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RDC: Le pape invite les jeunes Congolais à être « acteurs » de l’avenir du pays

février 2, 2023
Le pape invite les jeunes Congolais a etre "acteurs" de l'avenir du pays
Le pape invite les jeunes Congolais à être « acteurs » de l’avenir du pays© AFP/Arsene Mpiana

Accueilli dans une ambiance surchauffée jeudi dans le grand stade de Kinshasa, le pape François a invité les jeunes à être « acteurs » de l’avenir de la République démocratique du Congo (RDC), en proie au chômage et à des violences endémiques.

Au rythme des tambours, des chants et des danses traditionnelles, le chef de l’Eglise catholique a fait une entrée digne d’une rock star au stade des Martyrs à bord de sa « papamobile », saluant et bénissant la foule sur fond d’une sono endiablée.

Plus de 65.000 personnes, selon les organisateurs, ont participé à cette rencontre, avides de message de paix dans ce pays très catholique rongé par des exactions meurtrières à l’est.

Face au « tribalisme » et à « l’individualisme », François a appelé les fidèles à privilégier la « communauté », les invitant à prendre leur voisin par la main puis à faire silence en pensant « à des personnes qui (les) ont offensés ».

Le pape a aussi vilipendé la corruption, un fléau en RDC. « Tous ensemble disons: +pas de corruption+ ! », a demandé le pape, pendant que certains fidèles lançaient un slogan hostile au président Félix Tshisekedi.

« Tu es indispensable et responsable de ton Église et de ton pays. Tu appartiens à une histoire plus grande qui t’appelle à être acteur », a-t-il lancé alors que les conflits, le chômage et les luttes de pouvoir assombrissent l’avenir de la RDC, où environ 60 % des habitants ont moins de 20 ans.

Dans les tribunes, des milliers d’adolescents, étudiants mais aussi des parents chantaient en frappant des mains, sous une chaleur intense. Beaucoup étaient vêtus de T-shirts, chemises ou casquettes à l’effigie de Jorge Bergoglio, premier pape à visiter le pays depuis Jean Paul II en 1985.

« Le M23 tue une multitude d’entre nous à l’est, j’aimerais que tout cela s’arrête car ça dure depuis trop longtemps », a confié à l’AFP Sheila Mangumbu, 21 ans, en référence au groupe rebelle accusé par le gouvernement d’être soutenu par le Rwanda.

Le pape de 86 ans, qui se déplace en chaise roulante en raison de douleurs au genou, a ensuite rencontré le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde à la nonciature apostolique, « ambassade » du Saint-Siège en RDC.

Jeudi après-midi, lors d’une rencontre avec des prêtres et religieux à la cathédrale Notre-Dame du Congo, grande édifice de briques orangées construit en 1947, il a invité l’assemblée à ne pas céder à la « tentation du confort mondain ».

Contre-pouvoir

Malgré l’influence croissante des Eglises évangéliques depuis les années 1990, l’Eglise catholique conserve un rôle majeur dans l’éducation, la culture, la politique ou la tenue des infrastructures socio-sanitaires en RDC, où elle a souvent fait office de contre-pouvoir.

Très attendue, cette visite entourée d’une immense ferveur a été marquée mercredi par une séquence chargée d’une lourde émotion, quand François a lancé un « vibrant appel » devant les « cruelles atrocités » perpétrées dans l’est du pays, après avoir entendu les témoignages de victimes.

« Vos larmes sont mes larmes, votre souffrance est ma souffrance », a lâché François, qui entend attirer l’attention sur les drames frappant certaines « périphéries » du monde.

Le souverain pontife s’est également « indigné » de « l’exploitation, sanglante et illégale, de la richesse » de la RDC, où les violences de groupes armés ont tué des centaines de milliers de personnes et jeté des millions d’autres sur les routes.

Mercredi, le pape avait célébré une messe en plein air qui a, selon les autorités, rassemblé plus d’un million de fidèles, sur un aéroport de l’est de la capitale.

Vendredi matin, il prononcera un dernier discours devant les évêques congolais avant de rejoindre Juba, capitale du Soudan du Sud, plus jeune Etat du monde et parmi les plus pauvres de la planète.

Attendu à 15H00 (13H00 GMT), le pape rendra une visite de courtoisie au président et aux vice-présidents, puis prononcera un discours aux autorités au palais présidentiel.

Il s’agit du quarantième voyage international du chef de l’Église catholique depuis son élection en 2013, le troisième en Afrique sub-saharienne.

Par Le Point avec AFP

RDC: Arrivée du Pape François à Kinshasa

janvier 31, 2023
Avec KTO

Le Pape s’est envolé pour la RDC et le Soudan du Sud

janvier 31, 2023
Le Pape François se recueille devant le Monument aux morts de Kindu, à Fiumicino.

En arrivant à l’aéroport de Fiumicino, la voiture du Saint-Père s’est arrêtée brièvement près du Monument aux morts de Kindu

François a quitté l’aéroport de Fiumicino à 8h29, heure de Rome, à bord d’un vol ITA Airways et arrivera en République démocratique du Congo à 15h00 ce mardi 31 janvier. L’évêque de Rome sera à Kinshasa, la capitale congolaise, jusqu’au vendredi 3 février avant de décoller pour Juba, capitale sud-soudanaise, du 3 au 5 février, pour accomplir son pèlerinage de paix.

Le Pape a entamé son 40e voyage apostolique «œcuménique de paix» comme il l’a lui-même appelé dimanche 29 janvier à la fin de l’angélus, qui le conduira dans deux pays de la périphérie du monde, tous deux traversés par la très forte contradiction d’avoir un sous-sol très riche mais des populations rongées par la pauvreté et la violence. La République démocratique du Congo et le Soudan du Sud attendent le Souverain pontife après de longs mois d’attente, depuis le report de la visite initialement prévue en juillet dernier.

Rencontre avec des migrants et des réfugiés

L’Airbus A350 d’ITA Airways a décollé à 8h29, destination de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. François, qui hier soir, à la veille de son voyage, s’est rendu en la basilique Sainte-Marie-Majeure pour prier devant l’icône de la Vierge Salus Populi Romani et lui confier son prochain voyage, avant de quitter la Maison Sainte-Marthe et de se rendre à l’aéroport, a rencontré une dizaine de migrants et de réfugiés de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud, accueillis et soutenus, avec leurs familles, par le Centre Astalli de Rome. Ils étaient accompagnés du préfet du dicastère pour le Service de la charité, le cardinal polonais Konrad Krajewski.

François, «un pèlerin de la paix» en RDC et au Soudan du Sud

29/01/2023

À Fiumicino, hommage aux morts de Kindu

En arrivant à l’aéroport de Fiumicino, la voiture du Saint-Père s’est arrêtée brièvement près du Monument aux morts de Kindu, dans le Maniema, à la mémoire de 13 aviateurs italiens tués au Congo le 11 novembre 1961. Aux victimes de ce massacre sanglant et à tous ceux qui ont perdu la vie en participant à des missions humanitaires et de paix, le Pape François a dédié une prière, puis s’est dirigé vers l’avion qui le conduira à Kinshasa. À partir du 3 février, François se rendra à Juba, capitale du Soudan du Sud, où il restera jusqu’au 5 février, jour de son retour à Rome.

Paix et œcuménisme

Le thème de la paix sera au cœur de la présence du Pape dans ces deux pays. La rencontre avec la chrétienté africaine sera la confirmation de l’attention que François porte à ce continent, d’abord en RDC, déchirée au fil des ans par un conflit qui voit un nombre impressionnant de guérillas, et ensuite au Soudan du Sud, un pays très jeune, né en 2011, où malgré les accords de 2018 qui ont tenté de mettre fin à la guerre civile, la paix n’est jamais arrivée, et où en plus de la violence, la pauvreté, la famine et le changement climatique dévastent le pays. Un voyage à Juba que François fera avec le primat anglican Justin Welby et le modérateur de l’assemblée générale de l’Église d’Écosse, Iain Greenschields, témoignant de l’éminente valeur œcuménique de la visite. Dans les deux pays, on s’attend à l’émotion de rencontrer des victimes dans l’est du Congo et, au Soudan du Sud, des personnes déplacées à l’intérieur du pays.

Après un vol d’une durée de 6h50 minutes, le Pape arrivera à Kinshasa à 15 heures à l’aéroport international de N’djili, où il sera accueilli par le nonce apostolique Mgr  Ettore Balestrero et le Premier ministre du pays. Après l’accueil officiel, les délégations se rendront au Palais de la Nation, où François sera accueilli par le président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo.

Avec La Croix

Visite du pape en RDC : le souverain pontife invité à la prison centrale de Makala

janvier 30, 2023

S’appuyant sur la demande des prisonniers et détenus de confession religieuse catholique, la Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP) a appelé le pape François à visiter la prison centrale de Makala en vue de se rendre compte des conditions carcérales dans cette institution.

Le pape François/DR

« La FBCP informe l’opinion tant nationale qu’internationale que lors d’une de ses visites de monitoring des droits de l’homme à la prison centrale de Makala en date du 28 janvier 2023, les prisonniers et détenus préventifs chrétiens catholiques ont invité le pape François à la prison centrale de Makala pour aller constater leur ras-le-bol. », a fait savoir cette organisation dans un communiqué du 30 janvier.

Cette demande des pensionnaires de la principale maison carcérale de Kinshasa est motivée par la surpopulation constatée, la malnutrition, le manque de médicaments ainsi que les conditions de détention infra-inhumaines, les décès quotidiens, les conditions sanitaires déplorables et la lenteur des procédures judiciaires, etc.

La FBCP rappelle, en effet, que cette prison était construite par les colons belges avec une capacité de 1 500 places. Aujourd’hui, fait-elle savoir, elle héberge plus de 11 500 pensionnaires dont 2 750 seulement sont condamnés.

Elle indique que le 28 janvier vers 14 h, son équipe de monitoring a vu arriver plus de cent détenus, pieds nus, avec comme seul habit des culottes. « Ceci viole les articles 12 et  16 de la Constitution congolaise du 18 février 2006. Et, nous dénonçons les mauvaises conditions dans lesquelles les détenus sont transférés des parquets et cachots vers les prisons. C’est vraiment très inhumain », a-t-elle souligné.

La FBCP a souligné, par ailleurs, avoir été informée que malgré la grâce présidentielle accordée, certains bénéficiaires ne sont pas encore libérés. Elle demande au cardinal Ambongo  de transmettre cette demande des fidèles catholiques de la prison centrale de Makala au pape François. Elle attend aussi  que les autorités envisagent des sanction très sévères contre certains magistrats indisciplinés qui sont à la base de la surpopulation carcérale pour éviter le pire qui pointe à l’horizon ; l’accélération des procédures judiciaires ; l’amélioration des conditions des prisonniers et détenus préventifs dans tout le pays; l’exécution sans tarder de la mesure de grâce présidentielle.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC-Disparition : Félix Tshisekedi a rendu hommage au caporal Kunyuku

janvier 7, 2023

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a déposé une couronne de fleurs devant la dépouille de l’illustre personnage avant que le Premier ministre et les officiels présents à l’ émouvante cérémonie ne fassent de même.

Félix Tshisekedi s’inclinant devant le cercueil du disparu

Le chef de l’Etat a rendu hommage au caporal Albert Kunyuku Ngoma, le 6 janvier, à l’esplanade de la morgue de l’hôpital du cinquantenaire à Kinshasa. L’ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale (1940- 1945) est décédé depuis le 25 novembre 2022 à l’âge de 100 ans (il est né en 1922).

« Aux grands hommes, la patrie reconnaissante », dit-on. Le caporal Albert Kunyuku Ngoma a servi les forces armées congolaises, alors La force publique, depuis l’époque coloniale jusqu’à l’indépendance, soit de 1940 à 1960. Cela lui a valu une reconnaissance mondiale de part le fait qu’il a servi sous la bannière belge pour le Congo-Belge dans l’armée de la coalition pour mettre fin à la Deuxième Guerre mondiale et faire échec au régime Nazi.

Cette reconnaissance a été matérialisée par les différentes décorations honorifiques ici même au pays, en Russie par le président Poutine et l’année dernière où le roi Philippe des Belges l’a personnellement décoré en juin, à Kinshasa. A cela, il est à ajouter le fait que le réalisateur congolais Voto lui a même dédié deux films documentaires «  L’ombre des oubliés » et «  Mon caporal » pour saluer sa bravoure et pour réclamer ses droits.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Massacre dans l’est de la RDC : deuil national, plus « d’une centaine » de morts selon Kinshasa

décembre 3, 2022

Un deuil national de trois jours a débuté samedi 3 décembre en RDC après le massacre présumé de civils dans l’est du pays. Le gouvernement évoque désormais un bilan de plus d’une centaine de morts.

Des citoyens, fuyant les conflits dans la région de Kanyarushinya, arrivent dans la ville de Goma alors que les affrontements entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 se poursuivent en RDC, le 14 novembre 2022. © Photo by Augustine Wamenya / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

L’armée et les autorités de la RDC ont accusé jeudi 1er décembre les rebelles du M23 d’avoir « lâchement assassiné » au moins 50 civils deux jours auparavant à Kishishe, un village du territoire de Rutshuru situé à environ 70 km au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Le M23 a contesté être l’auteur de cette tuerie, dont le bilan reste difficile à établir de source indépendante faute d’accès à cette zone sous contrôle rebelle.

« Barbarie »

Lors du conseil des ministres qui s’est tenu vendredi, « le président de la République a dénoncé dans les termes les plus fermes le massacre contre plus d’une centaine de compatriotes à Kishishe, victimes de la barbarie » du M23, selon le compte rendu lu dans la soirée par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

« En leur mémoire », le président Félix Tshisekedi, « a chargé le gouvernement de décréter trois jours de deuil national à observer à partir de ce samedi 3 décembre », a-t-il poursuivi, précisant que les drapeaux seraient mis en berne sur tout le territoire durant cette période.

Enquêtes

Le deuil s’achèvera lundi avec l’organisation d’un « téléthon » destiné à collecter des fonds pour « la réponse humanitaire » à apporter aux victimes des violences dans l’est du pays, a ajouté le porte-parole.

Depuis que des informations ont fait état de ce massacre, les appels à une enquête indépendante se sont multipliés. Lors du même conseil des ministres, le président « a demandé à la ministre de la Justice d’ouvrir sans délai une enquête au niveau interne et en même temps d’oeuvrer en faveur d’une enquête internationale pour faire la lumière sur ce crime de guerre », a encore déclaré le porte-parole.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC – M23 : William Ruto attendu à Kinshasa alors que les combats reprennent

novembre 21, 2022

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour faire taire les armes. Le président kényan William Ruto doit s’entretenir ce 21 novembre à Kinshasa avec son homologue congolais Félix Tshisekedi.

Le président kényan William Ruto et le président congolais Félix Tshisekedi lors d’une visite officielle à Kinshasa, le 21 novembre 2022. © Photo by Arsene Mpiana / AFP

Signe des tensions, les offices religieux ont été brusquement écourtés ce dimanche 20 novembre dans plusieurs villages du nord-est de la RDC par l’irruption des rebelles du M23 toujours à l’offensive. Les lignes de front étaient restées calmes samedi, laissant croire que les appels à cesser-le-feu pouvaient avoir été entendus. Mais l’accalmie n’a duré qu’une journée.

« Nous étions à l’église pour le culte et le M23 a surgi en tirant beaucoup de coups de feu », a déclaré à l’AFP par téléphone un pasteur de Katwiguru, agglomération du territoire de Rutshuru située sur le front nord-est des combats entre l’armée congolaise et le « Mouvement du 23 mars ».

« Les combats font rage »

Selon Jean Bosco Bahati, un responsable de la société civile locale, les rebelles se sont emparés de plusieurs villages de la région, à quelque 35 km d’Ishasha, localité frontalière de l’Ouganda située non loin du Lac Édouard. « La population est en débandade », a-t-il témoigné. Selon un autre habitant, l’armée s’est repliée vers le Nord.

Plus au Sud, les combats ont aussi repris dimanche matin à une vingtaine de km au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, au niveau de Kibumba, qui marque depuis plusieurs jours la ligne du front sud.À LIRECrise entre la RDC et le Rwanda, coups d’État… Au cœur des premiers débats du sommet de l’OIF

« Depuis ce matin les combats font rage » dans la région, a indiqué un habitant. « Trois officiers dont un colonel viennent d’être blessés dans les combats », a précisé une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.

Il y a vingt ans jour pour jour, le 20 novembre 2012, le M23 s’était emparé de la ville de Goma, qu’il avait occupée pendant une dizaine de jours avant de se retirer et d’être vaincu l’année suivante.

William Ruto à Kinshasa

Reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté ses engagements sur la démobilisation et la réinsertion de ses combattants, le mouvement a repris les armes en fin d’année dernière et étend depuis son territoire.

Sa résurgence a provoqué un regain de tension entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir cette rébellion. Kigali conteste, en accusant en retour Kinshasa de collusion avec des rebelles hutu rwandais implantés en RD Congo depuis le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda.

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour tenter de surmonter la crise. Le président kényan William Ruto doit avoir lundi à Kinshasa un entretien avec son homologue congolais Félix Tshisekedi.

Rencontre Tshisekedi et Kagame à Luanda

Sa visite fait suite à celle de son prédécesseur, l’ex-président Uhuru Kenyatta, désormais facilitateur de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) pour la RDC, venu préparer une nouvelle session de pourparlers de paix prévus dans les prochains jours à Nairobi.

Vendredi soir, Uhuru Kenyatta a indiqué que le président rwandais Paul Kagame s’était joint aux appels demandant aux rebelles du M23 de cesser les combats et de se retirer des territoires qu’ils occupent.

L’EAC a par ailleurs décidé de créer une force régionale pour tenter de ramener la paix dans l’est de la RDC, en proie depuis près de trente ans aux violences de multiples groupes armés, dont le M23.

Le Kenya devrait contribuer à cette force à hauteur de 900 hommes, dont les premiers sont arrivés à Goma, où se situe le quartier général de la force.

Une autre initiative diplomatique est conduite en parallèle par le chef de l’État angolais João Lourenço, qui prévoit une nouvelle rencontre dans les prochains jours entre les présidents congolais et rwandais à Luanda.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC-Kinshasa/Tragédie au concert de Fally Ipupa : à peine le deuil, les accusations

novembre 3, 2022

Cinq jours seulement après une dizaine de décès au stade des Martyrs de Kinshasa, la police et les organisateurs se rejettent la responsabilité.

© Damien Glez

Décontenancé face à n’importe quel décès inopiné, chacun est particulièrement désorienté lorsque les circonstances de la tragédie étaient censées être festives. Les réjouissances collectives offrent le charme de la communion, mais convoquent également le risque des bousculades mortelles, comme à la dernière Coupe d’Afrique des nations – 8 morts au stade d’Olembe à Yaoundé – ou à la dernière fête d’Halloween – plus de 150 morts à Séoul. Pas besoin de confrontation de supporters antagonistes ni de l’envie de se faire peur : les grand-messes musicales n’échappent pas toujours au pire…

Ce samedi 29 octobre, à l’occasion d’un concert de Fally Ipupa à Kinshasa, une bousculade provoquait directement la mort de neuf civils par étouffement, dans une enceinte a posteriori tristement bien nommée : le stade des Martyrs. À cette macabre statistique, les autorités ont ajouté le décès de deux policiers. Un agent était retrouvé dans l’enceinte du stade, suite à son suicide. Après un malaise, un commissaire supérieur adjoint trouvera la mort, à son domicile, le lendemain du concert dont on lui avait confié la sécurisation.

Plus de 10 000 faux billets

Après les « plus sincères condoléances » exprimées par Fally Ipupa et bien avant que le temps du deuil ne soit strictement expiré, les différents acteurs du drame « devancent l’iguane dans l’eau ». Avant que les enquêteurs ne rendent les conclusions de leurs premiers procès-verbaux, chacun semble déjà se dédouaner.

Trop de spectateurs ou pas assez de forces de l’ordre ? Le chef de la police de Kinshasa évoque plus de 120 000 mélomanes dans un stade d’une capacité de 80 000 places assises. Un trop-plein qui aurait été encore plus problématique si la police n’avait pas ordonné l’interdiction d’accès à ce « Joola » à sec, vers 18 heures, après constatation que l’enceinte était déjà saturée…

DES POLICIERS AURAIENT LAISSÉ ENTRER DES SPECTATEURS SANS BILLETS, MOYENNANT UNE RÉTRIBUTION SOUS LE TREILLIS

La justice a donc ouvert un dossier judiciaire contre les organisateurs. Mais ces derniers tentent de détourner le doigt accusateur, d’abord vers des contrefacteurs qui auraient disséminé plus de 10 000 faux billets, ensuite vers les policiers eux-mêmes. Les programmateurs du concert accusent non seulement les forces de l’ordre d’avoir mobilisé moins d’agents qu’initialement prévu, mais aussi certains policiers d’avoir contribué à la saturation en laissant entrer des spectateurs sans billets, moyennant une rétribution sous le treillis. Procédure judiciaire contre procédure judiciaire, les organisateurs ont porté plainte contre X.

Triste marche funèbre en conclusion d’un concert d’ « ambiance facile », dans une République démocratique du Congo déjà largement endeuillée dans l’Est de son territoire…

Avec Jeune Afrique

Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

RDC-Drame : des morts et des blessés après le concert de Fally Ipupa au stade des Martyrs

octobre 31, 2022

Onze morts et plusieurs blessés, c’est le triste bilan ayant sanctionné le méga concert du chanteur Fally Ipupa, le 29 octobre, au stade des Martyrs de Kinshasa.

Fally Ipupa pendant son concert au stade des Martyrs

Des vidéos montrant des corps inertes des fans étalés à même le sol aux abords du stade après la production musicale ont fait le tour des réseaux sociaux, le week-end  dernier, suscitant indignation et compassion. Des jeunes gens, à fleur d’âge pour la plupart, ont perdu leur vie juste pour avoir pris la décision d’aller soutenir celui qui passe pour leur idole.

C’était sans compter avec la marée humaine qui s’est déversée sur le site, mettant à rude épreuve les policiers commis à la sécurité du stade dont le dispositif mis en place s’est révélé inefficace. Nonobstant les assurances du patron de la police de Kinshasa, la sécurité a failli dans l’encadrement de cette masse hystérique qui n’entendait surtout pas se plier aux ordres des agents de police.

   

Dans un stade dont la capacité d’accueil connue est de 80 000 places, Fally Ipupa avait fait le trop plein en allant au-delà du seuil requis. Selon une source proche de l’organisation, ce concert marquant les seize ans de carrière de l’artiste a réuni plus de 120 000 personnes. Le trafic routier dans la ville en a ressenti le contrecoup. Fally Ipupa avait, comme qui dirait, arrêté le temps, l’instant d’un concert qui a viré au drame.

Qu’est-ce qui a coûté la vie à ses compatriotes alors que tout semblait baigner dans l’huile jusqu’à l’instant où l’artiste est entré sur scène ? Des sources concordantes soutiennent la version d’une bousculade à la sortie du stade ayant occasionné plusieurs cas d’évanouissement et d’asphyxie. Tout celui qui trébuchait ou tombait était aussitôt piétiné sous le coup de la pression humaine. Dans des conditions où la prise en charge médicale était quasi inexistante, le drame était inévitable.  

Des investigations se poursuivent pour connaître les raisons exactes de ce drame qui aurait pu être évité. Le vice-Premier ministre, ministe de l’Intérieur et Sécurité, Daniel Aselo, qui n’entend pas s’arrêter là, indexe les organisateurs de l’événement dont il récuse le professionnalisme pour n’avoir pas tenu  compte des exigences que requiert la capacité d’accueil du stade. « Ils devront répondre de leurs actes devant la justice », a-t-il déclaré.

Entre-temps, les familles éplorées ont, elles aussi, actionné la machine judiciaire avec, à la clé, une plainte contre l’artiste. Ce dernier, sentant l’étau se resserrer autour de lui, a vite fait de réagir via les réseaux sociaux en exprimant sa compassion à ces familles. Il s’est dit profondément consterné et a présenté ses condoléances les plus attristées à toutes les familles frappées par ce drame. Dossier à suivre.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Brazzaville-Kinshasa : le Nepad se montre rassurant sur la construction du pont route-rail

août 13, 2022

Reçue en audience le 12 août à Brazzaville par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, la directrice générale de l’Agence de développement de l’Union africaine (Auda-Nepad), Nardos Bekele-Thomas, a annoncé que le projet de construction du pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa était en phase de finalisation.

Denis Sassou N’Guesso s’entretenant avec Nardos Bekele-Thomas/DR

Les entretiens entre les deux personnalités ont porté, entre autres, sur la coopération entre le Congo et le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). Selon Nardos Bekele-Thomas, le pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa rentrera, sous peu, dans sa phase d’exécution. « C’est une des priorités du programme de PIida. Je pense qu’à ce stade le dossier évolue, toutes les études ont été réalisées y compris les études financières. Nous n’attendons plus que l’investisseur.  Le projet sera examiné lors de la table ronde des investissements qui aura lieu à Dakar, en janvier prochain », a-t-elle annoncé.

En effet, la prochaine table ronde de Dakar sera très déterminante, quant à la mise en œuvre des projets du Nepad restés pendants du fait de la Covid-19 qui a plongé l’organisation dans l’hibernation. « Le Nepad a eu des programmes prioritaires dont la plupart ont été entamés avec à la clé beaucoup de résultats qui sont à inscrire dans le cadre des progrès de cette organisation pendant des années. Il y avait des progrès, mais aussi des défis. Ce qu’il faut faire, c’est de tirer les leçons pour savoir pourquoi tous les programmes n’ont pas été mis en œuvre », a poursuivi Nardos Bekele-Thomas, précisant que le Nepad est sur la voie du progrès.  

Selon elle, il y a beaucoup de problèmes d’ordre financier et technique qui ont freiné l’élan du Nepad. A cela, s’ajoute l’incapacité du Nepad lui-même mais aussi de chaque pays à mettre en œuvre cette politique.

Notons que le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique a été donc conçu pour répondre de manière cohérente et équilibrée aux principales priorités sociales, économiques et politiques du continent. L’Ethiopienne Nardos Bekele-Thomas est la première femme à diriger l’Agence de développement de l’Union africaine. Elle a été nommée et approuvée en tant que directrice générale par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, lors de la 35e session ordinaire du sommet de l’Union africaine, en février 2022. 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama