Posts Tagged ‘Kolofata’

Cameroun: au moins sept morts dans un double attentat-suicide

septembre 13, 2015

Yaoundé – Au moins sept personnes ont été tuées et une vingtaine blessées dimanche matin au Cameroun dans un double attentat-suicide à Kolofata, ville de la région de l’Extrême-nord, régulièrement visée par les islamistes nigérians de Boko Haram, a appris l’AFP auprès d’un responsable de l’armée.

Les premières informations en notre possession font état de neuf morts (dont les deux kamikazes, ndlr) et d’une vingtaine de blessés, a indiqué sous couvert d’anonymat ce responsable, précisant bien qu’il s’agissait d’un bilan provisoire.

Kolofata se trouve non loin de Kerawa, visée le 3 septembre par un double attentat ayant fait au moins 20 morts.

Les attaques de Kolofata portent à neuf le nombre d’attentats-suicides ayant frappé depuis juillet l’Extrême-nord du Cameroun, frontalier des bastion nigérians de Boko Haram.

Outre des attentats, Boko Haram mène régulièrement dans cette région des opérations meurtrières de harcèlement des forces de sécurité camerounaises.

Une Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF), à laquelle doivent participer le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin, a été mise en place pour mieux coordonner les efforts des différentes armées, qui agissaient jusque-là en ordre dispersé.

Vendredi, le général de brigade camerounais Bouba Dobekreo a été officiellement installé à la tête du premier secteur de cette force à Mora (extrême-nord).

Le commandant du 2e secteur sera basé à Gamboru (ville nigériane frontalière du Cameroun) et celui du 3e secteur à Baga, localité nigériane sur les rives du lac Tchad.

Romandie.com avec(©AFP / 13 septembre 2015 14h29)

Attaque de Boko Haram au Cameroun: 143 terroristes et un soldat camerounais tués

janvier 12, 2015

Yaoundé – 143 terroristes de Boko Haram et un soldat camerounais ont été tués lundi lors de l’attaque par le groupe islamiste nigérian de la ville camerounaise de Kolofata, selon un bilan lu à la télévision et à la radio par le porte-parole du gouvernement.

Au terme des combats, le bilan est sans appel du côté des assaillants : 143 terroristes tués (….) de loin la plus lourde perte subie par la secte criminelle Boko Haram depuis qu’elle a décidé de diriger ses attaques barbares contre notre territoire. Côté camerounais, on dénombre une perte (un caporal), ainsi que quatre blessés, a déclaré le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement camerounais.

Il était impossible dans l’immédiat d’obtenir un bilan de source indépendante.

Le ministre a parlé aussi d’un important arsenal de guerre saisi comprenant notamment des fusils d’assaut de différentes marques, des armes lourdes, des munitions de tout calibre et des terminaux de transmission.

Selon son récit, Kolofata, située dans le nord-ouest du Cameroun, a fait l’objet d’une attaque du groupe terroriste Boko Haram en provenance du Nigeria voisin aux alentours de 6h30 (5h30 GMT) lundi matin. L’objectif visé par cette horde d’assassins était certainement d’investir le camp militaire de Kolofata tenu par l’armée camerounaise et notamment le Bataillon d’intervention rapide, unité d’élite de l’armée qui s’y est déployée après une précédente attaque au mois de juillet.

Profitant d’une brume particulièrement épaisse (…), les assaillants ont pu franchir la frontière par plusieurs centaines et ont tenté de prendre nos forces par surprise. Mais sitôt l’alerte donnée, la riposte s’est immédiatement organisée et de violents combats se sont déclenchés pendant plus de 5 heures à proximité du camp militaire et sur d’autres points névralgiques de la localité, a-t-il déclaré.

Selon le ministre, l’armée camerounaise a mis les combattants islamistes en débandade vers la frontière avec le Nigeria.

Dans la matinée, une source proche des autorités traditionnelles locales avait affirmé que dès que les populations ont entendu les premiers coups de feu, elles ont fui la ville. Les tirs étaient très nourris.

Romandie.com

Terrorisme : quand Boko Haram recrute au Cameroun

septembre 9, 2014

Vidéo diffusée par Boko Haram le 24 août.
Vidéo diffusée par Boko Haram le 24 août. © HO / BOKO HARAM / AFP

Ils seraient déjà plusieurs centaines. Difficile pourtant de savoir qui sont vraiment ces apprentis jihadistes qui viennent grossir en masse les rangs de l’insurrection islamiste.

Dans l’extrême nord du Cameroun, on ne parle plus que d’eux. Ils ont entre 15 et 25 ans et ont choisi d’aller se battre pour Boko Haram. De nombreux cas de disparition ont ainsi été signalés ces derniers mois et, en juillet, avant même l’attaque de la résidence privée du vice-Premier ministre Amadou Ali, à Kolofata, une note d’alerte prévenait les autorités que « près de 500 jeunes du Mayo Sava [le département de Kolofata]s’étaient volatilisés ».

Depuis, plus d’un mois s’est écoulé, et les islamistes nigérians ont continué à gagner batailles et nouveaux « adhérents ». Ils seraient « 3 000 au minimum », selon un journaliste local. « Beaucoup des jeunes que nous combattons parlent français et ont des cartes d’identité camerounaises », confirme un membre du Bataillon d’intervention rapide (BIR). Pour autant, cela ne veut pas forcément dire qu’ils sont camerounais, car dans cette zone il est parfois difficile de savoir qui est qui. D’autant qu’en 2011, à la veille de la dernière élection présidentielle au Cameroun, des cartes d’identité gratuites ont été distribuées à la va-vite.

Guides locaux

Les premières recrues camerounaises auraient rejoint Boko Haram au début des enlèvements d’expatriés sur leur sol, début 2013. Ils servaient alors de guides locaux. Depuis, leurs missions se sont diversifiées : renseigner sur les positions camerounaises, aider au repli des combattants, transporter des munitions, et combattre…

Dans cette région pauvre, Boko Haram n’a aucun mal à trouver des volontaires : « Ces jeunes étaient vendeurs de carburant ou chauffeurs de mototaxis. Ils gagnaient en moyenne 2 euros par jour. Après les enlèvements et les rançons, ils peuvent toucher 1 million de F CFA (1 500 euros) et devenir propriétaires de leur moto ! » explique le professeur Manassé Aboya Endong, directeur exécutif du Groupe de recherches sur le parlementarisme et la démocratie en Afrique (GREPDA).

Beaucoup moins nombreux, les recrutements idéologiques s’appuieraient, eux, sur les quelque 1 500 jeunes Camerounais qui fréquentent des écoles coraniques au Nigeria et reviennent chaque année dans leur village. D’autres recrutements, minoritaires, sont forcés, assure un habitant des environs de Kolofata : « Dans le village, certains jeunes prennent Boko Haram pour une banque et s’endettent. Les islamistes les obligent alors à se battre en les menaçant de tuer leurs parents. »

Pour tenter de faire face, les autorités camerounaises ont créé, le 14 août, une nouvelle région militaire à Maroua, dotée d’un commandement autonome et d’une gendarmerie. Un peu plus tôt, le 24 juillet, le président Biya avait annoncé un plan d’urgence pour développer le Grand Nord.

Au ministère de la Défense, on évoque aussi des « distributions d’aide alimentaire et de fournitures scolaires pour encourager les habitants à collaborer » – une manière de contrer les dignitaires originaires du Nord soucieux de se positionner pour la présidentielle de 2018. Ceux-ci aiment à rappeler que le chef de l’État est un sudiste et qu’il a jusqu’à présent été incapable de ramener la paix dans la région.

Statu quo pour les otages de Kolofata

On est toujours sans nouvelles des 17 personnes enlevées le 27 juillet à Kolofata. Parmi elles se trouve l’épouse du vice-Premier ministre Amadou Ali. En haut lieu, on affirme qu’il n’y a pas d’enquête à proprement parler, puisque les coupables, membres de Boko Haram, sont connus. Très prudent, Amadou Ali lui-même renâcle à évoquer l’affaire par téléphone. Une bonne nouvelle tout de même : Abba Malla, le député du département Mayo-Sava, a été libéré le 26 août.

C’est lui que Yaoundé avait investi du rôle de négociateur pour tenter d’obtenir la libération des otages. Il avait disparu depuis une dizaine de jours après être allé à la rencontre de membres du groupe jihadiste. Il est connu pour avoir joué un rôle essentiel dans la libération de la famille Moulin-Fournier, enlevée en février 2013.

 

Jeuneafrique.com par Clarisse Juompan-Yakam