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Au Ghana, du courant grâce à des tourniquets dans les cours de récréation

mars 12, 2015

Au Ghana, du courant grâce à des tourniquets dans les cours de récréation
Au Ghana, du courant grâce à des tourniquets dans les cours de récréation © AFP

La petite île de Pediatorkope, dans le sud-est du Ghana, est une des plus pauvres du pays. Aucune voiture n’y circule et la population vivote en cultivant des moules sur le fleuve Volta.

L’île, qui n’est pas reliée au réseau national de distribution d’électricité, est plongée dans l’obscurité à la nuit tombée. Mais les écoliers peuvent désormais s’éclairer pour étudier le soir grâce. . . à l’énergie qu’ils ont générée en jouant dans la journée.

Quand les élèves de l’école élémentaire de Pediatorkope font tourner les tourniquets en fer, dans la cour de récréation, une turbine connectée à une batterie permet de recharger des lampes LED.

Ces lampes, dotées d’une autonomie d’une quarantaine d’heures, sont distribuées aux enfants, qui peuvent désormais se réunir en fin d’après-midi pour faire leurs devoirs.

Pour Gerson Kuadegbeku, enseignant dans cette école, cet ingénieux procédé, mis en place par l’ONG américaine Empower Playgrounds, a déjà permis d’améliorer les résultats des élèves.

« Avant, les enfants avaient de mauvais résultats à l’école, mais grâce à ces lampes, le programme est mieux assimilé », reconnaît-il.

– Crise énergétique –

Le Ghana, deuxième puissance économique d’Afrique de l’Ouest, est paralysé par une crise énergétique sans précédent qui ralentit son activité économique. Parfois, les coupures d’électricité peuvent durer jusqu’à 24 heures.

Le gouvernement, très critiqué pour ne pas avoir réussi à maintenir la croissance économique prometteuse de ce pays qui a commencé à extraire du pétrole en 2010, a signé de nouveaux contrats, récemment, avec des compagnies privées d’électricité. Mais la situation risque de mettre du temps à s’améliorer et, en attendant, la demande de générateurs électriques augmente.

Certaines entreprises ont menacé de quitter le pays, d’autres ont dû licencier à cause de la baisse d’activité.

Le principal parti d’opposition, le Nouveau parti patriotique (NPP), est descendu dans la rue, le mois dernier, pour dénoncer la paralysie des entreprises et réclamer des solutions de la part du président John Dramani Mahama.

« Si, en tant que gérant d’une entreprise, on doit avoir recours à un générateur électrique avant de pouvoir commencer à produire, c’est qu’il y a un vrai problème », s’est indigné le député d’opposition Isaac Osei.

– Progrès scolaires –

Si la situation est préoccupante à Accra, la capitale, c’est encore pire encore dans les zones rurales. Et dans ces régions pauvres, les enfants, souvent obligés d’aider leurs parents dans leurs tâches agricoles après l’école, sont ensuite empêchés de faire leurs devoirs, à la nuit tombée, par manque de lumière.

Grâce aux tourniquets producteurs d’électricité, les enfants des zones rurales augmentent leurs chances de poursuivre leurs études au-delà de l’école primaire, explique George Thompson, directeur de projet pour Empower Playgrounds.

« Pour l’instant nous sommes présents dans 42 écoles » du Ghana, a-t-il précisé à l’AFP.

« Selon nos études, (ce projet) a vraiment permis à ces enfants de faire des progrès dans leur scolarité », a-t-il ajouté.

« Tout ce que nous attendons de la communauté est qu’elle s’assure que, quand ces enfants ramènent ces lampes à la maison, elles soient utilisées à bon escient, pour les devoirs ».

Forte du succès de ces manèges écologiques, l’ONG a aussi créé une petite unité productrice d’énergie d’origine solaire sur l’île. Les habitants peuvent s’équiper d’une batterie qui leur permet de faire marcher quelques lampes et de recharger leur téléphone à la station pour la somme de 500 cédis (environ 130 euros).

Humphrey Teye Ayeh, un habitant de Pediatorkope, dit avoir fait cet investissement à cause de la hausse du prix du kérosène avec lequel il alimentait son générateur. La batterie qui tient un mois, dit-il, doit ensuite être emmenée à recharger pour cinq cédis (1,30 euro) supplémentaires.

« Notre objectif n’est pas de faire des bénéfices mais de faire de ce système un projet durable » et de financer l’entretien de la station notamment, explique M. Thompson.

Jeuneafrique.com avec AFP

Rescapés d’Ebola, des milliers d’enfants vont devoir vivre sans famille

octobre 7, 2014

 

Rescapés d'Ebola, des milliers d'enfants vont devoir vivre sans famille
Rescapés d’Ebola, des milliers d’enfants vont devoir vivre sans famille © AFP

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest condamne des milliers d’orphelins à une existence en quarantaine bien après avoir échappé au virus, la stigmatisation et la peur l’emportant trop souvent sur les traditionnelles solidarités familiales.

« C’était différent avec l’épidémie de VIH », lorsque la famille éloignée ou des amis prenaient les enfants orphelins, se souvient Sarah Crowe, une porte-parole du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). « C’était un filet de sécurité. Maintenant, avec la peur d’Ebola, ça casse ce système ».

Ils souffrent non seulement « de la perte de membres de leur famille », mais aussi « de la stigmatisation et du rejet par leur communauté, et même de proches qui craignent d’attraper le virus », se désole Krista Armstrong, de l’ONG britannique Save The Children.

Dans les trois pays principalement touchés – Liberia, Sierra Leone et Guinée – sur les quelque 3. 500 morts officiellement recensés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les moins de 15 ans représentent environ 15% des victimes, selon le directeur régional de l’Unicef, Manuel Fontaine, soit environ 500 enfants.

Mais le virus a fait des milliers d’orphelins d’au moins un des deux parents, d’après l’Unicef.

« La plupart des gens qui meurent ont entre 25 et 45 ans », précise Sarah Crowe.

Trois catégories sont donc à distinguer: les enfants non contaminés dont les parents ont péri, qu’il faut surveiller 21 jours (durée maximale d’incubation du virus), les enfants ayant survécu mais pas leurs parents, et les enfants ayant survécu mais abandonnés par leur famille par peur de la maladie.

« Le plus difficile, c’est un enfant dont la famille a été touchée par la maladie (. . . ) alors que l’enfant est négatif. Ceux-là, il faut les isoler 21 jours mais il n’y a pas de structures d’accueil », déplore Laurence Sailly, coordinatrice du centre de traitement d’Ebola de Médecins sans frontières (MSF) à Monrovia.

– ‘Réseau des survivants’ –

Harry (le nom a été modifié), 5 ans, est dans ce cas: il est arrivé fin septembre dans ce centre MSF avec ses parents malades. Lui ne l’était pas.

Pendant que ses parents partaient pour la « zone rouge », dont 40% ressortent vivants, lui est resté plusieurs jours dans la « zone verte ». Les soignants de MSF se sont relayés durant leurs pauses pour lui tenir compagnie, lui donnant des crayons de couleur et du papier pour passer le temps.

Finalement, l’Unicef a trouvé une famille de survivants pour l’accueillir.

Cette solution temporaire risque de devenir définitive: le père de Harry est mort et sa mère était mourante dimanche.

« On a créé le +réseau des survivants+, par lequel on essaie de faire garder les enfants », explique Sarah Crowe.

L’agence des Nations unies, qui contribue à la formation de 400 travailleurs sociaux et de santé mentale au Liberia, a annoncé un plan de mobilisation des survivants auprès des enfants en Sierra Leone.

Sur les six prochains mois, plus de 2. 500 survivants, en principe à l’abri d’une nouvelle contamination, vont être formés à travers le pays pour s’occuper des enfants en quarantaine, selon l’Unicef, qui tente également de retrouver les familles élargies.

En Guinée, elle indique apporter un soutien psychosocial à 60. 000 enfants vulnérables et à leurs familles dans des zones frappées par Ebola.

Le sort s’acharne sur une partie des orphelins, ceux qui ont perdu leurs parents sans que leur décès ait été déclaré officiellement, car personne ne les prend en charge. « Chaque jour, il y a des enfants chez eux, sans parents, et la communauté a peur de les aider », selon Sarah Crowe.

Ce phénomène constitue « une inquiétude majeure » pour Save The Children, confie Krista Armstrong.

La solution toujours privilégiée est d’essayer de retrouver de la famille, décrit-elle. Si c’est impossible, les ONG cherchent des familles d’accueil, à qui elles fournissent un soutien matériel de base.

De petites structures d’accueil temporaires se mettent également en place, pour les enfants survivants ou nécessitant une quarantaine.

Mais leur nombre reste largement insuffisant, dans des pays parmi les plus pauvres de la planète, aux structures étatiques sommaires et sans financements internationaux conséquents.

L’Unicef dit n’avoir reçu que 25% des 200 millions de dollars qu’elle juge nécessaires à cette mission.

Jeuneafrique.com avec AFP