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Toyo Ito, prix Pritzker 2013

mars 19, 2013

L’architecte a été récompensé pour l’ensemble de son œuvre

 
Toyo Ito, prix Pritzker 2013

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Cette année le Prix Pritzker – Nobel de l’architecture – a été décerné à l’architecte japonais Toyo Ito à Los Angeles. Une des récompenses les plus prestigieuses, saluant l’œuvre conceptuelle d’Ito, qui s’efforce de réinventer sa profession depuis quarante ans.

Décerné chaque année à un architecte vivant, le prix Pritzker est l’occasion de mettre en avant le travail d’un architecte renommé. C’est au tour de Toyo Ito, 71 ans, de voir sa carrière consacrée. Lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à Los Angeles, le président du jury Peter Palumbo n’a pas tari d’éloges sur le lauréat. «Tout au long de sa carrière, Toyo Ito a été capable de produire un corpus d’œuvres qui combinent l’innovation conceptuelle avec des constructions superbement réalisées», a confié le président du jury. Puis de louer «le talent unique de ce professionnel», qui a réalisé en quelques quatre décennies bâtiments publics, comprenant des théâtres, des bibliothèques, mais encore des parcs ou des maisons.

Né en Corée du Sud à Séoul en 1941 de parents japonais, Toyo Ito diplômé en architecture de l’université de Tokyo ouvre son propre studio de création en 1971. Considéré comme l’architecte de l’essentiel, il fait partie de cette génération de constructeurs japonais bien décidés à modifier l’approche des lieux de vie. Après avoir développé à l’aube de sa carrière des habitats domestiques sorte de cellules d’habitation tournées sur elles-mêmes, Toyo recherche l’abstraction dans ses créations, puis se penche sur les nouvelles technologies. Depuis dix ans, Ito synthétise son travail dans des œuvres comme la désormais culte médiathèque de Sendai à Tokyo, aux grands panneaux de verre métaphore d’un aquarium.

Depuis la création du Pritzker en 1979, aujourd’hui sous l’égide de la fondation Hyatt, Toyo Ito est le cinquième architecte japonais a être récompensé, tout en humilité. Si ses créations s’exposent en Asie mais aussi en Europe, le perfectionniste Toyo Ito a aussitôt déclaré en recevant son prix: «De toutes façons, quand une construction est terminée, je deviens douloureusement conscient de mes propres insuffisances… et cela se transforme en énergie pour me confronter au projet suivant». 

 Gala.fr par Pauline Gallard

Nelson Mandela muséifié de son vivant en Afrique du Sud

août 17, 2011

A la plus grande joie de touristes avides de témoignages sur l’apartheid, l’Afrique du Sud transforme en musées tous les lieux qui ont marqué la vie de son héros Nelson Mandela. Quitte à verser dans le culte de la personnalité.

On peut désormais passer plusieurs jours, rien qu’à Johannesburg, à suivre les traces du grand homme, dirigeant de la lutte anti-apartheid, puis président de la République de 1994 à 99, aujourd’hui âgé de 93 ans.

« Les attractions les plus populaires sont liées à Mandela. La principale demande, c’est un tour à Soweto, pour goûter l’ambiance d’une township et visiter sa maison », confirme Laura Vercueil, porte-parole de l’office du tourisme de la métropole sud-africaine.

La petite maison de Soweto où Nelson Mandela a habité de 1946 à 1962, puis de nouveau pendant onze jours après sa libération en 1990, avait été transformée en musée par son ex-femme Winnie dès 1997.

Une rénovation radicale en 2009 en a fait une coquille vide et aseptisée. Mais il y a foule.

Non loin de là, l’incontournable Musée de l’apartheid consacre une exposition très documentée à celui qu’une visiteuse a qualifié de « grand leader » sur le tableau noir de la cour.

« Au début, c’était une exposition temporaire, que nous avons montée pour ses 90 ans (en 2008, ndlr). Mais elle ne devrait pas s’arrêter avant longtemps, car elle a beaucoup de succès », sourit la commissaire Amelia Potenza. « C’est magnétique, les gens sont attirés vers la figure de Mandela.  »

Ses visiteurs? A 20% des touristes étrangers, et à 60% des enfants des écoles.

« Mandela est celui qui nous a tous aidés à être là où nous sommes. Ici, les enfants peuvent apprendre d’où ils viennent, et qui leur a apporté la liberté », explique Mamokete Anna Kibane, une enseignante venue d’une township des environs avec ses élèves.

Toujours à Johannesburg, on peut aussi visiter la chambre qu’il a louée dans la township d’Alexandra, l’endroit où il se cachait avant son arrestation en 1962, la cellule du fort où il a été ensuite incarcéré. . . Sans parler de l’immeuble où il eut son cabinet d’avocat dans les années 1950 et qui, fraîchement restauré, attend sa muséification.

Et bien sûr, certains guides font un crochet pour passer devant sa résidence actuelle, dans un quartier résidentiel du nord de la ville.

« C’est comme avant en URSS, avec tous les musées Lénine », s’amuse John Brown, un touriste américain parti dans l’aventure.

Ailleurs dans le pays, l’important musée Mandela de Mthatha (sud) va fermer pour travaux, mais une exposition doit permettre aux visiteurs de patienter à Qunu, le village voisin où Nelson Mandela a grandi.

Après sa petite maison, c’est maintenant son ancienne école qui va y être restaurée. Six poteaux doivent y être plantés, chacun portant une lettre formant le mot Nelson. . .

Au Cap, le pénitencier de Robben Island, où Mandela à passé dix-huit de ses vingt-sept années de prison, tient bien sûr la vedette. Il a été classé au patrimoine de l’Unesco comme « symbole du triomphe de l?esprit humain, de la liberté et de la démocratie sur l?oppression.  » Avant de prendre le bateau qui y mène, une exposition permet de tuer le temps utilement au « Nelson Mandela Gateway ».

Non loin de là, on est accueilli par une statue de 3,20 m de haut du héros à la prison de Groot Drakenstein où il a terminé sa détention. . . En attendant que sa résidence capetonienne soit un jour transformée en « musée vivant ».

Un autre musée va être construit là où il fut arrêté le 5 août 1962, non loin de Durban (est).

« Il y a un emballement sur Mandela, parce qu’il est une icône mondiale. Il y en a très peu dans le monde, des icônes qui représentent le triomphe de la bonté sur le mal », explique Amelia Potenza, qui cite aussi Gandhi. « Nous en avons besoin! »

« Bien sûr c’est un culte de la personnalité. Mais c’est compréhensible: Mandela est synonyme de la lutte contre l’apartheid, et il ne nous a pas déçus. Il aurait pu! », ajoute-t-elle, reconnaissant tout de même qu' »il a fait des erreurs ».

Quant à Nelson Mandela lui-même, il a un jour déclaré qu' »il n’est pas du tout correct d’élever un être humain à la position d’un dieu ».

Mais il ne semble pas souffrir outre mesure de cette muséification de son vivant. Sa fondation insiste cependant pour que soient reconnues « d’autres voix qui ont contribué à la lutte » contre l’apartheid.

Jeuneafrique.com