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Crash d’un avion de l’armée soudanaise près de Khartoum, 13 militaires tués

octobre 7, 2012
Crash d'un avion de l'armée soudanaise près de Khartoum, 13 militaires tués Crash d’un avion de l’armée soudanaise près de Khartoum, 13 militaires tués © AFP

Treize membres de l’armée soudanaise sont morts et neuf autres ont été blessés dans le crash de leur avion dimanche près de Khartoum, ont rapporté les médias officiels en citant l’armée.

« Treize militaires ont été tués sur le coup et neuf ont été blessés et transportés à l’hôpital », a indiqué le porte-parole de l’armée, Sawarmi Khaled Saad, cité par l’agence de presse officielle Suna.

Il s’agit du bilan le plus lourd d’une série d’incidents meurtriers touchant l’aviation militaire soudanaise depuis début 2011. Le porte-parole de l’armée a indiqué que six membres d’équipage et 16 autres membres des forces armées voyageaient dans l’avion.

L’avion de transport militaire, un Antonov, se rendait dans la région occidentale du Darfour en proie depuis 2003 à un conflit armé. L’appareil transportait des équipements militaires de Khartoum à El-Facher, capitale de l’Etat du Darfour-Nord.

« Le pilote avait informé l’aéroport d’un problème sur un des moteurs », avant la chute de l’appareil à l’ouest de la ville de Jebel Aulia, à quelque 70 km à l’ouest de Khartoum, avait auparavant indiqué à l’AFP le porte-parole Saad.

Jebel Aulia est une zone de loisirs populaire située à une heure de route de la capitale.

Selon un témoin, un hélicoptère évacuait les victimes du lieu du crash, qui a été bouclé par l’armée.

Les accidents d’avion sont assez fréquents au Soudan, notamment en raison d’une flotte vieillissante.

Les forces armées soudanaises, qui utilisent des hélicoptères et des avions de fabrication russe, ont perdu plusieurs appareils depuis début 2011.

En juillet, les rebelles du Darfour ont abattu un hélicoptère Mi17, tuant sept membres de l’armée, qui a imputé la chute de l’aéronef à un dysfonctionnement de l’appareil.

En décembre 2011, les six membres d’équipage d’un autre hélicoptère militaire ont été tués quand l’appareil s’est écrasé et a pris feu dans l’Etat du Kordofan-Nord. L’armée avait parlé d’un problème technique comme elle l’avait fait en avril 2011 lors de la chute d’un hélicoptère au Darfour tuant les cinq soldats à bord.

 Jeuneafrique.com avec AFP

Les Etats-Unis évacuent les personnels non essentiels de Tunisie et du Soudan

septembre 16, 2012
Les Etats-Unis évacuent les personnels non essentiels de Tunisie et du Soudan Les Etats-Unis évacuent les personnels non essentiels de Tunisie et du Soudan © AFP

Les Etats-Unis ont ordonné samedi l’évacuation de leurs personnels non essentiels ainsi que leurs proches de Tunisie et du Soudan et ont déconseillé aux citoyens américains de se rendre dans ces pays, a annoncé le département d’Etat.

Le ministre tunisien de l’Intérieur a menacé de punir tous ceux qui sont impliqués dans l’attaque de l’ambassade américaine, vendredi, qui a fait 4 morts et 49 blessés. La représentation diplomatique a été mise à sac par des manifestants extrémistes, qui exprimaient leur colère à la suite de la diffusion sur l’internet d’un film anti-islam produit aux Etats-Unis.

Deux protestataires ont également été tués au Soudan, vendredi, lorsque 5. 000 manifestants furieux s’en sont pris aux ambassades de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d’Allemagne, la dernière étant incendiée.

« Etant donné la situation en termes de sécurité à Tunis et à Khartoum, le département d’Etat a ordonné le départ de toutes les familles et de tous les personnels non indispensables de ces deux postes, et a publié parallèlement des avertissements déconseillant aux citoyens américains de voyager » dans ces pays, a précisé dans un communiqué Victoria Nuland, porte-parole du département d’Etat.

Le département d’Etat appelle les citoyens américains « à éviter toutes les manifestations publiques et tous les rassemblements politiques, car même des manifestations qui semblent pacifiques peuvent devenir agressives et violentes sans avertissement ».

Concernant les Américains qui continueraient à séjourner au Soudan, le département d’Etat déclare : « Vous devez garder un profil bas, varier vos horaires et vos itinéraires de trajet, conduire prudemment et vous assurer que votre passeport et votre visa soudanais sont toujours valides ».

Samedi, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a téléphoné à ses homologues en Egypte, en Arabie saoudite, en Turquie, en Grande-Bretagne et en France, ainsi qu’au Premier ministre libyen et au président somalien pour leur demander leur soutien.

Parlant au Premier ministre libyen Moustapha Abou Chagour, Mme Clinton a redit le soutien des Etats-Unis aux efforts de son gouvernement pour mettre en place des forces de sécurité nationales en y intégrant les milices et combattre l’extrémisme, a précisé Mme Nuland.

Elle a également souligné l’importance d’amener devant la justice les auteurs de l’attaque du consulat américain de Benghazi (Libye), au cours de laquelle l’ambassadeur Christopher Stevens et trois autres Américains ont été tués.

« Le Premier ministre a exprimé sa profonde tristesse après la mort de l’ambassadeur Stevens, le considérant comme un héros. Il a jugé que c’était aussi bien une perte pour la Libye que pour les Etats-Unis », a indiqué Victoria Nuland. « Il a fait part de sa confiance pour que les agresseurs soient traduits en justice. Il a noté que le gouvernement avait débuté une action en ce sens ».

L’avertissement qui remplace une note similaire publiée le 7 septembre, considère que le Soudan a pris « quelques mesures » pour limiter les activités des groupes extrémistes mais que « les membres de ces groupes sont toujours présents au Soudan et ont menacé d’attaquer les intérêts occidentaux.  »

Le document américain indique que la situation en termes de menace terroriste demeure « critique » au Soudan, où Washington a pris des mesures pour renforcer la sécurité des personnels officiels américains. Ils doivent maintenant se déplacer dans des véhicules gouvernementaux blindés et obtenir des permissions avant de pouvoir voyager en dehors de Khartoum.

Washington a également ordonné le départ de tous les personnels non essentiels de Tunisie, suite aux attaques survenues vendredi.

L’avertissement concernant la Tunisie déclare ainsi : « Le département d’Etat déconseille aux citoyens américains tout voyage en Tunisie en ce moment ».

« Les citoyens américains restant en Tunisie doivent faire preuve d’une extrême prudence et éviter les manifestations », et ils doivent avertir l’ambassade de leur présence, ajoute le document.

La vague de protestations faisant suite à la diffusion d’un extrait du film anti-islam sur Youtube a éclaté en premier lieu mardi, en Egypte et en Libye. Une manifestation devant le consulat américain a Benghazi (nord de la Libye) s’est transformée en assaut contre le bâtiment, au cours duquel l’ambassadeur et trois autres Américains ont trouvé la mort.

Les manifestations se sont depuis propagées vers les autres nations où la population est majoritairement musulmane, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie. Des dizaines d’hommes, femmes et enfants ont également manifesté devant l’ambassade américaine à Paris samedi.

Le Soudan et le Yémen ont rejeté la demande des Etats-Unis d’accueillir sur leur sol des Marines spécialisés dans l’antiterrorisme pour protéger les représentations diplomatiques américaines.

Jeuneafrique.com avec AFP

Manifestations contre le film anti-islam, une ambassade incendiée au Soudan

septembre 14, 2012
Manifestations contre le film anti-islam, une ambassade incendiée au Soudan Manifestations contre le film anti-islam, une ambassade incendiée au Soudan © AFP

Des dizaines de milliers de musulmans ont manifesté vendredi à travers le monde arabe et l’Asie pour dénoncer un film produit aux Etats-Unis dénigrant l’islam, déclenchant de nouvelles violences, notamment au Soudan où l’ambassade allemande a été incendiée.

A Khartoum, quelque 5. 000 islamistes ont attaqué les ambassades britannique et allemande, mettant le feu à cette dernière et y arrachant le drapeau national pour le remplacer par un étendard islamiste, selon un correspondant de l’AFP.

Au Liban, 300 islamistes ont incendié un fast-food américain à Tripoli (nord), d’après un journaliste de l’AFP.

A Sanaa, la police a tiré en l’air pour repousser quelques centaines de manifestants qui s’approchaient de l’ambassade américaine, selon un correspondant de l’AFP.

Elle a également fait usage de canons à eau pour disperser les protestataires qui s’étaient rassemblés à quelque 500 mètres de l’ambassade, brûlant le drapeau américain et réclamant l’expulsion de l’ambassadeur.

Jeudi, quatre personnes avaient trouvé la mort lors d’attaques contre cette même ambassade.

Au Bangladesh, quelque 10. 000 manifestants ont brûlé à Dacca des drapeaux américains et israéliens, et tenté de s’approcher de l’ambassade des Etats-Unis.

A l’issue de la prière du vendredi, les manifestants se sont rassemblés devant la mosquée Baitul Mokarram, la plus importante du pays, en affirmant notamment « Nous ne tolèrerons pas d’insultes envers notre grand prophète ».

En Indonésie, environ 350 islamistes radicaux ont également manifesté à Jakarta contre la « déclaration de guerre » que représente selon eux le film.

Dans la capitale iranienne, des milliers de personnes se sont rassemblées aux cris de « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël », selon des images de la télévision d’Etat.

Au Caire, où l’ambassade américaine est visée par des manifestations depuis mardi, des heurts sporadiques se sont poursuivis dans la matinée avec les forces de l’ordre déployées aux abords de la mission diplomatique.

Le puissant mouvement des Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi, ont retiré leur appel à manifester à travers tout le pays, affirmant qu’ils n’organiseraient qu’un rassemblement « symbolique » au Caire, sur la place Tahrir.

Forces de sécurité sur le qui-vive

En Syrie, théâtre de violences depuis mars 2011, près de 200 manifestants ont organisé un sit-in de protestation devant l’ambassade des Etats-Unis à Damas, fermée depuis plusieurs mois, selon un journaliste de l’AFP. Silencieux, ils portaient des pancartes dénonçant le film.

En Jordanie, des salafistes ont annoncé des manifestations devant la chancellerie américaine, qui a fait savoir qu’elle avait « relevé sa sécurité ». Les Frères musulmans jordaniens appellent de leur côté à des « défilés pacifiques ».

En Tunisie, des imams de mosquées ont aussi appelé à un grand rassemblement dans l’après-midi devant l’ambassade des Etats-Unis.

A Benghazi, dans l’Est libyen, le trafic aérien a été suspendu dans la nuit pour des « raisons de sécurité », après l’attaque menée mardi soir qui avait coûté la vie à l’ambassadeur Chris Stevens et à trois autres Américains. Mais il a pu finalement reprendre vendredi.

De nombreux pays ont renforcé la sécurité des ambassades américaines après cette attaque, comme le leur a demandé le président Barack Obama.

L’Inde, qui compte une importante minorité musulmane, a ainsi placé en alerte ses effectifs déployés autour des bâtiments américains. Le plus haut responsable religieux musulman de l’Etat indien du Cachemire a demandé aux citoyens américains de « quitter immédiatement » la région.

En Afghanistan, les autorités sont le qui-vive et la plupart des ambassades ont pris des mesures de sécurité accrues pour leur personnel et appelé leurs ressortissants à éviter de sortir.

Alors que le département d’Etat américain a déconseillé à ses ressortissants de se rendre en Algérie en raison d’un risque accru d’attentats, les forces de sécurité ont très sensiblement renforcé leur présence autour de l’ambassade à Alger.

Les forces de l’ordre israéliennes ont aussi annoncé le renforcement de leur dispositif de sécurité dans la Vieille ville et à Jérusalem-Est en raison des « tensions régionales ». Des appels à manifester ont été lancés dans l’enclave palestinienne de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas.

Un film considéré comme « une agression »

Les réactions parfois violentes déclenchées par « Innocence of Muslims » (« L’innocence des musulmans »), dont des extraits sont diffusés sur Internet, rappellent la colère qu’avait provoquée la publication de caricatures du prophète Mahomet en 2006 par un journal danois.

Réalisé par un cinéaste qui s’est présenté comme Américano-israélien et qui selon les médias américains serait de religion chrétienne copte, le film de piètre qualité cinématographique dénigre les musulmans, présentés comme immoraux et brutaux, ainsi que le prophète Mahomet.

L’auteur du film aurait demandé la protection de la police californienne après avoir été identifié par les médias.

Les déclarations se sont multipliées pour fustiger ce film, tout en appelant au calme.

Le président égyptien Mohamed Morsi a jugé vendredi que le film constituait une « agression » qui « détourne l’attention des vrais problèmes au Proche-Orient », tout en condamnant à nouveau les violences qu’il a entraînées dans la région.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que ce film était une « provocation » qui ne peut néanmoins justifier les attaques.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a assuré que le gouvernement américain n’avait « absolument rien à voir » avec cette « vidéo écoeurante et condamnable » exhortant les dirigeants politiques et religieux à condamner les violences survenues.

Le site de partage de vidéos YouTube en Inde a bloqué l’accès au film. YouTube avait déjà restreint cette semaine l’accès à ce film, « de manière temporaire », en Libye et en Egypte.

Le Pakistan et l’Afghanistan ont de leur côté bloqué l’accès à la vidéo tandis que l’Indonésie, pays musulman le plus peuplé de la planète, a aussi demandé à YouTube un blocage du film.

Jeuneafrique.com avec AFP

Soudan: sept morts dans le crash d’un hélicoptère au Darfour

juillet 16, 2012
Soudan: sept morts dans le crash d'un hélicoptère au Darfour Soudan: sept morts dans le crash d’un hélicoptère au Darfour © AFP

Sept militaires soudanais ont péri lundi dans le crash de leur hélicoptère dans le Darfour, une région de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile, a annoncé l’armée soudanaise.

L’incident, qui s’est produit près d’El-Facher, capitale du Darfour-Nord, « alors que les militaires étaient en mission », est dû à « un problème technique », a indiqué le porte-parole de l’armée soudanaise Sawarmi Khaled Saad, cité par l’agence officielle Suna.

Des officiers font partie des victimes, a ajouté le porte-parole, sans préciser le type de l’appareil accidenté.

Deux personnes à bord ont toutefois survécu et ont été transportées vers un hôpital militaire de la région pour y être soignées, selon ce porte-parole.

Le 30 décembre dernier, un hélicoptère militaire soudanais s’était écrasé peu après son décollage d’une base de l’armée de l’air au Kordofan-Nord, et les six membres d’équipage étaient morts.

L’appareil, de fabrication russe, avait pris feu en raison d’un « problème technique », selon l’armée soudanaise.

La guerre civile au Darfour a fait, selon l’ONU, au moins 300. 000 morts –10. 000 selon le gouvernement soudanais– dans des combats entre rebelles non-arabes et le régime de Khartoum, dominé par les Arabes, depuis 2003.

Depuis 2009, le président soudanais Omar el-Béchir est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l’humanité commis à l’encontre des habitants du Darfour.

Jeuneafrique.com avec AFP

Ni l’ONU, ni l’Union africaine ne peuvent imposer leur volonté au Soudan, prévient BéchirNi l’ONU, ni l’Union africaine ne peuvent imposer leur volonté au Soudan, prévient Béchir

mai 10, 2012

Ni l’ONU, ni l’Union africaine ne peuvent imposer leur volonté au Soudan, a déclaré jeudi le président Omar el-Béchir, sur fond de pressions internationales croissantes sur Khartoum et Juba pour qu’ils cessent leurs combats à la frontière.

« Personne ne peut nous imposer ce que nous ne voulons pas, ni le Conseil de sécurité de l’ONU, ni le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine », a déclaré M. Béchir dans un discours à Khartoum, dans sa première réaction à la résolution de l’ONU du 2 mai.

Ce texte, qui soutenait une initiative de l’UA, appelle le Soudan et le Soudan du Sud à cesser leurs hostilités à la frontière sous peine de sanctions, et à entamer des négociations pour régler les problèmes en suspens entre les deux voisins après l’indépendance du Sud en juillet dernier.

La résolution du Conseil de sécurité, qui avait qualifié la situation à la frontière de « grave menace pour la paix et la sécurité internationales », avait également exhorté les deux pays à établir une « zone démilitarisée sécurisée » à la frontière. Les deux voisins avaient jusqu’au 9 mai pour éloigner leurs militaires de 10 km de la frontière.

A l’expiration du délai mercredi, le Soudan du Sud a affirmé avoir retiré ses hommes de la frontière, mais le Soudan a jugé qu’un accord sur la frontière était nécessaire avant tout retrait.

M. Béchir s’exprimait devant un millier d’ouvriers du secteur de l’industrie pétrolière pour marquer la « libération » le mois dernier de la zone pétrolifère de Heglig, à la frontière, dont les troupes sud-soudanaises avaient pris le contrôle pendant dix jours.

Juba avait démenti en avoir été chassé, affirmant s’en être retiré sous la pression internationale.

Cet épisode avait fait monter les tensions d’un cran entre les deux voisins qu’une guerre civile a opposés entre 1983 et 2005, faisant près de 2 millions de morts.

Jeuneafrique.com

Soudan : 1200 soldats sud-soudanais tués à Heglig, selon Khartoum

avril 23, 2012

Les soldats soudanais célébraient lundi 23 avril la reprise de la zone pétrolière de Heglig, en présence du président Omar el-Béchir. Khartoum affirme avoir fait 1200 morts dans les rangs de l’armée sud-soudanaise.

Dans les rangs de l’armée sud-soudanaise, le bilan est lourd. Plus d’un millier de soldats ont trouvé la mort dans les combats pour le contrôle de la zone pétrolière de Heglig, selon Khartoum. « Le nombre de morts est de 1200 pour le SPLM (les anciens rebelles sudistes, aujourd’hui au pouvoir, ndlr), a annoncé le commandant de l’armée soudanaise, Kamal Marouf, lundi 23 avril, alors qu’un précédent bilan, dimanche, faisait état de 400 morts.

« Nous négocions avec des fusils et des balles »

Trois jours après avoir annoncé la reprise de la zone pétrolière disputée par les deux États, le président Omar el-Béchir s’est rendu à Heglig pour célébrer l’évènement aux côtés de l’armée soudanaise. Aucune information n’a été donnée quant au bilan humain dans ses propres troupes.

« Pas de négociations avec ces gens », a promis le président à propos du gouvernement sud-soudanais. « Avec eux, nous négocions avec des fusils et des balles », a-t-il ajouté, en dépit des appels de la communauté internationale.

Le site pétrolier, géré par la compagnie Greater Nile Petroleum Operating Company (GNPOC), a été pris le 10 avril par l’armée sud-soudanaise, avant que Khartoum n’annonce le 21 avril, partir à la reconquête de son installation pétrolière. Djouba avait, elle, affirmé s’être totalement retirée dimanche, sous la pression de la communauté internationale.

Dans la zone d’Heglig, jonchée de cadavres de soldats sud-soudanais, le principal site d’exploitation pétrolière soudanais était très endommagé après les combats de ces dernières semaines, un réservoir ainsi que huit générateurs ayant été détruits par des incendies.

Les installations de Heglig représentaient la moitié de la production pétrolière soudanaise depuis la partition en juillet 2011. Selon Abdel Azim Hassan, un ingénieur soudanais de la GNPOC, les troupes sud-soudanaises ont saboté le site.

« Ils ont détruit la principale centrale électrique alimentant les champs de pétrole et la centrale de traitement », a-t-il accusé, ajoutant que des saboteurs « professionnels » avaient également détruit les salles de contrôle ainsi que le système de sécurité de la centrale de traitement.

« Escalade »

Objectif pour la compagnie désormais : relancer manuellement les unités de production « aussi vite que possible », a expliqué Abdel Azim Hassan, alors que l’arrêt de la production pétrolière de Heglig depuis le 10 avril a plongé encore un peu plus l’économie soudanaise dans la crise.

Dans le même temps, des avions soudanais ont mené un nouveau raid à Bentiu, la capitale de l’État sud-soudanais d’Unity, situé à une soixantaine de kilomètres au sud de Heglig. Un bombardement a fait au moins deux morts, dont un enfant.

« Ceci est une grave escalade et une violation du territoire du Soudan du Sud (…). Il s’agit d’une provocation évidente », a accusé Mac Paul, le directeur adjoint des services sud-soudanais de renseignement.

« Nous avons répondu aux appels (internationaux) à évacuer Heglig (…) mais ils continuent de nous bombarder » a pour sa part estimé Barnaba Marial Benjamin, le ministre sud-soudanais de l’Information.

Jeuneafrique.com avec AFP 

Le Soudan reprend au Soudan du Sud la zone contestée de Heglig

avril 21, 2012

Le Soudan a célébré vendredi la reprise « par la force » de la zone stratégique contestée de Heglig, le Soudan du Sud évoquant pour sa part un repli volontaire et progressif sous la pression internationale.

« Il n’y a pas eu de retrait. Nous les avons battus par la force », a lancé le président Omar al-Béchir, en uniforme militaire, devant des milliers de partisans réunis devant le siège de l’état-major de l’armée à Khartoum.

« Allah est grand », a crié la foule en arborant le drapeau soudanais. « Un peuple, une armée », a-t-elle scandé, en appelant l’armée à marcher sur Juba, la capitale du Soudan du Sud.

L’armée sud-soudanaise a cependant affirmé dans la soirée que ses soldats étaient toujours dans la zone de Heglig, et qu’ils ne partiraient qu’aux conditions émises par Juba: arrêt des bombardements soudanais et retrait des forces de Khartoum de la province voisine d’Abyei, également disputée.

Le président sud-soudanais Salva Kiir avait annoncé plus tôt dans la journée le retrait « ordonné » de ses troupes de Heglig, précisant que ce repli serait achevé dans les trois jours.

M. Kiir n’avait pas mentionné la contre-offensive annoncée par l’armée soudanaise contre cette ville ultra-stratégique qui assure la moitié de la production de pétrole du Nord.

M. Kiir a affirmé n’avoir fait que céder aux pressions répétées de la communauté internationale, qui considère que Heglig appartient au Soudan, tout en soulignant qu’il considérait toujours cette zone comme faisant partie du territoire sud-soudanais.

Selon des témoignages, des combats ont eu lieu vendredi matin à Heglig et de nombreux soldats sud-soudanais en sont revenus blessés. Il n’était pas possible de vérifier de source indépendante les informations sur le terrain.

Les affrontements ont éclaté vendredi entre la tribu des Toubous et une brigade dépendant de l’armée libyenne à Koufra dans le sud-est de la Libye, faisant deux morts et 4 blessés, a-t-on appris de sources locales.

L’ambassadeur du Soudan à l’ONU a estimé vendredi que les dirigeants du Soudan du Sud avaient une « mentalité de guérilleros », mais que Khartoum était forcé de négocier avec son rival pour éviter que les violents combats ne dégénèrent en une guerre ouverte.

La prise de Heglig le 10 avril par l’armée sud-soudanaise, suivie de violents combats et de raids aériens soudanais au Soudan du Sud, ont fait craindre un nouveau conflit ouvert et poussé la communauté internationale à multiplier les appels à la retenue.

En soirée, le gouvernement soudanais a posé quatre conditions à une « normalisation » avec son voisin: une « approbation » d’un pacte de non-agression signé par les renseignements des deux pays, une « reconnaissance » des frontières de janvier 1956, la fin de « toutes les agressions » contre son territoire, « la fin du soutien » de Juba aux rebelles combattant les troupes de Khartoum.

M. Béchir a dans le même temps affirmé que son pays ne rouvrirait pas l’oléoduc exportant le pétrole du Sud, l’une des principales sources de tension entre les deux pays. Le Soudan du Sud, indépendant depuis juillet 2011, a hérité des trois quarts des réserves de brut mais reste tributaire des infrastructures du Nord pour exporter sa production.

A l’annonce de la « libération » de Heglig, des milliers de personnes ont convergé vers le QG de l’armée à coups de sifflets et de klaxons à Khartoum.

Des dizaines de personnes ont défilé dans les rues et d’autres ont sillonné la ville en voiture en multipliant appels de phares et coups de klaxons, dans l’une des plus grandes manifestations de joie dans la capitale depuis des années.

« Ils ont entamé les combats et ce sera à nous d’annoncer quand ils seront terminés, et notre avancée n’aura pas de fin », a aussi dit M. Béchir, qui avait promis mercredi de renverser le gouvernement de Juba en le qualifiant d' »insecte » nuisible.

Les Etats-Unis, l’Union africaine et l’ONU avaient multiplié les appels pour que l’armée de Juba évacue Heglig et que l’aviation de Khartoum cesse ses bombardements en territoire sud-soudanais.

Le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, avait aussi sommé le Soudan de se retirer d’autres territoires disputés comme la région d’Abyei, tout près de Heglig.

Entre 1983 et 2005, le Nord, musulman et arabe, et le Sud, essentiellement noir et chrétien, s’étaient livrés à une guerre civile qui avait fait deux millions de morts et abouti à la partition.

Outre la menace d’un nouveau conflit de ce type, la communauté internationale redoute que les affrontements Nord-Sud ne renforcent la mobilisation des rebelles déjà engagés contre les forces de Khartoum au Kordofan-Sud — dont dépend Heglig — et au Nil Bleu, deux Etats frontaliers du Sud, ainsi qu’au Darfour (ouest).

Jeuneafrique.com  avec AFP

Soudans: Béchir menace de renverser le gouvernement sud-soudanais

avril 18, 2012

Le président soudanais Omar el-Béchir a menacé mercredi de renverser le gouvernement du Soudan du Sud, alors que s’accentuent les pressions internationales pour décourager les deux voisins de se lancer dans une guerre ouverte après l’invasion par le Sud d’une zone pétrolifère.

« Notre principal objectif à partir d’aujourd’hui est de libérer les citoyens du Soudan du Sud du SPLM », a déclaré au siège de son parti M. Béchir, en référence au Mouvement populaire de libération du Soudan au pouvoir à Juba depuis la partition du pays en juillet 2011.

« Nous le considérons comme un insecte (. . . ) cherchant à détruire le Soudan et notre principal but désormais est d’éliminer complètement cet insecte », a-t-il ajouté.

Il s’exprimait à l’occasion d’un meeting de soutien aux troupes soudanaises qui tentent de reconquérir la zone frontalière de Heglig, où se trouve le principal champ pétrolier du pays, tombée aux mains du Soudan du Sud il y a une semaine.

« Il y a deux options: soit nous finissons à Juba, soit ils finissent à Khartoum. Nous ne pouvons cohabiter au sein des anciennes frontières » du Soudan unifié, a-t-il déclaré, prédisant une victoire rapide.

« Nous ne nous arrêterons pas à Heglig. Nous nous arrêterons à Juba », capitale du Soudan du Sud, a clamé le président soudanais devant 3. 000 jeunes, certains en treillis, reprenant des chants martiaux.

Un peu plus tôt, Omar Dahab, le chef de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères soudanais, avait indiqué que son pays allait reconquérir « de gré ou de force » la région de Heglig, considérée par la communauté internationale comme étant située en territoire soudanais, ce que Juba conteste.

L’armée soudanaise avait annoncé vendredi avoir lancé une contre-attaque pour reprendre Heglig, malgré les appels internationaux à la retenue.

L’armée a affirmé samedi que ses forces se trouvaient à quelques kilomètres de la ville d’Heglig, mais n’a plus diffusé d’information concrète sur la situation sur le terrain depuis.

Les heurts dans cette région ont éclaté en mars et dégénéré, avec une série de bombardements aériens sur le Sud et la prise de la zone pétrolifère par les forces sud-soudanaises, aidées selon Khartoum par des groupes rebelles du Darfour.

La communauté internationale, notamment les Nations unies, les Etats-Unis et l’Union européenne, ont critiqué l’occupation de Heglig et dénoncé dans le même temps les raids aériens de Khartoum contre son voisin.

Il y a de fortes craintes que ces combats, les plus violents entre les deux voisins depuis l’indépendance du Soudan du Sud en juillet à l’issue de deux décennies de guerre civile, ne fassent tache d’huile.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a évoqué mardi l’éventualité de sanctions contre le Soudan et le Soudan du Sud pour les convaincre de sortir de leur « logique de guerre », selon des diplomates.

Selon l’ambassadrice américaine Susan Rice, les 15 pays membres du Conseil ont de nouveau demandé que les troupes du Soudan du Sud se retirent de Heglig et que le Soudan cesse ses bombardements aériens.

Les éventuelles sanctions sont « injustes » car elles devraient « logiquement viser l’agresseur » (Juba, NDLR), a indiqué M. Dahab, estimant que le devoir des Nations unies était « de mettre fin à l’occupation par le Soudan du Sud de territoire appartenant à un Etat indépendant et souverain ».

L’Union africaine a pour sa part demandé aux deux forces en présence de quitter la région contestée, appelant « les deux pays à prendre des mesures immédiates pour réduire les tensions, et à agir de manière responsable dans un esprit de coopération ».

L’émissaire américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, Princeton Lyman, était attendu à Khartoum jeudi, après avoir déjà rencontré le président sud-soudanais Salva Kiir à Juba, pour tenter d’apaiser les tensions.

Jeuneafrique.com avec AFP

Soudan: 30.000 personnes déplacées par les violences au Kordofan-Sud

février 3, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlEnviron 30. 000 personnes ont fui les combats de ces derniers  mois dans l’état soudanais du Kordofan-Sud, a estimé vendredi l’ONU après que  des rebelles ont enlevé 29 ouvriers chinois dans cette région.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH) a  souligné que les tensions étaient toujours vives dans le nord-ouest de cet état,  autour de la localité d’Abbasiya.

« Les organisations humanitaires ont rapporté que les déplacements se  poursuivaient à la suite de l’augmentation des effectifs des forces armées  soudanaises dans la zone, des affrontements armés pouvant désormais éclater à  tout moment entre l’armée et (les rebelles) du SPLM-N », souligne le BCAH dans  son bulletin hebdomadaire.

Les Chinois ont été capturés il y a une semaine lors d’une attaque des  rebelles de la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan  (SPLM-N) contre un convoi de l’armée soudanaise dans le nord-est du  Kordofan-Sud.

Le 28 janvier, « des organisations humanitaires ont rapporté que les forces du  SPLM-N avaient pris le contrôle de dix villages dans la zone d’Abbasiya ».

« Quelque 12. 000 personnes ont fui ces villages vers des zones au nord-ouest  de la localité d’Abbasiya », alors que 18. 000 autre — la casi-totalité de la  population d’Abbasiya — ont quitté cette localité.

Le Kordofan-Sud, dernier Etat pétrolier du Soudan depuis la sécession du  Soudan du Sud, est le théâtre depuis juin 2011 d’affrontements qui auraient fait  des centaines de morts entre l’armée soudanaise et les rebelles du SPLM-Nord.

Khartoum, évoquant des raisons de sécurité, refuse de laisser l’ONU et les  organisations humanitaires étrangères accéder à ces zones.

Pékin a dépêché une équipe de six membres au Soudan pour participer aux  efforts visant à obtenir la libération des captifs, qui travaillaient sur un  projet de construction d’une route.

L’équipe chinoise n’a pas encore pris contact avec les rebelles, a déclaré à  l’AFP Arnu Ngutulu Lodi, porte-parole du SPLM-N dans l’Etat du Kordofan-Sud,  précisant que les Chinois étaient bien traités.

Selon le BCAH, quelque 140. 000 réfugiés soudanais ont fui vers le Soudan du  Sud et l’Ethiopie depuis le début des combats au Kordofan-Sud (juin) et au Nil  Bleu (septembre).

Les combats font rage depuis l’été également au Nil Bleu, un autre Etat situé  sur la nouvelle frontière, le pouvoir de Khartoum cherchant à asseoir son  autorité alors qu’une partie de la population de ces régions a combattu au côté  des Sudistes pendant la guerre civile Nord/Sud (1983-2005).

La Chine est un partenaire économique et politique crucial pour Khartoum,  sous le coup de sanctions économiques américaines depuis 1997.  Elle est le  principal investisseur étranger dans le secteur pétrolier, le plus gros acheteur  de brut soudanais et un important fournisseur de matériel militaire.

Jeuneafrique.com  avec AFP