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Côte d’Ivoire : les raisons du report du dialogue politique

décembre 22, 2021
Patrick Achi, en août 2021, à Paris © ERIC PIERMONT/AFP

La première séance de travail entre les différents acteurs du dialogue politique ivoirien devait avoir lieu ce mardi. Elle a finalement été reportée au 27 décembre. Un délai supplémentaire a été accordé aux partis politiques afin qu’ils déposent leurs propositions de thèmes à débattre.

Faux départ pour le dialogue politique ivoirien. Prévu ce mardi 21 décembre, la première séance de travail entre les représentants des partis politiques ivoiriens est reportée au lundi 27 décembre. La raison ? Certains n’ont toujours pas transmis au gouvernement leurs propositions de thèmes à débattre, alors que la date butoir avait initialement été fixée au vendredi 17 décembre.

« Cette étape étant un préalable au démarrage des travaux en comité restreint, un cadre de discussion approfondie, les structures concernées sont invitées à mettre tout en œuvre en vue de respecter ce délai », a indiqué le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, dans un courrier transmis aux partis.

Rencontre entre Gbagbo et HKB

Vagondo Diomandé a été désigné par le Premier ministre Patrick Achi pour représenter le gouvernement lors de cette cinquième phase du dialogue politique incluant également des organisations de la société civile. Au cours d’une cérémonie à la primature en début de semaine dernière, ce dernier s’était réjoui d’une « nouvelle étape » dans ce processus de dialogue « ouvert, transparent et inclusif » plusieurs fois interrompu ou boycotté par le passé, auquel tous les partis d’opposition ont répondu présents.

Des représentants du PPA-CI de Laurent Gbagbo et du PDCI d’Henri Konan Bédié seront autour de la table. Les deux anciens chefs de l’État se sont par ailleurs entretenus ce lundi soir à Abidjan, au domicile d’HKB. Les deux alliés ont-ils parlé de l’organisation de ce dialogue politique qui doit notamment permettre de préparer les élections locales prévues en 2023 ? Officiellement, non. Il s’agissait simplement « d’une visite fraternelle » pour se souhaiter de bonnes fêtes.

Avec Jeune Afrique Florence Richard – à Abidjan

Côte d’Ivoire : Patrick Achi relance le dialogue politique

novembre 9, 2021
Patrick Achi à Abidjan, le 5 novembre 2021 © ISSOUF SANOGO/AFP

Alors que Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié marquent leur rapprochement, le Premier ministre ivoirien a annoncé face à la presse, ce lundi 8 novembre, la reprise des négociations entre les différents acteurs politiques.

Le 8 novembre, le technocrate Patrick Achi a remis les habits du politique. Pour la première fois depuis sa nomination à la tête du gouvernement, en mars dernier, il s’est soumis à l’exercice de la conférence de presse pour présenter la vision du gouvernement et la feuille de route des prochains mois. Lancé par le président Alassane Ouattara et mis en œuvre par Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, les défunts Premiers ministres, le dialogue politique a connu des fortunes diverses. Parfois contesté par l’opposition, voire boycotté, il visait à instaurer un climat plus serein, notamment dans la perspective de l’élection d’octobre 2020. Une « trêve » consistant en une suspension des mots d’ordre d’appels à la grève, des sit-ins et autres modes de protestation avait été finalement actée. Selon nos informations, Patrick Achi cherche à la prolonger.

Gbagbo et Bédié représentés

La relance du processus de dialogue doit se faire avec les représentants des principaux partis d’opposition, mais en l’absence de leur leader. Ni Henri Konan Bédié du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), ni Laurent Gbagbo pour le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), ne seront autour de la table des négociations. Ce seront leurs collaborateurs qui seront appelés à les représenter.

Le retour de ce dernier, le 17 juin dernier, après dix années de démêlés judiciaires à la Cour pénale internationale, a changé la donne politique. Si Laurent Gbagbo soigne ses relations avec Alassane Ouattara, qu’il a rencontré en juillet, il s’est surtout affiché auprès d’Henri Konan Bédié ces derniers temps. Les deux opposants disent envisager une alliance forte contre le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), au pouvoir, en vue de la prochaine présidentielle, en 2025.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Francis Akindès : « Il y a une ambiguïté dans le discours de Laurent Gbagbo »

octobre 23, 2021
Laurent Gbagbo, lors du lancement de son nouveau parti, le PPA-CI, à Abidjan, le 17 octobre 2021. © SIA KAMBOU/AFP

L’ACTU VUE PAR… Chaque samedi « Jeune Afrique » invite une personnalité à décrypter un sujet d’actualité. Le chercheur Francis Akindès analyse la manière dont le retour sur le devant de la scène politique de l’ancien président ivoirien rebat les cartes.

L’élection de Laurent Gbagbo à la tête de sa nouvelle formation politique, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), et les prises de parole de l’ancien président ivoirien, en tribune ou dans la presse, marquent le retour sur le devant de la scène d’un animal politique. Quatre mois après son retour à Abidjan, suite à son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) au terme d’une décennie de procédure, l’ancien président ivoirien laisse planer le doute sur ses intentions de se lancer dans la course à la présidentielle, quitte à considérer que l’éventuelle instauration d’une limite d’âge pour les candidats ne le concerne pas.P

De ses demandes portant sur le retour des exilés à ses positions vis-à-vis d’Alassane Ouattara et d’Henri Konan Bédié, en passant par les conséquences politiques de la rupture de ses relations avec l’ancienne première dame Simone Gbagbo et l’épée de Damoclès que constitue sa condamnation à 20 ans de prison dans l’affaire du « casse de la BCEAO », Francis Akindès, sociologue et enseignant à l’Université de Bouaké, décrypte les conséquences du retour de l’ancien président, bien décidé selon lui à prendre « une revanche personnelle ».

Francis Akindes.
Francis Akindes. © DR

Jeune Afrique : Que vous inspire le retour en politique de l’ancien président ivoirien, quatre mois après être rentré à Abidjan et après dix ans d’absence ?

Francis Akindès : Cela correspond à deux choses. D’abord, Laurent Gbagbo montre son intérêt pour le champ politique dont il a été l’un des principaux animateurs pendant plusieurs décennies. Par son absence, pour les raisons que l’on connaît, un vide s’est créé. Il a manqué à l’opposition, dont il est resté une figure tutélaire. Il revient donc prendre la place qu’il considère être la sienne.

La deuxième chose est qu’il a une revanche personnelle à prendre. Primo, par rapport à son extraction brutale de l’arène politique en 2010 ; secondo, vis-à-vis de son ancien colistier, Pascal Affi N’Guessan, qui a repris les rênes du Front populaire ivoirien (FPI). Comme il l’a dit lui-même, il lui laisse « l’enveloppe » FPI… Et tertio, à l’ancienne première dame Simone Gbagbo, il entend montrer que c’est lui, le chef.

Simone Gbagbo, qui n’a pas été associée à la création de ce nouveau parti, a depuis lancé son propre mouvement. Quelle conséquence, pour Laurent Gbagbo ? 

Ce que Laurent Gbagbo aura d’abord à gérer, c’est le morcellement notable du mouvement qui l’a accompagné jusque-là. Le PPA n’hérite pas de toutes les composantes du FPI historique, car Affi N’Guessan va en prendre une partie. Et Simone Gbagbo également, car une frange de l’électorat lui est favorable et lui restera fidèle.

Le nouveau parti de Laurent Gbagbo part avec des boulets au pied, puisqu’il ne profite pas de la mécanique et du système du FPI, constitué initialement par ces trois protagonistes. Cela a un coût politique que Laurent Gbagbo devra gérer.

Lors de ce congrès, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, d’Henri Konan Bédié) et le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, d’Alassane Ouattara) étaient représentés. Faut-il y voir une étape importante dans le processus de réconciliation ou une entente de façade ?

On peut lire la chose de deux manières. La première est que chacun des partis politiques fait l’effort, et montre des signes en faveur de ce processus de réconciliation. Mais en même temps, ils ne perdent pas le nord. Chacun a son agenda politique et son couteau dans le dos… Le moment venu, malgré le fait que l’on se réunisse dans le même lieu, le temps d’un week-end pour se congratuler, les dissensions et les oppositions vont renaître et le combat continuer.

LE RENOUVELLEMENT DES GÉNÉRATIONS EST UNE PROBLÉMATIQUE MAJEURE AU SEIN DE LA CLASSE POLITIQUE IVOIRIENNE QUI PEINE À FAIRE PLACE AUX PLUS JEUNES

Laurent Gbagbo a de nouveau réclamé le retour des exilés et la libération des « prisonniers politiques ». Il a également affirmé que rien, pas même une limitation de l’âge à 75 ans pour être candidat à la présidentielle, ne l’empêcherait de concourir s’il le souhaitait… Ce positionnement ne risque-t-il pas de fragiliser les signes d’un apaisement avec Alassane Ouattara, observés depuis le retour de l’ancien président ?

La question du retour des exilés et celle de la libération des prisonniers ont été mises sur la table dès la rencontre entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, le 26 juillet. Il n’y a rien de nouveau.

Celle sur la la limitation de l’âge des candidats à la présidentielle, probablement à 75 ans, cela avait été annoncé par le président Ouattara juste après sa réélection. Si cette hypothèse de limite d’âge était entérinée, cela signifierait que les trois leaders, Gbagbo, Bédié et Ouattara sortent de la course politique. Et l’on assistera, de fait, au renouvellement des générations politiques tant attendu par les Ivoiriens, fatigués de voir les mêmes visages de « frères » ennemis politiques depuis plus de trente ans.

Déjà, Alassane Ouattara envoie des signaux en faveur du renouvellement, en promouvant des jeunes dans les différents appareils politiques et administratifs et en rajeunissant son gouvernement. Il avait lui-même fait la promesse de ne pas se représenter, échaudé qu’il fut par cette affaire de troisième mandat – qu’il dit avoir assumé malgré lui – et que ses partisans qualifient plutôt de « premier mandat de la troisième République ». La nuance est importante.

Du côté du PDCI et du FPI, ce renouvellement a beaucoup plus de mal à s’opérer. C’est une problématique majeure au sein de la classe politique ivoirienne. Tous partis politiques confondus, celle-ci laisse le sentiment d’éprouver des difficultés à faire de la place aux plus jeunes, surtout à la porte du pouvoir exécutif. Gbagbo s’est dit prêt à passer le flambeau à une autre génération tout en affirmant qu’il fera de la politique jusqu’à sa mort. Quel paradoxe ! Surtout que l’ancien président n’a pas habitué ses militants à faire de la politique en deuxième ligne. C’est une véritable ambiguïté dans son discours, de nature à poser quelques problèmes.

IL VA FALLOIR QUE LE PPA-CI NOUS EXPLIQUE CE QU’IL MET DANS LE MOT SOCIALISME

Comment qualifieriez-vous la nature des relations entre Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié ?

Ils tentaient déjà, alors que l’ex-président était en prison, un rapprochement. Mais il ne faut pas qu’ils fassent de la politique sur des malentendus. Je ne vois pas comment des activités politiques peuvent être menées dans le cadre d’une promesse d’alliance aussi floue. Ils se voient, mettent en scène leurs rencontres. Mais, pour l’instant, il n’y a rien de concret. Rien n’est politiquement lisible.

Et dans l’histoire politique récente de ce pays, on nous a habitués aux alliances qui se font et se défont au gré des intérêts du court terme.

Laurent Gbagbo a une épée de Damoclès au-dessus de la tête : sa condamnation à 20 ans de prison dans l’affaire dite du « braquage de la BECEAO ». Il n’a, pour le moment pas bénéficié d’une amnistie, pourtant souvent évoquée. Cela vous étonne-t-il ?

Selon le pouvoir, la justice a tranché. Et elle a la possibilité d’exhumer cette décision pour bloquer toutes avancées de Laurent Gbagbo en cas de débordements. Tous les analystes de la scène politique ivoirienne le savent. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, sur cette question, se regardent en chiens de faïence, en attendant qui dégainera le premier. La question des usages politiques possibles de cette décision de justice est un non-dit dans leur relation.

Le PPA-CI insiste sur sa dimension panafricaniste. Est-ce un positionnement qui relève de la stratégie politique en opposition au libéralisme du gouvernement ou d’une réelle conviction pour Laurent Gbagbo ?

Je n’ai pas compris l’alignement de ces trois mots au PPA : socialisme, panafricanisme et souverainisme. D’abord, que veut dire être socialiste aujourd’hui dans un monde où cette idéologie, intrinsèquement en perte de vitesse quasiment partout dans le monde, ne permet plus de penser et d’organiser l’action politique ? Les mots, en politique, ont une importance. Il va bien falloir que le PPA-CI nous explique ce qu’il met dans son socialisme, alors que les politiques économiques en Côte d’Ivoire, même du temps de la gouvernance de Laurent Gbagbo, entre 2000 et 2010, ont toujours été d’inspiration néolibérale.

Idem pour le panafricanisme et le souverainisme. Quel lien le PPA fait-il entre panafricanisme et souverainisme ? Ce sont des mots qui ont vraiment besoin d’être clarifiés, car on a l’impression d’avancer dans un clair-obscur. Et puis, que veulent dire ces termes dans le contexte politique ivoirien actuel ? On aimerait bien le savoir.

Avec Jeune Afrique par Florence Richard – à Abidjan

Côte d’Ivoire : avec un nouveau parti, Laurent Gbagbo signe son grand retour en politique

octobre 16, 2021
Laurent Gbagbo, en juin 2021. © Leo Correa/AP/SIPA

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo lance ce week-end un nouveau parti politique pour « réunir la gauche », avec l’élection présidentielle de 2025 en ligne de mire.

« C’est le grand retour de Laurent Gbagbo sur la scène politique », se félicite Justin Koné Katinan, porte-parole de l’ancien chef de l’État. Depuis son arrivée à Abidjan le 17 juin, acquitté par la justice internationale qui le jugeait pour crimes contre l’humanité dans la sanglante crise post-électorale de 2010, Laurent Gbagbo n’a pourtant jamais été très loin de la politique.

Visite chez l’ex-président et ancien rival Henri Konan Bédié, rencontre de « réconciliation » avec le chef de l’État Alassane Ouattara, rupture consommée avec son ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan : il a occupé le paysage politique ivoirien. « Assumons de faire de la politique », avait-il lancé dès le 10 juillet dernier, lors de sa visite chez Henri Konan Bédié.

Le Front populaire ivoirien (FPI), son parti historique fondé dans la clandestinité en 1982, étant désormais aux mains de Pascal Affi N’Guessan, Laurent Gbagbo a choisi de donner un nouveau souffle à son retour en créant sa propre formation.

Panafricanisme

Près de 1 600 délégués sont attendus au prestigieux Hotel Ivoire d’Abidjan pour rédiger le manifeste et les textes de cette nouvelle formation qui devrait s’appeler « Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire » (PPA-CI). Dans le nom comme dans le logo – deux mains entrelacées dans une carte d’Afrique – qui seront proposés dimanche, l’accent est mis sur la dimension panafricaine du parti. La souveraineté de l’Afrique face aux puissances occidentales devrait d’ailleurs faire partie des thèmes phares du congrès ce week-end.

SIMONE GBAGBO ENVOIE DES SIGNAUX CES DERNIÈRES SEMAINES POUR FAIRE CAVALIER SEUL

Pas question pour autant de délaisser la politique nationale en Côte d’Ivoire. Dans l’entourage de l’ancien président, le mot d’ordre est clair : ce nouveau parti vise à recréer un débat politique dans un pays où l’opposition est considérablement affaiblie depuis 10 ans.

« Nous voulons constituer un parti d’opposition politique normal qui apporte une critique. Pour que le débat quitte la violence et devienne essentiellement politique », clame Justin Koné Katinan. « On attend de voir si ce sera une opposition réelle ou un parti en quête du pouvoir. On verra comment ils vont procéder, quel sera leur programme alternatif », estime l’analyste politique Sylvain N’Guessan.

Avec Simone Gbagbo ?

Reste à savoir quelles personnalités politiques ivoiriennes rejoindront cette plateforme. Une grande partie des cadres et anciens ministres du FPI vont suivre leur ancien leader dans cette nouvelle aventure, mais quelques inconnues demeurent.

Simone Gbagbo d’abord. L’ex-Première Dame, dont Laurent Gbagbo a demandé le divorce à son retour en Côte d’Ivoire envoie des signaux ces dernières semaines pour faire cavalier seul, à l’image du lancement d’une plateforme la soutenant.

Charles Blé Goudé, ensuite. L’influent pilier du régime de Gbagbo (2000-2011), dont il a été le co-accusé à la Haye, est toujours bloqué aux Pays-Bas depuis son acquittement, faute de passeport, mais entretient le mystère sur son rôle lors de son retour en Côte d’Ivoire.

Enfin Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion qui a aidé Alassane Ouattara à accéder au pouvoir contre Laurent Gbagbo et aujourd’hui tombé en disgrâce, condamné à perpétuité en juin pour « complot » et actuellement en exil. De quoi laisser la porte entrouverte à celui qui incarne désormais une frange de l’opposition au chef de l’État.

« Ceux qui veulent nous rejoindre savent à quoi s’en tenir. Nous sommes un parti de gauche, et ceux qui s’y retrouvent peuvent venir », glisse Justin Koné Katinan. Le lancement de ce parti, quatre mois après le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, est en tout cas une première étape vers la présidentielle de 2025. Un projet de l’exécutif visant à limiter l’âge des candidats à 75 ans pourrait toutefois constituer un obstacle aux ambitions de Laurent Gbagbo. En 2025, il aura 80 ans.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo de nouveau réunis

octobre 6, 2021
Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo le 6 octobre 2021 © Aissatou Diallo

Pour la deuxième fois depuis le retour de l’ancien président socialiste, en juin, les deux hommes se sont entretenus ce mercredi à Abidjan, marquant encore leur rapprochement.

« Le président Bédié est en deuil. Nous sommes venus le saluer et lui présenter nos condoléances », a simplement déclaré Laurent Gbagbo au sortir d’un échange d’une demi-heure avec Henri Konan Bédié, à Abidjan. Le patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a récemment subi la disparition de plusieurs membres de son entourage, dont celle de son frère aîné, Marcelin Koffi Bédié, le 27 septembre, et celle de l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny, mort des suites du Covid-19 à Paris le 10 septembre, et dont la dépouille a été rapatriée dans la capitale économique le 23 septembre.

« Rencontre fraternelle »

Alors que beaucoup cherchent les marques d’une éventuelle alliance entre les deux hommes, chacune de leur rencontre est scrutée. Mais Laurent Gbagbo a qualifié cette visite à la résidence de Bédié de « non-politique ». « C’est une rencontre fraternelle », a-t-il insisté. Leurs épouses, Henriette Bédié et Nady Bamba, étaient aussi présentes et ont eu un échange en tête-à-tête avant de les rejoindre.

Henri Konan Bédié était notamment entouré de poids lourds du PDCI, dont le secrétaire exécutif du parti, Maurice Kakou Guikahué, et le coordonnateur général du comité politique, Allah Kouadio Rémi. Laurent Gbagbo, quant à lui, a fait le déplacement avec plusieurs fidèles dont Assoa Adou, l’ancien secrétaire général de son parti.

Depuis son retour d’exil le 17 juin, c’est la deuxième fois que l’ancien prisonnier de la Cour pénale internationale rend visite à Henri Konan Bédié. Le 10 juillet dernier, il avait été chaleureusement accueilli à Daoukro, fief du Sphinx, en signe d’un rapprochement entre les deux anciens ennemis.

Futur parti

Quelques jours plus tard, le 27 juillet, il avait été invité par Alassane Ouattara à la présidence. Les deux hommes, qui ne s’étaient pas revus depuis le 25 novembre 2010, à l’occasion d’un débat télévisé avant le second tour de la présidentielle, avaient parlé de réconciliation nationale et évoqué une éventuelle rencontre à trois, avec Bédié.

Rentré d’un voyage privé en Europe le 30 septembre, Laurent Gbagbo s’attèle aux derniers préparatifs du congrès constitutif de son futur parti, qui se tiendra les 16 et 17 octobre à l’hôtel Ivoire. Selon nos informations, plusieurs VIP et responsables politiques y prendront part. Mais aucun des deux présidents n’a dit si Henri Konan Bédié y sera convié.

Avec Jeune Afrique par Aïssatou Diallo

Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo reléguée au second plan du futur parti de Laurent Gbagbo

septembre 7, 2021
Laurent Gbagbo prononce un discours lors d’une réunion avec des chefs traditionnels et des membres de son parti dans sa résidence à Mama, son village natal, le 28 juin 2021.

Assoa Adou, Sébastien Dano Djédjé… Tous les cadres historiques du FPI figurent dans l’équipe chargée de préparer le congrès du futur parti de Laurent Gbagbo. L’ancienne Première dame ne se voit confier qu’un rôle secondaire.

Attendue la semaine dernière, la liste a fini par tomber. Ce mardi 7 septembre, Laurent Gbagbo a dévoilé l’équipe chargée de préparer le congrès constitutif de son futur parti, censé se tenir d’ici fin octobre. Sans surprise, la plupart des membres de son premier cercle et de la vieille garde du Front populaire ivoirien (FPI) en fait partie. En tout, près de 100 personnes, réparties en différentes commissions.

Plusieurs figures des « GOR » (les « Gbagbo ou rien », ses partisans qui lui sont restés fidèles malgré la scission avec le FPI de Pascal Affi N’Guessan) composent le « comité de coordination ». On y retrouve ainsi Assoa Adou, principal responsable du FPI pro-Gbagbo durant l’absence de l’ancien président, Hubert Oulaye, ancien ministre et président du groupe parlementaire Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) à l’Assemblée nationale, ou encore Sébastien Dano Djédjé, ex-ministre de la Réconciliation nationale – lequel est aussi nommé président du futur congrès constitutif. Jean-Baptiste Gnahoré, ex-président du conseil régional de Gagnoa, et Emmanuel Ackah, ancien directeur de cabinet de Gbagbo, complètent ce comité de coordination.

Simone Gbagbo reste « une personnalité éminente »

La commission chargée de l’élaboration du manifeste du futur parti sera présidée par Laurent Akoun, vieux compagnon de route du « Woody de Mama ». Celle chargée de son règlement et de proposer un nom et un sigle sera, elle, dirigée par André Kouassi Kouakou. La vingtaine de personnes qui composent chacune de ces deux commissions sont convoquées dès demain à 10h au domicile abidjanais d’Abou Drahamane Sangaré, ancien secrétaire général du FPI décédé en 2018, pour une première séance de travail. Parmi elles, de nombreux membres de la garde rapprochée de Gbagbo, comme Justin Koné Katinan, Damana Pickass, Emmanuel Monnet, Habiba Touré, Georges-Armand Ouégnin, Émile Guiriéoulou…

Enfin, des dizaines de responsables plus ou moins en vue du FPI pro-Gbagbo complètent le « groupe de réflexion élargi » sur le futur parti. Dans la liste ressort notamment le nom de Simone Ehivet Gbagbo, l’ancienne Première dame. Depuis son retour à Abidjan, le 17 juin, l’ancien chef de l’État a rompu au sens propre comme au figuré avec son ex-femme, dont il a officiellement demandé le divorce.

« Elle n’en reste pas moins une éminente personnalité du FPI. Je ne vois pas pourquoi elle ne ferait pas partie de la future équipe, comme tous les autres hauts responsables du parti », glissait un intime de Gbagbo il y a quelques jours. Alors que des rumeurs font part de sa tentation de créer son propre mouvement politique, Simone Gbagbo n’a pas encore publiquement réagi à sa nomination.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Côte d’Ivoire-Laurent Gbagbo: Rituel de Purification du président Laurent Gbagbo par le peuple Wê

août 29, 2021

Avec Ivoire TV5

Côte d’Ivoire : « Gbagbo : le souverainisme plus que le socialisme »

août 10, 2021

Avec TV5Monde

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo propose la création d’un nouveau parti

août 10, 2021

Avec RFI

Côte d’Ivoire: Le torchon brûle entre les deux formations du clan FPI

août 5, 2021

Avec RFI