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Kenya : entre Uhuru Kenyatta et William Ruto, le divorce est consommé

décembre 28, 2021
Le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto, à Nairobi, le 21 septembre 2017. © Khalil Senosi/AP/SIPA

Alors qu’il s’était d’abord engagé à soutenir son colistier à la présidentielle de 2022, le chef de l’État a finalement choisi de se ranger du côté de son ancien opposant, Raila Odinga. Au risque de réveiller le spectre des violences post-électorales de 2007-2008.

Les mots qui sortent de la bouche d’Uhuru Kenyatta tournent en boucle comme un disque rayé. Ce 1er septembre 2017, devant les journalistes venus recueillir sa réaction après l’invalidation par la Cour suprême de sa victoire face à Raila Odinga lors de la présidentielle du 8 août, le chef de l’État a les yeux cernés. Il paraît sonné. « Je suis personnellement en désaccord avec cette décision. Je la respecte, autant que je suis en désaccord avec elle, mais je la respecte. Mais je suis en désaccord avec elle », répète-t-il.

Derrière lui, William Ruto affiche une certaine détermination. Polo rayé et bras croisés, le colistier du chef de l’État a la mine grave. Si Kenyatta semble vaciller, lui paraît plus confiant que jamais, convaincu qu’il ne s’agit là que d’une ultime épreuve et que son heure va bientôt arriver. Kenyatta sera finalement réélu à l’issu d’un remake controversé et boycotté par Odinga. Une séquence durant laquelle Ruto est apparu comme l’un des seuls en mesure de tenir la maison présidentielle. Au sortir du scrutin, le « colistier » fait plus que jamais figure d’héritier.

L’histoire s’écrira finalement autrement. Car entre Kenyatta et Ruto, c’est avant tout une union de raison. En 2012, la Cour pénale internationale (CPI) a confirmé les poursuites engagées à l’encontre des deux hommes pour les violences postélectorales de 2007-2008, qui ont principalement opposés Kalenjin et Kikuyu et qui ont fait 1200 morts. Candidat à la présidentielle suivante, en 2013, Ruto s’allie alors à Kenyatta. Les deux ennemis scellent ainsi une paix fragile entre leurs ethnies respectives et font bloc face à la CPI. Le ticket « UhuRuto » rafle la magistrature suprême, les charges contre Kenyatta sont abandonnées en décembre 2014, celles contre Ruto en avril 2016, non sans que plusieurs témoins aient subi une campagne d’intimidation.

Odinga, nouveau champion

Selon les termes du « deal », Kenyatta devait ensuite soutenir Ruto en 2022. Mais cela va vite être remis en question. Le 9 mars 2018, après des mois de tensions, Kenyatta fait, au détour d’une poignée de main devenue symbolique, la paix avec l’opposant Raila Odinga. Le président sait qu’il vient de porter un coup à Ruto. Avec Odinga au sommet de l’État, dans un rôle volontairement laissé en suspens, il vient d’isoler son ancien allié, qu’une partie de son entourage ne souhaite pas voir arriver au pouvoir. Les deux hommes se livrent, depuis, une guerre feutrée.

LE 24 AOÛT DERNIER, KENYATTA A MIS RUTO AU DÉFI DE QUITTER SON POSTE

Il y a d’abord eu un projet de référendum constitutionnel, dont l’une des principales mesures était la création d’un poste de Premier ministre. Perçu par les pro-Ruto comme un moyen pour Kenyatta et Odinga de se partager le pouvoir, il a fait l’objet d’intenses débats et a été retoqué à deux reprises par la justice. Mais l’offensive n’a pas été portée que sur un front : de nombreux proches de Ruto ont aussi été écartés du pouvoir ou mis en cause dans des affaires de corruption.

Surtout, Kenyatta a fait d’Odinga son nouveau champion pour 2022. Longtemps adversaires dans les urnes, les « fils de » – Jomo Kenyatta fut le premier président du Kenya et Oginga Odinga son premier vice-président – se retrouvent désormais dans le même camp. Depuis des mois, chacun négocie donc l’allégeance des grandes fortunes, celle des patrons de médias et des relais politiques. Ruto cherche à gagner de l’influence dans le fief de son adversaire, autour du Mont Kenya. Kenyatta, lui, mobilise en terre kalenjin et s’appuie notamment sur Gideon Moi, fils de l’ancien président Daniel Arap Moi.

Ruto, le « débrouillard »

Le 24 août dernier, Kenyatta a mis Ruto au défi de quitter son poste. « J’ai un programme sur lequel j’ai été élu. La chose honorable à faire si vous n’en êtes pas satisfait, c’est de vous retirer et de permettre à ceux qui veulent aller de l’avant de le faire », lui a-t-il lancé. Le chef de l’État marche néanmoins sur des œufs. Démettre Ruto de la vice-présidence serait prendre le risque de déclencher de nouvelles violences. Le maintenir en fonction, en assumant que leur tandem ne fonctionne plus, n’est pas beaucoup plus confortable. Après le traumatisme de 2007-2008, l’équation n’est pas simple à résoudre.

RUTO TRAÎNE UNE RÉPUTATION SULFUREUSE, TEINTÉE DE VIOLENCE ET DE CORRUPTION

Ce n’est sans doute pas pour déplaire à Ruto, qui a été façonné par le régime Moi. Son ascension commence dans les années 1990, lorsqu’il rejoint la Youth for Kanu ’92. Cette organisation de jeunesse soutenant Moi prend vite des allures de milice privée lorsque débute une campagne de harcèlement des Kikuyu du Rift. Des milliers de morts et de déplacés… Cette triste séquence permet à Ruto d’être repéré par Moi, qui le propulse ministre, à 36 ans.

Originaire de la vallée du Rift, Ruto a su faire de son origine modeste et de son enfance passée à vendre des poulets en bord de route un argument politique. Depuis le retour en grâce d’Odinga, il se plaît à opposer les descendants des grandes dynasties politiques et les « hustlers », les débrouillards. « Ces gens vivent dans une tour d’ivoire et n’ont pas les problèmes que connaissent certaines personnes », déclarait-il en octobre 2020. Mais lui aussi traîne ses casseroles et une réputation sulfureuse. Celle d’un homme au passé teinté de violence et d’accusations de corruption.

Le pari Odinga

Lors de la prochaine présidentielle, à laquelle Kenyatta n’a pas le droit de se présenter, Ruto affrontera un monument de la politique locale. Odinga est un Luo, l’une des tribus les plus importantes du pays, et c’est un habitué des joutes électorales. Du vote à la contestation, il en maîtrise chaque rouage. Le scrutin de 2017 devait être son baroud d’honneur. Mais « Tinga », le Tracteur, en a encore sous la pédale.

ODINGA PEUT-IL RÉUSSIR LÀ OÙ IL A TOUJOURS ÉCHOUÉ ?

Le 10 décembre, Odinga a officialisé sa candidature dans le plus grand stade de Nairobi. Kenyatta n’était pas là, mais la présence de Raphaël Tuju, secrétaire général du Jubilee, le parti présidentiel, a été perçue comme le signe d’un adoubement. Fort des moyens politiques et financiers mis à sa disposition, Odinga peut-il réussir là où il a toujours échoué ? Kenyatta s’y emploie. Avec prudence toutefois. Car son ancien rival est aussi un orgueilleux, qui n’a jamais accepté la défaite. Et parce que le spectre de 2007-2008 est encore dans tous les esprits.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

Les Etats-Unis et le Kenya poussent à un cessez-le-feu en Ethiopie

novembre 17, 2021
Les Etats-Unis et le Kenya poussent a un cessez-le-feu en Ethiopie
Les Etats-Unis et le Kenya poussent à un cessez-le-feu en Ethiopie© POOL/AFP/Andrew Harnik

Les Etats-Unis et le Kenya ont poussé mercredi à un cessez-le-feu en Ethiopie, réaffirmant leur espoir d’une conclusion positive aux intenses efforts diplomatiques déployés pour une solution négociée au conflit entre gouvernement et rebelles dans le nord du pays.

Au premier jour d’une tournée africaine centrée notamment sur la démocratie qui le mènera ensuite au Sénégal et au Nigeria, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a également appelé le Kenya, un allié de longue date, à garantir l’année prochaine des élections libres.

A Nairobi, le chef de la diplomatie américaine s’est entretenu pendant une heure et demie -au lieu des 10 minutes initialement prévues- avec le président Uhuru Kenyatta, qui participe activement aux tentatives de médiation régionale sur le conflit éthiopien.

M. Kenyatta s’est rendu dimanche à Addis Abeba, alors que la guerre qui dure depuis un an entre les rebelles de la région du Tigré et le gouvernement a connu une escalade ces dernières semaines.

« Nous croyons qu’un cessez-le-feu est possible », a déclaré lors d’une conférence de presse conjointe la ministre kényane des Affaires étrangères, Raychelle Omamo.

M. Blinken a, lui, appelé à des « avancées concrètes pour la paix » et à la reprise de l’aide humanitaire au Tigré, où des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions proches de la famine, selon les Nations unies.

« Je réitère notre appel à toutes les parties à urgemment et sérieusement engager des négociations sur la cessation des hostilités sans conditions préalables », a-t-il déclaré, renouvelant par ailleurs l’appel aux citoyens américains à quitter l’Ethiopie.

Les Etats-Unis ont récemment critiqué l’Ethiopie et pris des sanctions contre cet allié, dénonçant des entraves à l’acheminement d’aide alimentaire et des violations des droits humains.

Interrogé par un journaliste, M. Blinken n’a pas exclu que les Etats-Unis puissent éventuellement qualifier les « exactions » commises au Tigré de faits relevant d’un génocide.

« Quelle que soit la manière dont nous les appelons, cela doit cesser et il faudra rendre des comptes », a-t-il dit.

Influence chinoise

Le président américain Joe Biden a promis des actions pour promouvoir mondialement les valeurs américaines face à l’influence croissante de la Chine qui multiplie les investissements sur le continent et se montre moins regardante sur les pratiques politiques.

Soulignant que les Etats-Unis ont donné 50 millions de doses de vaccins contre le Covid à l’Afrique, M. Blinken a dit: « Nous avons fait cela sans conditions politiques. »

« Il s’agit de sauver des vies. »

M. Blinken, qui se rend pour la première fois en Afrique depuis sa prise de fonctions, a également déclaré que le Soudan retrouvera le soutien de la communauté internationale si la « légitimité » de son gouvernement – renversé par un coup d’Etat militaire le 25 octobre – est restaurée.

« Il est vital que la transition retrouve la légitimité qu’elle avait (…) Si l’armée remet ce train sur les rails et fait le nécessaire, je pense que le soutien de la communauté internationale, qui a été très fort, peut reprendre », a-t-il dit.

Les Etats-Unis ont suspendu 700 millions de dollars d’aide au Soudan après ce coup d’Etat qui a interrompu le processus de transition démocratique lancé en 2019 après la chute de l’autocrate Omar el-Béchir.

Élections kényanes

Mercredi matin, M. Blinken avait commencé sa tournée par une rencontre avec des responsables de la société civile kényane, les appelant, à l’approche de l’élection présidentielle de 2022, à rester vigilants face aux menaces croissantes contre la démocratie.

« Nous avons assisté au cours de la dernière décennie à ce que certains appellent une récession démocratique », a-t-il déclaré, estimant que les Etats-Unis ont eux aussi pu observer récemment que leur démocratie « peut être fragile ».

Les élections au Kenya sont régulièrement marquées par des violences meurtrières.

Le pays doit tenir sa présidentielle en août prochain et ce scrutin porte « tous les signes d’une élection très contestée et violente », a mis en garde Irungu Houghton, le directeur exécutif d’Amnesty International au Kenya, qui a participé à la rencontre avec Blinken.

L’Afrique est le dernier continent visité par le chef de la diplomatie, bien que le président Biden se soit engagé à prêter une attention particulière au continent, se démarquant de son prédécesseur Donald Trump.

Dans le cadre de cette tournée, Antony Blinken se rendra jeudi au Nigeria. Il ira ensuite au Sénégal, considéré comme un exemple de stabilité démocratique en Afrique.

Par Le Point avec AFP

OMS : le Kenya, premier pays africain à soutenir la candidature de Tedros Ghebreyesus

septembre 25, 2021
Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS.

Le Kenya a annoncé vendredi 24 septembre son soutien à la candidature de l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus à sa propre succession à la tête de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), devenant le premier pays africain à se prononcer en sa faveur.

« Le Kenya soutient la continuité d’un leadership africain exemplaire à la tête de la cruciale Organisation mondiale de la Santé et travaillera à cette réalisation », a déclaré sur Twitter le premier secrétaire du ministère des Affaires étrangères, Macharia Kamau.

L’Éthiopien de 56 ans semblait être le seul candidat en lice à la clôture de la procédure jeudi – bien que ce dernier n’ait rien confirmé officiellement. Près d’une vingtaine de pays de l’Union européenne, emmenés par la France et l’Allemagne, ont proposé jeudi la candidature de Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui dirige l’OMS depuis 2017. Le soutien officiel d’un pays est indispensable pour postuler.

Surprise

Cet appui de pays européens est une surprise, beaucoup d’observateurs s’attendant plutôt à un soutien de pays africains, même s’il n’a pas celui de son pays, l’Éthiopie, qui lui reproche d’avoir utilisé la tribune de l’OMS pour condamner la répression dans sa région natale du Tigré.

Spécialiste du paludisme, diplômé en immunologie et docteur en santé communautaire, cet ancien ministre de la Santé et chef de la diplomatie éthiopienne était devenu en 2017 le premier Africain à prendre la tête de la puissante agence de l’ONU, en première ligne depuis le début de la pandémie.

Dans quelques semaines, la liste des candidats sera transmise aux États membres de l’OMS, avant d’être rendue publique fin octobre ou début novembre. Les États membres éliront, lors d’un scrutin à bulletin secret en mai, pendant l’Assemblée mondiale de la Santé, le prochain directeur général de l’OMS, dont le mandat débutera le 16 août 2022.

Par Jeune Afrique avec AFP

Kenya : une écolière modèle… de plus de 90 ans

septembre 1, 2021
Ladybirds

À travers le parcours stupéfiant de Priscilah Sitienei, le cinéaste Pascal Plisson évoque dans « Gogo » le combat pour l’éducation des filles.

L’élève Priscilah Sitienei fait tout comme les autres écolières. Dans le petit bâtiment rudimentaire de l’établissement d’enseignement élémentaire de Ndalat, dans l’ouest du Kenya, elle porte l’uniforme de rigueur pour les filles à la Leaders Vision Primary School : chemise et jupe bleu ciel, pull vert, cravate rouge. Après avoir participé dans la cour au lever de drapeau quotidien, elle assiste aux cours assise à un petit pupitre de bois, au milieu d’une trentaine de camarades.

Elle est venue de son village pour rejoindre la classe préparatoire en 2014 et vivre dans l’internat. Afin, avant tout, d’apprendre à lire, à écrire et à compter. Et ce n’est pas toujours facile. La professeure lui reproche d’ailleurs parfois, sinon d’être trop espiègle, du moins de ne pas être assez attentive ou de ne pas travailler suffisamment. Alors qu’elle a atteint le niveau CM2 quelques années après les débuts de son cursus, elle risque donc, lui dit-elle, de rater son examen d’entrée au collège.

Ce qui se produira.

Montrer l’exemple

Une élève comme les autres ? Pas vraiment. Pas du tout même. Le directeur de l’école avait tout fait pour la décourager – il dit le regretter aujourd’hui – quand elle lui avait demandé de l’inscrire dans son établissement. En raison de son âge, peu banal assurément en la circonstance : car Gogo, c’est le surnom de Priscilah Sitienei, avait alors déjà plus de 90 ans !

Elle a aujourd’hui, à en croire sa carte d’identité, 98 ans, alors que sort ce long métrage documentaire qui porte son nom et qui rend compte au jour le jour de son parcours scolaire qui s’est achevé en 2018, l’année du tournage. On la suivra donc en classe dès le matin, penchée le soir sur les devoirs à faire pour le lendemain, en voyage scolaire dans une réserve d’animaux sauvages, chez les Masaï, ou dans le dortoir du pensionnat. Toujours prête à discuter avec ses camarades de classe plus de dix fois moins âgées.

DANS CETTE UNIFORME [D’ÉCOLIÈRE], J’AI PLUS D’ALLURE QU’UNE MAMIE AU VILLAGE

Pourquoi cette villageoise illettrée habituée à garder les vaches avant de remplir le rôle de sage-femme pour les futures mamans des environs a-t-elle décidé subitement, à son âge vénérable, de retourner à l’école ? Parce qu’elle était désolée de constater que les filles, encore maintenant, restaient souvent (comme à son époque) à l’écart de la scolarisation. Outre son envie, jamais assouvie, d’améliorer sa propre éducation, elle a donc voulu montrer l’exemple, en particulier à ses petites et arrière-petites filles. Et peu importe l’aspect incongru de sa décision et de ses conséquences : « Dans cette uniforme [d’écolière], j’ai plus d’allure qu’une mamie au village », dit-elle fièrement.

Le cinéaste, Pascal Plisson, a découvert cette incroyable histoire peu après avoir réalisé au milieu des années 2010 Sur le chemin de l’école, consacré aux difficultés pour scolariser les enfants dans diverses régions du monde et en particulier au Kenya. Bénéficiant de la confiance de ses producteurs après avoir obtenu un César pour ce documentaire attachant, il a donc voulu récidiver dans le même esprit en proposant un portrait de cette dame qui est une publicité vivante et exceptionnelle pour la défense de l’éducation des filles.

UNE HISTOIRE UN PEU TROP LISSE POUR NE PAS PARAÎTRE MISE EN SCÈNE AFIN DE SÉDUIRE LE PUBLIC OCCIDENTAL

Sans grands effets, sans commentaires, car les scènes tournées se suffisent à elles-mêmes, le film propose de belles images sur un parcours édifiant. Des images un peu trop belles sans doute : était-il nécessaire, par exemple, de s’attarder sur la majesté d’un baobab ou sur la découverte des lions par Gogo dans la réserve masaï ? Et une histoire un peu trop lisse pour ne pas paraître mise en scène de façon excessive afin de séduire en premier lieu le public occidental, sensible aux difficultés qu’affrontent les populations des pays du Sud, la gent féminine en tête.

Mais le propos de ce récit sous forme de leçon humaniste est il est vrai assez fort et exemplaire, comme l’est Gogo elle-même, pour qu’on ne critique pas outre mesure un film qui ne cache pas son aspect hagiographique.

« Gogo », de Pascal Clisson, est sorti en France le 1er septembre

Par Jeune Afrique avec Renaud de Rochebrune

RDC-Eruption volcanique de Nyiragongo : le Kenya assiste les populations victimes

juin 10, 2021

Trois semaines après l’éruption du volcan Nyiragongo  et ses effets néfastes sur la ville de Goma, l’aide humanitaire afflue en faveur des déplacés.

En plus de la première assistance  humanitaire  ordonnée par le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à  travers le gouvernement, la contribution de la Fondation Denise-Nyakeru  et d’autres organisations humanitaires, la République  du Kenya vient d’ouvrir un pont aérien entre Nairobi  et Goma pour l’acheminement  de l’aide humanitaire.

Deux gros porteurs cargos ont atterri le 8 juin à l’aéroport international de Goma et deux autres se sont posés le lendemain. Au total,  onze tonnes de vivres et non-vivres, don du Kenya à la RDC, ont été offerts à  la population  de Goma  dont les maisons ont été calcinées  par les laves du volcan. Constituée essentiellement des produits alimentaires, des médicaments et des kits d’assistance, l’aide humanitaire du gouvernement Kenyan vient répondre tant soit peu aux besoins de la population de la ville de Goma et du territoire de Nyiragongo démunis de tout ou presque  après  la destruction  de leurs  maisons d’habitations.

Présent à  l’aéroport de Goma pour  la réception  de ces vivres, le conseiller spécial  du chef de l’Etat chargé de la couverture maladie universelle, Dr Roger Kamba, a indiqué que ce don est le signe de l’excellence des relations entre les présidents Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo  et leurs pays respectifs. Dr Roger Kamba  a recommandé au gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu et aux partenaires à se mettre autour d’une même table pour décider de la manière dont les personnes les plus vulnérables seront servies en priorité. Dans le même  temps, un hôpital mobile  offert en don a été  réceptionné par les autorités provinciales du Nord-Kivu ainsi que des tentes civiles et militaires. Rappelons que l’érudition volcanique  du 22 mai dernier a créé le déplacement de près  de 400 000 habitants éparpillés  dans plusieurs sites. Beaucoup sont rentrés  à Goma  mais ils se retrouvent sans logis.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Barack Obama pleure « Mama Sarah », sa grand-mère qui lui racontait le Kenya

avril 1, 2021
Barack Obama et sa grand-mère Sarah à Kogelo, en juillet 2018

Après le décès au Kenya de Sarah Obama, à l’âge de 99 ans, l’ancien président américain a salué la mémoire de sa « Granny ». L’une de ses plus ferventes supportrices, qui l’a aidé à comprendre son identité africaine.

Sarah Obama était pour le 44e président des États-Unis une passerelle vers le passé. Celui d’un petit garçon né dans la transgression, d’une mère américaine, Ann Dunham, originaire du Kansas, et de Barack Hussein Obama Senior, venu de Kolego, un petit village situé au nord-ouest de Nairobi, près de la frontière ougandaise, pour étudier outre-Atlantique.

Barack Obama partagera peu de moments avec son géniteur, qui l’abandonne alors qu’il n’a que deux ans. À l’âge de 10 ans, il le revoit le temps d’une journée à Hawaï, avant qu’il ne s’éclipse. L’unique et dernière rencontre entre le père et le fils, et le début d’une crise identitaire chez l’adolescent, tourmenté par cette identité africaine dont il sait peu. C’est entre autres auprès de Sarah Ogwel Onyango Obama qu’il apprend à connaître sa famille sur le continent et l’histoire de son père, mort tragiquement dans un accident de la circulation en 1982.

« Une force stabilisante »

Après l’annonce de la disparition de celle qu’il appelle affectueusement « Granny », décédée lundi 29 mars à l’âge de 99 ans, dans un hôpital de Kisumu, dans l’Ouest du Kenya, Obama a posté un vibrant dernier hommage sur son compte Instagram.

L’ancien président pleure la disparition « d’une force constante et stabilisante », une matriarche dont la « petite maison construite en briques de terre et de chaume, sans électricité ni plomberie intérieure » a été « un refuge pour ses enfants et ses petits-enfants ». Le président kényan Uhuru Kenyatta a aussi salué la mémoire d’une « femme forte et vertueuse, une matriarche qui a uni la famille Obama » et « une icône des valeurs familiales ».

Née en 1922 dans la province de Nyanza, sur les rives du lac Victoria, Sarah Obama est la troisième épouse de Hussein Onyango Obama, notable et ancien combattant de l’armée britannique en Birmanie et grand-père paternel de Barack Obama. En réalité, Sarah ne partage aucun lien sanguin avec l’ancien président américain. Mais qu’importe. Quand on lui demande la nature de sa relation avec Barack Obama, elle répond que celle-ci est « spéciale » et qu’elle est avant tout liée au fait qu’elle a élevé Obama Senior.

ASSISE DEVANT SA PETITE MAISON D’INFORTUNE, SARAH OBAMA CONTE AU FUTUR PRÉSIDENT AMÉRICAIN L’HISTOIRE DE SA FAMILLE

Elle-même illettrée, Sarah Obama attache une grande importance à l’éducation de ses enfants. « Granny a élevé mon père comme le sien, souligne l’ex-président. Et c’est en partie grâce à son amour et à ses encouragements qu’il a pu défier le destin et réussir assez bien à l’école, pour obtenir une bourse et fréquenter une université américaine. » Barack Senior s’envole ainsi pour les États-Unis à la fin des années 1950 et obtient un master en économie au sein de la prestigieuse université de Harvard.

« Il est africain »

Il faudra attendre 1987 pour que Barack Obama tisse un lien fort avec Sarah. En quête de réponses sur ses racines, il se rend au Kenya, direction Kolego, le village de ses ancêtres. Il y découvre tous ses frères et sœurs, ses cousins, ses tantes et surtout le visage de « Granny », qu’il écoute religieusement.

Sarah contemple ce jeune homme de 27 ans à la peau claire dont elle a tant entendu parler. Elle le surnomme « Barry ». Nul doute pour elle, Barack Junior ressemble à son père. « Il est africain » dit-elle. Néanmoins, quand Sarah s’exprime, Obama a besoin d’un traducteur puisqu’elle ne parle que la langue luo.

À CHAQUE ÉVÈNEMENT MARQUANT DE SA VIE, BARACK OBAMA S’ENVOLE VOIR SA « GRANNY »

Assise devant sa petite maison d’infortune, elle conte au futur président américain l’histoire de sa famille, l’ascension politique puis la chute de son père, dont le corps repose désormais dans la concession familiale. « Des récits qui ont contribué à combler un vide », assure Barack Obama et qui donneront naissance au chapitre 3 de son livre Les rêves de mon père, paru en 1995.

Soutien indéfectible

Au fil des années, Sarah Obama devient un soutien indéfectible de son petit-fils. Les murs de sa maison sont tapissés d’affiches de campagne électorale de Barack Obama, qu’elle défend en toutes circonstances. Fervente pratiquante, elle dément les rumeurs qui l’accusent d’être musulman et de ne pas être né sur le territoire américain, ce qui aurait pu l’exclure de la course à la campagne présidentielle de 2008.

Quand des dissensions internes secouent la famille, elle prend également de la hauteur. Le jour où l’un de ses petits-fils déclare au New York Times qu’Obama ne prend plus de leurs nouvelles depuis qu’il est président, elle coupe court en répondant qu’elle s’entretient au téléphone avec le locataire de la Maison Blanche.

À chaque évènement marquant de sa vie, Barack Obama s’envole pour le Kenya pour voir sa « Granny », comme pour avoir son assentiment. Il y retourne en 1991 pour présenter Michelle, qui découvre alors « une femme petite et large aux yeux sages et toujours souriante », comme elle le raconte dans son livre Becoming. Puis en 2006, alors qu’il est sénateur de l’Illinois et a déjà en tête les présidentielles de 2008.

En 2015, il se rend à Nairobi pour une visite officielle en tant que président des États-Unis. Pour des raisons de sécurité, il ne peut aller dans son village. Il se contente d’un repas dans la capitale entouré de sa famille, dont Sarah. Il faudra attendre 2018, deux ans après avoir quitté le pouvoir, pour qu’il fasse un retour sur les terres de ses ancêtres. Histoire de clore auprès des siens le chapitre de sa carrière politique. C’est probablement la dernière fois qu’il a vu Sarah Obama.

Une « granny » philanthrope

Au Kenya, elle était surnommée « Mama Sarah ». Après l’arrivée au pouvoir de son petit-fils, en 2009, elle continue à mener une vie modeste loin des caméras braquées sur lui, même si la demeure familiale autrefois rustique s’est modernisée et que l’électricité et l’eau courante ne manquent plus.

Kolego sort quant à lui de sa torpeur pour devenir l’un des villages les plus célèbres et les plus touristiques du Kenya, classé patrimoine national protégé par le gouvernement. L’aéroport de Kimisu – grande ville de la région – se met également aux normes internationales.

« MAMA SARAH » MAXIMISE SON CAPITAL SYMPATHIE EN PARTICIPANT À L’ÉMANCIPATION DES FILLES DE LA RÉGION

Sarah maximise alors le capital sympathie qu’elle a gagné grâce à l’élection de son petit-fils pour mener des projets humanitaires dans sa région. Elle crée sa propre fondation qui vient en aide aux orphelins du comté de Siaya, au nord-est du lac Victoria, en leur garantissant une éducation et un toit.

Elle participe également à l’émancipation des filles de sa région. À travers la Sarah Obama Library, elle contribue à la diffusion de plus de 7000 livres dans les zones rurales. Un engagement en faveur de l’accès à l’éducation salué en 2014 par l’ONU, qui lui délivre le prix du Women’s Entrepreneurship Day Education Pioneer Award

Avec Jeune Afrique Fatoumata Diallo

Qui est Amina Mohamed la candidate africaine pour diriger l’OMC ?

mai 28, 2020

La Kényane Amina Mohamed est en lice pour remplacer Roberto Azevêdo à la tête de l'OMC.

La Kényane Amina Mohamed est en lice pour remplacer Roberto Azevêdo à la tête de l’OMC. © Flickr

 

Quelques semaines après que Roberto Azevêdo a annoncé sa démission, la diplomate et ministre kényane figure parmi les favoris pour le remplacer.

La décision de Roberto Azevêdo de quitter ses fonctions à l’OMC en août prochain, au lieu d’août 2021, a été suivie d’un intense lobbying pour le remplacer, en dépit du contexte marqué par une guerre commerciale et une pandémie.

« Nous avons besoin de quelqu’un ayant la bonne expérience, quelqu’un qui est attaché au système multilatéral… mais qui a également la stature politique pour être un facilitateur efficace et un constructeur de consensus, a indiqué Amina Mohamed dans une interview récente au Financial Times. « S’il se trouve que cette personne est Africaine ou que c’est une femme, je pense que ce sera tellement mieux ».

« Il est important d’être inclusif et de montrer que les membres savent que chaque partie du globe peut apporter une contribution positive à la fonctionnement de l’OMC », a-t-elle encore déclaré.

Un profil de diplomate aguerrie

Née en octobre 1961, Amina Mohamed a eu une longue carrière de diplomate avant de devenir ministre des Affaires étrangères, de l’Éducation et des Sports au cabinet du président Uhuru Kenyatta depuis 2013.

Après une formation juridique à l’Université de Kiev, Amina Mohamed a rejoint le gouvernement kényan en tant que juriste en 1985. Elle a passé la décennie suivante dans les rangs des postes diplomatiques du Kenya, à Genève et au Conseil de sécurité des Nations unies.

Entre 2000 et 2006, elle a été ambassadrice et représentante permanente auprès de la mission diplomatique du Kenya à Genève et a présidé le Groupe africain à la Commission des droits de l’homme de l’OMC. Elle a été la première femme à présider le Conseil général de l’OMC en 2005.

Son plus long mandat au sein de l’administration de Kenyatta a été ministre des Affaires étrangères de mai 2013 à février 2018. Après un passage dans l’administration du président Mwai Kibaki pendant son deuxième mandat, Amina Mohamed a été nommé directeur exécutif adjoint du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en 2011.

Soutenue par Nairobi

Ce n’est pas la première fois que le Kenya soutient Amina Mohamed pour prendre les rênes de l’OMC. Elle faisait partie des candidats qui ont perdu face à Roberto Azevêdo en 2013. En 2017, l’administration Kenyatta l’a également proposée à la présidence de l’Union africaine pour remplacer le Sud-africain Nkosazana Zuma. Elle a perdu contre le Tchadien Moussa Faki.

Juste avant la démission d’Azevêdo, il a été rapporté que le Royaume-Uni lui avait demandé de remplacer l’actuelle secrétaire générale Patricia Scotland.

Diplomate et politicienne accomplie, la vaste expérience d’Amina Mohamed à l’OMC – elle a été la première femme à présider les trois organes les plus importants de l’organisation – pourrait lui donner un avantage sur les autres candidats, mais les efforts pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ont compliqué la politique internationale relative au choix du successeur d’Azevêdo.

Un contexte géopolitique complexe

L’OMC se trouve actuellement dans une situation précaire, le président américain Donald Trump bloquant la nomination des juges alors qu’il est en pleine guerre commerciale avec la Chine. Depuis 2017, le président Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de quitter l’organisation internationale qu’il accuse d’être injuste envers les États-Unis. Il a bloqué la nomination des juges à l’organe de recours de l’organisation, qu’il considère comme trop souple envers la Chine.

La position des États-Unis sur l’OMC, couplée à la pandémie, a paralysé l’organisation, alors que les pressions protectionnistes se répandaient. De nombreux observateurs y voient le bon moment pour un candidat africain pour de nombreuses raisons, parmi lesquelles le fait que ce serait la première fois qu’un Africain dirigerait l’OMC.

Amina Mohamed est en lice pour la position mondiale à un moment où l’OMC est en état de siège, non seulement en raison des effets du Covid-19 sur le commerce, mais aussi de la longue guerre tarifaire entre les États-Unis et la Chine.

«L’OMC n’est pas une question de dogme et de fragilité. Elle peut s’adapter et être flexible, et nous pouvons faire des compromis que nous devons faire pour nous assurer de créer des progrès, de répondre aux préoccupations et de saisir l’occasion », a-t-elle déclaré dans une interview en 2013.

L’ouverture de l’OMC intervient alors que le continent bloque les préparatifs de la plus grande zone de libre-échange du monde depuis la fondation de l’organisme mondial. Bien qu’il représente 35 % des pays en développement membres de l’OMC, aucun représentant de l’Afrique n’a jamais dirigé l’organisation.

Avec Jeune Afrique par Morris Kiruga

 

Kenya : mort de l’ex-président Daniel arap Moi, au pouvoir pendant 24 ans

février 4, 2020

Daniel arap Moi, ancien président kényan

Daniel arap Moi, ancien président kényan © SAYYID AZIM/AP/SIPA 

L’ancien président Daniel arap Moi, qui a dirigé le Kenya d’une main de fer entre 1978 et 2002, est décédé mardi 4 février au matin à l’âge de 95 ans, ont annoncé l’actuel président Uhuru Kenyatta et la famille du défunt.

« C’est avec une profonde tristesse que j’annonce le décès d’un grand homme d’État africain, Son Excellence Daniel Toroitich Arap Moi, le deuxième président du Kenya », a indiqué Uhuru Kenyatta dans une « proclamation présidentielle » écrite.

Daniel arap Moi, instituteur de formation, avait succédé au père de l’indépendance Jomo Kenyatta – lui-même père d’Uhuru – à la mort de celui-ci en 1978.

« Il a été un des leaders dans la lutte pour l’indépendance du Kenya, et un fervent panafricaniste », a loué le président Kenyatta. « En tant que tel, l’héritage du défunt Moi le place sans aucun doute parmi les plus grands Africains ».

Funérailles nationales

Uhuru Kenyatta a ordonné que le pays observe un « deuil national » jusqu’aux funérailles, qui seront des « funérailles d’État » et dont la date doit encore être déterminée. D’ici là, les drapeaux seront hissés à mi-mât sur tous les bâtiments publics en signe de respect.

L’ancien président est décédé « aux petites heures du matin ce 4 février 2020 à l’hôpital de Nairobi, en présence de sa famille », a ajouté la même source.

Un des enfants de l’ancien président, le sénateur Gideon Moi, a confirmé le décès à 05h20 mardi matin. « Il est décédé paisiblement, j’étais à ses côtés, et en tant que famille, nous avons accepté [sa mort] ».

Musellement de la dissidence

Le long règne de Daniel arap Moi a été vite marqué par le durcissement d’une répression que maniait déjà Jomo Kenyatta, le musellement de la dissidence, des détentions arbitraires, des opposants torturés et la corruption. Un système de parti unique est instauré en 1982.

Daniel arap Moi se posera comme un farouche opposant au multipartisme, qu’il finit par rétablir sous la pression du clergé, de la société civile et de la communauté internationale pour les élections générales de 1992.

Dans le collimateur de son régime figurent les élites culturelles, des militants des droits de l’Homme, des défenseurs de l’Environnement, comme l’écrivain Ngugi wa Thiong’o ou la future prix Nobel de la Paix Wangari Maathai.

Les Kényans subissent aussi le chômage et l’inflation, dans une économie gangrenée par la corruption : Moi parti du pouvoir, son régime sera accusé de détournements de fonds massifs, via un système de fausses exportations – l’affaire « Goldenberg », pour laquelle il ne sera jamais vraiment inquiété.

Dans un rapport établi dans les années 2000, le cabinet d’enquêtes spécialisé dans la gestion du risque, Kroll, affirmait que des sociétés fantômes du président Moi et de ses associés avaient détourné un milliard de dollars du pays pendant ses 24 ans au pouvoir.

Ces dernières années, des observateurs kényans ont à plusieurs reprises déploré une forme de réhabilitation en douceur de l’ancien autocrate, recevant régulièrement la visite de responsables politiques de premier plan venus le consulter.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: incendie dans un hôpital à Mombasa, plus d’une centaine de patients évacués

novembre 12, 2019

 

Le plus vieil hôpital de la ville portuaire de Mombasa, sur la côte kényane, a pris feu mardi 12 novembre au soir, menant à l’évacuation d’une centaine de patients, ont annoncé la Croix-Rouge kényane et la police.

«Nous avons établi que l’incendie a débuté à cause de l’explosion d’une bonbonne de gaz», a déclaré le chef de la police de la région de la côte, Rashid Yakub. «Heureusement, il n’y a pas de victimes car tous les patients et le personnel ont été évacués à temps». La Croix-Rouge kényane a de son côté précisé dans un communiqué que les patients, plus de cent au total, avaient été admis dans un autre établissement de la deuxième ville du Kenya, l’hôpital Aga Khan.

L’incendie du Mombasa Hospital s’est déclenché vers 20h30 (17h30 GMT), a ajouté la même source, alors que les chaînes de télévision locales passaient en boucle mardi soir les images impressionnantes des flammes s’échappant de l’hôpital en feu.

Construit par les Britanniques en 1890, cet hôpital est le plus vieux de la ville. Il a une capacité de 125 lits.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Kenya : une rançon a été demandée pour les deux médecins cubains enlevés

mai 16, 2019

Une rançon de 1,5 million de dollars a été demandée pour la libération de deux médecins cubains enlevés le 12 avril dans le nord-est du Kenya et emmenés en Somalie, a-t-on appris jeudi de sources gouvernementale et policière.

Un responsable gouvernemental à Mandera, dans le nord-est du Kenya, a indiqué à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que les kidnappeurs avaient demandé une rançon. «Le montant est de 1,5 million de dollars (1,35 million d’euros). C’est ce qu’ils veulent», a-t-il déclaré. Les deux médecins, un généraliste et un chirurgien, ont été enlevés le 12 avril près de Mandera, à la frontière avec la Somalie, par des individus soupçonnés d’être des militants islamistes somaliens shebab. L’un des deux policiers qui les escortaient vers leur lieu de travail a été tué par les assaillants, qui ont ensuite réussi à s’enfuir en Somalie avec les deux docteurs, selon la police kényane.

Depuis, les autorités kényanes et somaliennes travaillent de concert pour tenter de retrouver les deux hommes. Un haut responsable de la police kényane a confirmé à l’AFP qu’une rançon avait été demandée, mais sans commenter plus avant. Le porte-parole de la police kényane, Charles Owino, a assuré ne pas avoir reçu cette information. Selon plusieurs sources sécuritaires, les médecins seraient actuellement utilisés par leurs kidnappeurs pour apporter des soins en Somalie. Ils faisaient partie d’un groupe d’une centaine de médecins cubains déployés à travers le Kenya depuis mi-2018 pour renforcer les services de santé dans ce pays.

Depuis 2011, l’armée kényane participe à la mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) qui lutte contre les shebab, affiliés à Al-Qaïda.

Par Le Figaro.fr avec AFP