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Burkina Faso : « Ce qui devait arriver est arrivé » résume la presse

octobre 30, 2014

Gouvernement dissout. Parlement brûlé. Etat de siège décrété un temps, puis levé par le président Blaise Compaoré. Dans une allocution télévisée, le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 27 ans, a laissé entendre qu’il ne démissionnerait pas avant la fin de son mandat. L’opposition, quant à elle, exige son départ. Jeudi 30 octobre, le Burkina Faso a connu une nouvelle étape dans la gronde populaire à l’encontre de son régime.

Pour le quotidien Le Pays, « ce qui devait arriver est arrivé ». Dans un éditorial mis en ligne sur son site Internet, il se demande ainsi si le pays des Hommes intègre va « vivre sa deuxième révolution ». Et de comparer la situation à la prise de la Bastille par le peuple français, préalable à la chute de la monarchie et l’instauration de la république. La « colère des foules déchaînées » est en marche : « On aura tenté en vain de convaincre Blaise Compaoré de ne pas dépasser les bornes que lui fixe la constitution. Lui, se contentait de bouder les sages conseils des uns et des autres, préférant plutôt ceux des courtisans et du clan. » Plus rien ne sera plus comme avant, met en garde Le Pays.

Fasozine estime en revanche que « le règne de la violence a pris le dessus sur celui de la raison ». Le pays se perd entre « révolution et confusion  » : « La paix si chère aux habitants de ce pays est désormais dans une situation critique. » Sans prendre parti, le site estime que le gouvernement et l’opposition sont allés trop loin. Et de souligner que les plaies laissées par le soulèvement de jeudi mettront plusieurs années à être pansées. « Il faut maintenant assumer la situation. »

« UN MESSAGE LIMPIDE »

Selon le site le Faso.net, au troisième jour de la désobéissance civile, « le peuple burkinabé prend les rênes de sa destinée. L’Assemblée nationale, l’un des symboles forts de la “pseudo-démocratie” tombe, la radio-nationale saccagée, des immeubles et résidences pillés et brûlés ». Blaise Compaoré estimait en 2013 que « jamais une marche n’a changé une loi » : « Quinze mois après, l’Histoire le rattrape (sic). »

Enfin, le site d’informations tchadien, Alwihda info, s’interroge : « Le “printemps noir” servira-t-il d’exemple aux présidents à vie ? ». Le continent africain doit-il « se débarrasser de ces dictateurs qui se maquillent en républicains ? », poursuit-il paraphrasant un manifestant interrogé jeudi à Ouagadougou. « L’événement burkinabé est un message limpide à tous ceux qui n’ont aucun respect pour leurs peuples. » Car la nouvelle génération, connectée, est moins facilement manipulable.

« Il faut une autre Afrique (…) engagée sur la voie des élections libres et véritablement transparentes, en s’inspirant des exemples de l’Afrique du Sud, du Sénégal, du Ghana… », plaide Alwihda info. « En respectant leurs peuples, les candidats à la présidence à vie éviteraient l’effusion de sang. Malheureusement, ils ne comprennent que la violence, sinon le sort des Kadhafi, Ben Ali, Moubarak, Bachar Al-Assad…, aurait servi de leçon. »

Lemonde.fr