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RDC : Gabriel Kyungu wa Kumwanza, figure politique du Katanga, est décédé

août 22, 2021
Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président fondateur de l’Unafec.

Le président de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga est mort samedi à l’âge de 82 ans des suites d’une « courte maladie », a annoncé son parti, l’Unafec.

Gabriel Kyungu wa Kumwanza est décédé des suites d’une « courte maladie » en Angola, où il était hospitalisé, a déclaré l’Union nationale des Fédéralistes congolais (Unafec) dans un communiqué signé de son secrétaire général, Mukalay Lama. « J’appelle tous les hauts cadres, cadres, combattantes et combattants, à rester calmes, sereins et surtout disciplinés pendant ce moment très difficile que traverse notre cher parti », ajoute le texte, pleurant la mort du « monument national » qu’était Gabriel Kyungu.

« Baba wa Katanga »

Président fondateur de l’Unafec, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, surnommé « Baba wa Katanga », était président de l’assemblée provinciale du Haut-Katanga (sud-est) depuis février dernier.

Enseignant de formation, il fait son apparition sur la scène publique en 1965 en tant que syndicaliste, représentant de sa profession. Puis, élu député, il est l’un des 13 célèbres parlementaires arrêtés au début des années 1980 sous le régime dictatorial du maréchal Mobutu à cause de leurs opinions politiques.

Par la suite, il sera nommé deux fois gouverneur du grand Katanga par Mobutu puis, sous la présidence de Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), ambassadeur plénipotentiaire de la RDC aux Emirats arabes unis.

Parmi les fondateurs de l’UDPS

Sous Joseph Kabila (2001-2019), il a été par deux fois président de l’assemblée provinciale du Grand Katanga (région riche en minerais divisée en quatre provinces – Tanganyika, Haut-Lomami, Lualaba et Haut-Katanga – en 2015).

Porte-étendard du fédéralisme, Gabriel Kyungu wa Kumwanza était aussi parmi les fondateurs de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), formation d’opposition créée sous Mobutu et actuellement parti au pouvoir, auquel appartient le président Félix Tshisekedi. Une riche carrière politique qui lui a valu d’être traité par ses détracteurs de traître prêt à lâcher ses alliés par intérêt.

Son nom a aussi été cité dans des événements sources de tensions persistantes entre « Katangais » et « Kasaïens », quand des Baluba du Kasaï, accusés de voler les emplois des autochtones, avaient été tués par centaines et chassés par dizaines de milliers du Katanga, en 1992. Mais il était paradoxalement considéré ces derniers temps comme un défenseur des Kasaïens, capable d’empêcher certains Katangais de s’attaquer à ces voisins perçus comme des « envahisseurs ».

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC : pourquoi Katumbi quitte le gouvernorat du Katanga

mars 9, 2015

Moïse Katumbi, le puissant gouverneur du Katanga.
Moïse Katumbi, le puissant gouverneur du Katanga. © WENN DUBOURTHOUMIEU pour JA

Moïse Katumbi, le puissant gouverneur du Katanga, a annoncé samedi qu’il quitterait toute fonction dans la province, à la suite de la loi de découpage territorial en RDC. Mais pas qu’il se retirait de la vie politique…

L’annonce a provoqué la stupéfaction de ses supporteurs. Samedi 7 mars, Moïse Katumbi, le populaire gouverneur du Katanga – la plus riche province et la deuxième plus vaste du pays – a annoncé publiquement qu’il allait quitter ses fonctions officielles.

Cette décision ne dépend certes pas que de lui : le 2 mars, le président Joseph Kabila a promulgué la loi de découpage territorial (prévue dans la Constitution de 2006), qui doit diviser les onze provinces du pays en vingt-six nouvelles entités, dans un délai de 120 jours. Celle-ci prévoit notamment le démantèlement du Katanga (appelé Shaba sous le règne de Mobutu) dont les frontières étaient inchangées depuis 1960, et qui sera divisé en quatre provinces. En outre, selon son entourage, Katumbi ne briguera pas le nouveau gouvernorat du Haut-Katanga qui, avec Lubumbashi pour chef-lieu, aurait pu être un point de chute.

Ce nouvel épisode ne marque toutefois pas la fin de sa carrière politique. On prête en effet à ce riche homme d’affaires, propriétaire du Tout-Puissant Mazembe (le club de football le plus réputé du pays) des ambitions en vue de la prochaine élection présidentielle. Katumbi ne les a jamais confirmées publiquement, mais il ne se prive pas de faire entendre une voix discordante au sein de la majorité présidentielle.

Aura dans l’opposition

Frondeur, il avait ainsi fait connaître – par une métaphore footballistique – son opposition à un troisième mandat du président Kabila, qui aurait supposé de changer de Constitution. Les deux hommes se sont rencontrés pendant près de deux heures, le 27 février à Kinshasa. Mais Katumbi est resté ferme sur cette question, assure son entourage. Bien qu’il soit toujours membre du présidentiel, il a pris ses distances avec plusieurs de ses caciques et ses interventions lui valent une certaine aura dans l’opposition.

Au Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba (toujours en détention à la Cour pénale internationale), on reconnait son poids, notamment électoral. Quant à Vital Kamerhe, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), il a déclaré en janvier au Financial Times (la bible des anglo-saxonne des milieux d’affaires) que « tout dépend[ait] de Moïse Katumbi : il va décider de l’élection ». Si Katumbi a annoncé qu’il quittait un gouvernorat, il n’a pas annoncé son retrait de la vie politique.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet

Mort d’un secrétaire général de l’ONU: une enquête réclamée

septembre 9, 2013

Une commission d’enquête indépendante a appelé lundi les Nations unies à rouvrir une enquête sur les circonstances controversées de la mort en 1961 du secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjold. Elle a cité des « preuves convaincantes » démontrant que son avion a été abattu.

Dans un rapport rendu public à La Haye, cette commission composée de juges et de diplomates, demande notamment que l’agence nationale de sécurité (NSA) américaine permette l’accès aux enregistrements des conversations dans le cockpit de l’avion et des messages radio qu’elle aurait réalisées en 1961.

M. Hammarskjold, le deuxième secrétaire général de l’ONU, avait trouvé la mort dans des circonstances mystérieuses en septembre 1961, quand son avion s’est écrasé près de Ndola, en Rhodésie du Nord (actuelle Zambie).

Mission de paix au Congo

Il effectuait alors une mission de paix au Congo nouvellement indépendant et devait rencontrer le dirigeant du Katanga Moise Tshombe qui avait fait sécession du Congo et proclamé son indépendance avec le soutien des milieux d’affaires occidentaux.

« Il existe une preuve convaincante que l’avion a fait l’objet d’une forme d’attaque ou de menace au moment où il s’apprêtait à atterrir à Ndola », selon la commission.

Quinze personnes dont M. Hammarskjold, alors âgé de 56 ans, avaient été tuées lorsque le DC-6, l’Albertina, s’est écrasé près de Ndola. Le seul survivant était décédé quelques jours plus tard.

La commission cite notamment deux témoins qui ont affirmé avoir vu un deuxième avion tirant sur l’Albertina.

Romandie.com

RDC: l’ex-milicien Ngudjolo acquitté par la CPI, demande l’asile aux Pays-Bas

février 9, 2013
RDC:  l'ex-milicien Ngudjolo acquitté par la CPI, demande l'asile aux Pays-Bas RDC: l’ex-milicien Ngudjolo acquitté par la CPI, demande l’asile aux Pays-Bas © AFP

L’ex-chef de milice congolais Mathieu Ngudjolo Chui, acquitté le 18 décembre par la Cour pénale internationale de crimes commis en RDC, a demandé l’asile aux Pays-Bas, où il est détenu dans un centre pour demandeurs d’asile, a-t-on appris samedi auprès de son avocat.

« Lors de sa libération du centre de détention de la CPI, M. Ngudjolo a été cueilli par la police néerlandaise car il n’a pas de papiers lui permettant de rester aux Pays-Bas », a expliqué à l’AFP Jean-Pierre Kilenda, avocat de M. Ngudjolo. La CPI siège à La Haye, aux Pays-Bas.

La police a alors conduit M. Ngudjolo à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol pour le renvoyer en RDC, mais il a immédiatement demandé l’asile.

Il a dès lors été placé en détention dans un centre pour demandeurs d’asile proche de l’aéroport, où les conditions « sont beaucoup moins bonnes qu’au centre de détention de la CPI », selon M. Kilenda. « Il ne veut pas rentrer en RDC car il a toutes les raisons de croire qu’il est en danger s’il y retourne », a assuré M. Kilenda: « il a témoigné à son propre procès contre (le président congolais) Joseph Kabila ».

La CPI avait acquitté M. Ngudjolo le 18 décembre, l’accusation n’ayant pu prouver qu’il avait dirigé l’attaque d’un village de République démocratique du Congo ayant fait plus de 200 morts en 2003, mais le procureur a interjeté appel.

Or, lors d’un témoignage dans le cadre de son procès, M. Ngudjolo a accusé le président Kabila d’avoir ordonné et organisé l’attaque contre le village en question, a soutenu l’avocat.

Ancien dirigeant présumé du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), Mathieu Ngudjolo était accusé d’avoir voulu « effacer totalement » la population du village de Bogoro, dans la région de l’Ituri.

Le procès s’était tenu en commun avec celui d’un chef présumé d’une autre milice, Germain Katanga, mais les affaires avaient été disjointes en novembre et le jugement contre cet autre chef de milice sera rendu en 2013.

Jeuneafrique.com avec AFP 

RDC: trois morts dans une attaque près de l’aéroport de Lubumbashi

décembre 21, 2012

Trois personnes ont été tuées dans la nuit de jeudi lors d’une attaque d’hommes armés non identifiés près de l’aéroport de Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris vendredi auprès d’un ONG locale.

« Il y a eu une attaque ce matin, vers 02h00 (00h00 GMT) tout près de l’aéroport par un groupe qu’on n’a pas encore pu identifier. Pour l’instant, nous avons connaissance de trois morts », a déclaré à l’AFP Timothée Mbuya, de l’ONG des droits de l’Homme Justicia.

« Nos patrouilleurs se sont affrontés cette nuit avec des hommes armés non autrement identifiés. Lors des échanges de tirs, il y a eu trois morts: deux côté assaillants et un côté FARDC (Forces armées). Trois assaillants ont été capturés », a précisé à l’AFP un officier supérieur de l’armée.

Selon lui, pour le moment, la situation est « sous contrôle ». Timothée Mbuya a confirmé l’information, indiquant que le calme était revenu dans la zone aéroportuaire. Cependant, les membres du gouvernement provincial sont en conseil de sécurité suite à cet incident, d’après un journaliste de l’AFP.

« Nous sommes infiltrés depuis quelques jours par des diabos (ex-gendarmes katangais en exil en Angola), et ils avaient promis de nous attaquer prochainement », a pour sa part indiqué un haut responsable de l’armée au Katanga, qui reproche aux autorités d’avoir négligé cette menace.

Début août, plusieurs sources avaient affirmé que des hommes armés non identifiés avaient tué au moins deux soldats lors de l' »attaque » de l’aéroport de Lubumbashi, capitale de la riche province minière du Katanga et deuxième ville de la RDC.

« Il n’y a pas eu une attaque mais plutôt des échanges de tirs entre des éléments indisciplinés de la garde républicaine », avait ensuite démenti le vice-gouverneur de la province Gilbert Yav Tshibal.

Début février 2011, un agent de sécurité avait été tué dans ce même aéroport par des rebelles présumés de la Coordination pour le référendum de l’autodétermination du Katanga (Corak), qui avaient été repoussés par les forces armées après trois heures d’affrontements.

Le Katanga est régulièrement secoué par des velléités sécessionnistes depuis juillet 1960, où un de ses dirigeants politiques, Moïse Tshombé, avait proclamé son indépendance, quelques semaines après l’accession du Congo, une colonie belge, à l’indépendance le 30 juin 1960.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC – Katanga : l’aéroport de Lubumbashi à nouveau attaqué par des hommes armés

août 8, 2012

Un militaire congolais à Lumbumbashi, en novembre 2011. Un militaire congolais à Lumbumbashi, en novembre 2011. © AFP

Après celle de février, une nouvelle attaque de l’aéroport de Lubumbashi, capitale du Katanga, s’est produite mercredi 8 juillet, faisant trois morts, selon la Monusco. Les assaillants pourraient appartenir à un groupe rebelle indépendantiste non identifié.

Des hommes non identifiés, qui sortent de la forêt, frappent, et disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés. C’est le scénario qui s’est une nouvelle fois produit, mercredi 8 août, à l’aéroport de Lubumbashi (sud-Est). Celui-ci  est situé à une dizaine de kilomètres du centre de la deuxième ville de la République démocratique du Congo (RDC).

« Des hommes non identifiés armés ont attaqué l’aéroport de Luano, à Lubumbashi. Le bilan : il y a un garde républicain qui a été brûlé vif, donc décédé. Deux autres qui sont morts par balle. Le bilan total est de trois », a rapporté le major Ibrahim Diene, porte-parole militaire de la Monusco. Qui poursuit : « Les assaillants ont pu s’échapper par la forêt malgré la riposte des autres gardes républicains. Des enquêtes sont en cours pour préciser l’origine et tout ce qui s’est passé ».

Groupuscule sécessionniste

L’attaque, qui n’a pas été revendiquée, ressemble fort à l’action d’un groupuscule sécessionniste. Depuis juillet 1960 et la proclamation de l’indépendance du Katanga par Moïse Tshombé, cette riche province minière est régulièrement secouée par des conflits entre indépendantistes et autorités centrales de Kinshasa. Début février 2011, un agent de sécurité avait été tué dans ce même aéroport par des assaillants non identifiés qui avaient été repoussés par les forces armées, après trois heures d’affrontements.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC – Affaire Chebeya : John Numbi, le général fantôme

juin 28, 2012
L'ex-inspecteur général John Numbi avait été entendu comme simple témoin en 2011. L’ex-inspecteur général John Numbi avait été entendu comme simple témoin en 2011. © AFP

Le procès en appel de l’affaire Chebeya a commencé le 19 juin, à Kinshasa. La famille du militant des droits de l’homme tué en 2010 veut que l’ancien chef de la police congolaise soit jugé.

Au cours du premier procès, l’année dernière, pour le meurtre de Floribert Chebeya, le président de l’ONG La Voix des sans-voix, le général John Numbi avait été entendu comme simple témoin par le tribunal militaire à Kinshasa. « La justice n’a pas été rendue », dénonçait alors la veuve du militant des droits de l’homme, Annie Chebeya, qui demandait que l’ex-inspecteur général de la police soit jugé et condamné. Selon les éléments de l’instruction, le 1er juin 2010, Floribert avait rendez-vous avec Numbi, dans ses bureaux, peu avant sa mort. À l’issue d’un procès-fleuve, cinq policiers ont été condamnés. Ils ont fait appel, se déclarant innocents. Les parties civiles également, réclamant la comparution du haut gradé.

Un an plus tard, le 19 juin, tous les projecteurs étaient donc braqués sur la Haute Cour militaire de Kinshasa. John Numbi était attendu, il n’est pas venu. « Il n’a rien à voir avec cette histoire », ont fait valoir les avocats de l’État congolais. « Il fallait malheureusement s’y attendre », commente un observateur averti. « Avec cette affaire, Numbi a été marginalisé, puis suspendu de ses fonctions. Mais depuis son fief du Nord-Katanga où il s’est retiré, il peut fragiliser le régime », ajoute un spécialiste des questions de sécurité en RDC. Pourquoi cette nuisance à distance ?

« Sécurocrate »

À partir des années 2000, Numbi – qui a rencontré une première fois les Kabila, père et fils, en 1989 dans les maquis de Pweto, près de la frontière zambienne – n’a cessé de gravir les échelons de la hiérarchie militaire : commandant de la région du Katanga, chef d’état-major de l’armée de l’air et inspecteur général de la police. C’était du temps de sa splendeur. L’homme du sérail – qui comptait parmi ses amis Augustin Katumba Mwanke, le conseiller le plus influent du Palais, décédé dans un accident d’avion en février dernier – était devenu le « sécurocrate katangais » le plus en vue. Il avait un accès direct au chef de l’État.

Le Mzee a fait de cet électronicien né en 1962 un militaire de carrière. Et Joseph Kabila l’a installé dans le premier cercle.

Lors des échanges de tirs entre la garde présidentielle et les hommes de Jean-Pierre Bemba après l’élection présidentielle de 2006, Numbi est à la manoeuvre. Les premières négociations secrètes, l’année suivante, avec le chef rebelle Laurent Nkunda – qui ont abouti à l’intégration des hommes du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) au sein de l’armée régulière en 2009 -, c’est encore lui. Le pilotage des opérations menées ensuite avec l’armée rwandaise, dans le Nord-Kivu, pour traquer les extrémistes hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), c’est toujours lui.

Mais dans la foulée de l’affaire Chebeya, d’autres sombres aspects du personnage ressurgissent. En 1992, Numbi était l’un des fers de lance des sinistres milices katangaises de l’Union des fédéralistes et des républicains indépendants (Uferi) qui pourchassaient les Kasaïens. Autre dossier à charge, la terrible répression menée par des éléments de la police congolaise contre le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo, entre février et mars 2008, dans le Bas-Congo. « Mon mari avait des dossiers précis sur ces exactions », assure Annie Chebeya. « Ils sont en lieu sûr », affirme un responsable de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), qui prévient : « Certains faits relèvent de la justice internationale. » Numbi n’en a sans doute pas fini avec les prétoires. À Kinshasa, le procès en appel doit reprendre le 17 juillet.

Jeuneafrique.com par Philippe Perdrix

RDC : le Katanga et les démons de la décentralisation

juin 11, 2012
Le 11 juillet 1960, onze jours à peine après l’indépendance de l’ancien Congo belge, le Katanga choisit la sécession et s’autoproclama État indépendant. C’était la décision d’un homme, Moïse Kapenda Tshombe, le numéro un de la province, soutenu par la Belgique dans la détestation commune de Patrice Lumumba, le chef du gouvernement central. Lumumba sera d’ailleurs exécuté au Katanga en janvier 1961. La sécession n’était pourtant pas approuvée par tous. Le leader du Nord-Katanga, Jason Sendwe, allié politique de Lumumba, y était opposé. Il sera lui aussi assassiné.

Après cette période trouble et le retour du territoire provincial dans le giron congolais, grâce, notamment, à l’intervention des troupes de l’ONU contre celles de Tshombe, le séparatisme n’a plus jamais été à l’ordre du jour. Il est cependant resté en sommeil dans la tête de certains Katangais, qui estiment que leur province, riche en minerais, donne beaucoup au reste du pays, oubliant par là même un principe sacré, celui de la solidarité nationale.

Le Katanga n’est pas un peuple, une ethnie ou une tribu. C’est un ensemble qui englobe différents peuples, ethnies et tribus. Dans le cadre de la décentralisation prévue par la Constitution de 2006, la province n’existera plus dans sa configuration actuelle, avec ses quelque 500 000 km². Elle cédera la place à quatre nouvelles entités, bien distinctes : le Haut-Katanga, le Haut-Lomami, le Tanganyika et le Lualaba. Un découpage loin de faire l’unanimité parmi les Katangais. Les uns le redoutent, tandis que d’autres l’appellent de tous leurs voeux.

Ceux qui sont pour, essentiellement originaires du Sud, voient là l’occasion de devenir, enfin, les maîtres du cuivre et du cobalt, dont regorge leur sous-sol. C’est, pour simplifier, le Katanga « utile ». Ceux qui sont contre, natifs du Nord, redoutent que leurs nouvelles provinces n’aient pas de viabilité économique et qu’eux-mêmes, en fin de compte, ne soient les dindons de la farce. D’autres, revenant à de vieilles querelles ancestrales, refusent que les chefs-lieux des futures provinces soient situés ailleurs que chez eux, parce qu’ils ne tiennent pas « à être commandés par n’importe qui ». Certains hommes politiques sont ainsi déjà montés au créneau pour s’en prendre violemment à ceux qui, demain, ne seront plus leurs « concitoyens katangais » mais leurs voisins. Jusqu’où cette surenchère ira-t-elle ?

Les élus et habitants de la province sont, en tout état de cause, profondément divisés sur la question de la décentralisation et, comme les mines ne peuvent être dépecées ou déplacées afin d’être partagées entre le Nord et le Sud, l’équation n’est pas simple. Que faire ? Ceux qui auront les mines ne devront pas déroger au principe de solidarité nationale : quand il y en a pour un, il y en a pour mille. Quant à ceux qui hériteront de territoires au sous-sol stérile, ils devront se triturer les méninges pour trouver d’autres sources de revenus. D’où l’impérieuse nécessité de développer d’autres secteurs, comme l’agriculture. Tout le monde le sait, la terre katangaise est très fertile. Si la décentralisation devient inévitable, mettre en avant des arguments identitaires ne rime à rien. Il faut préserver l’essentiel : la paix et la fraternité.

Jeuneafrique.com par Tshitenge Lubabu M.K.

RDC : le clan des Katangais

juin 11, 2012
 

Six personnalités congolaises de poids sont originaires du Katanga. Six personnalités congolaises de poids sont originaires du Katanga. © Vincent Fournier/Baudoin Mouanda pour J.A./Montage J.A.

La plus méridionale des provinces congolaises, le Katanga, est le berceau de fortes personnalités, qui exercent une influence majeure sur la vie politique et économique de la RDC. Tour d’horizon.

Fantasme ou réalité, l’histoire récente de la RDC s’est souvent écrite dans le Katanga. Le poids économique de cette province minière et l’origine katangaise du chef de l’État, Joseph Kabila, expliquent cette inclinaison vers le sud. Mais il y a aussi les hommes : ceux qui sont en poste à Lubumbashi et ceux, tout aussi nombreux, qui exercent depuis Kinshasa une très forte influence sur les affaires de l’État, au grand jour ou dans les coulisses du palais présidentiel. Celui qui incarnait le mieux cette concentration des pouvoirs était sans nul doute Augustin Katumba Mwanke, l’incontournable conseiller multicarte du président, depuis leur rencontre en 2000.

Cependant, la mort de ce « Mazarin congolais » dans un banal accident d’avion, en février dernier à Bukavu, a laissé un immense vide. Les Katangais sont orphelins. Mais ils sont toujours là.

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Jean-Claude Masangu Mulongo : le grand argentier

Henri Yav Mulang : l’esprit d’entreprise du président

Moïse Katumbi Chapwe : la tête de l’exécutif provincial

Albert Yuma Mulimbi: le sauveteur de la Gécamines

Jean-Claude Muyambo Kyassa : droits et revers

Daniel Ngoy Mulunda : au nom du père et du fils

Jeuneafrique.com

RDC: l’ancien chef de milice Germain Katanga jugé par la CPI pour crimes de guerre

mai 15, 2012

Les anciens chefs de milice congolais Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, accusés par la Cour pénale internationale de crimes contre l’humanité et crimes de guerre, sont coupables « au-delà de tout doute raisonnable », a assuré mardi le procureur adjoint de la CPI Fatou Bensouda.

« Les éléments de preuve constituent un tout, ils ne permettent de parvenir qu’à une seule conclusion : Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo sont coupables au-delà de tout doute raisonnable des crimes qui leur sont imputés », a déclaré Mme Bensouda en entamant son réquisitoire devant les juges à La Haye.

Germain Katanga, 34 ans, et Mathieu Ngudjolo Chui, 41 ans, sont accusés d’avoir ordonné, planifié et exécuté l’attaque du village de Bogoro en Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo) le 24 février 2003 au cours de laquelle plus de 200 civils avaient été tués en quelques heures, selon l’accusation.

Le procès des deux hommes, accusés notamment de meurtres, de viols, de pillages et d’enrôlement d’enfants soldats, et qui plaident non coupables, avait commencé le 24 novembre 2009.

« Les crimes commis ne sont pas le fruit du hasard : ils nécessitaient la contribution essentielle des accusés à la préparation et au déroulement de l’attaque » contre le village de Bogoro, a affirmé Mme Bensouda, soulignant que « le dossier de l’accusation est logique et cohérent ».

Les accusés ont écouté impassiblement le procureur adjoint citer des extraits des dépositions de certains des 24 témoins de l’accusation et évoquer les « victimes brûlées vives », les « bébés projetés contre les murs » et les souffrances des femmes esclaves sexuelles des membres des milices.

« Les témoins de l’accusation ont également raconté comment le plan (pour l’attaque du village de Bogoro, ndlr) avait été conçu, comment les accusés avaient assisté à des rencontres qui ont précédé l’attaque », a ajouté Mme Bensouda.

Selon Lucio Garcia, un membre du bureau du procureur, les milices étaient des structures militaires « structurées et hiérarchisées sous le contrôle de Germain Katanga lui même ».

Mme Bensouda a également évoqué le contexte de l’attaque contre le village de Bogoro : « il ne s’agit pas d’un fait isolé, elle fait partie d’un conflit à plus large échelle ».

Les affrontements interethniques entre milices qui se disputaient les terres de l’Ituri et ses ressources naturelles, qui ont « dévasté » l’Ituri selon Mme Bensouda, avaient débuté en 1999. Selon les ONG, ils ont fait plus de 60. 000 morts.

Les équipes de défense prononceront leurs plaidoiries lundi et mardi. Les accusés pourront alors s’exprimer pendant une demi-heure chacun, ce que compte faire Germain Katanga.

Les juges chargés du procès s’étaient rendus en janvier en Ituri, à Bogoro, mais aussi à Aveba, Zumbe et Kambusto, les villages dont sont originaires les deux accusés ainsi que des témoins.

Jeuneafrique.com avec AFP