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États-Unis: Hommage grandiose pour Mohamed Ali

juin 10, 2016

Personnes prêtes à participer au cortège funèbre de Mohamed Ali, devant sa maison d’enfance à Louisville, le 10 juin dans le Kentucky.

Personnes prêtes à participer au cortège funèbre de Mohamed Ali, devant sa maison d’enfance à Louisville, le 10 juin dans le Kentucky. LUCY NICHOLSON / REUTERS
Les billets se sont vendus plus vite que ceux de ses combats. En une demi-heure, les 15 500 tickets d’accès à la cérémonie funèbre ont été écoulés. Un marché noir s’est même mis en place, aux abords de Louisville, la ville de naissance de Mohamed Ali, où se déroule son enterrement. Le boxeur, né Cassius Clay et atteint de la maladie de Parkinson depuis 1984, est mort le 3 juin dernier, des suites d’une insuffisance respiratoire.

Si l’inhumation se fera en petit comité, un cortège de plusieurs milliers de personnes, anonymes comme personnalités, a suivi la procession sur trente kilomètres, à partir de 9 heures, heure locale. « The Greatest » reposera au cimetière de Cave Hill, aux côtés de la chanteuse Patty Hill, mondialement connue pour avoir composé Happy Birthday to You.

Erdogan fait parler de lui

Parmi les personnalités présentes, Bill Clinton, l’ex-président, fera partie des orateurs qui prononceront son éloge funèbre, aux côtés de l’humoriste Billy Cristal. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, présent depuis le jeudi 9 juin pour assister à la grande prière musulmane organisée, est rentré furieux en Turquie. Les organisateurs lui ont refusé le droit de déposer un morceau de l’étoffe noire qui recouvre la Kaaba, la relique qui trône au centre du sanctuaire de La Mecque, sur le cercueil d’Ali. Il n’a pas non plus obtenu l’autorisation de prendre la parole lors de l’inhumation. Autant de raisons suffisantes, selon lui, pour le faire rentrer à Istanbul, où son départ avait aussi créé la polémique, après les attentats qui ont frappé le pays.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors de la veillée funèbre en l’honneur de Mohamed Ali.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors de la veillée funèbre en l’honneur de Mohamed Ali. LUCAS JACKSON / REUTERS

Will Smith, qui a incarné Mohamed Ali dans le film du même nom de Michael Mann, portera, en compagnie de Lennox Lewis, un ancien champion du monde de boxe, le cercueil jusqu’à sa tombe, en compagnie de quatre autres personnes. Mike Tyson, une autre grande gloire du ring, est aussi présent à Louisville. « Son chagrin était immense, il ne savait pas s’il pourrait tenir sur le plan émotionnel. Mais apparemment hier il a décidé qu’il se devait d’être ici », a expliqué Bob Gunnell, le porte-parole de la famille.

Homme aux mille visages

Une foule conséquente, venue du monde entier. Des Etats-Unis, forcément, mais aussi d’Afrique et d’Europe, pour saluer la mémoire d’un sportif et d’un homme insaisissable. A la fois frappeur lourd sur le ring, vif « comme le papillon », et personnage public courageux, prêt à piquer « comme l’abeille ». Engagé contre la guerre au Vietnam, le racisme et militant pour l’égalité, la liberté religieuse et l’humanisme, Mohamed Ali était un personnage pluriel et clivant.

Des pétales de roses jalonneront le parcours de la cérémonie / AFP / Brendan Smialowski
Des pétales de roses jalonneront le parcours de la cérémonie / AFP / Brendan Smialowski BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Mais l’unanimité autour de Cassius Clay devenu Mohamed Ali est aujourd’hui palpable à Louisville, ville de 600 000 habitants, devenue, le temps d’une journée le centre du monde de la boxe. Un mécène anonyme a décidé de recouvrir de pétales de roses rouges le chemin menant à la tombe. Voilà qui n’aurait pas déplu à l’abeille.

 

Lemonde.fr par Clément Brault, Journaliste au Monde

Fonctionnaire américaine condamnée pour avoir refusé le mariage gay

septembre 3, 2015

En refusant obstinément d’appliquer la nouvelle loi permettant le mariage gay aux États-Unis, Kim Davis, une simple fonctionnaire du Kentucky, est devenue l’égérie de millions d’Américains. Mais la chrétienne évangélique a été condamnée jeudi à la prison.

« Ce tribunal ne peut accepter que l’on désobéisse volontairement à ses décisions légales », a martelé le juge David Bunning, cité par les médias. Il infligeait ainsi un nouveau revers judiciaire à la greffière.

La greffière du comté de Rowan, dans le Kentucky, avait assumé sans vagues, durant plus d’un quart de siècle, la routine des tâches administratives. D’abord comme adjointe, puis reprenant le poste occupé par sa mère.

Ces derniers jours, la photographie de la femme de 49 ans, aux longs cheveux tombant jusqu’aux reins, n’a pourtant pas quitté la une de la presse nationale. Et Mme Davis a prouvé que son profil apparemment falot cachait une détermination de fer.

Cela, précisément depuis que la Cour suprême des États-Unis a légalisé fin juin le mariage des homosexuels dans tout le pays, une victoire emblématique pour le président Barack Obama. Quelques heures seulement après cette décision historique, Kim Davis entrait en résistance.

Délivrer un certificat de mariage à des personnes de même sexe « violerait » mes convictions religieuses, a-t-elle assuré. Dans son esprit, l’échelle hiérarchique est simple: Dieu est au-dessus, Washington et ses lois humaines en dessous.

« Aucun a priori »
La fonctionnaire, qui affectionne les amples jupes descendant jusqu’aux chevilles, n’est pas la seule à avoir adopté une telle posture de défi. Mais c’est elle qui est devenue le symbole de ce combat éternel aux États-Unis, opposant modernité et conservatisme, suprématie du droit et libertés religieuses.

Confessant avoir « remis (sa) vie entre les mains de Jésus-Christ », Kim Davis s’est rallié de très nombreux soutiens dans la galaxie des groupes religieux conservateurs américains. Elle affirme n’avoir aucun a priori contre les homosexuels.

« Je n’ai aucune animosité envers qui que ce soit et ne véhicule aucune mauvaise intention. Pour moi, il ne s’agit pas d’un problème concernant les gays ou les lesbiennes. Il s’agit du mariage et de la Parole de Dieu. Cela relève de la liberté de culte, protégée par le Premier amendement » de la Constitution, se défend Mme Davis.

« Pas de certificat aujourd’hui »
Au coeur de la tempête médiatique où elle est plongée se trouvent aussi deux hommes: David Moore et David Ermold se sont présentés cet été au bureau d’état civil du comté de Rowan, prêts à convoler en justes noces.

Le couple a pris soin d’enregistrer le refus qu’ils se sont vu opposer par Kim Davis, dans une vidéo consultée des centaines de milliers de fois. D’autres couples ont fait la même démarche, cette fois entourés d’une nuée de journalistes, essuyant de Mme Davis la même fin de non-recevoir.

« Nous ne délivrons pas de certificats de mariage aujourd’hui », affirme posément la rondelette greffière du comté, dans une des vidéos consultables sur internet. « Au nom de quelle autorité? », lui demande alors quelqu’un. « Au nom de l’autorité de Dieu », répond-elle calmement.

MM. Moore et Ermold, avec un autre couple d’homosexuels et deux couples d’hétérosexuels, ont porté l’affaire devant la justice. Tour à tour, un tribunal de district fédéral et une cour d’appel ont donné tort à Kim Davis. La femme a alors saisi la Cour suprême, qui l’a également déboutée lundi dernier. Elle a finalement été écrouée jeudi.

Jeuneafrique.com