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Ukraine: Bombardements à Kiev durant la visite du secrétaire général de l’ONU

avril 28, 2022
Un soldat debout derrière une barrière antichar.

La situation s’était apaisée récemment à Kiev, en Ukraine, même si la tension reste présente. Photo: Reuters/ Gleb Garanich

La capitale ukrainienne, Kiev, a été la cible de frappes russes jeudi soir, en pleine visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et pour la première fois depuis la mi-avril, qui ont fait au moins 10 blessés, selon les services de secours.

Les journalistes de l’AFP ont vu sur place un étage d’un bâtiment en feu avec de la fumée noire s’échappant des fenêtres brisées, tandis que de nombreux policiers et des secouristes étaient présents sur les lieux.

Cela en dit long sur la véritable attitude de la Russie envers les institutions internationales, sur les efforts des dirigeants russes pour humilier l’ONU et tout ce que l’organisation représente, a dit le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Il a évoqué cinq missiles, qui ont frappé la ville juste après la fin des discussions avec M. Guterres.

Cela requiert une réaction puissante, de la même ampleur, a-t-il ajouté dans une vidéo diffusée sur Telegram.

Nous sommes en sécurité, a de son côté écrit un porte-parole de l’ONU à des journalistes. Il a ensuite précisé sur WhatsApp à l’AFP que c’est une zone de guerre, mais c’est choquant que cela soit arrivé à proximité de là où nous nous trouvions.

Un incendie s’est déclaré à la suite de bombardements ennemis sur un immeuble résidentiel de 25 étages, dont les deux premiers étages ont été partiellement détruits, ont pour leur part raconté les services de secours ukrainiens.

Selon des données préliminaires, cinq personnes ont été secourues et dix blessées, ont-ils poursuivi sur Facebook.

Dans la soirée, l’ennemi a tiré sur Kiev. Deux frappes sur le quartier de Chevchenkovsky, avait auparavant dit le maire de la capitale, Vitali Klitschko.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, avait rapidement dénoncé sur Twitter un acte odieux de barbarie, indiquant que les engins tirés étaient des missiles de croisière.

La Russie démontre une fois de plus son attitude envers l’Ukraine, l’Europe et le monde, a-t-il ajouté.

Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, a quant à lui dénoncé sur Twitter une attaque sur la sécurité du secrétaire général [de l’ONU] et sur la sécurité mondiale.

Des frappes de missiles dans le centre de Kiev pendant la visite officielle d’Antonio Guterres, a également dénoncé sur Twitter Mikhaïlo Podoliak, un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Hier, il était assis à une longue table au Kremlin et, aujourd’hui, des explosions au-dessus de sa tête, a ironisé M. Podoliak.

C’est la preuve que nous avons besoin d’une victoire rapide sur la Russie et que tout le monde civilisé doit s’unir autour de l’Ukraine. Nous devons agir rapidement. Plus d’armes, plus d’efforts humanitaires, plus d’aide, a renchéri le chef de l’administration présidentielle, Andriï Iermak.

Il a appelé à priver la Russie de son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU.

M. Guterres s’était entretenu mardi avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou. Mercredi, il est arrivé en Ukraine pour se rendre jeudi matin notamment à Boutcha et Irpin, dans la banlieue de la capitale, théâtres d’exactions imputées à l’armée russe par les Ukrainiens.

Il s’est aussi entretenu avec Volodymyr Zelensky, regrettant que le Conseil de sécurité de l’ONU n’ait pas réussi à empêcher et à arrêter la guerre déclenchée le 24 février par Moscou.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie est une violation de son intégrité territoriale et de la Charte des Nations unies, a-t-il une nouvelle fois déclaré.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

Les derniers soldats ukrainiens à Marioupol combattront « jusqu’au bout »

avril 17, 2022

Faute d’accord avec l’armée russe pour mettre fin aux tirs, Kiev a suspendu l’évacuation des civils dans l’est de l’Ukraine.

Assiégée depuis des semaines par les troupes russes, la ville ukrainienne de Marioupol est en ruine. Photo : Getty Images/AFP/Andrey Borodulin

Les derniers combattants ukrainiens à Marioupol ont choisi de faire fi de l’ultimatum de la Russie, qui leur avait donné jusqu’à dimanche en début d’après-midi pour déposer les armes et pour quitter la ville. Un affrontement final se dessine entre les deux camps dans cette localité du Donbass, dont la chute paraît imminente.

Tous ceux qui abandonneront les armes auront la garantie d’avoir la vie sauve. C’est leur seule chance.

C’est en ces termes que le ministère russe de la Défense s’est adressé aux derniers défenseurs de Marioupol, retranchés dans le complexe métallurgique d’Azovstal. Ces combattants ont plutôt décidé de tenir promesse et de se battre jusqu’au bout même si le combat paraît pour eux sans issue.

Selon une récente publication Telegram de la Défense russe, à part cette poignée de résistants, l’entièreté du territoire de la ville de Marioupol a été débarrassée des militants de la formation nazie Azov, des mercenaires étrangers et des militaires ukrainiens.

« La ville n’est pas tombée. Nos forces militaires, nos soldats y sont toujours. Ils combattront jusqu’au bout. »— Une citation de  Denys Chmygal, premier ministre de l’Ukraine, en entrevue à la chaîne américaine ABC

Malgré leur refus de partir, la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk a exigé dimanche l’ouverture d’une voie d’évacuation pour les militaires blessés.

Des troupes russes en route pour Marioupol Photo : Reuters

L’état-major ukrainien a déjà signalé des frappes aériennes sur la ville ainsi que des opérations d’assaut près du port.

La Russie et ses supplétifs semblent se préparer à déclarer la victoire dans la bataille de Marioupol, a indiqué l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW).

La prise de cette ville portuaire du sud-est de l’Ukraine, inlassablement pilonnée par les forces russes depuis le début de l’invasion, le 24 février, constituerait un gain considérable pour Moscou.

Elle permettrait en effet à la Russie de consolider ses gains territoriaux le long de la mer d’Azov en reliant la région du Donbass à la Crimée, annexée en 2014.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu samedi que l’élimination des derniers soldats ukrainiens à Marioupol mettrait fin aux négociations de paix avec Moscou. Il a une fois de plus demandé aux pays occidentaux de fournir des armes lourdes à ses troupes pour qu’elles puissent défendre cette ville où des milliers d’habitants vivent dans des conditions inhumaines.

Il n’y a ni nourriture, ni eau, ni médicaments, a lancé M. Zelensky, qui a aussi accusé les Russes de refuser l’ouverture de couloirs humanitaires.

Selon le directeur général du Programme alimentaire mondial, David Beasley, plus de 100 000 civils sont au bord de la famine à Marioupol.

Deuxième ville en importance au Donbass, Marioupol comptait 441 000 habitants avant l’invasion russe.

La ville de Marioupol a été ravagée par l’offensive russe. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

La vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk a annoncé dimanche la suspension des couloirs humanitaires pour l’évacuation des civils dans l’est de l’Ukraine, faute d’accord avec l’armée russe pour mettre fin aux tirs.

Nous n’avons pas réussi à négocier un cessez-le-feu sur les itinéraires d’évacuation avec les occupants. C’est pourquoi, malheureusement, nous n’allons pas ouvrir de couloirs humanitaires aujourd’hui, a indiqué Mme Verechtchouk sur Telegram. Nous ne ménageons aucun effort pour que les couloirs humanitaires soient rouverts le plus rapidement possible.

Afin de soutenir les efforts humanitaires en Ukraine et dans certains pays voisins qui accueillent des réfugiés, l’Union européenne a annoncé l’octroi de 50 millions d’euros supplémentaires.

Toujours debout

En ce 53e jour d’affrontements, le premier ministre ukrainien Denys Chmygal a catégoriquement rejeté les affirmations de Vladimir Poutine selon lesquelles l’armée russe était en train de remporter la guerre.

« Pas une seule grande ville n’est tombée. Seule [la ville de] Kherson est sous contrôle des forces russes, mais toutes les autres villes sont sous contrôle ukrainien. »— Une citation de  Denys Chmygal, premier ministre de l’Ukraine

Selon ses informations, plus de 900 municipalités ukrainiennes, dont Kiev, étaient libres de toute occupation russe.

Nous combattons actuellement dans la région du Donbass et nous n’avons pas l’intention de nous rendre, a-t-il ajouté.

Le premier ministre ukrainien Denys Chmyhal Photo : Reuters

Pour sa part, Volodymyr Zelensky a balayé l’hypothèse selon laquelle il laisserait Moscou s’emparer du Donbass et d’une partie de l’est de l’Ukraine pour arrêter le bain de sang.

L’Ukraine et son peuple sont clairs : nous n’avons aucune revendication sur les territoires de quelqu’un d’autre, mais nous n’allons pas abandonner le nôtre, a-t-il affirmé en entrevue à CNN.

Nouvelles frappes à Kiev

Les forces russes ont poursuivi leurs frappes dans la région Kiev dimanche. Le ministère russe de la Défense a annoncé avoir bombardé un autre complexe militaire situé non loin de la capitale ukrainienne.

Cette fois-ci, c’est une usine de munitions près de Brovary qui a été la cible des missiles russes. Le maire de la localité, Igor Sapojko, a affirmé que certains éléments d’infrastructures ont été touchés au début de la nuit.

Au cours des trois derniers jours, les forces russes ont mené plusieurs frappes sur des usines militaires à Kiev et dans sa région pour venger le naufrage du vaisseau amiral Moskva.

Samedi, une frappe russe avait visé une usine de matériel militaire, où sont notamment construits des chars, dans le district de Darnytsky. L’attaque a fait un mort et plusieurs blessés.

Une voiture fuit l’explosion d’une raffinerie de pétrole à Lyssytchansk. Photo: Reuters/Marko Djurica

Cette même journée, une raffinerie de pétrole en périphérie de la ville de Lyssytchansk, tout près de la ligne de front dans l’est de l’Ukraine, a été la cible de bombardements.

Le ministère russe de la Défense avait aussi affirmé avoir abattu, dans la région d’Odessa, un avion de transport militaire ukrainien qui livrait un important lot d’armes fourni par des pays occidentaux.

Selon l’Institut américain pour l’étude de la guerre, les Russes ont poursuivi leurs offensives près d’Izyoum et de Popasna ainsi que dans la région de Roubijné et de Severodonetsk.

Du côté de Kharkiv, cinq personnes ont été tuées et 13 autres blessées dimanche dans une série de frappes, selon les services de secours.

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR) estime que cinq millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de la guerre, qui a aussi fait plus de sept millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

La Russie compte intensifier ses frappes sur Kiev

avril 15, 2022

De nouvelles attaques ont été lancées sur la capitale ukrainienne à la suite du naufrage du Moskva.

Des frappes russes ont détruit un atelier de production de missiles sol-air dans l’usine Vizar, en banlieue de Kiev. Photo : AFP via Getty Images/Fadel Senna

Au lendemain du naufrage de son vaisseau amiral dans la mer Noire, la Russie a annoncé vendredi sa volonté d’intensifier ses attaques sur Kiev après avoir accusé l’Ukraine de bombarder des villages sur son territoire.

Le nombre et l’ampleur des frappes de missiles sur des sites de Kiev vont augmenter en riposte à toutes les attaques terroristes et aux sabotages menés en territoire russe par le régime nationaliste de Kiev, a indiqué le ministère russe de la Défense.

Ce ministère a déjà annoncé la destruction d’un atelier de production de missiles sol-air dans l’usine Vizar, en banlieue de Kiev. Cette usine fabriquait des missiles Neptune comme ceux que l’armée ukrainienne dit avoir utilisés pour détruire le croiseur russe Moskva.

Un peu plus tôt, les autorités régionales ukrainiennes ont fait état d’explosions survenues au cours de la nuit au sud-ouest de Kiev, dans le district de Vassylkiv.

Nous sommes parfaitement conscients qu’on ne nous pardonnera pas l’attaque du Moskva, a déclaré Natalia Goumeniouk, porte-parole du commandement militaire de la région sud de l’Ukraine.

Le croiseur russe Moskva lors d’une répétition en vue de la parade du jour de la Marine russe dans le port de Sébastopol, en Crimée, en juillet 2017. Photo: Reuters/ Pavel Rebrov

Nous sommes conscients que les attaques contre nous vont s’intensifier, que l’ennemi va se venger, qu’il y aura des attaques de missiles et des bombardements d’artillerie. Nous sommes prêts à les contrer.

Selon Mme Goumeniouk, aucun membre de l’équipage du croiseur russe n’a pu être sauvé.

Ce navire lance-missiles de 186 mètres de longueur, qui comptait plus de 500 personnes à son bord, a coulé dans la mer Noire après avoir été touché par un missile ukrainien, selon Kiev. Moscou indique que le naufrage du Moskva serait plutôt dû à un incendie accidentel.

Nous avons observé les bateaux qui essayaient de lui venir en aide, mais même les forces de la nature ont été du côté de l’Ukraine, car une tempête a empêché de sauver le bateau et d’évacuer l’équipage, a affirmé Natalia Goumeniouk.

La perte de ce navire est un coup dur porté à la flotte russe dans la région, a déclaré le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Elle aura des conséquences sur les capacités de combat de la marine de guerre russe, le Moskva étant un élément clé de ses efforts pour établir une domination navale en mer Noire.

Il s’agit d’un des plus importants revers de la Russie depuis le début de son opération militaire spéciale en Ukraine.

La frappe « n’a pas seulement touché le bateau », selon Mme Goumeniouk, « elle a touché les ambitions impériales de l’ennemi ».

Le président Volodymyr Zelensky a enfoncé le clou en affirmant, dans un message vidéo, que les navires russes ne peuvent qu’aller au fond.

Villages russes bombardés

Par ailleurs, la Russie affirme que l’Ukraine a bombardé des villages russes frontaliers, des accusations balayées par le camp adverse. Selon les Ukrainiens, ce sont les services secrets russes qui mènent des attaques terroristes dans la région frontalière pour alimenter l’hystérie anti-ukrainienne.

Le Comité d’enquête russe a affirmé que deux hélicoptères ukrainiens équipés d’armes lourdes étaient entrés en Russie et avaient procédé à au moins six frappes sur des immeubles d’habitation dans le village de Klimovo, dans la région de Briansk.

Sept personnes, dont un bébé, ont été blessées à des degrés divers, selon ces accusations russes, dont le bien-fondé est impossible à vérifier de manière indépendante.

La Russie a également affirmé vendredi avoir tué une trentaine de mercenaires polonais dans une frappe menée dans le nord-est de l’Ukraine dans un contexte de vives tensions entre Moscou et Varsovie.

En conséquence de cette frappe, un détachement de mercenaires d’une compagnie militaire privée polonaise […] a été liquidé dans le village d’Izioumske, dans la région de Kharkiv. Jusqu’à 30 mercenaires polonais ont été éliminés, a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

Les combats se poursuivent au Donbass

Dans la plus grande région du Donbass, celle de Donetsk, où des combats se déroulent sur toute la ligne de front, trois personnes ont été tuées et sept blessées, selon la présidence ukrainienne.

La conquête de cette ville permettrait aux Russes de consolider leurs gains territoriaux en reliant la région du Donbass, en partie contrôlée par des séparatistes prorusses depuis 2014, à la Crimée, annexée la même année.

L’autre région de ce bassin minier, celle de Lougansk, a été le théâtre de 24 bombardements qui ont fait deux morts et deux blessés, selon M. Zelensky.

Un militaire ukrainien prépare des tirs de roquettes à Louhansk, dans la région du Donbass. Photo : AFP via Getty Images/Anatolii Stepanov

La Russie, dont l’offensive massive annoncée dans le Donbass n’a toujours pas commencé, peine à prendre le contrôle total de Marioupol, un port stratégique de la mer d’Azov.

Des analystes estiment que le président russe Vladimir Poutine, embourbé en raison de la résistance acharnée des Ukrainiens, veut obtenir une victoire dans le Donbass avant le défilé militaire du 9 mai sur la place Rouge, qui marque la victoire soviétique sur les nazis en 1945.

À Borova, dans la région de Kharkiv, sept civils ont été tués et 27 blessés jeudi dans une attaque russe contre des autobus d’évacuation, selon le gouvernement ukrainien.

Une enquête a été ouverte pour violation des lois et coutumes de guerre, associée au meurtre avec préméditation, ont précisé les autorités du pays.

Nouvel échange de prisonniers

À Kherson, une région du sud de l’Ukraine qui est partiellement contrôlée par les Russes, un nouvel échange de prisonniers de guerre a eu lieu entre les deux camps.

Après des négociations tendues, nous avons réussi à conclure des accords sur un échange de prisonniers dans la région du village de Possad-Pokrovské, où quatre prisonniers de l’armée russe ont été échangés contre cinq des nôtres, a indiqué le commandement Sud de l’armée ukrainienne sur sa page Facebook.

Plusieurs échanges de militaires et de civils ont déjà eu lieu entre Ukrainiens et Russes depuis le début de l’invasion, le 24 février, sans être systématiquement confirmés par les deux parties.

Kiev a d’ailleurs annoncé jeudi que 30 Ukrainiens avaient été libérés lors d’un échange de détenus, sans préciser le nombre de soldats russes libérés en retour.

Parmi les prisonniers, le Britannique Aiden Aslin, qui est membre de l’armée ukrainienne, suscite une attention particulière. La télévision publique russe a diffusé jeudi soir des images du jeune homme, menotté et présentant une coupure au front.

Dans une entrevue accordée au Daily Telegraph, sa mère a demandé aux Russes de respecter la convention de Genève sur les prisonniers de guerre et de traiter son fils avec humanité.

Il semble déjà qu’il ait été battu. Il est temps pour le gouvernement britannique de s’impliquer pour assurer la libération d’Aiden, a-t-elle ajouté.

Selon la dernière mise à jour du Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR), plus de cinq millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe.

Les gens continuent de fuir massivement l’Ukraine. Photo: Getty Images/Joe Raedle

Avec Radio-Canada avec Agence France-Presse

Boris Johnson à Kiev, l’Ukraine craint une offensive russe imminente

avril 9, 2022
Boris Johnson à Kiev, l’Ukraine craint une offensive russe imminente© UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP/Stringer

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a effectué une visite surprise à Kiev samedi et promis de nouvelles armes à l’Ukraine, où la menace d’une nouvelle offensive russe imminente pousse la population à fuir l’est du pays, au lendemain d’une frappe russe meurtrière devant la gare de Kramatorsk.

« Aujourd’hui j’ai rencontré mon ami le président Zelensky à Kiev afin de montrer notre soutien indéfectible au peuple ukrainien », a tweeté Boris Johnson après la rencontre.

Il s’est engagé à fournir à l’Ukraine des véhicules blindés et des missiles antinavires, rendant hommage à l’armée ukrainienne pour « le plus grand fait d’armes du 21e siècle » qui a permis de mettre en échec « les desseins monstrueux de Poutine », selon un communiqué de Downing Street.

Sur la chaîne Telegram du président Volodymyr Zelensky, plusieurs photos du président ukrainien, toujours en tenue kaki, accueillant Boris Johnson en costume-cravate devant le siège de la présidence à Kiev et à l’intérieur.

M. Johnson est le premier dirigeant du G7 a se rendre dans la capitale ukrainienne, menacée d’un assaut et bombardée il y a encore une semaine, et où Volodymyr Zelensky s’est retranché depuis le début de l’invasion russe le 24 février, forçant le respect du monde entier.

« Cette visite est une manifestation du soutien résolu, puissant et permanent de l’Ukraine par la Grande-Bretagne« , a commenté le président ukrainien dans un communiqué. « Nous l’apprécions et nous nous en souviendrons toujours ».

Londres, en pointe dans les condamnations de la politique du Kremlin, a notamment fourni dès les débuts de précieuses armes antichar à l’armée ukrainienne et n’a pas hésité à sanctionner les oligarques russes dont la présence massive lui avait donné un temps le sobriquet de « Londongrad ».

« L’ennemi continue de frapper »

Au même moment dans l’est du pays, où un missile russe a fait plus de 50 morts vendredi parmi les centaines de civils rassemblés devant la gare de Kramatorsk dans l’espoir de monter dans un train et de fuir vers l’ouest, on se préparait au pire.

« L’ennemi russe continue de se préparer pour intensifier ses opérations offensive dans l’est de l’Ukraine et prendre le contrôle total des régions de Donetsk et de Lougansk », dans le Donbass, a déclaré l’état-major de l’armée ukrainienne samedi sur Facebook.

Outre la poursuite des combats pour prendre le contrôle des villes clés de Marioupol, au sud, et d’Izioum plus au nord, « l’ennemi continue de frapper avec des missiles des cibles civiles dans toute l’Ukraine », a averti l’état-major.

A Lyssytchansk, une petite ville de la région de Lougansk, le maire Olexandre Zaïka a appelé les habitants à partir le plus vite possible.

« La situation dans la ville est très tendue, je vous demande d’évacuer. Cela devient très difficile, les obus de l’ennemi tombent un peu partout », a-t-il dit dans un message sur la messagerie Telegram.

Mais « personne ne va abandonner la région de Lougansk », a-t-il ajouté, « nos gars travaillent bien ».

Dans la zone rurale de Barvinkove, soldats ukrainiens et membres de la Défense territoriale étaient occupés à fortifier leurs positions et creuser de nouvelles tranchées. Les bords de routes ont été minés, et des obstacles anti-chars sont installés à tous les carrefours.

« Nous resterons ici »

« Nous resterons ici jusqu’à la victoire finale », a commenté un commandant local.

Menacé à son tour de frappes, le grand port d’Odessa, dans le sud sur la mer Noire, va connaître pour sa part un couvre-feu de samedi soir à lundi matin, ont annoncé les autorités locales.

« Nous sommes prêts à nous battre, et à chercher parallèlement des voies diplomatiques pour arrêter cette guerre », a souligné Volodymyr Zelensky plus tôt dans la journée, lors d’une conférence de presse avec le chancelier autrichien Karl Nehammer, lui aussi venu à Kiev.

La veille, c’était la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen qui avait fait le voyage, y compris à Boutcha, petite ville proche de la capitale devenue un symbole des atrocités de l’invasion russe.

« Si ceci n’est pas un crime de guerre, qu’est-ce qu’un crime de guerre ? », avait-elle déclaré.

10 milliards pour l’Ukraine

La dirigeante européenne a annoncé samedi qu’une collecte internationale avait permis de réunir 10,1 milliards d’euros destinés à soutenir l’Ukraine. « C’est fantastique », a-t-elle dit. « Une fois que les bombes auront cessé de tomber, nous aiderons le peuple ukrainien à reconstruire son pays. Nous continuerons à défendre l’Ukraine », a-t-elle déclaré.

A Kramatorsk, où le dernier bilan vendredi soir de la frappe au missile devant la gare a fait état de 52 morts dont 5 enfants, les évacuations de civils se poursuivaient samedi par la route. Des mini-bus et camionnettes venaient récupérer des dizaines de rescapés du bombardement qui ont passé la nuit dans une église protestante du centre-ville, non loin de la gare, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le président américain Joe Biden a dénoncé une « horrible atrocité » commise par Moscou et la diplomatie française un « crime contre l’humanité ».

Moscou a nié être responsable de la frappe, allant jusqu’à dénoncer une « provocation » ukrainienne.

Après avoir retiré ses troupes de la région de Kiev et du nord de l’Ukraine, la Russie a fait de la conquête totale du Donbass, dont une partie est contrôlée depuis 2014 par des séparatistes prorusses, sa priorité.

Le président Vladimir Poutine, dont la décision d’envahir l’Ukraine avec l’intention initiale de prendre Kiev s’est brisée sur la résistance acharnée des Ukrainiens, a revu ses plans à la baisse mais veut obtenir une victoire au Donbass avant le défilé militaire du 9 mai marquant sur la Place Rouge la victoire soviétique sur les nazis, point d’orgue du narratif militariste qu’il a imposé en Russie, notent les observateurs.

A la suite des révélations sur les exactions de son armée en Ukraine, la Russie avait été suspendue jeudi par un vote du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et a été la cible de nouvelles sanctions économiques occidentales, qui n’empêchent cependant pas le rouble, la monnaie russe, d’avoir retrouvé de la vigueur depuis un mois.

La Banque centrale russe a même annoncé vendredi qu’elle réautorisait à partir du 18 avril la vente de devises étrangères, suspendue début mars.

Londres a décidé de sanctionner les deux filles de Vladimir Poutine et celle du chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, disant vouloir s’en prendre au « train de vie fastueux du cercle rapproché du Kremlin ».

L’UE a également inscrit sur sa liste noire les deux filles du président russe.

Elle avait déjà adopté jeudi soir un nouveau train de mesures punitives, avec notamment un prochain arrêt des importations de charbon russe. C’est la toute première fois que les Européens frappent le secteur énergétique russe, première source de revenus de Moscou.

Bruxelles a adopté de nouvelles sanctions contre des banques russes et a décidé la fermeture des ports européens aux navires russes.

Kiev réclame la fourniture « immédiate » d’armes pour faire face à une nouvelle offensive russe dans l’Est.

Outre les armées annoncées samedi, le Royaume-Uni avait déjà promis l’envoi de missiles antichars et antiaériens supplémentaires. Et la Slovaquie « fait don » à Kiev de systèmes de défense antiaérienne S-300, de conception soviétique.

Selon les médias tchèques, Prague a de son côté envoyé lundi à l’Ukraine des trains chargés de chars T72 et de véhicules blindés de fabrication soviétique, ce qui serait une première livraison d’armements lourds réclamés par Kiev.

Avec Le Point avec AFP

Canada: Moscou va réduire « radicalement » ses activités militaires à Kiev et Tchernihiv

mars 29, 2022

Le Canada, la Pologne, la Turquie et Israël pourraient agir à titre de garants d’un futur accord de paix entre la Russie et l’Ukraine, avancent les négociateurs ukrainiens après des pourparlers de paix à Istanbul.

Des soldats ukrainiens déployés à un point de contrôle installé en périphérie de Kiev. Photo: Getty Images/AFP/Sergei Supinsky

La Russie va réduire « radicalement » ses activités militaires dans les régions de Kiev et Tchernihiv pour favoriser le dialogue avec l’Ukraine, a annoncé mardi le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, au terme d’une nouvelle ronde de négociations de paix entre les deux pays. Aucune entente formelle n’a cependant été conclue.

Les négociations sur un accord sur la neutralité et le statut non nucléaire de l’Ukraine entrant dans une dimension pratique […], il a été décidé, pour accroître la confiance, de réduire radicalement l’activité militaire en direction de Kiev et Tchernihiv, a-t-il expliqué depuis Istanbul, en Turquie, où les pourparlers ont eu lieu.

Les autorités russes fourniront davantage de précisions sur cette désescalade autour de la capitale ukrainienne et de Tchernihiv, au nord-est de la capitale, une fois que la délégation de négociateurs sera rentrée à Moscou, a encore dit M. Fomine.

Si l’annonce se vérifie sur le terrain, il s’agira d’une première véritable percée en vue d’un règlement pouvant mettre fin à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’attaque, lancée le 24 février, a fait des milliers de morts et de blessés, forcé 10 millions d’Ukrainiens à fuir leur foyer et causé des dégâts de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Le chef de la délégation russe et représentant du Kremlin, Vladimir Medinski, a pour sa part fait état de discussions substantielles et a dit que les propositions claires de l’Ukraine en vue d’un accord allaient être étudiées très prochainement et soumises au président russe Vladimir Poutine.

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a prononcé le discours d’ouverture de cette ronde de négociations. Photo: AP/Présidence Turque

Les négociateurs ukrainiens ont confirmé avoir proposé que leur pays devienne neutre – ce qui impliquerait que l’Ukraine ne se joigne à aucune alliance militaire et n’accueille aucune armée étrangère sur son sol – à condition que le tout soit consigné dans un accord international dont seraient signataires plusieurs pays garants.

« Nous insistons pour qu’il s’agisse d’un accord international qui sera signé par tous les garants de la sécurité. Nous voulons un mécanisme international de garanties de sécurité où les pays garants agiront de façon analogue au chapitre 5 de l’OTAN et même de façon plus ferme. »— Une citation de  David Arakhamia, négociateur en chef de la délégation ukrainienne

L’article 5 du Traité de Washington qui a fondé l’alliance militaire transatlantique prévoit qu’une attaque contre l’un des pays membres est une attaque contre tous. Autrement dit, les 30 pays signataires de l’accord doivent obligatoirement se porter à la défense d’un pays agressé.

Le négociateur en chef de l’Ukraine, David Arakhamia (à gauche), accompagné de ses collègues, Mustafa Dzhemilev (au centre) et le conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Mykhaïlo Podolyak (à droite), après leur rencontre avec la délégation russe. Photo: Reuters/Mehmet Caliskan

Selon M. Arakhamia, les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada, la Pologne, la Turquie et Israël pourraient agir à titre de garants dans le cadre d’une telle entente. Ottawa et les autres pays cités n’ont pas encore commenté cette information.

L’Ukraine acceptera un statut neutre si le système de garantie de sécurité fonctionne, a résumé M. Arakhamia.

« Nous n’accueillerons pas de bases militaires étrangères sur notre territoire ni le déploiement de contingents militaires sur notre territoire, et nous n’intégrerons pas d’alliances politico-militaires. Les manœuvres militaires sur notre territoire auront lieu avec l’assentiment des pays garants. »— Une citation de  Oleksander Tchaly, membre de la délégation ukrainienne

Le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, après la rencontre avec la délégation ukrainienne. Photo : Reuters/Kemal Aslan

Tout accord de paix devra être approuvé par référendum en Ukraine, ont aussi souligné les négociateurs de Kiev, répétant du coup des propos du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

La Crimée et les républiques autoproclamées du Donbass temporairement exclues de l’entente

Pour que ces garanties puissent prendre effet dans les plus brefs délais, la Crimée, territoire ukrainien annexé par Moscou en 2014, et les territoires du Donbass sous contrôle des séparatistes prorusses, dont l’indépendance a été reconnue par la Russie tout juste avant le début de l’offensive, seraient temporairement exclus de l’accord, a précisé M. Arakhamia.

Kiev réclame en outre que l’accord n’interdise en rien l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne (UE), et que les pays garants s’engagent à contribuer à ce processus. Le négociateur russe Medinski a ultérieurement confirmé que l’Ukraine avait fait cette demande.

Selon ce dernier, une rencontre entre les présidents ukrainien et russe, Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, et des représentants des États garants sera possible lorsqu’il y aura un accord […] La rencontre pourrait être multilatérale, avec la participation d’États garants, a-t-il dit.

« Après la discussion substantielle d’aujourd’hui, nous nous sommes entendus et proposons que la rencontre se fasse pour parapher l’accord. À condition d'[effectuer] un travail rapide sur l’accord et de trouver les compromis nécessaires, la possibilité de conclure la paix se rapprochera. »— Une citation de  Vladimir Medinski, chef de la délégation russe

M. Arakhamia a aussi estimé qu’après ces pourparlers, les conditions étaient suffisantes pour une rencontre au sommet entre MM. Poutine et Zelensky.

Au terme des discussions, qui ont duré environ trois heures, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, a salué les progrès les plus significatifs depuis le début de la guerre, lors des pourparlers entre la Russie et l’Ukraine à Istanbul. Il a précisé que les négociations ne reprendraient pas mercredi.

Réaction immédiate sur les marchés boursiers

Les marchés boursiers n’ont pas tardé à se montrer rassurés par ces avancées positives. Dès l’annonce des derniers développements, les bourses européennes sont parties à la hausse et les marchés américains ont suivi ce mouvement à leur ouverture. La Bourse de Toronto évoluait en dents de scie.

Sur le marché du pétrole, le prix des contrats de référence pour les barils de Brent de la mer du Nord et de West Texas Intermediate a rapidement reculé de plus de 5 %. Ces prix avaient été significativement dopés dans la foulée de l’invasion russe de l’Ukraine.

Les pourparlers russo-ukrainiens ont eu lieu dans le palais de Dolmabahçe, dernière résidence sur le Bosphore des sultans et ultime centre administratif de l’Empire ottoman, où la présidence turque dispose de bureaux. Photo: Reuters/Dilara Senkaya

Sur le marché des changes, l’euro a gagné plus de 1 % par rapport au dollar américain, et le rouble, attaqué par des sanctions internationales, s’est apprécié de plus de 10 % par rapport à la devise américaine. L’or, valeur refuge par excellence, a aussi reculé de plus de 1 %.

À la Bourse de Paris, les actions des banques, aux prises avec la mise en œuvre des sanctions occidentales contre la Russie, ont grimpé fortement, tandis que celles des entreprises de la défense perdaient du terrain.

Les bourses sont soutenues par des messages positifs en provenance de Turquie, où l’Ukraine et la Russie pourraient se rapprocher d’un accord de cessez-le-feu, a commenté Craig Erlam, analyste d’Oanda.

Les négociations se sont déroulées sous haute surveillance. Des membres de la sécurité du président turc montaient la garde à l’extérieur du palais de Dolmabahçe, à Istanbul. Photo: Reuters/Dilara Senkaya

Invité à commenter les derniers développements, le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est montré prudent. Je n’ai rien vu qui puisse suggérer qu’il y a un véritable mouvement parce que nous n’avons pas vu de signes de réel sérieux de la part de la Russie, a-t-il commenté lors d’une conférence de presse donnée au Maroc.

Nous jugerons Poutine et son régime sur ses actes, pas ses paroles, a déclaré aux journalistes un porte-parole du premier ministre britannique Boris Johnson aux journalistes.

Il y a eu une certaine réduction des bombardements russes autour de Kiev, en grande partie parce que les forces ukrainiennes ont réussi à repousser les offensives russes au nord-ouest de la ville, a-t-il ajouté. Mais les combats continuent à Marioupol et dans d’autres secteurs. Alors nous ne voulons rien voir de moins qu’un retrait complet des forces russes du territoire ukrainien.

Dans une entrevue subséquente accordée à l’agence russe Tass, le négociateur russe Medinski a d’ailleurs rappelé que la proposition russe de désescalade n’est pas un cessez-le-feu et qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant qu’une entente formelle soit conclue.

Erdogan demande la fin de la tragédie

Les délégations russe et ukrainienne avaient entamé leurs négociations après avoir été accueillies par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui les a exhortées à mettre un terme à la tragédie que constitue l’invasion de l’Ukraine par les troupes de Moscou.

Les deux parties ont des préoccupations légitimes, il est possible de parvenir à une solution acceptable pour la communauté internationale, a estimé le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdogan en accueillant les deux délégations.

C’est aux deux parties de mettre un terme à cette tragédie, a-t-il insisté, estimant que la prolongation du conflit n’est dans l’intérêt de personneLe monde entier attend de bonnes nouvelles de votre part, a-t-il encore dit.

L’oligarque russe Roman Abramovitch, qui tente de jouer les médiateurs entre Moscou et Kiev, était également présent à l’ouverture de la rencontre, selon une photo diffusée par la présidence turque qui le montre assistant à l’allocution de M. Erdogan.

L’oligarque russe Roman Abramovitch (en arrière-plan, à gauche) était présent pour les pourparlers. Photo : Reuters/Présidence Turque

Après une réunion dans la capitale ukrainienne courant mars, le milliardaire, dont deux yachts sont depuis la semaine dernière ancrés au large des côtes turques, a montré des signes faisant penser à un empoisonnement. Cette rumeur a toutefois été démentie par un responsable américain

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Des Ukrainiens âgés trouvent refuge dans des rames de métro à Kiev

mars 19, 2022
Des Ukrainiens âgés trouvent refuge dans des rames de métro à Kiev© AFP/FADEL SENNA
Source AFP

Valentyna Katkova, 77 ans, ne sait pas ce qui lui donne le plus envie de pleurer: le grand âge et la maladie ou le fait de vivre terrée dans le métro de Kiev pour échapper aux bombes russes.

Comme Mme Katkova, vêtue d’un manteau couleur lilas et d’un bonnet en tricot, quelque 200 personnes ont trouvé refuge dans la station de métro de Syrets, dans le nord-ouest de la capitale ukrainienne que les forces russes tentent d’encercler.

Si la plupart de ces personnes dorment sur des couvertures ou des matelas posés sur le sol du quai ou des couloirs, voire dans des tentes, Mme Katkova et d’autres personnes âgées préfèrent le confort rudimentaire des rames de métro, chacune s’aménageant son petit coin.

Celui de Mme Katkova est constitué en tout et pour tour de trois sièges en faux cuir bleu sur lesquels elle a étendu une couverture. Impossible de s’allonger sans replier les jambes. Sur un rebord, une bouteille d’eau et un gobelet.

Les yeux rougis par les larmes et la voix étranglée par les sanglots, elle explique vivre là « depuis le 24 février », une date gravée dans sa mémoire, le jour où Vladimir Poutine a lâché son armée sur l’Ukraine.

Sa fille, son gendre et leurs deux enfants passent leurs nuits sur le quai de la station.

« Et moi, comme les vieux, je suis ici. C’est parce que j’ai eu une attaque et une crise cardiaque, alors je suis là, à dormir dans la voiture. Et les plus jeunes, les enfants sont là, sur le sol », dit-elle.

Solidarité

Le métro de Kiev, qui compte certaines stations parmi les plus profondes du monde, sert aujourd’hui d’abri antiaérien à des milliers d’habitants de la capitale.

La circulation des trains se poursuit sur une seule voie, les autres accueillant des rames immobiles servant de logement de fortune aux réfugiés.

Dans cette station située à une soixantaine de mètres de profondeur, un semblant de vie s’est reconstitué. Une télévision a été installée, diffusant ce jour-là le film « Pirates des Caraïbes ». Sur une feuille posée au sol, un dessin au crayon de couleur représente un char avec un drapeau ukrainien et la légende suivante: « Gloire à l’Ukraine ».

Nina Piddoubna, 71 ans, qui loge dans le wagon voisin de celui de Mme Katkova, explique qu’il n’a pas été facile de s’habituer à ce nouvel environnement.

Au début, « je me suis sentie très mal, j’avais de la fièvre », raconte-t-elle, ses yeux clairs soulignés par des poches violettes. Une fois, elle s’est même évanouie, mais des employés du métro lui ont apporté des soins.

Olena Gousseva, une femme de 73 ans aux belles fossettes, ressent une prévenance qu’elle n’avait « jamais ressentie auparavant ». « Les gens sont très accueillants et attentifs les uns aux autres », remarque-t-elle.

« La profondeur ici vous permet d’être (en sécurité) », souligne Mme Gousseva.

Alors certes, « l’humidité et les conditions sont telles que vous risquez d’attraper froid », reconnaît-elle. « Mais vous venez quand même, car il est plus important d’être en vie. »

Par le Point avec AFP

Ukraine: Les bombardements s’intensifient sur Kiev, où un couvre-feu est décrété

mars 15, 2022

Un pompier réconforte une femme près d’un immeuble résidentiel visé par une frappe russe, peu avant l’aube mardi, à Kiev. Photo : AFP via Getty Images Aris Messinis

Au 20e jour de la guerre, les sirènes d’alerte ont encore une fois retenti à travers toute l’Ukraine. À Kiev, les bombardements se sont intensifiés et ont atteint plusieurs immeubles résidentiels du centre de la capitale, sur laquelle les troupes de Vladimir Poutine continuent de resserrer leur étau.

Des immeubles résidentiels de plusieurs étages se trouvant dans les quartiers de Sviatochine, Podil et Lukyanivska, tous situés dans le nord-ouest de la capitale, non loin du centre, ont été bombardés mardi juste avant l’aube.

Le bilan de ces frappes est de quatre morts, pour l’heure, dont deux dans l’attaque à Sviatochine. Le bâtiment visé par le bombardement s’est embrasé, mais les secours ont pu sortir 27 personnes saines et sauves.

À Lukyanivska, c’est une station de métro qui a été touchée. Elle a dû être fermée de manière temporaire.

Une femme étendue sur une civière est transportée par plusieurs pompiers.

Les pompiers sortent le corps d’une femme d’un immeuble visé par une frappe russe à Kiev, le 15 mars 2022. Photo: AFP via Getty Images Aris Messinis

Lundi, le Kremlin avait affirmé que l’armée russe n’excluait pas la possibilité de prendre le contrôle total des grandes villes qui sont déjà encerclées, ce qui fait craindre qu’un assaut soit lancé de manière imminente sur la capitale.

Oleksiy Arestovych, un conseiller du président Volodymyr Zelensky qui participe aux négociations avec Moscou, a prévenu que la guerre entre l’Ukraine et la Russie est à la croisée des chemins. Soit nous nous mettons d’accord lors des discussions actuelles, soit les Russes tenteront une nouvelle offensive et il y aura des discussions ensuite, a-t-il dit.

Kiev, que les forces russes tentent d’encercler, s’est vidée d’au moins la moitié de ses quelque trois millions d’habitants depuis le début du conflit, le 24 février.

Affirmant qu’il s’agit d’un moment dangereux et difficile pour Kiev, le maire Vitalii Klitschko a décrété un couvre-feu de 36 heures qui doit entrer en vigueur mardi dès 20 h, soit 14 h (HAE), et ce, jusqu’à jeudi matin 7 h, soit 1 h (HAE).

Il est interdit de circuler en ville sans autorisation spéciale, sauf pour se rendre dans des abris, a-t-il expliqué.

« La capitale est le cœur de l’Ukraine et elle sera défendue. Kiev, qui est actuellement l’avant-garde de liberté et de la sécurité de l’Europe, ne sera pas abandonnée. »— Une citation de  Vitalii Klitschko, maire de Kiev

Le maire Klitschko a aussi appelé les hommes du pays à affluer vers la capitale pour la défendre.

En entrevue à la British Broadcasting CorporationBBC, les deux généraux ukrainiens responsables de la défense de la capitale ont expliqué comment leurs forces combattent pour maintenir l’artillerie russe hors de portée et pourquoi ils estiment avoir des atouts qui changeront la donne.

La topographie et le terrain de la ville sont du côté de l’Ukraine, a indiqué le général Andreï Krischenko, précisant que Kiev est grande et tentaculaire : Elle est traversée par des rivières; non seulement le puissant fleuve Dniepr, qui divise Kiev en deux, mais aussi ses affluents.Une femme a les mains et le visage noirs.

Une résidente évacuée d’un immeuble frappé à l’aube par l’armée russe, à Kiev, le 15 mars 2022. Photo : Getty Images/Chris McGrath

Le contrôle de la région de Kherson revendiqué

Le ministère russe de la Défense a annoncé mardi que son armée avait pris le contrôle total de la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine. Cette information est invérifiable de source indépendante pour le moment.

Les troupes russes avaient déjà annoncé avoir pris le contrôle de la ville de Kherson (250 000 habitants), au début mars. La région compte quant à elle 1 million d’habitants en temps de paix.

Selon des responsables américains de la Défense, à partir de la région de Kherson, les troupes russes pourraient ensuite se diriger vers la ville Mykolaïv (1,12 million d’habitants), située à environ 70 kilomètres au nord-ouest, avant de viser Odessa (990 000 habitants), principal port ukrainien sur la mer Noire.

Les habitants d’Odessa se préparent à une offensive russe depuis des jours déjà, tandis qu’à Mykolaïv, déjà pilonnée par l’armée russe, les services d’urgence ont confirmé la mort d’au moins sept personnes dans une frappe survenue dimanche contre une école.

2000 voitures quittent Marioupol

Plus à l’est, les Russes tentent toujours de prendre Marioupol, ville portuaire stratégique sur la mer d’Azov, assiégée depuis des jours.

Mardi, la mairie a annoncé que 2000 voitures privées avaient réussi à quitter la vielle assiégée, et que 2000 autres attendaient de pouvoir faire de même. La veille, c’est 160 voitures qui avaient réussi à quitter la ville. Il s’agissait de la première évacuation de civils depuis que la ville est entièrement encerclée.

Le couloir humanitaire emprunté par les colonnes de véhicules relie Marioupol à Zaporijia, via Berdiansk, sur environ 270 km de route. On ne sait toutefois pas combien de personnes sont arrivées à fuir dans ces évacuations, mais près de 400 000 personnes, sur une population d’environ 450 000, seraient toujours prises au piège.

Les autorités locales estiment désormais que plus de 2300 civils ont perdu la vie depuis le début du siège russe, qui a plongé la ville dans une situation humanitaire critique. Les habitants y vivent terrés dans des caves, privés d’eau, d’électricité, de chauffage et de nourriture.

Un convoi d’aide humanitaire, qui cherche depuis des jours à atteindre la ville, a de nouveau été bloqué lundi par des soldats russes, selon les autorités.

En entrevue à la British Broadcasting CorporationBBC, le maire Sergei Orlov a fait savoir que la situation se dégrade d’heure en heure.

« On reçoit beaucoup d’appels. Par exemple, une mère qui dit : « J’ai un enfant entre les mains en train de mourir de faim ». Et malheureusement, on ne peut rien faire. »— Une citation de  Sergei Orlov, maire de Marioupol

Située à environ 55 kilomètres de la frontière russe et à 85 kilomètres du fief séparatiste de Donetsk, Marioupol est la plus grande ville encore aux mains de Kiev dans le bassin du Donbass, qui comprend les régions de Donetsk et de Lougansk.

La prise par Moscou de cette ville portuaire serait un important tournant dans l’invasion de l’Ukraine. Elle permettrait de faire la jonction entre les forces russes venues de la Crimée annexée, qui ont déjà pris les ports de Berdiansk et Kherson, et les troupes séparatistes et russes dans le Donbass.

L’aéroport de Dnipro détruit

Dans le centre-est du pays, la ville de Dnipro, jusqu’à récemment épargnée, a été de nouveau la cible de frappes russes. L’aéroport a été bombardé mardi, ce qui a causé des destructions massives, selon le maire, qui n’a pas évoqué de victimes dans l’immédiat.

Dans la nuit, l’ennemi a attaqué l’aéroport de Dnipro. Deux frappes. La piste de décollage et d’atterrissage a été détruite. Le terminal est endommagé. Destructions massives, écrit Valentin Reznitchenko, gouverneur de la région sur Telegram.

Un peu plus au nord, les villes de Kharkiv et Chernihiv continuent d’être pilonnées par l’armée russe, selon les autorités locales.Une grue retire des débris d'un toit effondré.

Des équipes de secours retirent des débris d’un immeuble effondré après une frappe russe, le 15 mars 2022, à Kharkiv. Photo : Reuters

Avec Radio-Canada

Ukraine: Nouveaux bombardements russes sur Kiev, une ville « en état de siège »

mars 14, 2022
Un homme âgé au visage ensenglanté marche dans des débris aidé par trois personnes.

Les secours aident un homme blessé dans le bombardement d’un immeuble résidentiel à Kiev, le 14 mars 2022. Photo: Reuters/Gleb Garanich

Les forces militaires russes ont poursuivi lundi leur campagne punitive pour capturer Kiev avec des combats et des tirs d’artillerie dans la banlieue, après qu’une frappe aérienne sur une base militaire près de la frontière polonaise ait dangereusement rapproché la guerre des portes de l’OTAN.

Des alertes de raid aérien ont retenti dans les villes et villages de tout le pays pendant la nuit, de la frontière russe à l’est jusqu’aux montagnes des Carpates à l’ouest.

Les combats se poursuivaient aussi en périphérie de Kiev. Des responsables ukrainiens ont indiqué que les forces russes avaient bombardé plusieurs banlieues de la capitale, une cible politique et stratégique majeure pour leur invasion.

Un conseiller municipal de Brovary, banlieue à l’est de Kiev, a été tué dans des combats, ont indiqué des responsables. Des obus sont également tombés sur les banlieues d’Irpin, de Boutcha et de Hostomel, qui ont connu certains des pires combats de la tentative pour le moment infructueuse de la Russie de prendre la capitale, ont déclaré des responsables locaux.Le corps d'un homme gît dans des décombres.

Kiev, la capitale ukrainienne, continue d’être bombardée par les troupes russes, le 14 mars 2022. Photo: Reuters/Mikhail Palinchak

Lundi, une frappe contre un immeuble résidentiel a fait au moins deux morts et 12 blessés, ont indiqué les secours ukrainiens.

Sur leur compte Telegram, les services d’urgence ukrainiens ont indiqué qu’un bâtiment de huit étages du quartier d’Oblon, dans le nord, avait été touché à l’aube vraisemblablement par un tir d’artillerie, causant un incendie qui a depuis été maîtrisé par les pompiers.

L’usine d’aérospatiale Antonov située dans la capitale a elle aussi été la cible de tirs russes, selon le gouvernement municipal. Des fragments de missile sont tombés sur la route dans le district de Kourenivka, faisant un mort et six blessés, a précisé la mairie.

L’usine Antonov est la plus grande usine de fabrication d’avions d’Ukraine et est surtout connue pour produire bon nombre des plus gros avions-cargos du monde.

Kiev « en état de siège »

Deux pompiers marchent sur une échelle posée sur le rebord d'une fenêtre d'un immeuble calciné.

Des pompiers participent à l’évacuation d’un immeuble visé par un missile russe, à Kiev, le 14 mars 2022. Photo : AFP via Getty Images/Aris Messinis

La capitale est désormais une ville en état de siègeselon les mots d’un conseiller du président ukrainien. Les évacuations doivent se poursuivre lundi dans la région.

Panne à Tchernobyl

À Tchernobyl, à quelques 130 kilomètres au nord de Kiev, les craintes concernant la sécurité de l’ancienne centrale nucléaire continuent s’accumuler. La centrale serait de nouveau coupée du réseau électrique, selon le régulateur.

Les autorités ukrainiennes avaient pourtant indiqué la veille avoir rétabli l’alimentation électrique de l’ancienne centrale, qui a toujours besoin d’énergie pour assurer la sécurité des assemblages combustibles stockés sur place.

Aussi, le personnel qui gère les complexes de déchets radioactifs a arrêté de procéder aux réparations de sécurité en raison de l’épuisement, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA), qui en a été informée par les autorités ukrainiennes.

Le personnel à (Tchernobyl) ne procède plus aux réparations et à la maintenance de l’équipement lié à la sécurité, en partie du fait de leur fatigue physique et psychologique après avoir travaillé sans arrêt depuis trois semaines, a confirmé l’agence, sans plus de détails.

Il semble que le personnel en question n’a pas été relevé depuis que les troupes russes ont pris le contrôle de la centrale.

Dans leur plus récent bilan diffusé lundi, les Nations unies ont confirmé qu’au moins 636 civils avaient été tués en Ukraine, incluant 46 enfants, depuis le début de l’offensive russe. Le bilan réel est vraisemblablement beaucoup plus lourd, a toutefois averti le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. En fait, à Marioupol seulement, les autorités ukrainiennes estiment qu’au moins 2187 civils ont perdu la vie.

Un missile à sous-munition lancé sur Donetsk?

Les séparatistes prorusses de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, ont affirmé lundi qu’un missile ukrainien avait causé la mort d’au moins 23 personnes, dont des enfants, et fait 18 blessés dans le centre de cette grande ville industrielle, habituellement épargné par les combats.

Sur son compte Telegram, la défense territoriale de Donetsk a publié des photos montrant plusieurs corps ensanglantés gisant dans une rue, au milieu de débris. Un minibus aux vitres brisées est également visible.Une femme étendue dans une rue jonchée de débris.

Le corps d’une femme tuées par la frappe au centre-ville de Donetsk, le 14 mars 2022. Photo : Reuters

Selon la défense territoriale de Donetsk, les défenses antiaériennes des séparatistes ont intercepté un missile ukrainien Totchka dont les débris ont ensuite fauché les victimes.

Le chef des séparatistes de Donetsk, Denis Pouchiline, a affirmé à la télévision russe qu’il s’agissait d’un missile contenant des sous-munitions, interdites par plus d’une centaine de pays dans le monde, mais pas par la Russie ni l’Ukraine.

Les autorités russes ont accusé Kiev de crime de guerre. Or, l’armée ukrainienne a fermement démenti avoir tiré un missile contre Donetsk. Il s’agit définitivement d’un missile russe ou d’un autre type de munition, a déclaré le porte-parole Leonid Matioukine lors d’un point-presse.

Défendre l’OTAN contre toute attaque, même accidentelle

Par ailleurs, une attaque menée dans la nuit de samedi à dimanche contre la base militaire de Yavoriv, à seulement une vingtaine de kilomètres de la Pologne, pays membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN et de l’Union européenneUE, continue de faire réagir lundi. Ce raid a fait 35 morts.Un homme au visage ensanglanté.

Un soldat blessé attend une ambulance à la base militaire de Yavoriv, le 13 mars 2022. Photo : Reuters/Kai Pfaffenbach

Le conseiller national pour la sécurité des États-Unis, Jake Sullivan, a prévenu dimanche que l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN répondra avec toute sa force à toute attaque sur son territoire, même si celle-ci est accidentelle.

À l’émission Face the Nation, il a affirmé que le président Joe Biden a été clair sur le fait que les États-Unis travailleront avec leurs alliés pour défendre chaque pouce du territoire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, et ça veut dire chaque pouce.

C’est notamment à cette base qu’arrive une partie de l’aide militaire livrée par les pays occidentaux à l’Ukraine depuis son invasion par la Russie, le 24 février. Moscou a déjà prévenu que ces convois d’aides militaires sont considérés comme des cibles légitimes.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et Associated Press

Ukraine: Kiev se prépare à un assaut, Moscou poursuit les bombardements

mars 13, 2022

Des soldats ukrainiens marchent à Irpine, à l’ouest de Kiev, où des bombardements russes font rage. Photo : AFP/Sergei Supinsky

L’offensive de l’armée russe se poursuit pour une 18e journée en Ukraine. Les troupes de Moscou continuent de bombarder plusieurs villes et accentuent la pression sur la capitale, Kiev. Plus à l’ouest, des tirs ont été signalés à Lviv, jusqu’ici épargnée des combats.

Les forces russes ont bombardé dimanche une base militaire située à Yavoriv dans la région de Lviv, près de la frontière polonaise et jusque-là relativement à l’écart du conflit.Un homme blessé sur une civière.

Militaire blessé sur une civière après l’attaque de la base militaire de Yavoriv. Photo: Reuters/Kai Pfaffenbach

L’attaque a fait 35 morts et 134 blessés, a annoncé le gouverneur de la région, Maxim Kozitsky. Un premier bilan faisait état de neuf morts et 57 blessés.

Les occupants ont mené une frappe aérienne sur le Centre international pour le maintien de la paix et la sécurité. D’après les informations préliminaires, ils ont tiré huit missiles, a déclaré l’administration régionale de Lviv dans un communiqué.

Cette base a servi ces dernières années de terrain d’entraînement aux forces ukrainiennes sous l’encadrement d’instructeurs étrangers, notamment américains et canadiens.

Elle est située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Lviv, grande ville de l’ouest de l’Ukraine où de nombreuses personnes déplacées par l’invasion russe ont afflué. Plusieurs pays y ont aussi déplacé leur ambassade, jugeant cette ville plus sûre que Kiev.Des civils ukrainiens quittent leur ville en proie aux bombardements.

Des civils, dont un homme blessé, fuient la ville d’Irpine, hors de Kiev. Photo: Reuters/Gleb Garanich

D’ailleurs, dans la capitale, les autorités ukrainiennes craignent que la ville soit encerclée par les troupes russes et promettent une défense acharnée face aux envahisseurs. Sur place, on se prépare à un assaut, comme en témoignent les rues barricadées.

Des images satellites montraient samedi matin que l’armée russe avait effectué des mouvements de son convoi stationné depuis plusieurs jours au nord-ouest de la ville. Des frappes ont touché samedi matin la ville de Vasylkiv, à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale.

Un journaliste américain a été tué et un autre blessé par balles dimanche à Irpin, à la lisière nord-ouest de Kiev, où les forces ukrainiennes combattent les forces russes, rapporte l’Agence France-PresseAFP citant des sources concordantes.

Les deux hommes ont été touchés alors qu’ils circulaient en voiture avec un civil ukrainien, également blessé, a précisé Danylo Shapovalov, un médecin engagé auprès des forces ukrainiennes qui a pris en charge les victimes. Un journaliste de l’Agence France-PresseAFP a vu le corps du journaliste tué.

Les autorités ukrainiennes ont rapidement accusé la Russie, mais l’origine des tirs était difficile à établir dans l’immédiat.

Le maire ukrainien de la ville de Dniproroudné, Evguen Matveïev, a quant à lui été enlevé dimanche par des soldats russes dans le sud du pays, deux jours après le kidnapping d’un autre maire, selon le gouverneur de la région de Zaporijia.

Ces enlèvements ont été condamnés par l’Union européenne.

Des bombes au phosphore dans le Donbass

Oleksi Bilochytsky, chef de la police de Popasna, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Lougansk, a accusé dans la nuit de samedi à dimanche l’armée russe de bombarder sa localité avec des bombes au phosphore.

Ces informations étaient invérifiables dans l’immédiat.

Des responsables ukrainiens ont rapporté une trentaine de blessés lors de frappes sur un grand monastère de la région de Donetsk.

À Kramatorsk, un train évacuant des personnes en direction de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, a été lui aussi touché par des frappes dans la nuit, selon le chef de la région militaire de la région de Donetsk, Pavlo Kirilenko. Le bombardement aurait fait un mort et un blessé.

Deux églises orthodoxes où s’abritent des civils ont aussi été touchées par les combats, selon les autorités régionales : l’église de Sviatoguirsk, célèbre lieu de culte de la région de Donetsk, et une église à Severodonetsk, dans la région de Lougansk. Aucun bilan n’a été communiqué.Deux hommes observent avec des jumelles les mouvements de l'armée russe.

Des membres de la défense territoriale ukrainienne observent avec des jumelles les mouvements des troupes russes autour du village de Velyka Dymerka, à 40 km à l’est de Kiev. Photo : AFP/Dimitar Dilkoff

Des proportions catastrophiques

Pendant ce temps, au sud-est du pays, la ville portuaire de Marioupol espère l’arrivée d’aide humanitaire. Les habitants attendent un convoi bloqué pendant plus de cinq heures à un barrage russe samedi.

Les bombardements empêchent les approvisionnements et l’inhumation des morts. Le bilan des victimes était estimé à 1500 vendredi, selon le cabinet du maire.

La Turquie a réclamé l’aide de la Russie pour évacuer ses citoyens de Marioupol.

Moscou reconnaît que la situation dans certaines villes a pris des proportions catastrophiques, selon les mots du général Mikhaïl Mizintsev, cité samedi par les agences de presse russes.

Mais le militaire a accusé les nationalistes ukrainiens de miner les zones résidentielles et de détruire des infrastructures, privant les civils de voies d’évacuation et de ressources élémentaires.

Toujours au sud, la métropole d’Odessa continue de se préparer à une offensive des troupes russes, qui se concentrent actuellement à une centaine de kilomètres à l’est sur la ville de Mykolaïv, où l’on rapporte des frappes meurtrières.

Neuf personnes ont été tuées dans des frappes russes, a indiqué le gouverneur de la région sur Telegram, sans donner plus détails.

Mykolaïv, désormais désertée, a été la cible de plusieurs bombardements qui ont touché des zones d’habitation, y compris un centre de cancérologie et un hôpital ophtalmologique.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Ukraine : des tanks russes aux portes de Kiev

mars 10, 2022
Deux hommes observent avec des jumelles les mouvements de l'armée russe.

Des membres de la défense territoriale ukrainienne observent avec des jumelles les mouvements des troupes russes autour du village de Velyka Dymerka, à 40 km à l’est de Kiev. Photo :AFP/Dimitar Dilkoff

Des tanks russes sont arrivés jeudi à la lisière nord-est de la capitale ukrainienne Kiev, qu’ils menacent d’encercler après être déjà parvenus dans ses faubourgs au nord et à l’ouest.

Une équipe de l’Agence France-PresseAFP a vu des colonnes de fumée s’échapper du village de Skybyn, à quelques centaines de mètres du dernier barrage des forces ukrainiennes avant l’entrée de Kiev au nord-est.

Des soldats ukrainiens ont raconté à l’Agence France-PresseAFP avoir intensément combattu dans la nuit pour y garder le contrôle de la dernière portion d’autoroute avant la capitale, sa principale entrée au nord-est.

Des opérations militaires sont en cours à Skybyn, a indiqué à l’Agence France-PresseAFP un soldat prénommé Sergiy, affirmant qu’une colonne de chars russes avait été partiellement détruite.

Jeudi en fin de matinée, une pluie de missiles russes Grad s’est abattue sur le village désert de Velyka Dymerka, à environ cinq kilomètres des limites de Kiev, dont certains ont atterri à une vingtaine de mètres d’une équipe de l’Agence France-PresseAFP.

Les missiles ont frappé plusieurs maisons du village, dont les troupes russes se rapprochaient ces derniers jours et où les forces ukrainiennes n’avaient plus qu’une présence minimale.

Les Russes sont entrés ce matin dans le village, a indiqué un habitant de 38 ans, Vasyl Popov. C’est terrifiant, mais que voulez-vous qu’on y fasse, on habite ici et on n’a nulle part où fuir ou se réfugier.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine le 24 février, les forces russes ont avancé sur plusieurs fronts autour de Kiev, laissant craindre aux Ukrainiens un encerclement plus ou moins rapide de leur capitale.

Dès les premiers jours, elles sont parvenues à sa lisière nord-est, notamment près des villes d’Irpin et Boutcha, bombardées intensément depuis plus d’une semaine et d’où les habitants ont fui en masse.

Au nord-est de Kiev, plus rural et dégagé, les tanks russes avaient avancé en moins d’une semaine de plus de 80 kilomètres pour atteindre ces derniers jours les villages bordant Kiev, comme Velyka Dymerka.

Autour de l’agglomération de Kiev, qui comptait avant la guerre près de 3,5 millions d’habitants, les autorités ukrainiennes ne disposent plus aujourd’hui que des routes allant vers le sud pour évacuer les civils et ravitailler la ville.Début du widget . Passer le widget?

Par Radio-Canada avec AFP