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Libye: 12 morts dans un accident contre la commission électorale

mai 2, 2018

Au moins douze personnes ont été tuées et sept autres blessées mercredi à Tripoli dans un attentat contre le siège de la Haute commission électorale libyenne (HNEC), chargée d’organiser des élections cruciales pour le pays, selon des sources sécuritaire et sanitaire.

Quatre individus armés ont attaqué le bâtiment de la HNEC dans la matinée, selon Mohamad al-Damja, un haut responsable de sécurité à Tripoli.

« Ils ont abattu les gardes avant de tirer sur les personnes présentes sur les lieux », a-t-il déclaré à l’AFP.

Au moins deux assaillants ont ensuite fait détoner leur charge explosive à l’arrivée des forces de sécurité, a-t-il ajouté, précisant que le siège de la HNEC avait pris feu et été gravement endommagé.

Les forces de sécurité maîtrisent désormais la situation, a-t-il souligné.

L’attaque, qui n’a pas été revendiquée, a fait au moins 12 morts et sept blessés, a indiqué le ministère de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon des témoins, des tirs ainsi qu’au moins deux explosions ont été entendus aux abords de la HNEC.

Un périmètre de sécurité a été installé autour des lieux empêchant les journalistes et badauds de s’approcher.

Dans un communiqué, le Gouvernement d’union nationale (GNA) a dénoncé une « attaque terroriste ».

« Cette attaque lâche n’empêchera pas le GNA de continuer à apporter son soutien à la HNEC », a indiqué le cabinet de Fayez al-Sarraj, affirmant son « engagement à (respecter) le processus démocratique pour la tenue des élections afin de mener la Libye à bon port ».

La mission de l’ONU en Libye (Manul) a également condamné l’attentat, « avec la plus grande fermeté ».

« De telles attaques terroristes ne dissuaderont pas les Libyens d’avancer dans le processus de consolidation de l’unité nationale et de construction de l’Etat du droit et des institutions », a ajouté la Manul sur son compte Twitter, appelant « les autorités libyennes à poursuivre et traduire les auteurs (de l’attaque) en justice le plus rapidement possible ».

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Deux autorités s’y disputent aujourd’hui le pouvoir: d’un côté, le GNA reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, de l’autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays, avec le soutien du puissant et controversé maréchal Khalifa Haftar.

La communauté internationale presse les autorités du pays de tenir des élections en 2018, espérant le rétablissement de l’ordre dans ce riche pays pétrolier.

Mais aucune date pour ces élections n’a été encore fixée, alors que leur tenue doit être précédée par un référendum sur un projet de constitution et la rédaction d’une loi électorale.

En attendant, 2,4 millions d’électeurs ont été enregistrés par la HNEC, sur une population de 6 millions.

La HNEC, considérée parmi les rares institutions crédibles et indépendantes du pays, avait organisé les deux premières législatives en 2012 et 2014, réinstaurant cet exercice après 42 ans d’interdiction sous la dictature.

En mars, l’organisation Human Rights Watch (HRW) avait estimé que la situation sécuritaire en Libye ne permettait pas la tenue d’élections libres et transparentes.

Romandie.com avec (©AFP / 02 mai 2018 14h52)                                            

Plus de 250 migrants secourus au large de la Libye

mars 10, 2018

Des migrants secourus au large de la Libye débarquent sur la base navale de Tripoli, le 10 mars 2018 / © AFP / MAHMUD TURKIA

Au moins 252 migrants, qui tentaient de rejoindre l’Europe par la mer en profitant d’une météo calme, ont été secourus samedi par les garde-côtes libyens lors de deux opérations distinctes, a indiqué la marine libyenne.

Le capitaine Rami al-Hadi Ghomed a expliqué à l’AFP que 140 migrants, dont 14 femmes et quatre enfants, avaient été récupérés sur une embarcation « à 16 milles marins au nord de Zawia » (ville 45 km à l’ouest de Tripoli).

Selon cet officier de la marine, ils ont été ramenés à la base navale de Tripoli avant d’être transférés vers un centre de rétention.

La deuxième opération s’est déroulée à 30 milles marins de Garaboulli (60 km à l’est de Tripoli) où « 112 migrants, dont 30 femmes et trois enfants, à bord d’un pneumatique » ont pu être secourus, a indiqué à l’AFP le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine libyenne.

« Les migrants, originaires de pays africains (…), ont bénéficié de soins médicaux avant d’être transférés au centre de rétention de Tajoura », localité située à une trentaine de kilomètres à l’est de Tripoli, a précisé le général Kacem.

Au temps du régime de Mouammar Kadhafi, des milliers de migrants africains traversaient déjà les frontières sud de la Libye pour tenter la traversée de la Méditerranée vers l’Europe mais la situation a empiré après la chute du dictateur en 2011.

Depuis, la Libye, minée par les violences et l’insécurité, est en effet devenue une plaque tournante pour des centaines de milliers de migrants d’Afrique subsaharienne cherchant à rallier l’Italie, dont les côtes ne sont qu’à environ 300 km de celles de l’ouest libyen.

Certains migrants restent parfois en Libye et travaillent plusieurs années pour pouvoir mettre de côté le prix de leur passage par la mer.

C’est le cas de Sunday Adeleghe, un Nigérian de 42 ans, marié et père de quatre enfants, qui a été secouru samedi au large de Zawia.

« J’ai quitté mon pays en juin. (…) Je ne pouvais pas rentrer au Nigeria sans rien », a-t-il raconté à l’AFP. « Je me suis mis à laver des voiture pour économiser de l’argent pour ma famille ».

« Je suis désespéré (…) mais un homme ne peut mourir qu’une fois, pas deux », a-t-il ajouté.

« Si nos gouvernants étaient bons pour nous, les Nigérians ne quitteraient pas leur pays », a expliqué Sunday Adeleghe.

Romandie.com avec (©AFP / 10 mars 2018 18h55)                

Congo: Brazzaville, l’esclavage en Libye divise les Francs-maçons

décembre 3, 2017

Un document signé et publié par Alphonse Obambi-Itoua, grand-Maître de la de la Franc Maçonnerie au Congo, condamne la vente aux enchères des migrants en Libye comme l’a fait le Grand Orient de France. Mais d’autres franc-maçons désapprouvent cette morale élastique, à géométrie variable.

Charité bien ordonnée commence par soi-même. En publiant une lettre pour interpeller la communauté internationale sur l’esclavagisme en Libye, la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique (GLTSA), tranche sur le silence qui dut le sien lors des massacres perpétrés par le régime de Sassou dans la région du Pool. Beaucoup de “Frères” voient dans la démarche d’Alphonse Obambi-Itoua l’ombre d’une émotion . “Il doit aussi rompre le silence sur la détresse des populations du Pool, sur les prisonniers politiques et sur la privation des libertés au Congo”, martèle une franc-maçonne congolaise.

Une avalanche de critiques

“Comment ce Grand Maître maçon peut-il être sensible à ce qui se passe en libyeet fermer les yeux sur la situation du Pool qui brûle dans son propre pays ? La vision intellectuelle tronquée de ce frère et Grand Maître m’oblige à briser le silence”, fulmine un franc-maçon congolais sous couvert d’anonymat.  “Opportuniste”; “Grand farceur”, s’emportent d’autres francs-maçons congolais.

Alphonse Obambi-Itoua n’en finit plus de susciter les critiques chez ses frères congolais. S’exprimant au nom de ses frères, le grand-Maître de la GLTSA (Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique) s’est étonné, dans un communiqué, du ” silence assourdissant et incompréhensible de la Communauté Internationale sur cette traite des migrants subsahariens en passe de se banaliser dans cette partie instable de l’Afrique”. Et de préconiser “la mise en place, dans un délai très bref, d’une commission d’enquête internationale ouvrant la voie à des poursuites judiciaires à l’encontre des responsables et complices de ces pratiques anachroniques”.

 Guerre à huis-clos dans le Pool

Dans la région du Pool, en effet, alors que les violences des miliciens du pouvoir ont fait des centaines de milliers de déplacés, le Grand-Maître Alphonse Obambi-Itoua n’a jusqu’à présent pas émis la moindre réserve. Il s’est réfugié dans un silence assourdissant, comme lors les violences qui ont précédé le référendum sur le Changement de la Constitution de 20002. Cette attitude, de nombreux francs maçons la regrettent. “J’aimerais lui faire parvenir les Sentences de Phocylide de Milet ( VIe s. av. J.-C.) : “Accorde aux étrangers les mêmes égards qu’à tes concitoyens”, cite un Vénérable maître.

Mondafrique.com par Bedel Bouna

Un migrant rescapé: « J’ai vu des gars découper des morts pour les manger »

novembre 28, 2017

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Des migrants vendus comme des esclaves en Libye, l’affaire scandalise le monde depuis la diffusion d’une vidéo choc de CNN. Franceinfo a retrouvé un Camerounais victime de cette barbarie qui vit aujourd’hui en France. Un récit qui fait froid dans le dos.

« Il a jeté les trois enfants comme des pommes avant de les abattre »
Le migrant a réussi à acheter sa liberté pour gagner la France, où il vit depuis près d’un an. Il a accepté de témoigner pour France Télévisions et a dévoilé les dessous de ces pratiques insoutenables.

C’est en janvier 2015 que le jeune homme de 32 ans choisit de quitter le Cameroun pour aller en France avec sa soeur. Il passe par le Nigeria et le Niger, avant d’être stoppé à Debdeb, à la frontière entre l’Algérie et la Libye. Pour aller plus loin, sa soeur et lui sont obligés de payer un passeur 500 euros, ce qui leur permet de traverser le désert en pleine nuit.

Là, ils seront capturés par une milice libyenne. « Les messieurs sont arrivés. C’étaient des arabes et tout le monde était armé avec des Kalachnikov », explique l’homme qui souhaite rester anonyme.

Très vite, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils vont faire partie d’un gigantesque marché. « Il y avait des enfants avec nous qui pleuraient. Le chauffeur s’est garé, il est venu à l’arrière, il a sorti les trois enfants en les jetant au sol comme des pommes. Il a tiré dessus, il a abattu les trois enfants. »

Après une très longue route qui a duré toute une journée, le migrant et sa soeur seront mis dans un enclos. « On s’est retrouvés avec plus de 1.500 Noirs, hommes et femmes mélangés, avec des enfants et des femmes enceintes, dans un enclos. »

« Comme s’ils étaient là depuis des années »
Certains sont d’ailleurs très marqués par ce qu’ils subissent. « On voit des gens abandonnés comme s’ils étaient là depuis des mois ou des années. Ils nous ont fait descendre avec une brutalité extrême, tout en nous battant et en nous mettant le front contre le sol. Ils ont commencé à violer les femmes. » Après ce viol collectif, il n’a jamais revu sa soeur. Aujourd’hui, il ne sait toujours pas si elle est vivante.

Les miliciens vont alors décider de son sort, presque de semaine en semaine. « On peut passer peut-être une semaine ou deux dans un endroit. Il y en a un autre qui viendra nous prendre. »

Le camp où tous les migrants sont regroupés est un lieu où l’horreur est partout. Beaucoup sont tués. Et les plus chanceux restent sans nourriture pendant plusieurs jours. « On était affamés depuis trois jours et j’ai vu des gars, dont je ne vais pas citer la nationalité, qui ont découpé les cuisses de l’un des morts. Ils l’ont mangé devant mes yeux. »

Un passeur camerounais va finalement racheter sa liberté, ce qui va lui permettre de rejoindre Tripoli pour passer la Méditerranée en zodiac. C’est la vidéo de CNN qui l’a poussé à témoigner.

Abidjantv.net by Leking

Buxelles: la situation des migrants en Libye « ne peut pas durer »

novembre 23, 2017

Des migrants africains rassemblés dans un camp à Sabratha, à l’ouest de Tripoli, le 7 octobre 2017 en Libye / © AFP/Archives / MAHMUD TURKIA

La situation « épouvantable » en Libye des migrants, dont certains sont vendus comme des esclaves, « ne peut pas durer », a déclaré jeudi à l’AFP le commissaire européen Dimitris Avramopoulos au moment où la coopération de l’UE avec Tripoli fait l’objet de vives critiques.

« Je partage pleinement l’indignation du président français, les images révélant la vente de migrants sont révoltantes », a dit M. Avramopoulos, chargé des migrations au sein de l’exécutif européen.

Mercredi, Emmanuel Macron avait qualifié de « crimes contres l’humanité » les ventes de migrants africains comme esclaves en Libye, exposées par la chaîne américaine CNN et demandé d' »aller beaucoup plus loin pour démanteler les réseaux » de trafiquants.

« Nous sommes tous conscients des conditions épouvantables et dégradantes dans lesquelles sont détenus certains migrants en Libye. Cela ne peut durer », a répondu jeudi M. Avramopoulos. « C’est exactement pour cette raison que l’UE travaille sans relâche, sur tous les fronts, avec ses partenaires internationaux afin de trouver des solutions durables et en accord avec ses valeurs fondatrices de solidarité et de respect des droits de l’homme ».

Ce dernier a notamment cité le soutien financier européen « via le fonds fiduciaire pour l’Afrique » grâce auquel « des milliers de migrants en Libye ont aujourd’hui accès aux soins médicaux ».

Il a aussi mis en avant le plan lancé par la Commission visant à « réinstaller » au moins 50.000 réfugiés directement depuis les pays africains vers des pays européens dans les deux années à venir.

Pour l’heure, les pays de l’UE ont promis environ 34.000 places dans ce cadre, dont 10.000 proposées par Paris.

« Je salue l’engagement résolu de la France », a dit M. Avramopoulos. « Nous devons valoriser les voies d’entrée sûres et légales et restreindre les routes irrégulières que les migrants empruntent encore trop souvent, au péril de leur vie ».

« Sauver des vies humaines, assurer un traitement digne à tous les migrants et démanteler les réseaux criminels de passeurs, voilà nos priorités qui en même temps sont des responsabilités partagées par tous les Etats membres », a ajouté le commissaire.

Mi-novembre, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, avait vivement dénoncé la détérioration des conditions de détention des migrants en Libye, jugeant « inhumaine » la coopération de l’UE avec ce pays.

« La communauté internationale ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye, et prétendre que la situation ne peut être réglée qu’en améliorant les conditions de détention », avait déclaré M. Zeid.

Il visait en particulier « la politique de l’UE consistant à aider les gardes-côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants ».

Romandie.com avec(©AFP / 23 novembre 2017 17h59)                

Esclavage en Libye: le Burkina Faso rappelle son ambassadeur, Antonio Guterres « horrifié »

novembre 21, 2017

Le secrétaire général des Nations unies Antoni Guterres à New York le 28 septembre 2017. © Bebeto Matthews/AP/SIPA

 

Après la diffusion d’images d’un marché aux esclaves de migrants africains en Libye, le Burkina Faso a rappelé son ambassadeur. De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a évoqué la possibilité de poursuivre les auteurs pour « crimes contre l’humanité ».

La semaine dernière, un documentaire choc de la chaîne de télévision américaine CNN avait montré l’existence d’un marché aux esclaves près de Tripoli. De nombreuses personnalités politiques ou issues de la société civile, mais aussi des footballeurs célèbres, se sont depuis fait entendre, et certains pays sont passés aux actes, comme le Niger qui a convoqué l’ambassadeur libyen à Niamey ce 20 novembre pour explication.

Le président du Burkina Faso a décidé, lui, du rappel de l’ambassadeur à Tripoli, le général Abraham Traoré, pour consultation « après le choc d’images de traite négrière en Libye », a déclaré ce 20 novembre le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry.

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a « demandé que l’ambassadeur revienne pour le « briefer » sur ce qui se passe en Libye pour qu’il ait toutes les informations nécessaires avant le sommet d’Abidjan qui va se pencher sur cette situation en Libye », a-t-il ajouté. La Côte d’Ivoire accueille en effet les 29 et 30 novembre prochain à Abidjan un sommet Union africaine (UA) – Union européenne (UE).

« L’esclavage n’a pas sa place dans notre monde »

Plus tôt dans la matinée, le chef de la diplomatie burkinabè a « convoqué le chargé d’affaires libyen à Ouagadougou pour lui exprimer toute l’indignation du gouvernement et du peuple burkinabè face aux images qui ont été vues, des images qui appartiennent à d’autres siècles, des images de traite négrière ».

Depuis 2011, 1 912 migrants burkinabè ont été rapatriés au Burkina, dont une dernière vague de 121 personnes en octobre dernier, selon des chiffres officiels. À ce jour, une trentaine d’autres seraient toujours détenus dans des camps en Libye, selon le gouvernement burkinabè.

Le 20 novembre, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est quant à lui dit « horrifié » par les révélations récentes de marché aux esclaves en Libye, jugeant que ceux qui en sont à l’origine pourraient être traduits en justice pour de possibles crimes contre l’humanité.

« L’esclavage n’a pas sa place dans notre monde et ces actes figurent parmi les abus les plus flagrants des droits de l’Homme », a-t-il déclaré.

Esclavage en Libye: le Niger demande un débat au sommet UE-UA

novembre 18, 2017

Abidjan – Le président nigérien Mahamad Issoufou, qui s’était « indigné » jeudi de la vente aux enchères de migrants-esclaves en Libye, a demandé à ce que le sujet soit mis à l’ordre du jour du sommet Union Africaine – Union-Européenne des 29 et 30 novembre à Abidjan.

« Fortement choqué, M. Issoufou a demandé personnellemet au président ivoirien Alassane Ouattara que ce sujet soit inscrit à l’ordre du jour du sommet », a affirmé à l’AFP sous couvert d’anonymat un proche de la présidence nigérienne.

Le ministre nigérien des Affaires étrangères Ibrahim Yacouba a confirmé cette demande sur son compte Twitter: « Le président du Niger (…) a demandé que cette question soit inscrite à la prochaine réunion UE-UA à Abidjan. Il nous a instruit de rester mobilisés, en lien avec tous les pays africains ».

Le président nigérien s’était insurgé dès jeudi, affirmant: « La vente aux enchères de migrants comme esclaves en Libye m’indigne profondément. J’en appelle aux autorités libyennes et aux organisations internationales, afin que tout soit mis en oeuvre pour que cesse cette pratique d’un autre âge, que nous croyions à jamais révolue ».

Salif Traoré, le leader du célèbre groupe ivoirien Magic System, a également appelé les dirigeants Africains à agir.

« Il est temps que nos gouvernants s’engagent pour améliorer les conditions de vie des jeunes en Afrique en vue de les maintenir sur place, car ces jeunes fuient la misère de leurs différents pays », a-t-il déclaré à l’AFP.

« C’est une double indignation, un cri de coeur: je suis indigné de voir les enfants d’Afrique mourir sous les océans en essayant de trouver des lendemains meilleurs », a-t-il ajouté, y voyant « une humiliation pour l’Afrique ».

Le sujet de l’immigration sera au coeur du Festival des musiques urbaines d’Abidjan (Femua) qui se tiendra en avril 2018, a annoncé le leader de Magic System.

Vendredi, le président en exercice de l’Union africaine (UA), le Guinéen Alpha Condé, et le gouvernement sénégalais ont aussi fait part de leur indignation.

Le président Alpha Condé « exprime son indignation face au commerce abject de migrants qui prévaut en ce moment en Libye et condamne fermement cette pratique d’un autre âge », selon un communiqué de la présidence guinéenne.

L’UA « invite instamment les autorités libyennes à ouvrir une enquête, situer les responsabilités et traduire devant la justice les personnes incriminées » et « à revoir les conditions de détention des migrants », poursuit le texte.

« Ces pratiques modernes d’esclavage doivent cesser et l’Union africaine usera de tous les moyens à sa disposition pour que plus jamais pareille ignominie ne se répète », promet la présidence de l’UA.

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a vivement dénoncé mardi la détérioration des conditions de détention des migrants en Libye, jugeant « inhumaine » la coopération de l’Union européenne avec ce pays.

A Dakar, le gouvernement sénégalais a « appris avec une vive indignation la vente sur le territoire libyen de migrants originaires d’Afrique subsaharienne », indique un communiqué officiel.

Romandie.com avec(©AFP / 18 novembre 2017 15h54)                                            

Libye: les corps de chrétiens coptes tués par l’EI en 2015 retrouvés

octobre 7, 2017

Tripoli – Les dépouilles de 21 chrétiens coptes exécutés en Libye par le groupe Etat islamique (EI) en 2015 ont été découvertes dans un charnier près de Syrte (nord), l’ancien bastion des jihadistes, a annoncé samedi une antenne du ministère de l’Intérieur.

Les corps de « 20 hommes de nationalité égyptienne et un homme à la peau sombre pouvant être d’une autre nationalité africaine (…) ont été retrouvés grâce aux aveux des jihadistes de l’EI faits prisonniers » lors de la prise de Syrte par les forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA), a indiqué la Direction de la lutte contre le crime organisé à Misrata (200 km à l’est de Tripoli) dans un communiqué.

Le charnier a été découvert vendredi matin, a précisé cette antenne du ministère de l’Intérieur du GNA.

Joint par l’AFP au Caire, le ministère des Affaires étrangères égyptien a confirmé cette découverte par les autorités libyennes.

Ville des bords de la Méditerranée située à 450 kilomètres à l’est de Tripoli, Syrte était devenue en 2015 le bastion de l’EI en Libye avant d’être conquise en décembre 2016 par les forces du GNA aidées des milices de la ville de Misrata.

Les corps retrouvés dans le charnier étaient mutilés, la tête séparée du corps, a indiqué la Direction de la lutte contre le crime organisé.

Les dépouilles des victimes ont été transférées à Misrata et confiées à un médecin légiste.

« L’ambassade d’Egypte communique depuis vendredi avec les Libyens en coordination avec le ministère de la Défense égyptien pour assurer le rapatriement des corps vers l’Egypte », a précisé à l’AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères au Caire.

Le 15 février 2015, l’EI avait diffusé une vidéo montrant la décapitation d’hommes présentés comme 21 chrétiens coptes, majoritairement égyptiens, enlevés en janvier de la même année dans l’ouest de la Libye.

Après cette exécution, des dizaines de milliers de ressortissants égyptiens qui travaillaient dans les secteurs du bâtiment, des services, de l’agriculture et de l’artisanat avaient fui la Libye.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est livrée aux milices alors que deux autorités se disputent le pouvoir: d’un côté, le GNA reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli. De l’autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Khalifa Haftar.

Romandie.com avec(©AFP / 07 octobre 2017 16h49)                                            

Libye: deux dignitaires tribaux assassinés

septembre 30, 2017

Bani Walid en Libye, en 2012. © Gaia Anderson/AP/SIPA

Deux chefs issus du clan Werfallah, qui avait soutenu jusqu’au bout l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi, ont été tués alors qu’ils revenaient d’une mission de réconciliation entre tribus libyennes.

Deux dignitaires d’un des plus importants clans libyens ont été tués le 29 septembre dans le centre du pays, où ils étaient en mission de bons offices.

Le conseil social des tribus des Werfalla a annoncé sur sa page Facebook l’assassinat du cheikh Abdallah Nattat, chef du comité de réconciliation, du cheikh Khamis Isbaga et de leurs deux accompagnateurs.

Les quatre hommes rentraient dans leur ville de Bani Walid après avoir effectué une mission de réconciliation entre des tribus à Mizda quand leur véhicule a été criblé de balles par l’arrière.

Soutien à Mouammar Kadhafi

Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a dénoncé cet acte, qui n’a pas été immédiatement revendiqué. Le GNA a affirmé avoir demandé au ministère de l’Intérieur afin d’ouvrir une enquête.

De son côté, le Parlement libyen élu, siégeant dans l’est du pays, a décrit l’assassinat des dignitaires tribaux comme «un acte terroriste lâche».

Très important dans l’ouest du pays, les tribus du clan des Werfalla sont basées à Bani Walid, dernière ville à avoir soutenu l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi lors de la révolte armée qui a mis fin au régime en 2011.

Jeuneafrique.com avec AFP

À Paris, un colloque sur la médiation africaine en Libye tourne au meeting pro-kadhafi

septembre 29, 2017
La rencontre entre Sarraj, Macron et Haftar en France en juillet a également été critiquée pendant le colloque. © Philippe Wojazer/AP/SIPA

Lors d’un événement organisé à Paris pour poser la question cruciale de l’avenir de la Libye, des invités passionnés ont vertement hué l’ancien président français Nicolas Sarkozy et salué la mémoire de l’ancien dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi.

Ce 26 septembre à Paris avait lieu un colloque intitulé « L’Union africaine, un avenir pour la paix en Libye ? », organisé par l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE) et l’Institut Robert Schuman. Ce dernier est présidé par Yamina Benguigui, ex-ministre française déléguée chargée de la Francophonie. Elle est aussi vice-présidente de la fondation Énergies pour l’Afrique, présidée par Jean-Louis Borloo et s’est petit à petit rapprochée du président congolais Denis Sassou-Nguesso. Ce dernier préside aussi au comité de haut niveau de l’Union Africaine (UA) sur la Libye. Rien d’étonnant donc à ce que durant la soirée, à laquelle plus d’une centaine de personnes avaient répondu présent, plusieurs intervenants aient plaidé pour un rôle accru de l’UA dans la résolution de la crise libyenne.

Bien vu à Brazzaville

« Le colloque n’a pas été pensé à Brazzaville mais son annonce a été bien accueillie là-bas, forcément », nous confie un des organisateurs. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Claude Gakosso était d’ailleurs attendu, mais s’est décommandé au dernier moment. Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre de Guinée, bien présent, a insisté sur la légitimité de l’UA pour aider la Libye à se sortir de sa situation, non sans critiquer vertement l’intervention française de 2011. Quant à l’invité le plus en vue, il s’agissait ni plus ni moins d’Ageli Abduslam Breni, actuel président du haut conseil des tribus et villes de Libye, passé par le portefeuille de l’Économie et des finances sous Mouammar Kadhafi et qui vit en exil depuis la révolution. Ce dernier, après s’être désolé que les Français n’écoutent pas la société civile dont il se veut un des représentants, a salué Denis Sassou-Nguesso, ouvert, a-t-il dit, aux suggestions faites en amont du forum inter-libyen de réconciliation nationale prévu à Addis-Abeba en décembre 2017.

Un meeting improvisé

Mais à certains moments, le colloque a tourné à la démonstration de sympathie pour l’ancien dirigeant libyen. « Il est entre les mains de la destinée ! Cessez de l’insulter ! » s’est exclamé un homme largement applaudi par une salle mêlant fonctionnaires d’ambassades africaines et journalistes. Kouyaté a été de son côté acclamé lorsqu’il a rappelé que c’est à Syrte, en Libye, que l’ancienne OUA est devenue l’UA en 1999, et que cette dernière avait, en 1998, bravé l’embargo aérien imposé à la Libye par le Conseil de sécurité de l’ONU. Plusieurs convives ont aussi hué à plusieurs reprises le nom de l’ancien président français Nicolas Sarkozy. Au milieu du brouhaha, quelques-uns se glissaient à l’oreille : « Il faut le juger ! » Même l’initiative française de l’accord de La Celle-Saint-Cloud semble avoir suscité de la méfiance. Des convives ont pointé du doigt une initiative prise sans concertation avec les autres acteurs. La France, comme d’autres pays, donnerait-elle l’impression de jouer cavalier seul en Libye, mettant à mal la crédibilité onusienne et la légitimité d’acteurs pourtant incontournables ? C’est, au-delà des passions exprimées, l’impression qui s’est dégagée de cet événement parisien.

Jeuneafrique.com par Jules Crétois