Posts Tagged ‘Lampedusa’

Italie: un «flux exceptionnel de migrants économiques» avec le Covid-19

juillet 29, 2020

Le gouvernement italien a fait état mercredi d’une hausse des débarquements sur les côtes ces derniers jours, notamment sur l’île touristique de Lampedusa.

La crise sanitaire et économique liée au nouveau coronavirus «engendre un flux exceptionnel de migrants économiques», a estimé mercredi le ministère italien de l’Intérieur dans un communiqué. Nombre d’entre eux débarquent sur l’île touristique de Lampedusa, sous les yeux des baigneurs en vacances. «Les débarquements autonomes sur les côtes italiennes se sont plus que multipliés en très peu de temps», note le ministère, en faisant référence aux petits bateaux qui traversent la Méditerranée depuis les côtes d’Afrique du Nord sans être interceptés.

Près de la moitié des quelque 11.000 migrants qui ont débarqué en Italie la semaine dernière étaient partis de Tunisie, et la plupart d’entre eux étaient des citoyens tunisiens, selon les chiffres officiels. Les autres avaient embarqué, dans leur majorité, de Libye. «L’UE doit se saisir de cette question immédiatement» et opérer une répartition des nouveaux arrivants, «en particulier durant cette phase de risque sanitaire élevé», a déclaré mercredi le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, sur son compte Facebook.

300 nouvelles arrivées à Lampedusa

Plus de 300 personnes, essentiellement des Tunisiens, sont arrivées à Lampedusa au cours de la nuit de mardi à mercredi à bord de 13 embarcations, portant à plus de 1000 le total des migrants dans le centre d’accueil dont la capacité théorique est de 95 personnes. Elles sont restées un temps placées en rang sur le port – une femme tenant un enfant en bas âge, une autre serrant un chaton – avant qu’une grande partie d’entre elles ne prennent place à bord d’un ferry en direction de la Sicile, a constaté un photographe de l’AFP.

Les gardes-côtes italiens ont par ailleurs annoncé mercredi avoir secouru une centaine de migrants en détresse sur un canot qui se dégonflait au large de la Libye, aucune autorité compétente n’ayant voulu intervenir. La ministre italienne de l’Intérieur Luciana Lamorgese a rencontré lundi le président tunisien Kais Saied et son ministre de l’Intérieur à Carthage (Tunisie) pour exprimer sa «vive inquiétude» face à l’afflux récent de migrants en provenance de Tunisie. Les vols de rapatriement vers la Tunisie ont repris le 16 juillet, 80 citoyens tunisiens ayant été renvoyés depuis la fin du confinement, a indiqué mercredi le ministère, précisant qu’il entendait «augmenter le nombre de retours hebdomadaires».

Par Le Figaro avec AFP

La justice italienne saisit l’Open Arms et ordonne son débarquement à Lampedusa

août 20, 2019

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Le bateau de l’ONG espagnole compte toujours 107 personnes à bord. ALESSANDRO SERRANO/AFP

Un procureur italien a ordonné mardi le débarquement en Sicile des migrants recueillis par l’Open Arms et la mise sous séquestre du navire de l’ONG espagnole. Ce dernier est bloqué en mer depuis 19 jours, après l’interdiction du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, d’accoster en Italie.

La justice italienne a ordonné mardi le débarquement à Lampedusa, en Sicile, des migrants recueillis par l’Open Arms et la mise sous séquestre de ce navire espagnol, a-t-on appris de sources judiciaires. Le procureur d’Agrigente, Luigi Patronaggio, après une inspection de la police judiciaire et de deux médecins, a décidé que compte tenu de la situation difficile à bord, les rescapés devaient être débarqués dans les prochaines heures sur la petite île sicilienne.

Le procureur a pris aussi la décision de mettre préventivement sous séquestre le navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, dans le cadre d’une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d’actes officiels, dont le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a affirmé, sur Facebook, qu’elle le vise directement. «Si quelqu’un pense me faire peur avec la énième plainte et demande de procès, il se trompe. Ce serait une blague d’être parvenu à convaincre l’Espagne d’envoyer un navire (pour récupérer les migrants) et maintenant d’oeuvrer à les faire débarquer en Italie et faire juger le ministre de l’Intérieur qui continue de défendre les frontières du pays», a-t-il dit sur Facebook.

La décision du procureur a été annoncée peu de temps après le départ d’Espagne d’un navire militaire sur lequel étaient censés être transbordés la centaine de migrants encore à bord de l’Open Arms. Madrid avait pris cette décision après qu’une dizaine de migrants s’étaient jetés à l’eau dans un geste désespéré pour rallier à la nage l’île italienne. Le Figaro fait le point.

  • Situation tendue à bord

Les conditions de vie à bord du navire humanitaire se compliquent a indiqué l’ONG dans un communiqué publié lundi, évoquant une «situation de grave crise psychologique à bord». 27 mineurs non accompagnés ont toutefois pu débarquer samedi mais un peu moins de 100 personnes, secourues le 1er août, restent coincées à bord. Quatre migrants se sont jetés à l’eau dimanche, tentant désespérément de rejoindre la terre ferme. Deux jours plus tard, ce mardi, quinze migrants, certains sans gilets de sauvetage, ont tenté de rallier Lampedusa à la nage. Selon une porte-parole de l’ONG, ils ont été «secourus» par les garde-côtes italiens et amenés sur l’île. «La situation est hors de contrôle», a indiqué sur Twitter l’ONG

Proactiva Open Arms publie régulièrement sur les réseaux sociaux des photos ou des vidéos illustrant les conditions dramatiques et angoissantes dans lesquelles vivent ces personnes, au bout de 19 jours de navigation.

  • L’Italie a-t-elle le droit d’interdire à l’Open Arms d’accoster?

«L’Italie utilise des moyens légaux, analyse Me François de Cambiaire, avocat qui est intervenu sur le dossier de SOS Méditerranée. Pour interdire l’accès à ses ports, le pays invoque la menace à l’ordre public, affirmant qu’il y a des migrants en situation illégale et qu’il faut donc leur restreindre l’accès au territoire». Le droit maritime oblige pourtant les pays les plus proches, géographiquement, de permettre aux bateaux de débarquer quand ils sont en situation de détresse.

«Mais les textes internationaux laissent l’appréciation d’une situation de détresse aux pays d’accueil, explique l’avocat. L’Italie affirme qu’il n’y a plus de personnes en situation de détresse à bord parce que les plus fragiles ont été prises en charge et amenées dans le pays au compte-gouttes. C’est très difficile à contester». Il n’est donc pas possible, d’après Me François de Cambiaire, d’affirmer que la décision de l’Italie est illégale.

«Les ONG agissent en toute conformité avec le droit international et le droit maritime, indique l’avocat. L’organisation Open Arms a donc saisi la justice italienne pour pouvoir contester un décret de Matteo Salvini qui interdisait le bateau d’entrer dans les eaux territoriales italiennes. Cela ne l’autorise toutefois pas à accoster dans le port».

  • Tensions entre l’Espagne et l’Italie

Dans ce contexte, la ministre de la Défense espagnole a haussé le ton face à l’Italie lundi, accusant Salvini de vouloir tirer profit politiquement de cette situation. Le ministre de l’Intérieur poursuit en effet sa politique de fermeté alors que le pays traverse une importante crise politique qu’il a lui-même déclenchée en faisant exploser la coalition au pouvoir.

Prenant acte du refus de Rome d’accueillir ces exilés, l’Espagne a proposé dimanche au navire de débarquer à Algésiras, dans l’extrême sud de l’Espagne. Une solution que l’ONG a jugée «irréalisable». Le gouvernement espagnol a alors suggéré Majorque (île des Baléares) comme alternative, plus proche mais toujours distante d’un millier de kilomètres de Lampedusa.

«Alors que notre bateau est à 800m des côtes de Lampedusa, les États européens demandent à une petite ONG comme la nôtre de faire face (…) à trois jours de navigation dans des conditions climatiques hostiles», a déclaré l’ONG dans son communiqué, manifestant son incompréhension. «La réponse que nous leur avons donnée est que nous ne pouvons pas garantir la sécurité de ces personnes sur notre bateau. Vu que l’Italie et l’Espagne ont assumé la responsabilité de ces personnes, qu’ils trouvent des solutions», a-t-elle complété. Finalement, le gouvernement espagnol a annoncé mardi qu’il envoyait un bateau militaire récupérer les exilés présents à bord de l’Open Arms. Le navire Audaz «partira cet après-midi à 17h00, naviguera pendant trois jours jusqu’à Lampedusa où il prendra en charge les personnes recueillies par l’Open Arms» et les transportera jusqu’au port de Palma de Majorque dans les Baléares, a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Mardi, en fin d’après-midi, la justice italienne a finalement tranché en faveur du débarquement immédiat des migrants de l’Open Arms à Lampedusa. Le procureur italien a pris aussi la décision de mettre préventivement sous séquestre le navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, dans le cadre d’une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d’actes officiels, dont le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a affirmé, sur Facebook, qu’elle le vise directement.

«Si quelqu’un pense me faire peur avec la énième plainte et demande de procès, il se trompe. Ce serait une blague d’être parvenu à convaincre l’Espagne d’envoyer un navire (pour récupérer les migrants) et maintenant d’oeuvrer à les faire débarquer en Italie et faire juger le ministre de l’Intérieur qui continue de défendre les frontières du pays», a-t-il dit sur Facebook.

  • Accord prévu entre pays européens

La Commission européenne a appelé «tous les États membres à coopérer et trouver une solution qui fonctionne et qui permette de débarquer les gens à bord de l’Open Arms dans les plus brefs délais» tout en félicitant l’Espagne pour sa «bonne volonté». Un accord est en effet prévu entre pays européens afin de répartir ces naufragés, après leur débarquement, entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal, la Roumanie et l’Espagne. La France s’est engagée à accueillir 40 personnes si elles sont «en besoin de protection», c’est-à-dire si elles remplissent les conditions pour obtenir le statut de réfugié.

Par Le Figaro.fr avec AFP agence

Arrestation à Lampedusa après le naufrage qui avait fait 366 morts

novembre 8, 2013

La police italienne a annoncé vendredi avoir arrêté un Somalien de 24 ans soupçonné d’avoir organisé le transport de migrants dans l’embarcation qui a coulé début octobre près de Lampedusa, faisant 366 morts. L’homme, interpellé directement sur l’île de Lampedusa, est soupçonné d’être « l’un des organisateurs » de la tragique traversée.

Une porte-parole de la police à Palerme, en Sicile, en charge de l’opération, n’a toutefois pas voulu préciser si ce passeur faisait partie des 155 rescapés du naufrage. Le bateau de pêche à bord duquel se trouvaient les migrants avait pris feu et coulé en pleine nuit, une bonne partie des passagers dont beaucoup de femmes et d’enfants en bas âge, s’étaient alors retrouvés littéralement emprisonnés dans ses cales.

Selon les médias italiens, le ressortissant somalien aurait été identifié par des migrants entendus par le parquet, qui l’ont aussi accusé d’avoir abusé de plusieurs passagères pendant la traversée.

Le journal italien « La Stampa » a précisé qu’il faisait partie d’un groupe de miliciens armés et qu’il est accusé de toute une série de crimes: enlèvement de personnes pour extorquer de l’argent, association de malfaiteurs ayant pour but l’incitation à l’immigration clandestine, traite de personnes et violences sexuelles.

D’autres informations supplémentaires devaient être données à la mi-journée à Palerme par les procureurs de la Direction anti-mafia italienne, compétente également pour le trafic d’êtres humains.

Romandie.com

Italie: La récupération des corps se poursuit à Lampedusa, 400 autres immigrés sauvés

octobre 8, 2013

Les plongeurs italiens ont poursuivi mardi à Lampedusa leur éprouvant travail de récupération des corps après le naufrage de jeudi, tandis que deux navires ont sauvé dans les eaux siciliennes plus de 400 immigrés.

C’est une opération difficile en raison des cordes et des câbles qui flottent dans l’eau. Les plongeurs nouent une corde autour de n’importe quelle partie du corps, un bras ou une jambe par exemple, puis ils le tirent de l’épave, a déclaré à l’AFP Leonardo Ricci, porte-parole des garde-côtes à Lampedusa.

C’est très fatigant de les tirer jusqu’à la surface de la mer et ensuite de les hisser sur la vedette. Une nouvelle équipe s’apprête d’ailleurs à descendre, a-t-il ajouté en milieu de matinée.

Selon le témoignage de Mussiie Ghebberhiert, un des survivants du naufrage, interrogé par le procureur d’Agrigente (Sicile) en début d’après-midi, le bateau transportait 545 personnes, parmi lesquelles environ 20 enfants, âgés de quelques mois à huit ans.

Seuls 155 personnes ont pu être sauvées, ce qui laisse craindre un bilan de 300 à 390 morts.

A ce jour, environ 288 corps ont été récupérés, dont 18 dans la matinée, 24 en début d’après-midi et 14 autres dans la soirée, selon le porte-parole des garde-côtes, le commandant Filippo Marini.

La grande partie d’entre nous est d’origine érythréenne, dix au maximum étaient éthiopiens, a ajouté M. Ghebberhiert, qui a précisé que les deux seules personnes à bord de peau claire étaient le capitaine et son assistant. Ce dernier, très jeune, voire mineur selon les témoins, fait partie des disparus.

En tout, six survivants, qui ont expliqué avoir payé chacun entre 1.000 et 2.000 dollars, ont répondu mardi aux questions des enquêteurs.

Les immigrés, regroupés au centre d’accueil de Lampedusa, ont protesté mardi contre leurs conditions de vie difficiles, jetant des matelas à l’extérieur et essayant de bloquer des autobus, sans que la situation ne dégénère cependant.

Le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a pour sa part demandé en premier lieu la restructuration du centre d’accueil de Lampedusa, dont la capacité doit être portée à 850 postes, contre 250 actuellement disponibles après l’incendie de septembre 2011, qualifiant les conditions actuelles d’absolument inacceptables.

Le parquet d’Agrigente, en charge de l’enquête sur ce naufrage, a émis un mandat d’arrêt contre le Tunisien Kaled Bensalam, 35 ans, accusé d’être un passeur et considéré comme le commandant du bateau qui a fait naufrage. L’homme avait été interpellé dès l’arrivée des premiers survivants à Lampedusa.

Expulsé une première fois en avril dernier d’Italie, Kaled Bensalam est accusé d’homicides multiples, de naufrage et d’aide à l’immigration illégale.

La direction antimafia de Palerme a de son côté décidé d’ouvrir une enquête pour trafic d’êtres humains.

Deux navires, l’un battant pavillon du Panama et l’autre du Danemark, ont sauvé plus de 400 immigrés dans la nuit de lundi à mardi.

La cargo panaméen Begonia G. a sauvé 263 immigrés, qui se disent syriens et palestiniens, alors que leur embarcation se trouvait en difficulté à plus de 100 kilomètres des côtes siciliennes.

Le groupe, comprenant 63 femmes et près de 80 mineurs, est arrivé à l’aube à Catane, dans l’est de la Sicile.

Le cargo danois a embarqué 141 immigrés qui se disent syriens, dont 39 femmes et 28 enfants, et faisait route vers le port de Pozzallo, en Sicile.

Mercredi sont attendus à Lampedusa le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et la commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström. Ils seront accompagnés du chef du gouvernement italien Enrico Letta et de son vice-Premier ministre Angelino Alfano.

Romandie.com avec (©AFP / 08 octobre 2013 20h50)

Italie/Naufrage de Lampedusa: la polémique enfle

octobre 5, 2013

La polémique faisait rage samedi en Italie 48 heures après le naufrage qui a emporté environ 300 migrants au large de l’île de Lampedusa. Les autorités italiennes et européennes sont montrées du doigt pour leur inaction, alors que les recherches de nouveaux corps ont été suspendues en raison du mauvais temps.

Les autorités italiennes envisageaient samedi de renflouer le bateau de migrants qui a fait naufrage jeudi à Lampedusa avec un bilan toujours estimé de 300 morts et disparus, alors que les recherches de survivants ont été suspendues en raison d’une météo défavorable.

Une mer agitée par des vents de force 4 empêchait en effet les plongeurs de poursuivre la récupération des cadavres, dont seulement 111 ont été repêchés tandis que 155 personnes ont été sauvées.

Une hypothèse serait de « remonter l’épave », a indiqué Leonardo Ricci, porte-parole de la police douanière sur l’île. L’épave gît à 550 mètres de la côte et par 40 mètres de fond. « C’est une horreur en bas, des dizaines de corps, peut-être des centaines. Ils sont empilés les uns sur les autres », a témoigné un plongeur.

La polémique enfle

Des accusations de personnes qui ont sauvé des naufragés estimaient pour leur part que les secours envoyés par les autorités avaient mis trop longtemps à arriver, suscitant la polémique en Italie.

Un pêcheur a déclaré qu’il avait fallu environ 45 minutes aux garde-côtes pour arriver sur place, alors que le naufrage avait eu lieu à environ cinq cents mètres de la côte de Lampedusa. Les garde-côtes ont rejeté l’accusation, affirmant au contraire être arrivée sur les lieux 20 minutes après un premier appel de détresse.

Un autre aspect de la polémique actuelle est la mise en cause par le gouverneur de Sicile, Rosario Crocetta, de l’agence européenne Frontex, chargée de coordonner la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne. « Où était Frontex jeudi matin ? N’ont-ils pas de radar ? Est-il plausible que personne n’ait vu ce bateau ? », a demandé le gouverneur.

Romandie.com avec

Les noyés de Lampedusa endeuillent au-delà de l’Italie

octobre 4, 2013

Toute l’Italie a vécu vendredi une « journée de pleurs » après le naufrage de Lampedusa qui a sans doute coûté la vie à 300 migrants, pour la plupart des Erythréens. La tragédie a suscité des appels à l’Europe pour mettre un terme à ces tragédies.

Dans toute l’Italie, une minute de silence a été observée dans les écoles, et les drapeaux étaient en berne.

Le navire, parti de Libye et qui a coulé tôt jeudi matin près de la petite île sicilienne, transportait 450 à 500 migrants, selon les autorités. Seuls 155 environ ont été sauvés, ce qui laisse craindre un bilan d’environ 300 morts, dont un grand nombre de femmes et d’enfants.

Jusqu’à présent, 111 corps ont été récupérés. Les plongeurs « ont vu des corps sur le fond et à l’intérieur » de l’épave du navire, un bateau de pêche, qui gît retourné à 40 mètres de profondeur, à environ 550 mètres de la côte.

Les corps enveloppés dans des linceuls en plastique ont été alignés dans un hangar de l’aéroport où les visages sont photographiés pour une possible identification ultérieure.

Une pétition pour décerner le prix Nobel de la paix à Lampedusa, lancée par l’hebdomadaire « L’Espresso », a déjà recueilli plus de 20’000 signatures.

« Journée de pleurs »

Le ministre italien de l’Intérieur a appelé à changer les règles européennes qui « font trop peser sur les pays d’entrée la charge de l’immigration clandestine » et à surveiller davantage les côtes en Tunisie et en Libye d’où partent les bateaux de clandestins.

Parlant de « journée de pleurs », le pape François a dénoncé lors d’une visite à Assise « l’indifférence à l’égard de ceux qui fuient l’esclavage, la faim pour trouver la liberté ».

Centre surpeuplé

Le Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR), qui a un correspondant à Lampedusa, a précisé que les migrants, « des Erythréens », étaient partis de Misrata (Libye), passés par Zuwara avant de se diriger vers Lampedusa, plus proche de l’Afrique du nord que du reste de la Sicile.

Selon le HCR, le centre d’accueil de Lampedusa « est surpeuplé de plus de 1000 personnes ». Selon le réseau d’ONG Migreurop à Paris, en vingt ans, 17’000 migrants sont morts en tentant de rallier l’Europe.

Romandie.com

Devant le rocher de Lampedusa

octobre 4, 2013

Je me noie dans Lampedusa
Dans l’agitation de mes bras
Devant le rocher innocent
Au regard triste et bienveillant

Ceinturant mon enfant dans les bras
Contre la peau de mon ventre plat
Nous descendons au fond de l’eau
Dans le désespoir de notre fardeau

Accueillis dans le royaume des poissons
Comme des condamnés retenus à la rançon
Notre naufrage a fait le tour du monde
Dans la tristesse d’une situation incommode

Bernard NKOUNKOU

Une embarcation de migrants fait naufrage à Lampedusa, plus de 300 morts

octobre 3, 2013
lampedusa

Des corps des victimes du naufrage, alignés sur le port de Lampedusa, le 3 octobre. © AFP

Une embarcation transportant environ 500 migrants originaires de la Corne de l’Afrique a fait naufrage au large de la petite île de Lampedusa (Sicile). Au moins 300 personnes ont péri y compris les disparus.

Le bilan du naufrage s’est alourdi. Selon les déclarations d’un porte-parole des garde-côtes, le bilan provisoire de la catastrophe est passé à 130 morts, 200 disparus et 151 rescapés. « Mais ils étaient plus nombreux que ça sur le navire. Les recherches sont encore en cours, pour retrouver des rescapés », a-t-il déclaré alors que l’espoir de retrouver des survivants s’amenuisait, les passagers ayant passé plus de six heures dans l’eau.

C’est un nouveau drame de l’immigration qui se joue aux porte de l’Europe. Une embarcation transportant quelque 500 immigrés a fait naufrage au large de l’île de Lampedusa. Ces derniers, cités par des médias, ont indiqué qu’ils avaient pu récupérer vivants plus de 150 passagers sur les quelque 450 à 500 sur l’embarcation.

Dans la matinée, sur la chaîne en continu Sky TG24, le maire de l’île Giusi Nicolini a précisé que plusieurs « enfants en bas âge » et des femmes figuraient parmi les victimes. « Il faut que les caméras de télévision viennent ici, montrent les cadavres, sinon c’est comme si ces tragédies n’existaient pas », a réclamé la maire de l’île, très affectée par ce nouveau drame.

Le pape Fraçois parle de « honte »

À la fin d’un discours dans lequel il évoquait l’encyclique Pacem in Terris (1963) du pape Jean XXIII et les défis de la paix d’aujourd’hui, le pape a ajouté : « je ne peux pas ne pas évoquer les nombreuses victimes de cet énième naufrage. La parole qui me vient en tête est la honte. C’est une honte », a-t-il lancé, interrompu par les applaudissements des membres du Conseil pontifical Justice et paix, réunis avec leur cardinal ghanéen Peter Turkson.

« Prions Dieu pour qui a perdu la vie, des hommes, des femmes, des enfants ! Prions Dieu pour leurs familles et tous les réfugiés (…) Seule une collaboration déterminée peut permettre d’éviter de telles tragédies », a-t-il ajouté. Quelques heures après le drame, le pape a aussi tweeté en neuf langues à ses neuf millions de « followers » : « Prions Dieu pour les victimes du tragique naufrage au large de Lampedusa ».

À lire : À Lampedusa, le pape François fustige « l’indifférence » du monde face au sort des migrants

Les passagers du navire qui « transportait environ 500 migrants » ont allumé des feux de détresse pour signaler leur présence à des navires marchands, a expliqué Giusi Nicolini. Le navire, en raison de la présence de fioul, a pris feu et a coulé. « Ils sont dans l’eau depuis l’aube ce matin », a expliqué la même source.

Les migrants naufragés seraient pour la plupart originaires de Somalie, selon le responsable de l’assistance sanitaire à Lampedusa, Antonio Candela. Ils ont d’abord été secourus par des bateaux de tourisme « alertés par les cris » des migrants. Selon les enquêteurs, le bateau serait parti de Libye.

Drames réguliers

Des dizaines voire des centaines d’immigrés se trouveraient encore dans l’eau, devant l’île de Lampedusa qui est plus proche des côtes nord africaines que du reste de la Sicile.

Alertés par des bateaux de pêche qui se trouvaient dans la zone, les autorités ont déployé deux vedettes, l’une des garde-côtes et l’autre de la police douanière, pour venir en aide aux immigrés. Des hélicoptères et d’autres moyens aériens sont également mobilisés.

Ce nouveau drame arrive après que trois immigrés, pour la plupart Erythréens, se sont noyés lundi en tentant de rejoindre la côte près de Raguse (sud-est de l’île principale de Sicile). Ils auraient sauté ou été jetés par des passeurs d’une embarcation transportant environ 200 migrants et réfugiés.

Dans la nuit de mercredi à jeudi un bateau transportant 463 migrants, provenant apparemment de Syrie, a également débarqué, a indiqué M. Candela. Début août, un drame semblable s’était produit sur une plage de Catane (est de la Sicile) quand six Égyptiens s’étaient noyés en pensant être arrivés à terre, quand leur embarcation s’était ensablée non loin du rivage.

Plus de 22 000 migrants ont été débarqués en 2013 sur les côtes du sud du pays (Sicile et Calabre surtout), soit près de trois fois plus que sur l’ensemble de 2012.

Jeuneafrique avec AFP

1.600 migrants arrivés à Lampedusa

août 14, 2011

Quelque 1.600 migrants ont débarqué entre samedi matin et dimanche matin sur la petite île italienne de Lampedusa, située à mi-chemin entre les côtes africaines et la Sicile, a rapporté l’agence italienne Ansa. Parmi ces migrants arrivés à bord d’une dizaine d’embarcations figurent notamment une centaine de femmes et une quarantaine d’enfants dont trois nouveau-nés.

En outre, deux nouvelles embarcations transportant plusieurs centaines de migrants ont été repérées par les garde-côtes italiens. Elles se trouvent respectivement à sept et 50 milles au sud des côtes de Lampedusa. Par ailleurs, deux embarcations transportant 48 migrants se disant Algériens (45 hommes, une femme et deux enfants) sont arrivées dans la nuit de samedi à dimanche dans le sud-ouest de la Sardaigne.

Des milliers de personnes fuyant la Libye, pour la plupart des travailleurs immigrés venant d’Afrique ou des réfugiés des conflits de la région, sont arrivés au cours des derniers mois à Lampedusa. Des centaines d’entre eux sont morts noyés: en avril, 250 migrants avaient trouvé la mort lors d’un naufrage au large de l’île. Le 1er août, 25 migrants apparemment morts par asphyxie avaient été retrouvés dans la salle des machines d’un bateau lui aussi en provenance de Libye.

Au moins 1.500 migrants partis de Libye sur des embarcations de fortune ont disparu pendant la traversée de la Méditerranée, depuis le début des combats en Libye à la mi-mars, a estimé début août la porte-parole du HCR en Italie, Laura Boldrini.

Lefigaro.fr avec AFP