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Les limousines « made in Russia » lancées sur le marché

août 29, 2018

La limousine russe Sénat, présentée le 29 août 2018 à Moscou, s’inspire du design de la limousine ZIS-110 conçue pour Staline dans les années 1940. / © AFP / Alexander NEMENOV

La Russie a officiellement lancé mercredi une marque de voitures de luxe, comprenant parmi ses modèles la nouvelle limousine utilisée par Vladimir Poutine et espérant pousser les consommateurs russes très fortunés à se détourner des marques occidentales.

Le ministre russe du Commerce, Denis Mantourov, a dévoilé à l’occasion du salon automobile de Moscou les deux premiers modèles proposés par cette marque, baptisée Aurus: la limousine Sénat et une berline plus petite, également nommée Sénat.

La limousine Sénat avait été utilisée par Vladimir Poutine en mai pour se rendre à la cérémonie d’investiture de son quatrième mandat présidentiel, alors que le chef de l’Etat russe privilégiait jusqu’alors le constructeur allemand Mercedes.

L’usage d’une voiture 100% « made in Russia » fait écho à la tradition soviétique, lorsque les dirigeants utilisaient exclusivement des véhicules construits en URSS.

« Il y a une demande pour les produits high-tech de qualité dans notre pays, en particulier pour une voiture d’une telle classe », a déclaré à l’AFP le designer principal d’Aurus, Vadim Pereverzev, en marge de la présentation des deux modèles.

« Les consommateurs de telles voitures, vous pouvez dire qu’ils sont fatigués des Rolls-Royce, Mercedes ou Maybach », a ajouté M. Pereverzev, passé par Fiat et Alfa Romeo avant de revenir en Russie.

Ce lancement arrive quelque jours après celui par le célèbre fabriquant d’armes Kalachnikov d’une voiture électrique, la CV-1, au design inspiré d’une voiture soviétique des années 1970.

La limousine Senat avait été utilisée par le président Vladimir Poutine le 7 mai 2018 lors de cérémonie marquant son nouveau mandat à la tête de la Russie / © SPUTNIK/AFP/Archives / Sergei GUNEYEV

Vadim Pereverzev reconnaît lui aussi s’être inspiré des voitures soviétiques pour dessiner l’Aurus Senat, évoquant la limousine ZIS-110 conçue pour Staline dans les années 1940.

« Je dirais que c’est plus cette époque qui a inspiré nos designers: une époque de brillants succès pour notre État, quand des voitures comme ZIS (aujourd’hui rebaptisé ZIL) sont apparues », a-t-il déclaré.

Aurus est développé par une entreprise d’Etat nommée Nami, qui détient une participation de contrôle, en collaboration avec le groupe russe Sollers, propriétaire notamment de la marque de véhicules utilitaires UAZ.

Plus de 12 milliards de roubles (150 millions d’euros au taux actuel) ont été investis par l’État russe dans le projet, le ministre du Commerce Denis Mantourov précisant qu’un groupe émirati, Tawazun, a investi 110 millions d’euros dans le projet.

« Nous n’allons pas vendre ces véhicules uniquement en Russie, nous allons les vendre à l’étranger », a déclaré le PSG d’Aurus, l’Allemand Franz Gerhard Hilgert, ajoutant que le prix des modèles sera compris « quelque part entre Mercedes et Rolls-Royce ».

Romandie.com avec(©AFP / (29 août 2018 18h45)

Le Pape critique «l’arrogance» des évêques italiens

mai 24, 2013
Le pape François, jeudi soir dans la basilique Saint-Pierre, lors de la 65e assemblée générale de l'épiscopat italien.

Le pape François, jeudi soir dans la basilique Saint-Pierre, lors de la 65e assemblée générale de l’épiscopat italien. Crédits photo : Gregorio Borgia/AP

Comme jamais, François a osé attaquer directement la « paresse », l’esprit de « carrière » et le goût de « l’argent » de l’épiscopat italien.

La cérémonie, jeudi soir dans la basilique Saint-Pierre, devait se dérouler comme un long fleuve tranquille. Les membres de l’un des plus puissants épiscopats du monde (près de 300 évêques pour 221 diocèses, soit deux fois plus qu’en France) étaient venus clôturer leur 65e assemblée générale en présence du pape François. Ils devaient repartir sereins, la plupart dans de solides limousines, surtout très préoccupés par la situation politique italienne et l’implication de l’Église, à l’image de leur président, le cardinal Angelo Bagnasco.

C’était sans compter sur la «bomba», comme l’on dit à Rome pour un discours choc et d’une franchise unique, que leur avait préparé le pape François. Texte intégralement écrit de sa main et délivré sans tenir compte des corrections suggérées par la Secrétairerie d’État, qui avait pourtant cherché à amortir le coup. La cérémonie prévue dans le cadre de l’année de la foi consistait en une «profession de foi» solennelle de tous les évêques.

Sans s’embarrasser d’aucune précaution de langage, le pape François leur a tout d’abord demandé de répondre «sans superficialité» à la question posée par le Christ à Saint-Pierre: «M’aimes-tu?» C’est la «seule question vraiment essentielle», a justifié François. Un pasteur doit se la poser car «tout ministère» se fonde sur «l’intimité avec le Seigneur. Vivre avec Lui est la mesure de notre service ecclésial qui exprime notre disponibilité à l’obéissance, à l’abaissement et à la donation totale.»

«Vivre avec le Seigneur est la mesure de notre service ecclésial qui exprime notre disponibilité à l’obéissance, à l’abaissement et à la donation totale»

Le pape François

Puis le Pape, en regardant les évêques, s’est lancé dans un réquisitoire d’une vigueur jamais entendue à l’époque moderne dans la basilique Saint-Pierre, tant les propos du Saint-Père sont toujours sous contrôle, en particulier quand il s’agit de se livrer à une autocritique de l’Église: «Nous ne sommes pas l’expression d’une structure ou d’une nécessité organisative», a clamé François, mais «le signe de la présence et de l’action du Seigneur ressuscité». Ce qui requiert «une vigilance» spirituelle sans laquelle le pasteur, donc l’évêque en premier lieu, «tiédit, est distrait, oublie et devient insensible, se laisse séduire par les perspectives de carrière, la flatterie de l’argent, les compromis avec l’esprit du monde. Ce qui le rend paresseux, le transforme en un fonctionnaire, un clergé d’État plus préoccupé par lui-même, l’organisation et les structures, que par le vrai bien du peuple de Dieu. Il court alors le risque, comme l’apôtre Pierre, de renier le Seigneur, même si, formellement, il se présente et parle en Son nom. Ils offensent la sainteté de la Mère Église hiérarchique en la rendant moins féconde.»

Revenant à la question de départ «M’aimes-tu?», le Pape a alors noté: «cette question insistante du Christ» pourrait susciter «amertume, frustration et même perte de la foi». Ce ne sont pas «les sentiments que le Seigneur entend susciter par sa question», mais ceux-ci «profitent à l’Ennemi, au Diable, pour isoler dans l’amertume, les lamentations et le découragement». Au contraire «Jésus n’humilie pas», il «redonne courage».

Le Pape a conclu cet examen de conscience ecclésial par deux exigences précises pour les évêques: «mettre de côté toute forme d’arrogance» et «toujours tenir leur porte ouverte en toutes circonstances» à leurs prêtres. Et par cette prière à la Vierge – alors qu’a été confirmé son voyage à Assise le 4 octobre prochain – «pour une Église priante et pénitente» qui soit «libérée de l’idolâtrie du présent» avec des pasteurs «détachés de la torpeur de la paresse, de l’esprit mesquin, du défaitisme», libérés de «la tristesse, de l’impatience, de la rigidité» mais «intègres» et revêtus de «compassion». Alors dit le Pape, «nous découvrirons la joie d’une Église servante, humble et fraternelle».

Lefigaro.fr par Jean-Marie Guénois