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RDC : quitte ou double pour les Jeux de la francophonie

janvier 9, 2022
Kash © Kash

Malgré les polémiques et les soupçons de détournements de fonds, les autorités congolaises l’assurent : les 9e Jeux de la Francophonie se tiendront bel et bien à Kinshasa, du 19 au 28 août 2022. Faut-il y croire ?

Le défi est grand pour la RDC, qui doit organiser du 19 au 28 août 2022 la 9e édition des Jeux de la Francophonie. Le comité international de la compétition exige en effet des infrastructures capables d’accueillir dans de bonnes conditions les 3 500 sportifs et leurs accompagnateurs.

Pour ce faire, douze immeubles devaient être construits aux abords du stade Tata Raphaël, à Kinshasa. Mais en raison de lourds soupçons de détournements ont plané sur le comité national des Jeux dirigé par Didier Tshiyoyo, la totalité des contrats ont été renégociés. La société Janamapa Construct, détenue par un entrepreneur libanais, qui s’était vu confier l’ensemble des travaux, s’en est vu retirer l’essentiel, pour ne conserver que le creusement des fondations. Et à l’heure actuelle, les bases de seulement trois des douze édifices prévus sont effectivement réalisées…

Volonté politique ?

Nommé directeur du comité national en octobre dernier après le limogeage de l’équipe de Didier Tshiyoyo, Isidore Kwandja Ngembo se veut rassurant : « Je peux vous assurer qu’il y a la volonté politique. Le budget des Jeux provient de différents ministères faisant partie du comité de pilotage, qui est comme un conseil d’administration. Il y a des lignes budgétaires dans ces ministères qui génèrent les fonds ».

« Les entreprises disent qu’elles sont prêtes. Il suffit qu’elles soient payées, a-t-il encore ajouté. Nous n’avons aucune raison pour reporter ces jeux ». Parviendra-t-il à relever le défi ? Isidore Kwandja Ngembo assure que oui. Dans le pire des cas, il envisage même d’accueillir les sportifs à l’université de Kinshasa.

Kash

Avec Jeune Afrique par Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

RDC-Prix Lokumu 3 : Nioni Masela sacrée meilleure journaliste culturelle

novembre 29, 2021

Chargée de la rubrique culture du quotidien Le Courrier de Kinshasa, représentation kinoise de l’Agence d’information d’Afrique centrale avec Les Dépêches de Brazzaville, qu’elle anime depuis sa création en 2008, Nioni Masela est sortie de la soirée des arts, tenue le 26 novembre au Musée de Kinshasa et retransmise en direct sur Digital Congo TV, le cœur joyeux et léger, son trophée à la main.

Nioni Masela sacrée « Journaliste culturelle » de l’année (Adiac)

Photo 1 : Nioni Masela sacrée « Journaliste culturelle » de l’année /Adiac

Tenue pour la meilleure des cinq nominés de la catégorie « Journaliste culturel » de l’édition 2021 du Prix Lokumu Arts.cd, Nioni Masela a été récompensée sous une salve d’acclamations la soirée du 26 novembre. Le jury, composé d’éminentes personnalités de l’univers culturel de la République démocratique du Congo (RDC), en l’occurrence le Dr Henri Kalama, Didier Mpambia, Myoto Liyolo, Julie Ngala, Djo Moupondo et Eric Nice, lui a fait l’honneur de se lever à son passage. Celui-ci l’a sélectionnée associant son choix au vote des internautes. Ces derniers l’ont, à l’instar du jury présidé par le directeur général de l’Académie des beaux-arts, préféré à ses challengers Yves Kalwira (Goma), Joe Bangato Richard Mukadi Kayumba (Tshikapa) et Jordache Diala. En effet, les votes clôturés à quelques heures de l’événement, le  25 novembre, l’ont donné pour favorite avec 500 voix contre 389 accordées à son principal challenger, l’animateurs-télé de Goma, Yves Kalwira.

Emue d’avoir été sélectionnée à l’unanimité, Nioni Masela a dès lors adressé de vifs remerciements aux votants. La journaliste culturelle a particulièrement apprécié le fait d’avoir été « votée à près de 80% par les artistes ».

En effet, au sortir de l’événement, la plume culturelle du Courrier de Kinshasa et par ricochet des Dépêches de Brazzaville, sa jumelle, est revenue sur son adresse aux artistes affirmant avoir été marquée par leur soutien. « Nominée pour la seconde fois cette année, j‘ai réalisé que contrairement aux stars et notoriétés que sont la plupart des artistes nominés, dont les fans sont les mélomanes, fans et autres grands admirateurs ou amateurs des arts, mes supporters à moi sont les artistes », a-t-elle affirmé.

Nioni Masela a renchéri: « C’était juste touchant de voir combien de messages sympathiques j’ai reçus des artistes. Plus que mes proches, parents, amis et leur entourage qui ont de même soutenu ma candidature, ils ont insisté sur la qualité de mon travail et du cœur que je mets à l’ouvrage. Que pouvais-je espérer d’autre comme témoignage ? Venant de la part de ces artisans de notre si belle culture que j’ai tant de plaisir à mettre en lumière au travers de ma plume que l’on trouve si belle, je ne peux que me sentir honorée et gratifiée ».

Mais encore, a-t-elle conclu, « de plus, les jurés m’ont tout particulièrement touchée par leur standing ovation. Et, la lueur de joie que j’ai perçue dans leur regard m’a beaucoup émue. Cerise sur le gâteau, le président du jury m’a fait l’insigne honneur de me féliciter en face, se levant à nouveau alors que je venais de recevoir mon trophée. Et Joe Bangato, l’un de mes challengers, m’a félicitée avec de chaudes embrassades ! ».

La chantre Trina Fukiau  primée meilleure « Artiste Gospel » (Adiac)

Photo 2 : La chantre Trina Fukiau primée meilleure « Artiste Gospel » /Adiac

Il sied de rappeler que pour sa troisième édition, le Prix Lokumu avait choisi de faire honneur aux « Journaliste culturel » et « Média culturel ». Ce, a souligné Onassis Mutombo, partant de la conviction qu’il était du devoir d’Arts.cd de reconnaître le mérite de ces personnes qui travaillent à donner plus de visibilité à la culture. Ainsi, à côté de Nioni Masela, la « Journaliste culturelle » de l’année, c’est le magazine culturel en ligne Eventsrdc.com qui a obtenu la palme du meilleur « Média culturel ».

Dix-neuf prix et non vingt

Et pour ce qui est des acteurs de la culture eux-mêmes, le jury a porté son dévolu sur ceux qui se sont distingués au regard de critères énoncés par le Dr Henri Kalama. Il a évoqué, l’un après l’autre, «  l’originalité de l’œuvre, l’engagement de l’artiste dans la promotion de sa discipline, l’engagement citoyen des personnalités culturelles nominées et leurs actions pour le changement de leur environnement à travers des projets sociaux à impact visible ainsi que leur influence positive sur les jeunes ».

Par ailleurs, a-t-il ajouté : « Nous avions aussi tenu compte de la visibilité de l’artiste nominé à travers des productions scéniques de qualité et des expositions publiques tant au pays qu’au niveau international ». Le jury a également fait cas des actions manifestes témoignant de son « dévouement pour la nation, la promotion et la préservation de l’image de la RDC ». Et, quitte à faire ressortir le rôle des médias, il était crucial de veiller sur « la couverture médiatique du nominé ». À savoir notamment si « des articles lui ont été spécialement consacrés dans Arts.cd ou d’autres magazines culturels ».

Isaac Kalonji, prix Lokumu de la « Danse » esquissant quelques pas (Adiac)

Photo 3 : Isaac Kalonji, prix Lokumu de la « Danse », esquissant quelques pas /Adiac

Sur la base des critères susmentionnés, les artistes primés sont Dieudo Hamadi – « Cinéma /Réalisateur », Isaac Kalonji – « Danse », la chantre Trina Fukiau – « Artiste Gospel », DJ Amaroula – «  DJ de l’année », Anastasie Langu – « Prix de la Photographie », Claude Ndayambaje – « Personnalité culturelle », Jupiter Bokondji – « Artiste musicien de l’année », Lumino – « Musique Urbaine », Me Lema Kusa – « Prix l’immortel », Dadju – « Artiste Congolais de la diaspora », Maman Kalunga – « Théâtre Populaire », Yekima de Bel’art – « Poésie Chantée », Majoos feat Koffi Olomide « Meilleure Collaboration », Lebrun Bangala – « Prix de la Mode », Christian Gombo – « Prix de la littérature », Herman Amisi – « Humoriste de l’année » et Roga Roga – « Prix de la Francophonie Afrique centrale  ».

Cependant, le jury a décerné dix-neuf prix au lieu des vingt annoncés au préalable. Il s’est arrogé le droit de ne pas octroyer de prix à la catégorie « Arts visuels ». Une abstention expliquée de la sorte par le président du jury : « Notre réserve s’inscrit dans le souci majeur de préserver l’esprit du Prix Lokumu et son engagement sur la voie de l’excellence », soulignant: « Pour les membres du jury qui sont majoritairement des personnes du secteur des arts visuels, cette catégorie devrait être plus inclusive en s’ouvrant à d’autres cultures au parcours national et international ».

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

RDC-Manifestations publiques : le maire de Kinshasa refuse la marche du 27 novembre

novembre 22, 2021

Le gouverneur Gentiny Ngobila relève que le CALCC et le Milapro, signataires de la correspondance lui adressée pour l’organisation d’une marche pacifique, n’ont pas indiqué d’itinéraires et n’ont pas de personnalité juridique.

La lettre de Gentiny Ngobila

Réagissant à la correspondance du CALCC et du Milapro sur la marche du Bloc patriotique prévue pour le 27 novembre, le gouverneur de la ville-province de Kinshasa a refusé de prendre note de cette manifestation publique. « Je ne saurais prendre acte de votre requête », leur a-t-il dit.

Parmi les raisons qui ont poussé le gouverneur à refuser de reconnaître le droit du Bloc patriotique à cette manifestation, il y a notamment l’absence de la notification sur l’itinéraire. Gentiny Ngobila a fait également savoir que ces deux structures n’ont pas qualité pour lui écrire dans le cadre de ces manifestations publiques. Il souhaterait être saisi par les églises catholiques et protestantes auxquelles ces deux structures sont rattachées.

Le gouverneur a aussi motivé son refus par les atteintes physiques observées lors des manifestations similaires organisées dans le passé par le Bloc patroitique.

Il est rappelé que le Bloc patriotique a voulu organiser une autrre marche à cette date en vue de réclamer la dépolitisation de la centrale électorale et le retrait de la taxe sur le registre des appareils mobiles.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Côte d’Ivoire: Retour de Simone Gbagbo à Abidjan après son séjour à Kinshasa

octobre 24, 2021

Avec ConseilsEdo

Paul Mukendi réapparaît dans un hôtel en RDC

octobre 20, 2021
Plan moyen de Mukendi, vêtu de blanc.

Paul Mukendi au palais de justice de Québec. (Archives) PHOTO : RADIO-CANADA / DANIEL COULOMBE

Le révérend Paul Mukendi, en fuite depuis deux mois, serait bel et bien en République démocratique du Congo (RDC). Il a refait surface dans un hôtel de la capitale Kinshasa, mardi, où il avait convoqué des médias locaux.

Condamné à huit ans de prison au Canada pour agressions sexuelles et voies de fait, Paul Mukendi avait affirmé dans une apparition sur les réseaux sociaux, il y a un mois, qu’il était rentré dans son pays natal. Or, aucune information, à ce moment, ne permettait de confirmer qu’il s’était rendu en République démocratique du Congo.

Mardi, des images montrant le révérend ont commencé à circuler sur les médias sociaux, puis dans des publications congolaises. On y mentionnait qu’il avait tenu une conférence de presse à l’hôtel Marika, dans le quartier de la Gombe.

Un secrétaire de l’établissement hôtelier a confirmé à Radio-Canada qu’une salle avait été louée mardi au nom de Paul Mukendi, de 9 h à 11 h, et qu’une quinzaine de personnes auraient assisté à une conférence de presse organisée par le révérend lui-même.

Trois représentants de la presse congolaise ont affirmé à Radio-Canada avoir reçu une invitation à l’événement, et deux y ont assisté. C’est le cas notamment de CongoBuzz.tv, un média qui a publié des textes favorables à Paul Mukendi ces dernières semaines.

Son directeur général, Christian Bosembe, confirme avoir envoyé un représentant de sa salle de rédaction. Un autre média, Congo Profond, a aussi confirmé sa présence, en plus de diffuser une courte vidéo du révérend prenant la parole. Radio-Canada n’a cependant pas pu authentifier le matériel qui circule en ligne.

La police vérifie

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a pris connaissance des mêmes informations. Ces informations étaient en cours d’analyse mardi après-midi.

Comme précédemment, étant donné que l’enquête criminelle est toujours en cours afin de localiser M. Mukendi, nous ne divulguerons pas davantage de renseignements afin de ne pas nuire à l’enquête, a précisé la porte-parole du SPVQService de police de la Ville de Québec Marie-Pier Rivard.

Paul Mukendi devait se livrer aux autorités le 20 août, après avoir été débouté en Cour d’appel. Un mandat d’incarcération a été lancé contre lui depuis qu’il a pris la fuite. Il est également en attente d’un second procès pour agression sexuelle.

Avec Radio-Canada par David Rémillard et Alexandre Duval

RDC : macabres confessions au procès Chebeya

octobre 14, 2021
Floribert Chebeya et Fidèle Bazane ont été assassinés dans la soirée du 1er juin 2010 © JUNIOR D. KANNAH/AFP

Pour la première fois depuis la reprise du procès des assassins présumés de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, Jacques Mugabo, l’un des membres du commando, a avoué avoir joué un rôle dans leur meurtre. Il a livré le détail de cette sinistre soirée du 1er juin 2010.

Le troisième jour d’audience aura été celui des aveux pour Jacques Mugabo. L’ancien policier, membre du redouté bataillon Simba, comparaît depuis le 22 septembre devant la haute cour militaire siégeant à la prison de Ndolo. Il est jugé aux côtés du major Christian Ngoy Kenga Kenga pour son rôle dans l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana.

Ces derniers mois, de nombreux éléments ont permis de reconstituer le fil de la soirée du 1er juin 2010, au cours de laquelle un commando de sept personnes a tué les deux défenseurs des droits humains dans les locaux de la police congolaise. Mais c’était la première fois, ce mercredi 13 octobre, que l’un d’entre eux livrait un récit aussi détaillé devant une cour de justice et reconnaissait sa participation directe au crime.

« Il ne pouvait pas se défendre »

Venu à la barre dans l’uniforme bleu marine des officiers de la police congolaise, Mugabo raconte que lorsque que Floribert Chebeya s’est présenté au siège de l’Inspection générale de la police (IGP), il a d’abord été reçu au bureau du protocole par le major Paul Mwilambwe. « La personne qui avait appelé Chebeya, c’est le colonel Daniel Mukalayi [principal condamné du procès en première instance]. Ils se connaissaient, poursuit-il. Lorsque nous sommes arrivés à l’IGP un peu plus tard, nous avons trouvé dans le bureau à l’étage Daniel Mukalayi, Paul Mwilambwe et Christian Ngoy Kenga Kenga. Ils nous ont remis Chebeya. »

« Nous, on ne connaissait pas Chebeya, on nous a demandé de l’arrêter, reprend l’ancien policier. Lui s’interrogeait, mais personne n’arrivait à lui dire le moindre mot. » L’emblématique président de l’ONG La Voix des sans voix et son chauffeur, qui attendait dans le véhicule, sont alors sauvagement assassinés. « Il nous a été d’abord demandé de tuer Bazana, précise à la barre Mugabo. Il a été étouffé dans un sachet en plastique. On l’a cagoulé avec et on l’a scotché. Nous étions nombreux et Bazana était seul, il ne pouvait pas se défendre. » Pour Floribert Chebeya, « on a fait le même exercice, vers 23 heures ».

PRÉSERVATIFS, MÈCHES DE CHEVEUX, FAUX ONGLES… LA SCÈNE DE CRIME EST GROSSIÈREMENT MAQUILLÉE

Un meurtre à 50 dollars

À partir de là, les membres du commando se séparent. « Daniel Mukalay est rentré chez lui, affirme l’ancien policier. Mwilambwe, lui, résidait avec Christian Ngoy Kenga Kenga. » Les six hommes et leur chef quittent les locaux de l’IGP à bord de trois véhicules, deux Defenders et un Land Cruiser. « Les corps étaient chacun dans un Defender, précise-t-il. On a emprunté la route de Bandal, puis celle de Ma Campagne pour atteindre Mitendi. »

Le corps de Chebeya est abandonné dans le véhicule avec lequel il était arrivé à l’IGP, une Mazda grise. Les premiers policiers chargés de l’affaire y découvriront une scène de crime grossièrement maquillée. Des préservatifs, des mèches de cheveux et des faux ongles sont retrouvés à côté du corps de Chebeya, dont le pantalon est descendu au niveau des genoux. « Tous les objets que nous avons utilisés pour les tuer avaient été achetés par Daniel Mukalay », assure Jacques Mugabo.

Le corps de Bazana, qui n’a jamais été retrouvé, est déplacé un peu plus loin. « Nous l’avons enterré dans la ferme privée du général Djadjidja”, explique le prévenu, confirmant les propos tenus ces derniers mois par d’autres membres du commando aujourd’hui en exil. La soirée meurtrière s’achève à la résidence du colonel Mukalay, où les complices se retrouvent après leur passage à Mitendi. « Nous sommes allés chez lui pour fêter cela et chacun a été récompensé de 50 dollars américains », conclut le policier.

LES AVEUX DE JACQUES MUGABO POUSSERONT-ILS LE MAJOR KENGA KENGA À LIVRER SA VERSION DU MEURTRE ?

Djadjidja appelé à comparaître

Le détail de ce récit a surpris les parties civiles. Il tranche avec le silence du major Kenga Kenga, l’autre accusé de ce procès en appel, qui n’est même pas sorti de sa cellule pour cette troisième audience. Depuis le premier jour, ce très proche collaborateur de John Numbi, commandant du bataillon Simba, qui faisait office de police privée de ce dernier, refuse de s’exprimer. Les aveux de Jacques Mugabo le pousseront-ils à livrer sa version du meurtre de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana? « Tout se faisait sur ordre de Christian Ngoy Kenga Kenga, de qui je répondais au sein du bataillon Simba, sous l’autorité de John Numbi et Daniel Mukalay », a martelé celui-ci lors de l’audience.

Et qu’adviendra-t-il des deux autres protagonistes cités dans la longue confession de Mugabo, le général Zelwa Katanga, dit Djadjidja, et John Numbi ? Le premier, dont la parcelle de Mitendi abriterait le corps de Fidèle Bazana, a été placé en résidence surveillée au mois de février. Il est cité à comparaître lors de la prochaine audience, prévue le 20 octobre.

Le second, dont l’ombre plane sur l’affaire depuis le premier jour, est toujours en cavale. Recherché depuis le 14 avril par la justice militaire congolaise, John Numbi reste pour le moment introuvable. Plusieurs sources sécuritaires l’ont un temps situé au Zimbabwe, mais sa localisation exacte demeure incertaine. Lors du premier procès, en 2011, ce puissant général, très proche des Kabila, était intervenu comme simple témoin.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

RDC-CHESD : Félix Tshisekedi et Denis Sassou N’Guesso à la clôture de l’année académique 2020-2021

octobre 6, 2021

Le Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD), situé sur l’avenue des Forces armées à Kinshasa, a connu une effervescence particulière, le 5 octobre, à la faveur de la clôture de l’année académique 2020-2021.

Félix Tshisekedi et Denis Sassou N’Guesso posant avec les heureux lauréats du Chesd

Un trait singulier à la manifestation qui marquait l’ouverture de la nouvelle année académique ; la présence remarquée du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, et de son homologue Denis Sassou N’Guesso de la République sœur du Congo Brazzaville et président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Les deux chefs d’État se sont fait le plaisir de remettre aux heureux lauréats (Généraux, colonels, administrateurs militaires, officiers militaires et hauts fonctionnaires civils) les diplômes qui  consacrent la fin de leurs études supérieures au CHESD.

Ils étaient près de deux cents auditeurs et stagiaires de la sixième session ordinaire de la session spéciale du CHESD et de la quatrième promotion de l’Ecole supérieure d’administration militaire (ESAM) à avoir suivi le cursus de formation jusqu’à son terme. Parrain de la sixième session ordinaire du CHESD, le président Denis Sassou N’Guesso s’est réjoui de l’envergure prise par cette institution de formation en Afrique centrale. Le CHESD, a-t-il indiqué, « est le cadre par excellence au sein de la CEEAC où sont formés les cadres qui doivent mettre en œuvre la politique de l’Union aricaine« .

Et d’ajouter :  » L’architecture de paix, de sécurité et de défense de l’Union africaine prévoit que les communautés économiques régionales sont les lieux de base où s’élaborent toutes les stratégies de paix et de sécurité et de défense du continent « . 

Il est à noter que cette sixième session ordinaire du CHESD comprend des lauréats venus du Congo Brazzaville, du Cameroun, de la République centrafricaine et du Burundi. Les modules de formation dispensés ont porté notamment sur la conduite de la guerre, sur les opérations militaires, ainsi que sur les schémas de préparation de la paix.

Quant aux auditeurs de la session spéciale, leur formation a consisté à développer des aptitudes nécessaires pour comprendre les enjeux et les défis auxquels sont confrontés la sous-région d’Afrique centrale, l’Afrique et le monde. Pour leur part, les seize administrateurs militaires de la quatrième promotion de l’ESAM ont été préparés à assumer des fonctions d’État-major au sein de l’armée et de la police. Satisfait de ce dénouement heureux, le chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), le général Célestin Mbala, a eu des mots justes pour aiguiller la conscience des lauréats appelés à «  être des véritables moteurs de recherche des solutions dans le domaine sécuritaire. »

Créé en janvier 2016 dans le contexte de la réforme des Fardc, le CHESD a une vocation sous-régionale. Il est aujourd’hui le plus haut établissement de formation des officiers de l’armée en République démocratique du Congo.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

IXe Jeux de la francophonie : participation incertaine de la RDC

septembre 22, 2021

La liste des présélectionnés au volet culturel de l’événement tarde à être transmise au comité international faute de paiement des membres du jury

Le dossier de la participation culturelle de la République démocratique du Congo (RDC) aux IXes Jeux de la francophonie s’enlise, au point de susciter des inquiétudes dans le chef des opérateurs culturels. Les récents changements opérés à la tête du ministère de la Culture semblent avoir définitivement annihilé les chances du pays hôte à présenter un dossier conforme dans le délai. Les minutes s’égrainent et le dossier transmis au ministère de tutelle par le comité chargé de la préparation culturelle de la RDC à ces jeux ne connaît aucune avancée significative.

A quelques jours de la fin du délai imparti pour le dépôt des dossiers des présélectionnés, les jurys des différentes épreuves culturelles peinent à siéger faute de moyens. Le budget prévu pour la participation culturelle de la RDC, notamment la présélection des artistes devant représenter le pays n’a jamais été débloqué. Pire encore, aucune rencontre officielle n’a jamais été organisée entre la ministre et le comité chargé de ladite préparation dans un contexte où l’ancien secrétaire général de la Culture, Zapé Kayembe, a été démis de ses fonctions. Il avait en charge la gestion quotidienne du dossier au moment où le gouvernement Ilunkamba était réputé démissionnaire.

Le double changement opéré au ministère de la Culture, c’est-à-dire au cabinet ministériel et au secrétariat général, peut justifier la léthargie qui caractérise le dossier francophonie dans son volet culturel. D’où le cri d’alarme de l’association à but non lucratif Artiste en danger, lancé à la ministre de la Culture, Arts et Patrimoines dans une lettre lui adressée récemment. « Malheureusement, d’après les informations à notre possession, la RDC n’a pas encore envoyé la liste des présélectionnés du côté culturel, alors qu’il reste moins de deux semaines pour que le Comité international clôture cette partie », a relevé Langu Masima Tsaka Kongo, coordonnateur principal de l’association.

Le silence observé dans le chef de la ministre de la Culture et du comité en charge de la participation culturelle de la RDC aux prochains jeux de la francophonie renforce l’inquiétude dans les milieux culturels, surtout parmi les artistes ayant pris part aux épreuves qualificatives. Cela risque de compromettre la participation du pays hôte aux concours culturels. De plus en plus, les espoirs suscités par le lancement des présélections culturelles, en mars dernier, s’estompent et le désarroi gagne les esprits. « …nous sollicitons votre implication afin que notre pays ne donne une piètre image… », a écrit Tsaka Kongo.                          

Le Comité international des Jeux de la francophonie fixe plusieurs étapes avant d’avoir les Léopards pour les jeux, dans la partie culturelle dont principalement les présélections (étape en cours) et la préparation des sélectionnés. Cette deuxième phase nécessitera également un accompagnement efficace afin d’atteindre l’un des objectifs majeurs du ministère de la Culture qui consiste à obtenir un minimum de six médailles d’or sur les onze épreuves culturelles enregistrées.

En sa qualité de pays organisateur, la RDC s’est inscrite dans l’ensemble des épreuves culturelles (onze) prévues aux IXes Jeux de la francophonie. Il s’agit du hip hop, marionnette géante, jonglerie avec ballon, peinture, sculpture-installation, photographie, chanson, contes et conteurs, danse de création, littérature nouvelle et création numérique.

Avec Adiac-Congo par Jeannot Kayuba

RDC: Marche du 15 septembre à Kinshasa avec arrestation brutale de Martin Fayulu

septembre 15, 2021

Avec Réaco News

RDC-Alimentation : cinq communes kinoises en situation de crise

septembre 15, 2021

Masina, Matete, Ndjili, Ngaba et Ngaliema sont arrivés à la phase trois du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM). Entre 20 à 25 % de leurs habitants respectifs sont en phase trois ou plus. Comme l’explique l’institution onusienne, ce niveau vient juste avant la famine.

Le rapport IPC du PAM, paru dans la presse le 14 septembre, révèle une situation alimentaire très difficile dans certaines communes peuplées de Kinshasa et même quelques provinces congolaises. Cinq des vingt-quatre communes kinoises sont touchées par la crise alimentaire. Pour atteindre ces résultats, les enquêteurs ont recouru à un ensemble d’outils et de processus qui leur ont permis d’analyser et de classifier la sévérité de l’insécurité alimentaire suivant des normes scientifiques internationales.

Situation difficile à Kinshasa

Selon le rapport, plus de 1,5 million de personnes affichent un besoin d’assistance humanitaire pour sauver leur vie et protéger leurs moyens d’existence sur la période courant de février à juillet 2021. Dans les cinq communes les plus touchées, 20 à 25 % de la population est en phase 3 de l’IPC ou plus. Par ailleurs, d’autres zones urbaines comme les communes de Bumbu et Kimbanseke se trouvent dans la même situation.

Quelques grandes villes touchées

Pour la situation des provinces, le rapport IPC s’étend sur des zones urbaines jadis présentées comme le grenier du pays en raison de leur vocation hautement agricole. Il s’agit des villes de Kindu (Maniema), Beni (Nord-Kivu), Kananga (Kasaï central), Kalemie (Tanganyika), Mbuji-Mayi (Kasaï oriental), Uvira (Sud-Kivu) et Gemena (Sud-Ubangui). Selon le PAM, elles se trouvent également dans la phase 3 dite « situation de crise ». Là aussi, entre 20 à 40 % de leurs habitants respectifs approchent de la famine.

Causes

Après la publication de ces chiffres alarmants, le rapport va plus loin en présentant les principaux facteurs responsables de l’insécurité alimentaire en milieu urbain. Il y a bien entendu les effets directs de la pandémie de la covid-19, mais également d’autres facteurs comme le faible accès à l’emploi, les revenus des ménages et la hausse des prix des denrées alimentaires. Le but ultime de cette étude est de permettre aux décideurs de disposer d’une analyse rigoureuse de l’insécurité alimentaire dans les contextes d’urgence, de transition et de développement, ainsi que des objectifs clés pour mieux coordonner les interventions, conclût le rapport.

Avec Adiac-Congo par Laurent Essolomwa