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Congo/Débat sur la Constitution : Si le dialogue ne crée pas un consensus, le président Sassou-Nguesso envisage le référendum

mars 6, 2015

 

Le président Sassou-Nguesso à Bruxelles.

Au terme de son séjour officiel à Bruxelles (Belgique) où il a participé à la conférence internationale de haut niveau pour la lutte contre l’épidémie d’Ebola, mardi 3 mars 2015, le président de la République, Denis Sassou-Nguesso, a donné une conférence de presse, à l’hôtel même où il était logé, au cours de laquelle il a abordé plusieurs sujets, comme la lutte contre Ebola et contre le mouvement terroriste Boko Haram, la médiation  en Centrafrique et le débat sur la Constitution.

A propos de ce dernier point, il pense que «si les différentes parties ne trouvaient pas de consensus, par le dialogue, le peuple sera consulté par référendum».

En réalité, le président de la République n’a pas fait évoluer sa position déjà exprimée dans son message de vœux de nouvel an, le 31 décembre 2014. «Il est évident que les affaires des Congolais sont et seront réglées par les Congolais, eux-mêmes, de préférence par le dialogue. Et, si des divergences persistent entre responsables politiques, seul le peuple souverain sera appelé à trancher, par le vote. Il ne saurait en être autrement», avait-il dit.

Depuis, la majorité de la classe politique et de la société civile appelle à la tenue du dialogue. Certains partis de l’opposition ont même exigé que ce dialogue se tienne, au cours de ce mois de mars 2015. Les divergences se manifestent, cependant, sur l’ordre du jour de ce dialogue. Après avoir opté pour le changement de la Constitution, le principal parti de la majorité présidentielle, le P.c.t (Parti congolais du travail), souhaite mettre sur la table du dialogue, la question constitutionnelle. De nombreuses organisations de la société civile souhaitent également, que toutes les questions en débat (gouvernance électorale et Constitution) soient vues, au cours de ce dialogue. Le président du C.n.r (Opposition républicaine), Frédéric Bintsamou pense même qu’on doit aller au dialogue sans condition. Mais, les partis d’opposition, tout comme le M.c.d.d.i, écartent de l’ordre du jour du dialogue national, le débat sur la Constitution qui, à leurs yeux, n’a pas sa raison d’être. Pour eux, le dialogue doit seulement porter sur la gouvernance électorale.

Quoiqu’il en soit, le débat sur la Constitution a créé une psychose dans le pays. Pendant ce temps, le gouvernement ne donne aucun signe de la tenue de ce dialogue tant attendu. A sa conférence de presse, à Bruxelles, le président Denis Sassou-Nguesso a réaffirmé sa position: «Le débat (sur la Constitution) est engagé au Congo, afin de faire évoluer des institutions issues des guerres civiles des années 90. J’ai invité toutes les forces politiques à s’impliquer dans ce débat, pour permettre au Congo de relever, dans les prochaines années, le défi de l’émergence. J’ai aussi dit, à plusieurs reprises, que si les différentes parties ne trouvaient pas de consensus par le dialogue, le peuple sera consulté par référendum».

Seulement, le temps passe et on ne voit rien pointer à l’horizon, en ce qui concerne le fameux dialogue. Cette année, le gouvernement a un agenda chargé, avec la tenue des Jeux africains, en septembre prochain, l’organisation du Fespam (Festival panafricain de musique), et le déroulement de la fête de l’indépendance, à Ouesso, consécutif à la municipalisation accélérée de la Sangha, alors que des chantiers restent inachevés, dans le Pool, les Plateaux, etc. C’est dans ce contexte qu’il faut loger le dialogue national dont les contours ne sont pas encore définis. L’incertitude du lendemain et la chute du prix du baril de pétrole dictent des comportements préventifs de survie aux gestionnaires de l’Etat, qui ont, malheureusement, comme effets pervers d’affecter le fonctionnement des structures publiques. On a l’impression que l’Etat s’est arrêté de fonctionner, particulièrement sur le plan financier, et cela angoisse.

Signalons que la presse occidentale a voulu aussi savoir si le président Sassou-Nguesso sera candidat, en 2016. Pour l’instant, cette question n’est pas à l’ordre du jour. «C’est le débat (sur la Constitution) qui doit prévaloir et non pas celui des candidatures», a-t-il dit. Mais, a-t-il poursuivi, si telle est la volonté des Congolais, pourquoi pas! «Si telle est la volonté des Congolais, oui, mais ce ne sera pas la mienne».

Lasemainafricaine.net par Joël NSONI

Congo/Assemblée nationale : La séance des questions orales au gouvernement marquée par le boycott des députés de l’opposition

avril 23, 2014

Les députés de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), parti membre de l’opposition républicaine, ont quitté la salle des congrès du palais des congrès, vendredi 18 avril 2014, lors de la séance des questions orales avec débats au gouvernement, présidée par Justin Koumba, président de la chambre basse du parlement.

Ce boycott est motivé, selon Pascal Tsaty-Mabiala, premier secrétaire de cette formation politique et président du groupe parlementaire de l’opposition à l’assemblée nationale, par les manœuvres gouvernementales orchestrées, selon lui, pour créer l’absence de certains ministres interpellés sur les questions brûlantes de l’heure, telles que le changement de la constitution et le recensement administratif spécial.

Tout semblait, pourtant, bien démarrer, lorsque Pascal Tsaty-Mabiala a demandé la parole, au début de la séance, pour réagir contre l’absence des ministres à qui leurs questions étaient destinées. Selon lui, il s’agit des manœuvres gouvernementales pour créer l’absence de certains ministres interpellés par les députés de l’opposition, sur les questions aussi importantes, comme le changement de constitution et les résultats du recensement administratif spécial.

«Non, ce n’est pas tout à fait cela», a rétorqué le ministre d’Etat Rodolphe Adada, ministre des transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, qui conduisait la délégation des ministres pour répondre aux questions des députés.

Insatisfaits de cette réponse, qui était appuyée par le président de l’assemblée nationale Justin koumba, les députés de l’U.pa.d.s ont quitté la salle, en pleine séance, pour manifester leur mécontentement, sous le regard étonné de leurs collègues de la majorité présidentielle. Ils se sont rendus au siège de leur parti, à Diata, où Pascal Tsaty-Mabiala s’est prêté aux questions des journalistes. Justifiant cette attitude, il a déclaré: «Nous avons commencé à être habitués. Mais là, c’en est vraiment de trop. C’est la quatrième fois consécutive que les ministres auxquels nous posons les questions essentielles trouvent des bonnes raisons pour ne pas être là. Je ne doute pas de leur bonne foi où des raisons qu’ils peuvent avoir. Mais, cela ne peut pas être de façon successive, avec les mêmes membres du gouvernement où les uns après les autres».

Prenant à témoin les journalistes, il s’en est défendu. «Je ne voudrais pas jeter l’opium sur ces ministres. Même vous les journalistes, vous constaterez qu’une fois, c’est possible qu’on soit indisponible; deux fois, on commence un peu à douter; trois ou quatre fois, il y a, certainement, une position politique derrière ces absences. Et, c’est la lecture que nous avons», a-t-il affirmé.

Pour lui, toutes ces manœuvres expliquent le refus du gouvernement d’engager le débat. «Nous avons pensé que le débat républicain, c’est à l’assemblée nationale. Le débat politique et les meetings, c’est dans la rue. On est en train de refuser le débat là où il doit avoir lieu. Ce n’est pas un débat des sages et des notables, qu’on les laisse tranquilles. C’est un débat entre le gouvernement et nous, l’opposition. On n’est pas si nombreux, mais nous voulons, simplement, de ce débat qui, en réalité, n’a aucune conséquence. Donc, il n’y a aucune conséquence d’éviter ce débat», a-t-il expliqué.

Pascal Tsaty-Mabiala a estimé que l’unique solution, pour l’U.pa.d.s, était de quitter la salle. «Nous l’avions fait. On peut le regretter, mais nous n’avions pas d’autres solutions que de sortir, parce que notre place n’était plus là», a-t-il dit, tout en promettant que si le même feuilleton se reproduit lors de la prochaine séance, ils auront la même attitude. «Nous sortirons de la salle. Vous regardez partout, c’est des attitudes de tous les parlements. Lorsque ça ne va pas, les députés sortent», a-t-il renchéri.

Signalons que les députés de l’U.pa.d.s avaient adressé une série de questions à trois ministres. Il s’agit du ministre de l’intérieur, du ministre de la justice et du ministre des finances. Le départ des députés de l’opposition n’a pas empêché le déroulement de la séance à l’assemblée nationale où les préoccupations des députés de la majorité portaient sur le recrutement à la fonction publique, le programme de mille logements, à Brazzaville et Pointe-Noire, la protection de l’environnement, la faible fréquence des trains sur la ligne Mont-Belo/Mbinda (ex-Comilog), les infrastructures routières, les chansons obscènes, etc.

Le ministre d’Etat Rodolphe Adada s’est montré sensible à la situation des trains sur la ligne Mont-Belo/Mbinda où il n’y a que deux trains par semaine. Il a promis une amélioration de la desserte de cette ligne, grâce à l’apport des sociétés privées.

Répondant au député Blaise Ambeto sur les difficultés de recrutement à la fonction publique, le ministre Guy Brice Parfait Kolélas a dit que cela s’explique par le déséquilibre criard entre les demandeurs et les postes budgétaires attribués. Il a fait remarquer que ce phénomène ne date pas d’aujour-d’hui. «A l’heure actuelle, la priorité de recrutement est donnée aux finalistes des écoles professionnelles», a-t-il précisé.

Interrogé sur la diffusion des chansons obscènes à langage presque pornographique qui heurtent les mœurs sociales, le ministre de la culture et des arts, Jean-Claude Gakosso, a reconnu le phénomène qu’il a, d’ailleurs, lui-même décrit. Mais, il a souligné que c’est difficile de lutter contre ce phénomène culturel. Ce que les députés, dans leur réplique, n’ont pas approuvé. Pour eux, le gouvernement doit tout faire pour arrêter ce phénomène de chansons obscènes. Il peut initier une loi pour cela.

Le ministre Jean Jacques Bouya a, quant à lui, justifié le manque de panneaux de signalisation et des ralentisseurs sur la route de Moukondo-NKombo, pour lutter contre les accidents. Il pense, plutôt, que le travail à faire, c’est de conscientiser la population. «Les dos d’âne, c’est bien. C’est un ralentisseur pour ceux qui le savent et un accélérateur d’accidents pour ceux qui conduisent sans savoir», a-t-il indiqué.

Concernant l’hôpital de Talangaï, il a rassuré le député Jean-Claude Ibovi que celui-ci va ouvrir, de nouveau, ses portes, car l’équipement est en train d’arriver.

Le ministre Claude-Alphonse N’Silou a, quant à lui, calmé l’inquiétude des populations du quartier 62, en disant que le programme des dix mille logements sociaux se fera, d’abord, sur les terrains disponibles. Le ministre Josué Rodrigue Ngouonimba est revenu sur la politique du tourisme au Congo, avec le développement des sites et la relance des travaux de l’hôtel Mbamou palace.

Clôturant la séance, Justin Koumba s’est réjoui que la séance se soit tenue et que les objectifs étaient atteints.

Lasemaineafricaine.net par Cyr Armel YABBAT-NGO