Posts Tagged ‘Kemi Seba’

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Kemi Seba s’invite dans le débat

octobre 27, 2020

Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capo Chichi, lors d’une manifestation contre le franc CFA, à Dakar, le 19 août 2017.

Interdit de séjour en Côte d’Ivoire, l’activiste Kemi Seba est arrivé à Abidjan le 24 octobre pour appeler à un report de l’élection présidentielle.

L’activiste Kemi Seba, président de l’ONG Urgences panafricanistes, se trouve actuellement en Côte d’Ivoire. Un pays dont il avait été expulsé en mars 2019, et qui l’a déclaré persona non grata.

Le Franco-Béninois Kemi Seba, qui réside au Bénin depuis son expulsion du Sénégal en 2017, a rejoint la Côte d’Ivoire depuis Cotonou, par la route et « en pirogue », après avoir traversé le Togo – un pays où il est aussi interdit de séjour – et le Ghana.

Dans un Facebook Live (il est suivi par 794 000 personnes) diffusé à 11 heures GMT, l’activiste anti-Françafrique a appelé ce mardi à une « mobilisation pacifique » afin de surseoir à l’élection présidentielle prévue samedi 31 octobre.

Détracteur de longue date d’Alassane Ouattara, ayant milité pour la libération de Laurent Gbagbo, Kemi Seba se revendique « citoyen de l’Uemoa et de la Cedeao et militant panafricaniste » et indique être venu en Côte d’Ivoire « pour parasiter ce processus électoral vicié et pousser Alassane Ouattara à reporter les élections et à inclure les candidats qu’il a exclus ».

Déclaré indésirable au cours des dernières années dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest (la Guinée, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Sénégal), malgré son passeport béninois, Kemi Seba entretient des relations avec différents mouvements d’opposition et de la société civile dans la sous-région.

Avec Jeune Afrique par Mehdi Ba

Franc CFA : Kémi Seba interpellé au Burkina Faso pour « injure » à l’encontre du président Kaboré

décembre 25, 2019

Kémi Séba à Dakar le 4 décembre 2013.

Kémi Séba à Dakar le 4 décembre 2013. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

L’activiste franco-béninois a été arrêté samedi à Ouagadougou, après avoir participé à une conférence sur le franc CFA. Il aurait tenu des « propos outrageants » à l’encontre du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

« Kémi Séba a été interpellé à son hôtel dans l’après-midi du samedi par des éléments de la gendarmerie nationale » après une conférence publique sur le franc CFA à l’université de Ouagadougou, a indiqué Hervé Ouattara, le responsable du « Front anti-CFA » qui organisait le débat.

« Au début, il a été amené à la compagnie de gendarmerie pour des raisons de sécurité parce que, semblerait-il, il y avait des jeunes du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, parti au pouvoir) qui voulaient porter atteinte à son intégrité physique », a expliqué l’avocat de Kemi Séba, Me Prosper Farama.

Plus tard, sur de nouvelles instructions du procureur, une procédure a été engagée contre lui pour « injure à l’encontre du chef de l’État », a-t-il indiqué. « On lui reproche d’avoir tenu des propos outrageants contre le président du Faso et une tentative de démoralisation des éléments engagés dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré Hervé Ouattara.

« Il aurait dit que le chef de l’État était une passoire politique, que si M. Kaboré ne prenait pas ses responsabilités, il serait châtié par la jeunesse », a expliqué Me Farama. « On lui reprocherait aussi d’avoir tenu des propos qui pourraient démoraliser ceux qui se battent au Burkina » contre le terrorisme, a poursuivi l’avocat.

Réforme majeure

Kémi Séba « a été entendu » dimanche et « l’agent enquêteur nous a signifié qu’il va transmettre le plus tôt possible les procès-verbaux au procureur », a ajouté Me Farama, affirmant ne pas pouvoir préciser « ce qu’il risque ».

« Une notification de poursuite lui sera faite par le parquet », a déclaré une source sécuritaire, précisant que « M. Séba est toujours en garde à vue ».

Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Capochichi, qui se présente comme un « polémiste et conférencier panafricain », a ces dernières années organisé ou participé en Afrique à plusieurs manifestations hostiles au franc CFA. Il a plusieurs fois été interpellé ou expulsé de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ou de Guinée.

Samedi, une réforme majeure du franc CFA a été annoncée par les présidents ivoirien Alassane Ouattara et français Emmanuel Macron à Abidjan.

Jeuneafrique.com avec AFP

Franc CFA: incarcéré pour avoir brûlé un billet de banque, l’activiste Kemi Seba sera jugé mardi

août 26, 2017

Kemi Seba ors d’un rassemblement, le 19 août à Dakar. © Clément Tardif pour J.A.

Le président de l’ONG Urgences Panafricanistes, Kemi Seba, a été placé sous mandat de dépôt vendredi soir, à la prison centrale de Rebeuss, au terme d’une journée de garde à vue devant les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC). Il lui est reproché d’avoir brûlé un billet de 5 000 Fcfa lors d’un rassemblement, le 19 août à Dakar.

Incarcéré à la prison de Rebeuss, à Dakar, comme un autre membre (sénégalais) d’Urgences panafricanistes, le Franco-Béninois Kemi Seba doit comparaître mardi 29 août devant le tribunal des flagrants délits. « Nous sommes en train de constituer un pool d’avocats. Nous organiserons une conférence de presse et des mobilisations à Dakar à la veille du procès », indique à Jeune Afrique le coordinateur stratégique de l’ONG, Hery Djehuty. Lors de sa garde à vue, Kemi Seba était assisté par Me El Hadji Diouf, l’un des principaux ténors du barreau sénégalais.

Celui qui ce définit sur sa page Facebook comme « résistant africain » et « penseur panafricaniste » avait été interpellé à son domicile dakarois, vendredi 25 août au matin. Cette procédure fait suite à un rassemblement « contre la Françafrique » organisé par son ONG le 19 août sur la place de l’Obélisque, à Dakar, au cours duquel Kemi Seba avait publiquement brûlé un billet de 5 000 Fcfa pour dénoncer cette monnaie qu’il qualifie de « scandale économico-politique d’ordre colonial ».

Une provocation assumée, dont l’auteur connaissait les risques. Dans la nuit de jeudi à vendredi, quelques heures avant son interpellation, il avait en effet posté un message sur sa page Facebook, intitulé “Franc CFA : La BCEAO porte plainte pour le billet colonial que j’ai brûlé”, où il déclare : « Je savais qu’en effectuant cet acte purement symbolique, la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest), sans doute sur commande de la Banque de France, engagerait une procédure visant à me mettre en prison. Je le savais, et je suis prêt à en payer le prix du plus profond de mon âme. »

Pour l’heure, le porte-parole de la BCEAO – que Jeune Afrique a tenté de joindre, en vain, vendredi – n’a pas confirmé que la banque était à l’origine de la plainte. Le Sénégal dispose en effet de la prérogative d’engager lui-même des poursuites, puisque l’article 411 du code pénal prévoit que « quiconque aura volontairement brûlé ou détruit, d’une manière quelconque, des registres, minutes ou actes originaux de l’autorité publique, des titres, billets, lettres de changes, effets de commerce ou de banque(…) Si les pièces détruites sont des actes de l’autorité publique ou des effets de commerce ou de banque, la peine sera d’un emprisonnement de cinq ans à dix ans ».

Ancien leader de la Tribu Ka, un groupuscule suprémaciste qui avait été dissous par le gouvernement français en 2006, et plusieurs fois condamné en France dans les années 2000, Kemi Seba réside au Sénégal depuis 2011. Après avoir officié pendant plusieurs années en tant que « polémiste » dans Le Grand Rendez-Vous, un talk Show de la 2STV, il anime depuis janvier une chronique géopolitique sur la chaîne Vox Africa, Afropertinent.

Le 18 août, interrogé par J.A, il indiquait avoir rompu les liens avec certaines personnalités sulfureuses – comme Dieudonné ou Alain Soral – et avoir réorienté son combat dans une logique plus politique que raciale. « Quand je vivais en région parisienne, je voyais mon peuple humilié, soumis à la négrophobie. J’ai été très provocateur, c’est vrai. Pour moi, c’était ‘les noirs contre le reste du monde’. Mais en voyageant et en prenant de l’âge, mon combat s’est déracialisé. Nous sommes passés d’une contestation identitaire à une contestation sociale, et même géopolitique. »

Jeuneafrique.com par et