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Soldats ivoiriens détenus : Bamako réclame Karim Keïta et Tiéman Hubert Coulibaly

septembre 10, 2022

Le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a ouvertement lié la remise en liberté des 46 soldats ivoiriens interpellés le 10 juillet à Bamako à l’extradition de personnalités maliennes vivant en Côte d’Ivoire, dont le fils de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

Le colonel Assimi Goïta, le 19 janvier 2022. © Présidence Mali

Alors que les autorités insistaient jusqu’alors publiquement sur un traitement « judiciaire » du dossier par la justice malienne, le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, a parlé, le vendredi 9 septembre, de nécessaire « contrepartie », confirmant des informations selon lesquelles l’extradition de personnalités maliennes faisait partie de la discussion sur le sort des soldats ivoiriens.

Au « moment où la Côte d’Ivoire demande la libération de ses soldats, [elle] continue de servir d’asile politique pour certaines personnalités maliennes faisant l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis par la justice », a souligné Assimi Goïta lors d’une rencontre avec le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, le vendredi 9 septembre, selon un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Accusations de mercenariat

« Ces mêmes personnalités bénéficient de la protection de la Côte d’Ivoire pour déstabiliser le Mali. D’où la nécessité d’une solution durable à l’opposé d’une solution à sens unique qui consisterait à accéder à la demande ivoirienne sans contrepartie pour le Mali », a-t-il déclaré. Il s’agit notamment de Karim Keïta, le fils de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta renversé par les colonels en 2020, et de Tiéman Hubert Coulibaly, ministre de la Défense et des Affaires étrangères sous Keïta.

Les relations entre le Mali et son voisin ivoirien se sont dégradées depuis que la junte a pris, en août 2020, la tête du pays. Elles se sont encore détériorées avec l’interpellation de 49 soldats ivoiriens à leur arrivée à Bamako le 10 juillet. Trois soldates ont récemment été libérées. Les 49 soldats devaient, selon Abidjan et l’ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques Bleus au Mali. Bamako a présenté les Ivoiriens comme des mercenaires. La junte est elle-même accusée par un certain nombre de pays occidentaux de s’être assuré les services de mercenaires russes.

« Trouver une solution définitive »

Le nouveau Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a assuré vendredi soir sur la télévision d’État que le dossier était « éminemment judiciaire ». Mais il a lui aussi évoqué dans le même propos la situation de compatriotes visés par des mandats d’arrêts et vivant en Côte d’Ivoire, qui utilisent cette dernière « comme terrain en vue d’attaquer ou de perturber la transition », la période censée précéder et préparer le retour des civils au pouvoir à Bamako.

L’affaire fait l’objet d’une médiation togolaise. La présidence malienne écrit dans son communiqué que « le Nigeria souhaite jouer sa partition dans la libération du reste [des] soldats », et « estime qu’il est temps de trouver une solution définitive à cette crise ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Mali : après le mandat d’arrêt contre Karim Keïta, l’ancien patron de la Sécurité d’État arrêté

juillet 29, 2021
Des soldats maliens, lors de l’investiture d’Assimi Goïta, le 7 juin 2021 (illustration).

Moussa Diawara, l’ancien directeur de la Sécurité d’État sous Ibrahim Boubacar Keïta, a été arrêté et inculpé pour « complicité de séquestration et d’enlèvement » dans l’affaire de la disparition de Birama Touré. Le fils de l’ancien président, Karim Keïta, est également cité dans l’affaire.

C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire de la disparition du journaliste Birama Touré, dans laquelle le nom de Karim Keïta, le fils de l’ancien président malien, est notamment cité. Alors que l’enquête piétinait depuis que le reporter malien avait disparu le 26 janvier 2016, la procédure s’est soudain accélérée. Le 5 juillet, la justice malienne a saisi Interpol pour demander l’émission d’un mandat d’arrêt international à l’encontre de Karim Keïta, que les juges souhaitent auditionner.

Séquestration et tortures

Après le fils d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), c’est au tour du général de division Moussa Diawara, ancien chef d’état-major de la garde nationale, qui a également dirigé la Sécurité d’État (les services de renseignement maliens) de 2013 à la chute d’IBK, en août 2020, de se retrouver impliqué dans cette procédure.

Moussa Diawara a été arrêté à son domicile, ce jeudi 29 juillet, et inculpé pour « complicité de séquestration et d’enlèvement », de « tortures » et d’« associations de malfaiteurs » par le tribunal de la Commune-IV de Bamako, a indiqué à Jeune Afrique une source judiciaire. Il s’agit de la première inculpation, en cinq ans, dans le cadre de l’instruction menée sur la disparition du journaliste.

« Conformément à son statut de général, une demande de mise à disposition avait été formulée auprès du ministère de la Défense par le juge d’instruction chargé de l’affaire, après que la demande de mandat d’arrêt international a été émise à l’encontre de Karim Keïta », précise une source proche du dossier. « Le ministre [de la Défense, le colonel Sadio Camara] n’a pas fait obstacle », souligne la même personne. Moussa Diawara serait actuellement détenu dans les locaux de l’École de gendarmerie.

« Les langues se sont déliées »

Quelques jours avant cette arrestation, une source judiciaire confiait à Jeune Afrique que, depuis la chute d’IBK, « les langues se sont déliées » et des éléments nouveaux ont permis « des avancées non négligeables dans le dossier ». Depuis la saisine d’Interpol par la justice malienne, de nouveaux témoignages ont été rendus publics, notamment par Reporter sans frontières (RSF), qui a enquêté sur la disparition du journaliste. Certains de ces témoignages mettent directement en cause les services de renseignement maliens.

Selon RSF, Birama Touré aurait en effet été détenu pendant plusieurs mois dans une « prison secrète » de la Sécurité d’État. L’un de ses codétenus, dont Reporter sans frontières a obtenu le témoignage, assure que le journaliste a été exécuté « de trois coups de feu » en présence du lieutenant-colonel Cheick Oumar N’Diaye, responsable de la division recherche au sein de la Sécurité d’État. Ce dernier n’a, pour l’heure, pas été inquiété.

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo et Manon Laplace