Posts Tagged ‘Lézard’

Un lézard à bord d’un plateau repas : démenti d’Air India

juin 13, 2015

New Delhi – La compagnie aérienne Air India a démenti samedi qu’un lézard avait été retrouvé dans un plateau repas servi lors d’un vol entre New Delhi et Londres, quelques heures seulement après avoir annoncé l’ouverture d’une enquête sur un tel incident.

Une photo circulant sur les médias sociaux montre la tête du reptile sortant de dessous un petit pain rond placé dans un plateau repas et enveloppé dans un film alimentaire.

Le lézard a été trouvé jeudi sur le vol long-courrier, avait précisé un porte-parole de la compagnie. Nous menons une enquête pour savoir comment il s’est retrouvé sur le (plateau) repas (…) auprès du fournisseur et de nos propres services, avait déclaré à l’AFP Praveen Bhatnagar, porte-parole de la compagnie indienne.

Mais quelques heures plus tard, Air India a qualifié les informations sur la présence du lézard de fausses et sans fondement.

Nous démentons un tel incident. Premièrement parce que nous ne savons pas si cette photo est authentique et deuxièmement (…) parce qu’aucun passager n’a déposé de plainte, a déclaré un porte-parole de la compagnie à l’AFP sous couvert d’anonymat.

Le transporteur national Air India, qui n’a pas enregistré de bénéfice depuis 2007, a été confronté récemment à une série de problèmes techniques et autres sources d’embarras, comme l’arrivée en retard à l’embarquement du personnel navigant.

En avril, Air India avait fait parler d’elle lorsqu’elle avait dû empêcher d’embarquer un pilote et son copilote qui en étaient venus aux mains juste avant le décollage.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2015 12h41)

Conte: La Mante religieuse, la Guêpe maçonne et le Lézard

mars 21, 2011

Une Mante religieuse d’Amazonie, aux brillants petits yeux verts et au visage triangulaire, à la tête surmontée de deux petites antennes, vivait dans un cotonnier à la floraison abondante. Elle avait aussi des ailes qui se confondaient avec le voile verdâtre des feuilles.

Un jour, elle rencontra une Guêpe maçonne noire, très élégante qui revenait d’un étang avec de la boue dans sa bouche. Elle lui demanda ce qu’elle en faisait. Celle-ci répondit qu’elle fabriquait des cocons de berceau pour y loger ses œufs qui auraient la chance de se développer dans ces beaux logis. Elle sollicita auprès de la Guêpe maçonne de lui construire une grotte pour ses heures de méditation afin d’augmenter sa foi. Elle accepta sans hésiter et lui montra l’emplacement où elle devrait édifier son lieu de culte.

La Mante religieuse invita la Guêpe d’aller se promener entre les branches du cotonnier afin de lui indiquer le bel ombrage d’où ce monument pourrait être construit. Un endroit paisible, discret et caché de l’arbre.

Ayant reçu toutes les instructions de l’entente, la Guêpe maçonne commença la construction. Elle descendait au bord du fleuve Amazone pour prendre l’argile, matière, par excellence, la plus solide pour la grotte. Elle transportait ladite matière à l’aide de ses mandibules, équilibrant le poids de la charge sur le plan de vol avec le reste de son corps. Elle n’éprouva pas beaucoup de difficultés car elle était habituée à construire de nombreux châteaux des rois et autres logements de sa condition d’insectes volants.

Quand elle eût terminé ce lieu de culte, la Mante religieuse la remercia. En voulant la payer, elle refusa et préféra, en échange d’argent, s’associer et venir prier avec elle dans la grotte parce qu’elle n’avait pas de lieu d’adoration et de recueillement. Elle accepta sa demande. La Mante religieuse l’exerça à ses pratiques quotidiennes des matines et des vêpres (prières du matin et du soir). Mais au-delà de l’assiduité, une ferveur naquit chez la Guêpe maçonne. Elle était devenue très régulière au rendez-vous et ne manquait aucune occasion.

Depuis un certain temps lorsqu’elles se retrouvaient dans la grotte, elles constataient que la nappe blanche de l’autel était parsemée, par endroits, d’excréments noirs dont elles ignoraient la provenance.

Un bon matin, en pleine méditation et concentration, des fientes du même animal leur tombaient sur la tête, rebondissant et roulaient sur l’autel comme de pelotes ovales avec des pointes aux deux extrémités.

A la fin de la prière, la Mante en voyant que son lieu de culte était désacralisé, elle se mit à pleurer. La Guêpe maçonne cueillit des grappes de coton sec et lui essuya ses larmes qui perlaient sur ses joues ainsi que sa morve qui suintait de ses narines. Elle suffoquait de colère comme si elle était tabassée.

La Guêpe maçonne la consola en la tenant dans ses mains. Assise l’une à côté de l’autre, elles cherchèrent à savoir d’où provenaient cette saleté. En levant les yeux sur la paroi intérieure de la grotte, elles virent un Lézard qui secouait sa queue et écarquillait ses yeux. Quand leurs regards se croisèrent, il émit un cri d’ironie : kikiki, kikiki. La Mante religieuse fâchée lui dit de ne plus recommencer de salir son lieu sacré du culte. Elle ajouta : « quel plaisir trouves-tu à désacraliser ce beau sanctuaire que j’ai fait construire grâce à la volonté bienfaisante de la Guêpe maçonne? »

– Fier et arrogant, le lézard rétorqua : « je suis dans la nature sauvage et n’importe où je peux déféquer ».
– Quelle audace as-tu en le faisant en ce lieu où tu sais très bien que mon esprit prend sa source d’illumination ? La prochaine fois, je te prie de ne plus recommencer sinon tu vas me sentir de quel bois je me chauffe ?
– Ah, bon ! s’exclama le Lézard qui rasait le mur de la grotte pour s’enfuir sur les branches du cotonnier.

La Guêpe maçonne implora la Mante religieuse de quitter les lieux. Connaissant bien ses heures de trouble religieux, elle alla se cacher entre les feuilles du cotonnier sur l’itinéraire régulier du Lézard.

Voulant défier la discussion et les avertissements solennels, il repartit audit lieu et avant d’arriver dans l’enceinte de la grotte, il tomba dans les pattes crochues de la Mante religieuse, criant à gorge déployée : « Ah, maman fuidi, na ku kakula » (Ah, maman, je suis mort, qui va me délivrer).

La Mante religieuse enfonça de plus belle les pointes de ses griffes dans sa chair et il commença à saigner. Sa queue s’agitait en tout sens et fouettait les feuilles vertes en un petit bruit de dernier espoir. Elle buvait le sang frais de ses premières gouttes chaudes. Essuyait ses lèvres avec du coton arraché. Elle lui disait : parle encore, je t’ai eu. Je t’interdisais de venir déféquer sur mon autel. Elle s’appuya fortement sur ses pattes arrière contre les branches, l’étouffa jusqu’à ce que mort s’ensuive au dernier soupir et commença à le dévorer.

La Guêpe maçonne qui ne mange pas la chair de reptile lui dit au revoir et partit vaquer à ses occupations.

Depuis lors, la Mante religieuse fait du Lézard son repas copieux qu’elle préfère attraper à l’affût quand une occasion favorable se présente dans le bois.

L’entêtement sans force est un défaut du courage inutile vous conduisant à l’échec ou à la mort.

© Bernard NKOUNKOU

Ma vie au désert

octobre 6, 2010

Ma vie est un désert infini
Qui ne conduit nulle part
Car je suis un homme fini
Souffrant l’errance du lézard

Mon espoir a atteint ses limites
Dans cette captivité rampante
Où mon sort de vague à l’âme
Est un désespoir à vil terme

Le monde torchon de raison
Est un pied coupé de talon
Qui ne tient plus bien debout
Pour avoir perdu ses tabous

Quand approche cette minute
De ma vie de simple termite
Je suis prêt à joindre la terre
Dans la tristesse de ma mère

Bernard NKOUNKOU

Conte: Le Cafard et le Lézard

décembre 15, 2009

Un jour, un joli cafard brun et bien parfumé traversait la cour d’habitation au moment où il venait de sortir d’un carton usagé.

Un lézard endimanché qui avait fait sa mue, se bronzait, au soleil, sur la surface latérale du mur, essayait sa nouvelle vêture selon les convenances de la métamorphose. Le ventre affamé pour n’avoir pu croquer ni de petites mouches, ni de simples fourmis, le lézard rasa le mur comme un éclair et se mit à poursuivre le cafard.

Pris de panique par l’animal, à la vitesse effrénée, le cafard sentant le danger derrière lui, appuya sur ses pattes arrière et déploya ses ailes, décolla comme un avion pour atterrir sur le mur ocre qui avait connu toutes les intempéries de la pluie.

Stupéfait, le lézard devant la gent ailée, proféra toutes les injures de la terre contre le cafard : crétin, salopard…

–         Gare à toi, si je t’avais attrapé, je t’aurai bien croqué.

–         Le cafard s’esclaffa et continuait posément son alpinisme sur le mur avec un rire moqueur.

Le mur qui avait accueilli le cafard était facile à parcourir, par endroits, mais très lisse en d’autres parties réduisant l’assurance qui éloignait la confiance dans son esprit.

Subitement, le cafard tomba comme une feuille morte qui se mit à planer avant de gagner le sol ; le lézard qui était toujours aux aguets avec ses yeux à fleur de peau, le vit atterrir et le rattrapa sur le plan incliné de sa chute.

A cet instant, le lézard couru très vite et sans réfléchir, saisit de sa gueule le cafard par les pattes arrière. Voulant assouvir son avidité légendaire, il chercha à l’avaler comme d’habitude mais il fut piqué par ses pattes qui freinèrent son élan et le lâcha.

Le cafard compris que son ennemi avait eu mal à la bouche, continua sa route, avec sa patte endolorie par le choc de la denture pour se réfugier entre les pierres entreposées où le lézard ne pouvait le déloger.

Le lézard impuissant devant son échec, vit partir le cafard tandis que les autres lézards postés sur les murs craquelés, assistant au spectacle, esquissaient des rires bouffons de sa mésaventure où leur ami rentra bredouille de sa mauvaise partie de chasse. Il avait oublié sa leçon élémentaire de la chasse:  pour facilement manger sa proie qu’il faut toujours l’avaler par la tête et non par les pattes.

Pour attraper un gibier, il faut s’entourer de toutes les précautions de la prise sinon on risque malencontreusement de se faire écorcher la peau.

© Bernard NKOUNKOU