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Mali : Clément Dembélé libéré mais bientôt jugé

mai 23, 2020

Le Malien Clément Dembélé.

Le Malien Clément Dembélé. © DR 

Le militant anti-corruption a été libéré vendredi mais doit comparaître le 1er juillet pour incitation à la violence, selon plusieurs sources judiciaires.

Clément Dembélé, président de la Plateforme contre la corruption et le chômage au Mali (PCC), avait été arrêté le 9 mai pour avoir appelé les forces de sécurité à se révolter dans une vidéo, avait indiqué à l’AFP un responsable au sein des services de renseignements.

Son arrestation n’avait jamais été confirmée publiquement par les autorités, et le silence sur son sort et l’endroit où il se trouvait avait donné lieu à d’abondantes spéculations.

« Incitation à la violence »

Il a été « présenté au procureur de la République ce vendredi. Il a été inculpé pour incitation à la violence, mais laissé libre. Il comparaîtra le 1er juillet prochain », a dit une source judicaire malienne. Une autre source judicaire a confirmé l’information et ajouté que « ses problèmes avec la justice n’ont rien à voir avec ses activités de lutte contre la corruption ».

Une centaine de personnes avaient manifesté en sa faveur mardi à Bamako mardi. « Les gens ont dans un premier temps pensé qu’il avait été enlevé et donc porté disparu à jamais. Et qu’il ne fallait pas laisser passer ça », a expliqué Oumar Kanté, sociologue à l’université de Bamako. « Ensuite le citoyen lambda a pensé qu’il était arrêté dans le cadre de sa croisade contre la corruption. Il fallait donc se mobiliser pour soutenir sa cause et exiger sa libération », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC : des libérations de détenus envisagées face aux craintes de propagation du coronavirus en prison

mai 5, 2020

Le Pr Jean-Jacques Muyembe, à la tête de la riposte contre le coronavirus en RDC (ici en août 2019 à Goma, lorsqu'il dirigeait les opérations pour contrer Ebola).

Le Pr Jean-Jacques Muyembe, à la tête de la riposte contre le coronavirus en RDC (ici en août 2019 à Goma, lorsqu’il dirigeait les opérations pour contrer Ebola). © REUTERS/Baz Ratner

 

Les autorités congolaises s’inquiètent du risque de progression du coronavirus dans les prisons, qui pourrait constituer « un facteur de propagation à grande échelle ». Des mesures de remise en liberté de détenus sont envisagées. Dont celle de Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du chef de l’État…

« La contamination au niveau des prisons risque d’être un facteur de propagation à grande échelle dans notre société, en particulier si la prison de Makala devrait être concernée, en raison de son surpeuplement ». La mise en garde vient de celui qui, depuis que la pandémie a touché la RDC, est à la tête de la lutte contre le virus, le professeur Jean-Jacques Muyembe.

L’alerte lancée par l’épidémiologiste, cité dans le compte rendu du Conseil des ministres en visioconférence qui s’est tenu lundi 4 mai, et présidé par Félix Tshiskedi, s’appuie sur la situation observée à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. Dans cet établissement, ce sont pas moins de 104 cas qui ont été identifiés. Et le bilan pourrait s’alourdir, puisque de nouveaux prélèvements sont en cours d’analyse.

Interpellation des ONG

La semaine dernière, déjà, la situation dans les prisons congolaises a été pointée par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.

Pointant les risques inhérents à la promiscuité dans ces établissements et accusant les autorités de « négligence notoire », le gouvernement n’ayant « pris aucune disposition de grande envergure pour limiter la propagation de cette maladie » dans les établissements pénitentiaires, l’organisation Justicia ASBL, a ainsi réclamé des mesures de libération de détenus, pour « décongestionner » les cellules.

Une interpellation qui semble avoir été entendue de la part du gouvernement congolais qui a décidé de procéder à un « désengorgement » qui concernera notamment des détenus de la prison centrale de Makala et de la prison militaire de Ndolo.

Désengorgement « impérieux »

Déjà, fin avril, dans un courrier que Jeune Afrique a pu consulter, le vice-Premier ministre et ministre de la Justice, Célestin Tunda Ya Kasende, avait ordonné « de manière pressante » aux procureurs généraux des cours d’appel de Kinshasa/Gombe et Kinshasa/Matete « de prendre des dispositions qui s’imposent en vue de procéder sans tarder à la poursuite du désengorgement de la prison centrale de Makala, au regard de la situation combien préoccupante du moment. »

Soulignant que « la promiscuité à l’instar du surpeuplement de la prison centrale de Makala, qui compte 9 000 détenus, est de nature à favoriser la propagation » du coronavirus, le ministre a fixé l’objectif :  « Il est dès lors impérieux de prendre des dispositions utiles et salutaires en vue de désengorger la prison centrale de Makala. »

Dans la foulée, il avait appelé les deux procureurs à accorder une attention particulière aux femmes enceintes, aux mineurs et aux personnes âgées de plus de 70 ans dont la santé est fragilisée par l’âge.

Le cas de Kamerhe évoqué

Vital Kamerhe, ancien président de l'Assemblée nationale, directeur de cabinet de Félix Tshisekedi. Ici à Paris, dans les locaux de Jeune Afrique, le 20 août 2013.
Photo de Vincent Fournier/JA

Mais dans le compte rendu du Conseil des ministres, le texte se fait un peu plus précis encore : « Parmi les pistes explorées, il y a la voie de libération conditionnelle, de liberté provisoire à accorder aux personnes privées de liberté mais ne présentant aucun risque à l’instar du directeur de cabinet du chef de l’Etat, ainsi que les personnes condamnées à des peines mineures. »

Une mention de la situation de Vital Kamerhe que n’ont pas manqué de saluer ses partisans. Le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, en détention préventive, a en effet vu ses multiples demandes de remise en liberté provisoire être systématiquement rejetées. Incarcéré depuis le 8 avril, il est accusé de détournements de fonds – pour une somme totale d’environ 50 millions de dollars – dans le cadre du programme des Cent jours initié par le président Félix Tshisekedi. Son procès doit s’ouvrir le 11 mai prochain.

« La croissance exponentielle n’a pas eu lieu »

Officiellement, le pays comptait, au 4 mai, 705 cas confirmés dans les sept provinces touchées – dont 675 à Kinshasa – , pour 34 décès et 80 personnes guéries. S’il a pointé des inquiétudes quant à la situation dans les prison, le professeur Muyembe s’est, en revanche, montré relativement optimiste sur l’état des lieux global de la progression de la maladie. « L’épidémie importée est terminée, les contaminations observées sont locales », a-t-il précisé, soulignant que « la croissance exponentielle n’a pas eu lieu ».

Le coordinateur de la riposte au Covid-19 a également affirmé que « le confinement de La Gombe a donné de bons résultats », notamment en terme de « baisse de nombre de contaminés » et de « dépistages de plusieurs contacts ». Dans l’Est, également touché, « la riposte semble avoir porté ses fruits, puisqu’aucune contamination nouvelle n’a été signalée ».

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera TshIamala – à Kinshasa

 

Togo : l’opposant Agbéyomé Kodjo libéré sous contrôle judiciaire

avril 25, 2020

Agbéyomé Kodjo, le 22 février 2020, lors de l'élection présidentielle, à Lomé au Togo

Agbéyomé Kodjo, le 22 février 2020, lors de l’élection présidentielle, à Lomé au Togo © AP/Sipa 

L’opposant togolais Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle de février derrière le sortant Faure Gnassingbé, et arrêté mardi à son domicile, a été libéré vendredi soir et placé sous contrôle judiciaire.

 

 « Agbéyomé Kodjo a été libéré vendredi soir et placé sous contrôle judiciaire, avec des conditions », a déclaré Me Claver N’dry, l’un de ses avocats. Selon une note du doyen des juges d’instruction, l’opposant a interdiction de quitter le Togo sans autorisation et ne doit pas faire de « déclarations tendant à la remise en cause des résultats de la présidentielle du 22 février ». Il est également interdit de « tous propos, déclarations, ou attitudes tendant à remettre en cause et à saper l’ordre constitutionnel et institutionnel ».
Atteinte à la sûreté de l’État
L’immunité parlementaire d’Agbéyomé Kodjo avait été levée en mars, à la demande du parquet de Lomé, pour s’être « autoproclamé » président de la République. Il s’est également présenté comme « prétendu chef de l’État et chef suprême des armées », appelant la nation et les forces armées à se mobiliser contre le pouvoir, des propos et agissements relevant « des qualifications de troubles aggravés à l’ordre public (…) et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État », selon le procureur.
L’opposant a été arrêté mardi à son domicile et conduit au Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la gendarmerie. Il avait manqué de se rendre à des convocations de la gendarmerie, le 1er puis le 9 avril, et de nouveau mardi, pour des raisons de « santé », selon ses avocats.
Contrôle judiciaire de deux autres opposants
Les évêques du Togo et plusieurs partis d’opposition, ont demandé la libération d’Agbéyomé Kodjo. Par ailleurs, deux autres dirigeants de l’opposition, Brigitte Adjamagbo-Johnson et Fulbert Attisso, sont également placés sous contrôle judiciaire, selon des sources judiciaires
Agbéyomé Kodjo, qui a obtenu 19,46% des suffrages le 22 février, contre 70,78% à Faure Gnassingbé, selon les résultats officiels, a formulé un recours en justice, rejeté en mars par la Cour constitutionnelle, qui a validé le scrutin. Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans.
Par Jeune Afrique avec AFP

Coronavirus au Cameroun : Paul Biya annonce la libération de certains prisonniers

avril 16, 2020

Paul Biya, le président camerounais.

Paul Biya, le président camerounais. © Lintao Zhang/AP/SIPA

 

Le chef de l’État camerounais a ordonné des commutations et des remises de peines pour certains prisonniers afin de désengorger les prisons qui font face à la menace du Covid-19. Le nombre de détenus concernés par cette décision n’a pas été communiqué.

C’était la revendication de la commission des droits de l’homme de l’ordre des avocats du Cameroun, pour qui seule « une réelle décongestion » des établissements pénitentiaires peut garantir une maîtrise de la situation en cas de présence du coronavirus.

Le 15 avril, le président Paul Biya a finalement annoncé la libération de certains prisonniers. Si le nombre de détenus concernés par ce décret présidentiel n’a pas été communiqué, les détails de son application ont été soigneusement précisés. Les prisonniers de l’opération épervier condamnés pour « détournement » ne sont pas concernés par cette mesure, encore moins ceux arrêtés dans le cadre de la crise anglophone et condamnés entre autres pour « atteinte à la sureté de l’État ».

Les personnes en attente de jugement détenues à titre préventif sont également exclues de la décision présidentielle. Cette catégorie comptait pourtant 18 435 personnes sur les 31 815 prisonniers au Cameroun en 2019, soit 58 % de la population carcérale. Une exclusion que regrettent certains avocats, dont la corporation a été en première ligne des revendications ayant conduit à l’adoption de cette mesure.

1 % de la population carcérale

Depuis Bamenda, l’avocat Fru Njoh exprime une satisfaction relative. « Si le but était de désengorger les prisons de telles sorte d’éviter une hécatombe en cas de contamination de celles-ci, c’est évidemment raté, confie-t-il. Mais nous saluons ce geste qui est avant tout humaniste ».

Dans chacune des 91 prisons que compte le pays, les premières sorties devraient intervenir au courant de cette journée du 16 avril. Selon les spécialistes des droits de l’homme au Cameroun, entre 2 000 et 3 000 personnes devraient ainsi recouvrer la liberté, soit à peine 1 % de la population carcérale totale.

Avec près de 855 cas positifs et 17 décès, le Cameroun reste le deuxième pays d’Afrique subsaharienne le plus touché après l’Afrique du Sud. La menace du Covid-19 a récemment provoqué un vent de panique au sein de la maison d’arrêt de Kondengui à Yaoundé, principale prison du pays. Des dizaines de détenus avaient alors manifesté leurs inquiétudes après la circulation de rumeurs sur la présence de cas infectés au sein du pénitencier.

Avec Jeuneafrique par Franck Foute

Libération d’une Française employée de l’ONU enlevée en Haïti

février 28, 2020

 

Une employée française du Programme alimentaire mondial a été libérée jeudi après avoir été enlevée mardi soir dans la capitale haïtienne, a indiqué l’agence onusienne vendredi 28 février.

La victime, dont l’identité n’a pas été rendue publique, «a été libérée en toute sécurité le 27 février après avoir été enlevée à Port-au-Prince par un groupe d’individus non identifiés le 25 février», selon les précisions apportées à l’AFP par Greg Barrow, en charge de la communication au Programme alimentaire mondial (PAM).

Présents en Haïti pour «fournir une assistance humanitaire et une aide au développement aux pauvres, affamés et vulnérables», les employés du PAM «devraient toujours bénéficier de la sécurité nécessaire pour mener leur travail», précise le communiqué.

Par Le Figaro avec AFP

Nigeria: près de 1000 membres présumés de Boko Haram innocentés et libérés

novembre 27, 2019

L’armée nigériane a libéré mercredi près de 1000 détenus soupçonnés d’appartenir à Boko Haram après les avoir innocentés de tout lien supposé avec le groupe djihadiste qui mène une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria, ont constaté des correspondants de l’AFP.

Un total de 983 personnes incarcérées dans une prison militaire de la ville de Maiduguri (nord-est), ont été confiées aux autorités civiles pour leur «réhabilitation et intégration». Le commandant de l’armée nigériane, Olusegun Adeniyi, a déclaré lors d’une cérémonie que les personnes libérées avaient «préalablement fait l’objet d’une enquête et innocentées». Les détenus libérés, dont cinq femmes, ont été remis au gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, à la caserne militaire de Giwa. Selon le gouverneur, les personnes libérées n’étaient pas des djihadistes de Boko Haram, mais des suspects qui, après enquête, ont été «blanchis des infractions reprochées». Cela représente l’une des plus importantes libérations de détenus par l’armée en une seule fois. L’un des détenus libérés, Ibrahim Usman, a affirmé avoir été arrêté dans la rue parce qu’il n’avait pas pu fournir de pièce d’identité valide à des soldats lors d’un contrôle. «Je n’ai jamais été membre de Boko Haram, mais j’ai passé quatre ans en détention», a-t-il dit aux journalistes.

En octobre, l’armée avait libéré 25 enfants après la publication d’un rapport accablant de Human Rights Watch (HRW) accusant des militaires d’être à l’origine de maltraitance et de torture à l’encontre d’enfants détenus. Des groupes de défense des droits de l’homme ont régulièrement accusé l’armée d’avoir procédé à des arrestations massives et arbitraires de citoyens innocents au cours des dix années de lutte contre l’insurrection djihadiste. Ils ont également critiqué les conditions de vie dans les centres de détention, les qualifiant de surpeuplés et insalubres, affirmant que certains détenus avaient été torturés ou même exécutés sommairement. Le conflit dans le nord-est du Nigeria a fait 35.000 morts et deux millions de déplacés. La violence s’est étendue au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

Par Le Figaro avec AFP

RDC: libération de 200 personnes en détention irrégulière

octobre 19, 2019

 

Plus de deux cents personnes en détention irrégulière ont été relâchées samedi à Kinshasa par les autorités de la République démocratique du Congo, a annoncé Emmanuel Cole, un défenseur des droits des prisonniers.

«237 personnes qui étaient en détention préventive et irrégulière ont été libérées» par les autorités, a-t-il dit à l’AFP. Tous ont quitté la prison après une cérémonie conduite par le ministre de la Justice, Célestin Tunda Ya Kasende.

Cette libération entre dans le cadre d’un «processus de désengorgement» des prisons, a indiqué le ministre, cité par le site d’information 7sur7. «Nous allons étendre cette libération à d’autres milieux carcéraux du pays».

«Ce n’est pas normal que les citoyens se retrouvent dans des situations de privation de liberté parce que les autorités judiciaires n’ont pas bien fait leur travail», a réagi M. Cole. «La majorité des personnes libérées étaient en prison depuis plusieurs mois et la détention de certains remonte à 2013. Détenus arbitrairement, on leur demande aujourd’hui de remercier les autorités. C’est incroyable».

Construite à l’époque coloniale, avec une capacité d’accueil de 1.500 personnes, la prison de Makala à Kinshasa compte aujourd’hui plus de 8.000 détenus, dont 850 condamnés.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Congo: François M’Pelé, libéré

septembre 12, 2019

Après multiples indignations, l’ancien international congolais François M’pelé a été libéré ( prison).

Incarcéré depuis 2016 à la maison d’arrêt de Pointe-Noire pour blanchiment d’argent, l’ancien international congolais et président de la FECOFOOT vient de sortir de prison. Il avait déjà fait l’objet d’une évacuation d’urgence pour des raisons de santé.

François M’pelé dit « la flèche noire » est l’un des footballeurs congolais les plus capés de l’histoire.

Âgé de 73 ans, le natif de Brazzaville François M’Pelé évolue au PSG de 1973 à 1979. Il est champion d’Afrique avec le Congo 🏆en 1972 à Yaoundé au Cameroun et inscrira un but lors de cette finale qui opposa les Diables rouges du Congo aux Aigles du Mali.


François M’pelé détient le record de buts marqués en Coupe de France avec le PSG: 28 buts.

Avec ses 95 buts, il est classé 6ème au rang des buteurs de l’histoire du Paris Saint-Germain.
François M’pelé est le premier joueur africain de l’histoire du PSG.

 

Photo de BrazzaNews.
J. S avec Brazzanews.fr

Human Rights Watch exhorte le Nigeria à libérer des milliers d’enfants

septembre 10, 2019

 

Human Rights Watch a exhorté mardi le Nigeria à libérer des milliers d’enfants détenus par l’armée en raison de liens présumés avec les insurgés islamistes du groupe Boko Haram.

HRW affirme dans un rapport que des milliers d’enfants sont détenus arbitrairement dans des conditions dégradantes et inhumaines dans des cellules, en particulier dans la caserne de Giwa, dans la ville de Maiduguri, située dans le nord-est du pays. «De nombreux enfants sont détenus sans inculpation pendant des mois ou des années dans des casernes sordides et surpeuplées, sans contact avec le monde extérieur». Selon les Nations unies, 3600 enfants, dont 1617 filles, ont été détenus de janvier 2013 à mars 2019 pour leur implication présumée dans des groupes armés.

«Les enfants sont détenus dans des conditions horribles depuis des années, avec peu ou pas de preuves de liens avec Boko Haram, et sans avoir été traduits en justice», relève Jo Becker, chargé de la défense des droits des enfants à Human Rights Watch. «Beaucoup de ces enfants ont déjà survécu aux attaques de Boko Haram. Les traitements cruels infligés par les autorités aggravent leurs souffrances et les rendent encore plus vulnérables». Selon lui, les enfants touchés par le conflit ont besoin d’être scolarisés, pas emprisonnés.

Human Rights Watch demande au gouvernement nigérian de signer un accord avec les Nations unies qui garantirait le transfèrement des enfants aux autorités de protection de l’enfance pour leur réunification familiale et leur réintégration dans la communauté. «Si les autorités militaires ou les services de renseignement ont des preuves crédibles d’infractions pénales commises par des enfants, elles devraient les transférer aux autorités judiciaires civiles pour qu’elles les traitent conformément aux normes nationales et internationales en matière de justice pour mineurs», dit l’ONG.

Human Rights Watch a interrogé en juin 32 enfants détenus à la caserne de Giwa qui ont déclaré qu’ils n’avaient pas été traduits en justice. «Personne n’était au courant d’accusations contre eux. L’un d’eux a été détenu alors qu’il n’avait que cinq ans». De nombreux enfants ont dit avoir été arrêtés après avoir fui les attaques de Boko Haram contre leur village ou quand ils cherchaient refuge dans des camps de déplacés. L’un d’eux a déclaré qu’il avait été arrêté et détenu depuis plus de deux ans «pour avoir vendu des ignames à des membres de Boko Haram».

Selon HRW, plusieurs filles enlevées avaient été contraintes d’épouser des combattants de Boko Haram. Environ un tiers des enfants interrogés ont déclaré que les forces de sécurité les ont battus pendant leur interrogatoire après leur arrestation à la caserne de Giwa. L’insurrection de Boko Haram, qui dure depuis dix ans dans le nord-est du Nigeria, et sa répression par l’armée nigériane, ont tué plus de 27.000 personnes. Deux millions de personnes ont été déplacées par les attaques que Boko Haram mène également dans les pays voisins.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Mauritanie : libération du blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir, accusé de blasphème

juillet 31, 2019

Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir, blogueur mauritanien, était incarcéré depuis 2014. © DR / Human Rights Watch

 

Condamné à mort pour blasphème en 2014, le blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir a été remis en liberté le 29 juillet, après plus de cinq ans de détention. Il a immédiatement quitté Nouakchott pour le Sénégal.

Après cinq années de détention, le blogueur mauritanien Mohamed Cheickh Ould Mkheïtir a été remis en liberté le 29 juillet, a annoncé Reporters sans frontières (RSF), qui lutte depuis 2014 pour sa libération. Le blogueur – condamné en 2014 à la peine de mort pour un billet de blog jugé blasphématoire, une condamnation ramenée à deux années de prison – a immédiatement été exfiltré au Sénégal, afin d’éviter les mouvements de contestation à son égard.

Contacté par RSF, il « a remercié les organisations qui se sont mobilisées pour sa libération depuis près de six ans de détention ». Sa libération « est un immense soulagement car, pour un simple article publié sur un réseau social, il a vécu un véritable calvaire, en violation d’une décision de justice rendue par son propre pays », a indiqué Christophe Deloire, le secrétaire générale de RSF.

Mohamed Cheickh Ould Mkheïtir n’est pas « entièrement libre de ses mouvements », a néanmoins précisé Me Fatima Mbaye, son avocate. En effet, le blogueur doit désormais trouver un pays d’accueil, le Sénégal n’étant qu’un pays de transit en attendant de recevoir qu’un pays lui accorde l’asile.

Aucune destination n’a pour le moment été citée. L’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle) a néanmoins annoncé que le président français, Emmanuel Macron, s’était entretenu au téléphone lundi après-midi avec le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, qui doit être investit ce 1er août. « L’entretien a porté sur les excellentes relations entre la France et la Mauritanie », ont déclaré les autorités mauritaniennes, qui n’ont pas souhaité s’exprimer sur le cas de Mohamed Cheickh Ould Mkheïtir.

Persona non grata en Mauritanie

Dans un article publié sur son blog en janvier 2014, Mohamed Cheick Ould Mkheïtir avait dénoncé l’utilisation de la religion pour justifier des inégalités entre les castes, notamment au détriment de la sienne, les maalemine, une classe de forgerons dont il est issu. Il avait ensuite été placé en détention dès le 2 janvier 2014, dans l’attente de son procès, à la prison civile de Nouadhibou (Nord-Ouest). Bien que la peine capitale ne soit plus appliquée en Mauritanie depuis 1987, des manifestants avaient réclamé sa condamnation à mort lors de rassemblements à Nouakchott.

En première instance, il avait été reconnu coupable d’apostasie et condamné à mort le 24 décembre 2014 par la Cour criminelle de Nouadhibou. Le 21 avril 2016, la cour d’appel de Nouadhibou avait confirmé la condamnation en requalifiant les faits en « mécréance », une accusation moins lourde prenant en compte son repentir, puis renvoyé son dossier devant la Cour suprême, qui avait ordonné en janvier la tenue d’un nouveau procès devant une cour d’appel autrement composée. Celle-ci avait ramené en novembre 2017 sa condamnation à deux ans de prison.

Début juillet, il avait renouvelé la démarche en brisant le silence sur sa page Facebook, inactive depuis 2014. « Comme je l’avais annoncé au début 2014 et comme je l’ai répété à toutes les occasions qui s’offraient à moi devant les tribunaux, je réaffirme ici mon repentir devant Allah, le seigneur des mondes », a-t-il déclaré. La dernière repentance qui lui a valu sa libération a été cette fois exigée par une commission d’oulémas – chef religieux – qui a été spécialement constituée pour son cas.

 Par Jeune Afrique avec AFP