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Mauritanie : libération du blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir, accusé de blasphème

juillet 31, 2019

Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir, blogueur mauritanien, était incarcéré depuis 2014. © DR / Human Rights Watch

 

Condamné à mort pour blasphème en 2014, le blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir a été remis en liberté le 29 juillet, après plus de cinq ans de détention. Il a immédiatement quitté Nouakchott pour le Sénégal.

Après cinq années de détention, le blogueur mauritanien Mohamed Cheickh Ould Mkheïtir a été remis en liberté le 29 juillet, a annoncé Reporters sans frontières (RSF), qui lutte depuis 2014 pour sa libération. Le blogueur – condamné en 2014 à la peine de mort pour un billet de blog jugé blasphématoire, une condamnation ramenée à deux années de prison – a immédiatement été exfiltré au Sénégal, afin d’éviter les mouvements de contestation à son égard.

Contacté par RSF, il « a remercié les organisations qui se sont mobilisées pour sa libération depuis près de six ans de détention ». Sa libération « est un immense soulagement car, pour un simple article publié sur un réseau social, il a vécu un véritable calvaire, en violation d’une décision de justice rendue par son propre pays », a indiqué Christophe Deloire, le secrétaire générale de RSF.

Mohamed Cheickh Ould Mkheïtir n’est pas « entièrement libre de ses mouvements », a néanmoins précisé Me Fatima Mbaye, son avocate. En effet, le blogueur doit désormais trouver un pays d’accueil, le Sénégal n’étant qu’un pays de transit en attendant de recevoir qu’un pays lui accorde l’asile.

Aucune destination n’a pour le moment été citée. L’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle) a néanmoins annoncé que le président français, Emmanuel Macron, s’était entretenu au téléphone lundi après-midi avec le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, qui doit être investit ce 1er août. « L’entretien a porté sur les excellentes relations entre la France et la Mauritanie », ont déclaré les autorités mauritaniennes, qui n’ont pas souhaité s’exprimer sur le cas de Mohamed Cheickh Ould Mkheïtir.

Persona non grata en Mauritanie

Dans un article publié sur son blog en janvier 2014, Mohamed Cheick Ould Mkheïtir avait dénoncé l’utilisation de la religion pour justifier des inégalités entre les castes, notamment au détriment de la sienne, les maalemine, une classe de forgerons dont il est issu. Il avait ensuite été placé en détention dès le 2 janvier 2014, dans l’attente de son procès, à la prison civile de Nouadhibou (Nord-Ouest). Bien que la peine capitale ne soit plus appliquée en Mauritanie depuis 1987, des manifestants avaient réclamé sa condamnation à mort lors de rassemblements à Nouakchott.

En première instance, il avait été reconnu coupable d’apostasie et condamné à mort le 24 décembre 2014 par la Cour criminelle de Nouadhibou. Le 21 avril 2016, la cour d’appel de Nouadhibou avait confirmé la condamnation en requalifiant les faits en « mécréance », une accusation moins lourde prenant en compte son repentir, puis renvoyé son dossier devant la Cour suprême, qui avait ordonné en janvier la tenue d’un nouveau procès devant une cour d’appel autrement composée. Celle-ci avait ramené en novembre 2017 sa condamnation à deux ans de prison.

Début juillet, il avait renouvelé la démarche en brisant le silence sur sa page Facebook, inactive depuis 2014. « Comme je l’avais annoncé au début 2014 et comme je l’ai répété à toutes les occasions qui s’offraient à moi devant les tribunaux, je réaffirme ici mon repentir devant Allah, le seigneur des mondes », a-t-il déclaré. La dernière repentance qui lui a valu sa libération a été cette fois exigée par une commission d’oulémas – chef religieux – qui a été spécialement constituée pour son cas.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Mexique: libération d’un journaliste enlevé par des hommes armés

juin 13, 2019

 

Un journaliste enlevé mercredi dans l’Etat de Veracruz (sud-est) a été libéré ce jeudi à l’aube, a annoncé le gouverneur Cuitlahuac Garcia. «Nous avons réussi à libérer le journaliste Marcos Miranda», a annoncé le gouverneur dans un tweet, qui a également félicité la police et les membres des forces armées qui ont participé à sa libération. Selon un source militaire, qui a requis l’anonymat, le journaliste a «été retrouvé frappé et désorienté alors qu’il marchait sur la voie publique».

Marcos Miranda, journaliste et directeur du site d’informations Noticias a Tiempo, avait été enlevé par deux hommes armés alors qu’il conduisait sa fille de 10 ans à l’école dans la ville de Boca del Rio. Son épouse, Maria del Pilar Gasca, avait indiqué à la presse locale que son mari avait reçu des menaces du ministre de l’Intérieur de l’Etat, Eric Cisneros, en raison de ses reportages. «Il voulait que (mon mari) écrive des choses positives sur lui en échange de pots-de-vin. Il lui a dit que s’il ne le faisait pas, il savait ce qui allait lui arriver», avait-elle témoigné.

L’enlèvement s’était produit moins de 24h après le meurtre mardi soir de Norma Sarabia dans l’Etat voisin de Tabasco, qui porte à six le nombre de journalistes tués au Mexique depuis le début de l’année. Norma Sarabia avait été correspondante du journal Tabasco Hoy pendant 15 ans et travaillait depuis quelque temps pour d’autres médias locaux. Elle a été attaquée mardi soir par deux individus armés circulant à moto, à proximité de son domicile dans la ville de Huimanguillo, à 400 km de Boca del Rio.

Selon le décompte de Reporters sans frontières, le Mexique est le pays le plus meurtrier au monde pour les journalistes, avec cinq journalistes tués entre le début de l’année et le mois de mai. Avec plus de 100 journalistes tués depuis 2000, l’organisation classe le pays parmi les trois pays les plus dangereux pour la presse avec la Syrie et l’Afghanistan.

La grande majorité de ces assassinats restent impunis.

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC: libération de 22 otages enlevés lors d’une attaque revendiquée par le groupe EI

mai 28, 2019

 

Vingt-deux personnes ont été libérées cinq jours après avoir été enlevées lors d’un raid revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) dans l’est de la République démocratique du Congo, a appris l’AFP mardi de sources locales.

«Ils sont au total 22 personnes – 16 hommes, cinq femmes et une fillette. Ils ont été enlevés à Samboko-Tchani Tchani lors de l’attaque de la semaine passée», a déclaré l’administrateur du territoire de Beni dans le Nord-Kivu, Donat Kibwana, à un correspondant de l’AFP. Ce correspondant a pu parler en swahili avec un rescapé qui a préféré garder l’anonymat, affirmant craindre pour des enfants encore captifs : «Ils (les ravisseurs) gardent les gens dans un grand trou. Ils parlent un bon swahili comme celui de l’Afrique de l’est (Tanzanie) (…) et une autre langue que je n’ai pas pu identifier».

«Ce sont des gens de physionomie différente. Ils nous ont dit qu’ils veulent que tout le monde soit musulman. Ils ne veulent pas de  »kafir » (mécréant)», a ajouté le rescapé. «Après trois jours de marche, ils nous ont dit que nous les adultes, nous allions rentrer mais que les jeunes resteront avec eux», a-t-il poursuivi. «Nous avons laissé là-bas six personnes, dont cinq sont d’une même famille de Samboko-Tchani Tchani».

Le groupe EI avait revendiqué la semaine dernière deux attaques dans le territoire de Beni sur Telegram. Le nom «Chianchiani» apparaît dans l’un des deux communiqués diffusés par l’EI, d’après la traduction en anglais de SITE Intelligence group, spécialiste des mouvements islamistes. Dans cette localité, l’EI revendique «un assaut contre des casernes de l’armée congolaise». «Une dizaine de personnes ont été emportées par ces assaillants», avait alors déclaré l’administrateur du territoire (responsable administratif) de Beni, sans précision sur l’identité des ravisseurs.

L’EI avait également revendiqué une attaque contre «des éléments croisés de l’armée congolaise dans le village de Kumbwa à Kamango». Kamango se trouve tout près de la frontière avec l’Ouganda. L’armée congolaise n’avait pas confirmé l’attaque. Les enlèvements dans le territoire de Beni sont généralement attribués aux miliciens des Forces démocratiques alliés (ADF). Les ADF sont historiquement des rebelles musulmans ougandais installés dans l’est du Congo depuis 20 ans. Ils sont tenus responsables du massacre de plusieurs centaines de civils depuis octobre 2014 dans la région de Beni.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Mauritanie: appels à la libération de deux blogueurs détenus depuis deux mois

mai 22, 2019

 

Amnesty International a appelé mercredi les autorités mauritaniennes à libérer deux jeunes blogueurs proches de l’opposition arrêtés il y a deux mois et poursuivis pour «dénonciation calomnieuse» envers le chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz, alors que l’élection présidentielle se tiendra le 22 juin.

De leur côté, les avocats d’Abderrahmane Ould Wedadi et Cheikh Ould Jiddou, arrêtés le 22 mars et inculpés le 27 mars, ont annoncé la saisie du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire «afin de faire reconnaître le caractère illégal de leur détention et pour demander leur libération immédiate».

Les deux jeunes blogueurs reprenaient depuis plusieurs mois sur Facebook des informations de la presse étrangère «relatives au potentiel gel d’un compte bancaire par les autorités de Dubaï qui appartiendrait au chef de l’Etat mauritanien», ont rappelé mardi dans un communiqué les avocats, Brahim Ould Ebetty et Henri Thulliez. Le président mauritanien, interrogé le 5 mars par la presse sur cette affaire, avait affirmé qu’il «s’agissait d’une rumeur qui finira par s’estomper». Selon leurs avocats, «surtout les deux blogueurs enquêtaient depuis plusieurs années sur une escroquerie immobilière basée sur le système de Ponzi, touchant plusieurs milliers de familles et qui aurait bénéficié à des proches du président sans que l’auteur principal présumé ne soit jamais inquiété par la justice». La personne visée est un chef religieux, cheikh Ridha al-Saïdi, qui a acheté à crédit à des milliers de Mauritaniens des centaines de maisons, terrains, véhicules et bétail à des prix très supérieurs à leur valeur réelle, pour les revendre ensuite bien en-dessous du prix du marché, mais sans jamais les rembourser. Des associations de créanciers du religieux se sont constituées pour réclamer leur dû, manifestant devant sa concession située dans la banlieue nord de la capitale, sans jusqu’à présent saisir la justice.

Amnesty International a pour sa part appelé dans un communiqué les autorités à «libérer immédiatement et sans condition deux célèbres blogueurs détenus depuis deux mois uniquement pour avoir dénoncé sur Facebook des faits présumés de corruption dans le pays», les appelant à «s’ouvrir aux débats et à la critique». «Le respect et la protection du droit à la liberté d’expression devraient être une de leurs priorités, l’élection présidentielle étant prévue le mois prochain», a souligné l’organisation.

Ancien général arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2008, élu en 2009 puis réélu en 2014, Mohamed Ould Abdel Aziz ne peut se représenter au terme de son second mandat. Pour lui succéder, le parti au pouvoir a désigné comme candidat un autre ancien général, son compagnon de toujours, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Tunisie : Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali, a été libéré mais doit rester en France

mai 12, 2019

Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international. © Fethi Belaid/AFP

 

Belhassen Trabelsi, beau-frère de l’ancien dictateur Zine el Abidine Ben Ali, a obtenu sa libération devant la justice française, sans pouvoir quitter la France avant l’examen d’une demande d’extradition de la Tunisie, a-t-on appris dimanche de sources concordantes.

« En application du droit, nous avons fait annuler le verrou extraditionnel » en vertu duquel Belhassen Trabelsi était incarcéré, « en raison d’un problème de procédure », ont annoncé à l’AFP ses avocats Xavier Nogueras et Marcel Ceccaldi, confirmant la libération de l’homme de 56 ans, annoncée dimanche par le ministère tunisien de la Justice.

C’est la deuxième fois que la cour d’appel d’Aix-en-Provence ordonne la remise en liberté du beau-frère de l’ancien dictateur tunisien, mis en examen en France notamment pour « blanchiment en bande organisée ».

Demande d’extradition

Il reste soumis à un contrôle judiciaire dans cette affaire, pour lequel il a dû verser une caution de 100 000 euros, doit pointer régulièrement au commissariat et ne peut pas quitter le territoire français, ont expliqué ses avocats.

« Force est de constater que les magistrats français n’ont pas cédé aux pressions politiques et médiatiques et ont fait application du droit » en libérant Belhassen Trabelsi, se sont-ils félicités.

Prochaine étape judiciaire, l’examen de la demande d’extradition formulée par la Tunisie, qui devrait avoir lieu en juin mais pour lequel la défense « n’exclut pas » désormais de demander un délai

Dans l’attente de cette comparution « les autorités tunisiennes confirment leur pleine confiance en l’indépendance et la neutralité de la justice française pour une bonne application de la loi », a commenté le ministère tunisien de la Justice dans un communiqué.

Cavale

En cavale depuis mai 2016 après avoir quitté le Canada où il s’était réfugié après la révolution tunisienne de janvier 2011, le frère de l’ex-première dame tunisienne Leila Trabelsi a été arrêté mi-mars dans le sud de la France et mis en examen pour « blanchiment en bande organisée, recel, usage et complicité de faux documents administratifs ainsi que pour entrée irrégulière d’un étranger sur le territoire national ».

Incarcéré aux Baumettes à Marseille, il avait obtenu le 28 mars sa remise en liberté. Mais en vain, le parquet général d’Aix-en-Provence lui ayant signifié le lendemain un mandat d’arrêt d’un juge d’instruction de Tunis lancé le 22 février 2017.

La demande d’extradition lancée par les autorités tunisiennes invoque une série de décisions prononcées par défaut, dont trois condamnations à dix ans de prison chacune prononcées entre février 2017 et juin 2018 pour des délits financiers.

Lors d’une audience, le parquet général avait accusé Belhassen Trabelsi d’avoir « pillé des entreprises tunisiennes », aux côtés de M. Ben Ali.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina: Washington remercie Paris pour la libération d’une otage américaine

mai 10, 2019

 

Les Etats-Unis ont adressé ce vendredi leurs «remerciements» à la France pour la libération «sains et saufs» de quatre otages, dont une américaine, lors d’une opération au Burkina Faso. «Je présente mes plus sincères condoléances aux familles des soldats français tués pendant l’opération», a ajouté sur Twitter le responsable du département d’Etat américain chargé de l’Afrique, Tibor Nagy.

«Nos remerciements à la France, au Burkina Faso et au Bénin pour leurs partenariats forts dans la lutte contre le terrorisme», a ajouté le haut responsable américain. Les forces spéciales françaises ont libéré dans la nuit de jeudi à vendredi deux Français, une Américaine et une Sud-Coréenne dans le nord du Burkina Faso, lors d’une intervention au cours de laquelle deux militaires français ont été tués.

Les deux Français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés le 1er mai lors d’un séjour touristique au Bénin. L’identité des deux autres otages libérés n’était pas connue dans l’immédiat.

Par Lefiogaro.fr avec AFP

Burkina : les deux otages français enlevés au Bénin libérés au cours d’une opération militaire

mai 10, 2019

Des soldats français sécurisent une zone près de Gao, au Mali, en 2013 (photo d’illustration). © Jerome Delay/AP/SIPA

 

Quatre otages, dont les deux touristes français enlevés au Bénin le 1er mai, ont été libérés au cours d’une opération militaire française menée dans la nuit de jeudi à vendredi dans le nord du Burkina Faso. Deux soldats français ont été tués, a annoncé la présidence française.

L’opération militaire a été « conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi, au nord du Burkina Faso ». Elle a permis de libérer quatre otages, « dont Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, enlevés le 1er mai dernier au Bénin », a annoncé l’Élysée dans son communiqué. « Une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne ont également été libérées », précisent les services de la présidence française.

Deux soldats français tués

Deux militaires français ont été tués au cours de cette intervention, « le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales », a précisé l’Élysée.

Dans son communiqué, le président français « remercie les autorités béninoises et burkinabè pour leur parfaite coopération » et « les assure de l’entière volonté de la France à les aider dans leur lutte contre le terrorisme au Sahel ».

Dans un communiqué de presse, Florence Parly, la ministre française des Armées, a par ailleurs salué « le précieux soutien [des] alliés américains [de la France] dans la conduite de cette opération ».

L’état-major des armées a apporté plusieurs précisions sur la manière dont cette opération visant un « campement » où se trouvaient les otages a été conduite. Saluant « l’engagement exemplaire des forces spéciales françaises », le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des armées, insiste également sur « le concours direct de l’opération Barkhane, des forces armées burkinabè et le soutien américain en renseignements ».

« Ces facteurs ont été essentiels pour le succès de l’opération, garantissant la réactivité dès l’annonce de la disparition des deux Français, la mise à disposition de moyens et la cohérence d’ensemble de l’opération », précise encore l’état-major français.

Les deux touristes français étaient en vacances dans le parc national de la Pendjari, dans le nord du Bénin, lorsqu’ils ont disparu avec leur guide près de la frontière avec le Burkina Faso. Un corps, celui de leur guide, avait été découvert le 4 mai.

Par Jeune Afrique

L’opposante rwandaise Victoire Ingabire libérée de prison

septembre 15, 2018

Cette photo du 7 avril 2010 montre l’opposante rwandaise Victoire Ingabire à son domicile de Kigali.n / © AFP/Archives / Bertrand GUAY

Une des principales figures de l’opposition rwandaise, Victoire Ingabire, est sortie de prison samedi dans le cadre de la libération anticipée de plus de 2.000 prisonniers décidée la veille par le président Paul Kagame qui dirige son pays d’une main de fer depuis près d’un quart de siècle.

« Je remercie le président qui a permis cette libération », a dit l’opposante alors qu’elle quittait la prison de Mageragere dans la capitale rwandaise, Kigali.

« J’espère que cela marque le début de l’ouverture de l’espace politique au Rwanda », a-t-elle ajouté, appelant M. Kagame à « libérer d’autres prisonniers politiques ».

La libération surprise de 2.140 détenus, dont Mme Ingabire et le chanteur Kizito Mihigo, a été décidée lors d’un conseil des ministres vendredi, au cours duquel une mesure de grâce présidentielle a été approuvée.

« Le conseil des ministres présidé par le président Paul Kagame a approuvé aujourd’hui la libération anticipée de 2.140 condamnés auxquels les dispositions de la loi leur donnaient droit », a précisé un communiqué du ministère de la Justice.

« Parmi eux figurent M. Kizito Mihigo et Mme Victoire Ingabire Umuhoza, dont le reste de la peine a été commuée par prérogative présidentielle à la suite de leur dernières demandes de clémence déposées en juin de cette année », a ajouté le texte.

Mme Ingabire avait été arrêtée en 2010 peu de temps après son retour au Rwanda alors qu’elle voulait se présenter à la présidentielle contre Paul Kagame comme candidate du parti des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), une formation d’opposition non reconnue par les autorités de Kigali.

Cette économiste hutu, qui n’était pas au Rwanda pendant le génocide, avait avant cela passé 17 ans en exil aux Pays-Bas.

Elle purgeait une peine de 15 ans de prison prononcée en 2013 par la Cour suprême pour « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre » et « minimisation du génocide de 1994 » qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Kigali l’avait accusée d’avoir nié la réalité du génocide en demandant que les auteurs de crimes contre les Hutu soient eux aussi jugés.

Kizito Mihigo, un chanteur très populaire au Rwanda, avait été arrêté en 2015 et condamné à dix ans de prison pour conspiration en vue d’assassiner le président.

Réélu en août 2017 pour un troisième mandat de sept ans, Paul Kagame est crédité de l’important développement d’un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi régulièrement accusé de bafouer la liberté d’expression et de museler toute opposition.

– Francophonie –

En novembre, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) avait estimé que la condamnation de Mme Ingabire avait violé ses droits à la liberté d’expression et à une défense adéquate.

La Cour d’Arusha avait cependant souligné qu’elle n’était pas une instance d’appel des décisions de la justice rwandaise et avait refusé d’ordonner une révision du procès ainsi qu’une libération conditionnelle.

Eugène Ndahayo, ancien vice-président des FDU aux côtés de Victoire Ingabire, s’est réjoui de sa libération tout en s’interrogeant sur ses motifs.

« Nous sommes dans un contexte d’élections au niveau de l’Organisation internationale de la Francophonie et que (la candidature de) Madame (Louise) Mushikiwabo, l’actuelle ministre des Affaires étrangères, a été présentée et que cette candidature est contestée à cause de la question des droits de l’homme au Rwanda », a-t-il dit à Radio France Internationale (RFI).

Mme Mushikiwabo est soutenue par la France pour devenir la prochaine secrétaire générale de l’OIF, qui sera désignée au sommet de la Francophonie les 11 et 12 octobre en Arménie.

Une autre opposante, Diane Rwigara, qui avait voulu défier le président Kagame en 2017, avait été bloquée par la commission électorale. Elle a ensuite été arrêtée et accusée de trahison. Son procès est en cours.

Le Rwanda est doté par sa Constitution d’un système multipartiste mais la plupart des partis reconnus soutiennent le Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir depuis 24 ans.

Toutefois, le Parti démocratique vert de Frank Habineza, seul parti d’opposition toléré, a obtenu 5% des suffrages aux législatives de début septembre, obtenant deux sièges de députés sur les 80 que compte la chambre basse.

En 2015, une réforme de la Constitution adoptée par référendum permet à Paul Kagame de se présenter pour un nouveau mandat et de potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034.

Romandie.com avec(©AFP / (15 septembre 2018 13h07)

Congo: Pourtant libéré par le juge, Paulin Makaya croupit toujours en prison

septembre 14, 2018

Paulin Makaya: « l’espoir d’un sourire victorieux? »

 

Libéré hier après sa condamnation d’un an d’emprisonnement, du fait qu’il eu déjà purgé cette peine, le président d’Unis Pour le Congo, M. Paulin MAKAYA est actuellement pris en otage à la maison d’arrêt centrale de Brazzaville.


Ce matin son avocat, Me. Yvon Éric IBOUANGA qui s’est rendu à la maison d’arrêt pour le rendre visite a été chassé par les éléments de l’administration pénitentiaire y compris le chef de détention de l’établissement pénitentiaire, lui interdisant de visiter son client , sous prétexte de l’expiration de son permis de communiquer, alors qu’il est resté avocat de M. Paulin MAKAYA depuis 34 mois.

A cet effet, l’avocat de l’opposant Paulin MAKAYA s’est rendu dans le bureau du procureur général, pour lui faire état de la situation, et ce dernier étonné du fait que M. Paulin MAKAYA ne soit pas encore libéré, a donc contacté le parquet audiencier, malheureusement personne n’a décroché son téléphone, même le Procureur de la République, M. Oko NGAKALA. Jusque-là, le parquet est vide.

Cependant, pour avoir déjà purgé sa peine, la troisième chambre correctionnelle de la Cour d’appel a ordonné jeudi 13 septembre, sa mise en liberté et la levée du mandat de dépôt. Paulin Makaya a été condamné à payer un franc symbolique à l’Etat à titre de dommages et intérêts pour préjudice subi.

Cette libération serait une simple farce ou une escroquerie judiciaire de l’administration congolaise ?

Sacer-infos,com par Stany Franck

Congo: L’opposant Paulin Makaya recouvre sa liberté

septembre 13, 2018

Paulin Makaya


Le président de Unis pour le Congo ( UPC), jugé depuis juillet pour  » complicité d’évasion de prisonniers » à la Maison d’arrêt de Brazzaville, fin 2016,  a été reconnu coupable, le 13 septembre, des faits qui lui sont reprochés puis condamné à un an d’emprisonnement, selon le verdict de son procès.

Cependant, pour avoir déjà purgé sa peine, la troisième chambre correctionnelle de la Cour d’appel a ordonné sa mise en liberté et la levée du mandat de dépôt. Paulin Makaya a été condamné à payer un franc symbolique à l’Etat à titre de dommages et intérêts pour préjudice subi.
Le président de l’UPC, une jeune formation politique proche de l’opposition, était incarcéré depuis 2015, peu avant sa seconde inculpation.

L’opposant congolais Paulin Makaya, emprisonné à Brazzaville depuis fin 2015, a été condamné à un an de prison, jeudi 13 septembre, mais a été libéré pour avoir déjà purgé sa peine. La troisième chambre correctionnelle de la cour d’appel a reconnu M. Makaya coupable de « complicité d’évasion », a déclaré son président, Dan Dé Ibara Ibombo, au cours d’une audience publique.

Président de l’Union pour le Congo (UPC, petite formation d’opposition), M. Makaya avait dans un premier temps été accusé d’avoir organisé, en octobre 2015, une manifestation non autorisée contre le référendum constitutionnel ayant permis au chef de l’Etat, Denis Sassou Nguesso, de se représenter à la présidentielle de mars 2016, qu’il a remportée.

M. Makaya avait été condamné à deux ans de prison en première instance, une peine confirmée en appel en mars 2017. Il avait fini de purger sa peine en novembre de la même année, mais n’avait pas été relaxé. En janvier 2017, il avait été inculpé pour une nouvelle infraction de « complicité d’évasion » liée à une fusillade, en décembre 2016, à la maison d’arrêt de Brazzaville. Au moins quatre personnes, dont un gendarme, avaient été tuées lors de cette évasion.

Sacer-infos.com