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Vidéo de tuerie en RD Congo : « montage » dit Kinshasa, l’ONU enquête

février 18, 2017

Le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende, le 13 avril 2015 à Kinshasa,. © AFP/FEDERICO SCOPPA

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a qualifié samedi de « montage » une vidéo sur laquelle enquête l’ONU et qui met en cause l’armée congolaise dans un massacre de civils dans une province troublée.

« Ce sont des montages ridicules. Quelle est cette armée qui accepte de filmer comment elle tue ? » a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende, à propos de cette vidéo non authentifiée.

« C’est l’œuvre de personnes au bout du rouleau. C’est trop grossier et ridicule », a ajouté M. Mende, « c’est digne d’un montage de film de Rambo ».

La vidéo, qui dure un peu plus de sept minutes, a été transmise vendredi soir à l’AFP par un spécialiste du Congo, selon qui elle aurait été tournée le 11 ou le 12 février, alors que des informations non confirmées faisaient état de 50 à 100 morts dans des affrontements entre l’armée congolaise et la rébellion Kamwina Nsapu dans le sud de la province du Kasaï central.

Samedi, elle circulait et était abondamment commentée sur les réseaux sociaux. Un examen des données associées à la vidéo n’a pas permis à l’AFP de déterminer la date de réalisation des images, ni le lieu du tournage.

Le porte-parole de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco) n’avait pas pu être joint samedi en début d’après-midi, mais selon des sources au sein de la mission onusienne, celle-ci enquête sur cette « vidéo et d’autres allégations » en relation avec ce qui se passe dans les trois provinces du Kasaï.

Le 11 février, la Monusco avait exprimé son inquiétude face à la persistance de la violence dans cette région du centre de la RDC et dénoncé « les atrocités commises par les miliciens Kamwina Nsapu » tout comme « un usage disproportionné de la force par les Forces armées de la RDC (FARDC) », qu’elles avaient appelées « à agir dans le respect des normes acceptables du droit national et international ».

A en juger par sa qualité, la vidéo semble avoir été tournée à l’aide d’un téléphone portable par un membre d’une unité militaire de huit soldats en treillis parlant lingala (la langue en usage dans l’armée congolaise) et swahili (langue parlée dans l’Est du Congo).

« Vous mourez pour rien »

Elle montre le petit détachement marcher sur un chemin vers un groupe de personnes à quelques dizaines de mètres chantant en tshiluba (langue parlée au Kasaï) « Notre terre, notre terre ».

Puis un ordre : « Avancez ! tirez ! ». Le peloton ouvre alors un feu nourri et progresse sans avoir besoin de s’abriter : personne ne réplique en face. Le feu cesse. Les hommes s’avancent et achèvent plusieurs personnes gisant au sol, en commençant par une femme, et insultent les cadavres, tiennent des propos obscènes en contemplant le sexe de deux femmes gisant à terre. La caméra s’attarde longtemps sur l’une d’elle en train d’agoniser. « Vous mourez pour rien, pour rien », dit un homme.

« Ici nous sommes au village Mwanza-Lomba, nous les avons croisés aujourd’hui. Nous leur avons prouvé que la force reste à la loi. Ils sont nombreux mais on va les poursuivre jusqu’à l’infini », commente la personne qui tourne les images.

Mwanza-Lomba est situé au Kasaï-oriental, entre Mbuji-Mayi, capitale de cette province, et Kananga, la capitale du Kasaï-central voisin. La région est le théâtre depuis septembre d’une rébellion provoquée par un conflit entre le pouvoir central et un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, tué en août lors d’une opération militaire.

La vidéo montre pas moins de vingt cadavres. Les femmes ont laissé échapper en tombant une balayette. Quelques hommes, certains la tête ceinte d’une tresse de liane, tiennent encore un lance-pierre ou un bâton.

« FARDC toujours au rendez-vous, voilà, nous faisons notre travail », continue le commentateur, qui cite à un moment le nom d’un officier supérieur censé commander les opérations dans le secteur.

Partie du Kasaï-Central, la rébellion Kamwina Nsapu a progressivement gagné le Kasaï-oriental et le Kasaï-occidental. Les violences commises dans ce conflit ont fait au moins 200 morts.

Jeuneafrique.com avec AFP

RD Congo : l’Unesco condamne l’assassinat du journaliste de la RTNC

novembre 21, 2016

La population de Mbuji Mayi réunie au marché le 31 juillet 2006 en pleine période d’élection. © SCHALK VAN ZUYDAM/AP/SIPA

La directrice générale de l’Unesco a condamné lundi l’assassinat la semaine dernière d’un journaliste de la télévision publique congolaise, la RTNC, par des hommes armés dans une ville du Kasaï-Oriental, dans le centre de la RDC.

« Je condamne le meurtre de Marcel Lubala« , écrit Irina Bokova dans un communiqué publié à Paris. « Les journalistes doivent pouvoir mener à bien leur mission, qui consiste à informer les citoyens, sans craindre pour leur vie. Je compte sur les autorités du pays pour qu’une enquête approfondie soit diligentée et que les auteurs de ce crime soient traduits en justice », ajoute le texte.

Journaliste à la Radio télévision nationale congolaise (RTNC), Marcel Lubala a été abattu par des hommes armés dans la nuit du 14 au 15 novembre à Mbuji-Mayi, capitale de la province du Kasaï-Oriental, dans le centre du pays.

Le corps du journaliste « est encore à la morgue » de la ville et « la date de l’enterrement n’est pas encore fixée », a indiqué Guy Robert Mulopo, directeur provincial de la RTNC au Kasaï-Oriental.

Multiplication des « attaques ciblées » contre la presse

Âgé de 59 ans, le journaliste travaillait à la RTNC depuis 15 ans et présentait une émission de télévision sur l’hygiène et l’environnement. Depuis l’annonce de son assassinat, la station nationale de la RTNC à Kinshasa n’en a jamais fait écho.

Cet assassinat a été condamné par plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse. Début novembre, l’ONG congolaise Journaliste en danger (JED) avait dénoncé dans son rapport annuel « la montée des attaques ciblées contre la presse » en RD Congo, pays qui occupe le 152e place du classement mondial établi par l’ONG Reporters sans frontières (RSF).

Selon les autorités provinciales du Kasaï-Oriental, une enquête a été ouverte sur cette affaire, sans que cette déclaration n’apaise la colère des confrères de Marcel Lubala. « C’est le seizième journaliste tué en RDC en dix ans et trop souvent les auteurs et commanditaires ne sont jamais sanctionnés », a déploré Joseph Boucard Kasonga Tshilunde, président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC). « Nous sommes profondément troublés parce que cet assassinat intervient alors que seule la police fait des patrouilles la nuit dans la ville de Mbuji-Mayi », a-t-il poursuivi.

Jeuneafrique.com avec AFP

Explosion dans un dépôt de munition en RDC: au moins cinq morts

janvier 24, 2014

KINSHASA – Cinq personnes au moins ont été tuées vendredi par l’explosion d’un dépôt de munitions militaire frappé par la foudre dans le centre de la République démocratique du Congo, a-t-on indiqué de source officielle.

Un incendie provoqué par la foudre a fait exploser des munitions dans la poudrière des FARDC [Forces armées de la RDC] à Mbuji-Mayi, capitale de la province du Kasaï-Oriental, a indiqué à l’AFP le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende.

Il y a un bilan partiel qui fait état de cinq morts, a déclaré à la télévision publique le gouverneur du Kasaï-Oriental, Alphonse Ngoy Kasanji.

Il y a eu des dégâts matériels importants, a ajouté le responsable local, indiquant que plusieurs maisons avaient été détruites.

Le présentateur de la télévision a parlé d’un désastre ayant provoqué la mort et la désolation.

Le drame s’est produit en début d’après-midi dans le camp militaire Brigade, non loin du grand marché de la ville.

Selon les autorités, la foudre a provoqué un incendie et de nombreuses explosions.

Joint par téléphone, un témoin a indiqué avoir vu deux personnes mortes – une femme et son enfant – à l’hôpital Bonzola, proche du lieu du drame, et plusieurs personnes amputées.

Le gouverneur de la province a assuré que la vie avait repris un cours normal dans la ville en début de soirée.

Romandie.com avec(©AFP / 24 janvier 2014 23h05)