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RDC : tensions à Kinshasa après la mort d’un étudiant lors d’une bavure policière

juillet 26, 2021
Des policiers déployés dans les rues de Kinshasa en janvier 2019 (illustration).

Honoré Shama Kwete, un étudiant de l’Université de Kinshasa, a été tué samedi par un policier à la suite d’un contrôle qui a mal tourné. Deux jours après le drame, la tension est montée d’un cran ce lundi à Kinshasa.

La tension était forte ce lundi au sein du campus de l’Université de Kinshasa (Unikin), où plusieurs étudiants se sont rassemblés pour protester contre la mort de leur camarade Honoré Shama Kwete, tué le 24 juillet après une bavure policière. Des affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont usé de gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants, ont eu lieu dans la matinée du 26 juillet sur le site de l’Unikin.

Le jour du drame, Honoré Shama Kwete, qui suivait un cursus à la faculté des lettres à l’Université de Kinshasa, était, avec un groupe d’étudiants, en train de réaliser un film dans le cadre de travaux pratiques en comédie. « Nous étions en plein tournage quand un policier est arrivé et a demandé de l’argent. Nous lui avons donné 3 000 francs congolais et il est parti », explique Rachel Malonda, l’une des camarades de classe de la victime, dans un enregistrement audio que Jeune Afrique s’est procuré.

« Quinze minutes après, le même policier est revenu avec ses collègues et, cette fois-ci, ils ont commencé à récupérer notre matériel avant d’arrêter l’assistant qui surveillait le tournage. Nous nous sommes décidés à aller aider notre camarade. Arrivée sur place, la police nous a sommé de quitter l’endroit en nous disant que, sinon, ils allaient tirer sur nous. Face à notre résistance, ils ont tiré une balle au sol et deux autres sur notre camarade, qui est décédé sur place », poursuit l’étudiante.

Policier en fuite

Dans un communiqué rendu public le 25 juillet, la police congolaise écarte de son côté l’hypothèse d’une tentative de corruption de la part des agents impliqués dans le contrôle. « Les éléments de la police ont exigé du groupe de brandir un document légal autorisant le tournage. Ne l’ayant pas, l’assistant ou l’enseignant qui encadrait les étudiants dans ce travail a été emmené par les policiers, ce qui a provoqué la colère des étudiants qui, en exigeant la libération de leur encadreur, se sont mis à lancer des projectiles sur les policiers », explique le communiqué signé du chef de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo.

Selon ce dernier, la mort du jeune étudiant aurait été accidentel. « C’est alors en voulant tirer une balle de sommation par terre, par imprudence selon les collègues du policier, que l’étudiant Honoré Shama Kwete sera atteint au ventre et mourra sur place », poursuit le communiqué de la police. Une version que conteste donc les étudiants.

Toujours selon la police, l’agent à l’origine de la bavure, employé dans un sous-commissariat de quartier, serait actuellement en fuite. Plusieurs de ses collègues présents au moment du contrôle ont été arrêtés.

Avec Jeune Afrique

RDC-Disparition : le cardinal Laurent Monsengwo inhumé aux côtés de ses prédécesseurs

juillet 21, 2021

La cathédrale Notre-Dame du Congo, à Kinshasa, a reçu, dans son sépulcre, un troisième cardinal en la personne de Laurent Monsengwo Pasinya, cardinal émérite de l’archidiocèse de Kinshasa, décédé le 11 juillet à Versailles, en France.

Des gerbes de fleurs devant la dépuoille du cardinal Monsengwo

L’illustre disparu a été inhumé le 21 juillet dans les nouvelles cryptes aménagées au sein du temple de l’eucharistie pour accueillir un plus grand nombre de corps, en présence de deux chefs d’Etats, en l’occurrence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de la République démocratique du Congo et Denis Sassou N’Guesso  du Congo voisin, à la tête d’une forte délégation de son pays. Laurent Monsengwo Pasinya rejoint ainsi Joseph Albert Malula et Frédéric Etsou Bamungwabi qui reposent, pour l’éternité, au même lieu.

Au troisième et dernier jour de ces cérémonies funéraires, les deux chefs d’Etats ont assisté à la messe de suffrages dite avant l’inhumation. Remplie de l’intérieur et de l’extérieur, la Cathédrale Notre-Dame n’a jamais connu autant d’affluence comme celle constatée le mercredi matin. Calicots, banderoles et autres gadgets à l’effigie du défunt cardinal ont servi de décor aux alentours de l’église qui a connu un dispositif de sécurité maximal. Les fidèles catholiques de Kinshasa et d’autres venus d’ailleurs sont venus nombreux rendre un dernier hommage à cet éminent pasteur qui a dévoué toute sa vie au service des autres.

Après le dépôt des gerbes de fleurs par les ecclésiastiques et d’autres personnalités, une messe a été dite. L’homélie du jour prononcé par l’archevêque de Ouagadougou, Philippe Ouédraogo, a tourné autour de l’œuvre de ce chrétien qui a lutter toute sa vie pour l’épanouissement de l’Eglise du Christ et a contribué à la vulgarisation de l’Evangile pour le bien des peuples du monde. Les témoignages des différents princes de l’Eglise et ceux de plusieurs politiques ont présenté Laurent Monsengwo comme l’exemple vivant de la société moderne et un fervent défenseur des valeurs positives. « Il a consacré sa vie à l’œuvre pastorale pour sauver les âmes et faire profiter à d’autres chrétiens son expérience de la foi », a-t-on révélé.

La veille de cette inhumation, une cérémonie grandiose a eu lieu au parvis du Palais du peuple où une grande messe a été célébrée par le Cardinal Ambongo. Au cours de cette cérémonie solennelle, le cardinal Monsengwo a reçu, à titre posthume, la médaille de Grand Cordon des ordres nationaux Kabila-Lumumba décernée par le président Félix-Antoine Tshisekedi en présence de son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso. Salué au superlatif par tous les dirigeants du monde, Laurent Monsengwo Pasinya, avec sa biographie digne d’une brochure, aura marqué son existence par son sens élevé de patriotisme et de serviteur de Dieu. Outre la présence de deux chefs d’Etats, plusieurs officiels des deux rives du fleuve Congo ont assisté à cette circonstance solennelle. L’on peut citer, entre autres, le Premier ministre RD-congolais, Sama Lukonde Jean Michel et les présidents de deux chambres législatives, Mboso Nkodia et Bahati Lukwebo respectivement de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Le cardinal Fridolin Ambongo avait, dans son intervention, la dernière de la cérémonie, remercié les uns et les autres pour leur implication à ce triste évènement. Les deux chefs d’Etats ont été, par ailleurs, retenus parmi les quinze personnalités sélectionnées pour assister à la descente du corps de l’illustre disparu dans la crypte en dehors des caméras, après les absoutes dites par l’archevêque de Kigali, le cardinal Antoine Kambanda.

Rappelons que l’abbé Laurent Monsengwo Pasinya a été ordonné évêque en 1980, il y a quarante et un an, par le Pape Jean-Paul II, à l’esplanade du Palais du peuple, à Kinshasa. Il fut le tout premier exégète africain choisi parmi les neufs cardinaux nommés au sein de la Curie romaine par le pape François. Laurent Monsengwo Pasinya a été archevêque de Kisangani puis Archevêque de Kinshasa.

Avec Adiac-Congo par AD

RDC : la dépouille du cardinal Monsengwo de retour à Kinshasa devant une foule en pleurs

juillet 19, 2021
Le cardinal Laurent Monsengwo, décédé le 11 juillet 2021, ici devant la cathédrale Notre-Dame du Congo après une messe pour les citoyens tués lors de manifestations, à Kinshasa, en RDC, le 9 février 2018.

La dépouille du cardinal Laurent Monsengwo, influent archevêque émérite de Kinshasa, a été rapatriée dimanche dans la capitale de la RDC où prélats, officiels et une foule en larmes étaient venus l’accueillir.

L’émotion était palpable lorsque le corbillard est entré dans l’enceinte de la cathédrale Notre-Dame du Congo, dans le nord de Kinshasa, vers 16h25, amenant le corps du prélat décédé le 11 juillet près de Paris à 81 ans.

Escorté par la police congolaise, le cercueil en bois était accompagné par le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, des religieux et officiels, dont le Premier ministre et les présidents des deux chambres du Parlement, mais également de nombreux fidèles.

« Gardien vigilant et intrépide de la vérité »

Trois mille policiers ont été mobilisés, selon les autorités. Une grande foule a pris d’assaut les abords de la cathédrale où le corps a été exposé pour les cérémonies religieuses. Habillés des tissus frappés à l’effigie du prélat défunt, hommes et femmes de tous âges pleuraient au passage du cercueil.

LA MORT VIENT DE NOUS RAVIR UN MONUMENT DONT KINSHASA ET LA RDC AVAIENT ENCORE BESOIN »

Dans son mot de condoléances prononcé à la fin de la messe, le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, a évoqué « un moment douloureux », alors que « le corps de Mgr Laurent Monsengwo vient de rejoindre la terre de ses ancêtres ». « La mort vient de nous ravir un monument dont Kinshasa et la RDC avaient encore besoin (…), une figure paternelle, gardien vigilant et intrépide de la vérité », a-t-il ajouté.

Porté par huit prêtres, le cercueil du cardinal Monsengwo a été réintroduit dans le corbillard sous le coup de la fanfare, au rythme d’un cantique marial repris en choeur par la foule. Escorté par la police, le cortège s’est ébranlé vers la morgue de l’hôpital Saint Joseph, à Limete (centre de Kinshasa).

Hommage du pape

Né le 7 octobre 1939 dans la province de Mai-Ndombe (Ouest), Mgr Monsengwo fut l’une des voix critiques à l’égard des différents régimes qui se sont succédé en RDC, celui de Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), Joseph Kabila (2001-2019), puis Félix Tshisekedi. Ordonné prêtre en 1963, évêque en 1980 par le pape Jean-Paul II à Kinshasa, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, cette grande figure de l’Église catholique africaine avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018. Mgr Monsengwo avait été évacué dans la capitale française pour suivre des « soins appropriés », selon son diocèse.

Mardi, le pape François a rendu un hommage appuyé au prélat défunt, évoquant le « courage » et la « contribution significative » d’un « homme épris de justice, de paix et d’unité » très impliqué dans la vie politique et sociale de la RDC. Exprimant sa tristesse dans un message de condoléances, le souverain pontife a décrit le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya comme un « exégète », un « homme de science » et un « grand homme spirituel (…) attentif aux besoins des fidèles, rempli de courage et de détermination ». Le cardinal Monsengwo avait notamment été un des proches conseillers du pape François jusqu’en décembre 2018.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC-Obsèques du cardinal Monsengwo : le recueillement commence le 13 juillet au chapiteau de GB

juillet 13, 2021

Les funérailles de l’archevêque émérite de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, pourront se dérouler officiellement à partir du 19 juillet. Le rapatriement de sa dépouille mortelle est également prévu le même jour.

Visite du lieu d’inhumation du cardinal Monsengwo dans la cathédrale Notre-Dame

A l’issue d’une réunion préparatoire de ces obsèques tenue le 12 juillet au centre Lindonge et dirigée par le cardinal Fridolin Ambongo, à laquelle ont pris part le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, la famille du défunt cardinal ainsi que certains membres du comité d’organisation des obsèques, il a été convenu que le cardinal Laurent Monsengwo sera inhumé au sein de la cathédrale Notre-Dame de Lingwala, aux côtés de ses prédécesseurs dont les cardinaux Frédéric Etsou Nzabi et Joseph-Albert Malula.

Juste après, cette réunion du centre Lindonge, le gouverneur Ngobila, le cardinal Ambongo et quelques membres du comité organisateur se sont rendus à la cathédrale pour inspecter le lieu prévu pour l’inhumation du cardinal Monsengwo. Il a été indiqué que les travaux de construction du caveau où reposera l’archevêque émérite pour l’éternité vont débuter dès l’approbation du plan.

Alors que l’Hôtel de ville avait mis à la disposition de la famille du cardinal Monsengwo le chapiteau de l’hôtel Pullman à Gombe, pour le recueillement qui devrait commencer le 13 juillet, ladite famille, après une autre concertation avec l’autorité urbaine, a proposé à l’Hôtel de ville de Kinshasa une relocation de ce lieu de recueillement. A cet effet,  le lieu désigné est le chapiteau de GB dans la concession qui abrite le Super marché Shoprite, sur l’Avenue OUA, à côté de Mino-Congo.

Dans un communiqué de la Cellule de communication du gouverneur Ngobila, il a été indiqué que l’Hôtel de ville de Kinshasa avait rappelé que ce chapiteau a été mis à la disposition des membres de famille, amis et connaissances de l’illustre disparu, en vue de « permettre le recueillement à partir de ce mardi 13 juillet 2021 de 8h à 20h jusqu’à l’arrivée à Kinshasa de la dépouille mortelle de l’archevêque émérite, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, et cela dans le strict respect des gestes barrières ».

Avec Adiac-Congo par Blandine Lusimana

Mort à Paris du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque émérite de Kinshasa

juillet 11, 2021

Il avait été l’une des voix critiques à l’égard des différents régimes qui se sont succédé en RDC (ex-Zaïre) : ceux du dictateur Mobutu Sese Seko, de Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), de Joseph Kabila (2001-2019) puis de Félix Tshisekedi.

Ordonné prêtre en 1963, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, Laurent Monsengwo Pasinya – ici le 21 septembre 2016 – avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018.
Ordonné prêtre en 1963, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, Laurent Monsengwo Pasinya – ici le 21 septembre 2016 – avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018. EDUARDO SOTERAS / AFP

C’est une figure importante de la République démocratique du Congo (RDC) qui s’en va. L’influent archevêque émérite de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, est mort, dimanche 11 juillet, à Paris à l’âge de 81 ans, six jours après son évacuation dans un « état critique ». Les causes de sa mort n’ont pas été révélées.

« Vaillant soldat du Christ, repose en paix. En attendant les dispositions officielles de la chancellerie de Kinshasa, nous prions pour l’âme de notre archevêque émérite de Kinshasa », a écrit sur Twitter l’abbé Jean-Marie Konde, chargé de la communication de l’archidiocèse de Kinshasa.

Sur place, vers 16 h 15, des cloches de la cathédrale Notre-Dame du Congo ont retenti. Un sacristain est venu installer l’effigie du prélat défunt à l’autel alors que des femmes, en pleurs, ont commencé à affluer dans l’enceinte de l’église.

Un rôle majeur pour l’ouverture démocratique de la RDC

Avec la conférence épiscopale et sous l’influence de Laurent Monsengwo, l’Eglise catholique a joué un rôle majeur pour l’ouverture démocratique pendant les dernières années de la dictature du président Mobutu Sese Seko (1965-1997). Mgr Monsengwo avait été l’une des voix critiques à l’égard des différents régimes qui se sont succédé en RDC (ex-Zaïre) : ceux du dictateur Mobutu Sese Seko, de Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), de Joseph Kabila (2001-2019) puis de Félix Tshisekedi.

Ordonné prêtre en 1963, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, cette grande figure de l’Eglise catholique africaine avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018. L’Eglise catholique en RDC, seule institution réellement présente sur l’ensemble du territoire et dont se revendiquent environ 40 % de la population, jouit d’une audience sur les questions politiques et sociales qui dépasse largement le cercle de ses fidèles.

Par Le Monde avec AFP

RDC-Violation de l’intimité de Monsengwo : le cardinal Ambongo s’indigne

juillet 8, 2021

L’archevêque métropolitain de Kinshasa exige des enquêtes pour sanctionner les coupables qui ont publié les images intimes de l’archevêque émérite sur son lit de malade en pleine évacuation en France pour des soins.

L’archevêque émérite de Kinshasa, Laurent Mosengwo Pasiny /DR

Le chef des communautés chrétiennes catholiques, en particulier, ainsi que plusieurs Congolais, se sont indignés de la publication sur le Net des photos violant l’intimité du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya sur son lit de malade avant son évacuation en France.

Réagissant à cette diffusion dans les réseaux sociaux d’une image très choquante de Laurent Monsengwo en pleine évacuation dans l’avion pour Paris, l’archevêque métropolitain de Kinshasa, le Cardinal Fridolin Ambongo, exige des enquêtes afin que les coupables subissent la rigueur de la loi. « C’est pourquoi son Éminence Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, exige que des enquêtes soient menées pour que les auteurs de cette violation de l’intimité de l’intéressé soient sanctionnés », indique un communiqué signé le 7 juillet par le chancelier, l’abbé Georges Njila. Ce document fait savoir que le cardinal Ambongo invite la communauté à poursuivre ses prières jusqu’au rétablissement de l’archevêque émérite de Kinshasa, qui suit des soins à Paris.

Il est, en effet, rappelé que Laurent Monsengwo a été évacué le 5 juillet dans la soirée par un avion médicalisé. Et c’est depuis le 6 juillet que ces images violant son intimité et le montrant allongé sur son lit de malade à l’aéroport international de N’djili ont été partagées dans les réseaux sociaux. Alors que le 3 juillet, le cardinal Fridolin Ambongo avait invité tous les fidèles à soutenir et accompagner l’archevêque émérite malade par des prières ferventes et intenses.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC : Kinshasa en lutte contre la « vie chère »

juillet 7, 2021
Cheetah 2, situé dans le quartier animé de Beau Marché, l’un des lieux populaires où manger de la chèvre grillée, boire un verre et danser à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, le  27 septembre 2014.

De nouvelles mesures annoncées à la fin juin visent à baisser les prix de biens importés (viande, poisson…) et des liaisons aériennes. Suffiront-elles ?

Réuni en conseil des ministres le 25 juin, le gouvernement du président Félix Tshisékédi a annoncé une batterie de mesures pour réduire les prix des produits alimentaires et – plus largement – le coût de la vie dans un pays où, selon les agences de l’ONU, une personne sur trois est touchée par l’insécurité alimentaire.

Le conseil présidé par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a relevé notamment l’impact d’une trentaine « d’éléments irréguliers », pointant notamment des barrières routières irrégulières et une application parfois approximative de la réglementation nationale frontalière. À cela s’ajoutent les frais de transport, d’acheminement, de douane et de TVA, augmentant drastiquement le prix des produits alimentaires.

La RDC est un grand importateur de produits surgelés. Selon l’Observatoire de la complexité économique, le pays a importé en 2019 au moins 311 millions d’euros de produits d’origine animale et 455 millions d’euros de denrées alimentaires (hors produits d’origine animale).

La RDC importe notamment « du tilapia séché » et du dagaa (sardines) en vrac du lac Victoria, ainsi que du chinchard de Namibie selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Pour l’instance onusienne, le marché du poisson représente entre 70 et 80 millions de dollars d’échanges entre la RDC et les pays de la région.

À noter par ailleurs que le ministre de l’Économie Nationale Jean-Marie Kalumba Yuma a récemment rencontré le ministre namibien de la pêche et de l’élevage afin de négocier un accord commercial sur le chinchard. Selon les derniers chiffres de la FAO, la Namibie a exporté près de 200 000 tonnes de chinchard congelé vers les marchés régionaux, dont environ 70% sont exportés en RDC.

Baisse drastique des prix

Les autorités entendent également faire baisser le prix des billets d’avion et des biens alimentaires, après concertation avec les opérateurs aériens et les entreprises étrangères, dont le belge Pluvera, spécialisé dans l’abattage et la découpe de volaille.

Selon les prévisions du gouvernement, le prix du poulet entier devrait par exemple passer à Kinshasa de 23,5 à 8,4 euros (-64%).

D’après les projections officielles, les prix du transport aérien devrait diminuer entre -45% et -70%. Pour ce faire, le gouvernement a annoncé diviser par deux la TVA sur le transport aérien (la faisant passer de 16% à 8%) et par sept la taxe sur l’autorisation d’importation des aéronefs.

Les autorités ont enfin insisté sur l’importance de la « rationalisation des prélèvements parafiscaux », ces derniers représentant plus de la moitié des prix des billets d’avion.

Les opérateurs aériens et le gouvernement se sont entendus – affirment les autorités de Kinshasa – sur une diminution « des droits de douane à l’importation des pièces de rechange », diminution primordiale pour renouveler les pneus et les freins, rapidement usés en raison de la « non-conformité des pistes d’atterrissage ».

Avec Jeune Afrique par Anaëlle Salamon

RDC-Rapatriement des reliques de Lumumba : Eve Bazaïba planche sur l’assainissement de Kinshasa et des autres grandes villes du pays

juin 10, 2021

La vice-Première ministre, ministre de l’Environnement et Développement durable a initié une séance de travail avec son collègue chargé de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Daniel Aselo, pour les préparatifs de ce programme lié à cette double fête que le Congo prépare du 30 juin.

Photo: Eve Bazaïba, dans le bureau de Daniel Aselo.

Dans le cadre de rapatriement des reliques du Premier premier, ministre congolais et héro national, Patrice Emery Lumumba, prévu pour le 30 juin, la question de l’assainissement de la ville de Kinshasa et de certaines autres villes du pays a conduit, le 9 juin, la vice-Première ministre, ministre  chargée de l‘Environnement et du Développement durable (VPM-MEDD), Eve Bazaïba Masudi, au cabinet de son collègue chargé de l’Intérieur, Décentralisation, Sécurité et Affaires coutumières, Daniel Aselo.

A en croire la VPM-MEDD, le programme de ce grand évènement qui coïncide avec le soixante et unième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC), tout le territoire national doit être assaini afin de  présenter une belle figure à ces jours de fête. Et de noter que pour y parvenir, le gouvernement de la République, à travers la vice-Primature de l’Environnement et Développement durable, compte lancer, dans les jours qui viennent, le volet assainissement qui s’imbrique dans le programme gouvernemental selon la vision du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, de planter un milliard d’arbres à l’horizon 2023.

De l’avis d’Eve Bazaïba, c’est ce programme d’assainissement qui va partir des villes de Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi et Lumumbaville, avant son déploiement sur d’autres villes du pays, qui a été au centre des échanges avec son collègue avec son collègue en charge de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et des affaires coutumières. « Quand il y a une manifestation; pour préparer une fête, une célébration, le premier instrument qu’on tient à la main, c’est le balai. C’est pour nettoyer, assainir et cela coïncide avec le lancement de la décennie de la restauration des écosystèmes », a-t-elle expliqué. Nous avons commencé, a poursuivi la VPM-MEDD, par le programme de reboisement, en suivant la vision du chef de l’État, celle de planter un milliard d’arbres d’ici 2023. Nous en avons le programme jusqu’en 2030. Nous allons le faire sur toute l’étendue du territoire national.

Pour la VPM Eve Bazaïba, le volet assainissement de ce programme des festivités de soixante et un an de l’indépendance et du rapatriement des reliques de Patrice-Emery Lumumba va être lancé dans quelques jours, à partir de la capitale puis des grandes villes citées.

Un programme commun du gouvernement

Expliquant sa présence à la Vice-primature en charge de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Eve Bazaïba Masudi, fait savoir qu’elle est venue son collègue Daniel Aselo, qui assume l’intérim du premier ministre, parce que la Vice-primature de l’Environnement et du développement durable devra être incluse dans le comité d’organisation de ces festivités, en tenant compte de tous les aspects mais aussi et surtout de l’assainissement.

Cette initiative de la VPM Eve Bazaïba a été saluée et soutenue par son collègue Daniel Aselo, qui estime qu’ayant pleuré soixante ans durant, le peuple congolais mérite de fêter avec le retour des reliques de Lumumba sur la terre de ses ancêtres. « Puisque le Congo était en pleurs soixante ans durant, lorsque le corps de Lumumba symboliquement arrive ici, nous allons fêter…Et, on ne peut fêter dans la saleté », a-t-il souligné. « Nous allons, à partir d’aujourd’hui nous mettre dans la dance parce que l’arrivée des reliques de Lumumba au Congo doit se fêter. Nous savons que même dans nos familles, lorsqu’un parent meurt c’est une perte. Soixante ans durant, le Congo a pleuré Lumumba et lorsque ses reliques arrivent, c’est symboliquement une fête et, on ne peut fêter dans la saleté. C’est pourquoi la Vice-premier ministre à l’Environnement a pris l’initiative de venir vers nous pour que ne puissions déjà nous dire ce que nous allons faire. Ces reliques viendront avec le chef de l’état. C’est pourquoi, nous allons tout mettre en œuvre pour que cela réussisse », a-t-il conclu.

Entité hommage, Lumumba-ville, note-t-on, est née le 14 mai 2013 de la fusion de deux communes liées à l’histoire de Patrice-Emery Lumumba, Wembonyama, lieu de son éducation, et Ewango dont fait partie Onawa, dans son village natal de Kata-Kokombe, dans le Sankuru.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC/Dossier Bukanga-Lonzo : Matata Ponyo écourte son séjour à Conakry pour regagner Kinshasa

mai 8, 2021

L’ancien Premier ministre congolais dit accepter de rentrer précipitamment au pays pour faire face à « une justice politiquement instrumentalisée ».

« De Conakry où je me trouve au service de l’Afrique, j’ai décidé d’écourter mon séjour de travail et de rentrer à Kinshasa pour faire face à une justice politiquement instrumentalisée. Je suis fier d’avoir servi mon pays dans la transparence et crois en la force de la vérité », lit-on dans un tweet de l’ancien Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo Mapon. Ce dernier a ainsi réagi à une demande de la justice faite au Sénat congolais de lever ses immunités en vue d’engager des poursuites contre lui dans l’affaire de la gestion du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.

Il est, en effet, rappelé que l’Inspection générale des finances (IGF) relève plusieurs griefs à charge d’Augustin Matata Ponyo, que cette institution désigne comme « l’auteur intellectuel de la débâcle de ce parc agro-industriel ». L’ancien Premier ministre congolais, dont les responsabilités seraient établies dans la conception, la planification et les engagements pour paiement de plus de 83% des fonds décaissés directement au profit des comptes du partenaire sud-africain et de ses filiales logées en Afrique du Sud, ainsi qu’au profit de la société MIC Industries, devra présenter ses moyens de défense devant la justice.

De son côté, malgré que son nom a commencé à être cité depuis les premières heures du débâcle de ce parc, Augustin Matata Ponyo continue à clamer son innocence. Il a notamment, dans cette optique, affirmé le 12 février 2021, qu’il se réservait le droit de porter plainte contre l’IGF pour diffamation et fausse information. « Je n’ai détourné aucun dollar du projet Bukanga-Lonzo, toutes les conclusions de l’IGF sont politiques et n’ont rien à voir avec la réalité sur le terrain. Je me réserve le droit de porter plainte contre lui pour diffamation », s’est-il défendu lors d’un point de presse tenu dans la capitale congolaise au cours duquel il avait affirmé que toutes les conclusions contenues dans le rapport de l’IGF sur le projet du parc-agro industriel de Bukanga-Lonzo étaient politiques et déconnectées de la réalité sur le terrain.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Papa Wemba Forever : Abidjan et Kinshasa rendent hommage à l’icône de la rumba

avril 22, 2021

Les deux capitales africaines toutes deux très attachées à la mémoire de l’illustre chanteur disparu vont, chacune de son côté, commémorer, le 24 avril, la cinquième année du décès inopiné du « Maître d’école » sur la scène du Festival d’Anoumabo en Côte d’Ivoire.

Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR)

Photo 1 : Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR) Photo

Organisée sous le haut patronage de l’ambassade de la RDC en Côte d’Ivoire, la commémoration de cet événement aussi tragique que mémorable survenu il y a cinq ans est prévue autour d’une programmation spéciale. Diverses manifestations se tiendront à cet effet au lieu même où s’est écroulé le grand baobab de la musique congolaise, tel un vaillant soldat au front, devant son micro, chantant Est-ce que ?, un de ses anciens tubes. Lieu baptisé l’année suivante Place Papa Wemba. Vont donner le ton deux parties de foot, prévues entre 10h-11h30, opposant deux paires d’équipes. Il s’agit des Léopards d’Abidjan, composés de la communauté congolaise d’Abidjan, contre les membres de l’AARCI (Amicale des amis de la rumba en Côte d’Ivoire) et l’équipe des sapeurs contre celle des jeunes d’Anoumabo. Ce quartier de la commune Marcory plus célèbre que jamais depuis la disparition de Mwalimu sur la scène de son festival, le Femua (Festival des musiques urbaines d’Anoumabo), alors même qu’il en était la tête d’affiche et en assurait la clôture.

En plein milieu de la journée, de12h00 à 13h00 est annoncée une messe de suffrage à la Place Papa-Wemba d’Anoumabo. Et de 13h00 à 16h00 est prévu un moment convivial où le comité d’organisation entend convier les différentes équipes et ses invités au partage d’un repas et de rafraichissements avec les jeunes d’Anoumabo. Il y sera associé des activités animées par les jeunes d’Anoumabo autour des chants, danses et une parade de sapeurs.

Hommage artistique

Un hommage artistique est censé clore la journée à la suite de ceux rendus par les officiels. Les allocutions attendues à l’occasion sont celles du maire de Marcory, l’ambassadrice de la RDC en Côte d’Ivoire, le commissaire général du Femua. Et pour boucler la boucle, le mot de circonstance de Zacharie Bababaswe, chef de la délégation de Kinshasa conviée à l’événement et celui du Cardinal Ekumany, représentant à la fois de Papa Wemba et Viva La Musica en Côte d’Ivoire, souligne le programme de la célébration.Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

2 : Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

Cerise sur le gâteau, subséquent au dépôt de gerbes de fleurs, l’hommage artistique portera sur une interprétation du répertoire de Papa Wemba. Des artistes congolais à l’instar de Laëtitia Lokua et José Lenga mais aussi la rappeuse ivoirienne Nash qui chanta en featuring avec Papa Wemba Sapologie, un titre dédié à la sape. Une cérémonie en l’honneur au grand sapeur que fut Papa Wemba de son vivant ne peut pas s’imaginer sans une parade de sapeurs. Pas étonnant que des sapeurs soient tout naturellement aussi associés à l’événement ainsi que des humoristes. Il y aura notamment Ali Asgar, Wassala petit Mangobo, Cesar Uomo, JB Mitsiono et Ingénieur Douglas.

Du côté de Kinshasa, rien de vraiment officiel n’est prévu sinon que la famille de l’illustre disparu a, elle, choisi de faire les choses dans la sobriété le 24 avril. En matinée, à 9h, la veuve Marie-Rose Amazone, sa progéniture et la famille Shungu vont, en compagnie des membres de la Fondation Papa-Wemba ont, comme à l’accoutumée, prévu un recueillement devant sa tombe et d’y déposer des gerbes de fleurs. Ils invitent ensuite les proches et autres mélomanes à la messe de suffrage à la Paroisse Saint-Joseph de Matonge à 15h. L’office religieux sera suivi d’un cocktail dans la cour du Complexe scolaire Monseigneur Moke à quelques pas de l’église. L’on signale nénamoins qu’il s’agit là du lancement des cérémonies à venir qui se tiendront d’ici à juin pour commémorer le cinquième anniversaire de la disparition de feu Shungu Wembadio Pene-Kikhomba, alias Papa Wemba, Bakala dia Kuba.

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela