Posts Tagged ‘la présidence de la république’

Burundi : climat sécuritaire tendu à six mois de la présidentielle

janvier 6, 2015

Des sympathisants du CNDD-FDD, le 24 avril 2010 à Bujumbura.
Des sympathisants du CNDD-FDD, le 24 avril 2010 à Bujumbura. © AFP

Alors que les zones d’ombre persistent autour de la récente attaque de Cibitoke, qui a fait plus de 100 morts parmi des rebelles non identifiés dans le nord-ouest du Burundi, trois militants du parti au pouvoir ont été assassinés à l’Est. Les autorités soupçonnent des membres d’opposition…

À six mois de la présidentielle prévue le 26 juin au Burundi, le climat sécuritaire se dégrade dans le pays. Les cinq jours d’affrontements de Cibitoke, dans le nord-ouest du pays, n’ont pas aidé à calmer les esprits. Au contraire. Opposition et pouvoir se regardent désormais en chiens de faïence, se soupçonnant mutuellement de préparer des coups bas.

Pacifique Nininahazwe, l’un des principaux leaders de la société civile, a tiré lundi la sonnette d’alarme sur Facebook, dénonçant « des arrestations de responsables locaux de l’opposition, des fouilles chez des leaders de l’opposition à Bujumbura, des publications de la présidence de la République comportant des insinuations malveillantes sur certains leaders de la société civile ».

Trois militants du CNDD-FDD tués

En outre, le meurtre de trois militants du parti au pouvoir est venu exacerber les tensions. « C’est un crime très grave (…) à caractère politique à l’approche des échéances électorales majeures prévues à la mi-2015 », tance déjà Onésime Nduwiwana, porte-parole du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD, parti au pouvoir).

L’attaque est survenue dans la nuit de dimanche à lundi dans un bar de Gisuru, commune de la province de Ruyigi située à quelque 250 km à l’est de la capitale Bujumbura. Selon un responsable local, cinq personnes en tenue militaire et armés de fusils (…) ont ciblé trois militants du parti Cndd-FDD.

« Elles ont ligoté leurs victimes et les ont couchées par terre avant de les tuer à l’arme automatique puis ont brûlé un peu plus loin une maison [de leur] parti qui sert de lieu de rencontre et de réunion », a-t-il poursuivi, interrogé par l’AFP.

« Nous pensons que ceux qui ont commis ce crime lâche appartiennent à la frange extrémiste de l’opposition burundaise, et dont l’objectif est de saboter les élections de 2015 », a de son côté accusé le porte-parole du Cndd-FDD, refusant de donner des noms.

Pas sûr que ces propos rassurent dans les rangs des opposants au pouvoir de Pierre Nkurunziza. « Qui dans l’opposition peut affirmer aujourd’hui, avec certitude, qu’il ne se trouve pas dans le collimateur du régime en place ? » s’interroge un membre de la société civile burundaise.

_____________

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Le chef de l’armée égyptienne candidat à la présidence

février 5, 2014

Le maréchal Abdel Fattah al-Sissi a décidé de se porter candidat à la présidence de la république égyptienne, rapporte un journal koweïtien. L’officialisation de la candidature du chef des forces armées égyptiennes était attendue depuis longtemps.

Al-Sissi a expliqué au quotidien « Al Seyassah » n’avoir « pas d’autre choix » que celui de répondre à l’appel du peuple égyptien. Le Conseil suprême des forces armées lui avait déjà donné son feu vert il y a dix jours, après l’adoption de la nouvelle Constitution par référendum.

Le chef des forces armées a renversé en juillet dernier l’islamiste Mohamed Morsi, premier président civil élu librement de l’histoire de l’Egypte. L’élection présidentielle, qui se tiendra avant les législatives, contrairement à ce que prévoyait la feuille de route présentée après le renversement de Morsi, devrait avoir lieu d’ici au mois de juin.

« Nous ne jouerons pas avec les rêves du peuple pas plus que nous ne leur dirons que nous avons une baguette magique », prévient le maréchal dans les colonnes du quotidien koweïtien. « Je leur dirai de joindre leurs mains et d’oeuvrer ensemble pour construire ce pays de 90 millions d’habitants. »

La candidature d’Abdel al-Sissi, très attendue, devrait accentuer les tensions en Egypte où les partisans de Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans, dénoncent son éviction et la répression qui a suivi.

Un millier de membres de la confrérie ont été tués et ses principaux dirigeants, dont Morsi, incarcérés. Le mouvement lui-même a été officiellement déclaré organisation terroriste par les autorités provisoires mises en place avec l’appui de l’armée.

Retour de l’armée
Pour une partie de la population égyptienne, al-Sissi, objet d’un véritable culte de la personnalité, est l’homme fort dont le pays a besoin pour sortir de la crise politique et économique et relever les défis sécuritaires, notamment dans le Sinaï où une insurrection islamiste a fait des centaines de morts parmi les forces de sécurité.

Sa candidature devrait aboutir, trois ans après la « révolution du Nil », au rétablissement au pouvoir de l’armée. Celle-ci a dirigé l’Egypte sans discontinuer du renversement de la monarchie en 1952-1953 à la chute d’Hosni Moubarak, en février 2011.

Romandie.com