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Rwanda : un ex-chef de milice condamné à la perpétuité pour son rôle dans le génocide

avril 21, 2017

Audition d’un ancien chef hutu à la CPI à La Haye en 2011 © JERRY LAMPEN/AP/SIPA

Bernard Munyagishari, un ancien chef de milice dans la province de Gisenyi, dans le nord-ouest du Rwanda, a été condamné ce jeudi à la prison à vie par un tribunal de Kigali pour son implication dans le génocide des Tutsis en 1994.

La Haute Cour à Kigali a déclaré coupable ce jeudi 20 avril Bernard Munyagishari de crimes de génocide et de meurtres constitutifs de crimes contre l’humanité. Il a en revanche été acquitté du crime de viol.

Né en 1959, l’homme « a été condamné à la prison à perpétuité […] ; il a 30 jours pour faire appel », a déclaré à l’AFP le porte-parole des Cours et tribunaux du Rwanda, Emmanuel Itamwa, après le verdict.

Bernard Munyagishari était en 1994 président pour la préfecture de Gisenyi des tristement célèbres extrémistes hutu Interahamwe, l’aile de la jeunesse du parti présidentiel de l’époque (MRND) et fers de lance du génocide.

Commune rouge

Il était poursuivi pour des faits qui se sont déroulés en 1994 en différents endroits de la préfecture de Gisenyi, notamment au cimetière connu sous le nom de Commune rouge, où les Tutsis étaient jetés dans des fosses communes pendant le génocide, qui a fait environ 800 000 morts entre avril et juillet 1994 selon l’ONU.

La Cour a suivi le procureur, qui avait requis la peine maximale le 21 février alors que la défense avait plaidé l’acquittement.

L’ex-chef de milice est le deuxième accusé du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) transféré au Rwanda après le pasteur pentecôtiste Jean Uwinkindi. Celui-ci a fait appel, après avoir été condamné lui aussi à la perpétuité en première instance.

Jeuneafrique.com avec AFP

Climat: accord à Kigali sur l’élimination des HFC, d’importants gaz à effet de serre

octobre 15, 2016

Kigali – La communauté internationale a adopté samedi à Kigali un calendrier en vue de l’élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC), gaz extrêmement nocifs pour le climat utilisés dans les réfrigérateurs et climatiseurs, les pays riches étant appelés à agir les premiers.

L’année passée à Paris (lors de la COP21), nous avions promis de protéger le monde des pires effets du changement climatique. Aujourd’hui, nous honorons cette promesse, a réagi le directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement, Erik Solheim dans un communiqué.

Juridiquement contraignant, l’accord de Kigali est une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique et permet de donner un signal positif à quelques semaines de la prochaine grande conférence annuelle sur le climat (COP22), à Marrakech (Maroc).

Obtenu à l’issue d’une nuit entière de discussion, cet accord sous la forme d’un amendement au Protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone, a été largement salué, bien que certains regrettent que des pays comme l’Inde ont décidé d’entamer la transition plus tard que la plupart des autres nations.

Ce n’est peut-être pas entièrement ce que nous souhaitions, mais cela reste un bon accord, a déclaré le représentant des Iles Marshall, Mattlan Zackhras.

L’élimination des HFC, présents dans certains aérosols ou pour la fabrication de mousses isolantes, est de fait une question épineuse pour l’Inde, et il aura fallu plusieurs réunions bilatérales vendredi, notamment avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry, pour débloquer les négociations.

La diplomatie n’est pas une chose facile, mais nous pouvons travailler ensemble pour laisser à nos enfants une planète plus sûre, plus prospère et plus libre que celle dont nous avons hérité, a déclaré le président américain Barack Obama, dont le climat est un des chevaux de bataille, dans un communiqué.

Il a également salué l’entrée en vigueur du Pacte de Paris début novembre alors que la ministre française de l’Environnement et présidente de la COP21, Ségolène Royal, a, elle, salué un accord historique.

– Premier test sérieux –

Le calendrier adopté samedi prévoit qu’un premier groupe de pays, ceux dits développés, réduise sa consommation de HFC de 10% d’ici à 2019 par rapport aux niveaux de 2011-2013, ce chiffre devant passer à 85% d’ici à 2036.

Un deuxième groupe de pays en voie de développement, dont la Chine, plus grand producteur mondial de HFC, et les pays africains, s’est engagé à entamer la transition en 2024. Une réduction de 10% par rapport aux niveaux de 2020-2022 devra être atteinte pour 2029, cette réduction devant atteindre 80% d’ici à 2045.

Un troisième groupe de pays également en voie de développement incluant l’Inde, le Pakistan, l’Iran, l’Irak et les pays du Golfe s’est, quant à lui, engagé à commencer le gel en 2028, une diminution de 10% par rapport à la période 2024-2026 devant être atteinte pour 2032, puis de 85% pour 2047.

C’est une honte que l’Inde et une poignée de pays aient choisi un programme plus lent, a dénoncé l’ONG Christian Aid, assurant toutefois que la communauté internationale a dans l’ensemble passé le premier test sérieux de politique climatique depuis la COP21.

Avec le pacte de Paris, la communauté internationale s’est engagée à agir pour contenir la hausse de la température dans le monde bien en deçà de 2°C par rapport au niveau préindustriel et à poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5°C.

Or l’élimination des HFC pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d’ici à 2100, selon une étude publiée en 2015 par l’Institute for Governance and Sustainable Development (IGSD), un groupe de réflexion. A l’horizon 2030, elle permettrait d’éviter jusqu’à 1,7 gigatonne d’équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles du Japon.

– Alternatives –

Les HFC sont de redoutables gaz à effet de serre, proportionnellement bien pires que le dioxyde de carbone, et leurs émissions augmentent à un rythme de 10-15% par an. Ils sont utilisés depuis les années 1990 en remplacement des CFC (chlorofluorocarbures), principaux responsables de la destruction de la couche d’ozone.

Mais s’ils sont bons pour l’ozone, ils se sont révélés désastreux pour le climat.

Les participants ont par ailleurs confirmé leur engagement à financer la transition. Une aide de 80 millions de dollars (71,5 millions d’euros) a été promise le mois dernier mais le total nécessaire est estimé à plusieurs milliards de dollars à l’échelle mondiale. De nouvelles discussions sont prévues fin 2017.

Romandie.com avec(©AFP / 15 octobre 2016 14h32)

Rwanda : le centre culturel franco-rwandais de Kigali démoli à la pelleteuse

juillet 4, 2014
La destruction du Centre Culturel Franco-Rwanda au 2 juillet,2014. © Cyril NDEGEYA pour J.A.

La destruction du Centre Culturel Franco-Rwanda au 2 juillet,2014. © Cyril NDEGEYA pour J.A.

Après des années de tractations infructueuses sur l’avenir du centre culturel franco-rwandais de Kigali, le Rwanda a mis en oeuvre une décision radicale : détruire l’ensemble des bâtiments à la pelleteuse et récupérer le terrain.

Un vaste tas de gravats derrière des palissades de tôles. Depuis le passage des pelleteuses, c’est tout ce qu’il reste de l’ancien centre culturel franco-rwandais, qui fut, durant des décennies, un haut lieu culturel en plein centre de Kigali. Le dernier bâtiment de cet ensemble, la grande salle de concert, a été démolie mercredi, rayant de la carte toute une page de l’histoire de la coopération franco-rwandaise.

Cette opération spectaculaire est évidemment hautement symbolique, à l’heure où les relations entre les deux pays sont au plus bas. Mais cela fait en réalité plusieurs années que ce scénario se dessine.

En 2008, la ville de Kigali a en effet adopté un plan directeur qui détermine la hauteur à laquelle doivent se conformer les bâtiments de chaque quartier. Et le vénérable centre culturel d’un étage ne correspondait pas aux nouveaux critères. Laurent Contini, le premier ambassadeur nommé après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda, en 2009 (qui entretenait alors de bons rapports avec le gouvernement de Kigali) échafaude un projet de partenariat public-privé pour construire un nouvel immeuble.

L’idée est simple : le centre culturel occupera une partie du nouvel ensemble, le reste revenant au promoteur privé retenu. Cet arrangement devait permettre à la France de conserver la propriété de ce terrain idéalement situé au cœur de la capitale rwandaise. Restait à trouver ce partenaire privé… Le maire de Kigali, Fidèle Ndayisaba, se disait alors « très satisfait » du projet mais prévenait: s’il ne voit pas le jour, le terrain sera confisqué…

C’est alors qu’Alain Juppé, qui entretient des relations exécrables avec Kigali, est nommé ministre des Affaires étrangères par Nicolas Sarkozy. En novembre 2011, Juppé rappelle Contini à Paris. Et Kigali refuse d’agréer sa remplaçante : l’actuelle conseillère Afrique de l’Élysée, Hélène Le Gal.

Il faudra attendre l’arrivée au pouvoir de François Hollande, et la nomination de Michel Flesch, l’actuel ambassadeur, pour que cette situation singulière prenne fin. Mais entre-temps, les Rwandais se sont impatientés…

L’appel d’offre pour trouver ce partenaire privé est finalement lancé mais il est infructueux. « C’est l’échec de cet appel d’offre qui a causé la situation actuelle et rien d’autre, affirme Maurice Brouard, le directeur de l’Institut Français au Rwanda. Il se trouve que cela a coïncidé avec la crise diplomatique. Mais ce sont deux sujets distincts. »

Selon une source rwandaise proche du dossier, Paris n’a toutefois pas faits assez d’efforts. « Leur appel d’offre proposait un bail de 20 ans seulement au promoteur. C’était beaucoup trop peu pour intéresser un éventuel partenaire », affirme-t-elle.

« Nous avons laissé assez de temps à l’ambassade de France pour réaliser son projet, affirme pour sa part le maire de Kigali. Elle n’a pas respecté les délais auxquels elle s’était elle-même engagée. Le gouvernement rwandais a confisqué le terrain en respectant les procédures, comme dans n’importe quel cas de ce genre. Nous leur avons laissé un mois pour quitter les lieux. Aujourd’hui, le terrain appartient au gouvernement rwandais ».

« Nous n’avons abandonné aucune de nos activités culturelles, tient toutefois Maurice Brouard. L’école française continue de fonctionner sans problème. Nous avons même trouvé de nouveaux studios pour les artistes que nous hébergions au centre ». À quel endroit ? « Au Goethe Institute »… allemand. Tout un symbole.
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Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet, envoyé spécial à Kigali

Rwanda – France : ça se réchauffe entre Kigali et Paris

février 25, 2014

Le président rwandais Paul Kagamé. Le président rwandais Paul Kagamé. © AFP Le président rwandais Paul Kagamé. © AFP [/caption

Invité par le président Paul Kagamé à assister, le 7 avril, à la commémoration du vingtième anniversaire du génocide de 1994, François Hollande a dépêché à Kigali, mi-février, deux émissaires de haut niveau.

À la suite de l’invitation de Paul Kagamé pour assister le 7 avril à la commémoration du 20e anniversaire du génocide de 1994, le président français a dépêché à Kigali, les 16 et 17 février, Thomas Mélonio, conseiller Afrique adjoint à l’Élysée, et Jean-Christophe Belliard, directeur Afrique au ministère des Affaires étrangères. Après une visite au mémorial du génocide de Gisozi, les deux hommes ont été reçus par Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères.

Au menu des discussions : l’activisme de la justice française symbolisé par l’ouverture du procès de Pascal Simbikangwa, premier génocidaire présumé qu’elle accepte de juger, mais aussi la coopération entre les deux pays dans les crises africaines – le Rwanda est actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Paris est notamment très satisfait de l’action du bataillon rwandais en Centrafrique (« il est bien équipé et ses troupes sont parmi les plus efficaces »). L’envoi éventuel à Bangui de renforts venus de Kigali serait donc vu d’un très bon oeil. Quant au dossier de la RDC, il n’a même pas été évoqué, la France considérant que les accusations de soutien aux groupes rebelles de l’Est portées contre le Rwanda ne sont plus d’actualité. Quant à l’invitation aux cérémonies du 7 avril, elle sera honorée par « un membre du gouvernement ». Sans plus de précision, pour l’instant.

Jeuneafrique.com

RDC: silence assourdissant de Kigali depuis la débâcle du M23

novembre 9, 2013

Le Rwanda, sous pression internationale pour lâcher le M23, est muré dans un silence assourdissant depuis la défaite du mouvement rebelle face aux troupes de la République démocratique du Congo (RDC) appuyées par l’ONU.

Les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), qui ont annoncé mardi renoncer aux armes après leur déroute, se sont réfugiés en masse en Ouganda – un pays également accusé de les soutenir – en attendant la signature, lundi, d’un accord de paix avec Kinshasa.

Une centaine de rebelles blessés ont aussi franchi la frontière rwandaise – la seule information lâchée depuis mardi par Kigali.

Sollicité plusieurs fois par l’AFP, le Rwanda, qui a toujours nié soutenir les rebelles congolais, n’a jamais donné suite.

Tout au plus la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo s’inquiétait-elle lundi soir sur une radio locale, alors que le M23 était « chassé du territoire » de la RDC, d’une progression vers les frontières de son pays des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda).

Parmi ces rebelles hutu rwandais figurent des auteurs du génocide rwandais contre les Tutsi en 1994, qui sévissent depuis dans l’est congolais et continuent, selon Kigali, de menacer son régime.

Le silence du Rwanda est d’autant plus remarqué qu’il tranche avec les menaces de riposte que proférait Kigali il y a quelques semaines contre l’armée de RDC quand des obus tombaient sur son territoire, à la frontière de la région congolaise du Nord-Kivu où s’affrontaient le M23 et les forces de Kinshasa.

Kigali est intervenu à plusieurs reprises, parfois déguisé en rébellion locale, dans l’ex-Zaïre, invoquant un droit de poursuite des rebelles des FDLR, notamment au cours des deux guerres régionales sur le sol congolais (1996-1997 et 1998-2003).

Dès la deuxième guerre du Congo, ses incursions au Nord-Kivu, riche province minière de l’est de la RDC qui attise les convoitises, lui valent des critiques.

Dissensions internes

Mais c’est surtout l’émergence de la rébellion la plus récente, le M23, qui déclenche les foudres d’alliés de poids comme les Etats-Unis.

Les rebelles du M23, qui combattaient l’armée congolaise depuis avril 2012, sont essentiellement des Tutsi congolais issus d’une précédente rébellion, déjà liée au Rwanda, et qui avaient été intégrés aux forces de RDC après un accord de paix en 2009.

Plusieurs de ses membres, dont son chef militaire Sultani Makenga, font l’objet de sanctions onusiennes et américaines pour des atrocités perpétrées au Nord-Kivu (meurtres, viols, recrutement d’enfants. . . ).

Pour protester contre le soutien rwandais aux rebelles, les Etats-Unis ont d’abord suspendu 200. 000 dollars d’aide militaire à ce petit pays de la région des Grands Lacs, puis pris de nouvelles sanctions début octobre, le privant au moins partiellement d’aide militaire pour 2014.

Londres, traditionnel allié, Stockholm, La Haye et Berlin ont également partiellement gelé leur aide, pour les mêmes raisons.

« Le Rwanda a poussé le bouchon un peu loin dans son pari sur le M23 », estime l’analyste indépendant belge Kris Berwouts.

Du coup, « les partenaires traditionnels du Rwanda sont allés bien au-delà des pires craintes » de Kigali, longtemps protégé par la culpabilité de l’Occident honteux de sa passivité lors du génocide, a ajouté M. Berwouts.

Selon les analystes, la débâcle du M23, en partie due à une intervention inhabituellement musclée de la brigade de l’ONU chargée de rétablir la paix dans la région, s’expliquerait aussi par d’intenses pressions du Conseil de sécurité et des Etats-Unis pour que Kigali ne réagisse pas lors de l’offensive.

« Kagame n’avait pas le choix » et ne pouvait pas intervenir, relevait un spécialiste de la région avant même l’annonce du dépôt des armes par le M23.

La discrétion du Rwanda, disent les analystes, s’explique aussi par des dissensions internes au sein du régime. A Kigali, une partie des hauts responsables resterait favorable à une présence et une influence au Nord-Kivu pour, au-delà des intérêts miniers, continuer d’y traquer les FDLR. Pour d’autres, le jeu n’en vaudrait plus forcément la chandelle.

Reste à savoir quelle sera l’attitude de la brigade de l’ONU vis-à-vis des FDLR et des nombreuses autres milices qui terrorisent les populations du Nord-Kivu depuis 20 ans.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le chef rebelle de la RDC Bosco Ntaganda à La Haye dans les deux jours

mars 20, 2013

PARIS – Le général congolais rebelle Bosco Ntaganda, qui s’est livré lundi à l’ambassade des Etats-Unis au Rwanda, sera transféré à la Haye dans les deux jours, a déclaré mercredi à Paris la procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda.

Nous travaillons étroitement avec ceux qui peuvent faciliter son transfert dans le délai le plus court possible, a déclaré Mme Bensouda au cours d’une conférence, estimant que Ntaganda serait à La Haye dans les deux jours. Bosco Ntaganda, surnommé Terminator, est notamment accusé par la CPI de divers crimes de guerre et contre l’humanité, commis entre septembre 2002 et septembre 2003 dans l’Ituri (nord-est de la RDC).

Une fois qu’il sera transféré à la Haye il y aura une première comparution. Les juges fixeront une date pour la confirmation des chefs d’inculpation. D’après mon expérience cela peut prendre trois mois, a-t-elle poursuivi.

Des envoyés de la CPI sont partis pour le Rwanda, afin d’y récupérer Bosco Ntaganda à Kigali, avait annoncé auparavant mercredi un haut diplomate américain.

Des responsables de la CPI sont, à l’heure où nous parlons, en route vers Kigali, a déclaré à la presse, par téléconférence depuis Washington, Johnnie Carson, le responsable de l’Afrique au Département d’Etat américain.

Le calendrier est fluctuant mais il est clair qu’il faut agir rapidement et les prochaines 48 heures seront cruciales, avait-il poursuivi

Outre ses crimes en Ituri, les ONG accusent Ntaganda ‘être responsable de crimes dans la province orientale du Nord-Kivu, où il était présumé diriger dernièrement la rébellion du M23, mise sur pied au printemps 2012, et qui a explosé en deux sessions rivales fin février.

Il a traversé la frontière rwandaise dimanche, avec ses hommes mis en déroute par la faction ennemie.

Après avoir rejoint la capitale rwandaise, à 150 km de là, il s’est, selon Washington, présenté à l’ambassade américaine et a demandé à être remis à la CPI.

Le responsable américain a appelé les autorités rwandaises – dont M. Ntaganda est soupçonné d’avoir été longtemps une créature – de ne pas interférer dans le transfert du chef rebelle vers l’aéroport en vue de son départ pour la CPI.

Soulignant que les modalités pratiques du transport de M. Ntaganda de l’ambassade à l’aéroport restaient à définir, il a néanmoins assuré que les contacts avec Kigali avaient été ouverts et bons.

Selon M. Carson, la remise de Bosco Ntaganda à la CPI enverra un signal clair aux autres chefs rebelles et permettra de pacifier l’est de la RDC.

Romandie.com avec (©AFP / 20 mars 2013 22h13)

RD Congo: le Rwanda appelle au dialogue politique après la chute de Goma

novembre 20, 2012

KIGALI – Le Rwanda a appelé mardi à un dialogue politique en République démocratique du Congo (RDC), après la conquête de Goma, principale ville de l’est du pays, par le mouvement rebelle M23, que Kigali est accusé par l’ONU de soutenir.

Ce qui s’est passé aujourd’hui à Goma montre clairement que l’option militaire pour apporter une solution à cette crise a échoué et que le dialogue politique est la seule façon de résoudre le conflit en cours, a affirmé la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo, citée par un communiqué de son gouvernement.

Le M23 avait de son côté exigé lundi l’ouverture de négociations politiques directes (…) élargies à l’opposition politique, à la société civile et à la diaspora congolaise, ce que le président congolais Joseph Kabila avait immédiatement rejeté.

L’ONU a de son côté accusé le Rwanda, ainsi que l’Ouganda, de soutenir militairement les rebelles du M23 dans leur lutte contre le gouvernement de Joseph Kabila et dans leur avancée vers Goma, ce que ces deux pays nient catégoriquement.

En se contentant de pointer du doigt de prétendus coupables et en ignorant les causes profondes du conflit en RDC, la communauté internationale a raté l’occasion d’aider la RDC à rétablir la paix et la sécurité pour ses citoyens, estime à ce propos Mme Mushikiwabo.

Le Rwanda est totalement impliqué dans le processus de paix sous les auspices de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et nous continuons à travailler avec les Etats membres en vue d’une paix totale et durable dans notre région, poursuit la ministre, qui participait précisément mardi à une réunion ministérielle de cette organisation régionale à Kampala.

La Conférence a proposé le déploiement d’une force de plusieurs milliers de soldats pour neutraliser les différentes milices, dont le M23, dans l’est de la RDC, sans parvenir à faire avancer concrètement un tel plan à ce jour.

(©AFP / 20 novembre 2012 17h08)

Rwanda : « Agaciro », ou comment Kagamé compte se passer de l’aide internationale

août 21, 2012
 

'Le Rwanda a le droit de dessiner son destin indépendamment des aides étrangères'. « Le Rwanda a le droit de dessiner son destin indépendamment des aides étrangères ». © AFP

Pour faire face aux différents gels d’aides au développement imposés par des pays occidentaux au Rwanda pour son soutien présumé aux rebelles du M23 à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Kigali lance le « Fonds de développement Agaciro ». Tous les Rwandais sont désormais appelés à mettre la main à la poche pour soutenir l’État.

En moins d’un mois, cinq pays (États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas, Suède) ont suspendu en partie leur aide au développement pour le Rwanda, pays accusé par les Nations unies de soutenir les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Une situation inconfortable pour un pays dont plus de 40 % du budget de l’État est alimenté par l’étranger.

Question de « dignité »

Pour tenter de combler le déficit budgétaire qui s’annonce, les autorités rwandaises s’apprêtent à lancer, à partir du jeudi 23 août, l’opération « Agaciro », entendre la « dignité » en kinyarwanda. Officiellement, l’initiative a été décidée plus tôt, lors  du « dialogue national », en 2011. Une façon de « rendre le pays de plus en plus indépendant des aides étrangères et redonner aux Rwandais leur dignité », a expliqué John Rwangombwa, ministre rwandais de l’Économie lors d’un point de presse à Kigali, lundi 20 août.

Dans tous les cas, le gouvernement rwandais n’est pas prêt à céder à la pression internationale. Quitte à perdre une bonne part de son aide au développement. « Le Rwanda a le plein droit de dessiner son destin indépendamment des aides étrangères », a même souligné le président rwandais Paul Kagamé devant les hauts cadres de son parti, le Front patriotique rwandais (FPR), le 16 août.

Bon départ

Le message du chef semble être bien passé. Selon l’Agence rwandaise de l’information, les ministres rwandais ont déjà versé 33 millions de francs rwandais, soit plus de 43 000 euros, dans les caisses du « Fonds de développement Agaciro ».

Tout le peuple rwandais est appelé à suivre l’exemple des gouvernants. Ceux vivant au pays peuvent contribuer à l’effort national par voie bancaire ou par SMS. Et un site Internet a été créé pour canaliser l’apport des Rwandais de l’extérieur. « Les ressources mobilisées seront utilisées pour compléter le budget national et soutenir les projets gouvernementaux tels que l’accès à l’électricité dans les zones rurales qui nécessite 1,4 milliard de dollars américains », affirme le ministre Rwangombwa.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula