Posts Tagged ‘Kivu’

RDC: Le Kivu en feu à cause de la condamnation de Vital Kamerhe à 20 ans de prison ferme

juin 20, 2020

 

À dix jours du 30 juin, de la fête de l’indépendance nationale, de la République démocratique du Congo, après l’électricité dans l’air durant le procès de Vital Kamerhe, c’est maintenant le tour du feu dans l’atmosphère au KIVU.

Les images du Kivu des partisans en colère de Vital Kamerhe condamné à 20 ans de prison dans le procès des 100 jours.

 

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.

Avec FKM Vision TV publiée le 20 juin 2020

RDC: Au Musée du Kivu, la « petite kabila » et autres trésors de sagesse

mars 20, 2015

Au Musée du Kivu, la 'petite kabila' et autres trésors de sagesse
Au Musée du Kivu, la « petite kabila » et autres trésors de sagesse © AFP

Perchée sur son étagère, la « petite kabila » vous regarde de ses yeux mystérieux: bienvenue au Musée du Kivu, joyau peu connu perpétrant la mémoire d’une sagesse traditionnelle congolaise aujourd’hui en voie de disparition.

Cette statuette de femme assise sur ses talons et tenant dans ses mains une sorte de jarre figurait autrefois sur tous les billets de 10 francs congolais, coupure qui n’a plus cours aujourd’hui.

C’est Laurent-Désiré Kabila lui-même, père de l’actuel président congolais Joseph Kabila, qui avait tenu à ce qu’elle soit ainsi représentée, assure Barthélémy Kayumba, animateur de ce musée caché derrière les murs de la procure des pères xavériens (missionnaires catholiques d’inspiration jésuite) à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.

En langue luba, « kabila signifie partage, distribution », et chez les Luba, ethnie du sud-est du pays dont est issu le chef de l’Etat, la statuette avait « une fonction d’entraide et de solidarité », ajoute M. Kayumba.

« Pour Kabila Père », chef rebelle qui mit fin en 1997 à 32 années de dictature de Mobutu Sese Seko, « elle avait une valeur symbolique », explique-t-il : « Le chef, ou la mère, doit s’occuper des plus faibles et prêter attention aux plus petits.  »

La « petite kabila » est une copie, comme nombre de pièces du musée en l’absence des pièces d’origine dont on ignore souvent le sort.

Mais les xavériens, dont les premiers prêtres sont arrivés dans le pays en 1954, ont également amassé beaucoup de pièces authentiques : des objets « conçus en prévision d’une cérémonie », généralement l’initiation ou l’investiture d’un « mwami » (chef), explique le père Italo.

Au Congo depuis près de 40 ans, ce prêtre italien a bien connu le père André, à l’origine de la constitution du musée – et aujourd’hui en Europe pour des soins.

Le musée a ouvert ses portes au public en 2013 mais la recherche des pièces avait commencé dix ans plus tôt, alors que s’achevait la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

– ‘Objets sataniques’ –

Pour le Sud-Kivu, la fin de cette guerre régionale africaine dont la RDC fut l’unique champ de bataille, n’a pas signifié le retour à la paix. Comme sa voisine du Nord-Kivu et d’autres zones de l’est du pays, la province reste déchirée par la violence de conflits armés alimentés par des milices congolaises ou étrangères.

Le musée a pu se constituer une collection de plusieurs centaines de statuettes, masques, fétiches. . . grâce à la coopération de chefs coutumiers des principales tribus du Sud-Kivu (Lega, Bembe, Shi et Buyu), à l’honneur par rapport aux autres ethnies du pays.

Ce sont eux qui ont légué la plupart des pièces authentiques, dont la plus vieille a sans doute une centaine d’années, indique M. Kayumba : « Il s’agissait de les mettre à l’abri » pour éviter qu’elles ne soient pillées par tel ou tel groupe armé.

De par la nature même de leur fonction, ces pièces étaient transmises de chef en chef. Certains d’entre eux étaient en possession d’un véritable trésor. Mais avec la colonisation belge (1908-1960) et l’arrivée des missionnaires catholiques, on a considéré un peu rapidement que « tout cela c’était de la sorcellerie » et on a demandé aux Congolais de « mettre cela de côté alors que c’était leur façon de vivre et qu’il y avait là une vraie école de sagesse », estime le père Italo.

Chez les Lega, par exemple, on ne devient pas chef de père en fils, comme dans beaucoup d’autres tribus, mais le conseil des anciens choisit parmi les initiés « celui qui porte le plus haut les valeurs morales », explique M. Kayumba.

Le musée est là « pour garder la mémoire collective d’un peuple » alors qu’elle « tend vers la disparition », dit le père Italo.

A l’extérieur de la procure xavérienne, rien n’indique la présence du musée. Encore peu connu, il attire néanmoins quelques milliers de visiteurs par an. La plupart d’entre eux viennent en groupes organisés par des écoles ou des paroisses.

« Beaucoup de gens s’étonnent que les pères venus les évangéliser abritent chez eux des objets +sataniques+ », constate le père Italo.

Face à cette vision erronée des choses, le musée du Kivu a pour vocation d’amener les visiteurs à « prendre conscience » de leurs racines et « comprendre le sens et les valeurs de leur culture ».

Jeuneafrique.com

Violences sexuelles en RDC : Denis Mukwege reçoit le prix « Right Livehood », un Nobel « alternatif »

septembre 27, 2013

Ce n’est pas encore le Prix Nobel mais Denis Mukwege s’en rapproche. Jeudi 26 septembre, le chirurgien congolais a reçu le prix « Right Livehood », considéré comme un « Nobel alternatif », récompensant son action pour les femmes survivantes de violences sexuelles dans les conflits armés en RDC.

Déjà honoré par le prix international Roi Baudouin pour le Développement en 2011, le prix Olof Palm en 2008, la Légion d’honneur française en 2009, Denis Mukwege a été une nouvelle fois distingué par la communauté internationale. Jeudi 26 septembre, le chirurgien de la clinique de Bukavu a reçu le prix « Right Livehood », décerné chaque année dans l’enceinte du parlement suédois et considéré comme un Prix Nobel alternatif.

>> Retrouvez notre entretien vidéo avec Denis Mukwege, en janvier 2013 : « Au Kivu, le viol demeure une véritable stratégie de guerre »

Le jury affirme avoir récompensé l’action courageuse menée pour guérir les femmes victimes de violences sexuelles dans les conflits armés et dénoncer les causes sous-jacentes de ces atrocités. Ce prix est doté de deux millions de couronnes (231 000 euros) que le docteur Mukwege va partager à parts égales avec les trois autres lauréats : un spécialiste américain de l’élimination des armes chimiques, Paul Walker, un avocat et militant des droits de l’homme palestinien, Raji Sourani, et un scientifique suisse spécialiste de l’agriculture durable, Hans Herren.

Victime en 2012 d’une attaque à son domicile, à la suite de laquelle il avait été évacué avec sa famille vers l’Europe, Denis Mukwege aurait opéré, depuis l’ouverture de sa clinique à Bukavu, près de 50 000 femmes victimes de viols. Véritable symbole de la lutte contre les atrocités des conflits armés en RDC, il est régulièrement cité pour l’attribution du Prix Nobel. Sur Facebook, une page milite notamment en sa faveur. Elle totalise pour le moment un peu plus de 3 000 fans.

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Jeuneafrique.com par Mathieu OLIVIER

RDCongo: 130 morts dans les combats près de Goma

juillet 15, 2013

KINSHASA – Les combats en cours depuis dimanche près de Goma (Est de la République démocratique du Congo) ont fait 130 morts, a affirmé lundi le porte-parole du gouvernement, assurant que 120 rebelles et 10 soldats avaient été tués.

Nos forces ont infligé de très lourdes pertes aux assaillants du M23: 120 assaillants ont été tués et 12 capturés, a assuré le porte-parole de Kinshasa, Laurent Mendé, au cours d’une conférence de presse, ajoutant que 10 soldats des forces armées de RDC avaient trouvé la mort.

Selon le porte-parole, les rebelles du Mouvement du 23 mars, soutenus par des troupes régulières rwandaises, ont attaqué les positions des FARDC. Depuis plusieurs semaines, les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais renforçaient leurs positions a-t-il dit.

Ces affrontements avaient débuté dimanche après-midi à Mutaho, à une dizaine de kilomètres au nord de Goma, et se sont poursuivis lundi matin. Des tirs de mortiers étaient audibles depuis les faubourgs de Goma, selon des sources locales.

Les forces des Nations unies présente en nombre à Goma n’ont pas été impliqués dans ces combats, a précisé le porte-parole.

Le bilan de ces affrontements n’est pas encore définitif, mais jusque-là, les FARDC ont répondu avec bravoure et efficacité à cette agression, a dit M. Mendé. Selon lui, les forces loyalistes ont également reconquis quelques positions de l’ennemi qui a fui vers Kilimanyoka, à proximité de Kibati.

Le M23 est constitué d’ancien militaires congolais, essentiellement rwandophones (parlant le Kinyarwanda), qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui en hommes et en munitions des gouvernements ougandais et rwandais. Ces deux pays nient toute assistance au M23.

Le mouvement rebelle, qui avait occupé Goma, la capitale du Nord-Kivu, pendant une dizaine de jours en novembre 2012. Il avait quitté la ville sous la pression des pays de la région, en échange de négociations avec le gouvernement. Mais depuis, ces discussions achoppent sur l’évolution du M23 et l’intégration de ses hommes au sein des forces armées (FARDC).

M. Mendé a accusé les forces négatives du M23 et leurs sponsors dans la région d’avoir relancé les hostilités en tirant à l’arme lourde sur les FARDC.

Le porte-parole du gouvernement a refusé de préciser l’importance des troupes engagées dans cet affrontements. Selon des sources locales, trois bataillons des FARDC – soit environ 2.000 hommes – seraient engagés.

Romandie.com avec (©AFP / 15 juillet 2013 17h03)

RDC : le général Amisi, numéro deux des FARDC, accusé par l’ONU de vendre des armes aux rebelles dans l’Est

novembre 22, 2012
Le général Gabriel Amisi, numéro deux de l'armée congolaise. Le général Gabriel Amisi, numéro deux de l’armée congolaise. © AFP

Le rapport final de l’ONU sur la RDC, publié le 21 novembre, ne va pas arranger les affaires de l’armée congolaise. Menée par des experts indépendants, l’enquête révèle ainsi que le général Amisi, chef d’état-major des forces terrestres, dirigerait en sous-main un réseau de vente d’armes destinées aux mouvements rebelles de l’est de la RDC. Une accusation qui pourrait fragiliser un peu plus le président Kabila.

Alors qu’elle vient de subir une série de « revers » à Goma, prise par le M23 sans véritables combats, l’armée congolaise est une nouvelle fois pointée du doigt par les Nations unies. Dans un rapport publié mercredi 21 novembre, l’organisation accuse ainsi l’une des principales figures des FARDC d’alimenter en armes des groupes rebelles de l’est du pays, sans que le M23 ne soit pour autant cité.

« Le général Gabriel Amisi [chef d’état-major des forces terrestres, NDLR] supervise un réseau de distribution d’armement pour les braconniers et les groupes armés, incluant Raïa Mutomboki », explique le document, qui mentionne ainsi l’une des milices locales. Laquelle serait responsable, avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, actives à l’est de la RDC), de la mort de plus de 260 civils, en novembre au Nord-Kivu, selon l’ONU.

Influent à Kinshasa

Le chef de l’armée de terre congolaise est également accusé d’avoir fourni 300 fusils d’assaut AK47 au groupe Nyatura, agissant également dans l’est de la RDC. Selon l’ONU, le réseau se déploie jusqu’au Congo-Brazzaville où les munitions sont achetées. Elles sont ensuite acheminées clandestinement jusqu’à Kinshasa puis transportées à l’Est grâce à de nombreux collaborateurs, dont certains sont membres de la famille du général Amisi.

Ancien rebelle ayant intégré l’armée congolaise, Gabriel Amisi avait déjà été accusé par des organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme d’avoir été directement impliqué dans des crimes de guerre. Aujourd’hui numéro deux dans la chaîne de commandement militaire des forces congolaises, il est considéré comme l’une des personnalités les plus influentes auprès de Joseph Kabila.

Jeuneafrique.com par Patrick  Olivier 

RDC: la France exige la fin des combats

novembre 17, 2012
La France demande « la cessation immédiate des combats » en République démocratique du Congo (RDC) qui pourraient conduire à « un nouveau drame humanitaire », a déclaré aujourd’hui le ministère des Affaires étrangères. Elle appelle « à la protection des populations civiles et de tous les acteurs humanitaires » et « demande à tous les pays de la région de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de la RDC », a ajouté dans une déclaration le porte-parole du ministère, Philippe Lalliot.

Les Nations unies sont entrées en action dans l’est de la RDC en appuyant l’armée avec des hélicoptères dans ses combats contre la rébellion du M23, et en prévoyant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité dans l’après-midi.  Les combats, proches de la frontière avec le Rwanda, ont commencé à l’aube dans la zone où des affrontements avaient déjà opposé jeudi les belligérants, poussant plus de 7000 personnes à regagner le camp de déplacés de Kanyarucinya, à une dizaine de km de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.

L’armée et le M23 s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités qui fissurent un peu plus la trêve relative observée depuis août. Le M23 est surtout formé d’anciens rebelles qui, après avoir été intégrés en 2009 à l’armée, se sont mutinés en avril dernier et combattent depuis l’armée régulière dans la région du Kivu. Deux pays voisins, le Rwanda et l’Ouganda, sont accusés par l’ONU de soutenir les rebelles, ce qu’ils démentent.

Lefigaro.fr avec AFP

ONU: réunion d’urgence sur la RDC

novembre 17, 2012
Le Conseil de sécurité des Nations unies va se réunir en urgence ce soir pour évoquer la situation en République démocratique du Congo, où des affrontements opposent les rebelles du M23 à l’armée, selon des diplomates. La mission de la France auprès des Nations unies a annoncé sur son compte Twitter qu’une réunion des 15 nations du Conseil de sécurité avait été programmée à 15h locales (21h à Paris).

Plus tôt dans la journée, la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (Monusco) a appelé le Mouvement du 23 mars (M23) à cesser « immédiatement » ses attaques dans la zone de Kibumba, dans l’est du pays, appuyant l’armée dans les combats qui l’opposent aux rebelles depuis samedi matin.

« Depuis ce matin à 04H00, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) font face à une série d’attaques à l’arme lourde lancées par le M23 (…) Ces attaques ont provoqué de nouveaux déplacements de la population civile », a écrit la Monusco dans un communiqué signé depuis Kinshasa.

« Conformément à son mandat de protection des populations civiles, la Monusco a réagi en engageant les troupes du M23 entre Kibumba et Kibati, responsables de cette situation. Dans ce cadre, 10 missions ont ainsi été menées par ses hélicoptères de combat », a-t-elle encore indiqué.

« La Monusco condamne fermement la reprise des hostilités. Elle lance un appel au M23 pour cesser immédiatement ses attaques qui ont pour conséquence la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire déjà fragiles », a-t-elle ajouté.
Comme jeudi, l’armée et le M23 s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités.

Le M23 est surtout formé d’anciens rebelles qui, après avoir été intégrés en 2009 dans l’armée, se sont mutinés en avril dernier et combattent depuis l’armée régulière dans la région du Kivu. Deux pays voisins, le Rwanda et l’Ouganda, sont accusés par l’ONU de soutenir les rebelles, ce qu’ils démentent.

Depuis avril les combats ont contraint des dizaines de milliers de civils à fuire et des centaines de réfugiés sont arrivés dans les camps cette semaine.

 
Lefigaro.fr avec AFP

RDC : terminus pour Ntaganda, alias Terminator

mai 29, 2012

Il a été de tous les mouvements rebelles avant de rejoindre l’armée congolaise… Mais sous la pression internationale, Kabila a dû se résoudre à lâcher Bosco Ntaganda.

Il n’y a pas si longtemps, Bosco Ntaganda paradait dans les meilleurs restaurants de Goma, dans le Nord-Kivu. Aujourd’hui, l’ancien chef rebelle, catapulté en janvier 2009 général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), est traqué avec son dernier carré de fidèles. « Sous la pression de l’armée congolaise, il a battu en retraite depuis son fief, dans le Masisi, avant de traverser la frontière rwandaise durant la nuit du 6 mai », assure un spécialiste de la région. Kigali dément. Selon les autorités militaires à Kinshasa, il serait toujours sur le territoire congolais. Peut-être aux côtés du colonel Sultani Makenga, un autre officier des FARDC, qui a fait défection le 3 mai dernier et qui s’est retranché dans le territoire de Rutshuru. Mais où qu’il soit, celui qui est surnommé Terminator est pris dans une sorte de souricière.

Chute

Cette chronique d’une chute annoncée débute le 14 mars lorsque l’ancien chef rebelle Thomas Lubanga est reconnu coupable de crimes de guerre – perpétrés en 2002 et 2003 en Ituri – par la Cour pénale internationale (CPI). À l’époque, Bosco était aux côtés du leader de l’Union des patriotes congolais (UPC). Il est d’ailleurs sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI depuis août 2006. « Durant le procès de Lubanga, des témoignages ont précisé le rôle de Ntaganda dans les violences commises en Ituri. Cela a accentué la pression sur Kinshasa, qui le protégeait », explique un fonctionnaire international en poste en RD Congo. Il fait allusion à l’accord de paix conclu le 26 janvier 2009 avec le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), durant l’opération de pacification menée conjointement par les armées congolaise et rwandaise dans les deux Kivus.

En 2005, Bosco avait rejoint ce mouvement rebelle dirigé alors par Laurent Nkunda. Quelques jours avant la signature de l’accord, c’est lui qui a fomenté, avec d’autres commandants, le putsch contre Nkunda, capturé ensuite au Rwanda où il est toujours en résidence surveillée. Depuis, le CNDP est devenu un parti politique, et ses hommes ont été intégrés au sein des FARDC. Et leur chef, nommé général, s’est retrouvé commandant des opérations militaires dans les deux Kivus.

« Cette realpolitik s’est accompagnée d’un modus vivendi entre l’état-major à Kinshasa, les officiers en poste dans la province et le CNDP. À la clé, un partage des postes et des grades, avec les primes correspondantes, mais surtout un contrôle partagé des mines de cassitérite dans la région », explique un spécialiste des questions militaires. Dans les bureaux de la Mission des Nations unies au Congo, on préfère souligner les bienfaits de ce « brassage » des groupes armés. Dans ceux de la présidence congolaise, on assume cette paix en marche aux dépens de la justice.

Durcissement

« La séquence présidentielle de novembre dernier a changé la donne. Pour renouer avec nous, le président Joseph Kabila, réélu dans les conditions que l’on sait, est dans l’obligation de donner des gages », espère-t-on à Paris. « La tête de Ntaganda serait un acte fort », reconnaît un visiteur régulier au Palais de la nation. Mais il faut faire vite. À l’approche du sommet de la francophonie prévu en octobre, la communauté internationale accentue la pression sur Kabila. Selon plusieurs sources, l’Union européenne et la Banque mondiale réfléchissent à « un changement de pied et à un durcissement de leur attitude ». En clair, à une réduction de l’aide. Quant au nouveau président français, François Hollande, il attend pour décider d’un éventuel aller-retour Paris-Kinshasa. Son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait carrément retiré ce rendez-vous de son agenda.

Jeuneafrique.com par Philippe  Perdrix

Rwanda : la police démantèle un « réseau de la terreur » venant de RDC

juin 22, 2011

La police rwandaise a annoncé l’arrestation de six hommes venus de la République démocratique du Congo (RDC) pour commettre des « actes de terreurs ». Le réseau visait des infrastructures et des dirigeants du pays.

Selon un communiqué officiel des autorités rwandaises, six hommes en provenance de la RDC et appartenant à un « réseau de la terreur » ont été arrêtés le mercredi 22 juin. « Les criminels arrêtés sont dirigés par le colonel Norbert Ndererimana » poursuit le texte. Selon la même source, ce dernier a été également interpellé et est connu pour être à la tête d’« un groupe armé basé à Binza, Rutchuru, dans le Parc national des Virunga, Nord-Kivu.»

Une action pilotée par Kayumba et Habyaramina ?

Les enquêteurs affirment avoir établi « un lien fort entre ce groupe et les activités de terreur du (général Faustin) Kayumba (Nyamwasa) », ancien chef d’état-major de l’armée actuellement exilé en Afrique du Sud. Ils précisent qu’au cours de leur arrestation, les membres du commando ont aussi « déclaré avoir reçu leurs ordres d’Emmanuel Habyaramina ». Ce dernier, exilé en Europe, est l’ancien ministre de la Défense du gouvernement du président rwandais Paul Kagame.

Les six hommes « visaient des endroits fortement peuplés, des stocks de carburant, des véhicules transportant du carburant, des dirigeants nationaux et des diplomates », ajoute la police .

Jeuneafrique.com avec AFP