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Algérie : décès du chanteur Idir, légende de la musique kabyle

mai 3, 2020

Le chanteur algérien Idir en concert en Suisse en 2007.

Le chanteur algérien Idir en concert en Suisse en 2007. © SALVATORE DI NOLFI/AP/SIPA 

Le chanteur algérien Idir, l’un des principaux ambassadeurs de la chanson kabyle à travers le monde et l’interprète du célèbre « A Vava Inouva », est mort samedi soir à Paris à l’âge de 70 ans, a annoncé sa famille.

« Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre père (à tous), Idir, le samedi 2 mai à 21h30. Repose en paix papa », indique un message publié sur la page Facebook officielle du chanteur, installé en France. La famille, contactée, n’a pas souhaité s’exprimer.

« J’ai appris avec une immense tristesse la nouvelle du décès » d’Idir, « une icône de l’art algérien », a salué dans un tweet le président algérien Abdelmadjid Tebboune. « Avec sa disparition, l’Algérie perd un de ses monuments ».

De son vrai nom Hamid Cheriet, Idir était né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, près de Tizi-Ouzou, capitale de la Grande-Kabylie. Alors qu’il se destinait à être géologue, un passage en 1973 sur Radio Alger change le cours de sa vie : il remplace au pied levé la chanteuse Nouara, et sa chanson en langue berbère « A Vava Inouva », qui évoque les veillées dans les villages kabyles, fait le tour du monde à son insu pendant qu’il fait son service militaire.

Mélange des cultures

« Je suis arrivé au moment où il fallait, avec les chansons qu’il fallait », racontait en 2013 Idir, imprégné dès son enfance par les chants qui rythmaient tous les moments de la vie quotidienne. Il rejoint Paris en 1975 pour produire son premier album, également intitulé « A Vava Inouva ».

Il disparaît de la scène pendant dix ans, de 1981 à 1991, mais sa carrière est ensuite relancée. À l’automne 1999, profitant de l’élan donné par ses compatriotes Cheb Mami et Khaled, il signe son retour discographique avec l’album « Identités », où il propose un mélange de « Chââbi », la musique algéroise, et de rythmes empruntés aux genres occidentaux.

À l’image de son désir du mélange des cultures, il y chante avec des musiciens de différents horizons culturels, musicaux ou géographiques, comme Manu Chao, Dan Ar Braz, Zebda, Maxime Le Forestier ou Gnawa Diffusion, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’Orchestre national de Barbès.

Reconnaissance de l’identité culturelle de la Kabylie

En 2007, il avait publié l’album « La France des couleurs », en pleine campagne pour l’élection présidentielle française marquée par des débats sur l’immigration et l’identité.

En janvier 2018, le chanteur – qui militait pour la reconnaissance de l’identité culturelle de la Kabylie – était revenu chanter à Alger pour le nouvel an berbère « Yennayer » après une absence de 38 ans.

Dans une interview au Journal du dimanche, en avril 2019, il évoquait les manifestations populaires en Algérie et le départ d’Abdelaziz Bouteflika.

« J’ai tout aimé de ces manifestations : l’intelligence de cette jeunesse, son humour, sa détermination à rester pacifique (…) J’avoue avoir vécu ces instants de grâce depuis le 22 février comme des bouffées d’oxygène. Atteint d’une fibrose pulmonaire, je sais de quoi je parle », disait-il.

« De toute façon, nous sommes condamnés à réussir. Continuons donc à réfléchir en termes de Nation algérienne vers le progrès. Si nous restons unis, rien ni personne ne pourra nous défaire ».

Idir, qui avait été hospitalisé vendredi à Paris, a succombé à une maladie pulmonaire et devrait être enterré en région parisienne, selon son entourage proche.

Par Jeune Afrique avec AFP

Jonah Lomu, légende du rugby mondial, est mort à 40 ans

novembre 18, 2015

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Ancienne gloire du rugby mondial, Jonah Lomu est mort ce mercredi 18 novembre 2015 à l’age de 40 ans. REUTERS/Bobby Yip

L’ancien joueur des All Blacks est décédé ce mercredi à Auckland. Il souffrait d’un grave dysfonctionnement rénal, mais s’est battu jusqu’au bout contre la maladie. Portrait de cette légende du rugby.

Lors de la dernière Coupe du monde de rugby, Bryan Habana avait flirté avec le record de la légende All Black Jonah Lomu et ses 15 essais en Coupe du monde. Mais, à l’image de l’homme qui luttait contre la maladie, Lomu a résisté, tout en poussant le Springbok à se dépasser. C’était ça Jonah Lomu, un physique hors-norme et un coeur XXL.

Greffé du rein en 2004, Lomu vivait depuis cette opération, « et pour toujours » disait-il, au rythme des dialyses quasi-quotidienne qu’il devait effectuer pendant de longues heures non loin d’Auckland où il habitait avec sa famille. Il racontait aux gens qui venaient le voir qu’il lui était presque impossible d’imaginer un voyage loin de la terre des kiwis. Mais il était bel et bien à Londres pour assister à ce formidable mondial 2015. Celui du jeu, celui des essais en bout de ligne qu’il aimait tant, celui qui a révélé aux yeux du monde la puissance de son successeur à l’aile Black, Julian Savea, emportant le XV de France en quart de finale comme Jonah aimait écraser l’Angleterre de la famille Underwood.

« Mon père est mort jeune, ça fait réfléchir »

Dans une interview au Daily Mail fin août, Jonah s’était prêté à cette petite confidence, sa seule et unique obsession était de voir ses deux fils, Brayley (6 ans) et Dhyreille (5 ans) grandir jusqu’à l’âge de 21 ans. « Il n’y a aucune garantie que cela arrive, mais c’est mon objectif. C’est un cap que chaque parent cherche à atteindre. Mon père est mort jeune et ça fait réfléchir », disait-il au quotidien britannique.

Donner à réfléchir, transmettre, c’est aussi ce qu’il a essayé de faire l’été dernier en revenant vingt ans après son passage fracassant en Afrique du Sud, sur les traces de la génération Boks 1995, touchée elle aussi par la maladie. Dans un documentaire tourné par le journaliste français Benoit Pensivy, on assistait, ému, aux retrouvailles de Lomu avec l’Afrique du Sud. Ses townships, ses stades et ses glorieux anciens adversaires parmi lesquels on garde en mémoire sa rencontre avec Joost Van der Westhuizen.

« Sois fort, Viva la France »

Entre l’ancien génial demi-de-mêlée des Boks et le puissant ailier des Blacks, le courant passait bien. Deux rivaux sur le terrain, mais aussi deux grands malades qui s’accrochaient à la vie. Cloué dans un fauteuil roulant à cause de la maladie de Charcot dont il souffre, Joost Van der Westhuizen avait reçu Jonah chez lui pour se rappeler les bons moments et parler de leurs combats respectifs.

Ce mercredi matin, Jonah s’est éteint à 40 ans d’une attaque cardiaque. Un peu plus tôt dans la semaine, il avait passé quelques jours à Dubaï où doit se tenir début décembre un tournoi international de rugby à VII. Après les attentats de Paris, il avait même publié sur Twitter cette photo d’une tour de l’émirat aux couleurs de la France avec cette légende « Sois fort, Viva la France ». Le combat, son héritage.

Lexpress.fr