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Ukraine : des cartes russes montrent un retrait important de la région de Kharkiv

septembre 11, 2022
Des chars détruits au milieu de la route à Balakliya, dans la région de Kharkiv.

L’armée ukrainienne a fait des avancées importantes dans les derniers jours dans la région de Kharkiv. Ci-dessus, des chars détruits au milieu de la route à Balakliya. Photo : Getty Images/AFP/Juan Barreto

La carte de la région ukrainienne de Kharkiv, présentée dimanche par le ministère russe de la Défense lors de son point de presse quotidien, a montré un retrait d’ampleur de l’armée russe de cette région, théâtre d’une vaste contre-offensive ukrainienne.

Selon cette carte présentée dans la vidéo du point de presse, l’armée russe ne contrôlait plus dimanche qu’une petite partie du territoire dans l’est de la région de Kharkiv, derrière la rivière d’Oskol.

Lors du point de presse précédent, samedi, la carte utilisée par le ministère montrait que l’armée russe occupait en ce moment-là des territoires bien plus vastes de cette région où le régime de Kiev a annoncé ces deux derniers jours d’importants gains territoriaux face aux forces russes.

Samedi, l’armée russe a annoncé avoir retiré ses forces présentes dans les zones de Balakliïa et d’Izioum, dans l’est ukrainien où Kiev fait état d’avancées dans sa contre-offensive, afin de les regrouper près de Donetsk, l’une des capitales des séparatistes prorusses, plus au sud.

Au début du mois, l’armée ukrainienne a d’abord annoncé une contre-offensive dans le Sud, avant de réaliser au cours de la semaine écoulée une percée surprise et éclair des lignes russes dans le Nord-Est, dans la région de Kharkiv.

Au total, depuis début septembre, plus de 3000 kilomètres carrés sont revenus sous contrôle ukrainien, a déclaré dans un communiqué le général Valeri Zaloujny, commandant en chef de l’armée ukrainienne, au 200e jour du conflit.

Front autour de Kharkiv

Autour de Kharkiv, nous avons commencé à avancer non seulement au sud et à l’est, mais également vers le nord. Nous sommes à 50 kilomètres de la frontière, a-t-il ajouté.

Le gouverneur russe de la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, a assuré que des milliers de personnes avaient fui la région de Kharkiv pour la Russie.

Ce n’était pas la nuit la plus facile, ce n’était pas la matinée la plus facile. Au cours des dernières 24 heures, des milliers de personnes ont traversé la frontière, a déclaré Viatcheslav Gladkov dans une adresse vidéo, publiée sur sa chaîne Telegram.

Des soldats ukrainiens sont assis sur un véhicule militaire blindé dans la ville de Severodonetsk.

Des soldats ukrainiens. Photo: Getty Images/AFP/Fadel Senna

Un peu plus tôt, l’état-major ukrainien avait annoncé que la libération de portions de territoire dans les districts de Koupiansk et Izioum dans la région de Kharkiv était en cours.

La veille, Kiev avait annoncé que ses forces étaient entrées dans Koupiansk, qui se trouve sur des itinéraires d’approvisionnement des troupes russes.

Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), basé à Washington, les forces ukrainiennes ont progressé par endroits sur une profondeur de 70 km et ont repris en cinq jours plus de territoires que les Russes n’en ont conquis dans toutes leurs opérations depuis avril.

Zelensky savoure sa victoire, Zaporijia à l’arrêt

Dans un message vidéo, le président Volodymyr Zelensky s’est réjoui que le magnifique drapeau ukrainien flotte de nouveau sur Tchkalovske, dans la région de Kharkiv.

Il en sera de même partout. Nous chasserons les occupants de chaque ville et de chaque village d’Ukraine, a-t-il assuré.

Des armes, des armes, des armes : c’est à notre ordre du jour depuis le printemps. Je suis reconnaissant aux partenaires qui ont répondu à notre appel : ils ont part avec nous aux succès de l’Ukraine sur le champ de bataille, a écrit sur Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmitro Kouleba, appelant à la poursuite des livraisons, principalement occidentales.

Un soldat devant la centrale nucléaire Zaporijia.

Des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont inspecté la centrale nucléaire Zaporijia, au sud de l’Ukraine. Photo : Getty Images/Andrey Borodulin

À la centrale nucléaire de Zaporijia, le réacteur numéro 6 a été déconnecté du réseau électrique dimanche avant l’aube, et des préparatifs sont en cours pour son refroidissement, a indiqué l’opérateur ukrainien Energoatom.

Depuis trois jours, ce réacteur restait le seul à produire l’électricité nécessaire au refroidissement du combustible nucléaire et à la sécurité du site.

Selon Energoatom, la décision de le mettre à l’arrêt a été prise après le rétablissement, samedi soir, de l’approvisionnement électrique extérieur du site avec l’une des lignes de transmission. La situation de la centrale reste néanmoins encore précaire.

En cas de nouveau dommage pour les lignes de transmission reliant le site au système électrique – dont le risque reste élevé – les besoins internes [du site] devront être assurés par des générateurs fonctionnant avec du diesel, a prévenu Energoatom, en renouvelant son appel à l’établissement d’une zone démilitarisée autour de la centrale, seul moyen selon lui d’en assurer la sécurité.

Situation difficile pour les forces russes

Sur le plan militaire, la nouvelle progression des troupes de Kiev au sud de Kharkiv pourrait entraver fortement la capacité de la Russie à ravitailler ses forces dans l’est de l’Ukraine et à leur apporter un soutien logistique efficace.

Dans des zones reprises par Kiev, des journalistes de l’AFP ont vu samedi des camions et des blindés russes carbonisés, dont certains encore frappés de la lettre Z, le symbole de l’invasion de l’Ukraine entamée le 24 février.

Des soldats ukrainiens patrouillaient dans Balakliïa, où flottait le drapeau ukrainien, hissé en présence du commandant des forces terrestres ukrainiennes, Oleksandre Syrski.

Nous achevons aujourd’hui la libération de Balakliïa, la première grande ville de notre offensive, et je suis sûr que ce n’est pas la dernière […]. Et devant encore, Izioum et beaucoup d’autres, a-t-il déclaré à cette occasion.

Le chef de l’administration d’occupation russe de la région d’Izioum, Vladislav Sokolov, a de son côté admis que la situation y était difficile.

Ces deux dernières semaines, la ville est visée par des bombardements des forces ukrainiennes, notamment avec des munitions de type Himars […] ce qui provoque de graves destructions et fait beaucoup de morts et de blessés, a-t-il déclaré.

Les Himars sont des lance-roquettes multiples fournis à Kiev par Washington.

Deux soldats discutent ensemble devant des ruines.

Les soldats russes sont en train de perdre du terrain en Ukraine. Photo : AFP via Getty Images/Yuri Kadobnov

Le ministère de la Défense russe a ensuite annoncé avoir retiré ses forces présentes dans les régions de Balakliïa et d’Izioum, afin de renforcer son dispositif plus au sud, autour de Donetsk, l’une des capitales des séparatistes prorusses.

À Lyman, une ville tombée fin mai aux mains des Russes, la situation reste assez difficile, tout comme dans d’autres localités du nord de la République populaire de Donetsk, a reconnu samedi son chef, Denis Pouchiline.

Dans le village de Grakové, tout juste repris par les forces ukrainiennes, les journalistes de l’AFP ont vu des destructions témoignant de la violence de combats, pylônes électriques abattus et câbles étalés sur le sol.

C’était effrayant, il y avait des bombardements et des explosions partout, a raconté Anatoli Vassiliev, 61 ans.

Iryna Stepanenko, 52 ans, a profité pour sa part de pouvoir sortir à bicyclette pour la première fois après s’être terrée dans sa cave pendant trois mois .

C’était terrifiant, dit-elle à propos de cette vie souterraine dans le bruit des explosions. Soulagée du retour des forces ukrainiennes, elle dit néanmoins craindre pour la suite.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Les forces russes reculent de Kharkiv, ville clé du Nord-Est ukrainien

mai 14, 2022
Des soldats de l'armée ukrainienne passent devant un terminal de gaz naturel en feu le 13 mai 2022 dans la banlieue nord de Kharkiv, en Ukraine.

Les forces russes auraient été contraintes de quitter leurs positions autour de la ville de Kharkiv. Photo : AFP/John Moore

Le maire de Kharkiv affirme qu’une vaste contre-offensive ukrainienne aurait poussé l’armée russe à se retirer au nord de la ville, une analyse que corrobore un groupe de réflexion américain qui estime que les Ukrainiens ont « probablement gagné la bataille de Kharkiv ».

Grâce aux efforts de la défense territoriale de Kharkiv et des forces armées ukrainiennes, les Russes se sont retirés loin de la zone de la ville en direction de la frontière russe, a déclaré le maire de la ville à la BBC.

Le maire Ihor Terekhov a ajouté que les forces russes n’avaient pas bombardé sa ville au cours des cinq derniers jours.

« Il n’y a eu qu’une seule tentative des Russes de frapper la ville avec un missile près de l’aéroport de Kharkiv, mais le missile a été détruit par la défense aérienne ukrainienne. »— Une citation de  Ihor Terekhov, maire de Kharkiv

Selon l’Institute for the Study of War, les forces russes qui tentaient d’encercler cette ville du Nord-Est ukrainien semblent avoir abandonné leurs efforts. Le groupe affirme que le Kremlin a probablement décidé de se retirer complètement de ses positions dans un contexte de vives contre-attaques ukrainiennes et de renforts russes limités.

Un représentant du Pentagone signalait vendredi que les forces ukrainiennes continuent à reprendre des villes et des villages des Russes dans la région.

Kharkiv, ville stratégique

Avec ses 1,4 million d’habitants (avant la guerre), Kharkiv est la deuxième ville en importance en Ukraine. Située à 50 km de la frontière, elle est également proche de la région du Donbass, un territoire où combattent des séparatistes prorusses.

Cela en a fait une cible stratégique dès le début de la guerre pour Moscou. Cependant, devant la résistance des forces armées ukrainiennes sur le terrain, les Russes ont rapidement eu recours à l’artillerie lourde pour pilonner la ville, ce qui a causé des centaines de victimes civiles et des dommages considérables.

Le maire Ihor Terekhov a déclaré à la BBC que les troupes russes n’ont réussi qu’une seule fois à pénétrer dans une petite partie de cette ville clé du nord-est et qu’elles n’y sont plus depuis longtemps.

Le calme règne à nouveau dans la ville et les gens reviennent s’installer progressivement, a-t-il assuré, ajoutant que les autorités fournissent de l’eau, du gaz et de l’électricité aux résidents.

Il a toutefois évoqué de nombreux bâtiments résidentiels détruits ou endommagés  et un énorme travail de reconstruction à venir.

Le gouverneur de la région, Oleh Sinegoubov, a pour sa part prévenu que la situation est toujours dangereuse  et a mis en garde les résidents de penser à leur sécurité  avant de rentrer.

Il a indiqué que les forces russes ont fortement miné la région et continuent à cibler d’autres communautés.Une femme pleure, à genoux et le visage dans ses mains, devant une maison bombardée.

De nombreux citoyens de Kharkiv se retrouvent sans maison à la suite des bombardements des troupes russes. Photo : Reuters/Ricardo Moraes

Cela indique qu’il est trop tôt pour se détendre, a averti le gouverneur.

Cap sur Izioum

Le gouverneur régional a également indiqué qu’une contre-offensive a été lancée samedi pour chasser l’armée russe de la ville d’Izioum, située à 120 km au sud-est de Kharkiv.

Nos forces armées sont passées à une contre-offensive là-bas. L’ennemi recule sur certains fronts et c’est la marque de la force de caractère de nos forces armées, a-t-il déclaré.

Le succès d’une telle opération constituerait un revers pour Moscou dans la bataille pour le Donbass, une région de l’est de l’Ukraine que la Russie a déclaré vouloir conquérir intégralement.

Les forces russes ont tenté d’effectuer des avancées depuis Izioum vers le sud pour déborder les forces ukrainiennes et consolider leur contrôle du Donbass, mais ces tentatives ont jusqu’ici été infructueuses.

Dans une allocution vidéo vendredi soir, le président Volodymyr Zelensky a reconnu que les efforts pour regagner des territoires aux mains des troupes russes seront difficiles mais que les Ukrainiens n’abandonneront pas.

« La libération progressive de la région de Kharkiv prouve que nous ne laisserons personne à l’ennemi. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Des négociations très difficiles

Le président ukrainien a également abordé la situation à Marioupol, ville martyre du sud-est.

Il a affirmé que des négociations très difficiles sont en cours pour libérer des personnes toujours coincées à l’intérieur de l’usine métallurgique d’Azovstal en échange de la libération de prisonniers de guerre russes.

La vice-présidente de l’Ukraine, Iryna Verechtchouk, a confirmé que les efforts se concentrent désormais sur l’évacuation de 60 personnes, notamment des blessés graves et des médecins.De la fumée s'élève au-dessus de l'usine métallurgique d'Azovstal.

Le président Zelensky affirme que le gouvernement ukrainien fait tout en son pouvoir pour évacuer les personnes qui demeurent coincées à l’intérieur de l’usine d’Azovstal. Photo : Reuters/Alexander Ermenchenko

L’usine d’Azovstal est le dernier bastion de résistance ukrainienne dans la ville de Marioupol, prise par l’armée russe au mois d’avril.

Des centaines de soldats tiennent toujours bon à l’intérieur de l’usine malgré des semaines de bombardements intenses.

Radio-Canada avec les informations de BBC, New York Times, CNN et Washington Post

Ukraine: Les troupes russes repoussées encore plus loin de Kharkiv

mai 11, 2022

La nouvelle administration prorusse de la région occupée de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, annonce qu’elle réclamera son annexion à la Russie.

Un homme en treillis militaire près d'un tank russe carbonisé sur une route.

Un combattant ukrainien pose près d’un tank de l’armée russe près du village de Staryi Saltiv, près de Kharkiv, qui a été libérée la semaine dernière dans la foulée d’une contre-offensive ukrainienne. Photo: Reuters/Vitalii Hnidyi

L’état-major de l’armée ukrainienne affirme que ses troupes continuent de repousser les forces russes stationnées au nord-est de Kharkiv, desserrant son étau sur la deuxième ville d’Ukraine, bombardée sans relâche depuis le début de la guerre.

Les localités de Cherkasy Tychky, Rusky Tychky, Roubijne et Bayrak ont été libérées, a-t-il annoncé mardi soir sur Facebook. L’ennemi a été repoussé encore plus loin de Kharkiv, et les occupants ont eu encore moins de possibilités de frapper le centre régional.

Nos forces armées nous ont donné à tous de bonnes nouvelles de la région de Kharkiv. Les occupants sont progressivement repoussés de Kharkiv, a aussi fait valoir le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une vidéo.

« Je suis reconnaissant à tous nos combattants qui tiennent bon et qui font preuve d’une force surhumaine pour chasser l’armée d’envahisseurs. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’UkraineTrois hommes s'affairent autour d'un obusier.

Des combattants ukrainiens se préparent à lancer un obus de mortier sur des positions russes, lundi, dans les environs de Kharkiv. Photo : Reuters/Serhii Nuzhnenko

Le gouverneur régional, Oleg Sinegoubov, a confirmé mercredi dans un message publié sur Telegram que les troupes russes ont été repoussées encore plus loin de la ville, ce qui leur donne encore moins d’occasions de tirer sur le centre régional.

Des combats féroces sont toutefois toujours en cours dans la région, a-t-il précisé, avant de mettre ses concitoyens en garde contre un retour trop précipité. Selon lui, les soldats russes laissent des pièges mortels en se retirant.

Dans une entrevue accordée mardi au New York Times, le maire de Kharkiv, Igor Terekhov, a témoigné que la ville commence à reprendre vie, et que des entreprises recommencent même à fonctionner.

« Pour la première fois depuis le début de l’invasion russe, nous avons pu vivre sans être constamment bombardés pour une deuxième journée de suite. »— Une citation de  Igor Terekhov, maire de KharkivUn homme portant une combinaison se tient debout dans un champ, à proximité de cadavres de soldats russes étendus au sol.

Un Ukrainien observe les corps de soldats russes tués dans le village de Vilkhivka, près de Kharkiv, que les forces ukrainiennes ont repris il y a quelques jours. Photo : La Presse Canadienne/AP/Felipe Dana

Les quartiers nord et nord-est de Kharkiv, une ville qui comptait environ 1,5 million d’habitants avant la guerre, sont frappés depuis des semaines par des roquettes et des missiles russes, causant la mort de nombreux civils.

Fin février, l’armée russe avait tenté de prendre la ville, mais en vain : les forces ukrainiennes avaient résisté et les avaient repoussés à quelques kilomètres de là, au prix d’âpres combats.

L’Institute for the Study of War (ISW), centre de réflexion américain basé à Washington, avait noté en fin de semaine que l’armée ukrainienne faisait des progrès significatifs dans la région de Kharkiv et prédisait qu’elle avancera probablement jusqu’à la frontière russe dans les jours ou semaines à venir.

Le centre a avancé mardi soir que la contre-offensive ukrainienne forçait vraisemblablement l’armée russe à redéployer des troupes stationnées à Izioum vers la région de Kharkiv pour empêcher que leurs frères d’armes soient repoussés vers la frontière russe.

Cela risque de détourner des ressources qui devaient être utilisées pour l’offensive dans le Donbass, notait l’ISWInstitute for the Study of War.

Avec Radio-Canada

Ukraine: Kharkiv repousse l’envahisseur

mai 10, 2022

Depuis le début de la guerre, une évidence s’impose : l’invasion de l’Ukraine ordonnée par Vladimir Poutine ne se déroule pas comme prévu. Les troupes russes piétinent ou sont forcées de reculer. Et ce n’est nulle part plus évident actuellement que dans la région de Kharkiv, où l’armée ukrainienne, en pleine contre-offensive, regagne beaucoup de terrain. Nous l’avons constaté sur place.

Tir d'artillerie.

L’artillerie ukrainienne à l’œuvre dans la région de Kharkiv. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

D’abords constants et assourdissants, le bruit des sirènes et le tonnerre des bombardements se sont graduellement faits plus distants. Une indication claire de la bonne marche de la contre-offensive lancée par les forces ukrainiennes pour desserrer l’étau autour de Kharkiv et mettre la ville hors de portée de l’artillerie russe.

Les routes aux abords de la ville, jonchées de véhicules blindés calcinés, sont autant de vestiges des combats très violents qui s’y sont déroulés. Prise d’assaut par les forces russes dès les premiers jours de l’invasion, la deuxième ville du pays a été lourdement bombardée, ce qui a eu pour effet de faire fuir une bonne partie de sa population. Mais alors qu’un calme relatif s’installe, de plus en plus de citoyens sont tentés par un retour.Un blindé immobilisé.

Un blindé russe détruit. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Oleksandr et Lyudmila Nishcheta poussent même l’audace jusqu’à aller s’aventurer au-delà des limites de la ville. Car ce couple de retraités possède une maison à Vil’Khiva, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Kharkiv. Le parcours pour s’y rendre est parsemé d’embûches.

Les points de contrôle de l’armée ukrainienne sont nombreux et à chacun d’eux, les soldats multiplient les avertissements : la situation est encore fluide et changeante; la région fait encore l’objet de bombardements à l’occasion; les retraités doivent comprendre qu’ils s’y rendent à leurs risques et périls. Rapidement, les rangées de maisons en ruines de chaque côté de la route viennent confirmer que les affrontements n’ont pas détruit que des cibles militaires.Portrait d'Oleksandr et de Lyudmila.

Oleksandr et Lyudmila devant ce qu’il reste de leur maison dans la région de Kharkiv. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Mais arrivés devant chez eux, ils sont accueillis par un concert d’aboiements enjoués. Rigik, le chien des voisins qu’ils croyaient mort, accourt vers Lyudmila et la couvre de salive à grands coups de langue. Submergée par l’émotion, la sexagénaire, soulagée, l’enlace et le caresse en lui répétant des mots rassurants.

Mais une fois franchi le portail de la propriété, un triste spectacle les attend. Un obus a creusé un énorme cratère dans le jardin et a dévasté la façade. Oleksandr pousse un soupir en marchant sur les débris et se frotte la tête frénétiquement en se répétant à voix haute : C’est un cauchemar, c’est terrible. Puis, il lance à notre intention : Voilà à quoi ressemble la paix russe.

Son épouse le rejoint et partage son désarroi. Ils observent la façade en silence puis font un signe amical à l’endroit des deux soldats ukrainiens qui montent la garde dans le quartier. C’est notre terre, notre mère patrie, rappelle Oleksandr avec détermination. Et personne ne va nous forcer à partir d’ici. Sa femme acquiesce. Elle note que son sentiment d’appartenance au peuple ukrainien a monté en flèche depuis l’invasion du 24 février.

« Nous sommes forts. Et personne ne nous a rendus si forts et si unis que Vladimir Poutine lui-même. Personne. »— Une citation de  Lyudmila NishchetaOleksandr et Lyudmila derrière une camionnette calcinée.

Oleksandr et Lyudmila constatent les dégâts matériels à la suite du passage de l’armée russe. Photo: Radio-Canada/Emilio Avalos

Comme une majorité d’habitants de la région de Kharkiv, le couple de retraités a le russe comme langue maternelle. Mais en voyant les traces de la présence de soldats russes dans sa maison, elle se sent partagée entre la haine et le mépris.

Elle est surtout écœurée que les russophones comme elle aient servi de prétexte à Vladimir Poutine pour envahir l’Ukraine. Les pacifiques soldats russes sont soi-disant venus nous libérer, dit-elle avec ironie. Nous libérer de quoi? Je ne sais pas. Pour le moment, ils nous ont surtout libérés de la langue russe.

Une dernière phrase qu’elle choisit de prononcer lentement et en ukrainien pour en accentuer la portée. Comme elle, beaucoup d’Ukrainiens russophones ont maintenant honte de parler leur langue maternelle et choisissent de s’exprimer désormais en ukrainien. En sortant, Oleksandr et Lyudmila prennent des nouvelles des voisins, ceux qui sont restés sur place. Comme Vasiliy Orinchin, 87 ans, qui n’a pas bougé de chez lui tout au long de l’occupation. La silhouette frêle, le dos voûté, le vieillard cite un vieux proverbe pour s’expliquer.Portrait de Vasiliy.

Vasiliy n’a pas quitté sa maison pendant l’offensive russe. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

« Là où je suis né, là où j’ai été baptisé, c’est là où je mourrai. »— Une citation de  Vasiliy Orinchin, résident de Vil’hivka

L’homme nous raconte avoir aperçu les soldats russes dans la rue devant chez lui il y a quelques semaines en regardant par la fenêtre. Il nous amène derrière sa modeste demeure pour nous montrer le souvenir qu’on lui a laissé.

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Vasiliy montre du doigt l'engin explosif.

Vasiliy a trouvé une roquette plantée dans son jardin.Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Une roquette partiellement enfouie dans la terre.

Cette roquette aurait pu faire des dommages considérables si elle avait explosé dans le jardin de Vasiliy. Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Une roquette non explosée est plantée dans la terre, bien en évidence à moins d’un mètre du mur de sa maison. Il raconte qu’elle est tombée en pleine nuit, que cela l’a réveillé, car les murs ont tremblé. Ils bombardaient et c’est tombé chez moi, conclut-il simplement avant d’ajouter, un sourire dans le regard : Moi, j’ai rien demandé.

Vasiliy jure de rester chez lui en attendant la visite des démineurs ukrainiens. Il se sent d’ailleurs bien plus en sécurité depuis que les soldats russes se sont retirés des villes et villages des environs.

Un grondement sourd se fait entendre à travers le village. Deux lourdes pièces d’artillerie sur chenilles traversent Vil’khivka au pas de charge. Les canons motorisés de 203 mm s’arrêtent soudainement dans un champ et se positionnent, à côté l’un de l’autre. Une nuée d’opérateurs se déploie immédiatement tout autour pour les charger et les pointer dans la bonne direction.

Deux coups de tonnerre déchirent bientôt le ciel alors qu’une énorme boule de feu sort de la bouche des canons. L’opération n’a duré que quelques minutes. Rapidement, après les tirs, les artilleurs entreprennent de plier bagage. Car ces armes de conception ancienne, héritage de l’ère soviétique, sont vulnérables aux contre-attaques. Les soldats ukrainiens misent donc sur la mobilité et sur des configurations de tir atypiques pour déjouer l’ennemi.

« Ukraine In The Fight », l’Ukraine au combat peut-on lire sur l’écusson cousu sur une la veste d’un militaire.

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Kran avec une arme en bandoulière.

Kran, le commandant de l’unité spéciale Tuman. Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Deux soldats.

Le moral des combattants ukrainiens est à toute épreuve. Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Gros plan sur un écusson.

« Ukraine In The Fight », l’Ukraine au combat peut-on lire sur l’écusson cousu sur une la veste d’un militaire. Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

La rapidité d’action et la grande connaissance du terrain sont des atouts essentiels aux yeux de Kran, le commandant de l’unité spéciale appelée Tuman, ce qui veut dire brouillard. Le grand gaillard à la barbe fournie a une allure de grand-père un peu bonasse. Mais le regard de fer que l’on perçoit derrière ses lunettes balistiques et la kalachnikov qu’il porte en bandoulière ne laissent aucun doute sur sa détermination.

Nous sommes tous convaincus que nous allons gagner, confirme-t-il en désignant ses hommes d’un geste de la main. Il évoque la trop grande rigidité de la chaîne de commandement de l’armée russe, ses problèmes d’approvisionnement, de logistique et le faible moral de ses troupes comme autant de facteurs plombant l’ennemi et favorisant les troupes de Kiev sur le terrain. Mais, selon lui, c’est la motivation sans faille des combattants ukrainiens qui fait la différence.

« Nous nous battons pour protéger notre terre, notre mère patrie, nos femmes, nos enfants, notre avenir. Il n’y a pas de meilleure motivation. »— Une citation de  Kran, commandant, unité spéciale Tuman, armée ukrainienne

Son bras droit, nom de guerre Orest, nous emmène dans le bunker adjacent pour nous montrer sa collection de trophées. Alignées sur le mur de béton, se trouve une série d’armes laissées derrière par des troupes russes en déroute. Des lance-roquettes RPG7, une mitrailleuse douchka, un fusil de sniper DragounovDes cadeaux de la Russie, lance-t-il, ironique.Le NLAW porté à l'épaule.

Le NLAW cadeau des Britanniques. Photo : Radio-Canada/ Emilio Avalos

Mais c’est un autre cadeau, venu celui-là de Grande-Bretagne, qui s’est révélé le plus utile sur le champ de bataille. Orest nous montre le NLAW qui trône bien en évidence dans le bunker, un lance-roquettes antichar, très moderne, qui a permis de détruire quantité de blindés russes.

L’officier en profite pour lancer un appel aux pays occidentaux, leur demandant de fournir à l’armée ukrainienne davantage d’armes modernes et d’équipements spécialisés comme des lunettes de visée nocturne. Seul moyen, selon lui, de mettre un terme rapidement au conflit et d’ainsi réduire les pertes de vies humaines.

Une guerre cruelle et insensée dont Oleksandr et Lyudmila attendent la fin avec impatience, évoquant son lourd tribut; les dizaines de milliers de victimes et les millions de personnes aujourd’hui sans abri.

Au moment de quitter la maison à demi détruite, sentant la tristesse et le désespoir de sa femme, Oleksandr l’enlace et lui chuchote à l’oreille : Nous allons tout reconstruire, ne t’en fais pas.

Avec Radio-Canada par Jean-François Bélanger

L’Ukraine dit avoir repris trois localités près de Kharkiv

avril 23, 2022
Des passants autour d'un trou profond au sol causé par un bombardement.

Trace visible des bombardements, vendredi, banlieue nord de Kharkiv. Photo: Getty Images/AFP/Sergey Bobok

L’Ukraine soutient avoir repris Bezrouki, Slatine et Proudïanka, trois localités situées près de Kharkiv, dans l’est, samedi. Deuxième plus grande ville du pays, Kharkiv est régulièrement frappée par l’artillerie russe.

Nos forces armées ukrainiennes ont réussi une contre-offensive lancée hier matin. Après de longs combats acharnés, nos unités ont délogé les troupes russes de Bezrouki, Slatine et Proudïanka, a déclaré sur Telegram Oleg Synegoubov, gouverneur de la région de Kharkiv.

Proudïanka, le village le plus au nord, se trouve à une quinzaine de kilomètres seulement de la frontière russe.

M. Synegoubov a également précisé que deux personnes avaient perdu la vie et que 19 autres avaient été blessés par les bombardements russes dans la région de Kharkiv au cours des dernières 24 heures.

Selon le porte-parole du ministère de la Défense ukrainien, Kharkiv reste partiellement bloquée par les forces russes, notamment présentes au nord-ouest et qui renforcent leurs positions au sud de la ville.

Selon la même source, les Russes ont poursuivi leurs offensives dans les districts d’Izioum et de Barvinkove pour prendre le contrôle du réseau ferré. Dans cette zone frontalière entre les régions de Kharkiv, de Donetsk et de Louhansk, l’armée russe tente d’encercler les positions fortifiées de l’armée ukrainienne dans le Donbass afin de prendre le contrôle total.La façade d'un édifice résidentiel est réduite en morceaux : les décombres jonchent le sol.

Un quartier résidentiel de la banlieue de Kharkiv a été lourdement touché par les bombardements vendredi. Photo: Getty Images/AFP/Sergey Bobok

Selon le conseiller de la présidence ukrainienne Oleksiy Arestovytch, les Russes mènent des opérations offensives et de reconnaissance pour tenter de trouver des points faibles dans la défense ukrainienne.

Non loin de la frontière, les villes de la région de Louhansk toujours contrôlées par les Ukrainiens sont pilonnées de plus en plus intensément, a affirmé le gouverneur de la région samedi au petit matin.

Les forces ukrainiennes ont quitté certains emplacements qu’elles contrôlaient, mais seulement pour se regrouper, a ajouté Serhiy Haidai.

Frappe mortelle à Odessa

Une frappe aérienne russe a tué 5 personnes et en a blessé 18 autres samedi à Odessa, dans le sud du pays, selon le chef de cabinet de la présidence ukrainienne. « Ce ne sont que ceux qu’on a réussi à retrouver [à ce stade-ci]. Selon toute vraisemblance, le bilan sera plus lourd », a indiqué AndriI Yermak sur Telegram, précisant qu’« un bébé de 3 mois » faisait partie des victimes.

Les forces russes ont tiré une série de missiles depuis des bombardiers Tu-95 au-dessus de la mer Caspienne; deux missiles ont atteint une installation militaire et deux autres, des bâtiments résidentiels de la ville portuaire, selon l’armée de l’air. Le système de défense antiaérienne en a détruit deux autres qui se dirigeaient vers la ville.

Le seul objectif des frappes de missiles russes contre Odessa, c’est la terreur, a accusé sur Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba en appelant à dresser un mur entre la civilisation et les barbares qui attaquent des villes pacifiques avec des missiles.

Par ailleurs, le premier ministre britannique Boris Johnson a discuté avec le président ukrainien d’une nouvelle phase d’aide militaire, a indiqué samedi le chef adjoint du Bureau du président ukrainien, Andryi Sybiga. Il a entre autres été question d’approvisionnement en armes lourdes et d’une aide financière additionnelle, selon lui.

Échec de la tentative d’évacuation des civils à Marioupol

Une nouvelle tentative d’évacuation de civils de Marioupol (en grande partie contrôlé par l’armée russe) vers la ville de Zaporijjia – à quelque 200 km au nord-ouest – a échoué, a indiqué samedi un adjoint au maire de Marioupol sur son compte Telegram.

Environ 200 résidents qui avaient commencé à se rassembler pour être évacués ont été dispersés par l’armée russe, souligne Petro Andriouchtchenko. Certains auraient été ensuite forcés de monter dans des autocars qui se dirigeaient vers une localité occupée par les Russes, à 80 km au nord. Une fois encore les Russes ont perturbé une évacuation, a déploré l’adjoint au maire.

Aujourd’hui, nous essayons à nouveau d’évacuer les femmes, les enfants et les personnes âgées, avait indiqué plus tôt sur Facebook la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk.

Mme Verechtchouk avait toutefois incité à la prudence, car, disait-elle, les forces russes pourraient vouloir organiser un autre couloir d’évacuation en parallèle, vers la Russie cette fois. Ne succombez pas à la tromperie et la provocation, avait-elle lancé.

La dernière évacuation réussie vers Zaporijjia remonte à jeudi, quand, après plusieurs jours sans évacuation possible, trois autocars d’évacués de Marioupol avaient pu se rendre à destination.Un char d'assaut endommagé traîne parmi les décombres dans une rue.

Des civils sont toujours à Marioupol, même si la ville est détruite par endroit et continue d’être bombardée. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Blinken en visite à Kiev dimanche

Kiev abandonnera les négociations avec Moscou si ses militaires, retranchés dans le vaste complexe métallurgique d’Azovstal à Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine, sont tués par l’armée russe, a réitéré samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Si nos hommes sont tués à Marioupol et si des pseudo-referendums sont organisés dans la région de Kherson, alors l’Ukraine se retirera de tout processus de négociation, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse organisée dans une station de métro sur la place centrale de Kiev.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken se rendra à Kiev dimanche, a par ailleurs annoncé le président Zelensky. Des officiels américains viendront chez nous : je rencontrerai le secrétaire à la Défense [Lloyd Austin] et Antony Blinken, a-t-il déclaré.

Ce sera la première visite officielle de représentants du gouvernement américain en Ukraine depuis le 24 février.

Fêter la Pâque en ligne

Les autorités ukrainiennes invitent les fidèles à éviter les grands rassemblements habituels du week-end de la Pâque orthodoxe et à suivre plutôt en ligne les services religieux.

Vendredi soir, en vue de la Pâque, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait réclamé une pause humanitaire pour évacuer les civils des villes ukrainiennes envahies par les Russes, à commencer par Marioupol, assiégée et pilonnée par l’armée russe depuis le début mars. En réponse à cet appel, le patriarche orthodoxe russe Kirill a réagi en invitant les fidèles à prier pour une paix durable, sans évoquer l’idée d’une trêve pour le week-end pascal des chrétiens orthodoxes.

Plus tôt, l’Église orthodoxe ukrainienne s’était dite prête à organiser une procession pascale vers l’usine d’Azovstal, à Marioupol, pour apporter une aide d’urgence et évacuer les civils ainsi que les militaires blessés. L’Église ukrainienne relève du patriarcat de Moscou, mais elle a pris ses distances d’avec le patriarche russe Kirill, un allié connu de Vladimir Poutine.

Marioupol, port stratégique de la mer d’Azov, est désormais contrôlé en grande partie par l’armée russe, mais l’armée ukrainienne n’a pas encore abdiqué; ses derniers combattants, appartenant notamment au bataillon Azov, sont retranchés dans l’immense complexe métallurgique d’Azovstal.

Ils demandent depuis plusieurs jours à ce que les femmes et les enfants, qui seraient des centaines avec eux, réfugiés dans les souterrains de ce complexe, puissent être évacués avec des garanties de sécurité.

Une nouvelle vidéo mise en ligne samedi sur YouTube par le bataillon Azov montre des dizaines de femmes et des enfants chaudement habillés dans un dortoir de fortune dans un souterrain d’Avozstal.

Une femme explique notamment à la caméra vivre dans ce souterrain depuis début mars. Une autre, un bébé dans les bras, affirme s’être réfugiée là parce que son mari travaillait dans l’aciérie. Plusieurs enfants filmés disent qu’ils voudraient pouvoir rentrer à la maison.

La date de la vidéo n’a pas pu être immédiatement vérifiée, mais deux femmes interrogées mentionnent que la date du jour est le 21 avril.

Le conseiller de la présidence ukrainienne Oleksiï Arestovytch soutient sur Telegram que les Russes ont repris les frappes aériennes sur le complexe samedi. Ils tentent des opérations d’assaut, mais nos défenseurs, malgré leur situation difficile, mènent des contre-opérations, a-t-il déclaré. Ces informations n’ont toutefois pas pu être vérifiées.

Le président russe, Vladimir Poutine, avait affirmé jeudi que les forces russes ne tenteraient pas d’assaut final sur Azovstal.

L’invasion en Ukraine, un début, selon Zelensky

Vendredi, Moscou a annoncé qu’un couloir terrestre vers la Crimée serait assuré si elle contrôlait le sud de l’Ukraine et la région du Donbass.

Le contrôle du sud de l’Ukraine, c’est également un couloir vers la Transnistrie, où l’on observe également des cas d’oppression de la population russophone, a affirmé un haut responsable militaire russe, le général Roustam Minnekaïev.

La Moldavie a convoqué l’ambassadeur de Russie pour protester contre ces déclarations concernant la région séparatiste moldave. Celles-ci sont jugées contradictoires avec le soutien de la Russie à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du pays, selon la Moldavie.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a estimé vendredi soir que les propos russes ne faisaient que confirmer ce [qu’il a] dit à plusieurs reprises : l’invasion russe de l’Ukraine était censée n’être que le début, et ensuite, ils veulent capturer d’autres pays.

Tous les peuples qui, comme nous, croient en la victoire de la vie sur la mort doivent se battre avec nous, a poursuivi M. Zelensky. Celui-ci a accusé la Russie d’avoir apporté la mort en Ukraine.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

En périphérie de Kharkiv, petite avancée ukrainienne et cadavres russes

mars 28, 2022
En périphérie de Kharkiv, petite avancée ukrainienne et cadavres russes© AFP/Aris Messinis

Sur la carte, ce ne sont que quelques kilomètres et un hameau de quelques âmes. Pour les forces ukrainiennes, c’est néanmoins une petite victoire.

Les soldats ukrainiens ont chassé les troupes russes du village de Mala Rogan, à environ quatre kilomètres dans la campagne à l’est de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, a constaté l’AFP.

Lundi, sous un ciel bleu, mais un vent d’hiver toujours glacial, les militaires ukrainiens, brassard bleu pour se reconnaître entre eux, procédaient à des opérations de sécurisation et renforçaient leurs positions dans et autour des maisons en partie détruites de cette petite localité.

Les corps de deux soldats russes gisent, face contre terre, dans une allée de terre noire.

Au moins deux autres corps ont été jetés dans un puits, leurs grosses chaussures dépassent d’un tas de pierres. « Ca risque de contaminer l’eau », grogne un énergique sous-officier, casquette motif camouflage et poignard à la poitrine sur son gilet pare-balles.

« Il y a des cadavres russes un peu partout, on ne les a pas comptés », explique-t-il. L’un de ses hommes parle de 25 Russes tués, ajoutant : « un des nôtres est mort ».

« Il y a d’autres cadavres dans les environs du village. Les Russes s’en foutent de leurs morts, ils ne veulent pas les récupérer », commente avec une mine de dégoût le même sous-officier.

Plusieurs véhicules blindés russes ont été détruits dans les combats. Deux carcasses carbonisées sont encore présentes dans les cours des maisons aux toitures incendiées. Un camion russe frappé de la lettre Z est emmené à toute vitesse vers l’arrière du front dans un grondement de moteur. « Trophée ! », s’exclame un soldat dans un grand sourire.

50kg sur le dos

L’attaque par les forces de Kiev a été effectuée en milieu de semaine. Elle a été déclenchée à l’aube par un groupe de combattants qui se sont infiltrés pendant la nuit par le lit d’une rivière voisine.

« Nous portions chacun 50kg d’équipements sur les épaules, on avait des (lance-roquettes de fabrication américaine) Javelin », explique un participant à l’opération, le sergent Valery.

A 54 ans, cet ingénieur électricien à la barbe de moujik, qui était employé par le métro de Kharkiv, et ancien combattant de l’armée soviétique en Afghanistan, s’est enrôlé après le début de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février. « Je m’attendais à ce qu’on me donne une pelle et une vieille pétoire, comme en Afghanistan, mais regardez », s’étonne-t-il encore, écartant les bras pour montrer son bardage complet.

« Les combats ont duré une dizaine d’heures. Les Russes ont été surpris, ils étaient installés dans les caves où ils ont essayé résister. On leur a donné une chance de se rendre. Tant pis pour eux… », poursuit-il en haussant les épaules.

Près de 180 soldats russes étaient installés dans ce village. « Cinq d’entre eux ont été capturés, dont l’un a tenté de s’enfuir et a été lui aussi tué ». L’un des prisonniers a expliqué être un ancien du contingent russe en Syrie, toujours selon le sergent Valery.

« Les Russes agissent parfois en civil, ils s’infiltrent dans nos lignes », confie le militaire. Les tireurs russes cachés dans les maisons ou les bois environnants ont retardé la libération de Mala Rogan.

Il y a eu ensuite beaucoup de bombardements, dont deux au phosphore, il y a cinq jours sur une laiterie à l’entrée du village et, dimanche soir, sur une colline plus au sud. « C’était très beau tous ces feux dans la nuit », dit sur le ton de la plaisanterie un autre soldat.

La prise de Mala Rogan « est d’une grande importance, car c’est à partir de là qu’ils (les soldats russes) bombardaient en permanence des zones d’habitation de la ville », a déclaré à un média local le maire de Kharkiv, Igor Terekhov.

Des combats durent néanmoins depuis plusieurs jours pour le contrôle de la localité voisine de Vilkhivka, à quelques kilomètres plus au nord, une autre position avancée de l’armée russe d’où celle-ci bombarde également Kharkiv.

A Mala Rogan, la situation était relativement calme ce lundi, avec de fortes détonations dans le lointain.

« Ici on avance, mais à Vilkhivka, on piétine… », commente un autre soldat. « Il va falloir pourtant régler cette situation au plus vite, le printemps arrive, il sera bientôt temps de planter les patates ! », plaisante cet agriculteur dans le civil.

Par Le Point avec AFP

Ukraine: A Kharkiv, des barricades de sable pour sauver le poète Chevtchenko des obus

mars 27, 2022

Comment protéger son patrimoine de la mitraille: deuxième ville d’Ukraine, Kharkiv, soumise quotidiennement aux bombardements russes, a commencé ce week-end à monter des barricades de sable devant ses statues les plus emblématiques.

La plus importante d’entre elles trône au cœur du centre-ville, dans un vaste parc aux arbres centenaires: menton en avant et l’allure conquérante, le poète Taras Chevtchenko est la principale figure du patriotisme ukrainien du XIXème siècle.

Depuis l’indépendance du pays en 1991 avec l’effondrement de l’Union soviétique, pas une ville ukrainienne qui n’ait son avenue ou sa place Chevtchenko, également nom de la plus grande université ukrainienne à Kiev.

Ouvriers et engins élévateurs s’affairent autour de l’imposante statue de fonte noire, haute de 16 mètres selon la mairie, et plus haute sculpture de Kharkiv depuis qu’a été mise à bas celle de Lénine en 1994, sur une grande esplanade voisine.

« Il faut protéger la ville pour que les générations futures la connaissent comme nous l’avons connue », plaide Petro, retraité de 72 ans à la casquette de cuir et aux dents en or, venu participer à l’opération comme « volontaire ».

Erigée en 1935, la statue de Chevtchenko est un mixte de réalisme socialiste et de stalinisme baroque, où le personnage central est comme cerné par les soldats révolutionnaires à ses pieds, image du patriotisme ukrainien longtemps bridé par la Russie « frère » sous le régime communiste.

Le socle en grès et les combattants staliniens disparaissent maintenant sous les sacs de sable, qui arrivent déjà à la taille du poète, masquant sa démarche conquérante, mais pas encore son regard farouche et sa moustache tombante.

« Il paraît que pendant la Seconde guerre mondiale, une balle avait ricoché sur sa tête », raconte, sourire en coin, l’une des employés de la municipalité mobilisée pour les travaux.

« A l’époque, la ville avait été ravagée, mais le centre-ville relativement préservé, il n’avait pas été bombardé comme maintenant », s’offusque Volodymyr, un colosse cinquantenaire.

Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, Kharkiv est, avec Marioupol (sud), la métropole la plus bombardée. Stationnée à quelques kilomètres, l’artillerie russe bombarde quotidiennement le nord et l’est de la ville, ainsi que son centre historique.

« Encore mille ans ! »

Plus d’un millier de bâtiments ont été détruits ou endommagés, dans une ville vidée d’environ un tiers de ses 1,5 million d’habitants, selon les autorités locales.

Les édifices publics du centre, abritant administrations et services de sécurité, ont été particulièrement visés.

Ville de culture et d’histoire, Kharkiv compte « une cinquantaine de monuments dressés en l’honneur de ceux qui ont fait la gloire de la ville », et qui seront donc protégés par des sacs de sable, a annoncé la mairie. Et d’ajouter: « nous espérons que ces monuments dureront encore mille ans ! »

Il y a les monuments dans le plus pur style soviétique, comme celui qui commémore la « Grande guerre patriotique » ou le « Soldat libérateur ». Mais aussi divers mémoriaux, dont celui de Drobytsky Yar, en hommage aux milliers de juifs assassinés pendant la Seconde guerre mondiale. Situé à la limite est de la ville, il a été endommagé dans les combats samedi, a constaté l’AFP.

La muraille protectrice de la statue Chevtchenko quasi-terminée, des dizaines d’employés de la mairie et des volontaires s’activent désormais à disposer des sacs de sable autour du monument de l’Indépendance, une déesse brandissant les lauriers de la victoire, installée en l’honneur de la proclamation de l’indépendance de l’Ukraine le 24 août 1991.

Pour l’instant, on peut toujours lire, gravé en alphabet cyrillique, le slogan que l’on entend désormais partout dans le pays en guerre: « Gloire à l’Ukraine ».

« Nous sommes des fonctionnaires et des employés municipaux inoccupés actuellement, la mairie nous a mobilisés », explique une membre du groupe, Ilona Kalachnikova, habituellement affectée aux espaces verts.

« En ce moment, on ramasse surtout les branches et les arbres décapités par les roquettes. Cette année nous ne planterons rien, il n’y aura pas de fleurs », regrette-t-elle. « Ces sacs de sable sont un symbole de notre attachement à notre ville. On peut reconstruire des maisons détruites, mais pas des monuments historiques ».

Par Le Point avec AFP

Ukraine: Dans Kharkiv en guerre, un concert pour « continuer à vivre » malgré l’invasion russe

mars 26, 2022
Dans Kharkiv en guerre, un concert pour « continuer à vivre » malgré l’invasion russe© AFP/Aris Messinis

« Même quand les armes parlent, la musique ne s’arrête pas »: dans Kharkiv quotidiennement bombardée par l’armée russe, une poignée de musiciens ukrainiens ont offert samedi, à un public restreint mais ému, un concert de musique classique, temps suspendu au milieu de la guerre.

Trois violonistes, un violoncelliste et un contrebassiste ont joué pour quelques dizaines de personnes, pendant une demi-heure, dans l’une des grandes stations de métro de la deuxième ville d’Ukraine, proche de la frontière russe.

Sous terre, protégés des roquettes et des missiles à longue portée, ces jeunes musiciens, âgés de 20 à 35 ans, ont interprété successivement l’hymne national, un extrait de la suite numéro 3 de Jean-Sébastien Bach, des Humoresques d’Antonin Dvorak, et plusieurs airs du folklore populaire ukrainien.

Ils ont ensuite joué une mélodie de Myroslav Skoryk – compositeur ukrainien décédé en 2020 – souvent utilisée par le président Volodymyr Zelensky dans ses vidéos et messages diffusés sur les réseaux sociaux.

Le mini-concert s’est déroulé sur un escalier de marbre d’une station à l’atmosphère de cathédrale, sous le regard réjoui de nombreux déplacés. Des dizaines de familles vivent là depuis le début de l’invasion russe le 24 février, fuyant la guerre en surface et dormant dans de vieux wagons immobilisés sur les quais.

« Quand notre coeur est rempli, cela nous aide à surmonter les temps difficiles », a lancé Serguiï Politoutchy, directeur du Kharkiv Music Fest – l’un des plus prestigieux festivals de musique d’Ukraine – à l’origine de cette initiative, organisée le jour où aurait dû ouvrir cet évènement annuel.

Malgré le bruit des armes, « la musique ne s’arrête pas », dit-il. « Ce mini-concert, c’est le symbole de la lumière qui vaincra les ténèbres, la vérité qui triomphera du mensonge (…) L’organisation était un peu compliquée du fait de la sécurité, mais nous y sommes arrivés ! », s’est-il félicité.

« Etre utile à mon peuple »

Avec leur escorte en armes, le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Sinegoubov, et le maire de la ville Igor Terekhov, ont assisté au récital.

« Il y a un mois, nous ne pouvions pas imaginer que nos militaires et nos citoyens pourraient, main dans la main, protéger la ville (…). En ces temps de guerre, nous travaillons tous ensemble pour la victoire, ce concert montre que nous sommes sur la bonne voie », s’est réjoui M. Terekhov.

Parmi les cinq musiciens, le violoncelliste professionnel Denys Karachevtsev, dont les vidéos le montrant en train de jouer devant les bâtiments de Kharkiv détruits par les bombes ont fait le tour des réseaux sociaux ces derniers jours, comme un moment presque magique entre deux alertes.

« C’était juste une idée, pour être utile à mon peuple, à mon pays et à ma ville natale. J’aime cette ville, ses habitants. Tout ce que je peux faire pour aider, je le ferai », déclare-t-il à l’AFP. « Des gens m’ont dit que mes vidéos ont ramené un peu de normalité dans leur vie. C’est important en ce moment. (…). Nous n’avons pas peur, nous sommes forts et chacun peut aider à sa manière ».

D’autres musiciens ukrainiens ont partagé sur les réseaux sociaux des parenthèses musicales: la violoniste Vera Lytovchenko dans son abri à Kharkiv, la pianiste Irina Manioukina dans sa maison endommagée près de Kiev, ou des membres de l’opéra d’Odessa, devant leur salle protégée par des sacs de sable.

« Tout le monde est venu chez moi pour une unique répétition », raconte, radieuse, Tatiana Choukh, l’une des trois violonistes de ce mini-concert de Kharkiv.

« Lors des premiers jours de la guerre, c’était en moi un silence total. Puis j’ai compris que nous devons continuer à vivre, pour nos idéaux, pour notre pays, pour notre futur », dit-elle.

« Jouer de nos instruments est ce que nous savons faire de mieux, nous le ferons dans toutes les circonstances ». Et d’ajouter dans un grand sourire éclairant ses yeux embués: « peut-être était-ce le meilleur concert de ma vie ».

Par Le Point avec AFP

Ukraine: Kharkiv et Marioupol sous les bombes, combats à Kherson

mars 2, 2022
Des pompiers éteignent les restes d'un incendie dans un grand bâtiment presque entièrement démoli.

Les tirs russes ont détruit des infrastructures sur le campus de l’Université nationale de Kharkiv le 2 mars 2022. Photo : Reuters/Oleksandr Laphyn

La Russie poursuit son offensive contre plusieurs grandes villes d’Ukraine mercredi, dont Kharkiv, où une université et un hôpital ont notamment été visés, faisant des victimes parmi les civils.

Au septième jour de l’invasion lancée par Vladimir Poutine, une nouvelle salve de bombes s’est abattue mercredi matin sur Kharkiv, deuxième ville du pays, visant les sièges régionaux des forces de sécurité et de police, de même que l’université de cette métropole située à 50 km de la frontière russe.

Selon une estimation des services d’urgence, ces attaques ont fait au moins quatre morts et neuf blessés. Les secours précisent aussi avoir déployé 21 véhicules et 90 personnes pour éteindre des incendies en cours et prendre en charge les victimes.

« Il ne reste plus de zone à Kharkiv où un obus d’artillerie n’a pas encore frappé. »— Une citation de  Anton Guerachtchenko, conseiller du ministre de l’Intérieur ukrainien

Quelques heures plus tôt, le gouverneur de la région, Oleg Synegubov, avait estimé que les derniers tirs de missiles et barrages d’artillerie avaient tué au moins 21 personnes en plus d’en blesser 112 autres.

Des troupes aéroportées russes sont aussi débarquées à Kharkiv, a annoncé à l’aube l’armée ukrainienne, sans donner une idée de leur nombre.

Ces troupes ont attaqué un hôpital local, peut-on lire dans une publication de l’État-major ukrainien parue tôt mercredi matin sur Telegram. Un combat est en cours entre les envahisseurs et les Ukrainiens.

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

Au 7e jour de l’invasion de l’Ukraine, la ville de Kharkiv dans l’est a été sévèrement touchée par des bombardements. Les détails avec Marie-Eve Bégin.

Kharkiv, ville de 1,4 million d’habitants, avait déjà été bombardée au cours des derniers jours, faisant plusieurs dizaines de victimes parmi les civils.

Le dernier décompte provisoire des Nations unies affirme qu’au moins 136 civils ont été tués et que 400 autres ont été blessés depuis le début de l’assaut russe, jeudi dernier. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a toutefois averti que le bilan réel risque d’être nettement plus élevé.

Les autorités ukrainiennes, elles, rapportent plus de 350 morts parmi les civils, dont 14 enfants.

La Russie, pour sa part, communique très peu sur son offensive, et encore moins sur ses pertes sur le terrain. Affirmant avoir capturé des dizaines de soldats russes, le ministère de la Défense ukrainien a invité mercredi leurs mères à venir les chercher sur son territoire, à Kiev, plus précisément.

Des armes interdites et dévastatrices?

Des organisations comme Amnistie internationale et Human Rights Watch dénoncent depuis quelques jours l’emploi par l’armée russe de bombes à sous-munitions –interdites par la convention d’Oslo depuis 2010– dans les zones civiles, et évoquent des crimes de guerre, photos et vidéos à l’appui. L’usage d’armes thermobariques, extrêmement dévastatrices et très peu précises, a également été évoqué, mais n’a pas été confirmé de façon indépendante.

Calme relatif à Kiev

Dans la capitale, où les habitants qui n’ont pas fui se préparent depuis des jours à un assaut, un calme relatif règne mercredi, après des frappes la veille sur la tour de télévision, qui ont fait cinq morts.

Des photos de la société américaine d’imagerie satellitaire Maxar diffusées dans la nuit de lundi à mardi montraient un long convoi russe, composé de chars et de blindés, mais aussi de camions citernes, à environ 25 kilomètres au nord de Kiev.

Un responsable du Pentagone a cependant indiqué que la progression de ce convoi d’une soixantaine de kilomètres semblait au point mort, évoquant de possibles problèmes d’approvisionnement en nourriture et en carburant.

Le ministère ukrainien de la Défense a par ailleurs indiqué dans la nuit redouter une offensive à Kiev depuis le Bélarus, au nord, pays limitrophe de l’Ukraine qui sert d’arrière-base pour les troupes de Vladimir Poutine.

Le maire de Kiev, l’ex-boxeur Vitaly Klitschko, a fait état de combats dans la banlieue de la ville et a appelé tous les résidents de Kiev à faire preuve de résilience.

« Kiev tient et va tenir. »— Une citation de  Vitaly Klitschko, maire de KievUne femme marche avec des sacs près d'un char militaire qui semble brûlé.

Une femme marche près d’un char militaire, à Boutcha, en banlieue nord-ouest de Kiev. Photo : Reuters/Serhii Nuzhnenko

Le contrôle de Kherson revendiqué

Le ministère de la Défense russe a affirmé mercredi matin s’être emparé de la ville portuaire de Kherson, située au sud du pays, près de la péninsule de Crimée, après des combats de rue acharnés ces dernières heures.

Quelques minutes plus tôt, le maire ukrainien de la ville, Igor Kolykhaïev, avait toutefois indiqué que la localité était toujours sous contrôle ukrainien, même si les Russes étaient au port et à la gare.

Nous sommes encore l’Ukraine. Nous résistons toujours, a-t-il indiqué sur son compte Facebook, s’engageant du même coup à trouver des solutions pour rassembler les morts, pour rétablir l’électricité, le gaz, l’eau et le chauffage dans les endroits où cela a été coupé.

La ville et sa périphérie, situées au niveau de l’embouchure du fleuve Dniepr et de la mer Noire, ont subi ces dernières heures d’intenses bombardements.

La ville n’est pas tombée, nous continuons le combat, a pour sa part assuré Oleksi Arestovich, un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, à la mi-journée mercredi.

Marioupol, autre ville stratégique et portuaire du sud, était elle aussi toujours la cible mercredi de bombardements incessants. Nous nous battons, nous n’abandonnerons pas la défense de notre patrie, a déclaré le maire de Marioupol, Vadim Boïtchenko, en direct à la télévision ukrainienne.

La veille, plus d’une centaine de personnes ont été blessées dans des tirs de l’armée russe, selon M. Boïtchenko.Un homme blessé sur une civière entouré de secouristes.

Des ambulanciers paramédicaux prennent en charge un homme blessé par un bombardement dans un quartier résidentiel de Marioupol, dans le sud-est du pays, où un hôpital de maternité a été converti pour soigner les blessés. Photo: AP/Evgeniy Maloletka

Le contrôle de Marioupol pourrait permettre aux troupes russes de rejoindre celles des séparatistes de la région du Donbass, créant ainsi un pont de la Crimée annexée jusqu’à la frontière russe. Ce gain stratégique permettrait aussi à Vladimir Poutine de bloquer l’accès à la mer d’Azov à l’Ukraine.

Selon Moscou, cette jonction entre les deux groupes serait déjà faite depuis mardi, mais cette information n’a pas été confirmée par les autorités ukrainiennes.

Le port de Berdiansk, lui, est officiellement aux mains de l’armée russe.

Radio-Canada avec les informations de Reuters, Agence France-Presse et Associated Press

Ukraine: le maire pro-russe de Kharkiv grièvement blessé dans un attentat

avril 28, 2014

Kharkiv (Ukraine) – Le maire pro-russe de Kharkiv (Est de l’Ukraine) Guennadi Kernes a été grièvement blessé par balle lundi dans un attentat commis par des inconnus, a indiqué la mairie sur son site.

Le maire a été atteint par balles dans le dos. Il est en train d’être opéré. Les médecins luttent pour sa vie, a annoncé la mairie sans plus de précisions.

Le maire était à bicyclette au moment de l’attaque, selon son entourage. Il avait été placé sous contrôle judiciaire en mars par un tribunal de Kiev dans une affaire d’enlèvement et de tortures mais conservait ses fonctions.

Personnage haut en couleurs, M. Kernes a un casier judiciaire pour vol et escroquerie. Il s’est illustré par les méthodes particulièrement musclées utilisées à l’encontre des opposants dans sa ville pendant les trois mois de la contestation pro-européenne qui a renversé le régime du président pro-russe Viktor Ianoukovitch en février.

Des opposants y avaient été régulièrement agressés ou aspergés d’un antiseptique liquide vert difficile à faire partir. Certains ont vu leur voitures brûlées.

Il a aussi favorisé la montée en puissance d’un groupe paramilitaire dit Oplot mené par un certain Evguen Jiline, ancien policier ayant un casier judiciaire. Ce dernier avait expliqué en février à l’AFP qu’on pouvait crever l’oeil ou casser une jambes aux opposants pro-européens s’ils passaient à l’action.

Des militants d’Oplot étaient présents dimanche parmi les insurgés qui ont pris le contrôle de la télévision régionale de Donetsk, capitale de la région de l’Est de l’Ukraine en proie à une insurrection pro-russe.

Après la fuite et la destitution du président Ianoukovitch en février, M. Kernes a lui aussi fui Kharkiv avec son allié, le gouverneur de la région Mikhaïlo Dobkine, avant de revenir rapidement dans le pays.

M. Dobkine a été limogé de son poste du gouverneur mais s’est déclaré candidat à la présidentielle anticipée du 25 mai pour le compte du Parti des régions, ancienne formation de Viktor Ianoukovitch.

Romandie.com avec(©AFP / 28 avril 2014 12h31)