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CAN : quand les Lions indomptables refusent d’embarquer pour l’Égypte

juin 22, 2019

Match Brésil/Cameroun, le 20 novembre 2018 © Frank Augstein/AP/SIPA 

À moins d’une semaine de son premier match, l’équipe camerounaise et le ministère des Sports ont négocié ferme autour du montant de la prime individuelle de participation à la phase finale de la CAN, repoussant au 21 juin le départ des footballeurs pour l’Égypte, initialement prévu la veille.

Après des stages à Madrid (Espagne) et Doha (Qatar), les Lions indomptables étaient de retour au Cameroun pour saluer leurs supporters. Et pour discuter, menaces de grève à l’appui, du montant de la prime individuelle de participation à la phase finale de la CAN. Une réunion s’est tenue dans la nuit du 20 au 21 juin au cabinet du ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi. Celui-ci était entouré de plusieurs joueurs dont Carlos Kameni, Eric-Maxim Choupo-Moting et Fabrice Ondoa, du président de la fédération, Seidou Mbombo Njoya ou encore de Clarence Seedorf, le sélectionneur néerlandais.

Le gouvernement proposait 20 millions de FCFA (30 500 euros), les joueurs voulaient le double. Mais les internationaux, qui ont décidé de décliner la dernière proposition qui leur a été faite, (5 millions de francs CFA), ont cependant décidé de mettre fin aux négociations et de monter dans leur avion pour rejoindre l’Égypte.

Crises récurrentes

Mais ceux-ci n’ont pas hésité à adresser une lettre aux médias, où ils ont pris soin de détailler tous les petits (ou gros) soucis rencontrés depuis le début de la préparation. Ils ont ainsi précisé que certains d’entre eux ont payé de leur poche, en totalité ou en partie, les billets d’avion pour rejoindre Madrid, que les primes prévues lors des stages n’avaient pas été payées, où encore que celles de TOP Sponsor tombent de manière très irrégulière.

Ce n’est pas la première crise qui oppose ainsi joueurs et administration camerounaise. À l’issue d’une de ces périodes de tension, un décret du président de la République, daté du 26 septembre 2014, imposait d’arrêter le montant des primes trois mois avant le coup d’envoi d’une CAN. Les Lions, dans leur courrier aux médias, déplorent que ce décret n’ait pas été appliqué pour la CAN 2019.

En revanche, les Camerounais n’encourent aucune sanction de la Confédération africaine de football (CAF) du fait de leur arrivée retardée en Égypte. « Le règlement stipule que les sélections sont tenues d’arriver au plus tôt cinq jours avant leur premier match », a expliqué à Jeune Afrique Constant Omari, le vice-président de l’instance. Or, celui des Lions indomptables contre la Guinée-Bissau est programmé au 25 juin.

Jeuneafrique.com par Alexis Billebaut et Franck Foute

CAN 2017 : Roger Milla dénonce la « trahison » des joueurs absents de la sélection camerounaise

janvier 16, 2017

Roger Milla pose aux côtés de la Coupe du monde lors d’une tournée promotionnelle à istanbul avant le début de l’édition 2010 en Afrique du Sud. © IBRAHIM USTA/AP/SIPA

La grande star camerounaise Roger Milla ne s’est pas montrée tendre avec les Lions indomptables qui ont préféré snober la CAN et la sélection pour rester dans leurs clubs en Europe. L’ancien attaquant parle tout simplement de « trahison ».

Sur les terrains, il allait droit au but. Depuis qu’il a terminé sa carrière il y a plus de 20 ans déjà, Roger Milla est resté tout aussi direct. En atteste sa déclaration de lundi au sujet des joueurs camerounais qui ont snobé leur sélection à l’occasion de la CAN: « C’est une trahison de dire non à son pays ! » a tempêté l’ancien attaquant des Lions indomptables depuis les couloirs de l’hôtel de la délégation du Cameroun à Libreville.

Matip et Choupo-Moting dans le viseur

« Vous ne pouvez pas faire de chantage à votre pays. Ça, jamais de la vie. S’ils préfèrent jouer dans leurs clubs, ils resteront dans leurs clubs et c’est tout. Le Cameroun est plein de joueurs, on n’a pas de souci de ce côté », a développé l’ex-joueur de Monaco et Saint-Étienne, désireux de faire comprendre à ces joueurs, parmi lesquels figurent Joël Matip (Liverpool) et Eric Choupo-Moting (Schalke 04), qu’ils n’étaient pas indispensables.

Fort de plusieurs décennies d’expérience dans le monde du football, le plus vieux buteur de l’histoire de la Coupe du monde (à 42 ans passés lors de la Coupe du monde 94) rappelle à qui veut l’entendre l’importance de figurer sous le maillot d’une équipe nationale pour se construire une grande carrière : « Ils sont fils du Cameroun et le seront toujours. C’est grâce au Cameroun qu’ils seront demain de grands footballeurs. S’ils ne sont pas en équipe nationale, il n’y a aucun grand club qui va les recruter. »

Hormis les deux joueurs déjà cités, pas moins de sept Lions indomptables sur 23 ont préféré rester dans leurs tanières en Europe. Matip se trouve d’ailleurs au centre d’un imbroglio puisque son club de Liverpool ne sait pas s’il peut le faire jouer, au risque d’être sanctionné par la Fifa, qui interdit à un joueur de disputer des matchs pour son club alors que sa sélection participe à une compétition.

Le sélectionneur Hugo Broos critiqué

Roger Milla a aussi mis en garde le sélectionneur du Cameroun, le Belge Hugo Broos, deux jours après un début de CAN en demi-teinte samedi (1-1 contre le Burkina Faso). « Si Hugo Broos continue de cette manière, je ne pense pas que cela marchera avec le Cameroun, parce que les Camerounais sont exigeants », a expliqué la figure tutélaire de la délégation.

« Je prends le cas par exemple de Zoua, qui est un avant-centre type. Moi j’ai joué avant-centre. Je ne peux pas accepter qu’un avant-centre puissant et technique comme lui quitte la défense adverse pour aller chercher le ballon dans la défense du Cameroun », a déclaré Roger Milla.

« Nous voulons retrouver notre rang. S’il n’y a pas de résultat, il va partir », a-t-il lancé à l’adresse d’Hugo Broos. « C’est à lui de faire des efforts pour que le Cameroun puisse être rayonnant », a conclu Roger Milla alors que le Cameroun doit affronter mercredi la Guinée-Bissau.

Jeuneafrique.com avec AFP

CAN 2015 : Le Mali et le Cameroun dos à dos

janvier 20, 2015

Les supporters maliens ont cru à la victoire face au Cameroun.
Les supporters maliens ont cru à la victoire face au Cameroun. © Photo AFP

 Pas de vainqueur dans le choc entre le Mali et le Cameroun dans le groupe D (1-1). Les Aigles pensaient tenir leur victoire mais les Lions Indomptables ont égalisé en fin de partie. La « poule de la mort » s’annonce très indécise.

Dans la deuxième rencontre de ce groupe D, le choc entre le Mali et le Cameroun (1-1) s’est révélé très équilibré. Dans un match fermé, les occasions n’ont pas été nombreuses, mais les deux adversaires se sont rendus coup pour coup. Si Sambou Yatabaré a ouvert le score à la 71e et pensait avoir mis les Aigles sur le chemin du succès, c’est Oyongo qui lui a répondu à six minutes du coup de sifflet final en égalisant. Après le nul entre la Guinée et la Côte d’Ivoire plus tôt dans la journée sur le même score, ce groupe D s’annonce donc très indécis.

La révélation Fabrice Ondoa

Comme un symbole dans ce passage de génération dans la sélection du Cameroun, le gardien Fabrice Ondoa, quatrième gardien du FC Barcelone, a fait ses classes à la Fondation Samuel Eto’o de Yaoundé avant de rejoindre l’Espagne. Si l’attaquant vedette des Lions Indomptables a été écarté par Volker Finke pour cette CAN, Fabrice Ondoa est bien lui la révélation camerounaise. Face au Mali, il n’a pas bronché face à la pression, immense, qui pesait sur ses épaules et son jeune âge (19 ans). C’est même lui qui a sauvé a plusieurs reprises son camp en première mi-temps, alors que le Mali dominait, en sortant notamment deux frappes de Sako (10e, 27e). Mais il n’a rien pu faire sur l’ouverture du score de Sambou Yatabaré, laissé libre de tout marquage par la défense des Lions.

Une histoire de Yatabaré

Les deux frères Yatabaré, Mustapha et Sambou, ont profté de leur complicité pour bousculer la défense du Cameroun. Si Mustapha a souvent initié les offensives maliennes, c’est Sambou qui a trouvé les filets et fait basculer la rencontre. Sur un coup-franc qu’il a lui même obtenu, l’attaquant de Trabzonspor a profité d’une déviation malienne pour, libre de tout marquage au second poteau, surprendre Fabrice Ondoa d’une puissante demi-volée.

L’égalisation tardive du Cameroun

Sur son banc de touche, Volter Finker, le coach allemand du Cameroun, devait déjà s’imaginer revivre le cauchemar de la Coupe du monde 2014. Mais cette fois, le Cameroun n’a pas coulé et a réagi après l’ouverture du score malienne. Sur un long ballon de Loé dans la surface de réparation, c’est Oscar Oyongo qui d’un superbe contrôle s’est emmené la balle à deux mètres du but de Diakité, qu’il a fusillé à bout portant (1-1, 83e).

Jeuneafrique.com par Camille Belsoeur