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Trump-Kim, un tête-à-tête historique et des questions en suspens

juin 12, 2018

Le leader nord-coréen Kim Jong Un (g) et le président américain Donald Trump (d) signent un document en présence du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et de la soeur du dirigeant nord-coréen Kim Yo Jong, le 12 juin 2018 à l’hôtel Capella, sur l’île de Sentosa, à Singapour / © AFP / SAUL LOEB

Donald Trump et Kim Jong Un ont eu mardi un tête-à-tête historique qui a abouti à la signature d’une déclaration commune sans percée majeure sur la question cruciale de l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord.

Cette journée en tout point extraordinaire a vu le président de la première puissance mondiale afficher une forme de complicité avec l’héritier de la dynastie des Kim, qui règne d’une main de fer sur la Corée du Nord depuis plus de 60 ans.

Le locataire de la Maison Blanche, qui revendique haut et fort son approche iconoclaste de la diplomatie, a assuré que le processus de dénucléarisation pourrait commencer « très rapidement », après des décennies de tensions autour des ambitions atomiques de Pyongyang.

Mais la formulation de la déclaration commune reste très vague, en particulier en termes de calendrier, et s’en remet à des négociations ultérieures pour sa mise en oeuvre.

Le texte reprend de précédents engagements du régime nord-coréen, jamais mis en oeuvre, sans préciser que la dénucléarisation doit être « vérifiable et irréversible », comme le réclamaient avec force les Etats-Unis avant le sommet de Singapour.

Le leader nord-coréen Kim Jong Un (g) serre la main au président américain Donald Trump (d) avant le début du sommet historique à l’hôtel Capella, le 12 juin 2018 à Singapour / © AFP / SAUL LOEB

« Kim Jong Un a réaffirmé son engagement ferme et inébranlable en faveur d’une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », est-il écrit.

– Poignées de main appuyées –

Au cours d’une longue conférence de presse particulièrement décousue, Donald Trump, qui a expliqué ne pas avoir fermé l’oeil « pendant 25 heures », a en particulier évoqué le potentiel touristique et immobilier de la Corée du Nord qui dispose, a-t-il tenu à souligner, de « très belles plages ».

Il a martelé que les sanctions contre la Corée du Nord resteraient en vigueur tant que la « menace » des armes atomiques ne serait pas levée et réaffirmé qu’un départ des troupes américaines basées en Corée du Sud n’était pas, pour l’heure, à l’ordre du jour.

Kim Jong Un rencontre Donald Trump / © AFP / John SAEKI

Mais le président américain a aussi fait une concession de taille.

Il a en effet déclaré qu’il mettrait fin aux manoeuvres militaires communes avec la Corée du Sud, qu’il a lui-même qualifiées de « très provocatrices » à l’égard du Nord qui exigeait d’ailleurs de longue date le gel de ces manoeuvres, source de tensions récurrentes.

Selon Vipin Narang, un professeur au Massachusetts Institute of Technology, « la Corée du Nord n’a rien promis de plus qu’au cours des 25 dernières années ». « A ce stade, il n’y a aucune raison de penser que ce sommet débouche sur quelque chose de plus concret que cela sur le front du désarmement », a-t-il dit à l’AFP.

Analystes et historiens rappellent à l’unisson que le régime de Pyongyang est passé maître dans l’art des promesses non tenues. En 1994 puis en 2005, des accords avaient été conclus mais aucun d’entre eux n’a jamais été réellement appliqué.

Le président américain Donald Trump et son homologue nord-coréen Kim Jong Un à Singapour, le 12 juin 2018 / © AFP / SAUL LOEB

La rencontre, la première entre un président américain en exercice et un leader nord-coréen, a été marquée par plusieurs poignées de main appuyées, des images inimaginables il y a encore quelques mois lorsque les deux hommes échangeaient menaces et invectives.

Kim Jong Un a estimé avoir « tourné la page du passé » après avoir surmonté de « nombreux obstacles » pour arriver à cette rencontre, « bon prélude à la paix ».

Donald Trump a quant à lui salué la « relation très spéciale » établie avec celui qui règne sans partage sur la Corée du Nord et est en particulier soupçonné d’avoir ordonné l’assassinat de son frère l’an dernier dans un aéroport en Malaisie.

Tout sourire, le président américain s’est montré particulièrement élogieux à l’égard de Kim Jong Un, « très talentueux » et « très bon négociateur », lui prodiguant des superlatifs d’ordinaire réservés à ses alliés.

Le leader nord-coréen Kim Jong Un (g) pose la main sur le bras du président américain Donald Trump (d) avant le début du sommet historique à l’hôtel Capella, le 12 juin 2018 à Singapour / © AFP / SAUL LOEB

« Nous nous rencontrerons de nouveau », a lancé Donald Trump qui s’est dit prêt à se rendre, « le moment venu », à Pyongyang, et à inviter l’héritier de la dynastie des Kim à la Maison Blanche.

« C’est une énorme victoire pour Kim Jong Un, qui a fait un véritable coup avec son face-à-face avec le président », relève Michael Kovrig, de l’International Crisis Group (ICG) à Washington, soulignant que son père comme son grand-père « en avaient rêvé ».

« Pour les Etats-Unis comme pour la communauté internationale, c’est un point de départ positif pour des négociations qui devraient être longues et difficiles », ajoute-t-il.

La Chine, le principal partenaire de la Corée du Nord, a salué le début d’une « nouvelle histoire ». Le Japon a de son côté été plus mesuré, se réjouissant seulement d’un « premier pas vers un règlement d’ensemble ».

Corée du Nord : les rencontres diplomatiques / © AFP / AFP

Nombre de pays ont salué l’enclenchement d’un processus diplomatique, certes embryonnaire, mais qui éloigne la perspective d’un conflit. L’Union européenne a loué une « étape capitale et nécessaire » vers une dénucléarisation de la péninsule. La Russie a parlé d’un événement « positif ».

MM. Trump et Kim se sont entretenus pendant près de cinq heures, d’abord une quarantaine de minutes en tête-à-tête, puis au cours d’une réunion de travail elle-même suivie d’un déjeuner.

Au menu, savant mélange de mets occidentaux et asiatiques : cocktail de crevettes, porc croustillant sauce aigre-douce et tarte tropézienne.

– « Garanties de sécurité » –

Trump et Kim ont signé un document commun / © MEDIACORP PTE LTD/AFP / —

Kim Jong Un, qui n’avait jusqu’à ses récents déplacements en Chine, jamais effectué la moindre visite officielle à l’étranger, est apparu très décontracté depuis son arrivée à Singapour.

Lundi soir, le dirigeant nord-coréen, à la tête de l’un des pays les plus fermés du monde, s’est offert une spectaculaire sortie nocturne, visitant, visiblement ravi, les hauts lieux touristiques de la ville.

L’arsenal nucléaire nord-coréen a valu à Pyongyang une impressionnante série de sanctions de l’ONU au fil des ans.

Pour convaincre la Corée du Nord d’y renoncer alors que le régime des Kim y a toujours vu une forme d’assurance-vie, Donald Trump s’est formellement et personnellement engagé dans le document commun à apporter des « garanties de sécurité ». Elles seront « uniques » et « différentes » de celles proposées jusqu’ici, a promis Mike Pompeo.

Le président américain a quitté Singagour en fin d’après-midi, avant Kim Jong Un qui devait pour sa part quitter ce pays dans la soirée.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2018 16h02)

Sommet Trump/Kim: Paris reste « prudent » sur les résultats attendus

juin 11, 2018

Paris – Paris reste « prudent » quant à l’issue du sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, ont déclaré lundi les ministre français des Armées et des Affaires étrangères.

« Il est évidemment très positif que cette réunion puisse se tenir (…) mais en même temps je crois qu’il faut être prudent », a commenté devant la presse la ministre des Armées Florence Parly, en marge de l’ouverture du salon international de défense et sécurité Eurosatory, près de Paris.

Elle a appelé à « attendre de façon très pragmatique les résultats de cette réunion » historique mardi à Singapour entre le président américain et son homologue nord-coréen, « sans aucune naïveté et sans penser que les choses peuvent du jour au lendemain se résoudre de façon magique ».

« C’est un processus qui démarre et nous en évaluerons pas à pas les progrès », a-t-elle conclu.

Le tête-à-tête entre les deux hommes, inimaginable il y a quelques mois lorsqu’ils étaient engagés dans une surenchère verbale faisant craindre le pire, est prévu mardi matin dans un hôtel de luxe de la cité-Etat asiatique.

Donald Trump est le premier président américain en exercice à négocier en direct avec un héritier de la dynastie des Kim.

En déplacement à Stockholm, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian s’est lui aussi montré réservé.

« S’ils arrivent à une dénucléarisation de la péninsule coréenne qui soit durable et irréversible, je serai le premier à applaudir (…) parce que tout ce qui touche à la non-prolifération est bon pour la sécurité du monde », a-t-il dit à l’issue d’un entretien avec son homologue suédoise Margot Wallström.

« Mais il faut être vigilant, il y a eu des précédents, d’enthousiasme d’abord, de régression ensuite, d’où la nécessité que cet accord de dénucléarisation soit pérenne et que les conditions de sa mise en œuvre soient bien identifiées », a-t-il ajouté.

Washington réclame une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de la Corée du Nord. Pyongyang s’est déclaré favorable à une dénucléarisation de la péninsule, mais cette formule très vague laisse la place à d’innombrables interprétations.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juin 2018 14h37)                                                        

À Singapour, Trump à l’épreuve d’un sommet hors norme

juin 8, 2018

/ © AFP / NICHOLAS KAMM

Donald Trump est-il, comme il le répète sur tous les tons, un négociateur exceptionnel? Après 500 jours à la tête de la première puissance mondiale, peu d’éléments concrets accréditent cette théorie.

Le sommet avec Kim Jong Un, mardi à Singapour, lui offre une occasion unique de marquer les esprits. Mais le pari est risqué: un échec renforcerait le sentiment que le milliardaire volontiers provocateur n’a ni la discipline ni l’étoffe pour mener à bien des discussions internationales de haut-vol.

En politique étrangère, le président américain revendique son peu de goût pour les détails (« l’important, c’est l’état d’esprit »), brandit son absence d’expérience diplomatique comme un atout-maitre, faire virevolter les ultimatum, et envoie, à coups de tweets rageurs, des signaux souvent contradictoires.

La Maison Blanche a beau marteler qu’il a « restauré la crédibilité de la parole de l’Amérique sur la scène internationale », une impression de flottement domine et les tensions avec les alliés, en pleine lumière au G7 au Canada, se multiplient.

De fait, depuis son arrivée au pouvoir, l’homme d’affaires de 71 ans a surtout détricoté et démantelé l’héritage de ses prédécesseurs plus qu’il n’a bâti de nouvelles alliances ou esquissé de nouvelles architectures.

Accord de Paris sur le climat, accord de Vienne sur le nucléaire iranien, accord de libre-échange trans-pacifique (TPP): le 45e président de l’histoire a plusieurs fois claqué la porte avec fracas au nom de « L’Amérique d’abord ».

Peu après son installation sur Pennsylvania Avenue, il assurait qu’aboutir à un accord de paix israélo-palestinien n’était « peut-être pas aussi difficile que ce que les gens pensent depuis des années ». Un an plus tard, la perspective d’un règlement n’a jamais semblé aussi éloignée.

Le bras de fer commercial engagé avec la Chine n’a à ce jour pas apporté les résultats escomptés et nombre d’élus républicains s’inquiètent des conséquences économiques – et électorales – de cette croisade.

« L’Amérique d’abord est, comme prévu, l’Amérique seule », résume Richard Haass, président du Council on Foreign Relations.

« Rien n’indique que Trump et son équipe aient la moindre idée de ce en quoi consiste +L’art du deal+ (titre du best-seller de Trump, NDLR) pour ce qui touche à la diplomatie internationale », souligne de son côté dans Foreign Policy Ilan Goldenberg, ancien haut diplomate sous Obama.

– L’exception nord-coréenne ? –

Le dossier nord-coréen sera-t-il l’exception qui permettra à Donald Trump de redorer son blason sur la scène internationale, voire même, comme l’avancent certains de ses proches, de décrocher un prix Nobel de la paix?

Mardi, dans un hôtel de luxe Singapour, il s’apprête à tenter quelque chose qu’aucun président américain en exercice n’a fait avant lui: négocier en direct avec un héritier de la dynastie des Kim une possible dénucléarisation du régime reclus.

Or il a, sur ce dossier, en permanence, créé la surprise.

Scène incroyable, le jeudi 8 mars, à la nuit tombée. Après une rencontre avec Donald Trump dans le Bureau ovale, Chung Eui-yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité, sort devant la Maison Blanche pour annoncer que Kim Jong Un a proposé de rencontrer le président américain.

L’information, qui avait fuité, n’est qu’une demi-surprise. Mais dans la foulée, coup de tonnerre: il précise que Trump a accepté l’idée sur le champ!

Trois mois plus tard, alors que les journalistes du monde entier ont réservé leurs billets pour Singapour, Trump adresse un courrier à Kim lui annonçant que le sommet n’aura pas lieu en raison de « l’hostilité affichée » de Pyongyang.

Le lendemain dès l’aube, alors que l’encre des innombrables analyses décortiquant les raisons de cet immense « fiasco » n’est pas encore sèche, il ressuscite d’un tweet la possibilité d’un sommet.

– « Nouveau pragmatisme » –

Ses critiques relèvent qu’il a été beaucoup moins exigeant que ses prédécesseurs avant de s’assoir à la table de Kim Jong Un. Et soulignent, à raison, que le président américain ne peut s’attribuer tous les mérites de la spectaculaire détente diplomatique en cours sur la péninsule.

Reste que le monde entier est suspendu à ce tête-à-tête inimaginable il y un an. Et que les « anti-Trump » sont partagés – parfois mal à l’aise – sur l’attitude à adopter face à son approche iconoclaste d’un dossier aussi épineux.

Dans une chronique publiée dans le New York Times, Nicholas Kristof, peu suspect de proximité avec l’actuel locataire de la Maison Blanche, se désolait que certains élus démocrates passent plus de temps à prédire l’échec de Trump qu’à soutenir un processus certes embryonnaire mais prometteur.

« C’est vrai, il y a de nombreuses raisons d’êtres inquiets (…) et tout peut encore s’écrouler », écrivait-il. Mais, ajoutait-t-il, le « nouveau pragmatisme » du président américain est « infiniment préférable » à la menace d’une guerre nucléaire.

« Nous devrions tous nous réjouir que Trump s’implique enfin dans un genre d’approche diplomatique qu’il dénonçait autrefois ».

Romandie.com avec (©AFP / 08 juin 2018 15h56)                

Confiant sur le sommet, Trump prêt à inviter Kim aux États-Unis

juin 7, 2018

/ © AFP / Nicholas Kamm

Le président américain Donald Trump a affiché jeudi sa confiance à l’approche du sommet très attendu avec le leader nord-coréen Kim Jong Un, se disant même prêt à inviter ce dernier aux Etats-Unis si le tête-à-tête de Singapour se passe bien.

« Tout est prêt pour le sommet. Tout se passe très bien, j’espère que cela va continuer comme ça », a-t-il déclaré en recevant le Premier ministre japonais Shinzo Abe à cinq jours d’une rencontre à l’issue très incertaine tant les négociations sur la dénucléarisation de la péninsule s’annoncent âpres.

Interrogé sur la façon dont il préparait ce rendez-vous historique, le 45e président des Etats-Unis a mis en avant son instinct: « Je ne pense pas avoir besoin de me préparer tant que ça. C’est d’abord une question d’état d’esprit, de volonté de faire avancer les choses ».

« Nous commencerons peut-être par établir une bonne relation et c’est quelque chose de très important pour atteindre le but ultime d’un accord », a ajouté l’ancien promoteur immobilier, rappelant l’exigence des Etats-Unis: que Pyongyang se débarrasse de ses armes nucléaires.

Le président irait-il jusqu’à inviter le jeune dirigeant du régime reclus avec lequel il était engagé il y a quelques mois encore dans une surenchère verbale ? « La réponse est oui (…), assurément si ça se passe bien », a-t-il répondu, évoquant un possible face-à-face à la Maison Blanche.

– Possible « normalisation » –

Soulignant combien l’outil des sanctions était « puissant », M. Trump a expliqué avoir choisi de ne pas en ajouter d’autres à ce stade pour laisser une chance à un dialogue qui pourrait selon lui aboutir à « quelque chose d’incroyable pour le monde » et, à terme, à une « normalisation » des relation entre Washington et Pyongyang.

En première ligne sur ce dossier, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui a rencontré Kim Jong Un à deux reprises à Pyongyang, a assuré que ce dernier était sérieux dans sa volonté de négocier.

« Il m’a dit personnellement qu’il était prêt à dénucléariser”, a-t-il expliqué. Le secrétaire d’Etat américain a précisé qu’il irait à la rencontre des responsables sud-coréens, japonais et chinois dans la foulée du sommet entre Trump et Kim.

M. Abe, qui tente de faire entendre sa voix dans les intenses tractations diplomatiques en cours autour de la péninsule coréenne, a de son côté souligné qu’il n’y avait pas de changement dans la politique japonaise visant à réaliser « une vraie paix » dans cette partie de l’Asie.

Depuis l’annonce d’une possible rencontre Trump-Kim, le Japon ne cesse de souligner l’impérieuse nécessité de ne pas baisser la garde face au régime de Pyongyang, qui fait peser une menace concrète sur l’archipel avec ses missiles.

« Je souhaite faire directement face à la Corée du Nord et lui parler afin que le problème des enlèvements soit rapidement résolu », a dit M. Abe, affirmant que si la Corée du Nord était « désireuse de faire un pas » dans la bonne direction, elle aurait « un avenir radieux ».

Le dossier des ressortissants japonais enlevés par la Corée du Nord dans les années 1970 et 1980 est politiquement très sensible sur l’archipel, et le président américain a promis de le garder à l’esprit.

Mais le sujet n’est pas –loin s’en faut– une priorité pour M. Trump, dont la stratégie reste entourée d’un certain flou mais qui ne cache pas son enthousiasme à l’idée d’être le premier président américain en exercice à engager un dialogue direct avec un héritier de la dynastie des Kim.

– « Quelque chose de formidable » –

Interrogé sur la possibilité de quitter la table des négociations si ces dernière s’avéraient stériles, M. Trump n’a pas exclu l’hypothèse tout en se montrant une nouvelle fois particulièrement optimiste.

« Je pense vraiment que Kim Jong Un veut faire quelque chose de formidable pour son peuple et aussi pour sa famille et pour lui-même », a-t-il dit.

La multiplication des rencontres sur l’épineux dossier nord-coréen a un goût amer pour Shinzo Abe, jusqu’ici tenu à l’écart: Donald Trump prépare son sommet et le président chinois Xi Jinping et son homologue sud-coréen Moon Jae-in ont chacun rencontré à deux reprises Kim Jong Un.

Pour Richard Armitage, ancien haut diplomate sous l’administration George W. Bush, il existe un réel risque que le Japon « se retrouve isolé » à l’issue du sommet de Singapour.

MM. Trump et Abe, qui ont une nouvelle affiché une forme de complicité, ont brièvement abordé, lors de leur conférence de presse commune, la question désormais ultra-sensible des droits de douane mis en place par Washington au nom de la défense des travailleurs américains.

La Japon, qui pensait pouvoir convaincre son proche allié américain d’être exempté des nouvelles taxes douanières instaurées sur l’acier et l’aluminium, n’a pas caché sa déception et son amertume après l’échec des discussions.

Les deux hommes devaient rejoindre cette fin de semaine le Canada pour participer à un G7 sous haute tension en raison de la politique commerciale de l’administration Trump qui suscite le courroux de ses alliés.

Romandie.com avec (©AFP / 07 juin 2018 22h36)                

États-Unis-Corée du Nord: Rencontre Trump/Kim le 12 juin à 9h00 à Singapour

juin 4, 2018

Washington – La première rencontre entre le président américain, Donald Trump, et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un, aura lieu le mardi 12 juin à 9H00 à Singapour, a annoncé lundi la Maison Blanche.

« Nous nous préparons activement » pour ce sommet, a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de M. Trump, affirmant que des « progrès significatifs » avaient été enregistrés dans les discussions avec Pyongyang à huit jours de ce tête-à-tête sans précédent entre un président américain en exercice et l’homme fort du régime nord-coréen.

« La première rencontre a été fixée au 12 juin à 9H00 du matin, soit le 11 juin à 21H00 à Washington », a-t-elle précisé.

Interrogée sur un éventuel assouplissement de la position américaine vis-à-vis de Pyongyang après le refus récent de Donald Trump d’utiliser l’expression « pression maximale » longtemps mise en avant, Mme Sanders a assuré qu’il n’y avait pas eu d’évolution.

« Notre politique n’a pas changé, nous ne ferons pas baisser la pression tant qu’il n’y aura pas de dénucléarisation », a-t-elle assuré, sans pour autant reprendre l’expression en question.

Washington réclame une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de la Corée du Nord et se dit prêt à apporter des garanties pour la « sécurité » du régime reclus, qui a toujours considéré son arsenal comme une sorte d’assurance-vie.

De son côté, Kim Jong Un a assuré vouloir « aller vers une dénucléarisation de la péninsule coréenne », mais via un processus « étape par étape ». Le régime nord-coréen a d’ailleurs publiquement affirmé refuser tout désarmement « unilatéral ».

Dans une nouvelle manifestation de la détente spectaculaire entre Washington et Pyongyang, inimaginable il y a quelques mois, le président américain s’est entretenu vendredi dans le Bureau ovale avec le général Kim Yong Chol, porteur d’une lettre personnelle du dirigeant nord-coréen, dont il est le bras droit.

Il n’y a qu’un seul précédent historique à cet entretien: la visite à la Maison Blanche du vice-maréchal Jo Myong Rok, alors numéro deux de la Corée du Nord, reçu par le président Bill Clinton en 2000. Il était alors également question d’un sommet entre les deux pays mais l’embellie, et les négociations sur le programme nucléaire nord-coréen, avaient tourné court.

Romandie.com avec(©AFP / 04 juin 2018 20h02)                                                        

États-Unis: Trump confirme le sommet avec Kim après avoir reçu son bras droit

juin 1, 2018

/ © AFP / SAUL LOEB

Donald Trump a confirmé vendredi la tenue de son sommet historique avec Kim Jong Un après avoir reçu à la Maison Blanche son bras droit, porteur d’une lettre personnelle du dirigeant nord-coréen.

« On va se rencontrer le 12 juin à Singapour », a lancé à la presse celui qui sera le premier président des États-Unis en exercice à s’entretenir en personne avec un héritier de la dynastie des Kim qui règne depuis 70 sur le nord de la péninsule coréenne. Il s’exprimait une semaine seulement après avoir annulé le sommet en dénonçant « l’hostilité » de Pyongyang.

La rencontre avec le général Kim Yong Chol « s’est très bien passée », a-t-il ajouté: « on a parlé de mettre fin à la guerre de Corée », toujours techniquement en cours 65 ans après l’armistice de 1953. Et il a aussi estimé que le numéro un de la Corée du Nord avait bien l’intention de dénucléariser son pays comme le réclament les Etats-Unis.

Dans une nouvelle manifestation de la détente spectaculaire entre les deux pays ennemis, le président américain s’est entretenu pendant près d’une heure et demi, dans le Bureau ovale, avec le général Kim, présenté comme le « deuxième homme le plus puissant de Corée du Nord ».

Ce dernier, en première ligne dans la préparation du sommet avec son alter ego américain, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, lui a remis un courrier de Kim Jong Un. Donald Trump a d’abord jugé qu’il s’agissait d’une « très belle lettre », avant d’avouer qu’il ne l’avait pas encore lue.

Tout sourires, il a raccompagné l’émissaire jusqu’à sa voiture, lui serrant à plusieurs reprises la main tout en continuant à s’entretenir avec lui pendant encore plusieurs minutes.

Signe de l’importance donnée par Washington à sa venue, il n’y a qu’un seul précédent historique à cet entretien: la visite à la Maison Blanche du vice-maréchal Jo Myong Rok, alors numéro deux de la Corée du Nord, reçu par le président Bill Clinton en 2000. Il était alors aussi question d’un sommet entre les deux pays, mais l’embellie, et les négociations sur le programme nucléaire nord-coréen, avaient tourné court, ce qui incite aujourd’hui les observateurs à la plus grande prudence.

Donald Trump a d’ailleurs également tenté de relativiser les attentes à J-11.

– « Un processus » –

« On va entamer un processus », « on ne va pas signer quelque chose le 12 juin », « je n’ai jamais dit que ce serait réglé en une réunion », a-t-il expliqué. Mais il a aussi prédit que ce dialogue serait « in fine un processus couronné de succès ».

Outre la rencontre avec le président de la première puissance mondiale, le général Kim a aussi retrouvé à Washington, pour la troisième fois en trois jours, Mike Pompeo après leurs discussions de mercredi et jeudi à New-York et leurs deux entrevues ce printemps à Pyongyang.

L’ordre du jour du sommet de Singapour a été au coeur de ces tractations entre les deux pays sans relations diplomatiques, qui s’échangeaient encore il y a six mois menaces et invectives autour des ambitions nucléaires nord-coréennes.

Washington réclame une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de la Corée du Nord et se dit prêt à apporter des garanties pour la « sécurité » du régime reclus, qui a toujours considéré son arsenal comme une sorte d’assurance-vie.

Dans un nouveau geste de détente, Donald Trump a récusé vendredi l’expression « pression maximale » qu’il utilisait jusqu’ici pour décrire sa politique à l’égard de la Corée du Nord, et promis qu’il n’imposerait pas de nouvelles sanctions pendant les négociations. Mais son administration n’entend faire de réelles concessions, notamment sur la levée des sanctions draconiennes imposées après la multiplication d’essais nucléaires et balistiques, qu’une fois que le pays se sera « débarrassé » de ses bombes atomiques.

De son côté, Kim Jong Un a redit jeudi vouloir « aller vers une dénucléarisation de la péninsule coréenne », mais a prôné un processus « étape par étape ». Le régime nord-coréen a d’ailleurs publiquement affirmé refuser tout désarmement « unilatéral ».

Le contenu de la lettre du numéro un nord-coréen, qui pourrait être rendu public d’après Donald Trump, sera donc particulièrement scruté. Va-t-il rassurer les Américains sur la portée de la dénucléarisation à laquelle s’est engagé le dirigeant nord-coréen?

Le chef de la diplomatie américaine a en tout cas salué jeudi les « réels progrès » réalisés « dans les dernières 72 heures pour réunir les conditions » favorables à la tenue d’un sommet couronné de succès.

Mais « c’est un défi très très difficile » et « il reste encore beaucoup de travail », a-t-il prévenu.

« Il faudra que le président Kim fasse preuve d’audace dans ses décisions », a lancé Mike Pompeo, avant d’ajouter, élogieux: « Le président Trump et moi pensons que le président Kim est le genre de dirigeant qui peut prendre ce type de décisions ».

Romandie.com avec (©AFP / 01 juin 2018 22h44)                  

États-Unis: Pompeo prépare avec un général nord-coréen le sommet Trump-Kim

mai 31, 2018

/ © AFP / HO

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo retrouve jeudi le bras droit de Kim Jong Un pour de nouveaux entretiens à New York afin de préparer le face à face historique à Singapour entre Donald Trump et le leader nord-coréen.

Ce dernier a de son côté reçu jeudi pour la première fois à Pyongyang le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, dans une enième illustration de l’effervescence diplomatique autour de la péninsule divisée.

Après des années de tensions en raison des programmes nucléaire et balistique nord-coréens, celle-ci vit en effet depuis le début de l’année une « détente » qui, aussi remarquable qu’elle puisse être, n’est pas exempte de coups de théâtre.

M. Trump a ainsi annulé unilatéralement jeudi dernier dans une lettre le tête-à-tête inédit prévu le 12 juin à Singapour en fustigeant « l’hostilité » de la Corée du Nord.

Et il était alors difficile d’imaginer que moins d’une semaine plus tard, M. Pompeo se ferait photographier avec le général nord-coréen Kim Yong Chol en train d’admirer Manhattan à travers la baie vitrée d’un appartement au 39e étage d’une tour près du siège des Nations unies.

Le général est le plus haut responsable nord-coréen à fouler le sol américain depuis 18 ans. Il a dîné pendant une heure et demi avec le secrétaire d’État américain, qu’il avait déjà rencontré deux fois ce printemps à Pyongyang.

– « Venez en Russie! » –

« Bon dîner de travail avec Kim Yong Chol à New York ce soir. Steak, maïs et fromage au menu », a tweeté Mike Pompeo qui était accompagné d’Andrew Kim, chef de la section Corée à la CIA.

Le secrétaire d’Etat et le général doivent se retrouver jeudi à 09H00 (13H00 GMT) pour de nouveaux entretiens. M. Pompeo tiendra ensuite une conférence de presse à 14H15 (18H15 GMT).

L’objectif de leurs discussions est de déterminer si les États-Unis et la Corée du Nord sont en mesure de fixer un ordre du jour partagé pour le sommet du 12 juin. Et donc d’en accélérer les préparatifs.

Dans un autre signe de l’intense activité diplomatique autour d’un des problèmes les plus épineux du globe, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est rendu jeudi pour la première fois depuis 2009 en Corée du Nord.

« Venez en Russie, nous serons très heureux de vous accueillir », a-t-il lancé à Kim Jong Un, selon le texte publié par Moscou, qui a diffusé des photographies et une vidéo de la rencontre, montrant les deux hommes se serrant la main et s’entretenant autour d’une table.

M. Lavrov a transmis à Kim Jong Un « le salut le plus chaleureux » du président russe Vladimir Poutine et « ses souhaits de succès dans les importantes initiatives entreprises sur la péninsule coréenne avec votre participation ».

Si son père Kim Jong Il avait notamment visité la Russie en 2002 et 2011, Kim Jong Un, lui, ne s’y est jamais rendu. Avant une première visite en Chine en mars, le leader nord-coréen, au pouvoir depuis fin 2011, n’avait du reste effectué aucune visite officielle à l’étranger.

– Regain d’optimisme –

Au revirement de M. Trump jeudi dernier a succédé un tout aussi spectaculaire regain d’optimisme, à tel point que Washington affirme désormais s’attendre à ce que le sommet ait lieu comme initialement prévu.

Pour cela, « il faut que la dénucléarisation » de la Corée du Nord soit « au coeur de la rencontre », a toutefois prévenu la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders. « Et le président doit avoir le sentiment qu’on fait des progrès sur ce front ».

Mike Pompeo et Kim Yong Chol tentent donc de concilier des attentes a priori inconciliables.

Washington réclame une « dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible », et n’entend lâcher du lest sur les sanctions internationales qu’une fois que le processus, par nature complexe et long, sera achevé ou au moins très avancé.

Pyongyang a de son côté accepté de parler d’une dénucléarisation mais refuse qu’elle soit unilatérale, et sa définition risque d’être éloignée de celle des Américains tant les Nord-Coréens ont jusqu’ici présenté leur arsenal atomique comme une garantie pour la survie du régime.

« Nous devons les convaincre qu’au contraire leur programme nucléaire renforce leur insécurité », a expliqué mercredi soir un haut responsable américain, confirmant que Washington est prêt à fournir des « garanties » pour leur sécurité.

Officiellement vice-président du comité central du parti au pouvoir, le général Kim s’est rendu aux Jeux olympiques d’hiver au Sud, aux récents sommets intercoréens et en Chine pour accompagner à deux reprises Kim Jong Un.

Romandie.com avec (©AFP / 31 mai 2018 13h02)                

Sommet Kim/Trump: une délégation américaine s’entretient avec des Nord-Coréens

mai 27, 2018

Washington – Washington a annoncé dimanche qu’une délégation américaine était engagée dans des discussions avec des responsables nord-coréens dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui divise les deux Corées afin de préparer le sommet tant attendu entre Donald Trump et Kim Jong Un.

« Nous continuons à préparer une rencontre entre le président (américain, ndlr) et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un », a écrit la porte-parole du département d’Etat américain, Heather Nauert, dans un communiqué.

« Une délégation américaine s’entretient actuellement avec des responsables nord-coréens à Panmunjon », village de la DMZ, poursuit-elle. Donald Trump s’est montré optimiste quant au maintien de cette rencontre historique, prévue le 12 juin à Singapour, après avoir lui-même annoncé son annulation jeudi.

C’est dans ce même village de Panmunjon que le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen ont créé la surprise samedi avec leur rencontre non-annoncée.

« Kim Jong Un a remercié Moon Jae-in pour les grands efforts qu’il a faits en vue (de l’organisation) du sommet » entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, et a « exprimé sa détermination » à tenir ce sommet « historique », selon l’agence officielle de presse nord-coréenne KCNA.

Depuis Washington, Donald Trump a encore samedi soir déclaré que les choses avançaient « très bien » et que l’objectif d’organiser le sommet le 12 juin à Singapour n’avait « pas changé ».

Le président américain avait soudainement annulé jeudi ce sommet dont il avait lui-même accepté le principe en mars, citant « l »hostilité » de déclarations récentes de Pyongyang.

La réaction initiale de la Corée du Nord à cette annulation, rendue publique le jour même où Pyongyang déclarait avoir « complètement » démantelé son seul site connu d’essais nucléaires, a été plutôt mesurée.

Donald Trump avait d’ailleurs vendredi salué « la déclaration chaleureuse et productive de la Corée du Nord » en annonçant, dans un nouveau revirement spectaculaire, que ce sommet pourrait finalement bien se tenir le 12 juin.

Washington exige une « dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible » de la part du Nord.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mai 2018 18h18)                                                        

Le président sud-coréen Moon Jae-in a rencontré Kim Jong Un à Panmunjom

mai 26, 2018

Photo fournie par la présidence sud-coréenne le 26 mai 2018 du président sud-coréen Moon Jae-in (g) et du leader nord-coréen Kim Jong Un lors d’une rencontre dans la zone démilitarisée à Panmunjom / © The Blue House/AFP / handout

Le président sud-coréen Moon Jae-in a rencontré samedi le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un dans la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, a indiqué la présidence sud-coréenne au lendemain de l’annonce par le président américain Donald Trump que son sommet avec M. Kim pourrait finalement avoir lieu.

Les deux dirigeants se sont entretenus durant deux heures dans le village de Panmunjon, où ils s’étaient déjà rencontrés le 27 avril et avaient publié une déclaration commune dans laquelle ils s’engageaient à améliorer leurs relations.

« Ils ont eu un échange de vues et ont discuté des moyens de mettre en oeuvre la déclaration de Panmunjon et d’assurer le succès du sommet américano-nord-coréen », selon un communiqué de la présidence sud-coréenne, ajoutant que M. Moon ferait une déclaration personnelle dimanche matin.

M. Trump avait annulé jeudi son sommet prévu à Singapour le 12 juin avec M. Kim. Mais moins de 24 heures après il avait affiché son optimisme, évoquant vendredi le possible maintien du sommet après « des discussions très productives avec la Corée du Nord pour que le sommet ait lieu ».

La présidence sud-coréenne a publié des photographies montrant des poignées de main entre M. Moon et M. Kim ainsi que la soeur de ce dernier, Kim Yo Jong, qui a joué un rôle public important récemment dans les discussions avec le Sud, notamment à la tête d’une délégation venue aux jeux Olympiques d’hiver en février.

La rencontre entre MM. Moon et Kim s’est déroulée dans un bâtiment du côté nord-coréen de Panmunjom, le village où avait été signé l’armistice entre les deux Corées en 1953.

Romandie.com avec (©AFP / 26 mai 2018 14h45)                  

États-Unis/Corée du Nord: Trump annule le sommet avec Kim Jong Un

mai 24, 2018

Montage photo réalisé le 10 mai 2018 du président américain Donald Trump et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un (photo fournie par l’agence nord-coréenne KCNA le 21 avril 2018). / © AFP/Archives / Mandel Ngan, –

Dans un spectaculaire retournement, Donald Trump a annulé jeudi le sommet historique prévu dans moins de trois semaines avec le leader nord-coréen, Kim Jong Un, dénonçant « la colère » et « l’hostilité » du régime de Pyongyang.

C’est dans un bref courrier d’une vingtaine de lignes adressé au dirigeant trentenaire que le 45e président des Etats-Unis a annoncé sa décision de renoncer au face-à-face du 12 juin à Singapour, très attendu en Asie et à travers le monde, dont il avait lui-même accepté le principe, à la stupéfaction générale.

« J’estime qu’il n’est pas opportun, à ce stade, de maintenir cette rencontre prévue depuis longtemps », indique le locataire de la Maison Blanche dans ce texte rendu public par l’exécutif américain.

Après plusieurs semaines de déclarations très optimistes sur la tenue de ce premier face-à-face entre un président américain en exercice et un représentant de la dynastie des Kim, qui règne sur la Corée du Nord depuis plus d’un demi-siècle, M. Trump avait changé de ton ces derniers jours.

« J’étais très impatient de vous y rencontrer », poursuit M. Trump dans ce courrier.

« Malheureusement, au regard de l’énorme colère et de l’hostilité affichée dans votre dernière déclaration, j’estime qu’il n’est pas opportun, à ce stade, de maintenir cette rencontre prévue depuis longtemps », ajoute-t-il.

« Si vous changez d’avis concernant cet important sommet, n’hésitez pas à m’appeler ou à m’écrire », ajoute le président américain, qui avait beaucoup investi d’un point de vue politique dans ce sommet, allant jusqu’à évoquer à plusieurs reprises l’hypothèse d’un prix Nobel de la paix, mise en avant par certains élus républicains.

– « Moment triste dans l’histoire » –

Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, la Corée du Nord a opéré la semaine dernière un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, annulant une rencontre intercoréenne et évoquant la possibilité de remettre en cause le tête-à-tête très attendu.

La dernière banderille a été plantée jeudi par la vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Cheo Son Hui, qui a fustigé les propos tenus lundi par le vice-président, Mike Pence, lequel avait affirmé que « ce serait une grave erreur pour Kim Jong Un de penser qu’il pourrait se jouer de Donald Trump ».

Le vice-président américain avait également déclaré que la Corée du nord pourrait finir comme la Libye de Mouammar Kadhafi, tué lors du soulèvement de son pays après avoir renoncé à l’arme atomique, « si Kim Jong Un ne passe pas un accord » avec Washington sur la dénucléarisation.

« Je ne peux pas cacher ma surprise devant de telles remarques idiotes et stupides venant de la bouche du vice-président américain », a indiqué Mme Cheo, dans une déclaration publiée par l’agence officielle KCNA.

« Nous ne quémanderons pas auprès des Etats-Unis pour un dialogue, ni ne nous donnerons la peine de les persuader s’ils ne veulent pas s’asseoir avec nous », a-t-elle ajouté, en précisant qu’elle recommanderait à M. Kim d’annuler le sommet si les Etats-Unis persistent « dans des actes illégaux et insultants ».

Dans son courrier au ton plutôt direct, le président américain évoque ensuite l’arsenal nucléaire américain en guise de mise en garde.

« Vous évoquez votre arsenal nucléaire, mais le nôtre est si massif et puissant que je prie Dieu que nous n’ayons jamais à en faire usage », écrit-il.

Donald Trump conclut sur une notre sombre, jugeant que « le monde (…) a perdu une occasion pour une paix durable ».

« Cette occasion manquée est véritablement un moment triste dans l’histoire », ajoute-t-il.

Romandie.com avec (©AFP / 24 mai 2018 16h53)