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Italie: La récupération des corps se poursuit à Lampedusa, 400 autres immigrés sauvés

octobre 8, 2013

Les plongeurs italiens ont poursuivi mardi à Lampedusa leur éprouvant travail de récupération des corps après le naufrage de jeudi, tandis que deux navires ont sauvé dans les eaux siciliennes plus de 400 immigrés.

C’est une opération difficile en raison des cordes et des câbles qui flottent dans l’eau. Les plongeurs nouent une corde autour de n’importe quelle partie du corps, un bras ou une jambe par exemple, puis ils le tirent de l’épave, a déclaré à l’AFP Leonardo Ricci, porte-parole des garde-côtes à Lampedusa.

C’est très fatigant de les tirer jusqu’à la surface de la mer et ensuite de les hisser sur la vedette. Une nouvelle équipe s’apprête d’ailleurs à descendre, a-t-il ajouté en milieu de matinée.

Selon le témoignage de Mussiie Ghebberhiert, un des survivants du naufrage, interrogé par le procureur d’Agrigente (Sicile) en début d’après-midi, le bateau transportait 545 personnes, parmi lesquelles environ 20 enfants, âgés de quelques mois à huit ans.

Seuls 155 personnes ont pu être sauvées, ce qui laisse craindre un bilan de 300 à 390 morts.

A ce jour, environ 288 corps ont été récupérés, dont 18 dans la matinée, 24 en début d’après-midi et 14 autres dans la soirée, selon le porte-parole des garde-côtes, le commandant Filippo Marini.

La grande partie d’entre nous est d’origine érythréenne, dix au maximum étaient éthiopiens, a ajouté M. Ghebberhiert, qui a précisé que les deux seules personnes à bord de peau claire étaient le capitaine et son assistant. Ce dernier, très jeune, voire mineur selon les témoins, fait partie des disparus.

En tout, six survivants, qui ont expliqué avoir payé chacun entre 1.000 et 2.000 dollars, ont répondu mardi aux questions des enquêteurs.

Les immigrés, regroupés au centre d’accueil de Lampedusa, ont protesté mardi contre leurs conditions de vie difficiles, jetant des matelas à l’extérieur et essayant de bloquer des autobus, sans que la situation ne dégénère cependant.

Le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a pour sa part demandé en premier lieu la restructuration du centre d’accueil de Lampedusa, dont la capacité doit être portée à 850 postes, contre 250 actuellement disponibles après l’incendie de septembre 2011, qualifiant les conditions actuelles d’absolument inacceptables.

Le parquet d’Agrigente, en charge de l’enquête sur ce naufrage, a émis un mandat d’arrêt contre le Tunisien Kaled Bensalam, 35 ans, accusé d’être un passeur et considéré comme le commandant du bateau qui a fait naufrage. L’homme avait été interpellé dès l’arrivée des premiers survivants à Lampedusa.

Expulsé une première fois en avril dernier d’Italie, Kaled Bensalam est accusé d’homicides multiples, de naufrage et d’aide à l’immigration illégale.

La direction antimafia de Palerme a de son côté décidé d’ouvrir une enquête pour trafic d’êtres humains.

Deux navires, l’un battant pavillon du Panama et l’autre du Danemark, ont sauvé plus de 400 immigrés dans la nuit de lundi à mardi.

La cargo panaméen Begonia G. a sauvé 263 immigrés, qui se disent syriens et palestiniens, alors que leur embarcation se trouvait en difficulté à plus de 100 kilomètres des côtes siciliennes.

Le groupe, comprenant 63 femmes et près de 80 mineurs, est arrivé à l’aube à Catane, dans l’est de la Sicile.

Le cargo danois a embarqué 141 immigrés qui se disent syriens, dont 39 femmes et 28 enfants, et faisait route vers le port de Pozzallo, en Sicile.

Mercredi sont attendus à Lampedusa le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et la commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström. Ils seront accompagnés du chef du gouvernement italien Enrico Letta et de son vice-Premier ministre Angelino Alfano.

Romandie.com avec (©AFP / 08 octobre 2013 20h50)

Italie/Naufrage de Lampedusa: la polémique enfle

octobre 5, 2013

La polémique faisait rage samedi en Italie 48 heures après le naufrage qui a emporté environ 300 migrants au large de l’île de Lampedusa. Les autorités italiennes et européennes sont montrées du doigt pour leur inaction, alors que les recherches de nouveaux corps ont été suspendues en raison du mauvais temps.

Les autorités italiennes envisageaient samedi de renflouer le bateau de migrants qui a fait naufrage jeudi à Lampedusa avec un bilan toujours estimé de 300 morts et disparus, alors que les recherches de survivants ont été suspendues en raison d’une météo défavorable.

Une mer agitée par des vents de force 4 empêchait en effet les plongeurs de poursuivre la récupération des cadavres, dont seulement 111 ont été repêchés tandis que 155 personnes ont été sauvées.

Une hypothèse serait de « remonter l’épave », a indiqué Leonardo Ricci, porte-parole de la police douanière sur l’île. L’épave gît à 550 mètres de la côte et par 40 mètres de fond. « C’est une horreur en bas, des dizaines de corps, peut-être des centaines. Ils sont empilés les uns sur les autres », a témoigné un plongeur.

La polémique enfle

Des accusations de personnes qui ont sauvé des naufragés estimaient pour leur part que les secours envoyés par les autorités avaient mis trop longtemps à arriver, suscitant la polémique en Italie.

Un pêcheur a déclaré qu’il avait fallu environ 45 minutes aux garde-côtes pour arriver sur place, alors que le naufrage avait eu lieu à environ cinq cents mètres de la côte de Lampedusa. Les garde-côtes ont rejeté l’accusation, affirmant au contraire être arrivée sur les lieux 20 minutes après un premier appel de détresse.

Un autre aspect de la polémique actuelle est la mise en cause par le gouverneur de Sicile, Rosario Crocetta, de l’agence européenne Frontex, chargée de coordonner la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne. « Où était Frontex jeudi matin ? N’ont-ils pas de radar ? Est-il plausible que personne n’ait vu ce bateau ? », a demandé le gouverneur.

Romandie.com avec