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Omrane Shaaban, le défunt héros de la nouvelle Libye

septembre 29, 2012

Dans les sables de Libye, là où il repose depuis bientôt un an, Mouammar Kadhafi a dû esquisser l’un de ses sourires mauvais qui glaçaient ses interlocuteurs. Car mardi 25 septembre, l’un des rebelles qui avait contribué à sa capture, Omrane Shaaban, l’a rejoint six pieds sous terre. Ce jeune Libyen de 22 ans a été inhumé à l’issue d’une gigantesque prière organisée à Misrata, sa ville natale, une place forte de l’insurrection contre le despote halluciné de Tripoli.

Quelque 10 000 personnes ont assisté aux obsèques d'Omrane Shabaane, le 25 septembre, à Misrata.
Quelque 10 000 personnes ont assisté aux obsèques d’Omrane Shabaane, le 25 septembre, à Misrata. | ANIS MILI/REUTERS

Près de 10 000 habitants, massés sur la pelouse du stade municipal, se sont prosternés devant sa dépouille, enveloppée dans le drapeau libyen. Consacré martyr de la patrie, Omrane Shaaban était décédé la veille, dans un hôpital parisien, où il avait été transféré en urgence à la mi-septembre, après avoir passé deux mois dans les geôles de Bani Walid, une ville au sud de Misrata tenue par des nostalgiques du colonel Kadhafi.

Le jeune homme, ingénieur de formation, y avait été kidnappé en juillet, alors qu’il participait, au sein de la brigade Deraa Libya, une milice rattachée au ministère de la défense, à une opération destinée à libérer des journalistes de Misrata, précédemment capturés.

Blessé par balle dans un accrochage avec des miliciens de Bani Walid, visiblement torturé par ses ravisseurs, Omrane Shaaban n’avait plus que « la peau sur les os », selon ses parents, quand Mohamed Megarief, le président du Parlement libyen, avait obtenu sa libération, le 13 septembre.

Le jeune rebelle devait sa célébrité aux photos et aux vidéos qui l’avaient montré en train d’arrêter un Kadhafi aux abois, le visage hagard et ensanglanté, le 20 octobre, à proximité d’une canalisation, en lisière de la ville de Syrte.

IL A DÉSARMÉ  KADHAFI, LUI CONFISQUANT SON PISTOLET EN OR

Avec quelques compagnons d’armes, Omrane Shaaban avait appris qu’une cinquantaine de véhicules tentaient de fuir la ville, alors assiégée par les rebelles. Ils s’étaient lancés à la poursuite du convoi, qui devait entre-temps être bombardé par les forces de l’OTAN engagées aux côtés des insurgés.

Les rescapés, dont le Guide et quelques-unes de ses gardes du corps, avaient tenté de se cacher dans un tuyau de béton. « L’un d’eux a agité le drapeau blanc, avait raconté Omrane Shaaban, au quotidien espagnol El Pais. Il nous disait que son chef est ici et qu’il était disposé à se rendre. Mais nous n’avions pas imaginé une seconde que ce chef en question pouvait être Kadhafi. »

De ce groupe de thuwar (rebelles) chanceux, l’histoire a retenu qu’Omrane Shaaban est celui qui a désarmé Mouammar Kadhafi, lui confisquant son fameux pistolet en or. Le dictateur libyen décéda peu après, probablement sous les coups de combattants de Misrata, où son corps fut exposé pendant plusieurs jours.

La mort d’Omrane Shaaban pourrait rouvrir l’une des plaies mal refermées de la nouvelle Libye : l’antagonisme entre Bani Walid et Misrata. Les combattants de cette dernière menacent de se faire justice si les autorités n’arrêtent pas au plus vite les meurtriers du nouveau héros libyen.

Lemonde.fr par Benjamin Barthe

Cuba: Fidel Castro critique le premier Ministre du Canada Stephen Harper

avril 10, 2012

Bien qu’il ne soit plus à l’avant-plan de la politique cubaine, l’ex-dirigeant Fidel Castro continue de se prononcer quotidiennent sur les enjeux qui concernent son pays et l’Amérique latine.

(La Presse Canadienne/Cubadebate/Roberto Chile)Bien qu’il ne soit plus à l’avant-plan de la politique cubaine, l’ex-dirigeant Fidel Castro continue de se prononcer quotidiennement sur les enjeux qui concernent son pays et l’Amérique latine. Ses dernières réflexions s’adressent au premier ministre du Canada, Stephen Harper.

Il affirme que les Américains ont forcé le Canada à exploiter les sables bitumineux qui entraînent des « dommages irréparables à l’environnement de ce beau et vaste pays ».

Il évoque aussi l’exploitation de l’or, valeur refuge dans un contexte de crise mondiale. Fidel Castro cite l’article d’une ingénieure en qualité de l’environnement qui affirme que 60 % des capitaux des mines en Amérique centrale viennent des minières canadiennes.

Ces minières cherchent à obtenir un maximum de ressources pour un minimum de coûts et de temps, poursuit-il. Toujours à partir de cet article, Castro souligne le fait que les pays d’Amérique centrale, sauf le Costa Rica, n’ont pas de réglementation pour assurer un contrôle des impacts environnementaux et sociaux de l’exploitation minière. Sans compter le fait que ces compagnies ne rendent au pays où ils sont installés pas plus de 1,5 % en redevances sur leurs revenus.

Fidel Castro évoque aussi la politique étrangère canadienne en regard de l’Argentine et des Malouines et de l’Organisation des États américains. Il ne manque pas de saluer la mémoire de son défunt ami Pierre Elliott Trudeau, ex-premier ministre canadien, qu’il qualifie d’« homme brillant et courageux, mort prématurément ».

Radio-Canada.ca