul.

La zone de l’explosion était très fréquentée en cette fin d’après-midi où les Kaboulis rentraient chez eux.

Quatre civils, dont trois femmes, ont été tués et 22 autres blessés, a déclaré à l’AFP Mohammad Ismaïl Kawoosi, un porte-parole du ministère afghan de la Santé. Le bilan a été confirmé par le vice-ministre de l’Intérieur sur Twitter.

L’attaque a eu lieu près de l’ambassade russe, située sur la route de Dar ul-Aman, qui relie le centre de Kaboul à l’ancien palais royal aujourd’hui en ruines.

L’explosion a été entendue à plusieurs kilomètres à la ronde et a projeté un long panache de fumée dans le ciel.

Les talibans ont fréquemment recours aux attentats-suicide à la voiture piégée et visent en majorité les soldats étrangers de l’Otan et les symboles du pouvoir afghan.

Les insurgés, engagés dans un conflit lancé à la chute de leur régime en 2001, n’étaient pas présents à la réunion de lundi visant à relancer le processus de paix et on ignore quelles factions du mouvement comptent y participer.

Après un premier dialogue direct entre talibans et représentants de Kaboul organisé l’été dernier au Pakistan, une deuxième rencontre prévue dans la foulée a été reportée sine die après l’annonce de la mort du mollah Omar, décédé en 2013.

La désignation du mollah Akhtar Mansour, bras droit du mollah Omar, à la tête du mouvement a donné lieu à une guerre des chefs. Une faction a même fait sécession.

Mais ces différends n’ont pas empêché les talibans de multiplier les attentats et les offensives militaires ces derniers mois. Pour preuve, ils ont réussi à envahir et à tenir la grande ville de Kunduz, au nord de l’Afghanistan, pendant trois jours en septembre.

Face à eux, l’armée et la police afghanes ne peuvent plus compter sur l’appui crucial des troupes étrangères de l’Otan sur le terrain, depuis décembre 2014 et la fin de la mission de combat de l’Alliance atlantique.

Romandie.com avec©AFP / 20 janvier 2016 15h19)

Nigeria: 8 morts dans un attentat-suicide à Maiduguri

novembre 22, 2015

Kano (Nigeria) – Huit personnes ont été tuées et sept blessées dimanche dans un attentat-suicide perpétré par une femme à Maiduguri, grande ville du nord-est du Nigeria, selon un responsable de l’Agence de gestion des situations d’urgence (Nema) et l’armée.

La kamikaze, âgée d’une vingtaine d’année et déguisée en réfugiée, s’est glissée parmi un groupe de réfugiés arrivant dans la ville, surtout des femmes et des enfants. Alors qu’ils étaient arrêtés à un poste de contrôle en banlieue de Maiduguri, la kamikaze a déclenché ses explosifs, a déclaré à l’AFP le coordinateur local de la Nema, Mohammed Kanar.

Huit personnes ont été tuées et sept blessés, a-t-il indiqué, un bilan confirmé par un porte-parole de l’armée nigériane, le colonel Sani Usman.

L’attentat n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, mais porte la marque du groupe islamiste Boko Haram, qui recourt fréquemment à des kamikazes, notamment des femmes et parfois des enfants.

Maiduguri, qui compte environ 2,6 millions habitants, dont 1,6 millions de réfugiés selon l’ONU, avait été frappée sept fois par des attentats en octobre, et 54 personnes avaient péri au total.

Le dernier attentat s’était produit le 23 octobre, lorsqu’un kamikaze s’était fait exploser dans une mosquée pendant la prière, tuant six fidèles.

Boko Haram est apparu dans cette ville en 2002, avant de déclencher en 2009 une insurrection qui a fait plus de 17.000 morts et 2,6 millions de déplacés.

Les insurgés islamistes, mis sous pression par l’armée nigériane sur le plan militaire depuis plusieurs mois, ont multiplié en riposte les attaques contre les civils dans les zones urbaines.

Le 18 novembre, quinze personnes ont été tuées et plus de 50 blessées dans un double attentat à la bombe sur un marché de Kano, la métropole du nord du Nigeria, perpétré par deux jeunes filles kamikazes, dont l’une âgée d’une dizaine d’années.

Et le 17 novembre, l’explosion d’une bombe à Yola, une autre ville importante du nord-est, a tué au moins 30 personnes. Cet attentat a été commis quelques jours après la visite du président nigérian Muhammadu Buhari qui avait assuré que Boko Haram était sur le point d’être vaincu.

Le tout dernier attentat attribué à Boko Haram a eu lieu samedi à Fotokol, au Cameroun, près de la frontière nigériane. Quatre femmes kamikazes ont tué cinq personnes, dont un chef traditionnel.

Romandie.com avec(©AFP / 22 novembre 2015 21h17)

Terrorisme : qui sont les kamikazes de Boko Haram au Cameroun ?

août 12, 2015
Des forces de sécurité évacuent un corps après un attentat-suicide à Maroua, la capitale de l'Extrême-nord du Cameroun, le 22 juillet 2015. © AFP

Des forces de sécurité évacuent un corps après un attentat-suicide à Maroua, la capitale de l’Extrême-nord du Cameroun, le 22 juillet 2015. © AFP

En trois semaines, fin juillet, le Cameroun a subi cinq attentats-suicides dans l’Extrême-Nord. Si Boko Haram est suspecté d’infiltrer des mosquées et des écoles coraniques, le groupe recrute surtout des fillettes défavorisées qui n’ont aucune idée qu’elles transportent des bombes.

Dans une communication adressée à son personnel en juillet, l’ONU dispensait des conseils afin de permettre d’identifier un kamikaze. Publiée par le département de la sûreté et de la sécurité des Nations unies au Tchad le 13 juillet, celle-ci a pour objectif de donner « des indications aidant à la détection d’individus suspects dont l’attitude suggère qu’ils sont porteurs d’engins explosifs artisanaux ».

Ayant potentiellement la « peau claire [dans] la partie inférieure du visage prouvant un rasage récent », « très concentré et vigilant, se parlant à lui-même (peut-être en train de faire sa dernière prière) », portant des « vêtements lourds et épais », le kamikaze, selon l’ONU, « marche avec détermination ».

Une description qui convient mal aux individus recrutés par Boko Haram, notamment au Cameroun. « Dans l’immense majorité des cas, les kamikazes de Boko Haram ne sont pas convaincus par l’idéologie », explique le colonel Didier Badjeck, porte-parole du ministère de la Défense camerounais

Les kamikazes sont surtout des jeunes adolescentes vulnérables.

Vendeuses de dattes sans le sou, jeunes filles aliénées, fillettes faisant la manche, Boko Haram utilise des personnes issues des couches les plus défavorisées du Cameroun. Des jeunes filles, entre 13 et 15 ans, socialement très vulnérables. Comme ce fut le cas à Maroua le 22 juillet.

Contrairement au Nigeria, où des compagnes de combattants islamistes défunts franchissent le pas, la grande majorité des kamikazes au Cameroun ignoreraient même qu’elles portaient des explosifs, selon les autorités.

Bombes déclenchées à distance

Dans le nord du Cameroun, Boko Haram recrute sur place, avec une pragmatique intelligence, déplorent les enquêteurs. « Quelqu’un propose de l’argent à ces jeunes filles démunies pour aller se balader dans la rue avec un colis dont elles ne connaissent pas le contenu, qu’elles ne vont évidemment pas refuser, explique Didier Badjeck. Jusqu’au moment où, quand elles arrivent dans une foule, la bombe est déclenchée à distance. »

Lors des attentats-suicides perpétrés à Maroua et à Fotokol, les explosions ont été déclenchées par un tiers, selon les témoignages recueillis. D’autre part, les kamikazes sont souvent sous l’effet de drogues. Les personnes arrêtées avant le déclenchement de l’explosion s’effondrent ainsi régulièrement durant l’interrogatoire qui suit. Les crises de larmes sont fréquentes sous l’effet du manque ou tout simplement de la reprise de conscience.

Dans d’autres cas, plus fréquents au Nigeria et résultant des enlèvements de masse, les fillettes kamikazes « choisissent » de se donner la mort. Exploitées sexuellement – c’est probablement le cas des lycéennes enlevées à Chibok en avril 2014 -, elles voient dans la mort une issue à leur calvaire.

Vigilance envers les écoles coraniques

L’existence d’un « recrutement idéologique » au Cameroun n’est pas formellement établi. La surveillance des mosquées et des écoles coraniques a été renforcée car la police estime qu’elles pourraient être le lieu d’un endoctrinement.

« Ces structures sont infiltrées et, dès qu’elles deviennent inquiétantes, elles sont démantelées », assure Didier Badjeck. Depuis début juillet, plusieurs écoles coraniques du Nord et de l’Extrême-Nord, à Maroua ou encore à Ngaoudéré, ont en effet été investies par la police. Les élèves ont été renvoyés dans leur famille, parfois après interrogatoire et détention, au grand dam des organisations de droits de l’homme.

Les dénonciations d’individus marginaux, et donc suspects aux yeux de la population, se multiplient également, alors que le Cameroun a mis en place une série de mesures drastiques, notamment à l’encontre des jeunes vendeurs ambulants, pour lutter contre Boko Haram. Un mal nécessaire, assurent les autorités camerounaises.

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier

Cameroun : double attentat-suicide dans le Nord, une dizaine de morts

juillet 22, 2015

Des militaires camerounais déployés dans l'Extrême-Nord. © Noel Quidu

Des militaires camerounais déployés dans l’Extrême-Nord. © Noel Quidu

Ce double attentat kamikaze a eu lieu mercredi à Maroua, capitale régionale de l’Extrême-Nord. 13 personnes, dont les deux kamikazes, sont mortes, 32 ont été blessées.

Mercredi 22 juillet aux alentours de de 15h30 (13h30 TU), deux kamikazes, « deux fillettes qui faisaient de la mendicité », selon une source gouvernementale, ont déclenché des engins explosifs en deux endroits de la ville, dans le marché central et dans le quartier voisin et très peuplé de Haoussa.  Selon un communiqué de la présidence, le bilan est de 11 morts plus les deux kamikazes, et de 32 blessés.

« Le président de la République condamne avec la plus grande fermeté ces attentats lâches et ignobles perpétrés contre des populations innocentes et présente ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes », dit le communiqué. Paul Biya « appelle la population à la vigilance et à une collaboration étroite avec les forces de sécurité », assurant que « les instructions données aboutiront inéluctablement à la mise hors d’état de nuire de ces criminels sanguinaires. »

Maroua, capitale régionale de l’Extrême-Nord, abrite l’état-major de l’opération militaire du Cameroun contre les terroristes de Boko Haram.

C’est la deuxième fois que le Cameroun est victime de ce type d’attentat. La semaine dernière, une double attaque kamikaze avait visé la localité de Fotokol.

Jeuneafrique.com

Mort de trois femmes kamikazes dans le nord-est du Nigeria

juin 10, 2015

Maiduguri (Nigeria) – Trois femmes kamikazes ont péri dans le nord-est du Nigeria lors de l’explosion de la charge qu’elles portaient sur elles, a annoncé mercredi la police, ajoutant qu’il n’y avait pas eu de victime.

Le chef de la police de l’État de Borno, Aderemi Opadokun, a indiqué que les kamikazes étaient mortes alors qu’elles se rendaient dans la capitale régionale Maiduguri, frappée de nombreuses fois dans le passé par le groupe islamiste Boko Haram.

Les trois kamikazes sont décédées et il n’y pas eu d’autres morts, a-t-il déclaré.

On ignorait mercredi si les trois femmes avaient été envoyées par Boko Haram mais le groupe islamiste nigérian a eu recours à plusieurs reprises à des femmes kamikazes pour frapper des endroits très fréquentés, des marchés notamment.

Cet incident intervient à la veille d’un sommet des chefs d’États de la région consacré à la lutte contre Boko Haram, érigée en priorité par le nouveau président nigérian Muhammadu Buhari.

Les présidents du Niger, du Tchad, du Cameroun et du Bénin doivent retrouver M. Buhari jeudi à Abuja. Ils discuteront notamment de la mise en place effective d’une Force d’intervention conjointe multinationale basée à N’Djamena et qui doit compter 8.700 militaires.

Le groupe islamiste, qui a enregistré d’importants revers ces derniers mois, a récemment démontré que sa capacité de nuisance demeurait élevée: depuis l’investiture de M. Buhari le 29 mai, Boko Haram a multiplié ses attaques dans le nord-est du pays, faisant au moins 109 victimes.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2015 19h09)

Assaut contre le QG du gouverneur du Panchir: 6 talibans afghans, un policier tués

mai 29, 2013

KABOUL – Six insurgés talibans et un policier afghan ont été tués mercredi avant l’aube dans un assaut très symbolique contre le siège du gouverneur de la province du Panchir, une région au nord de Kaboul largement épargnée jusqu’ici par les violences.

Six insurgés vêtus en uniforme de police ont fait irruption vers 4h00 dans les bureaux du gouverneur à Bazarak, capitale provinciale. Cinq d’entre eux ont été abattus au terme d’un affrontement armé d’une heure avec la police et le sixième s’est fait exploser, tuant un policier, a déclaré à l’AFP Abdul Kabir Waseq, porte-parole du gouverneur.

Ces bureaux ne servent pas de résidence au gouverneur et il se trouvait pas sur place au moment de l’attaque survenue dans la nuit.

Les insurgés talibans ont revendiqué dans un communiqué cette attaque très symbolique dans une région considérée comme l’une des plus stables d’Afghanistan.

Le mouvement essentiellement pachtoune des talibans n’est jamais parvenu à s’emparer de la région montagneuse du Panchir, peuplée majoritairement de Tadjiks, même lorsqu’il était au pouvoir à Kaboul de 1996 à 2001.

Cette région était le fief du commandant Ahmed Shah Massoud, le lion du Panchir assassiné en septembre 2001 par al-Qaïda, qui était à la tête de la résistance anti-talibans et avait aussi lutté contre l’invasion soviétique.

Les insurgés ont mené pour la première fois une attaque suicide dans la vallée du Panchir en octobre 2011. Quatre kamikazes avaient alors attaqué une petite base de l’Otan, tuant deux chauffeurs afghans.

L’attaque de mercredi intervient moins d’une semaine après celle menée en plein coeur de Kaboul contre le complexe d’une organisation internationale qui a fait au total sept morts, dont quatre insurgés talibans.

Les talibans avaient par ailleurs tué il y a dix jours dans un attentat suicide le chef du Conseil provincial de Baghlan, province voisine du Panchir, ainsi que treize autres personnes.

Depuis le début du mois et de leur offensive du printemps, les insurgés ont multiplié les attaques à travers le pays, causant la mort de 19 militaires de la force internationale de l’Otan (Isaf), pour la plupart Américains, et de dizaines d’Afghans.

L’essentiel de la force de l’Otan doit être rapatrié fin 2014, la même année où doit se dérouler, en avril, un scrutin présidentiel pour choisir un successeur à Hamid Karzaï qui ne peut briguer un autre mandat selon la constitution.

Certains pays comme les Etats-Unis et l’Allemagne ont affiché leur intention de maintenir une présence militaire en Afghanistan après 2014.

Les talibans ont affirmé à maintes reprises que le retrait total des troupes étrangères était une condition sine qua non à des négociations de paix.

Romandie.com avec (©AFP / 29 mai 2013 06h22)

Niger : au moins 23 morts dans les attentats d’Arlit et d’Agadez

mai 23, 2013
Patrouille de soldats nigériens le 27 septembre 2010 entre Agadez et Arlit. Patrouille de soldats nigériens le 27 septembre 2010 entre Agadez et Arlit. © AFP

Selon un premier bilan officiel, 23 personnes – 18 militaires, quatre kamikazes et un civil – ont été tuées dans une attaque à la voiture piégée contre une caserne militaire à Agadez, jeudi 23 mai au petit matin. Un cinquième assaillant retient en otages de jeunes élèves officiers dans un local.

Publié à 9h36, mis à jour à 14h51.

C’est un coup dur pour l’armée nigérienne engagée au Mali voisin. Jeudi matin, vers 5h30 du matin, un 4×4 bourré d’explosifs a sauté devant une caserne militaire d’Agadez, dans le nord du Niger. D’après un premier bilan officiel, 18 militaires nigériens, un civil et quatre kamikazes ont été tués lors de cette attaque. La caserne abritait de jeunes militaires en formation, légèrement équipés, ce qui explique ce très lourd bilan côté nigérien. Selon les autorités, un cinquième kamikaze retient des élèves officiers en otages dans un local.

D’après une source proche du Premier ministre, des éléments de l’armée française sont arrivés sur place. Contacté par Jeune Afrique, le ministère français de la Défense a refusé de confirmer l’information, sans toutefois la démentir.

Le ministre nigérien de la Défense Mahamadou Karidjo est également arrivé à Agadez. Il a affirmé que les jihadistes étaient des « peaux rouges », terme utilisé pour désigner des membres des communautés touarègue ou arabe. De son côté, une source gouvenrnementale affirme que les auteurs de l’attaque étaient venus de Libye.

Attentat-suicide contre un site d’Areva

Pratiquement en même temps que l’attaque d’Agadez, aux environs de 5h30 du matin, un autre 4×4 piégé a explosé à Arlit, sur le site de la mine de la Somaïr (Société des mines de l’Aïr), exploitée par le groupe français Areva. D’après un communiqué de la compagnie française, « 13 collaborateurs ont été blessés » et « pris en charge par les services de secours locaux ». Selon un employé de la société, le kamikaze serait mort dans l’explosion. « Un homme en treillis militaire conduisant un véhicule 4×4 bourré d’explosifs s’est confondu aux travailleurs de la Somaïr. Il a pu faire exploser sa charge devant la centrale électrique de l’usine de traitement d’uranium », a également affirmé cet employé.

Les forces de sécurité nigériennes ont renforcé les dispositifs de sécurité sur les sites d’Areva. L’armée est par ailleurs en train de ratisser la zone.

Cette double attaque terroriste sanglante a été revendiquée à la mi-journée par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des groupes islamistes armés qui contrôlait le Nord-Mali avant l’intervention militaire franco-africaine. « Grâce à Allah, nous avons effectué deux opérations contre les ennemis de l’islam au Niger », a déclaré à l’AFP Abu Walid Sahraoui, porte-parole du Mujao. « Nous avons attaqué la France et le Niger pour sa coopération avec la France dans la guerre contre la charia », a-t-il ajouté, tout en menacant d’autres actions contre la France et ses alliés africains.

Le Mujao, composé en grande partie d’Africains subsahariens (contrairement à ses alliés d’Aqmi ou d’Ansar Eddine), a revendiqué plusieurs attentats-suicides ces derniers mois, dont plusieurs à Gao, la plus grande ville du nord malien.

Jeuneafrique.com par  Benjamin Roger