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Incapables de stopper Boko Haram, l’armée négériane sous le feu des critiques

septembre 7, 2014

Un soldat dans les ruines d'une maison à Baga le 30 avril 2013.
Un soldat dans les ruines d’une maison à Baga le 30 avril 2013. © AFP

L’armée nigériane est sous le feu des critiques, incapable de stopper les insurgés islamistes de Boko Haram dans le nord-est du pays, malgré son écrasante supériorité en hommes.

« Je vous promets qu’on va en finir dans pas longtemps », avait déclaré, martial, le nouveau chef d’état-major, le général Alex Badeh, lorsqu’il avait été nommé en janvier.

Huit mois plus tard, le bilan est catastrophique: progressant de manière fulgurante, Boko Haram contrôle des pans entiers de territoires du nord-est du Nigeria, et menace de prendre Maiduguri, la capitale régionale, déjà à moitié encerclée. Une situation qui rappelle celle de l’Etat islamique en Irak, un mouvement « frère » selon le chef des islamistes nigérians Abubakar Shekau, qui veut lui aussi établir un « califat ».

En face, l’armée nigériane fait piètre figure, avec des soldats qui refusent d’aller au combat, ou qui fuient devant les attaques insurgées. Les hommes se plaignent aussi de n’être pas nourris correctement et du non-paiement de leur solde.

La situation semble si grave que l’allié américain a tapé du poing sur la table. « La réputation de l’armée nigériane est en jeu », a déclaré jeudi à Abuja la secrétaire d’Etat adjointe pour l’Afrique, Linda Thomas-Greenfield. « L’avenir du Nigeria et de ses enfants est en danger », « il n’y a pas le droit à l’erreur », a-t-elle martelé.

« Une honte »

Face aux critiques américaines, le porte-parole de l’armée nigériane, Chris Olukolade, a délaissé les habituels messages triomphalistes et reconnu que la « souveraineté » du pays était « remise en question ». Il a promis que l’armée allait « tout faire pour renverser la situation ».

Le pays le plus peuplé d’Afrique, première économie du continent, dispose pourtant d’une armée puissante… sur le papier. Le Nigeria compte 80.000 militaires et 82.000 paramilitaires, selon le rapport 2014 de l’Institut international d’études stratégiques (IISS). Le budget de la Défense s’élève cette année à 968 milliards de nairas (4,5 milliards d’euros), soit 20% du budget de l’Etat, la proportion la plus élevée depuis la guerre civile de 1967-70 au Biafra.

En face, Boko Haram dispose de 6 à 8.000 combattants, selon l’estimation du chercheur Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Le groupe se finance essentiellement par des attaques de banques, des pillages et des rançons, mais vole aussi beaucoup d’armes et d’équipements à l’armée en attaquant ses casernes. De plus, l’armée nigériane dispose d’une aviation de combat, dont Boko Haram est dépourvue.

Comment les insurgés ont-ils pris l’avantage, malgré un tel déséquilibre, se demandent la classe politique et la population du Nigeria? « L’armée actuelle n’est plus celle qu’on a connue, c’est une honte », déplore un ancien officier qui avait participé au premier coup d’Etat militaire en 1966.

Selon l’ancien général Ahmed Saleh, devenu avocat, le niveau de l’armée a commencé à baisser après un coup d’Etat manqué contre le président Ibrahim Babangida en 1990. Le général Babangida – à la tête d’une junte de 1985 à 1993 – a fait une purge, se débarrassant d’officiers supérieurs expérimentés et plaçant l’armée sous son contrôle direct à Abuja, entraînant un « déclin », selon M. Saleh.

Démoralisation

Ce dernier a aussi dénoncé dans la presse nigériane les pénuries d’armes et de munitions dont souffrent les troupes engagées contre Boko Haram. « Nous devons reconstruire les forces armées, voilà la réalité ». D’après l’IISS, la majeure partie des équipements militaires « ne sont pas en état d’être déployés sur des périodes prolongées ».

Les analystes pointent aussi la corruption et la mauvaise qualité du management pour expliquer l’approvisionnement défaillant. Pour l’expert de la société de sécurité Red 24, Rian Cumming, le refus récent d’aller au combat de soldats de la 7e division d’infanterie – dite « anti-Boko Haram – est révélateur. Cela montre « à quel point l’armée sous-estime le problème de l’insurrection ».

Virginia Comolli, une analyste de l’IISS, se dit peu surprise de la démoralisation des soldats. Les insurgés, mieux équipés, ont gagné en confiance et commencé à combattre comme une armée conventionnelle plutôt que comme une guérilla, « intimidant (et apparemment) écrasant les militaires », estime-t-elle.

Autre problème : l’armée s’est coupée de la population, et donc d’une source cruciale de renseignements sur le terrain, en multipliant les exactions (exécutions extra-judiciaires, détentions arbitraires, torture). Pour Ryan Cummings, le Nigeria, seul, est dépassé et doit être appuyé par les pays voisins pour empêcher le conflit de s’étendre, aussi bien dans le Nord-Est qu’au-delà des frontières nigérianes.

Jeuneafrique.com

Vers une enquête sur les manquements au devoir de l’armée nigériane

août 17, 2014

L’armée nigériane a déclaré qu’elle allait juger une centaine de soldats de la 7-ème Division basée à Maiduguri, au sujet d’actes de déloyauté et de lâcheté dans la lutte contre l’insurrection islamiste dirigée par la secte Boko Haram.

Un groupe d’experts militaires a été mis sur pied sur les instructions des responsables de la sécurité pour traiter de ce dossier, ont annoncé samedi des sources sécuritaires.

Les soldats en question auraient été déployés pour combattre les éléments de Boko Haram qui avaient pris le contrôle des localités de Damboa et Gwoza, mais se seraient débinés.

Selon les mêmes sources, ces soldats sont différents de ceux qui s’étaient mutinés en mai sous le prétexte qu’ils étaient sous-équipés pour faire face aux insurgés.

Le haut commandement de l’armée nigériane serait très contrarié par le comportement de ses soldats qui sont actuellement aux arrêts.

L’armée se bat depuis cinq ans pour contenir les assauts de Boko Haram, qui en avril dernier a pris en otage près de 200 lycéennes à Chibok (nord-est du pays) et dont on est sans nouvelle depuis lors.

Apanews.net

Nigeria : 53 islamistes et six militaires tués dans des combats

juillet 6, 2014

L’armée nigériane a annoncé samedi avoir tué 53 insurgés islamistes et avoir perdu six hommes dans des affrontements en représailles à une attaque à Damboa, ville située dans le nord-est du Nigeria. Cette région est prise pour cible quasi quotidiennement par la secte Boko Haram.

Les islamistes ont commencé par lancer une attaque contre une caserne et le commissariat de police de cette ville de l’Etat de Borno vendredi soir, ce qui a entraîné une riposte de l’armée, a expliqué un porte-parole des armées, dans un communiqué.

« 53 terroristes ont été tués (…) et au total, cinq soldats et un gradé ont également été tués », selon le communiqué.

D’après des témoins interrogés au téléphone, les insurgés étaient nombreux et très lourdement armés, et sont arrivés à bord de quatre blindés saisis par la suite par l’armée. Les témoins estiment que le bilan est sans doute plus lourd tant du côté des civils que des militaires.

« La moitié de Damboa a été brûlée, dont le commissariat de police, les gens fuient la ville », a rapporté un habitant sous couvert d’anonymat, une information qui fait écho à d’autres témoignages.

L’armée critiquée pour son impuissance

L’armée nigériane, très critiquée pour son impuissance face à l’insurrection sanglante du groupe islamiste armé Boko Haram, a tendance a faire état d’un bilan exagéré des morts du côté des insurgés et à minimiser les pertes civiles.

Le communiqué fait aussi état d’un attentat-suicide à Konduga, également dans l’État de Borno, qui a fait quatre morts outre son auteur vendredi. « Un kamikaze a foncé dans un checkpoint à bord d’une Golf, trouvant la mort et causant celle d’un policier et de trois membres d’une milice locale », a dit le porte-parole de l’armée.

Les islamistes sont accusés d’avoir tué des milliers de personnes depuis 2009. Mais depuis le début de l’année, leurs actions se sont multipliées, et ont causé la mort de plus de 2 500 personnes, selon des estimations de défenseurs des droits de l’homme.

Jeuneafrique.com