Posts Tagged ‘Laurent Gbagbo’

Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié souhaite un retour « dans les meilleurs délais » de Laurent Gbagbo

avril 10, 2021
Henri Konan Bédié, lors du meeting du PDCI à Yamoussoukro, le 12 septembre 2020.

L’ex-chef de l’État ivoirien Henri Konan Bédié a souhaité samedi un retour « dans les meilleurs délais » de l’ancien président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, après leur acquitement de crimes contre l’humanité par la justice internationale.

« Je me réjouis (…) de l’acquittement définitif du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé », a déclaré Henri Konan Bédié dans un discours à Abidjan, à l’occasion du 75e anniversaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qu’il préside. « Je souhaite que le gouvernement prenne toutes les dispositions nécessaires pour favoriser leur retour en Côte d’Ivoire dans les meilleurs délais et dans des conditions sécurisées », a-t-il ajouté.PUBLICITÉ

« Libres de rentrer quand ils le souhaitent »

Il a affirmé que son parti continuerait « sans relâche toutes les actions avec l’ensemble de l’opposition en vue de créer les conditions d’un climat politique apaisé, propice à la réconciliation et à la reconstruction d’un État de droit ». Le PDCI a « construit » la Côte d’Ivoire « sur des bases solides qui ont permis et permettent encore aujourd’hui à notre pays, de plier sans fléchir sous les crises politiques, les crises économiques et sociales depuis trois décennies », a-t-il estimé.

Après l’acquittement définitif de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé par la CPI le 31 mars, le président Alassane Ouattara a indiqué le 7 avril que les deux hommes sont « libres de rentrer en Côte d’Ivoire quand ils le souhaitent », précisant que les frais de voyage de l’ancien président, ainsi que ceux de sa famille, seront pris en charge par l’État

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire/Alassane Ouattara : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé « libres de rentrer quand ils le souhaitent »

avril 7, 2021
Alassane Ouattara, lors du conseil des ministres du 7 avril 2021.

Le chef de l’État ivoirien a indiqué que l’ex-président et son ancien ministre de la Jeunesse peuvent désormais rentrer « quand ils le souhaitent » et que l’État prendra en charge les frais du retour de Laurent Gbagbo.

Une semaine après l’acquittement définitif de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, les deux hommes sont « libres de rentrer en Côte d’Ivoire quand ils le souhaitent ». C’est ce qu’a indiqué ce mercredi le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, lors du conseil des ministres, précisant que les frais de voyage de l’ancien président, ainsi que ceux de sa familles, seront pris en charge par l’État.

L’ex-président ivoirien et son ancien ministre de la Jeunesse ont été définitivement acquittés par la chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI), le 31 mars, des faits de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre 2010 et 2011. Début décembre, Laurent Gbagbo, qui vit actuellement en Belgique, s’était déjà vu remettre deux passeports, l’un diplomatique, l’autre ordinaire.

Statut d’ancien président

« Des dispositions seront prises pour que Laurent Gbagbo bénéficie, conformément aux textes en vigueur, des avantages et indemnités dus aux anciens présidents de la République », a par ailleurs indiqué Alassane Ouattara.

Interrogé sur la condamnation de Laurent Gbagbo,  en 2019, par la justice ivoirienne à vingt ans de réclusion et à une amende de 329 milliards de F CFA dans l’affaire du « braquage de la BCEAO », le nouveau porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a botté en touche. Il a indiqué s’en tenir aux propos du chef de l’État, « qui a dit que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé pouvaient rentrer quand ils le voudraient ».

Faut-il alors s’attendre à une grâce présidentielle, voire à une amnistie ? Selon nos informations, des négociations sont en cours pour une levée de toutes les condamnations de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara « reste bienveillant quant à la situation des victimes qui continueront à bénéficier du soutien de la Côte d’Ivoire », a tenu à préciser le porte-parole du gouvernement.

Avec Jeune Afrique par Florence Richard à Abidjan

Côte d’Ivoire: Simone Ehivet Gbagbo danse suite à l’acquittement de Laurent Gbagbo à la CPI

mars 31, 2021

Avec ABC Plus

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo acquitté en appel

mars 31, 2021
Laurent Gbagbo, lors d’une audience à la CPI.

La chambre d’appel de la CPI a confirmé l’acquittement de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, prononcé en première instance le 15 janvier 2019. Cette décision ouvre la voie au retour de l’ancien président ivoirien dans son pays.

Il a levé les deux pouces en l’air en direction de son avocate à l’énoncé du verdict. Pour Laurent Gbagbo, c’en est terminé : après une décennie de procès devant la Cour pénale internationale (CPI), il est définitivement libre. Ce mercredi 31 mars, la chambre d’appel de la juridiction internationale a confirmé son acquittement ainsi que celui de Charles Blé Goudé, prononcé en première instance le 15 janvier 2019. Les deux hommes étaient accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité durant la crise postélectorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire, qui avait fait plus de 3 000 morts.

« La chambre d’appel rejette l’appel du procureur et confirme la décision de la chambre de première instance », a déclaré le juge nigérian Chile Eboe-Osuji, président de la chambre et ancien président de la CPI, au terme d’un long exposé d’une heure, durant lequel il est revenu sur les différentes étapes de la procédure. La chambre d’appel a également décidé de révoquer toutes les conditions de la mise en liberté de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, qui sont désormais libres de leurs mouvements.

« Dix ans presque jour pour jour après le début de cette procédure, cette décision est la victoire de la justice, mais aussi la victoire d’un homme, celle du président Laurent Gbagbo, injustement accusé et qui voit aujourd’hui son innocence pleinement reconnue, se félicite son avocat, Me Emmanuel Altit. Ce 31 mars restera aussi comme une date importante pour la Côte d’Ivoire, car cette décision va dans le sens de la réconciliation nationale. »

Massés devant l’entrée principale de la cour, à La Haye, les dizaines de partisans de l’ex-président et de l’ex-leader des Jeunes patriotes ont laissé exploser leur joie à l’annonce de leur acquittement définitif. « Nous y sommes enfin, s’enthousiasme Prisca Digbeu, venue spécialement de France pour l’occasion. En 2011, nous étions en pleurs quand Laurent Gbagbo est entré à la CPI, car on ne savait pas quand il allait en ressortir. Dix ans plus tard, nous sommes heureux et émus. L’heure est venue pour lui de rentrer en Côte d’Ivoire pour participer à la réconciliation nationale. »

Une décennie de procédure

Après le verdict, Laurent Gbagbo s’est isolé avec son épouse, Nady Bamba, et ses avocats dans un salon du tribunal. L’ancien chef de l’État, 75 ans, affaibli par ses huit années de détention, était pendu au téléphone mais n’a pas souhaité réagir publiquement.

En début d’après-midi, il avait fait son arrivée dans une CPI déserte en raison de la situation sanitaire. Costume-cravate sombre, lunettes de soleil sur le nez, il s’était dit « confiant » quant à l’issue de la procédure. Et avait ajouté, sourire en coin en pénétrant dans le hall principal de la CPI : « C’est la première fois que je passe par ici et non par l’entrée des prisonniers ! »

Pour le bureau de la procureure, Fatou Bensouda, qui avait fait appel de l’acquittement des deux hommes en septembre 2019, cette décision est un nouveau désaveu cinglant. En janvier 2019, les juges avaient pointé le manque de preuve de l’accusation – le président de la chambre allant même jusqu’à évoquer la « faiblesse exceptionnelle » du dossier de la procureure. Alors qu’elle s’apprête à passer la main au Britannique Karim Khan en juin, nul doute que cette affaire restera comme le principal échec de la magistrate gambienne durant son mandat à la CPI.

Pour Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, c’est la fin d’un long combat judiciaire. Après plusieurs années de détention à la prison de Scheveningen, ils avaient été remis en liberté sous conditions après leur acquittement en première instance. Contraints de rester à proximité de la CPI et de demeurer à sa disposition, l’ancien chef de l’État s’était installé à Bruxelles, en compagnie de Nady Bamba, tandis que Charles Blé Goudé avait choisi de rester à La Haye.

Le Woody de Mama et l’ex-« général de la rue » avaient ensuite vu leur régime de liberté conditionnelle allégé en mai 2020. Concrètement, ils étaient depuis autorisés à changer de lieu de résidence et à vivre où ils le voulaient, à condition d’obtenir l’accord des autorités du pays concerné. Immédiatement, les partisans de Gbagbo s’étaient mis à rêver d’un retour imminent de leur mentor en Côte d’Ivoire.

Tractations pour un retour

Mais malgré cette volonté affichée de rentrer à Abidjan, le retour de Gbagbo est sans cesse reporté. Dépourvu de passeport, recalé à la présidentielle du 31 octobre 2020… L’ancien président rencontre de nombreux obstacles. Ses proches accusent les autorités ivoiriennes de tout faire pour l’empêcher de rentrer. De leur côté, Alassane Ouattara et son entourage assurent qu’ils sont disposés à permettre son retour, mais uniquement lorsque la CPI aura définitivement statué sur son sort.

ALORS QUE LES TRACTATIONS ENTRE LES DEUX CAMPS SE TENAIENT JUSQUE-LÀ EN COULISSES, ELLES SONT DÉSORMAIS OFFICIALISÉES

Après sa réélection pour un troisième mandat en octobre dernier, au terme d’une élection marquée par des violences et le « boycott actif » d’une partie des candidats de l’opposition, le chef de l’État entrouvre davantage la porte au retour de son prédécesseur. Alors que les tractations entre les deux camps se tenaient jusque-là en coulisses entre discrets émissaires, elles sont désormais officialisées.

Début janvier, le Premier ministre Hamed Bakayoko – décédé depuis – reçoit ainsi officiellement Assoa Adou, le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), pour évoquer formellement les modalités du retour de l’ex-président à Abidjan. Parmi les obstacles restant notamment à lever : sa condamnation par la justice ivoirienne, en janvier 2018, à vingt ans de prison dans l’affaire du « braquage » de l’agence nationale ivoirienne de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). De son côté, Alassane Ouattara, bien que peu pressé de voir son ancien rival rentrer, a toutefois répété qu’il était prêt à permettre son retour en Côte d’Ivoire une fois qu’il serait définitivement acquitté par la CPI. C’est désormais chose faite.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger – Envoyé spécial à La Haye

Côte d’Ivoire : KKB va rencontrer Laurent Gbagbo pour évoquer son retour

février 18, 2021
Kouadio Konan Bertin, à Paris, le 26 novembre 2019.

Le ministre ivoirien de la Réconciliation nationale, Kouadio Konan Bertin (KKB), a annoncé jeudi sa volonté de se rendre prochainement à Bruxelles, pour y rencontrer l’ancien président Laurent Gbagbo et évoquer avec lui les modalités de son retour en Côte d’Ivoire.

« La semaine prochaine, je vais à Accra » rencontrer des exilés ivoiriens et de là « je vais à Bruxelles rencontrer Laurent Gbagbo », a déclaré Kouadio Konan Bertin, dit KKB, dans un entretien à l’AFP. Une information confirmée à Jeune Afrique par le ministre, qui n’a cependant pas précisé la date de la rencontre. « Nous avons engagé des procédures pour les deux voyages », a-t-il indiqué à JA.

« Le principe en est acquis », avec l’accord du président Alassane Ouattara, a-t-il assuré, ajoutant : « C’est en son nom que j’agis. » Lors de sa future rencontre avec Laurent Gbagbo, les « conditions » du retour de l’ancien président seront discutées, selon Kouadio Konan Bertin, qui a qualifié l’ex-chef de l’État « d’acteur majeur » de la vie politique ivoirienne, dont « l’avis doit être pris en compte ». Il a estimé qu’un retour doit être « négocié pour consolider la paix sociale ».

« Il ne faut pas oublier qu’il y a des mesures liées au Covid », a-t-il cependant précisé à Jeune Afrique, insistant sur le fait que s’il « s’organise », sa rencontre avec Laurent Gbagbo est encore à l’état de « projet ».

Inquiétude du FPI

KKB a également prévu de rencontrer à La Haye Charles Blé Goudé, acquitté en même temps que Laurent Gbagbo de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI), qui attend aussi de pouvoir rentrer dans son pays.

La semaine dernière, le Front populaire ivoirien (FPI) s’est inquiété du retard pris dans un retour que l’ex-chef de l’État avait espéré en décembre dernier après l’obtention de deux passeports, un ordinaire et un diplomatique. « Alassane Ouattara fait tout pour gagner du temps, avait affirmé Michel Gbagbo à Jeune Afrique. Au début, mon père devait rentrer après la présidentielle. Maintenant, c’est après les législatives. Quel sera le prochain prétexte ? »

Le FPI, qui va mettre en place le 24 février « un Comité national d’accueil », a appelé le gouvernement « à réunir, dans un délai convenable, les conditions du retour effectif en Côte d’Ivoire du président Laurent Gbagbo ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé évoque son « retour » avec Laurent Gbagbo

décembre 6, 2020
Charles Blé Goudé, le 5 juin 2019 aux Pays-Bas.

L’ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens, Charles Blé Goudé, a évoqué dimanche son « retour » en Côte d’Ivoire avec Laurent Gbagbo, qui a annoncé vendredi avoir obtenu son passeport et vouloir rentrer en décembre.

Comme l’ex-président ivoirien, Charles Blé Goudé, 48 ans, a été acquitté de crimes contre l’humanité en première instance par la Cour pénale internationale (CPI) et attend, en liberté conditionnelle à La Haye, un éventuel procès en appel.

« Le président Gbagbo a personnellement tenu à me donner de vive voix l’information (de la délivrance de son passeport, NDLR), (il) a pris sur lui la responsabilité d’ouvrir le chemin de notre retour vers la mère patrie », écrit Charles Blé Goudé dans un communiqué dimanche 6 décembre. Une porte de retour vers Abidjan s’ouvre pour nous ».

« Son retour (à Laurent Gbagbo, NDLR) en terre natale pourra grandement contribuer à l’apaisement de la situation socio-politique altérée », a-t-il estimé, saluant un « acte républicain et fraternel des autorités ivoiriennes ».

Un retour en décembre ?

Laurent Gbagbo a reçu, vendredi 4 décembre en fin de matinée et en présence de son avocate Me Habiba Touré, ses deux passeports des mains de la cheffe de cabinet du ministre ivoirien des Affaires étrangères et de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire à Bruxelles. La délivrance de ces documents, un diplomatique et un ordinaire, avait été actée par le président Alassane Ouattara début novembre.

Dans un communiqué, Me Habiba Touré a précisé que l’ancien chef de l’État envisageait désormais de rentrer en Côte d’Ivoire avant la fin de l’année 2020. « Il a désigné à cet effet Assoa Adou pour approcher les autorités compétentes afin d’organiser son retour dans la quiétude, conformément à son statut d’ancien président de la République », avait-elle expliqué.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte-d’Ivoire : Alassane OUATTARA octroie un passeport à Laurent GBAGBO

novembre 13, 2020

Laurent Gbagbo « a commis des erreurs mais c’est un frère», Alassane Ouattara @JDD

Réélu pour un troisième mandat, le président Alassane Ouattara a acté la remise d’un passeport diplomatique à l’ancien président, Laurent Gbagbo, selon Africaintelligent.

Alassane Ouattara vient de poser un deuxième pas vers la réconciliation nationale et la décrispation de la crise ivoirienne. Après sa main tendue à son principal opposant Henri Konan Badié, soldée par une rencontre au Golf hôtel d’Abidjan, Alassane Ouattara vient d’acter la remise d’un passeport diplomatique à l’ancien président Laurent Gbagbo.

Avec Brazzanews Source : News Bénin Web TV

[Tribune] Ouattara, Bédié, Gbagbo… Présidentielle 2020, retour vers le futur?

août 4, 2020

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro.

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro. © Montage JA

 

À trois mois de la présidentielle ivoirienne, les principaux états-majors politiques semblent davantage miser sur leurs leaders historiques, laissant craindre un remake des présidentielles du passé.

Ce mercredi 29 juillet, la grande salle du Sofitel Hôtel Ivoire affiche complet. Les membres du Conseil politique du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) convoqués d’urgence par Alassane Ouattara, 78 ans, ont répondu massivement présents.

De la tribune, Adama Bictogo, directeur exécutif du RHDP, multiplie les paroles élogieuses à l’endroit du chef de l’État. « Monsieur le président, vous êtes notre boussole, le bouclier du RHDP, le manteau protecteur de notre pays contre les incertitudes et les aventures », lâche-t-il, salué par un tonnerre d’applaudissements.

ADO appelle à la patience

Après le décès de l’ex-Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, candidat du RHDP, le parti présidentiel est à la recherche d’un nouveau candidat. Tous les regards, au sein de la coalition au pouvoir, sont tournés vers Ouattara. Les instances du parti pressent ce dernier de se porter candidat, invoquant « le cas de force majeure ».

Ouattara prend son temps et appelle à la patience, réclamant pour répondre d’attendre l’issue de la période de deuil musulman, soit après le 18 août. Sauf surprise, cependant, il devrait être le porte-flambeau du RHDP à la présidentielle d’octobre 2020.

De l’autre côté, les deux autres principaux leaders politiques affûtent leurs armes, pour aller, une fois de plus, au combat. Henri Konan Bédié a obtenu l’onction de son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Il était l’unique candidat.

« Les jeunes savent que c’est pour eux que je me présente. C’est pour qu’ils aient accès à tous les postes de gestion de la nation ivoirienne. Donc, ma mandature sera consacrée à mieux les préparer, les former à assumer ces responsabilités, dans tous les secteurs », confie Bédié, 86 ans, à qui veut l’entendre. Une profession de foi qui rappelle ceux qu’il déployait lors de la présidentielle d’octobre 2010, alors qu’il était, avec Francis Wodié, 84 ans, l’un des deux doyens parmi les candidats.

La même affiche électorale qu’en 2010… ?

Autre parti, autre potentiel candidat. La dissidence du Front populaire ivoirien (FPI) est à l’œuvre pour faire de Laurent Gbagbo, 75 ans, son candidat, alors que la branche légale présidée par Pascal Affi N’Guessan a fait de ce dernier son candidat.

L’éligibilité de Gbagbo, qui vit en liberté conditionnelle à Bruxelles depuis qu’il a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI),  semble toutefois hypothétique. D’abord parce que son passeport ivoirien n’a pas encore été renouvelé. En outre, parce que son nom a été retiré de la liste électorale, par la Commission électorale indépendante (CEI).

Condamné en janvier 2018 à vingt ans de prison pour « vol en réunion par effraction, portant sur des caves à l’Agence nationale de la Bceao (Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest), et des numéraires; complicité de vol en réunion, par effraction; destruction d’une installation appartenant à autrui; détournement de deniers publics », Gbagbo, perd, selon le code électoral ivoirien, sa qualité d’électeur et de candidat éligible. Surtout, s’il met le pied à Abdijan, c’est la prison qui l’attend.

S’achemine-t-on vers la même affiche électorale de 2010, qui a vu les « trois Grands » s’affronter au premier tour, avant que Bédié rallie Ouattara contre Gbagbo, au second tour ? Rien n’est moins sûr. Sauf si le chef de l’État ivoirien décidait d’aller à l’apaisement avec ses adversaires, comme il l’avait fait deux ans plus tôt par l’amnistie de plusieurs prisonniers politiques, dont Simone Gbagbo.

« Le président Ouattara pourrait décider d’amnistier tous les politiques condamnés à l’occasion de son discours du 7 août, date commémorative de l’indépendance de la Côte d’Ivoire », espère ainsi Mamadou Traoré, responsable de Générations et peuples solidaires (GPS), le mouvement de Guillaume Soro, candidat déclaré mais en exil en France, après avoir été condamné à vingt ans de prison pour « recel de deniers publics détournés et de blanchiment de capitaux ». Dans un tel scénario, on se dirigerait vers un quasi-remake de la présidentielle d’octobre 2010, avec un Guillaume Soro non plus arbitre – il était alors Premier ministre -, mais acteur.

… Ou le scénario de la présidentielle de 2000 ?

En revanche, dans le cas où les candidatures de Gbagbo et de Soro étaient effectivement rejetées, « nous serions dans un scénario similaire à celui d’octobre 2000, avec d’un côté, un président sortant candidat à sa propre succession après avoir pourtant déclaré sa volonté de ne pas se représenter, comme le chef de la junte militaire Robert Guéï. Et de l’autre, un candidat issu du principal de l’opposition. En 2000, ce rôle avait été tenu par Gabgbo, cette fois, ce serait Bédié », estime l’analyste politique Sylvain N’Guessan.

Dans les deux cas, le spectre du passé hante les esprits. En 2000, la présidentielle qui a vu la victoire de Gbagbo face à Guéï s’est achevée par une crise postélectorale sanglante.

Dix ans plus tard, alors que le pays était divisé en deux depuis huit ans du fait de la rébellion de Guillaume Soro, l’après-second tour de la présidentielle a duré plus de quatre mois. Bilan officiel : plus de 3000 morts.

Une éventualité dont le nouveau Premier ministre Hamed Bakayoko a pleinement conscience : « Nos défis sont, entre autres, de réussir le pari de faire en sorte que nous ayons des élections dans la paix. Une élection qui est une compétition politique (…) Je veux m’investir avec cette génération parce que si nous réussissons, nous aurons mérité de nos aînés et nous aurons travaillé pour nos descendants ».

Par  André Silver Konan, Journaliste et éditorialiste ivoirien, collaborateur de Jeune Afrique depuis Abidjan.

Laurent Gbagbo introduit une demande de passeport pour rentrer en Côte d’Ivoire

juillet 29, 2020

 Laurent Gbagbo à La Haye, à lissue d'une audience de la CPI, le 6 février 2020.

Laurent Gbagbo à La Haye, à lissue d’une audience de la CPI, le 6 février 2020. © Jerry Lampen/AP/SIPA

 

L’ancien président ivoirien a déposé une demande pour un passeport et un laisser-passer auprès de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles, a annoncé son avocate mardi 28 juillet.

« Après plusieurs demandes infructueuses d’établissement d’un passeport diplomatique auprès du ministère des Affaires étrangères à Abidjan, le président Laurent Gbagbo s’est déplacé ce jour auprès de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles pour introduire une demande de passeport ordinaire et d’un laisser-passer », indique Me Habiba Touré.

« Le Président Laurent Gbagbo compte sur la bonne volonté des autorités ivoiriennes afin qu’il lui soit remis son passeport ou un laisser-passer pour lui permettre de retourner dans son pays, la Côte d’Ivoire », poursuit l’avocate.

« En effet, à l’issue de son acquittement le 15 janvier 2019, et de la levée des conditions restrictives le 28 mai 2020, il est plus que temps pour le président Laurent Gbagbo de rentrer chez lui », conclut-elle.

Compte à rebours

Le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire revêt un enjeu politique majeur, à trois mois de l’élection présidentielle. Son parti le Front populaire ivoirien (FPI) le presse en effet de se présenter au scrutin.

L’ex-chef d’État (2000-2010) a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l’humanité et libéré après sept ans de détention à La Haye. La Cour examine actuellement la demande d’appel de la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

La CPI a refusé une demande de liberté sans condition présentée par Laurent Gbagbo, 75 ans, mais a cependant assoupli les conditions de sa liberté conditionnelle, l’autorisant à quitter la Belgique, où il était assigné à résidence depuis son acquittement, à condition que tout pays dans lequel il souhaite se rendre accepte au préalable de le recevoir.

Il a par ailleurs été condamné par contumace à 20 ans de prison par la justice ivoirienne pour le « braquage » de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : La CPI va-t-elle ouvrir la voie au procès en appel de Laurent Gbagbo ?

juin 22, 2020

Laurent Gbagbo, le 15 janvier 2019 à la CPI.

Laurent Gbagbo, le 15 janvier 2019 à la CPI. © ICC-CPI

 

La demande de procès en appel de l’ancien président ivoirien, formulée par la procureure Fatou Bensouda, sera examinée de lundi à mercredi par la Cour pénale internationale (CPI).

Fatou Bensouda a interjeté appel en septembre 2019 contre l’acquittement prononcé en janvier de cette même année à l’encontre de l’ancien président ivoirien et de l’un de ses proches, Charles Blé Goudé.

L’appel doit démontrer que la chambre de première instance a commis des erreurs de droit et de procédure qui ont abouti à l’acquittement pour tous les chefs d’accusation, estime Mme. Bensouda.

Les deux hommes ont été reconnus non coupables de crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales en Côte d’Ivoire, qui ont fait 3.000 morts. Ils ont été libérés sous conditions en février 2019.

La procureure de la Cour, fondée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde, estime que les juges les ont acquittés sans formuler correctement et sans appliquer de manière cohérente une norme de preuve clairement définie.

L’audience de cette semaine sera « partiellement virtuelle », a indiqué la CPI, en raison de la situation actuelle liée au Covid-19. Il n’est pas clair si les acquittés seront physiquement présents ou s’ils assisteront aux débats par visioconférence.

Les juges décideront ensuite à un « stade ultérieur » si un procès en appel doit avoir lieu.

Bureau de la procureure fragilisé

L’enjeu est important pour le bureau de Mme Bensouda, déjà fragilisé par l’acquittement de Laurent Gbagbo et de l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, acquitté en 2018 de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité après avoir passé près d’une décennie en détention.

Par ailleurs, la CPI est actuellement la cible d’attaques virulentes de la part du président américain Donald Trump, qui a annoncé des sanctions économiques contre des membres de la juridiction – dont Mme. Bensouda – pour la dissuader de poursuivre des militaires américains pour leur implication dans le conflit en Afghanistan.

Récemment, les juges de la CPI ont refusé une demande de liberté sans condition présentée par M. Gbagbo, 75 ans, qui a passé sept ans en détention à La Haye avant d’être acquitté.

Ils ont cependant assoupli les conditions de sa liberté conditionnelle.

Appel au dialogue

L’ex-président est désormais autorisé à quitter la Belgique, où il était assigné à résidence depuis son acquittement, à condition que tout pays dans lequel il souhaite se rendre accepte au préalable de le recevoir.

Le parti politique qu’il a fondé, le Front populaire ivoirien (FPI), a appelé le président Alassane Ouattara au « dialogue » afin de permettre son retour au pays.

Rapidement, une association de victimes de la crise post-électorale de 2010-2011 a fait part de son « opposition énergique » à un éventuel retour de l’ex-président en Côte d’Ivoire.

Par Jeune Afrique avec AFP