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RDC/Dossier Bukanga-Lonzo : Matata Ponyo écourte son séjour à Conakry pour regagner Kinshasa

mai 8, 2021

L’ancien Premier ministre congolais dit accepter de rentrer précipitamment au pays pour faire face à « une justice politiquement instrumentalisée ».

« De Conakry où je me trouve au service de l’Afrique, j’ai décidé d’écourter mon séjour de travail et de rentrer à Kinshasa pour faire face à une justice politiquement instrumentalisée. Je suis fier d’avoir servi mon pays dans la transparence et crois en la force de la vérité », lit-on dans un tweet de l’ancien Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo Mapon. Ce dernier a ainsi réagi à une demande de la justice faite au Sénat congolais de lever ses immunités en vue d’engager des poursuites contre lui dans l’affaire de la gestion du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.

Il est, en effet, rappelé que l’Inspection générale des finances (IGF) relève plusieurs griefs à charge d’Augustin Matata Ponyo, que cette institution désigne comme « l’auteur intellectuel de la débâcle de ce parc agro-industriel ». L’ancien Premier ministre congolais, dont les responsabilités seraient établies dans la conception, la planification et les engagements pour paiement de plus de 83% des fonds décaissés directement au profit des comptes du partenaire sud-africain et de ses filiales logées en Afrique du Sud, ainsi qu’au profit de la société MIC Industries, devra présenter ses moyens de défense devant la justice.

De son côté, malgré que son nom a commencé à être cité depuis les premières heures du débâcle de ce parc, Augustin Matata Ponyo continue à clamer son innocence. Il a notamment, dans cette optique, affirmé le 12 février 2021, qu’il se réservait le droit de porter plainte contre l’IGF pour diffamation et fausse information. « Je n’ai détourné aucun dollar du projet Bukanga-Lonzo, toutes les conclusions de l’IGF sont politiques et n’ont rien à voir avec la réalité sur le terrain. Je me réserve le droit de porter plainte contre lui pour diffamation », s’est-il défendu lors d’un point de presse tenu dans la capitale congolaise au cours duquel il avait affirmé que toutes les conclusions contenues dans le rapport de l’IGF sur le projet du parc-agro industriel de Bukanga-Lonzo étaient politiques et déconnectées de la réalité sur le terrain.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Papa Wemba Forever : Abidjan et Kinshasa rendent hommage à l’icône de la rumba

avril 22, 2021

Les deux capitales africaines toutes deux très attachées à la mémoire de l’illustre chanteur disparu vont, chacune de son côté, commémorer, le 24 avril, la cinquième année du décès inopiné du « Maître d’école » sur la scène du Festival d’Anoumabo en Côte d’Ivoire.

Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR)

Photo 1 : Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR) Photo

Organisée sous le haut patronage de l’ambassade de la RDC en Côte d’Ivoire, la commémoration de cet événement aussi tragique que mémorable survenu il y a cinq ans est prévue autour d’une programmation spéciale. Diverses manifestations se tiendront à cet effet au lieu même où s’est écroulé le grand baobab de la musique congolaise, tel un vaillant soldat au front, devant son micro, chantant Est-ce que ?, un de ses anciens tubes. Lieu baptisé l’année suivante Place Papa Wemba. Vont donner le ton deux parties de foot, prévues entre 10h-11h30, opposant deux paires d’équipes. Il s’agit des Léopards d’Abidjan, composés de la communauté congolaise d’Abidjan, contre les membres de l’AARCI (Amicale des amis de la rumba en Côte d’Ivoire) et l’équipe des sapeurs contre celle des jeunes d’Anoumabo. Ce quartier de la commune Marcory plus célèbre que jamais depuis la disparition de Mwalimu sur la scène de son festival, le Femua (Festival des musiques urbaines d’Anoumabo), alors même qu’il en était la tête d’affiche et en assurait la clôture.

En plein milieu de la journée, de12h00 à 13h00 est annoncée une messe de suffrage à la Place Papa-Wemba d’Anoumabo. Et de 13h00 à 16h00 est prévu un moment convivial où le comité d’organisation entend convier les différentes équipes et ses invités au partage d’un repas et de rafraichissements avec les jeunes d’Anoumabo. Il y sera associé des activités animées par les jeunes d’Anoumabo autour des chants, danses et une parade de sapeurs.

Hommage artistique

Un hommage artistique est censé clore la journée à la suite de ceux rendus par les officiels. Les allocutions attendues à l’occasion sont celles du maire de Marcory, l’ambassadrice de la RDC en Côte d’Ivoire, le commissaire général du Femua. Et pour boucler la boucle, le mot de circonstance de Zacharie Bababaswe, chef de la délégation de Kinshasa conviée à l’événement et celui du Cardinal Ekumany, représentant à la fois de Papa Wemba et Viva La Musica en Côte d’Ivoire, souligne le programme de la célébration.Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

2 : Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

Cerise sur le gâteau, subséquent au dépôt de gerbes de fleurs, l’hommage artistique portera sur une interprétation du répertoire de Papa Wemba. Des artistes congolais à l’instar de Laëtitia Lokua et José Lenga mais aussi la rappeuse ivoirienne Nash qui chanta en featuring avec Papa Wemba Sapologie, un titre dédié à la sape. Une cérémonie en l’honneur au grand sapeur que fut Papa Wemba de son vivant ne peut pas s’imaginer sans une parade de sapeurs. Pas étonnant que des sapeurs soient tout naturellement aussi associés à l’événement ainsi que des humoristes. Il y aura notamment Ali Asgar, Wassala petit Mangobo, Cesar Uomo, JB Mitsiono et Ingénieur Douglas.

Du côté de Kinshasa, rien de vraiment officiel n’est prévu sinon que la famille de l’illustre disparu a, elle, choisi de faire les choses dans la sobriété le 24 avril. En matinée, à 9h, la veuve Marie-Rose Amazone, sa progéniture et la famille Shungu vont, en compagnie des membres de la Fondation Papa-Wemba ont, comme à l’accoutumée, prévu un recueillement devant sa tombe et d’y déposer des gerbes de fleurs. Ils invitent ensuite les proches et autres mélomanes à la messe de suffrage à la Paroisse Saint-Joseph de Matonge à 15h. L’office religieux sera suivi d’un cocktail dans la cour du Complexe scolaire Monseigneur Moke à quelques pas de l’église. L’on signale nénamoins qu’il s’agit là du lancement des cérémonies à venir qui se tiendront d’ici à juin pour commémorer le cinquième anniversaire de la disparition de feu Shungu Wembadio Pene-Kikhomba, alias Papa Wemba, Bakala dia Kuba.

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

RDCS: Félix-Antoine Tshisekedi lance les travaux d’infrastructures des 9es jeux de la Francophonie

avril 10, 2021

Le complexe sportif Tata Raphaël a servi de cadre, le 9 avril, au lancement des travaux d’infrastructures des 9es jeux de la Francophonie attendus à Kinshasa, du 19 au 28 août 2022. 

Peut être une image de 3 personnes, personnes debout et plein air

Le président Félix Tshisekedi posant la première pierre marquant le lancement des travaux

C’est dans ce contexte des 9es jeux de la Francophonie que le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, a procédé à la pose de la première pierre sur ce site, à la fois mythique et historique, choisi pour abriter le village des jeux, le lieu d’hébergement des athlètes, des artistes ainsi que des différentes délégations attendues. Le geste symbolique posé par le président de la République marquait, pour ainsi dire, une étape importante dans le processus de régénérescence de la RDC qui entend renouer avec sa tradition d’abriter les grands événements de portée internationale dont le plus emblématique demeure, sans aucun doute, le combat du siècle Ali-Foreman en 1974.

Quatre interventions ont ponctué cette journée exceptionnelle dont celle du haut représentant du chef de l’Etat au Comité national des jeux de la Francophonie qui, tout en circonscrivant le cadre de la manifestation, a rassuré quant à l’effort collectif mis en branle par son organisation pour assurer la réussite des jeux. Didier Tshiyoyo Mbuyi a salué la désignation de la RDC comme pays hôte des 9es jeux de  la Francophonie qu’il a qualifié « d’un moment clé marquant le retour du pays sur la scène internationale ».

Ce dénouement heureux qui résulte de moult vicissitudes et des sacrifices consentis, il le doit à Félix-Antoine Tshisekedi, dont l’implication aura permis de recadrer le projet en lui impulsant une nouvelle dynamique. « Vous avez décidé de refondre l’architecture et les outils d’action pour donner au Congo les moyens de son ambition », s’est-il adressé au chef de l‘Etat. Il s’est, par ailleurs, félicité de voir la RDC accueillir la jeunesse des pays francophones et de mettre en application les deux valeurs cardinales fondatrices de la Francophonie, à savoir la solidarité et la diversité.              

Abondant dans le même sens, Amos Mbayo et Willy Ngopos, respectivement ministre des Sports et vice-Premier ministre  chargé des Travaux publics et Infrastructures, ont mis une emphase particulière sur la vision de développement du chef de l‘Etat telle que reflétée par l’organisation des 9es jeux de la Francophonie qui, au-delà, de la langue française, se veut un moment d’échange entre les populations des Etats membres via leurs jeunesses respectives. Dans la foulée, ils ont relevé les dividendes que pourrait tirer la jeunesse congolaise des infrastructures en gestation qui, de génération en génération, seront là pour répondre à leurs besoins liés à la culture physique. 

Pour sa part, la représentante du Réseau des femmes francophones a tenu à remercier le chef de l’Etat pour avoir impliqué son association dans les préparatifs des jeux qui, conformément à l’Acte constitutif créant la Francophonie, va permettre le rapprochement des Etats membres et constituer un facteur de dynamisation de sa jeunesse. En liminaire, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, s’est dit honoré de voir Kinshasa, première ville francophone de part la densité de sa population, abriter un tel évènement avant d’exhorter tous les gouverneurs et autres territoriaux à s’approprier ces jeux et d’apporter leur soutien au comité Tshiyoyo.

Pour rappel, les jeux de la Francophonie sont des compétitions sportives et des concours culturels en épreuves individuelles ou par équipes dont l’un des objectifs est de contribuer à la promotion de la paix et du développement à travers les rencontres et échanges entre jeunes francophones.

Le stade Tata Raphaël, le stade des Martyrs ainsi que l’Echangeur de Limete sont parmi les sites qui devront, à côté d’autres, faire l’objet des travaux en urgence d’aménagement et de réhabilitation en prévision de cette grande manifestation sportive. 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso 

RDC – Bataille rangée à l’Assemblée : comment les tensions entre pro-Tshisekedi et pro-Kabila ont dégénéré

décembre 9, 2020
Un blessé lors des affrontements entre députés pro-Kabila et pro-Tshisekedi au Parlement congolais, à Kinshasa, le 8 décembre 2020.

Les tensions entre les partisans de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila ont atteint un niveau inédit, avec des affrontements jusque dans l’enceinte du Parlement. Récit de ces folles journées qui ont suivi l’annonce de la rupture de la coalition.

Les images, surréalistes, ont fait le tour de la toile. Une véritable bataille rangée entre des députés pro-Kabila d’un côté et pro-Tshisekedi de l’autre. Des chaises volent, certains élus brandissent des barreaux de ces chaises qu’ils viennent de fracasser pour frapper leurs collègues députés. Un homme, le visage en sang, est évacué à bout de bras tandis que la rixe fait rage. Ce mardi, le hall d’entrée du Palais du peuple a été le théâtre d’un bien triste spectacle.

La veille, déjà, les députés en étaient venus aux mains dans l’enceinte même de l’hémicycle. Des élus de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se sont rués sur l’estrade, renversant les bureaux où siègent habituellement la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, et ses vice-présidents.

Guerre ouverte

Depuis que Félix Tshisekedi a annoncé, le 6 décembre, la fin du mariage de raison qui le liait à Joseph Kabila depuis son arrivée au pouvoir, les tensions déjà vives entre les membres du Front commun pour le Congo (FFC, de l’ancien président congolais) et de Cap pour le changement (Cach, la coalition présidentielle à laquelle appartient l’UDPS) ont tourné à la guerre ouverte.

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est le dépôt, samedi, d’une pétition demandant la destitution de Jeanine Mabunda et plus généralement des membres de l’actuel bureau de l’Assemblée. Plus de 250 députés nationaux ont apposé leur nom au bas de ce texte, lancé à l’initiative de l’UDPS. Sur ce total, une centaine d’élus sont issus de partis membres du FCC…

Dans le camp de l’ancien président congolais, on affirme que beaucoup de ces signatures ont été obtenues par la corruption. « Nous avons des preuves audio, vidéo et écrites que 7 000 dollars ont été distribués à chaque député en échange des signatures », a notamment affirmé Didier Manara, président du groupe parlementaire du Parti pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, de Joseph Kabila), sans pour autant produire lesdites preuves.

Jeanine Mabunda avait malgré tout décidé de convoquer une séance plénière, pour ce lundi. Mais les pétitionnaires, opposés à cette démarche, ont tout fait pour que celle-ci ne se tienne pas, brandissant l’article 31 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui stipule que « lorsque le président de l’Assemblée nationale est mis en cause » les députés ne peuvent être convoqués que par le « bureau d’âge », constitué du doyen de l’Assemblée et des deux députés les plus jeunes. Et c’est Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président intérimaire de l’UDPS, qui a lui-même été destitué de ses fonctions de premier vice-président de l’Assemblée en mai dernier après qu’une pétition a été lancée contre lui, qui a pris la tête des « frondeurs ».

Ce lundi, tandis que des manifestants se rassemblent à l’extérieur du Palais du peuple, le ton monte à l’intérieur : les députés font le coup de poing, grimpent sur l’estrade, bousculent les assesseurs et renversent le mobilier.

Dans la soirée, Jeanine Mabunda fait publier un premier communiqué par le bureau qu’elle préside. Elle y annonce la suspension de toutes les activités parlementaires jusqu’à nouvel ordre.

Deux plénières convoquées

Mais c’était sans compter sur la détermination des pétitionnaires, qui ont obtenu du secrétaire général de l’Assemblée nationale – dont le camp Mabunda affirme qu’il a été « enlevé » – qu’il convoque une plénière pour le mardi 8 décembre, à 11h. Un seul point à l’ordre du jour : installation du fameux « bureau d’âge » et l’examen donc des pétitions visant le bureau de Jeanine Mabunda.

Mise devant le fait accompli, cette dernière décide alors de revenir sur sa décision de suspendre l’activité parlementaire et de convoquer à son tour une plénière pour le jour même, mais une heure plus tôt, à 10h.

Comme l’on pouvait s’y attendre, la confrontation entre les deux camps, chacun voulant tenir « sa » plénière, a immédiatement tourné à la foire d’empoigne. Les affrontements entre députés, auxquels leurs gardes du corps ont parfois prêté main forte, ont duré plusieurs heures.

À l’extérieur du bâtiment, Jean-Marc Kabund s’en prend verbalement à des policiers. « Présentement, là, dans le bureau de Mabunda, il y a des sacs de machettes ! » lance-t-il au commissaire général de la police nationale congolaise, Dieudonné Amuli, l’accusant de prendre le parti des pro-Kabila et de « tirer sur les Combattants » – en référence aux militants UDPS massés devant les grilles de l’Assemblée.

Jeanine Mabunda sera finalement exfiltrée de l’Assemblée. « Nous déplorons plusieurs blessés et une hôtesse du bureau de Jeanine Mabunda a été sexuellement abusée », accuse l’un de ses proches.

Le FCC appelle à la « mobilisation générale »

Les députés pétitionnaires ont, eux, fini par se réunir. Ils étaient, à les en croire, « 279 députés au total ». Le « bureau d’âge » a été installé et une date a été fixée pour l’examen et le vote des pétitions visant Mabunda et ses vice-présidents : le jeudi 10 décembre.

« Ce qui s’est passé est un coup d’État constitutionnel ! », déplore Lambert Mende, l’un des caciques du FCC. Le front pro-Kabila a cependant prévu de participer à cette fameuse séance. « La mobilisation est générale », affirme Mende à Jeune Afrique.

Le vote de ce jeudi sera crucial dans la crise institutionnelle qui vient de s’ouvrir. Il dira si Félix Tshisekedi peut compter ou non sur une nouvelle majorité au sein de l’Assemblée nationale. Dans son discours de dimanche, le chef de l’État avait laissé entendre que si cette nouvelle majorité en sa faveur était introuvable, une dissolution de l’Assemblée nationale serait envisagée.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC-Kinshasa/Pétitions contre Mabunda : accrochages autour du Palais du peuple

décembre 7, 2020

Beaucoup de Kinois étaient quelque peu perplexes après le message du chef de l’Etat de dimanche 6 décembre. L’annonce de la nomination d’un informateur chargé d’identifier une nouvelle majorité avec, en sus, la fin de la coalition FCC-Cach, aura jeté un coup de froid dans le dos de certains kinois qui s’interrogeaient déjà sur les lendemains.

Indirectement, Félix Tshisekedi venait là d‘engager une épreuve de force avec ses anciens partenaires du Front commun pour le Congo qui, visiblement, ont du mal à digérer ses décisions d’après consultations des forces vives de la nation. Déjà, le dimanche soir, les rues étaient quasi désertes dans certains coins du Kinshasa pendant que, dans d’autres, la liesse populaire était au rendez-vous.   

Le deuxième acte de ce nouveau feuilleton s’est joué, le 7 décembre, au Palais du peuple où des députés nationaux étaient attendus pour une plénière convoquée la veille par le bureau de la chambre basse que dirige la très controversée Jeanine Mabunda. Cette plénière, à en croire le communiqué la convoquant, devrait examiner et adopter le rapport de la Commission suivi et évaluation de l’Assemblée nationale sur les auditions des directeurs généraux de la Société nationale d’électricité (Snél) et la Régie de distribution d’Eau (Régideso). Auditionnés au mois de juin dernier par la Commission suivi et évaluation sur les pénuries d’eau et d’électricité en RDC, particulièrement à Kinshasa, les deux mandataires étaient attendus à l’hémicycle pour apporter des éléments de réponses supplémentaires en rapport avec les préoccupations soulevées par les élus du peuple.

Cependant, cette plénière a donné lieu à une rixe entre les militants du PPRD, parti phare du FCC, et ceux de l’UDPS, parti présidentiel. Ces derniers composés en grande partie des motocyclistes pro Fatshi, les fameux « Wewa », ont pris d’assaut le site du Palais du peuple en barricadant presque toutes les entrées. Pour ces manifestants, aucune activité parlementaire ne devrait se tenir à l’hémicycle étant entendu que la coalition FCC-Cach a cessé d’exister. Bien plus, ont-ils allégué, le fait pour l’actuel bureau de l’Assemblée nationale d’être sous le coup des pétitions initiées par plus de deux cents députés le met en porte-à-faux vis-à-vis de ses prérogatives.

Ces inconditionnels de Félix Tshisekedi entendaient ainsi tourner la page de l’actuel bureau de l’Assemblée nationale qui, d’après eux, n’avait pas qualité de statuer sur lesdites motions les concernant. Ils se sont butés aux militants du PPRD qui, eux aussi, avaient des arguments pour soutenir le bureau dirigé par une des leurs, Jeanine Mabunda. Pour eux, la présidente de l’Assemblée est habilitée à convoquer et à présider les plénières au regard des textes sus évoqués et de la jurisprudence de la Cour constitutionnelle, faisant fi des fameuses pétitions non conformes à la procédure.   

Les deux camps se lançaient des invectives, prêts à en découdre, n’eût été le déploiement des policiers qui les ont vite dispersés à coups de gaz lacrymogène. Une forte présence policière était observée au croisement de l’avenue des Huileries et le boulevard Triomphal et même aux abords du site. Les militants de deux camps ont ainsi été repoussés à des distances réglementaires, tenus en respect par les forces de l’ordre. Autant dire que les prochains jours s’annoncent houleux et riches en rebondissements.    

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC/Disparition : Ebengo « Souplesse » et Mungamuni « Asmara » s’en vont

novembre 20, 2020

Longtemps malades et sans être assistés par l’Etat, les champions d’Afrique des nations 1968 avec les Léopards, Léon Mungamuni et Augustin Ebengo Mpeti, sont morts le 17 novembre  à Kinshasa.

Feux Léon Mungamuni « L’homme d’Asmara » et Augustin Ebengo « Souplesse ».

Deux anciens Léopards football ont tiré leur révérence le 17 novembre  alors que les Léopards devraient livrer leur match de la quatrième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) contre les Palancas Negras d’Angola à Luanda (victoire congolaise d’un but à zéro).

L’ancien portier international Augustin Ebengo Mpeti, alias « Souplesse », et l’ailier droit Léon Mungamuni, alias « L’homme d’Asmara », étaient sérieusement malades à Kinshasa depuis plusieurs semaines. La Ligue sportive pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (Lisped) dirigée par Me Alain Makengo Kikandu a lancé quelques jours auparavant une sonnette d’alarme afin de venir en aide à ces deux champions d’Afrique des nations (CAN) Ethiopie 1968. Mais ce SOS n’a jamais eu des échos.

Ancien joueur de l’équipe Nomades et de l’AS V.Club, Léon Mungamuni a été double buteur des Léopards en demi-finale de la CAN 1968 à Asmara, permettant à la sélection congolaise d’accéder en finale aux dépens de l’Ethiopie (victoire par trois buts à deux), pays hôte de la compétition. C’est de là que lui est venu le sobriquet de « L’homme d’Asmara ». La RDC avait alors remporté la finale le 23 janvier 1968, en soumettant le Ghana par un but à zéro, une réalisation du feu Pierre Kalala Mukendi. Mungamuni a aussi fait partie de V.Club successivement vainqueur de la Coupe de l’ex-Zaïre en 1971,  1972 et1973. Il a rendu l’âme le mardi aux cliniques universitaires de Kinshasa où il était interné pendant ses derniers jours.

Ancien gardien de but d’Himalaya et du Daring Faucons (actuel DCMP), Ebengo Mpeti a aussi choisi la journée du mardi 17 novembre pour passer dans l’au-delà. Avant eux, c’est une autre gloire et ancien champion d’Afrique 1968 qui était parti, Nicodème Kabamba wa Kabengu, disparu en février 2020 après avoir été longtemps malade, ainsi que Kilasu Massamba. Cette génération des joueurs champions d’Afrique en 1968 est en train de s’éteindre quasiment dans l’anonymat, pas très pris en charge par l’Etat.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

RDC/Musique : Tshala Muana interpellée puis relâchée pour la chanson « Ingratitude »

novembre 17, 2020

« Ingratitude », tel est le titre du dernier opus de la chanteuse Tshala Muana qui lui a valu des ennuis, le 16 novembre, avec l’Agence nationale de renseignement (ANR).

Kinshasa : auteure de la chanson "ingratitude", Tshala Muana a été arrêtée  ce lundi par les agents de l'ANR - CAS-INFO.CA

La chanteuse Tshala Muana

La chanson est présentée, à tort ou à raison, comme un pamphlet dirigé à l’endroit de l’actuel chef de l‘Etat au regard de son contenu à forte saveur polémiste. La « Mamu nationale » qui est d’obédience PPRD, c’est-à-dire, proche de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, n’a sûrement pas mesuré les dégâts collatéraux qu’allait provoquer sa chanson dans un contexte de surchauffe politique de ces dernières heures.

En effet, la tension actuelle au sein de la coalition FCC-Cash sur fond des signaux de rupture entre ces deux forces politiques n’aura pas favorisé une bonne réception de la chanson. Chaque camp essaie d’interpréter son contenu à sa manière. « Ni à un examen, encore moins à une compétition tu n’as jamais gagné. Maintenant que le maître t’a montré le chemin, tu as pu t’en sortir. Et après que tu aies franchi, tu le trahis. Fais attention, tu marches avec vitesse, vaille que vaille, tu marches sans prudence », chante l’artiste. A qui s’adresse-t-elle, pourrait-on s’interroger d’autant plus qu’aucun nom n’est cité. Le reste est un déroulé des boutades, des paraboles et des expressions alambiquées difficiles à décoder. L’auteure fait, par ailleurs, recours à la bible, et évoque la rébellion de Satan contre son créateur, ou encore, la trahison de Judas vis-à-vis de Jésus de Nazareth. Se mettant dans la peau d’une victime, elle fustige l’ingratitude, banni tous ceux qui en ont fait leur seconde nature, et professe l’infortune à leur endroit. « Tu ne descendras que sur l’arbre par lequel tu es bien monté », chante-t-elle.

Une certaine récupération politicienne s’est vite cristallisée autour de la chanson, chaque camp politique cherchant à exploiter des bribes des phrases cadrant avec ses aspirations. L’UDPS/Kibassa autant que d’autres formations politiques ont fustigé l’interpellation dont a été l’objet la reine de Mutswashi estimant que le président de la République est mentalement forgé pour subir des critiques de tout genre.

Avec Adica- Congo par Alain Diasso

RDC-Kinshasa/Prison centrale de Makala : la FBCP déplore des morts en cascade

octobre 20, 2020

L’ONG accuse les autorités pénitentiaires de ne rien faire pour éviter cette situation catastrophique.

Dans son communiqué du 20 octobre, la Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP) indique que la prison centrale de Makala serait devenue un mouroir. Cette ONG de défense des droits de l’homme établie en RDC affirme avoir dénombré, dans son monitoring sur la situation des détenus dans les prisons et maisons carcérales de la RDC, huit décès parmi les prisonniers et détenus préventifs, en moins d’une semaine, au sein de la prison centrale de Makala. «  Après les cinq cas de décès dénoncés il y a trois jours, aujourd’hui encore trois détenus ont succombé a la prison centrale de Makala, qui est devenue un mouroir pour les détenus », a expliqué cette organisation.

Indiquant que deux de ces décès ont été enregistrés dans le pavillon 5, la FBCP annonce que deux autres détenus de ce même pavillon sont entre la vie et la mort. « Ils ont été évacués à l’hôpital sanatorium », a fait savoir l’ONG. Pour la FBCP, les causes de ces décès sont notamment la promiscuité dans laquelle les détenus vivent ces derniers temps ainsi que le manque de nourriture et des soins médicaux. « La prison n’ayant pas des moyens pour la prise en charge des détenus, et les priver en même temps des visites familiales, nous concluons que les autorités pénitentiaires ont une volonté délibérée de tuer les détenus à petit feu », a alerté cette association. Et de noter que l’une des victimes aurait même été en dépassement de sa peine, tout simplement parce que le greffier lui exigeait une somme pour procéder à sa libération.

Les droits de se faire soigner en dehors de la prison

Dans un communiqué précédent, la FBCP a fait savoir qu’après le directeur du cabinet du chef de l’Etat congolais, Vital Kamerhe, qui est hospitalisé au centre Nganda, l’homme d’affaires libanais Jammal Samith venait également d’être évacué, le 19 octobre, à l’hôpital de Kintambo. L’ONG dit estimer que chaque prisonnier ou détenu préventif a le droit de se faire soigner en dehors de sa cellule, selon la recommandation médicale d’un médecin. L’association émet le souhait que cette faveur soit accordée à tous les prisonniers et détenus préventifs sans distinction aucune.

La FBCP, qui fait savoir qu’il y a longtemps que l’ex-ministre provincial chargé de l’Intérieur de Kinshasa, Dolly Makambo, est en dehors de la prison pour raison de santé, regrette que certaines personnes ne bénéficient pas de cette faveur. « Malheureusement, ce n’est pas la cas : alors que nous avons plusieurs cas des malades qui sont encore en prison sans moyens de quitter leurs cellules pour se faire soigner », a souligné la FBCP. Et de faire remarquer que les prisonniers  de l’ancien  régime ne supportent pas d’être détenus en prison. Pourtant ils étaient à la base de la surpopulation des prisons.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC: Le cortège de JP Bemba avec une foule immense dans la partie Est de la capitale Kinshasa

juillet 13, 2020

 

Avec Afrika 243 publiée 13 juillet 2020

RDC/Kinshasa : les marches de l’UDPS et du PPRD interdites

juillet 8, 2020

 

Le gouverneur Gentiny Ngobila Mbaka n’a pas donné son avis favorable pour les deux manifestations d’expression populaire prévues dans la capitale pour bloquer le choix de Ronsard Malonda à la tête de la centrale électorale et pour exiger la stabilité des institutions de la République.

 

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, a interdit la marche du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) prévue pour le jeudi 9 juillet. Il en est de même des trois marches du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD) annoncées du mercredi 8 au 10 juillet dans la capitale congolaise ainsi que dans plusieurs autres villes du pays. Le chef de l’exécutif provincial motive son refus par le respect des mesures sanitaires liées à la riposte à la propagation de la pandémie à coronavirus, notamment celles édictées par le chef de l’Etat, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, qui interdit les manifestations ou les réunions de plus de vingt personnes.

Pour le gouverneur Gentiny Ngobila,  il serait impossible lors de ces manifestations de faire respecter toutes les mesures barrières édictées dans le cadre de la riposte à la covid-19.  » Cette marche violerait ainsi les mesures restrictives prises par le chef de l’État pour stopper la propagation de covid-19« , fait comprendre le chef de l’exécutif de Kinshasa. Je tiens à vous rappeler, a-t-il écrit en réponse à ces deux formations politiques, que la République est en état d’urgence sanitaire pour lutter contre la propagation de covid-19, lequel a amené le chef de l’État à prendre des mesures restrictives, telles que l’interdiction de rassemblement de plus de vingt personnes et le respect de la distanciation physique. La manifestation que vous comptez organiser ( du mercredi 8 au vendredi 10 juillet pour le PPRD), ( du jeudi 9 juillet, pour l’UDPS), a soutenu le maire de la ville capitale, va à l’encontre de ces mesures.

Fort de cet argumentaire, Gentiny Ngobila conclut qu’il ne saurait donc prendre acte de la demande lui faite par Ferdinand Kambere, pour le compte du PPRD, et Augustin Kabuya, pour l’UDPS. L’UDPS maintient sa marche malgré ce refus du gouveneur Ngobila de prendre acte des marches de ces deux formations politiques. Pour le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, le parti de Félix-Antoine Tshisekedi maintient sa marche prevue pour le 9 juillet.  »L’UDPS ne se voit pas céder aux manœuvres de Ngobila et de sa famille politique’‘, note-t-on au parti présidentiel, qui appelle la population à participer massivement à cette manifestation pour rejeter le choix de Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

L’UDPS, souligne-t-on, a, dans une correspondance adressée le 6 juillet au gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, annoncé la tenue d’une marche en lui dévoilant les différents itinéraires à emprunter par les manifestants dont le point de chute est le Palais du peuple. La manifestation vise, selon ce parti, à protester contre la désignation de Ronsard Malonda à la tête de la Céni. Le PPRD, dans sa correspondance adressée le mardi 7 juillet au même gouverneur, lui annonce également sa marche, mais cette fois-ci de soutien aux institutions de la République. Si pour l’UDPS les itinéraires sont répartis en trois axes (axe 1 : Kin-Est : Echangeur de Limete-Sonahydroc-Pont Kasavubu jusqu’au Palais du peuple. Axe 2 : Binza Barré et Route Matadi – Kintambo Magasin-Rond-Point Moulaert-Marché Bayaka-Av Assosa jusqu’au Palais du peuple. Axe 3 : Rond-point Huillerie jusqu’au Palais du peuple), lit-on dans cette lettre adressée à Ngobila. le PPRD dont les activités sont prévues du 8 juillet au 10 juillet, maintient presque les mêmes itinéraires (6e rue Limete au Palais du peuple ; Kintambo magasin à la place royale ; Bandal Moulaert au Palais du peuple).

 

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza