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Brazzaville-Kinshasa : le Nepad se montre rassurant sur la construction du pont route-rail

août 13, 2022

Reçue en audience le 12 août à Brazzaville par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, la directrice générale de l’Agence de développement de l’Union africaine (Auda-Nepad), Nardos Bekele-Thomas, a annoncé que le projet de construction du pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa était en phase de finalisation.

Denis Sassou N’Guesso s’entretenant avec Nardos Bekele-Thomas/DR

Les entretiens entre les deux personnalités ont porté, entre autres, sur la coopération entre le Congo et le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). Selon Nardos Bekele-Thomas, le pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa rentrera, sous peu, dans sa phase d’exécution. « C’est une des priorités du programme de PIida. Je pense qu’à ce stade le dossier évolue, toutes les études ont été réalisées y compris les études financières. Nous n’attendons plus que l’investisseur.  Le projet sera examiné lors de la table ronde des investissements qui aura lieu à Dakar, en janvier prochain », a-t-elle annoncé.

En effet, la prochaine table ronde de Dakar sera très déterminante, quant à la mise en œuvre des projets du Nepad restés pendants du fait de la Covid-19 qui a plongé l’organisation dans l’hibernation. « Le Nepad a eu des programmes prioritaires dont la plupart ont été entamés avec à la clé beaucoup de résultats qui sont à inscrire dans le cadre des progrès de cette organisation pendant des années. Il y avait des progrès, mais aussi des défis. Ce qu’il faut faire, c’est de tirer les leçons pour savoir pourquoi tous les programmes n’ont pas été mis en œuvre », a poursuivi Nardos Bekele-Thomas, précisant que le Nepad est sur la voie du progrès.  

Selon elle, il y a beaucoup de problèmes d’ordre financier et technique qui ont freiné l’élan du Nepad. A cela, s’ajoute l’incapacité du Nepad lui-même mais aussi de chaque pays à mettre en œuvre cette politique.

Notons que le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique a été donc conçu pour répondre de manière cohérente et équilibrée aux principales priorités sociales, économiques et politiques du continent. L’Ethiopienne Nardos Bekele-Thomas est la première femme à diriger l’Agence de développement de l’Union africaine. Elle a été nommée et approuvée en tant que directrice générale par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, lors de la 35e session ordinaire du sommet de l’Union africaine, en février 2022. 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

RDC:-Kinshasa: Arrivée de Jean-Marc Kabund au parquet général près la Cour de cassation

juillet 28, 2022

Avec Bosolo na politik officielle

RDC-Kinshasa : de nouvelles résidences pour officiers supérieurs des Fardc

juillet 4, 2022

Les officiers supérieurs et généraux des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) ont désormais leur quartier, ou mieux une nouvelle cité de résidence, situé à une trentaine de kilomètres du centre-ville de Kinshasa, dans sa périphérie est.

Quelques villas pour hauts officiers de l’armée

Le président de la République, Félix-Antoine  Tshisekedi Tshilombo, a remis symboliquement, le 2 juillet, les  trente premières villas sorties de terre  et prêtes à accueillir les premiers occupants.

Il s’agit du « Pool Malebo » qui est un projet du gouvernement initié en 2016 mais dont les travaux s’étaient arrêtés en 2018, faute de financement. En janvier dernier, sur instruction du chef de l’Etat, le gouvernement, à travers le ministère de la Défense nationale, a relancé ce projet avec le même partenaire, à savoir Congo international investment group.

En l’espace de six mois, le partenaire a réussi à rendre viable une trentaine de villas sur les cent quatre-vingt-dix attendues. « Ce résultat ne constitue que les prémices du projet, lequel va s’étendre sur les cinq prochaines années », a précisé le ministre de la Défense nationale, Gilbert Kabanda Kurhenga, qui a ajouté qu’ « au-delà de la sphère des officiers généraux et supérieurs, le projet  couvrira également les besoins en logement de tous les officiers et sous-officiers de carrière ». Chaque occupant devrait consentir à hauteur de 35% du coût de chaque villa.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : le pape François annule sa visite à Kinshasa et Goma

juin 10, 2022

Ce devait être une première après trente-sept ans. Pour des raisons de santé, le souverain pontife vient d’annuler sa venue en RDC, prévue du 2 au 5 juillet. L’hypothèse de sa démission est évoquée avec de plus en plus de sérieux.

La bannière annonçant la venue du pape François, à Goma, est devenue caduque ce vendredi 10 juin. © Moses Sawasawa/AP/SIPA

« Je suis triste », confie Mgr Donatien Nshole, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), quelques heures après avoir appris que le pape François annulait sa visite en RDC, qui devait se dérouler du 2 au 5 juillet. Peu avant que la nouvelle soit rendue publique, l’épiscopat congolais avait été averti par le Saint-Siège.

Dans un communiqué, le directeur du service de presse du Vatican annonce qu’à « la demande de ses médecins et afin de ne pas compromettre les résultats des thérapies du genou encore en cours, le Saint-Père, à son grand regret, est contraint de reporter son voyage ». Des termes repris par le gouvernement congolais.

Problèmes de santé

Le pape souffre de douleurs au genou droit et se déplace dans un fauteuil roulant depuis un mois. « Cela fait un moment que je suis dans cet état, je n’arrive plus à marcher », avait-il confié en mai dans une interview au quotidien italien Il Corriere della sera. Il a également des douleurs à la hanche et a dû être opéré du colon en juillet 2021.

En juin, il avait déjà annulé sa visite au Liban, et ne se rendra pas non plus à Juba, au Soudan du Sud, où il devait aller juste après avoir quitté la RDC.

La visite du pape François devait être un évènement. C’était la première fois depuis trente-sept ans et la venue de Jean-Paul II que le patron de l’Église catholique faisait le déplacement dans ce pays. Le souverain pontife devait célébrer des offices à Kinshasa mais aussi à Goma, dans l’est, chef-lieu d’une région meurtrie par la guerre et au cœur d’une récente recrudescence des tensions entre la RDC et son voisin rwandais.

« Nous attendons énormément de cette visite. Nous voulons qu’elle nous permette de nous regarder en face et de nous réconcilier, notamment avec notre voisin, confiait il y a encore quelques jours à Jeune Afrique le cardinal Fridolin Ambongo, chef de l’Église catholique dans le pays. Qui sait si l’Église ne peut pas réussir là où la politique échoue ? »

Malgré la déception, Mgr Nshole reste optimiste. « Ce n’est qu’un report. Si cela permet que le pape vienne dans des conditions meilleures, alors cela nous sera bénéfique », affirme-t-il.

Une démission prochaine ?

François en aura-t-il le temps ? Parmi les spécialistes du Vatican, l’hypothèse d’une démission du pape argentin, âgé de 85 ans, est évoquée avec de plus en plus de vigueur. Certains pronostiquent même un abandon de ses charges dès la fin août. Il suivrait alors l’exemple de son prédécesseur, Benoît XVI, qui avait annoncé sa démission en 2013, alors qu’il avait lui aussi 85 ans. Il était le premier souverain pontife à le faire depuis 600 ans.

Si jamais le pape François démissionne, les 133 cardinaux électeurs participeraient à un conclave pour choisir son successeur. Parmi eux siègerait Fridolin Ambongo, régulièrement cité comme l’un des prétendants sérieux à la tête de l’Église catholique.

Avec Jeune Afrique par Anna Sylvestre-Treiner

En RDC, « profonds regrets » du roi des Belges pour la période coloniale

juin 8, 2022
En RDC, "profonds regrets" du roi des Belges pour la periode coloniale
En RDC, « profonds regrets » du roi des Belges pour la période coloniale© AFP/Arsene Mpiana

Le roi Philippe de Belgique a redit mercredi à Kinshasa ses « plus profonds regrets pour les blessures » infligées à l’ex-Congo belge durant la période coloniale, au 2e jour d’une visite en RDC dense en évocation du passé et du délicat travail de réconciliation entre les deux pays.

Le régime colonial, « basé sur l’exploitation et la domination », était « celui d’une relation inégale, en soi injustifiable, marqué par le paternalisme, les discriminations et le racisme. Il a donné lieu à des exactions et des humiliations », a déclaré solennellement le souverain dans un discours prononcé sur l’esplanade du Parlement.

« A l’occasion de mon premier voyage au Congo (…), je désire réaffirmer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé », a-t-il ajouté.

Des regrets qu’il avait déjà formulés, par écrit, dans une lettre au président Félix Tshisekedi il y a deux ans, à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance. C’était alors une première historique.

Certains Congolais veulent voir dans cet examen du passé colonial le début d’un « nouveau partenariat », quand d’autres réclament encore excuses et réparations pour les souffrances endurées et les « pillages » des richesses de la RDC.

Le roi des Belges et son épouse, la reine Mathilde, effectuent depuis mardi après-midi en République démocratique du Congo, à l’invitation de Félix Tshisekedi, une visite à forte portée symbolique.

La deuxième journée de leur voyage a commencé au Mémorial aux anciens combattants, où le souverain a décerné une décoration au dernier ancien combattant congolais encore en vie de la « Force publique belge » ayant participé à la Seconde Guerre mondiale.

Le caporal Albert Kunyuku, qui vient de fêter ses 100 ans, avait été enrôlé en 1940 et a fait partie du contingent militaire d’appui médical envoyé en Birmanie en 1945. Assis sur une chaise, le vieil homme a longuement serré la main et échangé quelques mots avec le roi.

« Des promesses »

« Le roi vient de me faire des promesses. C’est très bien. Il faut les matérialiser », a ensuite déclaré à la presse le caporal Kunyuku.

« Décorer c’est bien. Mais, il faut aussi indemniser les familles de ces anciens combattants qui ont perdu la vie dans une guerre qui ne les concernait pas », commentait dans la rue Madeleine Yowa, une infirmière de 43 ans.

Le roi s’est ensuite rendu au Musée national de la RDC (MNRDC), où a été abordée la question de la restitution des objets d’art à l’ex-colonie, pour laquelle le gouvernement belge a défini une feuille de route en 2021.

Le souverain a remis au musée un masque géant « kakuungu », qui était utilisé pour des rites d’initiation de l’ethnie Suku. Cet objet, a-t-il précisé, est prêté pour une durée « illimitée » au MNRDC par le Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, près de Bruxelles.

« Nos oeuvres ont été emportées par le colonisateur, il est légitime qu’on nous les restitue », a déclaré à l’AFP Louis Karhebwa, un entrepreneur de 63 ans, « content » de la venue du roi en RDC.

L’histoire était aussi au rendez-vous d’une cérémonie au « palais de la nation », où avait été proclamée l’indépendance le 30 juin 1960.

C’est là que Patrice Lumumba, héros de l’indépendance qui allait devenir Premier ministre, avait marqué les esprits par son réquisitoire violent contre la colonisation belge, en présence du roi Baudouin, oncle de l’actuel roi des Belges, qui avait de son côté salué l’oeuvre civilisatrice de son pays.

Le couple royal doit encore passer la journée de jeudi à Kinshasa, avant de se rendre à Lubumbashi (sud-est) puis à Bukavu, dans l’est, où il visitera dimanche la clinique du gynécologue Denis Mukwege, colauréat du prix Nobel de la paix en 2018 pour son action en faveur des femmes victimes de viols.

L’est du pays est en proie aux violences de groupes armés depuis près de 30 ans et cette visite intervient en plein regain de tension entre la RDC et son voisin le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir des rebelles.

Le roi a évoqué dans son discours « l’intégrité territoriale du Congo » et l’instabilité dans l’est, « où règnent trop souvent une violence inhumaine et l’impunité ». « Cette situation ne peut plus durer », a-t-il dit.

Parmi les domaines de coopération qu’il voudrait voir renforcés, le président congolais a mentionné de son côté devant la presse la « coopération militaire ». Un temps suspendue, celle-ci a repris par de la formation, mais, a-t-il dit, « c’est à la Belgique de voir ce qu’elle peut apporter de plus »

Par Le Point avec AFP

RDC : Vital Kamerhe de retour devant la justice… et bientôt en politique ?

juin 1, 2022

Après s’être pourvu en cassation, l’ex-directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, condamné en appel à 13 ans de prison pour le détournement de plus de 50 millions de dollars, sera rejugé sur le fond à partir de ce 2 juin.

Vital Kamerhe, l’ex-directeur de cabinet de Félix Tshisekedi. © ROBERT CARRUBBA

Procès Kamerhe, acte III. L’ancien puissant directeur de cabinet de Félix Tshisekedi est attendu devant la cour d’appel de Kinshasa-Gombe ce 2 juin pour son second procès en appel. Arrêté en avril 2020, jugé pour son rôle dans la gestion des fonds destinés au projet des cent jours du chef de l’État, Vital Kamerhe avait été condamné en première instance en juin 2020 à 20 ans de prison et à 10 ans d’inéligibilité. Avec l’un de ses deux co-accusés, l’homme d’affaires libanais Samih Jammal, il avait été reconnu coupable du détournement de plus de 50 millions de dollars. Un an plus tard, cette peine avait été réduite en appel à 13 ans de réclusion.

Affaire rejugée sur le fond

Mais le bras de fer judiciaire ne s’était pas arrêté là. Après son pourvoi en cassation, le patron de l’Union pour la nation congolaise (UNC), qui appartient à la majorité présidentielle, avait bénéficié d’une mise en liberté provisoire, en décembre 2021. La Cour de cassation avait ensuite décidé en avril dernier d’annuler la condamnation prononcée en appel et de faire rejuger l’affaire sur le fond. Rentré à Kinshasa quelques jours après cette décision, alors qu’il avait passé plusieurs mois en France pour y suivre des soins médicaux, Vital Kamerhe s’est depuis montré très discret.

Son retour devant la justice a été interprété par beaucoup de ses soutiens comme un pas de plus vers un acquittement. Si ce dernier reste hypothétique et conditionné à l’issue de ce second procès en appel, l’éventualité d’un retour aux affaires de l’ancien directeur de cabinet, à un an et demi de la prochaine élection présidentielle, n’a cessé de gagner en crédibilité. Pour Félix Tshisekedi, une résurrection politique de Kamerhe représenterait un véritable atout.

Personnalité influente dans l’est de la RDC, « VK » pourrait être un avantage de poids dans la perspective du second mandat que le président congolais entend briguer. Mais sa libération nuirait inévitablement aux promesses du président de lutter contre la corruption. Outre Kamerhe, de nombreuses personnalités accusées ou condamnées pour des faits de corruption ont déjà bénéficié d’une remise en liberté.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

RDC-Noces : Verckys Kiamuangana s’est marié le week-end dernier

avril 26, 2022

Le remarquable saxophoniste et patron des éditions Vévé a épousé, le 23 avril, en présence de quelques invités triés sur le volet au Chapiteau de GB, celle qui partage sa vie depuis vingt-quatre ans, Séraphine Kondoli Kiamutu.

Le couple Verckys -Kiriza et leurs parrains à la table d’honneur (Adiac)

1- Le couple Verckys -Kiriza et leur ses parrains à la table d’honneur /

La pluie qui s’est abattue sur Kinshasa, en début d’après-midi du samedi dernier jusqu’en soirée, n’a pas empêché les tourtereaux de convoler en justes noces. Deux cérémonies ont été organisées à cet effet dans un des chapiteaux du GB. Georges Kiamuangana Mateta, alias Verckys, et son épouse, née Séraphine Kondoli Kiamutu, plus connue sous le nom de Kiriza, se sont dit oui devant le pasteur. La bénédiction nuptiale célébrée sous une pluie battante, dans le cadre immaculé, était le moment crucial du jour d’où les deux tourtereaux sont sortis la bague au doigt. Leurs alliances scintillantes ont scellé une union nourrie par vingt-quatre ans de vie commune. Sous le regard attendri de leurs deux enfants encadrés par d’autres membres de famille, notamment une de leurs aînés, d’un autre lit, Sarah. Cette dernière s’est personnellement occupée de l’organisation de cette journée mémorable.

Le couple Kiamuangana a été honoré par quelques invités privilégiés triés sur le volet. Une salve d’acclamations a retenti dans le chapiteau à l’annonce de l’entrée fort attendue des nouveaux mariés aux alentours de 23h 00. En compagnie de leurs parrains, le pasteur célébrant le mariage et son épouse, ils sont apparus main dans la main dans une marche ponctuée par un des morceaux de Moïse Mbiye. En robe blanche immaculée assortie à la chemise blanche de son époux en costume-nœud papillon noirs, les mariés rayonnaient. En évidence assis à la table d’honneur, Verckys et Kiriza étaient l’objet de toute l’attention.

Les classiques de la rumbaMadame Kiamuangana présentée à la soirée (Adiac)

Adiac 2 – Mme Kiamuangana présentée à la soirée /

Le gros de la soirée, agrémentée par l’orchestre féminin Nkento Bakaji, a été un délice pour les contemporains du musicien. Les jeunes dames se sont livrées à l’interprétation réussie de plusieurs tubes d’époque, parmi lesquels de nombreux classiques de la rumba. Toutes les générations ont trouvé leur compte dans le répertoire de la soirée qui a pris en compte les pères de la rumba, en l’occurrence Wendo Kalosoy dont le tube « Marie-Louise » a été repris, « Dit Moninga » de Lucie Eyenga, plusieurs titres de l’OK Jazz, de Zaïko, de Wenge Musica et même de Fally, pour ne citer qu’eux, ont assuré l’ambiance de la soirée. Sans oublier les titres personnels du marié dont le fameux tube « Nakomitunaka ». Rappelons que le saxophoniste fut aussi chanteur, auteur-compositeur, arrangeur et producteur. Et, comme il a été rappelé à ses noces, il fut parmi les premiers mécènes de la musique congolaise. L’écurie Vévé, composée de plusieurs orchestres, dont il assurait le management à l’époque du Zaïre, ont bénéficié de son savoir-faire. Outre les enregistrements réalisés dans son studio, les Editions Vévé, il a doté plusieurs jeunes orchestres de l’époque d’instruments contribuant à leur développement.

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

RDC : la chute de François Beya alimente toutes les spéculations

février 13, 2022
© Kash.

Une semaine après l’arrestation du conseiller sécurité du président Félix Tshisekedi, les spéculations vont bon train autour des raisons de sa « chute ». Et certains pourraient s’en frotter les mains.

Malgré l’appel à la « vigilance » contre les « spéculations » lancé mardi au micro de la télévision nationale (RTNC) par Tharcisse Kasongo Mwema, porte-parole de Félix Tshisekedi, l’arrestation de François Beya continue d’alimenter rumeurs et commentaires à Kinshasa.

Une semaine après l’arrestation, le 5 février, du puissant conseiller à la sécurité du chef de l’État, les informations portant sur l’enquête ouverte à l’encontre de François Beya sont divulguées au compte-goutte. L’Agence nationale de renseignement (ANR) affirme avoir des « indices sérieux » portant sur de présumés « agissements contre la sécurité nationale », sans que l’on connaisse la teneur des exactes des faits reprochés à celui que l’on surnomme « Fantomas ».

Rumeurs et théories

Certains clament qu’il a été victime d’une guerre des clans au sein de la présidence. L’arrestation de ce sécurocrate jusque-là incontournable alimente en outre les rumeurs d’un éventuel remaniement dans le dispositif de Félix Tshisekedi. Lesquelles ne cessent d’enfler depuis la tournée du président congolais dans le Kasaï, début janvier, et la mise à l’écart de Jean-Marc Kabund-a-Kabund, désormais persona non grata au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de Tshisekedi dont il assurait la présidence par intérim.

D’autres estiment que la chute de « Fantomas » est due à sa proximité avec l’ancien président Joseph Kabila, et donnent du crédit à la thèse d’un complot visant à déstabiliser la présidence. D’autres, enfin, n’hésitent pas à avancer que l’affaire ne serait qu’un montage destiné à justifier un éventuel report des futures échéances électorales.

Autant de théories qui font d’autant plus florès que l’absence d’informations officielles ne permet pas de trancher. Si la déchéance de François Beya venait à être confirmée, elle ne manquerait pas d’être saluée par certains des anciens caciques du régime Kabila. À l’instar de Kalev Mutond, l’ancien patron de l’ANR. Le maître espion déchu, poursuivi par sept plaignants pour torture, arrestations arbitraires, menaces de mort et tentatives d’assassinat, et visé par un mandat d’amener et un avis de recherche, a fui le pays. Dans une lettre ouverte publiée en mai 2019, il avait dénoncé les « traîtres » qui avait choisi de travailler avec l’actuel chef de l’État, ancien proche de Joseph Kabila.

Kash

Avec Jeune Afrique par Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

RDC-Littérature : Fann Attiki au salon du livre de Kinshasa

février 11, 2022

Durant vingt jours, le Congolais Fann Attiki, auteur du livre  » Cave 72 ’’ partagera son expérience avec la jeunesse kinoise pour l’aider à mieux connaître le dynamisme de la scène littéraire et aussi éveiller en elle une vocation.  

Fann Attiki/ DR

Lauréat du prix Voix d’Afrique 2021, Fann Attiki, avec son livre ‘’Cave 72’’ publié chez Lattes, plongera les lecteurs au cours de la fête du livre de Kinshasa dans l’univers de trois jeunes Congolais, Verdess, Fernand et Didi, qui se retrouvent chaque jour à la cave 72, un bar mythique de Brazzaville, autour d’un verre de bière, leur quotidien rythmé par les tracasseries administratives, les aléas de la politique et les difficultés sociales du Congo. Un jour, le secrétaire au Conseil national de sécurité du pays désigne ces trois innocents comme coupables d’un complot visant l’Etat et le président. Pris dans la masse de ce complot, Verdrass, Fernand et Didi se révoltent du pouvoir, bravent l’armée et espèrent des meilleurs lendemains. Les trois jeunes deviennent des héros.

Dans un discours multilinguistique, qui mêle le français au lingala, au kituba ou encore au lari, Fann Attiki Mampouya nous emmène à la croisée du roman policier, avec un meurtre à la clé; du roman politique, avec les coulisses peu reluisantes du pouvoir; et du roman satirique, avec un ton humoriste. Dans ce livre, des jeunes Congolais refont le monde et pointent les failles du système à travers les thèmes abordés: corruption, machination, désillusion d’une partie de la jeunesse.

La fête du livre de Kinshasa qui se poursuit jusqu’au 20 février, organisée sur le thème ‘’Littérature jeunesse’’, est l’un des grands rendez-vous littéraires dans cette ville qui met en exergue la richesse de la littérature et sert de cadre d’échanges entre auteurs et le public. L’ événement de haute portée littéraire, avec de multiples festivités, est organisé par le pôle Eunic-RDC, mis en œuvre par l’Institut français de Kinshasa. « Nous pensons que cette jeunesse a besoin de se nourrir, de connaître ses auteurs, le dynamisme de la scène littéraire congolaise et du monde. Elle a aussi besoin des outils pour travailler et peut-être éveiller une vocation en elle. Je pense que nous avons le devoir d’accompagner cette jeunesse qui est l’avenir de la République démocratique du Congo (RDC) et du monde, comme c’est le cas dans beaucoup de pays », a expliqué Elodie Chabert, déléguée directrice de l’Institut français de Kinshasa.

Cette édition se déroulera respectivement à Kinshasa, Lubumbashi, Matadi, Kananga, Goma et à Bukavu. Des tables rondes, des rencontres face à face écrivains-public, des séances de dédicaces des présentations d’ouvrages, des formations, des ateliers de modération et des conférences-débats y sont prévus. Durant ces vingt jours, des auteurs, critiques littéraires, auteurs de la littérature jeunesse, journalistes, modérateurs de rencontres, bédéistes, slameurs nationaux et internationaux échangeront sur les thèmes retenus pour le développement du secteur littéraire en RDC.

« Je crois que c’est l’étendue des activités qu’on aura à destination de la jeunesse, le nombre d’écoles qui seront touchées à Kinshasa et dans le reste du pays. C’est aussi le nombre d’auteurs qui sont invités, à la fois Congolais et les éditeurs internationaux qui travaillent sur le roman, de la bande dessinée, des documentaires destinés à la jeunesse et, tout cela pour montrer la grande diversité de la littérature destinée aux jeunes et à quel point elle peut être enrichissante pour l’image, pour la connaissance, pour la vie de tous les jours », a renchéri Elodie Chabert.

Cette édition réunit des auteurs de différents pays dont Fann Attiki (Congo), Matilde Walton (France), Dominique Mwankimi (RDC – Royaume-Uni), Cécile Benoist (France), Fiston Mujila (RDC – Autriche), Véronique Todjo (Côte d’Ivoire), Irène le Roy Laduria (France), Micro Mega, Jephte Mbangala, Do Nsoseme, Chritian Gombo, Peter Komondua (RDC), Isabelle Pehourticq (France), Max Lobe (Suisse), Ngianbeti (Cameroun).

Avec Adiac-Congo par Cissé Dimi

RDC : les Jeux de la francophonie reportés à 2023

février 9, 2022
La taekwondoïste ivorienne Ruth Marie Christelle Gbagbi parade avec le drapeau de la francophonie lors de la 8e édition des Jeux, au stade Felix Houphouet-Boigny d’Abidjan, le 21 juillet 2017. © Luc Gnago/REUTERS.

La compétition sportive, qui doit se dérouler à Kinshasa, avait déjà été différée en raison de la pandémie de Covid-19.

La date exacte n’est pas encore connue, mais on sait déjà qu’ils ne se tiendront pas en 2022. Les IXe Jeux de la francophonie ont été reportés à 2023, a annoncé ce mercredi 9 février l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Désigné en 2019, le pays devait organiser ces Jeux en 2021, avant que la pandémie de Covid-19 n’oblige déjà à un premier report à 2022.

Le Conseil permanent de la francophonie (CPF), un des organes de direction de l’OIF avec le Sommet et la Conférence ministérielle, « s’est prononcé pour le report d’une année des IXe Jeux de la Francophonie qui se tiendront à Kinshasa en 2023 à une date encore à préciser au regard de l’agenda sportif international », selon un communiqué publié à l’issue d’une réunion en visioconférence. En juillet déjà, Jeune Afrique avait révélé que l’organisation de l’évènement faisait face à plusieurs obstacles, notamment des salaires impayés.

Créés en 1989 dans le but de promouvoir la paix entre jeunes francophones, les Jeux ont théoriquement lieu tous les quatre ans. Ils réunissent les athlètes d’une cinquantaine de pays francophones qui s’affrontent lors d’épreuves d’athlétisme, de cyclisme, de boxe, de judo ou encore de tennis. La précédente édition, tenue en Côte d’Ivoire en 2017, avait réuni pendant dix jours près de 3 500 participants dont 2 500 jeunes athlètes et artistes venus de 53 pays.

Le Burkina suspendu

L’OIF a par ailleurs décidé de « suspendre le Burkina Faso des instances de la Francophonie » après la coup d’État du 24 janvier, qui a vu le lieutenant-colonel Damiba s’emparer du pouvoir. « Le CPF exige la libération immédiate et sans condition du président Roch Marc Christian Kaboré », renversé par les militaires, exhorte le communiqué.

L’organisation « maintient toutefois les programmes de coopération multilatérale francophone en soutien au processus de rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique ainsi que ceux bénéficiant directement aux populations civiles », précise le texte. L’OIF ajoute que « le déficit de démocratie et de sécurité dans l’espace francophone » a été inscrit à l’ordre du jour de la Conférence ministérielle de la francophonie (CMF), qui se tiendra le 16 mars à Paris, alors que plusieurs pays francophones africains ont connu des coups d’État récemment, comme le Mali ou la Guinée.

Par Jeune Afrique avec AFP