Posts Tagged ‘la liberté de la presse’

Ethiopie: dix journalistes et blogueurs inculpés de terrorisme

juillet 18, 2014

Addis Abeba – Dix journalistes et blogueurs éthiopiens, détenus depuis près de trois mois, ont été inculpés vendredi de terrorisme par la justice, qui les accuse de liens avec un mouvement interdit.

Ces sept contributeurs du blog Zone9 et trois journalistes de diverses publications éthiopiennes ont été arrêtés les 25 et 26 avril. Leur sort a été vivement dénoncé par des organisations de défense de la presse.

Le groupe de blogueurs et journalistes est accusé d’avoir préparé des attaques en Éthiopie et d’agir en collusion avec le mouvement interdit Ginbot 7, basé aux États-Unis et considéré comme une organisation terroriste par Addis Abeba.

Ils ont été formés à fabriquer des explosifs et prévoyaient d’y former d’autres personnes, a déclaré le juge Tareke Alemayehu.

Le blog Zone9 évoque l’actualité politique et sociale sur un ton souvent critique à l’égard du pouvoir.

Ce travail sert de couverture à des activités clandestines, a affirmé le juge, accusant les suspects de chercher à déstabiliser la nation.

Neuf des accusés – le 10e était absent – ont adressé sourires et saluts à leurs proches quand ils sont entrés dans la salle d’audience bondée.

L’avocat de huit des suspects a rejeté les accusations. Nous ne pensons pas qu’il y ait là une once de crédibilité, a déclaré Amaha Mekonnen à l’AFP.

Human Rights Watch (HRW) a condamné ces inculpations et accusé l’Éthiopie de tourner en dérision son propre système judiciaire.

S’abriter derrière une loi antiterroriste abusive pour poursuivre des blogueurs et des journalistes qui font leur travail est une insulte à la Constitution éthiopienne, a dit à l’AFP la directrice adjointe de HRW pour l’Afrique.

Des ONG de défense des droits de l’Homme comme HRW accusent le régime éthiopien de se servir de cette loi controversée pour étouffer la liberté d’expression et museler les dissidences.

Cette loi a abouti à l’emprisonnement de plusieurs journalistes, dont deux Suédois condamnés à 11 ans de prison en 2012. Ils avaient été graciés au bout de 15 mois.

Le blogueur Eskinder Nega purge actuellement une peine de 18 ans de prison pour ses liens avec Ginbot 7, qui appelle au renversement du parti au pouvoir.

La situation de la liberté de la presse en Éthiopie est considérée comme l’une des plus préoccupantes au monde.

Le procès des blogueurs et journalistes doit reprendre le 4 août.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juillet 2014 14h47)

Twitter bloqué en Turquie: pas à l’Etat de décider comment les citoyens communiquent

mars 21, 2014

BERLIN – Le gouvernement allemand a critiqué vendredi la décision turque de bloquer l’accès à Twitter dans le pays, en jugeant, dans un message posté justement sur ce réseau social, que ce n’était pas à l’Etat de décider comment les citoyens communiquent.

Dans une société libre, le choix des moyens utilisés pour communiquer appartient aux citoyens, pas à l’Etat. #Turquie, a écrit le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, sur son compte Twitter.

Un peu plus tard, lors d’une conférence de presse gouvernementale régulière, la porte-parole adjointe du gouvernement, Christiane Wirtz, a refusé d’employer le mot de censure à ce propos.

Elle a rappelé que l’Allemagne s’engage en faveur de la liberté d’expression et que Berlin considère ce genre de mesures, qui entravent ou bloquent les moyens de communication modernes, comme négatives.

Le responsable des droits de l’Homme du gouvernement allemand, Christoph Strässer, a estimé de son côté: en bloquant Twitter, la Turquie a franchi une frontière qui devrait être une ligne rouge pour un candidat à l’adhésion de l’UE.

Il est inacceptable et intolérable de limiter de cette manière la liberté de la presse et d’expression, a-t-il ajouté.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer, a de son côté rappelé: ce n’est pas nouveau que nous observons des lacunes en termes de liberté de la presse en Turquie. Il a toutefois assuré que le sujet sera abordé lors des discussions avec le gouvernement Erdogan et que l’opinion allemande sera clairement exprimée.

Les autorités turques des télécommunications (TIB) ont annoncé tard jeudi soir avoir bloqué l’accès à Twitter sur ordre de la justice, après la menace lancée par M. Erdogan d’interdire le réseau social en représailles à la publication d’enregistrements d’écoutes téléphoniques le mettant en cause dans un scandale de corruption.

De nombreux internautes ont toutefois pu rapidement contourner cette interdiction en passant par d’autres serveurs proxy et des réseaux VPN notamment.

Au début du mois, M. Erdogan avait déjà menacé d’interdire YouTube et Facebook après la diffusion des premiers enregistrements téléphoniques le mettant en cause dans le scandale de corruption qui fait vaciller depuis trois mois le sommet de l’Etat turc.

L’interdiction décrétée jeudi soir intervient en outre à une semaine des élections municipales, qui prendront des allures de référendum pour ou contre M. Erdogan.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mars 2014 15h11)

Turquie : six journalistes condamnés à la prison à vie pour appartenance à un parti interdit

novembre 5, 2013

ISTANBUL – Un tribunal d’Istanbul a condamné dans la nuit de lundi à mardi six journalistes turcs à la prison à vie pour appartenance à un petit parti marxiste considéré comme terroriste et interdit en Turquie, a-t-on appris auprès des ONG de défense de la presse.

Fondatrice de la radio alternative Radio libre (Özgür Radyo), Füsun Erdogan, qui a la double nationalité turque et néerlandaise, a été reconnue coupable d’être une responsable du Parti communiste marxiste-léniniste (MLKP) et condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, conformément aux réquisitions du procureur.

Le tribunal a infligé la même peine à cinq autres journalistes, Ziya Ulusoy, Bayram Namaz, Arif Celebi, Ibrahim Cicek et Sedat Senoglu, pour être membres du même mouvement.

Interpellée en 2006, Mme Erdogan est en détention provisoire depuis cette date.

Dans un communiqué, la Fédération européenne des journalistes (FEJ) a fermement dénoncé la décision de ce tribunal stambouliote.

C’est complètement absurde. Ce verdict est une honte pour le système judiciaire turc et un exemple du pouvoir absolu exercé par le gouvernement. Il montre une fois de plus que le régime (turc) ne tolère aucune critique, a déclaré le président de la FEJ, Mogens Blicher Bjerregard.

La Turquie du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan est régulièrement épinglée pour des violations de la liberté de la presse.

Dans un rapport publié il y a un an, le Comité de protection des journalistes (CPJ) a fait de la Turquie le premier geôlier mondial de journalistes, suivie par l’Iran et la Chine.

Des dizaines d’entre eux y sont incarcérés et poursuivis devant les tribunaux pour complicité de terrorisme en raison de leurs liens présumés avec des organisations proches des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Quelques dizaines d’employés de la presse ont manifesté mardi à Istanbul pour dénoncer la lenteur de ces procédures, à l’appel d’une Plateforme pour la liberté des journalistes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Selon le responsable du syndicat des journalistes turcs (TGS) Ercan Ipekci, au moins 85 journalistes ont en outre perdu leur emploi ces derniers mois, victimes de la répression qui a suivi la fronde antigouvernementale du mois de juin dernier.

Romandie.com avec(©AFP / 05 novembre 2013 16h20)