Posts Tagged ‘Kati’

Mali : ce que l’on sait des tirs entendus à Kati

juillet 22, 2022

À l’aube, le camp militaire de Kati, où vit le président Assimi Goïta, a été la cible d’une attaque. Les autorités dénoncent avoir été la cible de « terroristes ». Jeune Afrique fait le point sur la situation.

Un véhicule blindé de transport de troupes à la base militaire de Kati après que des tirs nourris entendus tôt ce 22 juillet 2022. © Fadimata Kontao /REUTERS

Ce vendredi 22 juillet, alors que le soleil se levait à peine sur la capitale malienne, des tirs nourris ont été entendus dans la ville de garnison de Kati, située à une quinzaine de kilomètres de Bamako. Aux alentours de 5 heures du matin, au moins une déflagration a retenti dans le camp militaire qui est le fief des tombeurs du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Selon l’armée malienne, il s’agirait de l’explosion de deux véhicules piégés. D’après différentes sources militaires, l’attaque était « complexe » avec, en plus de ces véhicules piégés, des tirs de mortiers et des assaillants au sol.

Colonnes de fumée

Au moment des faits, le président Assimi Goïta, qui vit à Kati, se trouvait à la garnison – lieu où est stocké le matériel militaire – à quelques kilomètres du camp. Mais son ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara, était lui présent à Kati. Selon nos informations, les deux hommes, qui s’y trouvent encore, sont en sécurité mais les impacts ont causé des dégâts matériels importants. Le bilan provisoire communiqué par l’armée malienne fait état de deux morts parmi les assaillants. Certaines sources évoquent également des victimes du côté des militaires, une information difficile à vérifier dans l’immédiat. Dans la matinée, des colonnes de fumée s’élevaient encore dans le ciel.

Par mesure de sécurité, au moment de l’attaque, l’ordre a été donné de fermer l’aéroport international Modibo Keïta-Senou, qui a ensuite rouvert, et le personnel de Koulouba, le palais présidentiel, a été libéré. En fin de matinée, un certain calme était revenu à Kati comme à Bamako. Des hélicoptères de l’armée survolaient la capitale et des check-points y ont été dressés, notamment devant la cité ministérielle et les grands axes de communications.

L’hypothèse terroriste

D’où est partie l’attaque et qui en sont les auteurs ? Est-elle le fait de groupe terroriste ? Est-ce une nouvelle tentative de putsch menée par des soldats mécontents ? Selon nos informations, des investigations sont en cours pour faire la lumière sur les évènements.

En fin de matinée, les Forces armées maliennes (Famas) ont affirmé « qu’une attaque terroriste » menée avec deux « véhicules piégés bourrés d’explosifs » avait été « repoussée ».

À ce stade, plusieurs sources affirment que l’attaque pourrait être liée à celle qui s’est produite le 21 juillet, à Kolokani (à une centaine de kilomètres au nord de Bamako) où une unité de la Force spéciale antiterroriste Forsat a été attaquée.

Selon un communiqué de l’état-major général des armées, « des attaques complexes et simultanées » ont visé le détachement de la force antiterroriste de la brigade territoriale de la gendarmerie. Deux militaires maliens ont été tués dans ces affrontements et trois ont été blessés.

Les autorités n’excluent néanmoins pas que l’attaque soit une tentative de coup d’État, nous confie une source proche des colonels. Ces derniers mois, la grogne est palpable parmi certains officiers maliens qui ne partagent pas les choix stratégiques de la junte d’Assimi Goïta – notamment la collaboration avec le groupe de sécurité privée russe Wagner. Le 11 mai dernier, les autorités avaient annoncé avoir déjoué une tentative de renversement du régime et mis aux arrêts le colonel Amadou Keïta, un proche du président du Conseil national de transition (CNT), Malick Diaw.

Avec Jeune Afrique par Aïssatou Diallo, Benjamin Roger, Fatoumata Diallo, Manon Laplace

Pointe-Noire(Congo): le village Kati fait peau neuve

juillet 2, 2021

Attention peinture fraîche, attention talents ! Jussie, Marvin et Christvie, adeptes du Street Art, ont relooké le village Kati pour rêver en couleurs !

Peinture au village Kati

Pointe-Noire. Quartier Loandjili. Là, après le commissariat, marchez encore, prenez la première rue sur votre gauche en direction de l’école Ballou Constand, vous y êtes ou presque. Encore quelques pas, voilà : au numéro 5 de la rue Père Pierre se dresse le village Kati. Ce village, auquel a donné naissance Huguette Nganga Massanga, est l’antre d’une culture permanente ou de passage, un lieu de résidence artistique, de ressourcement, de création. C’est aussi un espace d’initiation et de maintien du goût de la lecture pour les enfants des alentours. Si Kati est le nom du grand-père paternel d’Huguette Nganga Massanga à qui elle souhaitait rendre hommage, Kati signifie également, en lingala comme en Kituba, intérieur, alors entre les murs se partage un « Inside » idéalisé par l’amour de l’art.   Mais, avant  de pénétrer le 5 de la rue Père Pierre, votre regard sera contraint de se figer avant tout sur l’extérieur.

Ces derniers jours de juin, le village Kati a en effet fait peau neuve en son extérieur à grands coups de pinceaux pour la création d’une fresque géante. Attention peinture fraîche ! Attention talent : Celui de l’artiste Jussie Nsana en résidence permanente au village, ceux encore de Marvin Wolfram et Christvie Dérinck Mayikanga qui accompagnent Jussie, connue pour ses bandes dessinées, dans la réalisation de cette fresque murale.  Trois peintres illustrateurs inspirés par le Street Art pour donner vie et couleurs  aux murs autrefois d’un gris cimenté et pour dire que l’art urbain reste un art à part entière offrant une tribune aux artistes contemporains.  De quoi égayer la rue Père Pierre et rappeler que de tous temps les hommes, qu’ils soient des cavernes ou de l’antiquité, ont écrit ou dessiné leur histoire sur les murs. Et ce n’est pas les passants de la rue Pierre Père qui s’en plaindront.

Avec Adiac-Congo Philippe Edouard

Militaires disparus au Mali : nouveau corps découvert près de Bamako

mars 2, 2014

Un corps en décomposition, avec des galons de colonel, a été découvert dans un puits à Kati, près de Bamako, dans le cadre de l’enquête sur la disparition de militaires autour du coup d’État de 2012 au Mali, ont indiqué dimanche à l’AFP des sources judiciaires.

Depuis début décembre 2013, plusieurs corps soupçonnés être ceux de militaires disparus ont été retrouvés dans différentes fosses communes dans des zones proches de Kati, ville-garnison à 15 km de Bamako qui fut le quartier général des soldats ayant renversé le 22 mars 2012 le président Amadou Toumani Touré.

Les enquêteurs ont retrouvé dans un puits de Kati, dans la nuit de samedi à dimanche, le corps d’un militaire, ainsi que ses galons de colonel. Le corps était en décomposition, a affirmé à l’AFP une source judiciaire sous couvert d’anonymat.

L’information a été confirmée par un proche du juge Yaya Karembé, chargé de l’instruction sur la disparition de soldats dits Bérets rouges, considérés comme proches du président renversé.

« Le corps a été retrouvé dans un puits profond de 50 mètres. Ce sont des militaires arrêtés dans le cadre des enquêtes qui ont indiqué l’endroit aux enquêteurs », a dit ce proche du juge Karembé, présent lors de la découverte.

« La maison où le corps a été retrouvé appartient à un important membre de l’ex-junte militaire des putschistes de mars 2012 », a-t-il précisé.

Dans le cadre de l’affaire dite des Bérets rouges, le meneur du coup d’Etat, le général Amadou Haya Sanogo, ainsi que plusieurs militaires ont été arrêtés, inculpés de complicité d’assassinat et incarcérés depuis novembre 2013.

Une source proche de l’enquête a indiqué le corps découvert dans la nuit de samedi à dimanche pourrait être celui du colonel Youssouf Traoré, un des putschistes de 2012 s’étant ensuite opposés au général Sanogo.

« C’est un caporal actuellement aux arrêts, ancien homme de main du général Sanogo, qui a indiqué aux enquêteurs le puits, en précisant que c’est là que le colonel Youssouf Traoré a été enterré. Mais il faut des analyses pour confirmer qu’il s’agit bien de son corps », a précisé la même source.

Le putsch du mars 2012, qui avait été précédé d’une offensive de rebelles touareg et islamistes armés, a précipité le Mali dans le chaos.

La crise, qui a duré 18 mois, a été marquée par une occupation des régions du Nord malien pendant près de dix mois par les jihadistes alliés d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ces derniers ont été chassés à partir de janvier 2013 par une intervention internationale lancée par la France, toujours en cours avec des troupes sous mandat de l’ONU.

Vendredi, à l’issue d’une visite de dix jours sur place, Suliman Baldo, expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali nommé par l’ONU, avait estimé que de nombreux commis tant par des groupes armés que par des soldats maliens demeuraient impunis en dépit d’efforts louables des autorités maliennes.

M. Baldo avait appelé à prendre des mesures pour accélérer les enquêtes, pour permettre à la justice de faire son travail et de faciliter l’accès des victimes à la justice.

Jeuneafrique.com