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RDC : macabres confessions au procès Chebeya

octobre 14, 2021
Floribert Chebeya et Fidèle Bazane ont été assassinés dans la soirée du 1er juin 2010 © JUNIOR D. KANNAH/AFP

Pour la première fois depuis la reprise du procès des assassins présumés de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, Jacques Mugabo, l’un des membres du commando, a avoué avoir joué un rôle dans leur meurtre. Il a livré le détail de cette sinistre soirée du 1er juin 2010.

Le troisième jour d’audience aura été celui des aveux pour Jacques Mugabo. L’ancien policier, membre du redouté bataillon Simba, comparaît depuis le 22 septembre devant la haute cour militaire siégeant à la prison de Ndolo. Il est jugé aux côtés du major Christian Ngoy Kenga Kenga pour son rôle dans l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana.

Ces derniers mois, de nombreux éléments ont permis de reconstituer le fil de la soirée du 1er juin 2010, au cours de laquelle un commando de sept personnes a tué les deux défenseurs des droits humains dans les locaux de la police congolaise. Mais c’était la première fois, ce mercredi 13 octobre, que l’un d’entre eux livrait un récit aussi détaillé devant une cour de justice et reconnaissait sa participation directe au crime.

« Il ne pouvait pas se défendre »

Venu à la barre dans l’uniforme bleu marine des officiers de la police congolaise, Mugabo raconte que lorsque que Floribert Chebeya s’est présenté au siège de l’Inspection générale de la police (IGP), il a d’abord été reçu au bureau du protocole par le major Paul Mwilambwe. « La personne qui avait appelé Chebeya, c’est le colonel Daniel Mukalayi [principal condamné du procès en première instance]. Ils se connaissaient, poursuit-il. Lorsque nous sommes arrivés à l’IGP un peu plus tard, nous avons trouvé dans le bureau à l’étage Daniel Mukalayi, Paul Mwilambwe et Christian Ngoy Kenga Kenga. Ils nous ont remis Chebeya. »

« Nous, on ne connaissait pas Chebeya, on nous a demandé de l’arrêter, reprend l’ancien policier. Lui s’interrogeait, mais personne n’arrivait à lui dire le moindre mot. » L’emblématique président de l’ONG La Voix des sans voix et son chauffeur, qui attendait dans le véhicule, sont alors sauvagement assassinés. « Il nous a été d’abord demandé de tuer Bazana, précise à la barre Mugabo. Il a été étouffé dans un sachet en plastique. On l’a cagoulé avec et on l’a scotché. Nous étions nombreux et Bazana était seul, il ne pouvait pas se défendre. » Pour Floribert Chebeya, « on a fait le même exercice, vers 23 heures ».

PRÉSERVATIFS, MÈCHES DE CHEVEUX, FAUX ONGLES… LA SCÈNE DE CRIME EST GROSSIÈREMENT MAQUILLÉE

Un meurtre à 50 dollars

À partir de là, les membres du commando se séparent. « Daniel Mukalay est rentré chez lui, affirme l’ancien policier. Mwilambwe, lui, résidait avec Christian Ngoy Kenga Kenga. » Les six hommes et leur chef quittent les locaux de l’IGP à bord de trois véhicules, deux Defenders et un Land Cruiser. « Les corps étaient chacun dans un Defender, précise-t-il. On a emprunté la route de Bandal, puis celle de Ma Campagne pour atteindre Mitendi. »

Le corps de Chebeya est abandonné dans le véhicule avec lequel il était arrivé à l’IGP, une Mazda grise. Les premiers policiers chargés de l’affaire y découvriront une scène de crime grossièrement maquillée. Des préservatifs, des mèches de cheveux et des faux ongles sont retrouvés à côté du corps de Chebeya, dont le pantalon est descendu au niveau des genoux. « Tous les objets que nous avons utilisés pour les tuer avaient été achetés par Daniel Mukalay », assure Jacques Mugabo.

Le corps de Bazana, qui n’a jamais été retrouvé, est déplacé un peu plus loin. « Nous l’avons enterré dans la ferme privée du général Djadjidja”, explique le prévenu, confirmant les propos tenus ces derniers mois par d’autres membres du commando aujourd’hui en exil. La soirée meurtrière s’achève à la résidence du colonel Mukalay, où les complices se retrouvent après leur passage à Mitendi. « Nous sommes allés chez lui pour fêter cela et chacun a été récompensé de 50 dollars américains », conclut le policier.

LES AVEUX DE JACQUES MUGABO POUSSERONT-ILS LE MAJOR KENGA KENGA À LIVRER SA VERSION DU MEURTRE ?

Djadjidja appelé à comparaître

Le détail de ce récit a surpris les parties civiles. Il tranche avec le silence du major Kenga Kenga, l’autre accusé de ce procès en appel, qui n’est même pas sorti de sa cellule pour cette troisième audience. Depuis le premier jour, ce très proche collaborateur de John Numbi, commandant du bataillon Simba, qui faisait office de police privée de ce dernier, refuse de s’exprimer. Les aveux de Jacques Mugabo le pousseront-ils à livrer sa version du meurtre de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana? « Tout se faisait sur ordre de Christian Ngoy Kenga Kenga, de qui je répondais au sein du bataillon Simba, sous l’autorité de John Numbi et Daniel Mukalay », a martelé celui-ci lors de l’audience.

Et qu’adviendra-t-il des deux autres protagonistes cités dans la longue confession de Mugabo, le général Zelwa Katanga, dit Djadjidja, et John Numbi ? Le premier, dont la parcelle de Mitendi abriterait le corps de Fidèle Bazana, a été placé en résidence surveillée au mois de février. Il est cité à comparaître lors de la prochaine audience, prévue le 20 octobre.

Le second, dont l’ombre plane sur l’affaire depuis le premier jour, est toujours en cavale. Recherché depuis le 14 avril par la justice militaire congolaise, John Numbi reste pour le moment introuvable. Plusieurs sources sécuritaires l’ont un temps situé au Zimbabwe, mais sa localisation exacte demeure incertaine. Lors du premier procès, en 2011, ce puissant général, très proche des Kabila, était intervenu comme simple témoin.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

RDC-CHESD : Félix Tshisekedi et Denis Sassou N’Guesso à la clôture de l’année académique 2020-2021

octobre 6, 2021

Le Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD), situé sur l’avenue des Forces armées à Kinshasa, a connu une effervescence particulière, le 5 octobre, à la faveur de la clôture de l’année académique 2020-2021.

Félix Tshisekedi et Denis Sassou N’Guesso posant avec les heureux lauréats du Chesd

Un trait singulier à la manifestation qui marquait l’ouverture de la nouvelle année académique ; la présence remarquée du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, et de son homologue Denis Sassou N’Guesso de la République sœur du Congo Brazzaville et président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Les deux chefs d’État se sont fait le plaisir de remettre aux heureux lauréats (Généraux, colonels, administrateurs militaires, officiers militaires et hauts fonctionnaires civils) les diplômes qui  consacrent la fin de leurs études supérieures au CHESD.

Ils étaient près de deux cents auditeurs et stagiaires de la sixième session ordinaire de la session spéciale du CHESD et de la quatrième promotion de l’Ecole supérieure d’administration militaire (ESAM) à avoir suivi le cursus de formation jusqu’à son terme. Parrain de la sixième session ordinaire du CHESD, le président Denis Sassou N’Guesso s’est réjoui de l’envergure prise par cette institution de formation en Afrique centrale. Le CHESD, a-t-il indiqué, « est le cadre par excellence au sein de la CEEAC où sont formés les cadres qui doivent mettre en œuvre la politique de l’Union aricaine« .

Et d’ajouter :  » L’architecture de paix, de sécurité et de défense de l’Union africaine prévoit que les communautés économiques régionales sont les lieux de base où s’élaborent toutes les stratégies de paix et de sécurité et de défense du continent « . 

Il est à noter que cette sixième session ordinaire du CHESD comprend des lauréats venus du Congo Brazzaville, du Cameroun, de la République centrafricaine et du Burundi. Les modules de formation dispensés ont porté notamment sur la conduite de la guerre, sur les opérations militaires, ainsi que sur les schémas de préparation de la paix.

Quant aux auditeurs de la session spéciale, leur formation a consisté à développer des aptitudes nécessaires pour comprendre les enjeux et les défis auxquels sont confrontés la sous-région d’Afrique centrale, l’Afrique et le monde. Pour leur part, les seize administrateurs militaires de la quatrième promotion de l’ESAM ont été préparés à assumer des fonctions d’État-major au sein de l’armée et de la police. Satisfait de ce dénouement heureux, le chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), le général Célestin Mbala, a eu des mots justes pour aiguiller la conscience des lauréats appelés à «  être des véritables moteurs de recherche des solutions dans le domaine sécuritaire. »

Créé en janvier 2016 dans le contexte de la réforme des Fardc, le CHESD a une vocation sous-régionale. Il est aujourd’hui le plus haut établissement de formation des officiers de l’armée en République démocratique du Congo.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

IXe Jeux de la francophonie : participation incertaine de la RDC

septembre 22, 2021

La liste des présélectionnés au volet culturel de l’événement tarde à être transmise au comité international faute de paiement des membres du jury

Le dossier de la participation culturelle de la République démocratique du Congo (RDC) aux IXes Jeux de la francophonie s’enlise, au point de susciter des inquiétudes dans le chef des opérateurs culturels. Les récents changements opérés à la tête du ministère de la Culture semblent avoir définitivement annihilé les chances du pays hôte à présenter un dossier conforme dans le délai. Les minutes s’égrainent et le dossier transmis au ministère de tutelle par le comité chargé de la préparation culturelle de la RDC à ces jeux ne connaît aucune avancée significative.

A quelques jours de la fin du délai imparti pour le dépôt des dossiers des présélectionnés, les jurys des différentes épreuves culturelles peinent à siéger faute de moyens. Le budget prévu pour la participation culturelle de la RDC, notamment la présélection des artistes devant représenter le pays n’a jamais été débloqué. Pire encore, aucune rencontre officielle n’a jamais été organisée entre la ministre et le comité chargé de ladite préparation dans un contexte où l’ancien secrétaire général de la Culture, Zapé Kayembe, a été démis de ses fonctions. Il avait en charge la gestion quotidienne du dossier au moment où le gouvernement Ilunkamba était réputé démissionnaire.

Le double changement opéré au ministère de la Culture, c’est-à-dire au cabinet ministériel et au secrétariat général, peut justifier la léthargie qui caractérise le dossier francophonie dans son volet culturel. D’où le cri d’alarme de l’association à but non lucratif Artiste en danger, lancé à la ministre de la Culture, Arts et Patrimoines dans une lettre lui adressée récemment. « Malheureusement, d’après les informations à notre possession, la RDC n’a pas encore envoyé la liste des présélectionnés du côté culturel, alors qu’il reste moins de deux semaines pour que le Comité international clôture cette partie », a relevé Langu Masima Tsaka Kongo, coordonnateur principal de l’association.

Le silence observé dans le chef de la ministre de la Culture et du comité en charge de la participation culturelle de la RDC aux prochains jeux de la francophonie renforce l’inquiétude dans les milieux culturels, surtout parmi les artistes ayant pris part aux épreuves qualificatives. Cela risque de compromettre la participation du pays hôte aux concours culturels. De plus en plus, les espoirs suscités par le lancement des présélections culturelles, en mars dernier, s’estompent et le désarroi gagne les esprits. « …nous sollicitons votre implication afin que notre pays ne donne une piètre image… », a écrit Tsaka Kongo.                          

Le Comité international des Jeux de la francophonie fixe plusieurs étapes avant d’avoir les Léopards pour les jeux, dans la partie culturelle dont principalement les présélections (étape en cours) et la préparation des sélectionnés. Cette deuxième phase nécessitera également un accompagnement efficace afin d’atteindre l’un des objectifs majeurs du ministère de la Culture qui consiste à obtenir un minimum de six médailles d’or sur les onze épreuves culturelles enregistrées.

En sa qualité de pays organisateur, la RDC s’est inscrite dans l’ensemble des épreuves culturelles (onze) prévues aux IXes Jeux de la francophonie. Il s’agit du hip hop, marionnette géante, jonglerie avec ballon, peinture, sculpture-installation, photographie, chanson, contes et conteurs, danse de création, littérature nouvelle et création numérique.

Avec Adiac-Congo par Jeannot Kayuba

RDC: Marche du 15 septembre à Kinshasa avec arrestation brutale de Martin Fayulu

septembre 15, 2021

Avec Réaco News

RDC-Alimentation : cinq communes kinoises en situation de crise

septembre 15, 2021

Masina, Matete, Ndjili, Ngaba et Ngaliema sont arrivés à la phase trois du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM). Entre 20 à 25 % de leurs habitants respectifs sont en phase trois ou plus. Comme l’explique l’institution onusienne, ce niveau vient juste avant la famine.

Le rapport IPC du PAM, paru dans la presse le 14 septembre, révèle une situation alimentaire très difficile dans certaines communes peuplées de Kinshasa et même quelques provinces congolaises. Cinq des vingt-quatre communes kinoises sont touchées par la crise alimentaire. Pour atteindre ces résultats, les enquêteurs ont recouru à un ensemble d’outils et de processus qui leur ont permis d’analyser et de classifier la sévérité de l’insécurité alimentaire suivant des normes scientifiques internationales.

Situation difficile à Kinshasa

Selon le rapport, plus de 1,5 million de personnes affichent un besoin d’assistance humanitaire pour sauver leur vie et protéger leurs moyens d’existence sur la période courant de février à juillet 2021. Dans les cinq communes les plus touchées, 20 à 25 % de la population est en phase 3 de l’IPC ou plus. Par ailleurs, d’autres zones urbaines comme les communes de Bumbu et Kimbanseke se trouvent dans la même situation.

Quelques grandes villes touchées

Pour la situation des provinces, le rapport IPC s’étend sur des zones urbaines jadis présentées comme le grenier du pays en raison de leur vocation hautement agricole. Il s’agit des villes de Kindu (Maniema), Beni (Nord-Kivu), Kananga (Kasaï central), Kalemie (Tanganyika), Mbuji-Mayi (Kasaï oriental), Uvira (Sud-Kivu) et Gemena (Sud-Ubangui). Selon le PAM, elles se trouvent également dans la phase 3 dite « situation de crise ». Là aussi, entre 20 à 40 % de leurs habitants respectifs approchent de la famine.

Causes

Après la publication de ces chiffres alarmants, le rapport va plus loin en présentant les principaux facteurs responsables de l’insécurité alimentaire en milieu urbain. Il y a bien entendu les effets directs de la pandémie de la covid-19, mais également d’autres facteurs comme le faible accès à l’emploi, les revenus des ménages et la hausse des prix des denrées alimentaires. Le but ultime de cette étude est de permettre aux décideurs de disposer d’une analyse rigoureuse de l’insécurité alimentaire dans les contextes d’urgence, de transition et de développement, ainsi que des objectifs clés pour mieux coordonner les interventions, conclût le rapport.

Avec Adiac-Congo par Laurent Essolomwa

RDC-Kinshasa/Manifestations publiques : la marche de Lamuka reportée

septembre 14, 2021

Initialement programmée pour le 15 septembre, la marche de la coalition Lamuka a été reportée au 17 septembre par le gouverneur de la ville de Kinshasa. Mais ce changement de date ne satisfait pas les dirigeants de cette plate-forme politique, qui continuent à appeler militants et cadres à battre le pavé ce mercredi, bravant ainsi l’interdiction.

Une patrouille de la police/DR

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, après la réunion de concertation avec les organisateurs de la marche de la coalition Lamuka, a autorisé cette manifestation pacifique initialement prévue au 15 septembre, tout en la décalant de deux jours. Il avance trois raisons principales pour motiver sa décision, notamment la rentrée parlementaire, prévue ce 15 septembre; le vandalisme projeté des biens et édifices publics; les mesures liées à la prévention de la transmission de la covid-19.

De leur côté, les organisateurs de la marche ne veulent pas l’entendre de cette oreille. Pour eux, leur rendez-vous sera tenu ce 15 septembre. « J’en appelle à tous les militants et cadres de Lamuka ainsi qu’à tout le peuple congolais de participer à cette marche le mercredi 15 septembre afin d’exiger une Commission électorale nationale indépendante non politisée », a dit l’un des leaders de cette plateforme, Martin Fayulu.

Selon cette option, la marche aura bel et bien lieu ce 15 septembre comme prévu et annoncé à l’autorité urbaine. Martin Fayulu demande, en outre, à la police de sécuriser cette manifestation conformément à la Constitution.

La police déployée pour faire respecter la décision de l’autorité

« Dès ce soir, la police sera déployée. Demain très tôt le matin, nous prendrons possession de tous les points chauds », a dit le commissaire provincial de la police/ville de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo sur les ondes de Top Congo FM.

Réagissant à la demande de Lamuka pour la sécurisation de cette manifestation, le commissaire provincial de la police de Kinshasa a dit : « Les paramètres sécuritaires ne nous permettent pas de sécuriser une marche ce mercredi ». Et d’appeler cette plate-forme politique au respect de la décision du gouverneur. « Nos frères de Lamuka peuvent marcher tranquillement et sans problème deux jours après », a souligné le général Sylvano Kasongo. Ceux qui vont se hasarder à troubler l’ordre public mercredi, a promis le chef de la police de la capitale, vont trouver les policiers sur leur chemin.

Selon le général Kasongo, tout attroupement de plus de cinq personnes sera dispersé avec des armes non létales. « Nous avons l’instruction d’interpeller toute personne qui ira à l’encontre de la décision de l’Hôtel de ville’ », a-t-il prévenu. Et d’insister : « À tous ceux qui sortiront demain dans l’intention de saboter les actions du gouvernement, incendier les bus Transco et autres, nous leur disons que la police est là. Si vous voulez marcher, marchez le 17 septembre. Le 15 septembre, la marche a été interdite ».

Dans sa décision, rappelle-t-on, le  gouverneur Ngobila avait instruit le commissaire provincial de la police/ville de Kinshasa et les bourgmestres pour l’exécution du report de cette marche.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC : le procès de Matata Ponyo s’ouvrira le 25 octobre

septembre 13, 2021

Augustin Matata Ponyo, alors Premier ministre de la RDC, pose dans son bureau à Kinshasa le 14 octobre 2014.

L’ancien Premier ministre de Joseph Kabila sera jugé devant la Cour constitutionnelle pour détournement de deniers publics dans l’affaire Bukanga Lonzo.

L’ex-chef du gouvernement congolais Augustin Matata Ponyo aura bel et bien droit à son procès. Selon plusieurs sources au sein de la Cour constitutionnelle, il comparaîtra devant la plus haute cour du pays à partir du 25 octobre. Il sera jugé pour détournement de deniers publics dans le cadre du projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo.

Un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), publié le 18 novembre 2020, avait dénoncé le détournement de 205 millions de dollars sur les 285 millions alloués à ce projet agricole lancé en grande pompe en 2014. Matata Ponyo, Premier ministre de 2012 à 2016, est présenté par l’IGF comme « l’auteur intellectuel » de ce détournement. C’est à la suite de ce rapport que le procureur général près la Cour constitutionnelle s’était saisi du dossier pour demander l’autorisation de poursuivre Matata Ponyo.

Bras de fer judiciaire

L’annonce de ce procès intervient après plusieurs semaines de bras de fer entre la justice congolaise et Matata Ponyo. Initialement visé par une demande de levée de son immunité de sénateur dans le cadre de l’affaire Bukanga Lonzo, l’élu du Maniema avait échappé de justesse aux poursuites à l’issue du vote de la Chambre haute du Parlement, le 15 juin. Les auditions de l’ancien Premier ministre avaient finalement été autorisées début juillet mais dans un autre dossier, celui de la zaïrianisation.

L’ANCIEN PREMIER MINISTRE N’A CESSÉ DE DÉNONCER UN « ACHARNEMENT JUDICIAIRE »

Entendu au parquet général près la Cour constitutionnelle, Matata Ponyo avait brièvement été placé sous mandat d’arrêt. Il avait également été assigné à résidence avant que la mesure ne soit levée vingt-quatre heures plus tard. L’ancien Premier ministre n’a cessé de dénoncer un « acharnement judiciaire », critiquant à plusieurs reprises une « procédure politique ».

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

RDC-Kinshasa : lancement de la vente des plaques d’immatriculation pour motocycles

août 23, 2021

L’opération vise à combattre l’insécurité dans la ville capitale et à assurer la quiétude des Kinois ainsi que la mobilisation des ressources financières.

Des motocycles dans une place de Kinshasa/DR

Le ministre provincial chargé des Finances et Economie, Jean Ngoy Mvunzi, a officiellement lancé, le 20 août, la vente des plaques minéralogiques pour motocycles. Quelques membres de l’exécutif provincial ainsi que le directeur général des recettes de Kinshasa (DGRK) ont pris part à cette cérémonie.

Pour Jean Ngoy Mvunzi, cette activité s’inscrit dans la droite ligne de la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, telle que soutenue par le gouverneur de la ville, Gentiny Ngobila Mbaka. Elle vise à combattre l’insécurité, assurer la quiétude des Kinois ainsi que la mobilisation des ressources financières en vue de l’amélioration des finances publiques, lutter contre l’insécurité causée par les motocyclistes non identifiés. « Ceci permettra de doter la ville de Kinshasa des moyens nécessaires de sa politique.  La vision du chef de l’Etat place l’homme au centre de son action, comme acteur et bénéficiaire des activités productives, la croissance économique, la bonne gouvernance et le développement », a-t-il soutenu.

Enseigner le civisme fiscal aux Kinois

Le ministre Jean Ngoy Mvunzi a, par ailleurs, reconnu que la problématique du civisme fiscal chez la population kinoise reste un souci. A l’en croire, cela demeure un grand chantier qu’il convient de construire progressivement. Après ces mots, il a remis symboliquement la plaque d’immatriculation à un motocycliste qui, sur place, l’a achetée pour donner l’exemple. Le membre du gouvernement provincial a, en outre, exhorté tous les propriétaires des motocycles de la capitale congolaise à procéder à l’immatriculation de leurs engins. Dans les prochains jours, a-t-il prévenu, aucune motocycle ne circulera dans toute l’agglomération urbaine sans immatriculation.

Le président du comité provincial des motards de Kinshasa a, à cette occasion, appelé ses pairs à la prise de conscience. Cette plaque qui est fabriquée avec des éléments hautement sécurisés grâce au partenariat avec la société Maxim, note-t-on, est vendue par la DGRK à trente-deux dollars américains.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC-Kinshasa : deux mille cents kulunas déjà acheminés à Kaniama-Kasese

août 18, 2021

Depuis novembre de l’année dernière, le gouvernement provincial, la police ville de Kinshasa et le Service national ont déjà organisé sept vagues d’opérations pour le transfert des hors-la-loi dans le centre situé dans le Haut-Katanga.

Photos 1: La remise de la tenue du Service national par le gouverneur Ngobila

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, a assisté, le 17 août au terrain Flamboyant, dans la commune de la Gombe, à la présentation d’un lot de délinquants communément appelés kulunas. Cet énième lot de jeunes inciviques devrait rejoindre les autres au centre du Service national, dans le haut Katanga.

La septième vague ainsi présentée à l’autorité urbaine vient porter à deux mille cents le nombre des jeunes inciviques déjà déportés à Kaniama-Kasese, où ils sont contraints aux travaux de champs, de maçonnerie et autres dans le cadre de l’encadrement et du redressement qu’ils doivent subir à travers le Service national.

Photo 2: Remise de la tenue du Service national par le gouverneur Ngobila à un Kuluna

L’autorité urbaine a profité de cette occasion pour saluer le travail abattu par la police nationale congolaise/ville de Kinshasa, sous le commandement du général Sylvano Kasongo. Le patron de la ville de Kinshasa a également jeté des fleurs au responsable du Service national, le général  Jean-Pierre Kasongo, pour le travail a posteriori réalisé pour la resocialisation de ces délinquants.

Le maire de la capitale congolaise a indiqué que la finalité de ces actions est de faire de ces délinquants des hommes utiles à la société qui participent au développement du pays. Ceci, en éradiquant ce fléau qu’est le banditisme urbain, une autre source d’insécurité dans la capitale congolaise, appelé le phénomène kuluna.

Photo 3: Le lot de jeunes délinquants constituant la septième vague à envoyer à Kaniama Kasese

En réponse à la question sur sa détermination à mener cette opération jusqu’au bout surtout face aux nombreuses critiques sur le prétendu non-respect des droits de l’homme, le chef de l’exécutif provincial de Kinshasa a souligné que ces jeunes délinquants jouissent de leurs droits élémentaires tels que celui d’être nourris, habillés. Mais, a-t-il précisé, ils seront mis au service de la nation pour assurer notamment l’autosuffisance alimentaire. Pour Gentiny Ngobila, il n’est pas question de fléchir même si beaucoup d’entre ces jeunes délinquants visés ont fui la capitale pour échapper à la traque. Et de noter que d’ici à la fin du mois prochain, l’opération va atteindre le nombre de deux mille cinq cents kulunas.

Le gouverneur, qui a expliqué le mode opératoire de la police dans la traque de ces bandits urbains, a noté que la dénonciation des propres membres des familles de ces hors la loi a beaucoup contribué à la réussite de cette opération.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC-Religion : la Cénco fustige la haine contre l’Eglise catholique

août 2, 2021

Les cardinal, archevêques et évêques indignés face aux attaques perpétrés contre l’Eglise promettent, par ailleurs, de continuer à jouer leur rôle de sentinelle et réitère leur engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie.

Des lieux de culte catholiques profanés

Dans leur réaction du 2 août, le cardinal, les archevêques et évêques catholiques membres du comité permanent de la Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo (Cénco) ont exprimé leur peine face à la haine contre leur église ainsi que des actes de vandalisme perpétrés contre certains lieux de culte et des installations de cette confession religieuse. « La Cénco condamne fermement ces actes de violence inadmissibles qui sont une atteinte à la  liberté religieuse et d’expression, mais aussi une entorse à la démocratie. C’est un grand recul sur le chemin de l’état de droit auquel aspire tout le peuple congolais », ont fait savoir les prélats catholiques.

Face à ces actes décriés, le cardinal, les archevêques et évêques, qui notent que le cardinal n’a pas pris une position qui n’est pas celle de la Cénco dans le cadre de sa mission prophétique, leur peine est d’autant plus grande que tous ces actes manifestent une haine contre l’Eglise catholique.  Pour la Cénco, dans sa position prise, elle ne fait qu’accomplir sa mission prophétique, dans la recherche du bien-être du peuple congolais. « Pourquoi s’en prendre à la Cénco quand elle prêche la cohésion nationale ? Pourquoi l’attaquer quand elle défend l’indépendance de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ? », se sont-ils demandé. Ils ne s’expliquent pas que leur position leur attire la foudre.

La poursuite de sa mission

Malgré ces actes d’agression et de vandalisme, la Cénco promet de continuer à mener sa mission et réitère son engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie. « Pour l’amour des Congolais, la Cénco ne se taira point », ont dit les prélats.

Toutefois, la Cénco, qui condamne ces actes ignobles, demande à ses fidèles chrétiens et aux défenseurs de la démocratie de ne pas réagir violemment. « La violence est l’arme de ceux qui maquent les arguments dans un débat démocratique et citoyen. Elle tue la démocratie qu’elle remplace par la dictature », a-t-elle noté.

Les prélats catholiques attendent, cependant, des commanditaires de ces actes, d’arrêter alors qu’au gouvernement, ils demandent de pendre cette situation en  main, en identifiant ces inciviques qui ont opéré à visage découvert afin qu’ils soient sévèrement sanctionnés et que plus jamais pareils attaques ne se répètent.

Dans les faits, la Cénco note, par ailleurs, que c’est depuis le mois d’avril que des actes abominables de profanation sur les lieux de culte sont enregistrés notamment à Mbuji-Mayi dans le Kasaï. Elle se dit aussi consternée de voir sur la toile, le 31 juillet, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, tenir des propos désobligeants à l’endroit du cardinal archevêque de Kinshasa et son secrétaire général, les accusant entre autres de politiser l’Eglise.

Les prêtres se disent choqués de constater que, juste après ces déclarations d’un de haut cadre du parti au pouvoir, des actes de vandalisme accompagnés des injures macabres sont posés à l’archevêché de Kinshasa et à la résidence du cardinal par un groupe de jeunes non autrement identifiés qui, dans leur discours, ont repris certains propos du secrétaire général de l’UDPS.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza