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Bénin : après la rencontre entre Patrice Talon et Boni Yayi, une vague de libérations

juin 17, 2022

À peine un jour après la rencontre entre le président béninois et son prédécesseur et opposant, plusieurs personnes poursuivies pour atteinte à la sûreté de l’État ont obtenu une libération provisoire…

Au Bénin, plusieurs personnes détenues pour tentative de déstabilisation ont été libérées le 15 juin. © Damien Glez

On croyait les coups d’État désuets en Afrique mais voici revenue à la mode toute la gamme, du putsch « salutaire » au complot imaginaire ou présumé. L’ancien quartier latin de l’Afrique de l’Ouest n’échappe pas à cet ingrédient politique du présumé projet de coup d’État. Et si l’issue judiciaire d’une délicate affaire n’est pas formellement compromise, la politique vient manifestement de mettre son grain de sel dans la procédure de justice.

Rencontre au sommet

C’est en février 2020 que 17 personnes, notamment des militaires et un membre du parti de l’homme d’affaires Sébastien Adjavon, étaient placés sous mandat d’arrêt pour « complot contre la sûreté de l’État, association de malfaiteurs, défaut de signaler un crime et complicité ». Ce 13 juin, alors que le dossier était toujours en instruction, le président Patrice Talon rencontrait son prédécesseur et opposant Thomas Boni Yayi, au palais de la Marina, pour aborder des sujets « relatifs à la consolidation de la paix » politique. Cet entretien faisait suite à un autre, en septembre, au cours duquel Boni Yayi avait glissé à son successeur une petite liste de détenus dont il souhaitait ardemment la libération.

Marchandage ? Le lendemain de la deuxième rencontre, le 14 juin, à la demande du procureur spécial de la controversée Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), la juge des libertés et de la détention signait l’ordre de « mise en libération provisoire » de 17 détenus, sans pour autant classer l’affaire… La politique a-t-elle ses raisons que la justice ignore ? Saura-t-on un jour si ce dossier reposait sur un véritable complot ou sur des dénonciations calomnieuses ? Nombre d’acteurs comme l’Église ou la société civile considèrent que la décrispation est une priorité. La politique béninoise semble effectivement grippée depuis les législatives non inclusives de 2019.

Mais le dégel politique peut avoir des limites. Et les observateurs de rappeler, dès l’annonce des 17 libérations, que les opposants Reckya Madougou et Joël Aivo restent sous les verrous. En décembre dernier, à Porto-Novo, la première, ancienne garde des Sceaux, écopait de 20 ans de prison pour « complicité d’actes terroristes » devant la Criet. Quelques jours plus tôt, le second, constitutionnaliste, était condamné à dix ans de prison pour « blanchiment de capitaux et complot contre l’autorité de l’État ». Les deux encellulés doivent-ils se considérer comme les oubliés de la décrispation politique ou comme d’ultimes atouts dans la manche des autorités ?

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Le blogueur saoudien Raif Badawi est libéré

mars 11, 2022
Raif Badawi.

Raif Badawi Photo : Facebook

Après 10 ans de détention, le blogueur saoudien Raif Badawi a été libéré. Sa femme Ensaf Haidar et Amnistie internationale confirment qu’il est sorti de prison.

Ensaf Haidar affirme que son conjoint l’a avisée de sa libération par téléphone. Amnistie internationale a également souligné que le roi de l’Arabie saoudite, Salmane ben Abdelaziz Al-Saoud, aurait levé son interdiction de voyager, ce qui lui permettrait de retrouver sa femme et ses enfants à Sherbrooke.

#Raifestlibre Après 10 ans de détention #Raifestlibre ! #Raifisfree After 10 years in prison #Raifisfree !
بعد 10 سنوات من السجن #رائف_حرّاً pic.twitter.com/1VA0XjSofs— Ensaf Haidar ⚜️ (@miss9afi) March 11, 2022

Je ne lui pas encore parlé, mais je veux lui dire qu’on l’entend. Je veux lui dire que ça ne va pas être long avant qu’on le revoie! s’est exclamée sa fille Najwa, venue retrouver de nombreux partisans réunis devant l’hôtel de ville de Sherbrooke pour marquer l’événement.

« On n’en revenait pas! On sautait partout! On courait partout! C’est un poids de moins! »— Une citation de  Najwa BadawiEnsaf Haidar, l'épouse de Raif Badawi tient une pancarte avec sa photo.

Ensaf Haidar n’a pas cessé de militer au cours des 10 dernières années pour la libération de son mari. Photo : La Presse Canadienne/Ryan Remiorz

Un combat qui n’est pas terminé

Les partisans du blogueur espéraient qu’il soit libéré sous peu, puisque sa peine était venue à terme à la fin du mois de février. Amnistie internationale faisait d’ailleurs de nouveau pression le 5 mars dernier pour demander sa libération immédiate.

Beaucoup d’émotions, beaucoup de soulagement, affirme d’entrée de jeu France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale francophone. Elle rappelle toutefois que la partie n’est toujours pas gagnée pour le blogueur.

Raif Badawi est toutefois interdit de sortie du pays, interdit de passeport pour 10 ans et interdit de communiquer sur les réseaux sociaux et d’avoir en sa possession un téléphone cellulaire […] On craint que les communications soient plus difficiles à partir de maintenant, explique-t-elle.

« Le combat n’est pas terminé. Il va falloir redoubler d’ardeur pour que l’interdiction de sortie du pays soit levée et qu’il soit réuni avec sa famille le plus tôt possible.  »— Une citation de  France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale francophone

France-Isabelle Langlois confirme qu’Amnistie internationale va poursuivre la pression sur le gouvernement canadien pour qu’il intervienne en Arabie saoudite. C’est l’ensemble des Amnisties à travers le monde qui se mobilisent, affirme-t-elle.La 100e veillée à la bougie pour la libération de Raif Badawi à Sherbrooke

Sa famille n’a jamais perdu espoir de le revoir. Près de 400 rassemblements ont été tenus devant l’hôtel de ville de Sherbrooke pour demander sa libération. Photo : Radio-Canada/ICI Estrie/Carl Marchand

Raif Badawi a été emprisonné en 2012 pour avoir critiqué les autorités religieuses de son pays. Il avait été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et à une amende d’un million de riyals saoudiens. Il avait reçu une série de 50 coups de fouet en janvier 2015, mais n’avait toutefois plus été fouetté depuis.

En janvier 2021, le Bloc québécois avait fait adopter une motion à l’unanimité à la Chambre des communes pour qu’Ottawa accorde la citoyenneté canadienne à Raif Badawi. Cette motion avait par la suite été adoptée par le Sénat, en juin 2021.

Sa conjointe et ses trois enfants avaient trouvé refuge à Sherbrooke en 2013, et ont obtenu leur citoyenneté canadienne en 2018.

Ensaf Haidar n’a jamais cessé de militer pour la libération de son mari, s’étant même présentée comme candidate bloquiste lors des dernières élections fédérales dans le but, entre autres, de faire avancer la cause de Raif Badawi à Ottawa.

Avec Radio-Canada

Tanzanie: le principal leader d’opposition libéré, son procès pour terrorisme arrêté

mars 4, 2022
Tanzanie: le principal leader d'opposition libere, son proces pour terrorisme arrete
Tanzanie: le principal leader d’opposition libéré, son procès pour terrorisme arrêté© AFP/ERICKY BONIPHACE

Le chef du principal parti d’opposition tanzanien Freeman Mbowe a été libéré vendredi après-midi, après l’annonce de l’abandon des poursuites pour terrorisme engagées contre lui, qui met fin à son procès qualifié de « politique » par sa formation.

L’arrestation en juillet 2021, puis l’inculpation de cette figure de l’opposition avait jeté le doute sur l’ouverture démocratique espérée, dans le pays comme à l’étranger, avec l’arrivée au pouvoir en mars 2021 de Samia Suluhu Hassan, après le décès de l’autoritaire John Magufuli.

Âgé de 60 ans, Freeman Mbowe était accusé de « financement du terrorisme » et « complot terroriste » avec trois autres membres de son parti Chadema. Ils avaient été arrêtés le 21 juillet à Mwanza (ouest), où ils devaient participer à un rassemblement demandant des réformes constitutionnelles. Leur procès avait débuté le 31 août.

Lors d’une audience vendredi matin, un des procureurs, Robert Kidando, a annoncé que le ministère public n’avait « pas l’intention de poursuivre avec cette affaire ».

Le juge Joachim Tiganga a donc ordonné la libération « inconditionnelle » et « immédiate » des quatre accusés.

Le parti Chadema a publié en fin d’après-midi sur Twitter une photo de Freeman Mbowe entouré des trois co-accusés libres, tous vêtus de t-shirts rouge.

« Immense victoire »

« Nous savourons notre immense victoire morale et légale », s’était réjoui quelques heures plus tôt auprès de l’AFP l’avocat de Freeman Mbowe, Peter Kibatala.

« La justice a gagné aujourd’hui », a lancé le secrétaire général adjoint de Chadema, Benson Kigaila, devant une foule de partisans réunie devant le siège du parti: « Nous leur avons dit dès le début qu’il n’y avait pas d’affaire et aujourd’hui ils l’ont confirmé. »

Selon Chadema, les procureurs accusaient Mbowe d’avoir planifié une attaque contre un fonctionnaire et d’avoir donné 600.000 shillings tanzaniens (220 euros) pour l’organisation d’attentats contre des stations-service et des rassemblements publics, et pour abattre des arbres pour bloquer les routes.

Des accusations « infondées » pour un procès « politique » destiné à faire taire un opposant, n’ont cessé de dénoncer Mbowe, ses avocats et son parti.

Freeman Mbowe a affirmé avoir été torturé en détention et avoir dû enregistrer des déclarations sous la contrainte.

« Tourner la page »

Ces arrestations et ce procès avaient suscité l’indignation d’organisations de défense des droits civiques, ainsi que de plusieurs pays occidentaux. Des représentants d’ambassades ont régulièrement assisté aux audiences.

L’ambassadeur américain Donald Wright a salué sur Twitter la fin des poursuites comme « une occasion bienvenue pour la Tanzanie de tourner la page et de se concentrer sur l’avenir ».

Pour Chadema, ce procès reflétait un retour en arrière du pouvoir vers la « dictature ».

La formation accusait la présidente Hassan de renouer avec les pratiques autoritaires de son prédécesseur, après avoir affiché sa volonté de rompre avec certaines de ses politiques.

Peu après sa prise de fonctions, elle avait en effet tendu la main à l’opposition et autorisé la réouverture de médias interdits sous Magufuli, faisant le voeu de défendre la démocratie et les libertés fondamentales.

Dans une interview à la BBC en août, elle avait assuré que les accusations contre Freeman Mbowe n’étaient « pas politiques » et résultaient d’une enquête de près d’un an.

La cheffe de l’Etat tanzanien avait renouvelé le mois dernier les signaux d’ouverture envers l’opposition, levant l’interdiction de quatre journaux imposée sous John Magufuli, dont un propriété de Freeman Mbowe.

Avant le sommet UE-Afrique à Bruxelles, elle avait également rencontré le vice-président de Chadema, Tundu Lissu, candidat du parti à l’élection présidentielle de 2020 qui vit en exil en Belgique depuis une tentative d’assassinat en 2017.

Avec Le Point par AFP

Le blogueur saoudien Raif Badawi pourrait être libéré lundi

février 27, 2022

Les partisans du blogueur saoudien Raif Badawi espèrent qu’il sera bientôt libéré de prison après avoir purgé une peine de 10 ans et qu’il sera autorisé par l’Arabie saoudite à retrouver sa famille au Canada.

L’avocat des droits de la personne Irwin Cotler, qui représente M. Badawi sur la scène internationale depuis 2014, affirme que les discussions entre les représentants de l’Union européenne (UE) et ceux du royaume de l’Arabie saoudite ont fait naître l’espoir que le blogueur sera libéré dans les jours qui viennent.

Il précise toutefois que des pressions doivent être exercées pour permettre à M. Badawi de rejoindre sa femme et ses enfants, qui vivent au Québec. Bien que sa peine de prison ait pris fin, Raif Badawi doit encore faire face à une interdiction de voyager pendant 10 ans, à une interdiction de travailler dans les médias et à une amende punitive de 335 000 $ qui a été prononcée au moment de sa condamnation.

Nous parlons d’une sorte de prison sans murs où il est privé de voyage pour les 10 prochaines années, a déclaré Me Cotler, qui est aussi ancien ministre fédéral de la Justice et fondateur du Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne.

Ce serait l’équivalent de poursuivre la punition à l’extérieur de la prison, avec la même douleur intense d’être privé de la présence de sa femme et de ses enfants, a affirmé Me Cotler.

Raif Badawi a été emprisonné en 2012 et condamné en 2014 à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et à une amende d’un million de riyals saoudiens pour avoir critiqué les autorités religieuses du pays. Il a reçu 50 coups de fouet en janvier 2015 lors d’une flagellation publique, mais il n’aurait plus été fouetté depuis.

M. Cotler a affirmé qu’il ne craignait pas de nouvelles flagellations pour son client, la Cour suprême saoudienne ayant interdit cette pratique en 2020.

« J’espère qu’il sera libéré comme prévu selon le calendrier islamique le 28 février. »— Une citation de  Ensaf Haidar, épouse de Raif Badawi

Sa femme, Ensaf Haidar, a fait le compte à rebours de la date de libération prévue sur son compte Twitter. Elle et les trois enfants du couple vivent à Sherbrooke, au Québec, depuis 2013.

L’emprisonnement de Raif Badawi a suscité une forte condamnation sur la scène internationale.

De nombreuses organisations gouvernementales ainsi que des groupes de défense ont exigé sa libération.

Selon Me Cotler, les écrits pour lesquels M. Badawi a été emprisonné, qui font la promotion des droits de la personne et de la démocratie, sont conformes aux réformes que le prince héritier Mohammed ben Salmane préconise depuis cinq ans, à savoir l’appel à une Arabie saoudite plus ouverte et à un islam plus modéré.

« À ce stade, je dirais qu’il est dans l’intérêt de l’Arabie saoudite de permettre sa libération et de le réunir avec sa famille. »— Une citation de  Irwin Cotler, avocat des droits de la personne

En d’autres termes, ce n’est pas seulement la chose juste à faire, mais en termes d’Arabie saoudite, il serait dans son propre intérêt politique, économique et national de le faire, a estimé Irwin Cotler.

L’année dernière, la Chambre des communes et le Sénat ont voté en faveur de l’utilisation par le ministre de l’Immigration de son pouvoir discrétionnaire pour accorder la citoyenneté canadienne à Raif Badawi, mais cela ne s’est pas encore produit.

Ottawa se dit préoccupé

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a déclaré dans un communiqué qu’il ne pouvait pas commenter spécifiquement le cas de M. Badawi, en raison de la protection de la vie privée.

Le gouvernement du Canada est très préoccupé par le cas de Raif Badawi en Arabie saoudite, a indiqué le ministère dans un courriel. Nous avons toujours plaidé en sa faveur et nous continuerons à utiliser toutes les occasions de le faire. Son bien-être est au cœur de nos préoccupations.

Me Cotler affirme qu’il a eu des discussions avec les ministres des Affaires étrangères et de l’Immigration au sujet de ce dossier. Il a ajouté que la citoyenneté canadienne permettrait au pays d’effectuer des démarches diplomatiques au nom de M. Badawi.

La section francophone canadienne d’Amnistie internationale a déclaré que, d’après les informations dont elle dispose, M. Badawi pourrait être libéré entre le 28 février et le 3 mars, ou en juin, selon le calendrier utilisé pour calculer sa peine.

Quoiqu’il en soit, ils espèrent que la libération interviendra bientôt, compte tenu de la libération d’autres dissidents l’année dernière à l’expiration de leur peine, dont la propre sœur de M. Badawi.

La décision appartient en dernier ressort au gouvernement saoudien, a déclaré la directrice de campagne pour l’organisation de défense des droits de la personne, Colette Lelièvre, ajoutant qu’il est important de maintenir la pression tant que M. Badawi n’est pas libéré et réuni avec sa famille.

Nous suivons la situation au jour le jour. Si nous voyons qu’il n’a pas été libéré la semaine prochaine, nous serons plus visibles sur la question, a précisé Mme Lelièvre. Même s’il est libéré, il y a d’autres conditions qu’il devra suivre, et malheureusement, il ne sera pas envoyé au Canada.

Avec La Presse canadienne

Haïti: libération de deux otages parmi les 17 Nord-Américains enlevés mi-octobre

novembre 21, 2021
Haiti: liberation de deux otages parmi les 17 Nord-Americains enleves mi-octobre
Haïti: libération de deux otages parmi les 17 Nord-Américains enlevés mi-octobre© AFP/Richard PIERRIN

Deux otages parmi un groupe de 17 missionnaires nord-américains et leurs proches enlevés près de la capitale haïtienne Port-au-Prince, ont été libérés a annoncé dimanche l’église américaine à laquelle ils appartiennent.

« Seules des informations limitées peuvent être fournies, mais nous sommes en mesure d’indiquer que les deux otages qui ont été libérés sont sains et saufs, ont bon moral et sont pris en charge, » a déclaré l’organisation religieuse Christian Aid Ministries dans un communiqué publié sur son site internet.

Le groupe, 16 Américains et un Canadien, avait été enlevé le 16 octobre après la visite d’un orphelinat au coeur de la zone sous l’emprise d’un des principaux gangs d’Haïti.

Basée dans l’Etat américain de l’Ohio, l’organisation Christian Aid Ministries avait indiqué que le groupe comptait 12 adultes, dont l’âge est compris entre 18 et 48 ans, et cinq enfants âgés de 8 mois, 3, 6, 13 et 15 ans.

« Nous ne pouvons pas fournir ou confirmer les noms des personnes libérées, les conditions de leur libération, leur origine ou leur emplacement actuel » précise dimanche l’église, en demandant la discrétion à ceux ayant connaissance de ces détails.

« Preuves de vie »

Les membres du gang « 400 mawozo », qui ont enlevé ces 17 personnes avaient réclamé un million de dollars par personne gardée captive, selon les informations recueillies par l’AFP.

Dans une vidéo publiée fin octobre sur les réseaux sociaux, le chef de cette bande armée avait menacé d’exécuter les otages.

Quelques jours plus tard, la police haïtienne avait annoncé « avoir reçu des preuves de vie de tous les otages ».

Plusieurs agents du FBI collaborent avec les autorités haïtiennes et la cellule contre enlèvement de la police nationale qui négocie depuis plus d’un mois avec les ravisseurs.

Haïti est classé comme pays en zone rouge par les Etats-Unis qui déconseillent à leurs ressortissants de s’y rendre, notamment en raison des nombreux enlèvements dont « les victimes incluent régulièrement des citoyens américains ».

La semaine dernière, les Etats-Unis et le Canada ont aussi recommandé à leurs ressortissants vivant en Haïti de planifier leur départ du pays où les gangs armés étendent leur contrôle, causant une grave pénurie de carburants.

Les bandes armées ont commis plus de 800 enlèvements contre rançon depuis le début de l’année, selon le Centre d’analyse et de recherches en droits humains, basé à Port-au-Prince.

En avril, dix personnes dont deux religieux français avait été séquestrées 20 jours par ce gang dans la même région.

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec: Le militant antivaccin François Amalega Bitondo libéré sous conditions

novembre 19, 2021

Le manifestant François Amalega Bitondo, arrêté deux fois ces derniers jours à Shawinigan et Trois-Rivières, quitte la prison. L’homme de 43 ans, qui milite contre les mesures sanitaires et invite ouvertement la population à la désobéissance civile, devra toutefois respecter quelques conditions d’ici la tenue de son procès, dont la date sera fixée à une date ultérieure.

François Amalega Bitondo lors d'une manifestation antivaccin près d'une école secondaire, en septembre dernier. (Archives)

© /Radio-Canada François Amalega Bitondo lors d’une manifestation antivaccin près d’une école secondaire, en septembre dernier. (Archives)

La juge Annie Vanasse de la Cour du Québec lui ordonne notamment de ne pas s’approcher à moins de 300 mètres du premier ministre du Québec, François Legault.

Cette condition lui avait déjà été imposée par le passé par la cour après avoir tenté de contourner les policiers en se dirigeant vers le premier ministre François Legault, à Shawinigan. Il tenait alors, selon les policiers, un discours anti-masque. Les agents ont inscrit au rapport qu’il n’était toutefois pas agressif.

Dimanche, les policiers ont reçu une information à l’effet que l’accusé se trouvait dans son véhicule non loin du parc portuaire de Trois-Rivières. Un agent est alors allé à sa rencontre pour l’inviter à quitter les lieux et respecter l’ordonnance de la cour.

M. Amalega Bitondo a filmé cette intervention. Quelques minutes plus tard, il manifestait devant l’hôtel Delta où étaient réunis les élus de la CAQ, dont le premier ministre, pour le conseil général de la formation politique.

Interpellé par les policiers, il aurait indiqué que la distance à respecter de 300 mètres s’avérait une question d’interprétation, selon la position exacte (l’étage) où se trouvait François Legault dans l’édifice.

La magistrate devait se baser sur une série de critères, notamment la nature de l’infraction, les circonstances et la probabilité d’une condamnation. En contrepartie, elle doit également évaluer si l’accusé représente une menace réelle pour la population.

Si elle estime que le comportement général de M. Amalega Bitondo est dérangeant», elle est d’avis que son indice de dangerosité demeure faible. Selon les rapports policiers, l’accusé n’a jamais fait usage de violence.

François Amalega Bitondo est aussi accusé d’un bris de condition pour ne pas avoir résidé à l’adresse inscrite aux dossiers de la cour. Il devait déjà subir un procès en janvier. Il devra maintenant en subir un second à Trois-Rivières.

Par CBC/Radio-Canada les informations de Jonathan Roberge

Mali : libération de l’otage colombienne sœur Gloria Cecilia Narvaez

octobre 10, 2021
Sœur Cecilia Narvaez Argoti, dans une vidéo rendue publique le 2 juillet 2017. © AFP

Cette religieuse franciscaine colombienne avait été enlevée en février 2017 par des jihadistes au Mali. La présidence malienne a annoncé samedi sa libération.

La présidence du Mali a salué dans un communiqué « le courage et la bravoure de la sœur », précisant que cette libération est « le couronnement de 4 ans et 8 mois d’efforts conjugués de plusieurs services de renseignements ».

« Je remercie les autorités maliennes, le président, toutes les autorités maliennes pour tous les efforts que vous avez fait pour me libérer. Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse le Mali », a déclaré la religieuse à la télévision publique malienne.

Elle est apparue aux côtés du président par intérim, le colonel Assimi Goïta, est de l’archévêque de Bamako Mgr Jean Zerbo.

NOUS AVONS BEAUCOUP PRIÉ POUR SA LIBÉRATION

Mgr Zerbo a assuré à l’AFP que la religieuse « se porte bien ». « Nous avons beaucoup prié pour sa libération. Je remercie les autorités maliennes et les autres bonnes volontés qui ont permis cette libération », a-t-il dit.

Gloria Cecilia Narvaez fait partie des Franciscaines de Marie Immaculée, une congrégation d’origine suisse fondée en 1893 et présente dans 17 pays.

Elle avait été enlevée le 7 février 2017 près de Koutiala, à 400 km à l’est de Bamako. Elle travaillait alors comme missionnaire depuis six ans dans la paroisse de Karangasso avec trois autres religieuses.

Elle s’était volontairement livrée à ses ravisseurs

Selon une de ses collègues, sœur Carmen Isabel Valencia, sœur Gloria Cecilia Narvaez s’était volontairement livrée à ses ravisseurs alors qu’ils s’apprêtaient à enlever deux religieuses plus jeunes. « Je suis la supérieure, emmenez-moi », avait-elle dit, selon cette collègue.

Le frère de l’ex-otage s’est dit ému, après avoir eu confirmation de la libération. « Dieu merci, elle est en bonne santé, ils m’ont envoyé des photos et elle a l’air bien », a réagi Edgar Narvaez.

Le président de la Conférence épiscopale de Colombie, Mgr Mario de Jesús Álvarez Gómez, a pour sa part exprimé son « immense joie ».

« Je me réjouis énormément de la nouvelle de la libération au Mali de notre chère compatriote, la religieuse Gloria Cecilia Narváez, un objectif que nous nous étions fixé au sein du gouvernement national et pour lequel nous avons travaillé avec le président (colombien Ivan) Duque pendant de nombreux mois », a déclaré pour sa part dans un communiqué la ministre colombienne des Affaires étrangères, Marta Lucía Ramírez.

Mme Ramirez a également souligné les « efforts humanitaires du gouvernement français pour contribuer à cette réussite ».

Une source proche de la médiation a confié à l’AFP que la religieuse n’avait pas été maltraitée pendant sa détention et qu’elle a appris le Coran. « Nous ne dirons pas de détails. Les négociations ont duré des mois, des années », a souligné cette source.

Détenue par « un groupe du GSIM », lié à Al-Qaïda

Un responsable de l’aéroport de Bamako, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a indiqué à l’AFP que Gloria était arrivée samedi soir dans la capitale malienne d’où elle doit prendre l’avion pour Rome. Le départ de Bamako de la Colombienne a été confirmé par l’archevêché de la ville.

Dans une lettre transmise en juillet dernier par la Croix-Rouge à son frère, sœur Gloria Narvaez expliquait être détenue par « un groupe du GSIM », le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda.

Les enlèvements sont courants au Mali, pays sahélien pris dans la tourmente depuis le déclenchement d’insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord en 2012. Le conflit a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, malgré l’intervention de forces onusiennes, françaises et africaines.

Un journaliste français, Olivier Dubois, a été enlevé début avril dans le Nord du Mali par des jihadistes affiliés à Al-Qaïda.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le Catalan Carles Puigdemont libéré et autorisé à quitter l’Italie

septembre 24, 2021
Le Catalan Carles Puigdemont libere et autorise a quitter l'Italie
Le Catalan Carles Puigdemont libéré et autorisé à quitter l’Italie© AFP/Gianni BIDDAU

Arrêté jeudi en Sardaigne, Carles Puigdemont a été libéré vendredi et autorisé à quitter l’Italie, selon son avocat, même si la justice de ce pays doit encore trancher sur la demande d’extradition déposée par l’Espagne, où le leader indépendantiste catalan est poursuivi pour son rôle dans une tentative de sécession en 2017.

Salué par ses partisans, l’ex-président régional catalan a quitté vendredi la prison de Sassari, en Sardaigne, où il était détenu.

Selon son avocat italien Agostinangelo Marras, il a été autorisé à quitter l’Italie dans l’attente d’une prochaine audience à laquelle il prévoit d’assister le 4 octobre. La décision sur son extradition pourrait prendre « des semaines », avait indiqué plus tôt cet avocat.

« L’Espagne ne perd jamais une occasion d’être ridicule », a dénoncé M. Puigdemont à sa sortie.

En visite sur l’île de La Palma, où un volcan est entré en éruption, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a appelé de ses voeux un procès du leader indépendantiste. Carles Puigdemont, qui a fui en 2017 en Belgique où il vit depuis lors, pour échapper aux poursuites judiciaires, doit « se soumettre à la justice » espagnole, a-t-il insisté.

Âgé de 58 ans, M. Puigdemont a été arrêté jeudi soir à son arrivée à l’aéroport d’Alghero, ville sarde de culture catalane où il devait participer à un festival culturel et s’entretenir avec des élus de l’île italienne.

Cette arrestation a provoqué la colère des indépendantistes catalans, dont plusieurs centaines ont manifesté vendredi devant le consulat d’Italie à Barcelone (nord-est de l’Espagne). D’autres appels à manifester ont été lancés pour vendredi soir ou dimanche.https://3a8d1e40c7adb1bf9ee487eacba271d9.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

« C’est un autre exemple de la répression espagnole à l’égard des politiciens catalans », a affirmé Monica, 33 ans, qui participait à la manifestation de vendredi matin.

Le président séparatiste catalan Pere Aragones avait lui convoqué une réunion d’urgence de son gouvernement et exigé « la libération immédiate de Carles Puigdemont ».

« L’amnistie est la seule voie. L’autodétermination la seule solution », avait-il écrit jeudi soir sur Twitter.

Accusé de « sédition »

Carles Puigdemont est toujours réclamé par la justice espagnole, qui l’accuse de « sédition » et de « détournements de fonds publics ».

En mars 2018, il avait été arrêté une première fois à la demande de l’Espagne, en Allemagne cette fois. Mais il avait été libéré quelques jours plus tard. Eurodéputé depuis 2019, l’indépendantiste a bénéficié un temps d’une immunité parlementaire mais le Parlement européen l’a levée le 9 mars à une large majorité. Une mesure confirmée le 30 juillet par le Tribunal de l’Union européenne.

Mais la décision du Parlement européen a fait l’objet d’un recours dont le jugement définitif sur le fond de la part de la justice de l’UE doit être prononcé « à une date ultérieure ». L’avocat de M. Puigdemont, Gonzalo Boye, considère donc que la décision du Parlement est « suspendue », tout comme l’application du mandat d’arrêt, et que son client doit encore bénéficier de son immunité.

Vers une nouvelle crise ?

Cette affaire, qui intervient dans un moment de relative détente, fait planer le risque d’une nouvelle crise entre Madrid et les indépendantistes.

Le gouvernement Sanchez a gracié en juin les neuf dirigeants indépendantistes qui avaient été arrêtés en 2017 et condamnés à la prison en 2019, à l’issue d’un procès historique dont M. Puigdemont était le grand absent.

Le gouvernement espagnol a repris le 15 septembre ses négociations avec le gouvernement séparatiste régional, destinées à trouver une issue à la crise séparatiste en Catalogne.

Vendredi, M. Sanchez a « revendiqué » l’importance du dialogue « aujourd’hui plus que jamais » tandis que M. Aragones a, lui, jugé que cette arrestation « n’aidait pas à résoudre le conflit » en Catalogne.

La tentative de sécession de la Catalogne, en octobre 2017, a été l’une des pires crises vécues par l’Espagne depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Malgré l’interdiction de la justice, le gouvernement régional présidé par M. Puigdemont avait organisé un référendum d’autodétermination émaillé de violences policières et suivi, quelques semaines plus tard, d’une déclaration d’indépendance mort-née.

Madrid avait réagi en mettant la région sous tutelle et en arrêtant les principaux dirigeants du mouvement indépendantiste qui n’avaient pas fui à l’étranger.

Par Le Point avec AFP

Guinée : des détenus politiques libérés

septembre 8, 2021

GESTES. Militants civils, opposants politiques : emprisonnés pour avoir manifesté contre Alpha Condé, ils ont été libérés à la suite d’une promesse des militaires.

Les putschistes en Guinee ont, dans un geste d'apaisement, libere un groupe d'opposants politiques au president dechu Alpha Conde.
Les putschistes en Guinée ont, dans un geste d’apaisement, libéré un groupe d’opposants politiques au président déchu Alpha Condé.© CELLOU BINANI / AFP

Il y avait foule ce mardi 7 septembre devant la prison civile de Conakry. Un premier groupe composé d’une dizaine de personnes, arrêtées notamment lors des manifestations contre le 3e mandat d’Alpha Condé, a commencé à être libéré. Parmi elles, les opposants Abdoulaye Bah et Étienne Soropogui, ou encore un transfuge du parti au pouvoir, Ismaël Condé, condamné à trois ans et quatre mois de prison pour des propos laissant entendre que seules les armes pourraient chasser Alpha Condé du pouvoir.

Une liste de 79 détenus libérables a été approuvée après des consultations entre les nouvelles autorités, l’administration pénitentiaire et les avocats des détenus, selon ces derniers. Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de mouvements politiques et de la société civile qui a mené la contestation, espérait initialement dès lundi la libération de ses membres emprisonnés.

Depuis sa réélection contestée, Alpha Condé multipliait les interpellations. Au total, 400 personnes auraient été interpellées arbitrairement à l’issue de la présidentielle du 18 octobre 2020. Et leurs conditions de détention étaient plus que préoccupantes. D’une capacité de 300 personnes, la prison civile de Conakry accueillerait environ 1 500 détenus, selon un rapport de l’Union européenne sur les droits humains et la démocratie dans le monde paru en juin dernier.

Les putschistes essayent de rassurer

Les forces spéciales disent avoir agi pour mettre fin à « la gabegie financière » et au « piétinement des droits des citoyens ». Elles ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution qu’avait fait adopter Alpha Condé en 2020 en invoquant ce changement de loi fondamentale pour se représenter après deux mandats, malgré des mois de contestation réprimée dans le sang.

« On est derrière Doumbouya », a déclaré à l’AFP Abdoul Gadiri Diallo, à Bambéto, banlieue réputée favorable à l’opposition régulièrement secouée par des heurts entre manifestants et forces de sécurité. « Il va très bien redresser ce pays-là, on compte sur lui. »

Pour un autre habitant de Bambéto, Kaba Kemoko Lamine, « le peuple attendait ça depuis fort longtemps et l’occasion était là ». Les militaires ont également commencé mardi à démanteler les postes mixtes armée-gendarmerie-police installés sur les principaux axes de la capitale, notamment en banlieue, qui permettaient au régime Condé, selon ses détracteurs, de juguler les manifestations.

Une junte sous pression

Les militaires emmenés par le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, insistaient également sur la prochaine ouverture d’une « concertation » nationale pour définir les modalités de la transition politique conduite par un futur gouvernement d’union nationale dans ce pays à l’histoire politique mouvementée.

La coalition de l’opposition dirigée par l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo et opposant à Condé a exprimé son soutien au nouveau pouvoir militaire, l’exhortant à œuvrer en priorité à « la mise en place d’institutions légitimes capables » de « conduire rapidement le pays à la réconciliation nationale et à l’instauration de l’État de droit ».

Ces premiers gestes ont eu lieu la veille d’un sommet virtuel de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sur la Guinée. À la suite d’un putsch similaire au Mali voisin en août 2020, la Cedeao avait pris des sanctions, essentiellement économiques, jusqu’à ce que les militaires s’engagent sur la voie d’une transition de dix-huit mois maximum pour rendre le pouvoir à des dirigeants civils issus d’élections.

Une délégation au Mali, conduite par le médiateur de la Cedeao dans cette crise, l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan, a d’ailleurs exprimé mardi son inquiétude quant au respect des échéances, se disant « préoccupée par l’insuffisance d’actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral ».

L’épilogue de plus de dix années de régime d’Alpha Condé en Guinée a suscité une large réprobation internationale, notamment de l’Union africaine (UA) qui a appelé à la « libération immédiate » de M. Condé et au « retour à l’ordre constitutionnel ».

Par Le Point avec AFP

La Libye libère Saadi Kadhafi

septembre 6, 2021
Saadi Kadhafi, le 13 mars 2016.

Emprisonné depuis 2014, le troisième fils du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi a été remis en liberté à la demande de la justice de Tripoli. Il se serait aussitôt envolé pour la Turquie.

« Saadi a été remis à sa famille conformément aux procédures légales », indique un communiqué des autorités libyennes publié ce lundi 6 septembre. Lesquelles précisent également que la remise en liberté du fils de l’ancien raïs a été prise « en exécution d’une décision de justice » datant de plusieurs mois et que l’intéressé serait, dès lors, « libre de rester ou de partir. »

Saadi Mouammar Kadhafi, aujourd’hui âgé de 47 ans, ne se l’est apparemment pas fait dire deux fois : de nombreuses sources indiquent qu’il aurait immédiatement quitté son pays à bord d’un vol à destination de la Turquie.

Saadi est la troisième fils de l’ancien dictateur libyen. Trois de ses frères – Seif al-Arab, Mutassim et Khamais – sont morts en 2011, soit aux côtés de leur père soit quelques temps après, au cours des combats. Mohamed, un autre frère, vit actuellement à Oman tout comme sa mère, Safiya, et sa soeur Aisha. Hannibal, de son côté, est détenu au Liban, tandis que Seif el-Islam, le plus médiatique des enfants encore en vie, est récemment revenu sous les feux des projecteurs en annonçant dans la presse américaine son intention de se présenter à la présidentielle organisée fin 2021 dans son pays.

Saadi, quant à lui, avait fui la Libye en 2011 lors du soulèvement qui a conduit à la chute, puis à la mort de son père. Réfugié au Niger, il en avait été extradé en mars 2014 et avait été traduit devant les tribunaux libyens, la justice l’accusant du meurtre de l’ancien entraîneur du club de football Al-Itihad de Tripoli, survenu en 2005. Le fils du colonel était à l’époque le patron de la fédération libyenne de football et il avait été recruté en 2003 par le club italien de Pérouse. La plupart des spécialistes affirmaient que la présence de Saadi sur le terrain devait plus à l’influence de son père et à ses bonnes relations avec le chef du gouvernement italien de l’époque, Silvio Berlusconi, qu’à son talent ballon au pied. Les plus passionnés se souviennent tout de même que Saadi Kadhafi avait joué 15 minutes face à la Juventus de Turin en 2004.

En 2018, la cour d’appel de Tripoli a finalement acquitté Saadi. Certains s’attendaient à ce que la justice lui demande des comptes sur son implication éventuelle dans la répression des événements de 2011. Sa libération semble clore le débat. Elle s’inscrit d’ailleurs dans une démarche générale d’apaisement en vue des élections attendues en décembre. Les autorités de transition ont ainsi annoncé aujourd’hui que d’autres « détenus politiques » avaient été relâchés. Parmi eux : l’ancien colonel Ahmad Ramadan al-Assebeï, surnommé « Black Box », qui occupait le poste de directeur de cabinet du dictateur et dont on dit qu’il connaît tous les secrets.

Par Jeune Afrique avec AFP