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Kenya – CPI : le président Kenyatta en route pour La Haye

octobre 7, 2014

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, passe en revue la garde d'honneur, le 6 octobre 2014.
Le président kényan, Uhuru Kenyatta, passe en revue la garde d’honneur, le 6 octobre 2014. © AFP

Uhuru Kenyatta était attendu mardi à La Haye. Le président kénya doit comparaître mercredi devant la Cour pénale internationale (CPI).

Le président kényan Uhuru Kenyatta, 52 ans, a quitté Nairobi mardi 7 octobre au matin a embarqué à bord d’un vol régulier de Kenya Airways, accompagné de sa femme et d’un de ses enfants. Sa destination : La Haye, où il doit comparaître mercredi devant la Cour pénale internationale (CPI).

Des responsables kényans -trois ministres et six députés- font également le voyage avec lui. Selon un responsable de la présidence kényane, Uhuru Kenyatta, qui n’a fait aucune déclaration à son départ, a payé lui-même son voyage.

« Kenyatta ne voyage pas en tant que président »

« Comme il l’a clairement dit lundi, il ne voyage pas en tant que président, donc les coûts ne sont pas assumés par l’État », a expliqué cette source. Kenyatta deviendra néanmoins mercredi le premier chef d’État à comparaître durant son mandat devant la CPI. Il a déjà comparu une fois devant la CPI, mais avant son élection à la magistrature suprême en mars 2013.

Depuis, son procès a été reporté à plusieurs reprises, notamment en raison de la rétractation de plusieurs témoins importants. Il est inculpé de crimes contre l’humanité pour son rôle présumé dans les violences post-électorales qui ont secoué son pays fin 2007 et début 2008.

Durant son absence, Kenyatta a délégué ses pouvoirs à son vice-président William Ruto. Ce dernier est aussi accusé de crimes contre l’humanité devant la CPI. Son procès s’est lui ouvert en septembre 2013.

Jeuneafrique.com avec AFP

 

Au Kenya, une élection présidentielle sur fond de crimes contre l’humanité

février 25, 2013
Au Kenya, une élection présidentielle sur fond de crimes contre l'humanité Au Kenya, une élection présidentielle sur fond de crimes contre l’humanité © AFP

Si le candidat Uhuru Kenyatta remporte l’élection présidentielle du 4 mars au Kenya, son premier déplacement à l’étranger, avec son vice-président William Ruto, pourrait bien être à La Haye, à la Cour pénale internationale (CPI) qui s’apprête à les juger pour crimes contre l’humanité.

Dans ce pays locomotive économique d’Afrique de l’Est et allié clé des Occidentaux, Etats-Unis en tête, dans leur lutte contre le fondamentalisme islamique, les éventuelles conséquences diplomatiques et économiques d’une élection de M. Kenyatta ont donné lieu à de vifs débats.

Le pays, prisé des touristes et de plus en plus attractif pour les investisseurs étrangers, pourrait-il devenir un autre Soudan, le seul autre pays dirigé par un président inculpé par la CPI, Omar el-Béchir?

Johnnie Carson, le responsable Afrique du département d’Etat américain, a récemment averti les Kényans que, dans un « monde interconnecté », leurs « choix avaient des conséquences ». D’autres diplomates européens ont insisté sur la nécessité pour le Kenya de poursuivre sa collaboration avec la CPI, quel que soit le résultat des élection.

Les Occidentaux se sont gardés de mentionner des noms, mais les messages ont été entendus comme un avertissement au ticket Kenyatta-Ruto, et ont donné lieu à un rappel à l’ordre du gouvernement kényan.

Le procès devant la CPI « relève considérablement les enjeux de la course à la présidentielle, » relevait récemment le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG). Kenyatta et Ruto, notamment, « s’en sont pris aux procédures devant la CPI, selon eux politiquement motivées, et les utilisent pour renforcer le soutien de leurs communautés ethniques respectives.  »

Les procès de Kenyatta et Ruto pour leurs rôles présumés dans les violences qui avaient suivi la précédente présidentielle fin 2007 devraient débuter les 10 et 11 avril, aux alentours d’un éventuel deuxième tour de la présidentielle.

Fin 2007 et début 2008, les violences qui avaient suivi la réélection de Mwai Kibaki face à Raila Odinga, devenu Premier ministre d’un gouvernement de coalition, avaient fait plus de 1. 000 morts et des centaines de milliers de déplacés.

Dans un pays marqué par les divisions tribales, le nouveau scrutin pourrait en partie prendre un accent de référendum pour ou contre la CPI.

« Le peuple kényan, et lui seul, a le pouvoir et le mandat de choisir la direction de ce grand pays, » a lancé Kenyatta quand la justice de son pays a levé tout obstacle à sa candidature. Des acteurs de la société civile contestaient son éligibilité, mais la justice s’est déclarée incompétente sur le dossier.

Une population divisée

L’affaire est révélatrice de la façon dont la CPI divise le pays: une partie de la population estime que les Kényans seuls doivent juger Kenyatta, et via les urnes. Une autre partie est profondément consciente du possible impact de son élection.

La récente remontée dans les sondages de M. Kenyatta – désormais au coude à coude avec son principal rival M. Odinga – « pourrait bien être un contre-effet (de la polémique autour de son inculpation par la CPI), et en tout cas cela ne le dessert clairement pas », relevait vendredi à l’AFP l’analyste Tom Wolf, de l’institut de sondages Ipsos-Synovate.

Pour Richard Dowden, directeur de la Société royale africaine britannique, « les inculpés sentent qu’ils n’ont rien à perdre et que leur meilleure chance est de se faire élire par n’importe quel stratagème, » avec dans l’idée de défier la CPI une fois au pouvoir, écrivait-il récemment. « Un scrutin dans lequel un candidat n’a rien à perdre peut virer à la guerre civile.  »

Si « conséquences » occidentales il devait y avoir, expliquent des diplomates, elles ne devraient se matérialiser que si Kenyatta, une fois élu, et son vice-président Ruto, stoppaient leur coopération avec la CPI.

Mais il reste à voir si ces menaces de « conséquences » se matérialiseront, tant les Occidentaux ont besoin du Kenya, en particulier dans la lutte contre la nébuleuse islamiste Al-Qaïda en Somalie voisine. Et le Kenya, lui, peut s’appuyer sur une palette d’autres partenaires, Chine en tête.

« Sans cesse, depuis 50 ans, les hommes politiques kényans ont pu défier les pressions diplomatiques occidentales, sachant que Washington et Londres avaient davantage besoin du Kenya que le Kenya n’a besoin de lui, » conclut M. Dowden.

 Jeuneafrique.com avec AFP