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Kenya: un manifestant tué par balle dans un fief de l’opposition

octobre 16, 2017

Manifestation le 16 octobre 2017 à Kisumu, à l’ouest du Kenya / © AFP / YASUYOSHI CHIBA

Un jeune manifestant a été tué par balle lundi dans l’ouest du Kenya, a-t-on appris auprès de témoins, alors que des centaines de partisans de l’opposition sont à nouveau descendus dans les rues pour demander des réformes en vue de la présidentielle du 26 octobre.

La police a encore utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule à Kisumu, sur les rives du lac Victoria (ouest), un fief du principal opposant, Raila Odinga.

Les manifestants avaient auparavant bloqué des routes, mis le feu à des pneus et lancé des pierres vers les policiers, pour marquer le passage à des manifestations désormais quotidiennes.

L’un des manifestants, Michael Odiambo, 21 ans, a raconté avoir vu la police tuer par balle un jeune homme dont un photographe de l’AFP a pu voir le corps.

« Il courait pour se cacher de la police. Un policier a juste pointé son pistolet vers lui et a tiré sur lui à distance. Il a été touché au cou », a-t-il déclaré.

Le jeune homme tué était un étudiant de 18 ans, Michael Okoth, a indiqué sa mère, Caroline Okello. « Il ne manifestait pas. Il était parti acheter une glace quand il a reçu une balle. Ils ont tué mon enfant. Un garçon innocent qui n’était pas dans la manifestation ».

Le président Uhuru Kenyatta a observé que la police avait décidé à Kisumu de laisser les manifestants avancer jusqu’au centre-ville, ce que le gouvernement a normalement interdit depuis la semaine passée.

« Ils ont été autorisés à manifester dans toute la ville. Et quand ils se sont rendu compte que les policiers n’intervenaient pas, ils ont commencé à leur lancer des pierres. Qu’attendre de tout ça? Les policiers ne sont-ils pas autorisés à se protéger », a-t-il argué.

Vendredi, deux manifestants avaient été tués par la police à Bondo, la ville d’origine de Raila Odinga, à environ 50 km à l’ouest de Kisumu.

« Pendant combien de temps ces meurtres insensés de la police (vont-ils continuer)? La police ne peut pas à chaque fois tirer sur des manifestants. Manifester est-il un crime? », a demandé Margaret Akinyi, une vendeuse de légumes à Kisumu. Le jeune manifestant tué lundi « a été abattu par une balle juste à côté de moi et nous nous sommes tous mis à courir. Il est mort », a-t-elle ajouté.

A Nairobi, un petit groupe de manifestants a été rapidement dispersé par la police.

Au moins 37 personnes avaient été tuées, dont 35 par la police, dans les jours qui ont suivi les élections générales du 8 août, selon la Commission nationale kényane des droits de l’Homme (KNCHR).

Dans un rapport conjoint publié lundi, Human Rights Watch et Amnesty International ont indiqué avoir confirmé la mort de 33 personnes des mains de la police.

Le chef de la police kényane, Joseph Boinnet, a qualifié ce rapport de « complètement trompeur et basé sur des mensonges », affirmant que la police n’était informée que de 12 morts sur lesquels elle dit enquêter.

Le climat politique est particulièrement tendu au Kenya depuis la décision le 1er septembre de la Cour suprême d’invalider la réélection du sortant Uhuru Kenyatta à la présidentielle du 8 août, face à M. Odinga, pour des irrégularités dans la transmission des résultats.

M. Odinga a annoncé la semaine passée son retrait de la présidentielle du 26 octobre, arguant que la Commission électorale, qui est très critiquée, n’était pas en mesure d’organiser une élection crédible.

L’opposant estime que son retrait entraîne l’annulation du scrutin et l’organisation d’un tout nouveau processus électoral, solution rejetée par M. Kenyatta.

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2017 17h31)                

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Kenya: un suspect lynché après une attaque ayant fait 6 morts dans un lycée

octobre 14, 2017

Nairobi – Un étudiant soupçonné d’avoir participé tôt samedi à une attaque ayant fait six morts contre un lycée dans le nord du Kenya a été lynché par des habitants de Lokichogio (nord du Kenya), ont annoncé des responsables.

Après l’attaque, qui a tué cinq élèves et un garde de sécurité de l’internat, le suspect, un lycéen suspendu de l’établissement, a été arrêté. Par la suite, des habitants en colère l’ont lynché pour se venger.

« Six personnes ont été tuées dans l’attaque, dont cinq lycéens, et plusieurs ont été blessées », a déclaré Seif Matata, un responsable du comté de Turkana.

Dix-huit personnes ont été blessées par balle au cours de l’attaque, selon le gouverneur de la région du Turkana, Josphat Nanok.

L’attaque lancée contre le lycée a été menée par des hommes armés venus du Soudan du Sud, a-t-on appris auprès des autorités locales.

Des membres de la milice de la tribu des Toposa, du Soudan du Sud frontalier du Kenya, seraient responsables de l’attaque dirigée par le lycéen suspendu, selon M. Matata.

Ce lycéen, Abraham Lochor, originaire du Soudan du Sud et âgé de 20 ans, a été arrêté par la police mais une foule en colère a pénétré dans le commissariat de police, l’a sorti de sa cellule et l’a tué en le lapidant, mettant le feu à sa dépouille.

« Le suspect était détenu au commissariat de police de Kakuma pour un interrogatoire sur l’attaque et nous essayons de savoir comment ils ont réussi à se saisir de lui. C’est malheureux, » a déclaré le chef de la police de la région du Turkana, Ronald Opili.

L’attaque du lycée s’est produite vers 03H00 (00H00 GMT), alors que les élèves du lycée mixte de Lokichogio dormaient dans leurs chambres, selon M. Matata.

La Croix-Rouge kényane a évacué plusieurs blessés par avion vers l’hôpital d’Eldoret, plus au sud.

Les conflits communautaires, notamment les conflits territoriaux et les disputes pour du bétail opposant la tribu Toposa du Sud-Soudan et l’ethnie Turkana du Kenya, sont fréquents au Turkana, une vaste région aride et reculée du nord-ouest du Kenya.

Romandie.com avec(©AFP / 14 octobre 2017 17h54)                                            

Kenya: deux manifestants de l’opposition tués par balle

octobre 13, 2017

Des policiers dispersent une manifestation de l’opposition à Nairobi au Kenya le 13 octobre 2017 / © AFP / TONY KARUMBA

Deux opposants, qui participaient vendredi à une manifestation dans la ville de Bondo, dans l’ouest du Kenya, ont été tués par balle au cours d’affrontements avec la police, selon plusieurs témoins.

« L’un d’entre eux a une large blessure à la tête et l’autre à la poitrine. Ils reposent dans une mare de sang », a déclaré l’un des témoins, Charleston Okelo.

Quelque 500 personnes ont manifesté à Bondo, la ville d’où est originaire le leader de l’opposition, Raila Odinga. Les manifestants s’opposaient à la police, juste devant le poste de police local, quand des coups de feu ont été tirés, selon les témoins.

Les gens ont commencé à courir dans plusieurs directions, y compris à l’intérieur du poste, et c’est alors que les deux manifestants ont été tués.

La situation restait chaotique en milieu d’après-midi, alors que la police tentait de disperser la foule en colère.

« Pourquoi tirent-ils sur des gens qui manifestent pacifiquement? Pourquoi ont-ils provoqué les gens en tirant? Maintenant ils ont tué deux personnes », a déclaré un autre témoin, Wilfred Ojwang.

Le chef de la police locale, John Kiarie, a refusé de commenter l’incident « jusqu’à ce (qu’il ait) reçu un rapport circonstancié sur ce qui s’est réellement passé ».

Ces décès sont les premiers depuis les violences qui avaient marqué les jours suivant les élections générales du 8 août, lesquelles avaient fait au moins 37 morts, dont 35 tués par la police, selon la Commission nationale kényane des droits de l’Homme (KNCHR).

Des centaines de personnes ont manifesté vendredi dans les principales villes du Kenya, malgré l’interdiction du gouvernement, pour faire entendre les revendications de l’opposition en vue de la présidentielle du 26 octobre.

Le climat politique est particulièrement tendu au Kenya depuis la décision, le 1er septembre, de la Cour suprême d’invalider la réélection du sortant Uhuru Kenyatta à la présidentielle du 8 août, face à M. Odinga.

Saisie par l’opposition, la Cour avait mis en avant des irrégularités dans la transmission des résultats pour justifier cette décision, une première en Afrique, qui avait été saluée pour son courage à travers le monde.

M. Odinga a annoncé mardi son retrait de la présidentielle du 26 octobre, arguant que l’IEBC n’avait pas entrepris sa refonte nécessaire pour organiser une élection crédible, dont l’éviction de certains de ses responsables.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 15h41)                

Kenya: l’opposition manifeste au lendemain du retrait de Raila Odinga de la présidentielle

octobre 11, 2017

 

Des partisans de l’opposition kényane manifestent le 11 octobre 2017 à Nairobi, au Kenya. © Khalil Senosi/AP/SIPA

Des milliers de partisans de l’opposition manifestaient ce mercredi 11 octobre à Nairobi et dans l’ouest du Kenya. Le pays semble s’enfoncer dans l’instabilité politique au lendemain du retrait du leader politique Raila Odinga de l’élection présidentielle du 26 octobre.

Ce mercredi 11 octobre, dans le centre de la capitale Nairobi, des manifestants de l’opposition kényane commençaient à se rassembler sous le regard de nombreux policiers anti-émeute. À Kisumu et Homa Bay, bastions de l’opposition dans l’ouest du pays, quelques milliers de partisans du leader politique Raila Odinga chantaient « Pas de réformes, pas d’élection », au lendemain de l’annonce surprise de leur champion de se retirer de la course à la présidentielle.

Raila Odinga estime que son retrait implique l’annulation du scrutin du 26 octobre, prévu après l’invalidation en justice de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta le 8 août. Le chef de l’État soutient lui que l’élection doit avoir lieu, avec ou sans son principal rival.

Saisie par l’opposition, la Cour suprême du Kenya a invalidé le 1er septembre la réélection d’Uhuru Kenyatta. Pour justifier sa décision, la plus haute juridiction du pays a évoqué des irrégularités dans la transmission des résultats et accablé la Commission électorale (IEBC) pour sa gestion du scrutin.

Plus d’un mois plus tard, l’opposition a multiplié les ultimatums et le parti au pouvoir a engagé une procédure accélérée pour modifier la loi électorale. Les députés de la majorité présidentielle ont approuvé aujourd’hui ce texte transmis depuis au Sénat, également dominé par le parti Jubilee du président Kenyatta.

Rebondissements électoraux

Raila Odinga avait conditionné sa participation au nouveau scrutin à une réforme en profondeur de l’IEBC, dont l’éviction de plusieurs de ses responsables. Face au refus de l’IEBC, Raila Odinga a préféré jeter l’éponge. Selon lui, « tout indique que l’élection prévue le 26 octobre sera pire que la précédente ».

Son retrait risque surtout d’aggraver la crise politique au Kenya. Au moins 37 personnes ont été tuées dans les violences qui ont suivi les élections générales du 8 août, dont une écrasante majorité dans la répression de manifestations de l’opposition par la police.

« La grande question est de savoir ce qui va se passer ensuite pour le Kenya, estime le quotidien Daily Nation dans un éditorial. Uhuru Kenyatta va-t-il être déclaré président et prêter serment ? Et que cela va-t-il signifier pour sa légitimité étant donné que la Cour suprême a invalidé son élection ? »

Preuve que le Kenya n’en a pas fini avec les rebondissements électoraux, la Haute Cour de Nairobi a jugé ce mercredi que les huit candidats à la présidentielle du mois d’août devaient pouvoir se représenter le 26 octobre.

L’IEBC, qui se basait sur un jugement de la Cour suprême de 2013, avait limité l’élection du 26 octobre à un duel Kenyatta-Odinga. À deux semaines du scrutin, cet affrontement semble cependant de moins en moins probable.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: Raila Odinga se retire de la présidentielle

octobre 10, 2017
Raila Odinga, leader de l’opposition kényane. © Sven Torfinn/PANOS-REA

Raila Odinga a annoncé le retrait de sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 26 octobre prochain au Kenya. L’opposant a expliqué avoir pris cette décision « dans l’intérêt des Kényans ».

Raila Odinga a annoncé ce retrait surprise lors d’une conférence de presse ce mardi 10 octobre. « Dans l’intérêt des Kényans, de la région et plus largement du monde, nous estimons que le mieux sera que la National Super Alliance (la Nasa, coalition de l’opposition, ndlr) soit absente de l’élection présidentielle prévue pour le 26 octobre 2017 », a-t-il déclaré.

Le 1er septembre dernier, la Cour suprême kényane avait invalidé les résultats de l’élection présidentielle du 8 août ayant donné Uhuru Kenyatta vainqueur et exigé l’organisation d’un nouveau scrutin. Ces résultats, délivrés par la Commission électorale indépendante (IEBC), donnaient gagnant Uhuru Kenyatta dès le premier tour avec 54,27% des suffrages, contre 44,74% pour Odinga.

Raila Odinga et ses partisans avaient remis en cause ces résultats dès leur proclamation. « Nous sommes arrivés à la conclusion que l’IEBC n’a pas l’intention d’entreprendre les changements au niveau de ses opérations et de son personnel pour garantir que les illégalités et irrégularités qui ont conduit à l’invalidation du scrutin du 8 août ne se reproduisent pas », a-t-il martelé ce mardi en annonçant son retrait.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: Kenyatta accuse la Cour suprême de « coup d’État », la nouvelle élection finalement repoussée

septembre 21, 2017
Le Président Uhuru Kenyatta lors d’un meeting à Ongata Rongai, à quelques kilomètres de Nairobi, le 5 septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le président Uhuru Kenyatta a accusé jeudi la Cour suprême d’avoir perpétré un « coup d’État » en invalidant sa réélection. Parallèlement à cette déclaration, la commission électorale, durement étrillée mercredi par la plus haute instance judiciaire du pays, a annoncé que la nouvelle élection, initialement prévue pour le 17 octobre, était repoussée au 26 octobre.

« Ici au Kenya nous avons écrit l’histoire, car un coup d’État a été mené par quatre personnes dans un tribunal », a déclaré ce jeudi 21 septembre Uhuru Kenyatta en référence au jugement rendu le 1er septembre par la Cour suprême, saisie par l’opposition, invalidant sa réélection lors du scrutin du 8 août.

Dans son intervention au palais présidentiel face à des dirigeants du nord du pays, il a estimé que le jugement de la Cour suprême a sapé la démocratie. Une décision qu’il a comparé aux coups d’État militaires menés dans d’autres pays du continent. « Le jugement de quelques personnes a réduit à néant les progrès réalisés au fil des ans », a-t-il ajouté.

Ces critiques virulentes surviennent au lendemain de la publication du jugement complet et détaillé de la Cour suprême, qui accable la Commission électorale pour sa gestion du scrutin. Elle lui reproche notamment d’avoir proclamé les résultats sur la foi de procès-verbaux à l’authenticité parfois « douteuse », et de ne pas avoir permis l’accès à ses serveurs informatiques pour vérifier des accusations de piratages informatiques.

La Cour suprême a précisé que ses reproches visent surtout la transmission des résultats et qu’elle n’a aucune raison de douter des opérations d’enregistrement des électeurs ou des opérations de vote le jour du scrutin, notamment. Elle a également rejeté une requête de l’opposition de poursuivre des responsables de l’IEBC, évoquant plutôt des « problèmes institutionnels systémiques ».

La nouvelle élection reportée au 26 octobre

Les attaques du camp présidentiel contre la Cour suprême ne faiblissent pas. Après l’annonce de la décision d’invalider sa réélection (54,27% des voix), Uhuru Kenyatta avait qualifié les juges d’ « escrocs » et promis de « régler » les problèmes existant selon lui dans le système judiciaire.

David Maraga, le président de la Cour suprême a dénoncé mardi les menaces formulées par des responsables politiques et leurs partisans à l’encontre de son institution. Il s’est également offusqué des manifestations » qui ont clairement pour but de d’intimider les juges ». Une centaine de partisans d’Uhuru Kenyatta s’étaient rassemblés mardi devant la Cour pour réclamer que leur favori puisse prêter serment pour un second mandat.

Alors que de nombreux doutes subsistaient sur la tenue de la nouvelle élections présidentielle le 17 octobre, la Commission électorale a annoncé jeudi qu’elle était finalement reportée au 26 octobre. L’institution a donné les raisons du report dans un communiqué : « Nous souhaitons informer le public (…) que la nouvelle élection présidentielle aura désormais lieu le jeudi 26 octobre afin que la Commission soit pleinement préparée à l’organisation d’une élection répondant aux standards définis par la Cour suprême. »

Jeuneafrique.com avec AFP

Présidentielle kényane: le président de la Cour suprême dénonce les menaces visant son institution

septembre 20, 2017

Le président de la Cour suprême David Maraga le 1er septembre 2017. © Sayyid Abdul Azim/AP/SIPA

Trois semaines après l’invalidation de la présidentielle kényane par la Cour suprême, son président, David Maraga, a dénoncé mardi les menaces formulées par des responsables politiques et leurs partisans à l’encontre de son institution. Il s’apprête à publier ce mercredi son jugement complet sur le scrutin du 8 août.

« Des juges, particulièrement ceux de la Cour suprême (…) ont été attaqués, menacés et décrits de manière négative sur les réseaux sociaux », a déclaré à la presse David Maraga. Le président de la Cour suprême s’est également offusqué des manifestations, qui « ont clairement pour but d’intimider les juges ».

Une allusion aux centaines de partisans du président sortant, Uhuru Kenyatta, rassemblés mardi devant la Cour suprême, qui réclamaient que leur favori puisse prêter serment pour un second mandat. Ils ont été dispersés par la police anti-émeute à l’aide de gaz lacrymogène. Ailleurs dans le pays, notamment à Nakuru (centre), des manifestants ont bloqué des routes.

Les déclarations de David Maraga interviennent la veille de la publication très attendue du jugement complet de la Cour suprême. Celle-ci doit expliquer en détails la décision prise le 1er septembre d’invalider l’élection du 8 août, et notamment préciser les « irrégularités » qui auraient entaché la transmission des résultats.

Les juges ? Des « escrocs », selon Kenyatta

Cette décision sans précédent sur le continent africain avait été saluée par l’opposant Raila Odinga, à l’origine de la saisine de la Cour suprême, et de nombreux observateurs. De son côté, Uhuru Kenyatta n’a pas mâché ses mots, en qualifiant les juges « d’escrocs ». Il a notamment promis de « régler » les problèmes existants selon lui dans le système judiciaire.

Il avait ensuite semblé vouloir faire machine arrière, expliquant avoir parlé sous le coup de la colère. Ce que les commentateurs avaient interprété comme un moyen de ne pas froisser la communauté Kisii, à laquelle appartient David Maraga, avant de nouvelles élections.

Des doutes sur l’échéance du 17 octobre

Les médias locaux ont pour leur part rapporté plusieurs manœuvres de députés de son parti en vue de limiter à l’avenir les pouvoirs de la Cour suprême.

La Commission électorale, dont la gestion du scrutin du 8 août a été vivement critiquée, a fixé la nouvelle élection au 17 octobre. Mais de nombreux doutes subsistent quant à sa capacité à se tenir à cette échéance. Des incertitudes renforcées par les déclarations de la société française OT Morpho, en charge de la fourniture du système électronique de transmission des résultats et des équipements de reconnaissance biométrique des électeurs, qui a assuré ne pas pouvoir être prête d’ici au 17 octobre.

Jeuneafrque.com avec AFP

Au Kenya, la confusion règne dans l’organisation de la nouvelle présidentielle

septembre 17, 2017

Le candidat Raila Odinga, principal opposant du président sortant Uhuru Kenyatta, le 3 septembre 2017, en campagne à Nairobi. © AFP / Tony Karumba

Le Kenya sera-t-il en mesure d’organiser une nouvelle élection présidentielle dans un mois ? Les experts en doutent, alarmés par les querelles et la confusion qui ralentissent le lancement du nouveau processus électoral.

Le temps presse, les Kényans doivent de nouveau se rendre aux urnes le 17 octobre après que la Cour suprême eut annulé le résultat de la présidentielle du 8 août, mais les principaux acteurs ne parviennent pas à s’accorder sur la manière de procéder.

L’opposition a déjà prévenu qu’elle boycotterait le scrutin d’octobre si ses exigences présentées à la Commission électorale (IEBC) – dont la démission de plusieurs de ses membres – ne sont pas remplies.

« Les défis à relever sont assez extraordinaires », a mis en garde le militant anticorruption John Githongo, qui estime que la nouvelle date « ne semble pas plausible parce que nous demandons à des personnes qui ont déjà effroyablement échoué d’organiser une élection après un court laps de temps ».

Un des points de blocage provient du fait que les explications du jugement de la Cour suprême sont encore attendues. Sans elles, impossible de savoir quelles sont les irrégularités qui ont entaché le scrutin du 8 août, qui avait vu le président sortant Uhuru Kenyatta réélu avec 54%,27 des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga.

Le président de la Cour suprême, David Maraga, s’était contenté d’évoquer des « illégalités et irrégularités », notamment dans la transmission des résultats des bureaux de vote.

La Cour a jusqu’au 22 septembre pour rendre le jugement complet, ce qui laissera peu de temps à l’IEBC pour éventuellement corriger le tir.

« Tout cela est très incertain », a déploré le professeur de politique africaine de l’université de Birmingham (Grande-Bretagne), Nic Cheeseman.

« On ne sait pas si la Cour suprême va dire quelque chose sur la technologie (employée), on ne sait pas si elle va directement pointer du doigt quelqu’un de l’IEBC », a-t-il expliqué. Cette personne « devra-t-elle être remplacée? Si c’est le cas, comment pourront-ils le faire dans les délais? »

En attente de réforme

Malgré l’absence de ce jugement, l’IEBC a avancé dans l’organisation d’une nouvelle élection, refusant de céder aux appels de l’opposition qui exige le départ de ses dirigeants. On s’attendait à ce que l’IEBC s’empresse de faire des réformes de fond. On attend encore », a fustigé samedi un éditorialiste du Daily Nation, mettant en cause une « impasse qui a paralysé (le processus) et créé la confusion dans l’esprit du public ».

Jeudi, la coalition d’opposition Nasa a envoyé une lettre à l’IEBC où elle demande notamment le renvoi de certains responsables, un changement de fournisseur de matériel électoral ainsi que la diffusion en direct des résultats de chaque circonscription. Sans quoi, a-t-elle redit, elle boycottera les élections.

Selon l’opposition, le système de transmission des résultats avait été piraté, et ceux émanant des bureaux de vote avaient été modifiés électroniquement en faveur de M. Kenyatta.

L’entreprise française OT Morpho, qui avait fourni à l’IEBC le système de transmission des résultats, a assuré vendredi qu’un audit du système électronique utilisé pour compter les votes lors du scrutin présidentiel a prouvé qu’aucune donnée n’avait été manipulée ou piratée.

Toutefois, malgré une injonction de la Cour suprême, l’IEBC n’a toujours pas donné l’accès à ses serveurs.

En outre, selon un mémorandum interne où le président de la commission électorale, Wafula Chebukati, demande à son directeur exécutif, Ezra Chiloba, des explications, certaines défaillances dans la conduite de l’élection présidentielle ont été mises au jour.

Pour Nic Cheeseman, l’IEBC ayant perdu sa légitimité, une solution pourrait venir de la négociation entre les camps rivaux afin qu’ils décident comment organiser une nouvelle élection.

Mais les invectives se multiplient entre pouvoir et opposition, ce qui rend cette solution peu plausible.

Le président sortant Kenyatta a pour sa part insisté pour que l’élection ait lieu comme prévu, accusant son rival, Raila Odinga, de vouloir bloquer la situation afin que soit mis en place un gouvernement de coalition.

Aux termes de la Constitution, l’IEBC a jusqu’au 31 octobre pour organiser une nouvelle élection.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: Uhuru Kenyatta à l’offensive face à un Parlement déserté par l’opposition

septembre 13, 2017
Uhuru Kenyatta, lors d’un rassemblement électoral à Nairobi le 9 septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

L’opposition kényane a boycotté mardi le discours d’Uhuru Kenyatta devant le Parlement, marquant l’ouverture officielle de la nouvelle législature. Les partisans de Raila Odinga considèrent que le président kényan, dont la victoire à l’issue des élections du 8 août dernier a été invalidée par la Cour suprême, n’avait pas la légitimité pour prononcer ce discours.

C’est devant un Parlement tout entier acquis que Uhuru Kenyatta s’est exprimé, ce mardi 12 septembre. Un discours traditionnel qui marque le début officiel de la nouvelle législature, dont les députés sont issus des élections du 8 août dernier, qui prenait cette fois un relief particulier, tant le contexte de crispation est grand.

La Constitution kényane impose en effet au président nouvellement élu de convoquer le Parlement dans les 30 jours suivant l’élection législative. Sauf que la victoire d’Uhuru Kenyatta – crédité par la Commission électorale (IEBC) de 54,27% des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga – a été invalidée par la Cour suprême le 1er septembre. De nouvelles élections sont programmées pour le 17 octobre prochain dans le pays, où la campagne électorale bat à nouveau son plein.

L’opposition et les juges absents

Les députés de la Nasa, la coalition de partis d’opposition rangés derrière la candidature de Raila Odinga, récusant la légitimité d’Uhuru Kenyatta, ont donc boycotté le discours. Les sept juges de la Cour suprême, qui sont habituellement présents à ce discours d’ouverture, étaient eux aussi absents.


Lire aussi >>> Raila Odinga : « La communauté internationale doit s’impliquer, sinon le Kenya va glisser vers une grave crise »


« Peu importe que le bruit politique soit plus fort pendant les élections, je veux assurer chaque Kényan, et le monde, que chaque branche de ce gouvernement est en place et opérationnelle. Il n’y a pas de vide, pas de lacune », a lancé Uhuru Kenyatta devant les députés.

Même si je suis en désaccord profond avec cette décision, je l’ai acceptée

Mais là où, traditionnellement, le président élu livre un véritable discours de politique générale, Uhuru Kenyatta s’est contenté de considérations générales et de commentaires sur la situation inédite dans laquelle se trouve le pays. « Même si je suis en désaccord profond avec cette décision [de la Cour suprême], je l’ai acceptée », a-t-il assuré.

Des propos en contradiction avec ceux qu’il avait tenu au lendemain de la décision de la plus haute juridiction kényane, considérant alors que les juges avaient « décidé qu’ils avaient plus de pouvoirs que plus de 15 millions de Kényans qui ont fait la queue pour voter » et qu’il faudrait « régler le problème » une fois les nouvelles élections terminées.

Bras de fer Kenyatta-Odinga

Uhuru Kenyatta s’en est également pris directement à l’opposition, notamment concernant les accusations de la Nasa sur un piratage informatique des serveurs lors du décompte des voix. « Une marque sur un bulletin vaut plus que la technologie, plus qu’un système informatique », a-t-il lancé. « Cette marque est le choix du peuple souverain. Son choix est sacré et ne doit plus jamais être ignoré. »

Au même moment, l’opposition tenait un nouveau grand meeting dans son bastion de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi. Raila Odinga a raillé la cérémonie au Parlement, la qualifiant de « réunion électorale de Jubilee », le parti d’Uhuru Kenyatta. « Le Parlement ne peut être ouvert que par un président validement élu. Ce qu’il n’est pas », a martelé l’opposant.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Raila Odinga a réitéré ses critiques à l’encontre de l’IEBC, dont il demande une refonte totale avant le scrutin du 17 octobre sous peine de boycotter le scrutin. « La communauté internationale doit s’impliquer, sinon le pays va glisser vers une grave crise », a-t-il également plaidé, pointant par ailleurs la responsabilité présumée de l’entreprise française OT-Morpho dans les dysfonctionnements du processus électoral. « Nous désapprouvons l’attitude de OT-Morpho au cours du processus électoral. Selon nos informations, il y a eu des collusions entre cette entreprise et le gouvernement kényan pour faciliter la fraude », a-t-il accusé.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: ouverture de la nouvelle législature, l’opposition boycotte

septembre 12, 2017

Nairobi – Le président kényan Uhuru Kenyatta a officiellement ouvert mardi la nouvelle législature, en s’exprimant devant le Parlement issu des élections du 8 août, en l’absence de l’opposition qui a boycotté la séance après l’invalidation par la justice du scrutin présidentiel.

« Peu importe que le bruit politique soit plus fort pendant les élections, je veux assurer chaque Kényan, et le monde, que chaque branche de ce gouvernement est en place et opérationnelle. Il n’y a pas de vide, pas de lacune », a déclaré M. Kenyatta.

Le président kényan, chef de l’exécutif, prononce traditionnellement à cette occasion, devant les deux chambres du Parlement, son discours de politique générale qui lui permet de fixer le programme législatif de son gouvernement.

Mais M. Kenyatta en est resté cette fois-ci à des considérations très générales, en raison de l’annulation du scrutin présidentiel du 8 août par la Cour suprême, à l’issu duquel il avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga.

La Cour avait estimé que des « illégalités et irrégularités (avaient) affecté l’intégrité » du scrutin et ordonné qu’une nouvelle élection présidentielle ait lieu. Sa date a été fixée au 17 octobre par la Commission électorale (IEBC).

La Constitution impose normalement au président de convoquer le nouveau Parlement dans les 30 jours suivant une élection législative. Mais l’opposition estime que M. Kenyatta n’avait pas la légitimité pour le faire et a donc décidé de boycotter cette cérémonie.

Les sept juges de la Cour suprême, qui traditionnellement y assistent, n’étaient pas présents.

« Même si je suis en désaccord profond avec cette décision (d’annuler le résultat des élections), je l’ai acceptée », a répété M. Kenyatta, qui avait tenu les mêmes propos, juste après l’annonce de la Cour. Il avait changé de ton le lendemain en estimant que les juges représentent un « problème (que) nous devons régler ».

Faire respecter « la suprématie de la Constitution et de ses institutions (…) ne signifie pas que l’on fait toujours ce qu’on veut », a-t-il ajouté mardi, sous les applaudissements polis des parlementaires présents.

Près des deux tiers des 349 parlementaires kényans portent l’étiquette de Jubilee, le parti de M. Kenyatta, ou de partis affiliés.

Le président s’en est également pris à l’opposition, qui avait formulé des accusations de piratage informatique dans le processus de comptage et de transmission des résultats, en estimant « qu’une marque sur un bulletin vaut plus que la technologie, plus qu’un système informatique ».

« Cette marque est le choix du peuple souverain. Son choix est sacré et ne doit plus jamais être ignoré », a-t-il insisté.

Pendant que M. Kenyatta s’exprimait devant le Parlement, la coalition d’opposition Nasa tenait un meeting électoral à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi et l’un de ses bastions.

Raila Odinga y a comparé l’ouverture de la nouvelle législature à « une réunion électorale de Jubilee ». « Le Parlement ne peut être ouvert que par un président validement élu. Ce qu’il (M. Kenyatta) n’est pas. »

Comme souvent depuis que la Cour suprême a rendu son jugement, M. Odinga a menacé de boycotter l’élection du 17 octobre, si certains membres de la Commission électorale ne démissionnaient pas d’ici là.

« Nous avons dit que tous les responsables de l’IEBC qui ont participé au trucage (de l’élection) doivent être congédiés avant le 17 octobre. Et nous ne participerons pas à des élections tant que ce ne sera pas fait », a-t-il affirmé.

Le gouvernement a pour sa part exclu tout remaniement en profondeur de l’IEBC.

Romandie.com avec(©AFP / 12 septembre 2017 17h08)