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Irak: Simba le lion et Lula l’ours évacués du zoo de Mossoul en guerre

avril 10, 2017

Mossoul (Irak) – Ils étaient les derniers survivants du zoo ravagé de Mossoul en Irak. Simba le lion et Lula l’ours brun ont finalement été évacués vers la Jordanie au terme d’une mission ardue en zone de guerre.

« Nous sommes dans l’avion avec les animaux et nous partons maintenant », a déclaré à l’AFP Amir Khalil, le vétérinaire qui dirige la mission pour sauver Lula et Simba.

 « Nous avons encore eu des problèmes à la douane, mais maintenant tout va bien. Je suis soulagé », a-t-il ajouté.

Avec ses collègues de l’organisation « Four Paws » (Quatre Pattes), qui vient en secours aux animaux en détresse partout dans le monde, ce vétérinaire était venu en Irak dans un but: transférer les deux bêtes loin des combats entre forces gouvernementales et jihadistes.

En février, il avait découvert Simba et Lula le pelage recouvert de boue et d’excréments, tournant en rond dans le zoo de Mossoul.

Depuis plus de cinq mois, la deuxième ville d’Irak est le théâtre d’une bataille sans merci entre soldats et jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Après avoir repris Mossoul-Est fin janvier, les forces gouvernementales tentent de reconquérir la partie occidentale de la ville tombée aux mains de l’EI en juin 2014.

« Je suis un vétérinaire, je me dois de m’occuper de ces animaux. Ce sont des réfugiés. C’est notre devoir de les emmener dans un sanctuaire sécurisé », martèle le vétérinaire égypto-autrichien de 52 ans pour expliquer sa détermination.

Mais sa mission s’est révélée pleine d’obstacles.

Il y a deux semaines, il avait tenté un premier transfert.

Dans le parc animalier al-Morour, le Dr. Khalil avait alors anesthésié Simba et Lula avant de les transporter hors de leur cage sur une civière verte. Les animaux avaient été ensuite hissés dans un camion à l’aide d’une grue.

Au loin, le grondement de l’artillerie rappelait que les combats font rage de l’autre coté de la rivière Tigre, qui coupe Mossoul en deux.

Ahmed Manhel avait observé la scène en silence. « Moi aussi j’aimerais bien recevoir des soins », avait lâché ce résident de Mossoul en prenant appui sur ses deux béquilles en bois.

En novembre, l’explosion d’un obus a sectionné sa jambe droite. « Je veux partir d’ici. J’ai besoin d’une jambe artificielle », avait expliqué le jeune homme de 18 ans.

– Nouvelle vie –

Une fois les animaux à bord du camion, le convoi avait foncé à toute allure en direction d’Erbil, la capitale de la région autonome kurde, où se trouve l’aéroport.

Mais à un check-point, les soldats avaient refusé de laisser passer les animaux.

Deux jours plus tard, une deuxième exfiltration échouait encore. Pendant neuf jours, le lion et l’ours ont été retenus par l’armée irakienne en attendant que Four Paws obtienne une permission définitive pour les évacuer.

Si le zoo de Mossoul n’était pas approprié, la route poussiéreuse est pire encore: le lion souffre désormais de problèmes respiratoires.

« Cela a sans aucun doute été notre mission la plus compliquée », assure Yavor Gechev, membre de la mission Four Paws.

L’organisation était pourtant déjà intervenue en Irak en 2003, en Libye et en Egypte pendant le Printemps arabe mais aussi dans l’enclave palestinienne de Gaza après la guerre de 2014.

« C’est le début d’une nouvelle vie pour les animaux », se réjouit Amir Khalil à l’aéroport d’Erbil avant d’embarquer. « A partir de maintenant, ils n’auront plus à faire partie de cette guerre ».

Romandie.com avec(©AFP / 10 avril 2017 21h05) 

Zimbabwe: un guide tué par un lion dans le parc où vivait Cecil

août 25, 2015

Un guide a été tué par un lion au Zimbabwe alors qu’il effectuait un safari dans une réserve privée au sein du parc national de Hwange. Il s’agit du même parc que celui où le lion Cecil avait été abattu en juillet par un Américain.

Quinn Terence Swales, 40 ans est sorti de son véhicule avec les six touristes qu’il accompagnait pour s’approcher d’un groupe de lions sous un arbre, avant d’être attaqué par l’un d’eux.

« Plusieurs lionceaux se sont approchés des touristes et un lion adulte nommé Nxaha a attaqué. Il s’est d’abord reculé quelques instants avant de charger Swales, le faisant tomber et le mordant au cou et à l’épaule », a expliqué la porte-parole de la police Charity Charamba.

Le guide a succombé à ses blessures à l’hôpital de Victoria Falls où il avait été transporté après l’attaque, a précisé Mme Charamba. La porte-parole de la police a rappelé aux visiteurs des réserves animalières de rester « vigilant » même lorsque « les animaux ont l’air amicaux », car « on ne peut pas prédire leurs réactions ».

Polémique mondiale pour Cecil
Les propriétaires du camp où la tragédie a eu lieu ont confirmé l’incident dans un communiqué regrettant la mort du guide. « Nous pouvons confirmer que Quinn a fait tout ce qu’il a pu pour protéger les touristes et assurer leur sécurité et aucun d’entre eux n’a été blessé au cours de l’incident. Malheureusement Quinn est décédé de ses blessures », ajoute le texte.

C’est la deuxième fois en peu de temps qu’un lion zimbabwéen fait parler de lui. Il y a quelques semaines seulement après la mort de Cecil, abattu par un chasseur à l’arc américain, début juillet. La mort du lion Cecil, emblématique félin du parc national de Hwange, a suscité une virulente polémique dans le monde entier.

Romandie.com

Le Zimbabwe demande l’extradition du chasseur américain qui a tué le lion Cecil

juillet 31, 2015
Des manifestants ont accroché des pancartes et des peluches devant la porte du cabinet du dentiste américain James Walter Palmer, en hommage au lion Cecil, à Bloomongton au Minnesota, le 29 juillet 2015. © Adam Bettcher/AFP

Des manifestants ont accroché des pancartes et des peluches devant la porte du cabinet du dentiste américain James Walter Palmer, en hommage au lion Cecil, à Bloomongton au Minnesota, le 29 juillet 2015. © Adam Bettcher/AFP

Le Zimbabwe a réclamé vendredi l’extradition du dentiste américain Walter Palmer qui a chassé illégalement le lion Cecil début juillet, spécimen protégé et animal vedette du plus grand parc naturel de Hwange.

« Nous demandons aux autorités compétentes son extradition vers le Zimbabwe pour qu’il puisse être jugé pour les infractions qu’il a commises », a déclaré Oppah Muchinguri, ministre de l’Environnement, vendredi 31 juillet.

Lorsque le scandale a éclaté il y a quelques jours, « il était trop tard pour appréhender le braconnier étranger parce qu’il s’était déjà évaporé vers son pays d’origine », a-t-elle commenté.

« Cette affaire de braconnage a été bien organisée et bien financée »

Deux Zimbabwéens qui ont organisé l’expédition se retrouvent devant la justice. Le tribunal de Hwange a engagé des poursuites contre l’opérateur de safari de grande chasse Theo Bronkhorst. Il a été inculpé pour ne « pas avoir empêché une chasse illégale » et remis en liberté surveillée avant le début du procès le 5 août. Honest Ndlovu, le propriétaire de la ferme où le lion a été chassé après avoir été attiré hors de la réserve, devrait être accusé la semaine prochaine.

« Les investigations menées jusqu’à présent montrent que toute cette affaire de braconnage a été bien organisée et bien financée, pour être sûr que ça marche », a affirmé la ministre de l’Environnement, accusant le chasseur américain Walter Palmer et ses interlocuteurs locaux de s’être « tous livrés au braconnage du lion ».

Cecil, la vedette du parc

Le lion Cecil, âgé de 13 ans, était la vedette du parc en raison de sa crinière noire peu commune. L’animal faisait l’objet d’une recherche scientifique de l’université britannique d’Oxford sur la longévité des lions. L’animal était même équipé d’un collier émetteur.

Le chasseur américain a été lynché sur les réseaux sociaux par les militants de la cause animale. Dans un communiqué publié mardi 28 juillet, il a exprimé ses regrets.

Selon l’ONG zimbabwéenne Conservation Task Force, le lion aurait été appâté à l’extérieur de la réserve de Hwange avec une carcasse d’animal mort accrochée à un véhicule. Le lion a ensuite été chassé, blessé d’une flèche et finalement abattu après une traque de 40 heures.

Jeuneafrique.com

Cecil, le lion le plus célèbre du Zimbabwe, victime d’un riche touriste

juillet 28, 2015
Cecil, le lion le plus célèbre du Zimbabwe. (Capture d'écran de Bryan Orford / Youtube)

Cecil, le lion le plus célèbre du Zimbabwe. (Capture d’écran de Bryan Orford / Youtube)

Avec sa crinière noire, Cecil était la star du parc national de Hwange. Le lion, qui a été pris pour cible par un chasseur fortuné, aurait été tué pour 50 000 dollars.

Le roi de la jungle a succombé aux flèches d’un riche touriste étranger. Ce dernier est accusé de s’être offert la tête de Cecil, le lion vedette du parc national de Hwange, au Zimbabwe, qui se distinguait par sa crinière noire. L’animal, tué après une chasse à l’arc, a rapporté ce lundi une ONG de protection de la nature, a été retrouvé il y a deux semaines gisant hors de la réserve.

Les riches amateurs de chasse, majoritairement américains, sont prêts à payer des fortunes pour pister et tuer des buffles, grands félins, ou autres gros gibiers sur les terres africaines, où la chasse au trophée est légale. Ils font appel à des intermédiaires qui leur vendent le permis de tuer tel ou tel animal, les bénéfices servant à entretenir les réserves. Mais la chasse n’est autorisée que dans les réserves privées, pas dans les parcs nationaux comme Hwange, ou le Kruger en Afrique du Sud.

« Une vraie perte pour le tourisme local »

« L’intermédiaire spécialisé dans les permis de chasse et un chasseur ont été inculpés », a indiqué Johnny Rodrigues, président de l’ONG Zimbabwe Conservation Taskforce. « Nous cherchons encore à établir l’identité et la nationalité du chasseur. 50 000 dollars auraient changé de mains selon certaines allégations qui restent à vérifier ».

Le contrevenant – un Espagnol selon des sources proches des autorités du parc, un Américain selon d’autres indications – devrait comparaître pour braconnage avec un intermédiaire soupçonné d’avoir empoché beaucoup d’argent, selon Johnny Rodrigues.

 « Qu’un lion aussi emblématique soit tué, c’est une vraie perte pour le tourisme local et une grande source d’anxiété », a commenté Emmanuel Fundira, président de l’association des opérateurs de safaris. Cecil portait un collier. Cela signifie qu’il avait été choisi à des fins de recherches et d’études. Il était aussi populaire auprès des visiteurs de Hwange qui étaient fascinés par sa crinière noire et voulaient toujours savoir où il était ».

Lexpress.fr

Une touriste américaine tuée par un lion dans un parc sud-africain

juin 1, 2015

Johannesburg – Une jeune touriste américaine de 22 ans qui visitait un parc d’attraction animalier de Johannesburg est morte lundi, attaquée par un lion, alors qu’elle circulait en voiture avec une fenêtre ouverte, a-t-on appris auprès du parc.

Une voiture est entrée dans l’enclos aux lions, le lion est passé par la fenêtre et a mordu la dame, a déclaré Scott Simpson, responsable du Lion Park à la radio Talk Radio 702. Très vite l’ambulance est arrivée mais la dame est morte.

Son compagnon de voyage a été gravement blessé en essayant de porter secours à la victime, selon Talk Radio 702.

Le parc est l’une des attractions familiales de Johannesburg les plus faciles d’accès, située à moins d’une heure de voiture du centre et où parents et enfants peuvent aussi caresser des lionceaux en cage, nourrir des girafes, ou organiser des fêtes d’anniversaire.

En mars, un touriste australien avait lui aussi été blessé par une lionne après avoir roulé fenêtre ouverte. Deux jours après, c’est un adolescent de 13 ans habitant un bidonville voisin qui avait été attaqué par un guépard en passant par là à bicyclette.

Le parc abrite 85 lions, dont des spécimens de lions blancs assez rares, dont on peut s’approcher à bord de son véhicule pour les voir se nourrir, dormir ou s’ébrouer.

Le site internet du parc promet aux visiteurs de pouvoir les animaux de très près mais des pancartes rappellent partout qu’il faut fermer toutes les fenêtres de sa voiture.

Romandie.com avec(©AFP / 01 juin 2015 19h03)

Conte : Le Lion, le Gorille et la Roussette

décembre 21, 2010

Dans la forêt du Mayombe, au cœur du bassin du Congo, vivait un vieux Gorille à la barbe blanche, ami de « Mâ Nguembo », une petite et gentille Roussette noire.

Un dimanche, dans la joie du temps ensoleillé, un jeune Lion, beau et élégant, à la crinière rousse, venait d’être investi, roi de la forêt, succédant à la mort de son défunt père, le Lion de Mvoungouti.

Heureux de sa royauté, il voulait offrir un grand présent de convivialité à son hôte le Gorille, en compagnie de la Roussette, sous les grands limbas géants de sa cité royale. Les cartes de faire-part furent envoyées selon les dispositions d’usages protocolaires au Gorille qui faisait office de chef de canton ayant droit de vie et de propriétaire foncier sur la grande famille des hominidés.

Quand arriva le jour de l’invitation amicale, dans la joie de vite partager le repas, le Gorille et la Roussette se présentèrent au palais royal, chez « Ngomboulou ya nsangui ».

Dès leur arrivée, ils furent reçus avec des commodités dignes de leur rang par les pages du roi. Un accueil chaleureux était réservé à l’entrée par un Lionceau, vêtu de blanc, dans une tenue de cérémonie d’une clarté rayonnante. Conduits au salon, pour un service de dégustation avec du jus des fruits tropicaux mélangés de mangue, d’ananas et d’orange, les deux invités étaient assis dans le confort insolent des meubles du roi. La Roussette qui ne pouvait supporter la station initiale des hominidés, trouva mieux de se balancer sur le manteau d’une chaise: la tête en bas et les pattes en haut.

Après un moment d’attente amicale, le Lion sortit de sa chambre avec une belle coupe vestimentaire très endimanché et rejoignit ses hôtes dans un empressement distillé d’une petite excuse de retard. Il trouva le Gorille bien habillé et tiré à quatre épingles avec une cravate beige. Quant à la Roussette, elle avait porté une saharienne noire ceinturée autour de son ventre avec un nœud papillon. L’instant de la présentation suivi d’une conversation ne prit pas de longues minutes et le Lion invita ses amis à passer à table pour le repas de circonstance.

– Chers amis, je vous invite ce jour pour partager ensemble ce repas, à la suite de mon intronisation, en qualité du nouveau roi de la forêt, succédant au trône laissé vacant par feu mon père.

Le Lion ouvrit les couverts contenant les différents mets. Il y avait des têtes de chauve-souris et des têtes de singes. Le Gorille et la Roussette, à la vue du contenu, pensant à leur cousin respectif, se regardèrent d’un air interloqué et apeuré et firent une mou patibulaire que capta le maître de la maison qui lit et comprit vite la réaction dégagée sur le visage de ses hôtes.

– Que se passe-t-il leur demanda cérémonieusement le Lion comme à son habitude ?
– Sa majesté dit le Gorille : la Roussette et moi ne mangeons pas de la viande.
– Dès lors je vais vous offrir autres choses. Êtes-vous végétariens par hasard ?
– Depuis notre naissance, nous ne mangeons que des fruits et légumes.
– Sortons donc d’ici et allons cueillir dans mon champ des fruits qui remplaceront la viande pour un meilleur confort gastronomique. Ils trouvèrent des mangues, des papayes, des corossols, des goyaves et des bananes.

De retour au palais royal, le chef cuisinier prit les fruits et les lava avec précaution avant de les apporter à table pour le repas. Le Lion était satisfait que ses invités aient pu trouver à manger correspondant à leurs habitudes alimentaires. Lui il se contentait à broyer ses têtes qui éclataient entre ses canines, ses incives et ses molaires poussant de petits cris de joie : ô que c’est bon ces têtes de singes et de chauve-souris ! C’est un bon régal pour nous autres roi de la forêt. Le Gorille et la Roussette ne répondirent pas. Ils étouffèrent leurs paroles au fond de leur bouche de peur de voir leur mécontentement terminé dans l’emprise de la gueule du Lion.

Le Lion offrit du vin de palme, du vin de noix de coco extrait dans la matinée et un bon fermenté de canne à sucre de la veille, appelé:«lounguila».

A la fin du repas, ils se séparent sur un ton de grande fraternité dans l’espoir de se revoir souvent autour de la table. Le Lion leur proposa d’emporter le reste des fruits pour éviter de les jeter à la poubelle parce qu’il est plus carnivore que frugivore. Les deux amis heureux de recevoir leurs paquets de fruits, rentrèrent chez-eux dans la joie de ce moment d’honneur vécu au palais royal du Lion.

Sur le chemin du retour, les deux amis se concertèrent et arrêtèrent ensemble de venger leur cousin afin de repartir dans la nuit, après avoir informé toute leur famille d’aller manger les fruits dans les champs du roi de la forêt. Le Gorille rappela à la Roussette qu’il ne voit pas très bien pendant la nuit et que celle-ci lui servirait de guide éclairé.

Cependant les quelques fruits qu’ils ramenèrent auprès de leur famille ne rassasièrent pas tout le monde.

Dès lors, ils invitèrent toute leur colonie d’aller festoyer dans les champs du roi de la forêt. Les Roussettes démarrèrent le vol en émettant leur cri au-dessus de la marche saccadée et brutale des Gorilles, qui parfois, arrachaient sur leur passage les herbes et plantes gênantes. Ils se cognaient aussi du fait de la cécité nocturne de leurs yeux habitués à bien voir la journée. Et que la nuit est le moment favorable à leur repos du sommeil réparateur.

Arrivées dans les plantations, les Roussettes mangeaient les fruits du haut des arbres et ne faisaient tomber qu’une infime quantité à terre permettant aux Gorilles de les ramasser, au clair de lune, afin de goûter aux délices parfumées des mangues, des papayes, des goyaves et des corossols.

Ne pouvant atteindre les mangues, les Gorilles embrassèrent les troncs des manguiers et les secouèrent fortement. Les mangues tombaient comme des morceaux de glace au sol. Mais pour atteindre les papayes à leur sommet; ils firent l’échelle humaine en montant sur l’épaule, les uns à la suite des autres selon la gradation de leur poids : les plus robustes en bas et les plus faibles tout au-dessus. Et ils arrivaient à cueillir les corossols et ces autres bons fruits juteux avec des bâtons assemblés.

Quand les deux familles qui avaient pris d’assaut les plantations du roi de la forêt furent rassasiées, elles rentrèrent chez-elles dans la grande satisfaction de leur grand et petit ventre repu.

Le lendemain matin lorsque le roi de la forêt se rendit dans ses plantations, il trouva de nombreux excréments par terre des visiteurs vandales. Il fit le tour des champs et constata avec une amertume révoltante que tous les fruits étaient consommés et qu’on ne lui avait laissé qu’une petite portion.

Furieux, il hurla au grand déploiement de sa gueule laissant entrevoir toutes ses dents dehors, pointa son regard au zénith et reçu de plein fouet les rayons du soleil dans les yeux qui exacerbèrent sa colère. Il appela les ouvriers de sa cour, des jeunes Lionceaux pour préparer de grands pièges d’animaux géants et de la glu pour des oiseaux nocturnes. Ils les placèrent à maints endroits aux pieds des arbres et sur les feuilles couvrant les fruits.

Le Gorille qui était l’hôte du roi de la forêt proposa de nouveau à la Roussette de repartir avec leur famille pour manger les fruits dans la plus grande violation des règles de la consommation des biens d’autrui. Ils volèrent et marchèrent entre monts et vallées mais aussi entre les savanes et les forêts pour arriver dans la cité royale proche des plantations du Lion.

A la grande surprise et dans l’opacité de l’immensité du voile nocturne, toutes les Roussettes qui approchaient les pièges à glu virent leurs ailes collées et tombèrent au sol; quant aux Gorilles, ils se firent attrapés à la patte par des pièges dissimulés sous terre, qui, à chaque approche, les basculaient en les suspendant en l’air, révélant sans fard leurs parties génitales. Aucun membre de chaque famille ne fut épargné.

Le vendredi, le roi de la forêt, « Ngomboulou ya sangui », se rendit aux champs pour vérifier l’état de ses pièges tendus aux malfrats de ses fruits. Ils étaient tous tombés dans le traquenard.

Dès son arrivée, il vit au Loin de nombreux animaux qui pendaient d’une patte sur le mât robuste de chaque piège. Il rugit pour appeler toute sa famille. Ceux-ci accoururent en sa direction et le rejoignirent aux champs. Il demanda aux Lionceaux de tanner l’écorce des arbres pour faire des cordes afin de transporter tous ces voleurs dans sa cour pour les sévir et leur donner une grande punition exemplaire en rapport à leur acte.

Les Gorilles furent attachés au cou et aux bras, les uns à la suite des autres comme des esclaves tandis que les Roussettes furent placées dans de gros paniers d’osiers transportés sur le dos des Lionceaux jusqu’à la place de la sentence publique sous le feuillage d’un grand et vieux fromager.

Les pages du roi partirent prendre son trône et l’installa selon les us et coutumes de la royauté.

Le roi de la forêt exprima son mécontentement aux deux amis qu’il reçût lors de l’invitation chez-lui et qu’il conduisit dans ses plantations parce qu’ils étaient plus frugivores que carnivore comme lui. Or, il s’était trompé en leur montrant son vaste champ de cultures vivrières. Ses bourreaux vociféraient des paroles très dures à leur endroit : au poteau, au poteau…tuez-les, tuez-les !

Le Lion empreint de sagesse prit la parole au milieu de l’auguste assemblée royale et ordonna à ses bourreaux de couper toutes les queues des Gorilles et aux Roussettes de leur appliquer des suppositoires de glu à leur orifice anal. Après ces sévères applications, il les libéra, chacun avec sa part de sentence.

C’est ainsi que les Gorilles perdirent leur queue pour gloutonnerie ainsi que les Roussettes se virent supprimer la voie anale pour l’éternité, déféquant désormais par la bouche.

La satisfaction d’un désir sans permission sur le bien d’autrui peut vous conduire à une infirmité ou incapacité physique à vie.

© Bernard NKOUNKOU

Conte : Le Roi de la forêt et la Musaraigne

juillet 18, 2010

Un jour, le Roi de la forêt rassembla sa maisonnée, sous l’ombre d’un grand arbre à palabre au feuillage luisant et verdoyant. Il invita pour la circonstance tout le monde : dignitaires et esclaves.

Ayant pris connaissance de la dure sentence à perpétuité retenue contre la Musaraigne de sentir mauvais à vie pour crime « d’animacide volontaire ». Il voulut trouver une juste mesure de soulager cette peine grâce à ses relations fort importantes dans la société. Il fit recours au Gorille qui faisait office de grand prêtre exorciste pour la purifier de sa puanteur très prononcée. Le grand prêtre vêtu de sa soutane noire prononça toutes les grandes oraisons pour l’exorciser. Il ne réussit pas à la laver de ce parfum fortement ancré dans sa chair. En vain ! Le Gorille dit au Lion que cette sentence était incarnée en elle et à toutes ses générations. Et aucune puissance du monde ne pouvait l’en extraire. Il frappa ses fesses pour repousser les effets malveillants de l’exorcisme. Il rangea sa soutane dans son sac et rentra chez-lui.

Devant l’échec de l’exorcisme, le Lion qui était le chef de tous les animaux resta pensif et voulait, à tout prix, responsabiliser la Musaraigne pour devenir le superviseur de ses entreprises de fabrication de chaussures, de sa boulangerie de pain de manioc et de son grenier. Il l’appela en présence de sa cour royale et lui confia cette noble tâche. Désormais, je te nomme : Haut-superviseur de mon entreprise. La Musaraigne accueillit sa nomination avec satisfaction sous les applaudissements de tous les ouvriers.

Les ouvriers qui travaillaient à la fabrique de chaussures étaient des Insectes arrêtés et réduits en esclavage pour avoir dévasté des champs de maïs et d’arachides du roi de la forêt. Ceux qui travaillaient à la boulangerie étaient des Vers de terre qui avaient rongé les racines des pommes de terre dans les champs de cultures vivrières. Et ceux qui avaient la charge du grenier et de la conservation des récoltes et de la cueillette étaient des Fourmis.

La Musaraigne par son autorité et sa respectabilité dégageait de la prestance lui permettant de faire le tour des ateliers pour contrôler et superviser la production de la chaîne industrielle du Roi de la forêt.

Chaque fois quand elle entrait furtivement dans le hangar de l’usine, la discipline régnait dans l’esprit de tous les ouvriers. Des toussotements signalétiques se répercutaient d’une bouche à une autre pour souligner sa présence et changer d’attitude évitant d’obtenir une mauvaise note de conduite au sein de l’entreprise.

A la fin de la journée, elle rendait compte au lion et tenait parfaitement sa comptabilité avec orthodoxie. Le Roi la traitait avec beaucoup d’égards et lui renvoyait le mérite de sa considération du travail bien accompli. Elle recevait un gros salaire grâce à ses compétences et à ses qualités remarquables qui la distinguaient dans la société même au-delà des frontières nationales. La Musaraigne avait acquis une forte réputation. Elle était sollicitée partout même lors des festivités familiales de mariage et de retrait de deuil pour organiser les équipes chargées de la préparation, de la distribution et de la discipline durant toutes les cérémonies. Cette énergie de son savoir-faire, de son imagination et son talent commençait à lui créer des jalousies et lui attirer les foudres de la calomnie au sein de l’entreprise.

Les ouvriers au service du lion médisaient contre la Musaraigne l’exposant au détournement d’une bonne partie de la production du pain de manioc qu’elle vendait, à son insu, aux Souris qui partaient revendre la marchandise au marché public pour son compte personnel. Pour plus d’assurance, le Lion plaça une vidéo-surveillance pour l’attraper la main dans le sac. Mais la Musaraigne creusa un long tunnel depuis l’entrepôt qui alla sortir jusque sous les tables des Souris au marché à la grande discrétion du portail où était placé l’instrument de contre espionnage.

Le rythme de la production était toujours le même mais les recettes diminuaient. Le Lion et les Fourmis étaient déroutés; les Vers de terre ainsi que les Insectes furent confus malgré leur accusation contre la Musaraigne.

A la fin du mois, le lion paya tout son personnel sauf la Musaraigne. Pris dans un rictus de colère, elle mit en place un stratagème de déstabilisation de l’entreprise. Elle ferma toutes les portes de l’usine, les attrapa un à un, les mordu jusqu’à leur dernier soupir et invita les Souris du marché au festin et mangea à tour de rôle tous les ouvriers : Insectes, Fourmis et Vers de terre. Il enfouit leurs ossements dans son trou du tunnel qui la conduisait au marché auprès des belles souris qui étaient en connivence de ses achats.

Dans l’après-midi, le patron reçut une commande pour livrer une bonne quantité de marchandise aux clients des villages limitrophes. Il fit un tour dans l’entreprise et ne trouva aucun employé.
– Musaraigne où sont mes ouvriers ?
– Je ne sais pas patron…
– Comment ne sais-tu pas où sont-ils partis ?
– Après le déjeuner, je ne les ai pas vus rentrer dans l’entreprise…
– Vite va me téléphoner la police pour venir mener l’enquête ici.

Un escadron de Courtilière arriva armé jusqu’aux dents. Lesdites policières en pantalons bleus dessinant les rondeurs de leurs fesses inspectèrent le lieu, le fouillèrent de fond en comble et l’une d’entre elles découvrit une trace de sang. Cet indice lui permit de remonter la piste de l’entrepôt où elle vit un trou qu’elle longea. Et à l’intérieur de celui-ci une odeur de sang frais se répandait avec des ossements éparpillés le long du tunnel jusqu’à sa sortie sous les tables du marché où étaient assises des Souris qui ventilaient l’air frais de leur éventail aux causeries qui tournaient sur l’invitation de la Musaraigne sous le tunnel.

Lorsqu’elle revient vers les autres membres de son équipe, elle fit part de sa découverte et invita tout le monde à descendre sous le tunnel pour une investigation. La stupéfaction était au comble du massacre de la Musaraigne. Le lion était abasourdi et ne comprenait pas cette réaction de méchanceté et de cruauté. Elle fit savoir devant les policiers sa désapprobation pour la fin du mois impayé et le climat d’indignation qu’elle commençait à connaître au sein de l’entreprise.

Le Lion reconnut son tort de ne lui avoir pas payé même s’il détournait de la marchandise. Il ne l’avait jamais attrapé la main dans le sac malgré l’installation de sa vidéo-surveillance.

Furieux, il secoua sa crinière, poussa un grand et long rugissement exposant ses belles dents blanches et licencia la Musaraigne pour faute lourde professionnelle sans indemnités de préavis.

La Musaraigne sortit de l’entreprise sans un sou dans sa poche et alla informer les Souris du marché qu’elle était congédiée, en partie, à cause d’elles. Elle pleurait sur toute la robe de ses poils. Et celles-ci l’accueillirent dans leur résidence de la cité pour la consoler et lui servir d’hospitalité. C’est pourquoi, depuis lors, la Musaraigne cohabite parfois avec les Souris dans la même maison lui disant toujours de faire attention car le maître de maison leur avait averti de ne jamais accepter la Musaraigne dans leur compagnie pour sa puanteur.

Quand elle habite dans une maison, la Musaraigne fait toujours l’objet de méfiance et de mauvaise présence contrairement aux Souris. Son odeur est parfois synonyme de malchance auprès des habitants. Mieux vaut être insulté de Souris que de Musaraigne, car la Musaraigne ne change jamais de comportement. Elle n’a pas de pitié dans la confiance.

© Bernard NKOUNKOU