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RD Congo : découverte de huit fosses communes dans le Kasaï Central, selon une enquête de RFI et Reuters

mars 20, 2017

Des soldats de l’armée congolaise lors d’une mission de reconnaissance à 25 km de Goma en Octobre 2013. © Joseph Kay/AP/Sipa

Selon une enquête de RFI et de l’agence de presse Reuters, huit fosses communes ont été découvertes dans le centre de la RDC, théâtre de violences depuis neuf mois.

Depuis le début de l’année, au moins huit fosses communes ont été découvertes par les habitants de Tshimbulu, chef-lieu du territoire de Dibaya, dans la province du Kasaï Central, révèle une enquête de RFI et de Reuters, publiée lundi 20 mars.

« Le matin, nous sommes partis du village pour aller au champs. Et quand nous venions, nous avons vu des mouches voler, il y avait une forte odeur », explique un habitant de Tshimbulu, cité par RFI. « On a vu des bras, des jambes et même des cadavres entiers, ils étaient mal enfouis », poursuit ce témoin, montrant les ossements humains qui affleurent toujours dans cette fosses de dix mètres par cinq.

Selon cette enquête, cinq fosses communes ont d’abord été découverte sur la route de Kananga début janvier, après l’incursion d’un groupe de miliciens du chef traditionnel Kamwina Nsapu, tué lors d’une opération de police le 12 août 2016. Les habitants ont découvert un mois plus tard l’existence de deux nouvelles fosses sur cette même route. « Ce sont les militaires qui ont creusé ça. On a vu leur camion passer. Il est resté ici plus de deux heures », explique une paysanne qui habite à Tshimbulu, citée par RFI.

Selon la chaîne de radio, la Monusco a déjà transmis des informations au gouvernement congolais concernant dix fosses communes : trois à Tshimbulu et sept autres à Nkoto.

Plus de 200 morts depuis août

Partie du Kasaï Central, la rébellion de Kamwina Nspau a progressivement gagné le Kasaï Oriental et le Kasaï Occidental. Au total, les violences commises dans ce conflit auraient fait au moins 200 morts.

Dans un communiqué publié le 18 mars, la Monusco avait exprimé « ses vives préoccupations » au sujet de nouvelles allégations faisant état de violences à Kananga, capitale du Kasaï Central entre le 14 et le 17 mars. « Un nombre important de personnes auraient été tuées au cours d’affrontements entre des miliciens de Kamwina Nsapu et des membres des forces de sécurité congolaises », affirmait la mission onusienne dans le pays.

À ce titre, la Monusco s’était dit autant « préoccupée par les attaques des miliciens de Kamwina Nsapu contre les institutions et symboles étatiques » que par « l’utilisation disproportionnée de la force par les forces de défense et de sécurité, notamment en ciblant des civils, dont des femmes et des enfants ». Le chef de la Monusco, Mamam S. Sidikou avait donc demandé l’ouverture d’une enquête sur ces événements.

Pointées du doigt, le gouvernement congolais avaient déjà annoncé la création d’une commission d’enquête le 22 février dernier, après la diffusion d’une vidéo mettant en cause l’armée dans un massacre de civils.

Le ministre de la Communication Lambert Mende, contacté pour commenter les informations de RFI et Reuters, était pour l’heure injoignable par téléphone.

Jeuneafrique.com par

RD Congo : deux experts de l’ONU portés disparus dans le Kasaï-Central

mars 13, 2017

La ville de Kananga est située dans le centre de la RD Congo. © Google

L’Américain Michael J. Sharp et la Suédoise Zaida Catalán, deux membres du groupe d’experts de l’ONU sur la RD Congo, sont tombés dimanche soir dans une embuscade tendue par des hommes armés dans le centre du pays, où sévit la milice du chef traditionnel Kamwina Nsapu, tué en août dernier.

Le gouvernement congolais a confirmé l’enlèvement, dimanche 12 mars, de Michael J. Sharp et de Zaida Catalán, deux chercheurs du groupe d’experts des Nations unies sur la RD Congo. « Ce sont deux officiels onusiens qui séjournaient dans notre pays pour une mission dont nous ne connaissons pas l’objet », a fait savoir lundi à Jeune Afrique Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

À en croire le ministre, les deux experts ont quitté Kananga dimanche 12 mars, capitale de la province du Kasaï-Central, et se sont dirigés vers la ville de Tshimbulu où des affrontements entre l’armée et des miliciens avaient fait une soixantaine de morts début février. Selon une source onusienne, les deux experts avaient rencontré le chef de poste de la Mission de l’ONU en RD Congo (Monusco) à Kananga avant de quitter la ville.

« Forces négatives non identifiées » ou milice Kamwina Nsapu ?

Michael J. Sharp, coordonnateur du groupe d’experts, et sa collègue Zaida Catalán étaient accompagnés par un traducteur congolais, tous à bord de motos conduites par trois autres Congolais, selon Lambert Mende.

« Ce groupe qui sillonnait la province du Kasaï-central à moto, sans que les autorités locales en aient été informées, serait tombé, selon les premières indications, entre les mains des forces négatives non encore identifiées sur le pont Moyo à proximité du village Ngombe, secteur de Bukonde », a indiqué dans la foulée Lambert Mende dans un communiqué officiel.

Les experts de l’ONU travaillent indépendamment de la Monusco comme du gouvernement congolais, ce qui les conduit fréquemment à rencontrer leurs sources sans protection militaire.

Les groupes d’experts de l’ONU sont chargés de rédiger des rapports annuels pour informer le Conseil de sécurité sur la situation intérieure des pays dont ils ont la charge. Les deux disparus enquêtaient sur l’insécurité dans le Kasaï-central. Cette province est depuis plusieurs mois en proie à la rébellion, sévèrement réprimée, de miliciens se réclamant du chef traditionnel Kamwina Nsapu, tué en août 2016.

« L’embuscade a eu lieu dans une brousse où il n’y a ni la police ni l’armée. Ce sont bien des jeunes drogués appartenant à la milice de Kamwina Nsapu qui ont attaqué les deux experts », affirme pour sa part Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, qui séjourne dans la région.

Ramazani Shadary a confié par ailleurs à Jeune Afrique qu’un hélicoptère de la Monusco a survolé la zone où aurait eu lieu l’enlèvement mais qu’il est « retourné à Kananga sans une indication claire sur le sort de deux experts de l’ONU ».

Jeuneafrique.com par et

RD Congo: un policier et un milicien tués lors d’affrontements dans le centre du pays

janvier 5, 2017

Kinshasa – Un policier et un milicien ont été tués dans l’attaque d’une ville de la province du Kasaï central, dans le centre de la République démocratique du Congo, par des partisans d’un chef traditionnel tué en août, a appris jeudi l’AFP de sources concordantes.

Mercredi matin, près de 200 partisans du chef Kamwina Nsapu ont investi et pris le contrôle de la cité de Tshimbulu, après avoir tué un policier, a déclaré jeudi matin à l’AFP une religieuse catholique témoin de l’incident, interrogée par téléphone.

Le corps d’un milicien a été retrouvé près du commandement de la police de Tshimbulu, a-t-elle ajouté jeudi en fin de journée, indiquant que des tirs à l’arme lourde sont entendus dans la partie sud de la ville. Ces informations ont été confirmées à l’AFP par des habitants.

Les assaillants ont quitté la ville (mercredi, ndlr) vers 19H00 (18H00 GMT) après avoir créé une grande panique. L’armée a repris le contrôle de Tshimbulu vers 23H00, a rapporté un journaliste d’une radio locale, joint par l’AFP depuis Kinshasa.

De son côté, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a déclaré que l’armée mène des opérations dans cette zone contre des inciviques, qui se réclament du chef coutumier Kamwina Nsapu.

Quasiment tous les jeunes ont fui la cité, craignant d’être arrêtés par l’armée. Il y a un gros risque qu’ils aillent grossir les rangs de ce groupe, s’est pour sa part inquiétée auprès de l’AFP une source ecclésiastique.

Ville agricole et administrative de plus de 150.000 habitants, Tshimbulu est située dans le territoire de Dibaya, à 120 km au sud de Kananga, capitale du Kasaï central, au centre de la RDC.

Fin septembre, au moins 47 personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces de sécurité et des partisans se réclamant de ce chef pour le contrôle de l’aéroport de Kananga.

Médecin âgé d’une trentaine d’années, Kamwina Nsapu a été tué dans une opération de police le 12 août 2016.

Il était rentré en RDC en avril 2016 après un séjour en Afrique du Sud, et avait peu après lancé des appels à l’insurrection et à la libération du Congo, dans un appel audio qui circule sur les réseaux sociaux.

Romandie.com avec(©AFP / 05 janvier 2017 18h09)