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Kenya: incendie dans un hôpital à Mombasa, plus d’une centaine de patients évacués

novembre 12, 2019

 

Le plus vieil hôpital de la ville portuaire de Mombasa, sur la côte kényane, a pris feu mardi 12 novembre au soir, menant à l’évacuation d’une centaine de patients, ont annoncé la Croix-Rouge kényane et la police.

«Nous avons établi que l’incendie a débuté à cause de l’explosion d’une bonbonne de gaz», a déclaré le chef de la police de la région de la côte, Rashid Yakub. «Heureusement, il n’y a pas de victimes car tous les patients et le personnel ont été évacués à temps». La Croix-Rouge kényane a de son côté précisé dans un communiqué que les patients, plus de cent au total, avaient été admis dans un autre établissement de la deuxième ville du Kenya, l’hôpital Aga Khan.

L’incendie du Mombasa Hospital s’est déclenché vers 20h30 (17h30 GMT), a ajouté la même source, alors que les chaînes de télévision locales passaient en boucle mardi soir les images impressionnantes des flammes s’échappant de l’hôpital en feu.

Construit par les Britanniques en 1890, cet hôpital est le plus vieux de la ville. Il a une capacité de 125 lits.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Kenya : une rançon a été demandée pour les deux médecins cubains enlevés

mai 16, 2019

Une rançon de 1,5 million de dollars a été demandée pour la libération de deux médecins cubains enlevés le 12 avril dans le nord-est du Kenya et emmenés en Somalie, a-t-on appris jeudi de sources gouvernementale et policière.

Un responsable gouvernemental à Mandera, dans le nord-est du Kenya, a indiqué à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que les kidnappeurs avaient demandé une rançon. «Le montant est de 1,5 million de dollars (1,35 million d’euros). C’est ce qu’ils veulent», a-t-il déclaré. Les deux médecins, un généraliste et un chirurgien, ont été enlevés le 12 avril près de Mandera, à la frontière avec la Somalie, par des individus soupçonnés d’être des militants islamistes somaliens shebab. L’un des deux policiers qui les escortaient vers leur lieu de travail a été tué par les assaillants, qui ont ensuite réussi à s’enfuir en Somalie avec les deux docteurs, selon la police kényane.

Depuis, les autorités kényanes et somaliennes travaillent de concert pour tenter de retrouver les deux hommes. Un haut responsable de la police kényane a confirmé à l’AFP qu’une rançon avait été demandée, mais sans commenter plus avant. Le porte-parole de la police kényane, Charles Owino, a assuré ne pas avoir reçu cette information. Selon plusieurs sources sécuritaires, les médecins seraient actuellement utilisés par leurs kidnappeurs pour apporter des soins en Somalie. Ils faisaient partie d’un groupe d’une centaine de médecins cubains déployés à travers le Kenya depuis mi-2018 pour renforcer les services de santé dans ce pays.

Depuis 2011, l’armée kényane participe à la mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) qui lutte contre les shebab, affiliés à Al-Qaïda.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Melania Trump part pour l’Afrique en solo

octobre 1, 2018

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump sur le tarmac de la base militaire d’Andrews (Maryland) avant de s’envoler pour l’Afrique le 1er octobre 2018 / © AFP / SAUL LOEB

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump s’est envolée lundi, sans son mari, pour un voyage d’une semaine qui la mènera au Ghana, au Malawi, au Kenya et en Egypte.

Une « First Lady » qui se rend à l’étranger sans le président n’a, en soi, rien d’extraordinaire: Michelle Obama l’avait fait à plusieurs reprises, de l’Afrique du Sud à la Chine.

Mais l’entêtant parfum de mystère qui entoure toujours la discrète Melania, près de deux ans après l’élection de Donald Trump, et les propos incendiaires de ce dernier concernant le continent africain donnent à ce périple un relief particulier.

L’ex-mannequin d’origine slovène, chaussée de talons aiguilles à motif léopard, a quitté la base militaire d’Andrews, proche de Washington, peu après 18H00 (22H00 GMT).

La troisième épouse du président des Etats-Unis posera le pied sur le continent africain pour la première fois de sa vie.

Brisera-t-elle un peu la glace? S’aventurera-t-elle, même de manière allusive, sur le terrain politique?

Pour cette visite « diplomatique et humanitaire », selon les termes de sa porte-parole Stephanie Grisham, elle entend mettre l’accent sur les enfants.

« Que ce soit pour l’éducation, la dépendance aux drogues, la faim, la sécurité sur internet, les intimidations, la pauvreté ou les maladies, ce sont trop souvent les enfants qui sont les premières victimes dans le monde », expliquait-elle il y a quelques jours depuis New York.

Au-delà de rencontres avec d’autres Premières dames, elle entend mettre en lumière le travail de l’USAID, l’agence américaine pour le développement.

Mais, insiste Stephanie Grisham, elle ne part pas en voyage commandé. « C’est son voyage, son initiative », explique-t-elle à l’AFP.

De fait, aux Etats-Unis comme sur la scène internationale, la Première dame s’est jusqu’ici tenue à distance, dans une forme de neutralité, des initiatives de son mari, dans un contraste marqué avec la plupart de celles qui l’ont précédée à cette fonction.

A ce jour, « elle n’a pas été l’avocate ou la porte-voix de ses politiques », explique à l’AFP Anita McBride, ancienne « Chief of staff » de Laura Bush, épouse de George W. Bush, qui enseigne aujourd’hui à l’American University de Washington.

« Nombre de Premières dames ont été des atouts politiques pour leur mari, même quand ces derniers étaient très impopulaires », rappelle-t-elle, citant entre autres le cas de Lady Bird Johnson, épouse de Lyndon Johnson, qui avait sillonné le sud des Etats-Unis lors de la campagne présidentielle de 1964.

Melania Trump, « femme de peu de mots », est « très indépendante, elle l’a signifié dès le début, juste après l’élection, lorsqu’elle a indiqué qu’elle ne déménagerait pas tout de suite à Washington », ajoute Anita McBride.

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump prête à s’envoler pour l’Afrique avec des chaussures à talon de circonstance, le 1er octobre 2018, sur la base militaire d’Andrews (Maryland) / © AFP / SAUL LOEB

– « Nous adorons l’Afrique » –

Reste que le déplacement pourrait s’avérer délicat.

« Nous adorons tous les deux l’Afrique », lançait Donald Trump à l’ONU il y a quelques jours. « Le plus bel endroit du monde à de nombreux égards ».

Au-delà de cette formule de la part d’un président friand de superlatifs, Donald Trump n’a, depuis son arrivé au pouvoir en janvier 2017, jamais montré d’intérêt pour ce continent.

Et les rares fois où il l’a évoqué, la polémique fut violente.

En janvier, lors d’une réunion à la Maison Blanche, il s’était indigné, parlant de Haïti et des pays africains, de l’immigration en provenance de « pays de merde ». Il n’a pas explicitement contesté ces propos, tenus lors d’une réunion à huis clos avec des élus et qui ont laissé des traces.

Nouvelle controverse de taille en août, lorsque il dénoncé le sort réservé aux fermiers blancs an Afrique du Sud, victimes selon lui de « meurtres de grande ampleur ».

Dans un pays engagé dans un réforme agraire visant à réparer, plus de 20 ans après la chute de l’apartheid, les injustices criantes héritées du régime ségrégationniste, les propos sont mal passés. « Qu’il s’occupe de son Amérique, nous nous occuperons de l’Afrique du Sud », avait rétorqué, cinglant, le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

Fait notable: Melania Trump quitte Washington en pleine ébullition, à l’approche d’élections parlementaires cruciales pour la deuxième partie du mandat de Donald Trump. Elle est, jusqu’ici, restée totalement à l’écart des débats.

Le contraste est saisissant avec les dernières élections de mi-mandat, en 2014.

A l’époque, Michelle Obama avait multiplié les déplacements, du Wisconsin à l’Iowa, pour défendre le bilan de « Barack » et mettre en garde les électeurs démocrates contre le risque de l’apathie. « C’est mon homme! », lançait-elle tout sourire sur les estrades, mettant en avant le chemin parcouru depuis l’arrivée de son mari au pouvoir.

Romandie.com avec(©AFP / (02 octobre 2018 00h36)

Un Chinois arrêté pour avoir comparé le président kényan à un « singe »

septembre 6, 2018

Nairobi – Un homme d’affaires chinois a été arrêté au Kenya après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo où il compare les Kenyans et leur président Uhuru Kenyatta à des « singes », a déclaré jeudi le service de l’immigration de Nairobi.

Le ressortissant chinois, identifié comme Liu Jiaqi, va être expulsé. « Son permis de travail a été annulé et il va être expulsé pour racisme », a précisé l’immigration kényane sur son compte Twitter.

Dans une vidéo de deux minutes et demi partagée sur Twitter et ailleurs, l’homme, qui semble se disputer avec un de ses employés, profère une série d’insultes racistes.

« Tous, tous les Kényans… comme un singe, même Uhuru Kenyatta. Tous », l’entend-on dire.

Après la suggestion d’un employé de « rentrer en Chine », l’homme d’affaires réplique de plus belle en (mauvais) anglais: « Ce n’est pas ma place ici. Je n’aime pas cet endroit, des gens comme des singes, je n’aime pas leur parler, ça sent mauvais, et pauvres et stupides, et noirs. Je ne les aime pas. Pourquoi pas (comme) les Blancs, comme les Américains »?

Il ajoute ne rester au Kenya que parce que « l’argent est important ».

Des internautes ont réclamé qu’il soit poursuivi et pas seulement expulsé du Kenya.

Un porte-parole de l’ambassade de Chine au Kenya, Zhang Gang, a assuré à l’AFP que l’extrait vidéo date de juin. L’homme filmé « a déjà fait l’objet d’une sanction par sa société et s’est excusé auprès de son collègue kényan ». Les propos de cet homme « ne représentent pas l’opinion de la vaste majorité des Chinois », a tenu à ajouter la même source.

Ce n’est pas la première fois que des Chinois travaillant au Kenya sont accusés de racisme.

Il y a trois ans, un petit restaurant chinois de Nairobi avait été fermé par les autorités et son propriétaire poursuivi pour refuser de servir les Noirs après 17H00.

Cette année, ce sont des Kényans travaillant sur une nouvelle voie de chemin de fer construite par la Chine entre la ville côtière de Mombasa et Nairobi qui ont accusé du personnel et des cadres chinois de racisme et discrimination. Le gouvernement a toutefois rejeté les accusations dans le cadre de cet important projet d’infrastructure de 3,2 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros).

Le président Kenyatta a participé cette semaine à une grande conférence sino-africaine à Pékin où la Chine a promis d’investir 60 milliards de dollars de plus sur le continent.

L’incident impliquant l’homme d’affaires chinois survient au lendemain d’une descente de police au siège africain, situé à Nairobi, de la chaîne de télévision chinoise CGTN dans le cadre d’une opération visant les étrangers en situation irrégulière.

Plusieurs journalistes ont été brièvement interpellés. L’ambassade de Chine a exprimé sa « préoccupation » après une série d’incidents où des Chinois en situation régulière ont été emmenés au poste de police pour des vérifications.

« L’ambassade de Chine au Kenya a protesté officiellement auprès des responsables kényans, et les personnes concernées ont toutes été libérées le jour-même », a déclaré jeudi Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Le Kenya a reconnu des manières inadaptées en matière d’application de la loi et s’est excusé. Il a promis d’améliorer le comportement de ses agents de police sur le terrain afin d’éviter la répétition de ce genre de cas », a-t-elle ajouté au cours d’une conférence de presse à Pékin.

Romandie.com avec(©AFP / 06 septembre 2018 10h36)                                                        

Barack Obama visite sa famille kényane et inaugure un centre de jeunesse

juillet 16, 2018

Kogelo (Kenya) – L’ancien président américain Barack Obama a raconté lundi des souvenirs de sa famille kényane, lors d’une visite dans l’ouest du pays, où il a inauguré un centre de jeunesse conçu par sa demi-soeur, a constaté un journaliste de l’AFP.

M. Obama effectuait son premier voyage dans le pays d’origine de son père depuis 2015. Alors président en exercice, il n’avait pas pu venir dans le village familial, car son avion était trop gros pour atterrir à Kisumu, sur les rives du lac Victoria, a-t-il rappelé avec humour.

« C’est une grande joie d’être de retour auprès de tant de gens qui sont de la famille pour moi, et autant qui prétendent être de la famille. Tout le monde est un cousin », a-t-il plaisanté, déclenchant les rires de l’assistance.

Lundi matin, M. Obama a rendu visite à la matriarche de la famille Obama au Kenya, Sarah, que l’ex-président appelle « Grand-mère », même s’ils n’ont pas de liens de sang, dans le village de Kogelo, où son père est né et est enterré.

Il s’est ensuite remémoré son premier voyage au Kenya, quand il avait 27 ans. Depuis Nairobi, il avait d’abord pris « un train très lent », puis un bus avec « des poulets sur (ses) genoux et des patates douces s’enfonçant dans (ses) côtes ».

Ensuite, il avait dû s’entasser dans un « matatu » (minibus), « encore plus bondé que le bus », avant de marcher jusqu’à la maison de Sarah. Il s’est souvenu avoir dû attraper un poulet pour le dîner qu’il n’avait pas eu le coeur de tuer lui-même, ou encore avoir visité la tombe de son père et pris des bains de soleil.

« Et j’ai regardé les étoiles et (…) cela m’a donné un sentiment de plénitude qu’aucun hôtel cinq étoiles ne m’a jamais donné », a-t-il ajouté.

M. Obama s’exprimait à l’occasion de l’inauguration du centre de jeunesse Sauti Kuu (« fortes voix », en swahili), fondé par sa demi-soeur Auma Obama. Il a expliqué qu’en se remémorant tous ces souvenirs, il ne pouvait pas être « plus fier de ce que (sa) soeur a construit ».

Celle-ci a expliqué que ce centre ultra-moderne permettrait aux jeunes de la région d’avoir accès aux livres, à Internet et à des activités sportives.

Ils pourront aussi recevoir des cours d’éducation civique, de finances, sur la défense de l’environnement ou encore l’éthique de travail.

Le centre comprendra un terrain de football aux standards internationaux parrainé par le ministère allemand de la Coopération et du Développement, un terrain de basket-ball financé par la fondation Giants of Africa, ainsi qu’un terrain de volley-ball/netball et d’autres installations, dont une bibliothèque et un laboratoire Internet.

« La raison pour laquelle j’ai monté ce centre, c’est pour que ma communauté réalise combien elle est est riche. Je ne veux pas que les gens de ma communauté se comportent en mendiants (…) Commençons à dépendre de nous-mêmes », a déclaré Auma Obama.

M. Obama a estimé que le centre permettrait de responsabiliser et éduquer la jeunesse locale pour qu’elle puisse demander des comptes à la classe politique et faire « des choses remarquables, qui changent le monde ».

L’ex-président américain était arrivé dimanche au Kenya et s’était entretenu dans l’après-midi avec le président Uhuru Kenyatta et avec le leader de l’opposition Raila Odinga.

A l’issue de son séjour kényan, M. Obama s’envolera pour l’Afrique du Sud, où il prononcera un discours très attendu à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de Nelson Mandela.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2018 11h44)                                                        

Kenya: Rex Tillerson, souffrant, annule son programme du jour à Nairobi

mars 10, 2018
Le président kényan Uhuru Kenyatta accompagné du Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, le 9 mars 2018 à Nairobi. © JONATHAN ERNST/AP/SIPA

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, en tournée en Afrique, a annulé son programme pour la journée de samedi à Nairobi car il « ne se sent pas bien », a annoncé la délégation américaine.

« Le secrétaire ne se sent pas bien après deux longues journées à travailler sur des questions importantes comme la Corée du Nord et il a annulé ses événements du jour », a déclaré le sous-secrétaire d?État Steve Goldstein.

M. Tillerson devait assister à un événement dans le cadre du programme américain d’aide aux malades du sida en Afrique, le PEPFAR.

Attendu au Tchad et au Nigeria

Il devait aussi prendre part à une cérémonie pour le 20e anniversaire des attentats contre les ambassades des États-Unis dans la capitale kényane et à Dar es-Salaam, capitale économique de la Tanzanie, qui avaient fait 224 morts et plus de 5 000 blessés le 7 août 1998.

Cette cérémonie pourrait être reprogrammée plus tard si M. Tillerson est rétabli, a précisé M. Goldstein.

Le secrétaire d’État est arrivé mercredi en Ethiopie. Il s’est rendu vendredi matin à Djibouti et est arrivé en fin d’après-midi au Kenya. Il doit aller lundi au Tchad et mardi au Nigeria.

Jeuneafrique.com avec AFP

Hier ennemis jurés, Uhuru Kenyatta et Raila Odinga s’unissent « pour le Kenya »

mars 9, 2018

 

À la surprise générale, le président et l’opposant ont annoncé, après des mois d’une âpre bataille politique, leur souhait de travailler à la réunification du pays.

 

Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta (à gauche), saluant le leader de l’opposition, Raila Odinga, lors d’une conférence de presse, le 9 mars à Nairobi. Crédits : THOMAS MUKOYA / REUTERS

Terminées, les invectives méprisantes, les accusations de « dictature », les menaces d’arrestation d’un côté et de renversement de l’autre. À la surprise générale, Uhuru Kenyatta, réélu en octobre 2017, et Raila Odinga, qui avait boycotté ce scrutin « illégitime », ont annoncé vendredi 9 mars s’unir « pour le Kenya ». Au terme d’une rencontre à Harambee House, les bureaux de la présidence, le chef de l’Etat et l’opposant historique ont fait une déclaration commune, tout sourires, apostrophes fraternelles et poignées de mains appuyées.

Une réconciliation peu avant l’arrivée de Rex Tillerson

« Mon frère et moi sommes ici aujourd’hui pour dire que les dissensions doivent stopper. Nous refusons que nos différences tuent notre nation », a déclaré le même Raila Odinga qui, un mois plus tôt, rassemblait des milliers de partisans dans le centre de Nairobi pour prêter serment en tant que « président du peuple du Kenya ». Une cérémonie symbolique qui aurait pu lui valoir d’être arrêté pour trahison et qui avait fortement tendu le climat politique et sécuritaire (les principales télévisions privées avaient été coupées pendant plusieurs jours). L’épisode semble aujourd’hui oublié.

« Aujourd’hui démarre un processus qui vise à rassembler le peuple et nous espérons le soutien de chaque Kényan afin de construire ensemble une nation unie, harmonieuse et stable, où personne ne se sentira laissé de côté », a poursuivi Uhuru Kenyatta, le président réélu, alors que la police a été très critiquée ces derniers mois pour sa brutalité. Au moins 100 personnes sont mortes depuis août 2017 au cours d’affrontements, principalement du fait des policiers.

À quelques heures de l’arrivée à Nairobi de Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain (dont le pays a réitéré les appels au dialogue), cette réconciliation inattendue éloigne la crainte de nouvelles violences. Elle marque aussi la fin d’une bataille électorale de près d’un an (un premier scrutin a été annulé par la Cour suprême) entre ces deux figures de la politique kényane, dont les pères se sont battus ensemble pour l’indépendance avant de se déchirer.

Les contours de cette collaboration restent flous

« Ce qui s’est passé aujourd’hui est très significatif, car ces deux leaders ont une grande influence auprès de leurs partisans, il ne faut pas sous-estimer l’événement », estime Murithi Mutiga, chercheur à l’International Crisis Group (ICG), pour qui chacun trouve un avantage à ce rapprochement : « Uhuru Kenyatta va gagner en stabilité pour son second mandat, ce qui va bénéficier à l’économie, et Raila Odinga pourrait obtenir les réformes structurelles qu’il réclame depuis longtemps, notamment donner moins de pouvoir au président. »

Les contours de cette collaboration restent flous, tout comme les réformes qui pourraient en découler. Dans un communiqué publié après leur déclaration, les deux leaders citent plusieurs domaines sur lesquels travailler ensemble, comme la corruption, l’unité du pays ou encore la décentralisation. Dans ce sens, un « programme » sera proposé et un « bureau » sera créé, précise le texte, sans plus d’explications.

Il ne mentionne pas non plus de mission ou de position spécifique pour Raila Odinga, qui avait été nommé premier ministre après les violences post-électorales de 2007-2008. À 72 ans, ce vétéran de la politique menait l’année dernière sa quatrième et probable dernière campagne électorale en tant que chef de l’opposition.

Ces dernières semaines, de profondes fissures se sont fait jour au sein sa coalition, NASA. Aucun des trois principaux alliés de Raila Odinga, les chefs de partis Kalonzo Musyoka, Musalia Mudavadi et Moses Wetangula, n’avaient assisté fin janvier à la prestation de serment symbolique du vieux leader luo. Une absence très remarquée, qui disait l’ampleur de leurs désaccords stratégiques avec lui (ils ont depuis évoqué la nécessité de regarder vers la prochaine échéance, en 2022). Cette fois, à Harambee House, ils n’ont pas été invités.

Lemonde.fr par Marion Douet (Nairobi, correspondance)

Ngugi wa Thiong’o: « La culture est une arène de combat »

février 8, 2018

 

Ngugi wa Thiong’o au Festivaletteratura 2012 en Italie. © Niccolò Caranti

Chaque année, l’auteur kényan Ngugi wa Thiong’o est snobé par les jurés du prix Nobel de littérature. Pourtant, son œuvre est l’une des plus importantes d’Afrique, rédigée de surcroît dans une langue africaine, le gikuyu.

Ses livres traduits en français sont rares. Pourtant, l’écrivain kényan Ngugi wa Thiong’o fait parler de lui chaque année, avant l’attribution du prix Nobel de littérature. En vain. C’est regrettable : cet essayiste, romancier et dramaturge a derrière lui une œuvre d’une rare constance et d’une indéniable pertinence.

Né à l’heure de la colonisation en 1938, emprisonné sous Jomo Kenyatta, il a écrit nombre de ses textes en gikuyu – et défendu cette position avec un essai remarqué, Décoloniser l’esprit, paru en 1986. À l’occasion de la traduction d’un autre essai (Pour une Afrique libre) et d’un recueil de nouvelles (Cette impitoyable sécheresse), Ngugi wa Thiong’o a répondu – par écrit – à nos questions.

JeuneAfrique : Peu de vos livres sont traduits en français. Cela commence à changer. Pourquoi si tard ?

Ngugi wa Thiong’o : Je ne sais pas, mais je suis excité à l’idée que cela change. Mieux vaut tard que jamais. Ma vie littéraire a été enrichie par Rabelais, Montaigne, Molière, Voltaire, Balzac, Rousseau, Camus, Sartre, Fanon, par le biais de la traduction.

Je suis devenu un combattant de la langue

Aujourd’hui, vous écrivez en anglais ou en gikuyu?

Entre 1962 et 1975, mes romans étaient en anglais. Puis, à partir de 1975 et jusqu’à aujourd’hui, j’ai écrit mes fictions, mes pièces de théâtre et ma poésie en gikuyu. Quelques-uns de mes essais et travaux théoriques sont en anglais. Mais j’écris essentiellement en gikuyu.

Votre combat pour les langues africaines compte-t-il autant qu’autrefois dans votre vie? N’avez-vous pas l’impression que les changements sont très lents?

Les vrais changements prennent du temps, ils sont toujours très lents. Mais je suis devenu un combattant de la langue. Je lutte pour les langues africaines et pour toutes les langues marginalisées du monde. Toutes, petites et grandes, ont le droit d’exister.

Boubacar Boris Diop publie des classiques littéraires traduits en wolof dans une maison d’édition française, qu’en pensez-vous?

Génial. J’admire ses efforts. Il devrait y avoir de nombreuses traductions de classiques européens, ou asiatiques, dans les langues africaines.

Les politiques répressives vis-à-vis des langues africaines sont le premier obstacle à leur survie

Ne pensez-vous pas que le problème des langues est aujourd’hui un problème de marchés, les éditeurs considérant que les livres qui ne sont ni en français ni en anglais ne se vendront pas ?

Non, les marchés sont créés de toutes pièces. Les nôtres sont issus de systèmes d’éducation coloniaux qui punissaient les étudiants africains qui parlaient leurs langues sur le campus de l’école et récompensaient ceux qui utilisaient des langues européennes.

Le système colonial s’appuyait sur le présupposé que, pour connaître une langue étrangère, il faut abandonner sa propre langue. Rien n’empêche quelqu’un de connaître et de maîtriser sa langue maternelle en apprenant d’autres langues.

Les politiques gouvernementales répressives vis-à-vis des langues africaines sont le premier obstacle à leur survie. Nous, Africains, devons casser les chaînes psychologiques fabriquées par l’Occident et que nous portons toujours.

Essais, romans, nouvelles, quel est votre mode d’expression favori?

C’est l’écriture de fictions qui me rend le plus heureux, le roman essentiellement. Mais j’écris aussi des pièces, de la poésie et des essais.

Aujourd’hui, sur quoi travaillez-vous?

Essentiellement sur des histoires. Je viens d’en publier deux, Rwimbo rwa Njuki (« chanson d’une abeille ») et Nyoni Nyonia Nyone (« l’oiseau me montre que je pourrai voir »), mais les versions anglaises ne sont pas encore sorties.

À une époque, j’étais obsédé par la littérature russe

Lisez-vous surtout de la littérature «africaine»?

Je lis tout ce que je trouve intéressant, quelle qu’en soit l’origine. À une époque, j’étais obsédé par la littérature russe, Tolstoï, Dostoïevski, Tchekhov, Boulgakov, Gorki… Et puis cela a été les écrivains d’Amérique latine. Actuellement, je suis dans les mythologies hindoues, Le Mahabharata et Le Ramayana en particulier.

Un écrivain africain vous impressionne particulièrement en ce moment?

Je suis un grand admirateur de Chimamanda Ngozi Adichie.

Votre essai Secure the Base, qui vient d’être traduit en français, s’appuie sur de solides références marxistes. Pensez-vous que l’analyse marxiste demeure pertinente?

La dialectique marxiste – développée à partir de Hegel et de l’entière tradition dialectique depuis les Grecs – est importante pour comprendre le monde d’aujourd’hui.

Dans ce même essai, vous vous attaquez aux attitudes néocoloniales de pays comme la France, le Royaume-Uni ou les États-Unis, qui sont aussi des puissances nucléaires.

Je pense qu’il est totalement hypocrite de la part de pays qui disposent de quantité d’armes de destruction massive de continuer à dire que le danger vient de ceux qui pourraient les avoir et non de ceux qui les ont déjà. Je défends une campagne internationale pour le désarmement nucléaire.

Existe-t-il une bonne raison pour que les trésoreries de quatorze pays africains indépendants soient sous le contrôle du ministère des Finances, à Paris ?

Vos critiques vis-à-vis des gouvernements africains sont néanmoins assez sévères…

En général, je suis critique envers les systèmes économiques et politiques qui font du continent africain un cadeau qui continue d’être offert à l’Occident. Existe-t-il une bonne raison pour que les trésoreries de quatorze pays africains indépendants soient sous le contrôle du ministère des Finances, à Paris ? Cinquante années après les indépendances ? Les troupes françaises sont partout en Afrique de l’Ouest. Avez-vous déjà vu des troupes africaines de maintien de la paix quelque part en France ?

Pensez-vous que la culture puisse encore être une puissante source d’opposition ?

La culture fait partie intégrante de notre existence économique, politique, sociale et spirituelle. C’est une arène de combat. La culture est à la société humaine ce que les fleurs sont aux plantes. Les fleurs sont belles, elles donnent leur identité à la plante, elles en contiennent aussi les graines d’avenir.

«Décoloniser l’esprit» : avez-vous l’impression de progrès de puisque vous avez employé cette expression ?

On en parle un peu plus. En Afrique du Sud, l’idée de décoloniser les institutions sociales nourrit les combats actuels pour la transformation sociale. Mais il reste un long chemin à parcourir.

Chaque année, votre nom est prononcé avant l’attribution du prix Nobel. Est-ce une reconnaissance que vous espérez? 

J’apprécie qu’autant de personnes pensent que mon travail mérite ce prix. Mais je n’ai rien à dire en la matière.

L’Afrique devrait-elle créer son propre prix littéraire ?

Il y a des prix littéraires en Afrique, mais ils ne sont ni aussi riches ni aussi connus que le Nobel.

Vous vivez actuellement aux États-Unis. Est-ce en raison de l’agression que vous avez subie en 2004 au Kenya ? Vous sentez-vous exilé ?

Ma femme, Njeeri wa Ngugi, et moi-même travaillons pour l’université de Californie, à Irvine. En dépit des attaques passées, nous avons l’intention de prendre notre retraite au Kenya. Quand nous y sommes retournés récemment, nous avons été bien reçus par le président Uhuru Kenyatta.

Après tout, en 1977-1978 j’ai été emprisonné pour des mots

Pensez-vous que le monde littéraire a perdu de son pouvoir politique en raison de stratégies de carrière individualistes ?

Le mot n’a jamais perdu de son pouvoir. Après tout, en 1977-1978 j’ai été emprisonné pour des mots. La littérature est aujourd’hui en concurrence avec la télévision, le cinéma, internet. Mais les technologies numériques ouvrent de nouveaux horizons, de nouvelles possibilités.

Je peux seulement espérer que ceux qui ont des oreilles m’entendront

Vous êtes très critique envers les démocraties occidentales. De quel système politique rêvez-vous?

Je rêve d’un monde sans faim, sans maladies, sans ignorance, sans prisons, sans mendicité… Je voudrais voir un monde où le progrès ne se mesure pas au style de vie des millionnaires mais à celui de tous ceux qui permettent à nos usines de tourner et à nos fermes de produire.

En tant qu’intellectuel, pensez-vous être entendu des hommes politiques africains ?

Je peux seulement espérer que ceux qui ont des oreilles m’entendront. Mais surtout je veux que les gens apprécient de me lire. Je suis heureux quand je croise un étranger qui me dit à quel point une de mes œuvres a influencé sa vie.

Des livres trop peu traduits

En 2018, les éditions Passage(s) vont publier une série de livres de l’auteur kényan. « C’est lorsque Nicolas Pien et moi avons noté, il y a un an, qu’une fois de plus l’Afrique avait été oubliée par le jury Nobel, que Ngugi wa Thiong’o était peu traduit et que ses livres étaient pratiquement introuvables, que nous avons décidé de creuser la question, explique l’anthropologue Dominique Lanni, des éditions Passage(s).

C’est ainsi que nous avons appris que la plupart des droits pour les œuvres de Ngugi ne couraient plus. Nous avons lu une partie importante de sa bibliographie et contacté l’auteur et ses agents afin d’acquérir les droits permettant de présenter plusieurs aspects de son œuvre de dramaturge, de nouvelliste et de romancier. »

Du théâtre au roman

Les éditeurs publieront en 2018 Combattants et martyrs (nouvelles), Le Procès de Dedan Kimathi (théâtre), Ne pleure pas, mon enfant (roman). Cette impitoyable sécheresse (nouvelles), paru en 2017, contient sept textes qui forment une bonne introduction à l’œuvre du Kényan, tant par leur classicisme formel que par leur enracinement profond dans les cultures de la région.

Jeuneafrique.com par

Kenya: la police arrête un nouveau député de l’opposition

février 3, 2018

 

Raila Odinga lors de sa prestation de serment symbolique le 30 janvier dans un parc de Nairobi. © Ben Curtis/AP/SIPA

Les autorités kényanes ont arrêté samedi un nouveau responsable de l’opposition, le troisième depuis l’investiture symbolique comme « président du peuple » de l’opposant Raila Odinga, qui estime que la victoire à l’élection de 2017 lui a été volée.

Le député George Aladwa a été interpellé à l’aube par la police à son domicile à Nairobi, a indiqué à l’AFP Charles Owino, porte-parole de la police kényane.

Selon Charles Owino, le député Aladwa « fait l’objet d’une enquête » en lien avec une fusillade présumée mercredi au domicile de Kalonzo Musyoka, le colistier de Raila Odinga à la présidentielle de l’an dernier, et en lien avec la mobilisation de partisans de l’opposition vendredi pour une manifestation qui a dégénéré en affrontement avec la police.

 Contre-attaque du gouvernement

Mais de hauts responsables policiers, sous couvert de l’anonymat, ont indiqué à l’AFP que la police lui reproche surtout d’avoir organisé la mobilisation des milliers de personnes qui ont assisté à la prestation de serment symbolique de Raila Odinga le 30 janvier dans un parc du centre de Nairobi.

Son arrestation « est liée à la mobilisation des gens qui ont été à ce rassemblement et on l’accuse aussi d’avoir mobilisé pour des manifestations après les deux autres arrestations », a déclaré une de ces sources, en référence à l’interpellation mercredi du député d’opposition TJ Kajwang, et celle vendredi de l’opposant Miguna Miguna.

George Aladwa est de fait le troisième membre de l’opposition arrêté pour avoir participé à l’investiture symbolique de Raila Odinga, qui refuse de reconnaître la réélection du président Uhuru Kenyatta en 2017, accompagnée de mois de troubles qui ont fait 92 morts, selon des défenseurs des droits de l’homme.

Trois chaînes de télévision suspendues

Cette nouvelle arrestation est une des mesures prises par le gouvernement depuis « l’investiture » de Raila Odinga, des mesures qui inquiètent la communauté internationale, dont l’ONU, et sont dénoncées par la société civile comme un recul des libertés.

Les trois principales chaînes de télévision kényanes sont ainsi suspendues depuis mardi pour avoir voulu retransmettre la cérémonie de Raila Odinga et les autorités ignorent depuis jeudi une décision de justice autorisant ces chaînes – inaccessibles au petit écran mais qui continuent à diffuser sur internet – à reprendre l’antenne.

La police ignore, elle, depuis vendredi l’ordre d’un juge ayant ordonné la libération de Miguna Miguna dans l’attente d’une nouvelle comparution lundi.

Raila Odinga a lui aussi essuyé des critiques de la part de la communauté internationale en raison de son « investiture », à la suite de laquelle le ministre de l’Intérieur Fred Matiang’i a qualifié d’ »organisation criminelle » le Mouvement de résistance nationale (NRM) lancé par l’opposition pour mettre en œuvre un programme de désobéissance civile, dont cette cérémonie fait partie.

Jeunearfrique.com

Kenya: ouverture d’une enquête après l’investiture de Raila Odinga

janvier 31, 2018

 

Raila Odinga lors de sa prestation de serment symbolique le 30 janvier dans un parc de Nairobi. © Ben Curtis/AP/SIPA

L’investiture symbolique de Raila Odinga ? « Une tentative pour renverser le gouvernement », a estimé ce mercredi le ministre de l’Intérieur. Ce dernier a également accusé de « complicité » plusieurs chaînes de télévision, qui ont tenté de retransmettre l’événement.

Devant des milliers de partisans en délire, Raila Odinga a été investi mardi 30 janvier « président du peuple », dans un parc de la capitale, Nairobi. Une prestation de serment au caractère symbolique pour rappeler que l’opposant n’a jamais accepté de reconnaître la réélection d’Uhuru Kenyatta en 2017.

Le député d’opposition et juriste TJ Kajwang, qui a supervisé la cérémonie d’investiture, a été arrêté ce mercredi 31 janvier par la police.

« Ce dont nous avons été les témoins au parc Uhuru était une tentative parfaitement orchestrée de renverser le gouvernement légalement constitué de la République du Kenya », a déclaré dans un communiqué le ministre Fred Matiang’i, ajoutant qu’une enquête a été ouverte.

Les forces de l’ordre à bonne distance

Les observateurs avaient craint des violences à l’occasion de cette cérémonie alternative. Mais, chose rare, les forces de l’ordre ont finalement gardé leurs distances avec la foule. Un comportement justifié par la présence « d’éléments criminels opérant sous la bannière » de la coalition d’opposition Nasa, qui avait prévu de commettre des violences durant l’événement et de « blâmer la police », a précisé mercredi Fred Matiang’i, lors de la conférence de presse.

Citizen TV, KTN News et NTV resteront fermées jusqu’à ce que l’enquête soit terminée

Le ministre a également évoqué la décision des autorités de couper les retransmissions de plusieurs chaînes de télévision, ayant décidé de braver l’interdiction de diffuser la prestation de serment de Raila Odinga. Ces médias « ont participé à la promotion d’un acte illégal », a-t-il déclaré.

Ces chaînes de télévision, qui incluent trois des principales chaînes privées du pays, Citizen TV, KTN News et NTV, « resteront fermées jusqu’à ce que l’enquête soit terminée », a précisé le ministre.

« Une atmosphère d’intimidation »

Dénonçant une « atmosphère d’intimidation », les patrons de presse kényans avaient indiqué lundi dans un communiqué que le président Uhuru Kenyatta les avait convoqués pour menacer de « fermer et retirer les licences de tout média qui retransmettrait en direct » la cérémonie.

Les autorités kényanes ont « violé le droit du public à l’information », a soutenu Otsieno Namwaya, chercheur pour Human Rights Watch, cité dans un communiqué. « Le Kenya est sur une pente glissante en ce qui concerne les droits de l’Homme », a ajouté l’ONG.

Un acte de « trahison »

Depuis le scrutin du 26 octobre, qui avait été boycotté par Raila Odinga, la coalition d’opposition Nasa a eu pour stratégie de contester la légitimité du président Kenyatta en cherchant à créer des structures de gouvernement parallèles. Des « assemblées du peuple » se sont réunies dans certains comtés et l’« investiture » de Raila Odinga devait marquer l’apogée du processus.

Un groupe d’individus qui souhaitent provoquer l’anarchie et le chaos

Les conséquences de l’investiture symbolique restent incertaines, notent les observateurs. Les autorités avaient averti qu’elle pourrait constituer un acte de « trahison », soulevant la possibilité d’une arrestation, à haut risque, de l’opposant.

Une « organisation criminelle »

Mais l’opposant n’a pas prononcé le même serment que celui prévu par la Constitution pour l’investiture du chef de l’État, se proclamant par exemple « président du peuple », et non « président ».

Le Mouvement de résistance nationale (NRM) lancé fin 2017 par Raila Odinga, chargé de mettre en œuvre le programme de désobéissance civile de l’opposition, a cependant été qualifié d’« organisation criminelle » mercredi par le ministre Matiang’i: « C’est un groupe d’individus qui souhaitent provoquer l’anarchie et le chaos ».

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