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Pourquoi la librairie est essentielle

mai 10, 2021

INTERVIEW. Christian Thorel (Ombres blanches) et Benoît Bougerol (Privat), deux acteurs historiques de la profession, défendent une aide à la transmission.


Vitrine culturelle. La librairie Ombres blanches, une institution toulousaine.
Vitrine culturelle. La librairie Ombres blanches, une institution toulousaine.

Le Point a réuni deux anciens présidents du Syndicat de la librairie française (SLF) pour évoquer l’avenir post-Covid du secteur. Christian Thorel a transmis Ombres blanches en 2018 à des salariées et Benoît Bougerol a installé sa fille, Anne, à la tête de la librairie Privat, rachetée en 2013.

Le Point :Les librairies sont désormais considérées comme des commerces essentiels, mais ce ne fut pas le cas au début de l’épidémie. Avez-vous craint de ne pas remonter le rideau ?

Benoît Bougerol : Oui, j’ai eu peur, comme tout chef d’entreprise, je crois. Le premier confinement a été un grand moment de doute. Heureusement, nous avons pu rapidement créer un groupe de travail à l’initiative de Bruno Le Maire avec plusieurs libraires pour tenter de chiffrer nos pertes. Nous avons bénéficié des aides du gouvernement rapidement.

Benoît Bougerol (librairie Privat).

Christian Thorel : Désormais retraité, j’ai vécu ce confinement dans une certaine sidération. J’avais régulièrement au téléphone Emmanuelle Sicard [gérante d’Ombres blanches depuis 2018, NDLR], qui m’a rapidement rassuré sur la solidité de la librairie. Elle a su gérer rationnellement la crise. Je m’interroge toutefois sur sa durée. J’ai paradoxalement mieux vécu le premier confinement que cette sorte d’hypothèque qui plane sur nous constamment. Je trouve que ça commence à devenir inquiétant.

Christian Thorel (librairie Ombres blanches).

B. B. : Nos librairies ne sont pas seules en jeu. J’ai bien entendu, en tant qu’élu à la chambre de commerce, que d’autres chefs d’entreprise étaient désemparés. Lors du déconfinement, il a aussi fallu faire face à des salariés qui avaient peur de tomber malades en venant travailler. Rassurer les clients, également.

Finalement, le plus rassurant, ce sont les ventes : l’objet livre demeure essentiel à l’époque des tablettes numériques et des objets connectés ?

B. B. : On a effectivement battu des records de ventes lors de la réouverture. Et ça continue… À Rodez, on a vu davantage d’hommes, traditionnellement moins lecteurs que les femmes. On a aussi vu revenir avec plaisir les jeunes dès que les établissements scolaires ont été rouverts. Pour une ville comme la nôtre, c’est important d’avoir 5 000 élèves dans notre périmètre. Ils viennent beaucoup pour les mangas, mais on en voit aussi tourner autour du rayon des livres de poche : Hugo, Camus, des classiques…

C. T. : C’est quand même de plus en plus compliqué de vendre des livres réputés « difficiles ». Je constate que, même dans une ville universitaire comme Toulouse, la diffusion des savoirs est à la peine. Comme si l’université, qui a vocation à ouvrir les horizons, avait tendance à les refermer. Il en va de même de la culture. J’en parlais avec un ancien d’Ombres qui a ouvert une librairie à Auch, à propos d’un superbe bouquin de 700 pages publié par Verdier : il ne pense pas en vendre plus de deux ou trois exemplaires !

B. B. : C’est clair, le niveau d’exigence a beaucoup baissé. Mais je ne vais reprocher aux jeunes de lire des mangas alors que mon père, qui était aussi libraire, m’interdisait de lire des BD quand j’étais jeune. Aujourd’hui, le rayon BD, c’est ce qu’on appelle un « point d’entrée » dans le métier. Mais un point d’entrée, c’est fait pour être dépassé.

Pendant le confinement, on a vu se développer le « click and collect » et les livreurs à deux-roues ont envahi les villes. Peut-on imaginer se faire livrer un livre demain comme une pizza ?

C. T. : À Toulouse, on fait appel à une start-up qui facture le service environ 5 euros. Pour un livre qui coûte en moyenne entre 10 et 20 euros, ça fait cher. Mais pas question de passer par des sociétés type Uber, qui exploitent des jeunes gens même pas salariés. Ce ne serait pas politiquement correct. À mon sens, une librairie n’a pas à offrir ce genre de service. Si on intègre la livraison dans le prix, le risque est d’en arriver à un système de remise déguisée qui irait contre le principe du prix unique du livre pour lequel nous nous sommes impliqués à quelques-uns, dont le père de Benoît, il y a quarante ans. Nous étions minoritaires, mais nous avons gagné parce qu’on a milité, avec Jérôme Lindon. Ce dernier a su convaincre Jack Lang contre le conservatisme de la profession, qui ne voyait pas le péril que représentait alors la Fnac, remplacé aujourd’hui par le danger Amazon.

B. B. : À Rodez, on fait appel à un livreur à vélo qui travaille aussi pour d’autres commerces, mais uniquement dans le centre-ville. Il facture la course 3,90 euros, mais c’est un service marginal. En réalité, on faisait déjà du « click and collect » bien avant le confinement avec notre site en ligne, qui permet de réserver un livre ou de se le faire expédier par Colissimo. Avec la poste, on peut avoir des clients à Dunkerque comme à Toulouse… C’est quand même bizarre, alors que, dans le même temps, les consommateurs se veulent désormais « locavores ». Peut-être que le Covid aura fait prendre conscience qu’on a besoin de commerces de proximité, pas de plateformes logistiques situées dans des entrepôts périphériques.

Le prix unique du livre est une chose, mais le prix des loyers et des baux commerciaux grimpe dans les villes, entraînant la fin d’institutions comme Castéla, place du Capitole. Christian Thorel dénonce dans son « Tract » la gentrification*, qui a causé tant de fermetures dans le quartier historique des éditeurs et des libraires parisiens. Une fatalité ?

C. T. : Quand j’ai commencé dans le métier dans les années 1980, il y avait une quarantaine de libraires à Toulouse, dont une dizaine rien que dans la rue du Taur, mais pas de « grands paquebots ». Beaucoup de petites librairies ont fermé, d’autres ont ouvert. La loi sur le prix unique a favorisé l’implantation de librairies un peu partout. Il y en a peut-être moins, mais elles sont plus sérieuses, avec un fonds de qualité. On le voit à Figeac, à Agen, parfois même dans des villages. C’est formidable ! On a la chance dans le Sud-Ouest d’avoir trois grandes libraires indépendantes à Toulouse, Montpellier et Bordeaux.

B. B. : C’est vrai que nous disposons d’un maillage de librairies de qualité dans la région, mais il y a tout de même des trous dans la raquette. Regardez Narbonne ou Tarbes, deux villes où les anciennes librairies Privat ont disparu. C’est quand même triste de constater que, dans une préfecture comme Albi, ce sont les centres Leclerc qui sont devenus les principaux point de vente de livres.

C. T. : Benoît a raison, c’est préoccupant. Les librairies sont aussi dépendantes de la fréquentation commerciale des centres-villes. Quand elle chute sous l’effet des implantations de grandes surfaces en périphérie, comme à Villefranche-de-Rouergue, c’est plus compliqué de se maintenir.

B. B. : Il faudrait peut-être inventer un système de soutien pour aider à la transmission des librairies. La profession dispose paradoxalement de beaucoup d’aides à la création de nouvelles librairies, mais pas pour leur reprise par de nouvelles générations. C’est lourd financièrement de racheter une librairie, surtout avec un fonds important. On l’a vu récemment quand un « gros paquebot », comme Sauramps, à Montpellier, a commencé à tanguer.

Par Le Point propos recueillis par Stéphane Thépot

De Malcolm X à Dongala, la sélection panafricaine d’un libraire de rue cap-verdien de Saint-Denis

juillet 23, 2020

Luc Pinto Barreto a installé sa librairie éphémère sur le parvis de la gare de Saint-Denis, au nord de Paris, en France.

Luc Pinto Barreto a installé sa librairie éphémère sur le parvis de la gare de Saint-Denis, au nord de Paris, en France. © Dorine Goth

 

Installé en plein air sur le parvis de la gare de Saint-Denis, près de Paris, Luc Pinto Barreto, jeune libraire d’origine cap-verdienne et martiniquaise, nous dévoile une sélection des titres qui ont profondément marqué son histoire.

Bien que les auteurs africains occupent une place prépondérante dans sa librairie, pas question pour Luc Pinto Barreto de qualifier sa démarche de militante : il expose simplement des thèmes qu’il souhaite mettre en avant. Si certains se montraient sceptiques à l’égard de son concept de librairie en plein air, celui que l’on appelle désormais « le Dealer de livres » a su démontrer que son idée bien pensée pouvait fonctionner. Fortement médiatisé pour sa démarche, le jeune homme a reçu le soutien de nombreuses personnalités dont la réalisatrice afro-féministe Amandine Gay.

Son initiative a rencontré un franc succès, et celui qui ne devait rester que quelques semaines sur le parvis de la gare de Saint-Denis, en banlieue parisienne, a décidé de pérenniser son activité et de s’établir de manière constante à partir de septembre prochain. Grâce à un financement participatif, il a pu acquérir un container aménagé qui lui permettra de proposer un volume plus important de livres tout en se protégeant des intempéries. « Les livres m’ont permis de mieux me comprendre. Grâce à eux, j’ai trouvé des réponses », confie-t-il. Luc Pinto Barreto nous dévoile une sélection toute personnelle et panafricaine, bien sûr.

Le Pouvoir noir de Malcolm X, La Découverte, 2008

« Le Pouvoir noir », de Malcolm X, est paru aux éditions La Découverte en 2008.

Il s’agit du premier livre qui m’aura marqué à jamais

Ce recueil retrace l’itinéraire politique de Malcolm X à travers ses discours depuis 1964, date à laquelle il quitte le mouvement Black Muslims. Luc Pinto Barreto l’a découvert – en version originale – en 2005, année funestement célèbre pour les émeutes qui ont embrasé les banlieues françaises à la suite de la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré. Avec une place de premier choix dans sa petite librairie, les discours du célèbre activiste continuent de résonner encore aujourd’hui tant par ses combats sur les discriminations raciales que par son engagement militant.

Ségou, de Maryse Condé, Robert Laffont, 1984

« Les Murailles de terre », le premier tome de "Ségou", de Maryse Condé, est sorti chez Robert Laffont en 1984.

Maryse Condé est l’une de mes écrivaines favorites, je la recommande régulièrement

L’histoire se déroule dans ce qui était encore le royaume Bambara de Ségou. On y découvre la chute de l’empire africain après l’arrivée des Européens, venus mettre la main sur les terres et les hommes. Composée de deux tomes (Les Murailles de terre et La Terre en miettes), l’œuvre se penche sur les désastres causés par la colonisation et recontextualise les grands mouvements qui font de l’Afrique ce qu’elle est aujourd’hui : l’esclavage, l’islam, le christianisme et l’impérialisme.

Les Petits Garçons naissent aussi des étoiles, d’Emmanuel B. Dongala, Éditions du rocher, 1998

Les Petits Garçons naissent aussi des étoiles, d'Emmanuel Dongala.

Ce livre m’a été conseillé et je ne le regrette pas ! C’est une piste de réflexion sur des questions importantes

Emmanuel B. Dongala soulève dans cet ouvrage la question de la décolonisation et des régimes politiques africains post-coloniaux. Si l’histoire est une fiction, l’auteur nous fait part de ses réflexions sur l’histoire d’un pays que l’on devine être le Congo, à travers le regard d’un jeune garçon.

Afro-communautaire : appartenir à nous-mêmes, de Fania Noël-Thomassaint, Éditions Syllepse, 2019

"Afro-communautaire : appartenir à nous-mêmes", de Fania Noël-Thomassaint, Éditions Syllepse, 2019.

Ce manifeste ouvre la réflexion sur l’identité noire en France et sur la question de l’appartenance aux communautés. Il esquisse un projet politique, celui d’une libération mentale des chaînes qui nous lient encore à l’époque coloniale. Il passe en revue différents mouvements et thèmes qui concernent les Noirs en France : l’afro-féminisme, le panafricanisme, la diversité. L’autrice se positionne contre des idéologies très ancrées à travers un regard sociologique mais révolutionnaire.

Assata, une autobiographie, d’Assata Shakur, éditions Premiers matins de novembre, 2018

"Assata, une autobiographie", d’Assata Shakur, Premiers Matins de Novembre, 2018.

Traduit en français par le collectif Cases rebelles trente ans après sa parution originale, le livre retrace le combat de l’une des figures principales du mouvement emblématique des années 1970 : le Black Panther Party. Avec une préface signée Ramata Dieng, frère de Lamine Dieng décédé à la suite d’une bavure policière, on découvre le portrait d’une femme déterminée dans un pays où règnent le racisme et l’oppression.

Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme, d’Amzat Boukary-Yabara, La Découverte, 2014

« Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme », d’Amzat Boukary-Yabara, a été publié par La Découverte en 2014.

À l’heure où le panafricanisme est porté par des figures telles que l’activiste Kemi Seba, Africa Unite ! revient sur l’histoire d’un mouvement tant intellectuel que politique et culturel. De la révolution haïtienne de 1791 à l’élection du premier président africain-américain aux États-Unis en 2008 en passant par l’indépendance des États africains, l’auteur retrace l’importance de ce phénomène pour le continent et sa diaspora.

Cumbe, de Marcelo d’Salete, Ça et Là, 2016

« Cumbe », de Marcelo D'Salete, a été traduit du portugais (Brésil) par Christine Zonzon et Marie Zéni.

Le Brésil a été l’un des principaux pays esclavagistes, jusqu’en 1888. Venus d’Angola et du Mozambique, les esclaves y étaient essentiellement assignés à l’exploitation de la canne à sucre et des mines d’or. Ce roman graphique retrace, à travers quatre nouvelles, le quotidien de ces hommes et de ces femmes déterminés à se délester du joug de leurs maîtres. Par le biais d’images très fortes, le lecteur se retrouve emporté dans un Brésil où régnaient l’injustice et la cruauté.

Avec Jeun Afrique par Mélany Procolam

Congo: Incendie à la Cathédrale de Brazzaville

avril 19, 2017
Incendie dans l’enceinte de la Paroisse Cathédrale Sacré-cœur plus précisément vers le bâtiment de EAD, la librairie où l’on vend des articles religieux à pris feu cet après midi.

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

La Journée du Manuscrit Francophone soutient la librairie indépendante

juin 16, 2016

 

Si de grands auteurs ont tant à raconter sur les librairies, c’est qu’ils savent combien leurs conseils sont précieux pour les lecteurs. Des tables aux étagères, des mondes de livres attendent de trouver celles et ceux qui voyageront au gré des pages.Pour sa quatrième édition, La Journée du Manuscrit Francophone souhaite rendre aux libraires tout ce qu’ils ont pu lui apporter : la confiance, d’abord, et l’enthousiasme partagé pour les livres.

Devenir partenaire de la #JDMF2016 c’est profiter de toute la communauté Facebook – plus de 410.000 membres actifs. Soutenue par l’UNESCO, cette journée est comme une fête de la musique, tournée vers les livres.

Sont ainsi mis à disposition des flyers et des posters, pour les libraires partenaires, qui profiteront d’une campagne de communication spécifique sur Facebook, opérée par la #JDMF2016.

 

http://www.actualitte.com

RDC – Congo-Brazzaville : mon livre, ma bataille

juillet 21, 2011

Publier un livre au Congo n’est pas une mince affaire. C’est pour rendre ce rêve possible qu’a été créée la maison d’édition Hemar. Malgré les difficultés, son directeur a une foi inébranlable.

Mukala Kadima-Nzuji est convaincu d’une chose : il n’y a pas de marché du livre, ni à Brazzaville ni à Kinshasa. D’aucuns expliquent cela par l’attachement à la tradition orale. D’autres mettent en avant la pauvreté et l’absence de politiques culturelles efficaces. « On a beau parler d’oralité pour expliquer le manque d’intérêt pour le livre, je n’y crois pas. Nous devons aller vers le livre, car c’est l’une des clés du développement », rétorque Mukala Kadima-Nzuji.

À 64 ans, l’homme est un véritable passionné. Originaire du Congo-Kinshasa, il enseigne la littérature à l’université Marien-Ngouabi de Brazzaville depuis 1983. Il a également une expérience du monde de l’édition. Expérience acquise d’abord à Kinshasa et à Lubumbashi où, encore étudiant, il participe à la création, avec Valentin-Yves Mudimbe, des éditions du Mont Noir, qui publieront la plupart des jeunes écrivains de l’époque. Il y édite sa propre poésie. Ensuite à Paris, chez Présence africaine, où il sera, tour à tour, pendant près de dix ans, lecteur d’édition, secrétaire de rédaction de la revue éponyme, puis directeur littéraire. Chez cet éditeur, Mukala Kadima-Nzuji signera un essai sur l’œuvre du poète malgache Jacques Rabemananjara et un roman.

L’aventure des Éditions Hemar a commencé à Brazzaville, en 1989. « Nous étions quatre amis et nous nous sommes demandé s’il ne fallait pas créer une structure destinée à publier tous ces auteurs dont les manuscrits, adressés à des éditeurs européens, étaient systématiquement rejetés pour des raisons obscures », se souvient Kadima-Nzuji. Le premier titre paraît en avril 1990. Mais la situation politique et militaire du Congo à cette époque n’est pas propice à un travail serein. Elle conduit à l’interruption de l’activité, qui ne reprendra qu’en… 2000. Lors de ce redémarrage, l’ambition est encore modeste : sortir trois titres par an. Onze ans plus tard, Hemar en est à un livre par mois. Tirage moyen : mille exemplaires, avec un maximum de trois mille. Pourtant, les problèmes de diffusion et de distribution sont permanents, faute de librairies dignes de ce nom à Kinshasa et à Brazzaville, ainsi que de structures adéquates dans toute l’Afrique centrale. Pour continuer d’exister, Hemar a tout essayé : dépôts dans les quelques librairies « fréquentables », colportage… Face à ces démarches hasardeuses, Kadima-Nzuji projette d’ouvrir une librairie pour soutenir l’activité éditoriale.

Malgré toutes ces difficultés, certains livres du catalogue ont récolté un certain succès. Un de ses auteurs, Henri Djombo, est enseigné au Cameroun. Les écrivains maison ont trois types de contrats : le contrat à compte d’éditeur (Hemar engage ses propres fonds) ; le contrat de participation pour quelques livres « difficiles » (l’éditeur contribue à hauteur de 50 %) ; le contrat à compte d’auteur. Dans ce dernier cas, l’auteur reçoit 80 % du tirage, qu’il peut revendre lui-même au prix du catalogue ou un peu plus cher. « Quel que soit le type de contrat, nous ne sommes pas en mesure de payer les droits d’auteur faute de marché du livre », constate amèrement Mukala Kadima-Nzuji.

Impression

Attaché à la qualité de ses produits, le directeur d’Hemar a décidé de faire imprimer les livres à Louvain-la-Neuve (Belgique). « Il n’y a pas d’imprimeurs aguerris à Brazzaville et à Kinshasa. Un ouvrage imprimé en Belgique nous coûte moins cher, port compris, qu’à Kinshasa et Brazzaville, c’est-à-dire 4 000 euros. » Pour avoir une visibilité internationale, il est diffusé par Présence africaine et L’Harmattan, à Paris. Il a également signé un accord avec la Galerie Congo, toujours dans la capitale française. En attendant, Mukala Kadima-Nzuji garde l’espoir. « L’avenir est prometteur », dit-il avec le sourire.

Jeuneafrique.com par Tshitenge Lubabu M. K.