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« Là où tout se tait » : ces Justes qui ont sauvé des Tutsi pendant le génocide au Rwanda

mars 12, 2021
A Nyamata, à 35km au sud de Kigali. Le 15 avril 1994, plus de 5000 personnes y ont été assassinées

Pour son essai « Là où tout se tait », Jean Hatzfeld a recueilli dans la région de Nyamata les témoignages de Hutu ayant risqué leur vie pour aider des Tutsi durant le génocide de 1994.

Là où tout se tait : le titre du nouvel essai de Jean Hatzfeld dit très exactement ce que son auteur a tenté de saisir à Nyamata, au Rwanda : les silences qui suivent le génocide des Tutsi et se perpétuent encore aujourd’hui. Les silences, au pluriel, parce qu’ils ne sont pas tous identiques – non-dits, oublis, omissions, absences… – et qu’ils ne procèdent pas tous des mêmes causes – négligences, réticences, hontes, peur…

Plus prosaïquement, Là où tout se tait est un livre sur les Justes du Bugesera, ces Hutu qui au péril de leur vie aidèrent de manière désintéressée des Tutsi pourchassés par la furie sanguinaire des tueurs.

Derniers témoins

Auteur reconnu de plusieurs livres sur le génocide (voir encadré), Jean Hatzfeld a vécu une partie de son enfance au Chambon-sur-Lignon, fameux village français où purent se cacher quelque 3 500 juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. « On ne sait jamais trop quelles sont les influences de votre enfance sur vos choix, tempère pourtant l’ancien journaliste. Les Justes ont toujours eu du mal à se faire une place dans l’histoire. En Europe, les historiens ne s’intéressent à eux qu’une vingtaine d’années après la guerre. »

Dans le cas du Rwanda, sur lequel il travaille depuis plus de vingt ans, lui-même a tardé à explorer les méandres de leurs histoires. « La raison ? Un manque d’attention de ma part. J’étais focalisé sur les rescapés, dans les marais, puis sur ceux qui ont manié la machette. Enfin, nombre de Justes sont morts et il n’y avait personne pour parler à leur place. Dans tous mes livres, les personnes parlent pour elles-mêmes. Cette fois, il a fallu que je trouve une autre manière de faire parler les gens. »

Convaincu qu’il était temps d’agir avant que les derniers témoins ne disparaissent ou n’oublient, Jean Hatzfeld a procédé comme à son habitude, se documentant longuement et préparant ses questions avant de se rendre à Nyamata à trois reprises (de mai à juin 2018, en août 2018 et de novembre à décembre 2019).

Silence et menaces

« Je connaissais l’existence des Justes, cela me touchait, mais j’étais un peu crispé et intrigué par l’attitude des Tutsi à leur égard, leur manque de reconnaissance. Quand j’ai enfin été capable de dire “ça suffit cette méfiance” et que le temps de parler est venu, je me suis aperçu que le sujet du livre se déplaçait vers le silence qui entoure ces gens, la honte et la peur qu’ils suscitent. »

IL Y A PLUS QUE 34 JUSTES AU RWANDA. MAIS L’ÉTAT PREND AUSSI EN COMPTE L’IMPLICATION DANS LA RÉCONCILIATION »

Dans le Bugesera, il n’y a qu’un seul Juste reconnu officiellement « umurinzi w’igihango » au niveau national, Silas Ntambfurayishyari. « Depuis l’attribution de cette médaille rare – le pays ne compte que 34 “abarinzi w’igihango” – Silas a beaucoup témoigné lors de commémorations ou à l’invitation des très dynamiques associations mobilisées par le chantier de la réconciliation. […] Il sait la singularité de son personnage dans le chaos des tueries. Il en a appréhendé les désagréments car pendant plusieurs années il a affronté des insultes chuchotées, voire des menaces dans les rues de Rilima. Il tente de s’en abstraire, idem des mauvais regards qui persistent lorsqu’il se promène seul. »

L’une des explications entourant le silence autour des Justes pourrait être liée à ce faible nombre apparent. La soudaineté et la brutalité du déchaînement de violence n’ont guère laissé le temps de réfléchir ou de s’organiser en réseaux. La dimension rurale du génocide a aussi joué : il est plus facile de cacher des gens dans l’anonymat d’une grande ville.

« En fait, il y en a beaucoup plus que 34, explique Jean Hatzfeld. Mais à la différence de Yad Vashem, l’État rwandais ne prend pas seulement en compte la période du génocide. Il considère aussi celle qui le suit et l’implication des personnes concernées dans la politique de réconciliation nationale. En outre, au Rwanda, on ne peut pas être reconnu comme Juste à titre posthume… »

Histoires d’amour et d’amitié

Dans Là où tout se tait, le journaliste évoque les destins d’une douzaine de Justes : Isidore, François, Espérance, Valérie, Edith et Eustache, Marcienne et Marcel, Silas et Providence, Joseph… Plus précisément, il leur donne la parole, quand ils sont encore vivants, ou bien recueille les témoignages de ceux qui peuvent parler en leur nom.

SI LES MORTS RESSUSCITAIENT, ILS POURRAIENT BIEN POINTER UN DOIGT ACCUSATEUR SUR CES JUSTES »

Dans cette langue superbe qu’il sait si bien restituer, dans cette langue « où toutes les abstractions deviennent des personnes », Jean Hatzfeld ouvre les portes de la mémoire, donne corps à des histoires d’amour et d’amitié, raconte l’histoire à fleur de peau. C’est infiniment tragique et terriblement beau, un concentré d’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur. Et puis, au-delà des portraits vivants qui émergent de ces témoignages croisés, l’auteur explore les silences et leurs douloureux échos.

Le professeur Innocent Rwililiza explique ainsi celui de certains Tutsi : « Surtout, on refuse de se substituer aux morts, qui sont les seuls à pouvoir témoigner sur les Hutu. Ces Justes, tu verras qu’ils sont difficiles à décrire. Les morts, eux seuls savent. S’ils ressuscitaient, ils pourraient bien pointer un doigt accusateur sur ces Justes, parce qu’ils ont vu plus que nous. Est-ce que nous pouvons ne pas ressentir de soupçons sur tout le monde ? »

Enfin raconter

Dans la seconde partie du livre, intitulée « Le trou de chez Eustache », Hatzfeld rassemble divers témoignages autour de ces « trous » qui minent Nyamata. À savoir ces nombreuses excavations où furent jetés les corps des Tutsi et qui firent l’objet, ensuite, d’intense tractations – notamment au cours des procès gacaca, les tueurs refusant parfois de dire où se trouvaient les fosses.

Ces trous, qu’ils aient été vidés de leurs corps ou non, rappellent au quotidien, aujourd’hui encore, l’horreur d’avril 1994. Ils expliquent aussi le silence de certains Justes. Comme celui d’Eustache et de sa femme Edith. « Edith, que je connais depuis 1998, n’a jamais voulu me parler à cause de ce trou derrière sa maison, explique Hatzfeld. Ils ont accepté de vivre pendant sept semaines à deux mètres d’un trou où l’on jetait des cadavres. Quand on garde cela en tête, c’est normal de ne pas vouloir parler. »

 Aujourd’hui, Edith peut enfin raconter : « On se tenait à six ou sept par chambre. Les enfants bredouillaient entre eux, ils ne s’excitaient pas comme l’enfance le veut. […] On se comptait à quatre femmes tutsi, un homme hutu, les enfants pour Gratia et les enfants pour nous, et une petite avoisinante qui était accourue pour rester. […] Ils entendaient les cris du trou. Oui, les enfants entendaient les cris des tueurs quand ils jetaient. »

Avec Jeune Afrique par Nicolas Michel

Canada: Le gouvernement québécois versera 6,8 M $ de plus au secteur du livre

juin 25, 2020
La fermeture des librairies pendant le confinement a fait mal au milieu du livre québécois.
© Canetti/getty images/istockphoto La fermeture des librairies pendant le confinement a fait mal au milieu du livre québécois.
Québec a annoncé jeudi l’octroi de 6,8 millions de dollars supplémentaires à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour aider le milieu du livre frappé par les conséquences économiques de la crise de la COVID-19.

«Il est primordial pour notre gouvernement d’appuyer, par notre plan de relance, les écrivains et les entreprises de la chaîne du livre et de l’édition dans la reprise de leurs activités, et de leur offrir les moyens et les outils nécessaires à leur redéploiement», a précisé, par communiqué, Nathalie Roy, la ministre de la Culture et des Communications.

Cette rallonge servira à bonifier les programmes d’aide à l’édition et aux librairies qui existent déjà ainsi qu’à développer de nouveaux projets.

De plus, le programme Aide aux entreprises – Soutien temporaire au fonds de roulement – COVID-19, lancé en mars par la SODEC avec une dotation initiale de 50 millions de dollars, sera doublé. Ce programme permet à des entreprises culturelles en difficulté en raison de la crise de la COVID-19 de bénéficier de prêts.

Les éditeurs et les libraires satisfaits

L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) a accueilli positivement ces mesures. Ces dernières devraient permettre au secteur du livre d’être mieux armé pour faire face à la crise de la COVID-19 et de protéger l’ensemble de l’écosystème du livre québécois, dont font partie les maisons d’édition, les libraires, les auteurs et autrices.

«On a senti que le gouvernement a été l’écoute et on a l’impression qu’il y a eu une prise de conscience quant au poids économique du secteur du livre», indique Arnaud Foulon, président de l’ANEL.

Ce sentiment est partagé par l’Association des libraires du Québec (ALQ). «Depuis le jour 1, on a l’impression que nos besoins sont entendus», déclare Karine Fafard, directrice générale de l’ALQ.

Elle se réjouit de voir de l’argent injecté dans le programme d’aide aux librairies agréées, même si elle ne connaît pas encore le montant exact. Cela permettra aux librairies d’être remboursées de frais engendrés par la pandémie de COVID-19, comme l’achat de matériel sanitaire ou les dépenses en frais postaux pour expédier les livres commandés en ligne.

Pas assez d’aide directe aux écrivains et écrivaines

Quant au Conseil des arts et des lettres du Québec, il recevra 4 millions de dollars pour octroyer des bourses aux artistes, notamment aux écrivains et écrivaines.

Début juin, l’Union des écrivains et des écrivaines québécois (UNEQ) avait déploré que le plan de relance culturel du gouvernement laissait de côté les écrivains et les écrivaines. Les mesures annoncées jeudi constituent une bonne nouvelle pour l’industrie du livre, mais pas pour celles et ceux qui vivent de leur plume selon l’organisation.

«Le montant des 4 millions n’est pas de l’argent neuf et ira aux artistes de différentes disciplines, pas uniquement aux écrivains et aux écrivaines, explique l’écrivaine Suzanne Aubry, qui préside l’UNEQ. Ces bourses vont bénéficier à 4 ou 5 écrivains, tout au plus. »

Plutôt que des bourses qui demandent aux écrivains et écrivaines de développer un projet et qui mettent un certain temps à être versées, l’UNEQ demandait l’octroi d’aides directes et non sélectives. Certes, la période d’admissibilité à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) a été rallongée de huit semaines, mais «qu’est-ce qui va se passer après la fin de la PCU?», s’interroge Suzanne Aubry.

L’UNEQ réclame la reprise cet automne du processus de révision des deux lois sur le statut d’artiste afin d’obliger les maisons d’édition à négocier des ententes de même type que des conventions collectives. Pour l’UNEQ, une telle mesure apporterait un soutien structurant sur le long terme aux écrivains et écrivaines afin d’améliorer réellement leur situation économique.

Soutenir le livre québécois

Dans son communiqué, le ministère de la Culture et des Communications a aussi indiqué qu’«un soutien particulier pourra être accordé à des initiatives visant à encourager l’achat de livres québécois et ainsi augmenter leur visibilité et leur notoriété».

Selon l’ANEL, plusieurs pistes sont explorées pour donner un coup de pouce à l’achat local en matière de livres, notamment celle de l’acquisition plus importante d’ouvrages québécois par les bibliothèques publiques.

Le milieu du livre québécois aura également la possibilité de profiter de deux nouveaux programmes dotés de 7 millions de dollars au total axés sur le numérique et destinés aux organisations culturelles. Ambition numérique vise à les soutenir dans leur transformation numérique et Rayonnement numérique cible la création ainsi que la commercialisation de produits culturels numériques.

Avec CBC/Radio-Canada

États-Unis/«Il agit comme un enfant de douze ans» : un responsable de la Maison-Blanche dresse un portrait effrayant de Donald Trump

novembre 10, 2019

 

Le livre doit paraître le 19 novembre prochain. Son auteur a souhaité garder l’anonymat.

«Il insulte, s’embrouille, s’irrite facilement et a des problèmes pour synthétiser les informations, et cela n’arrive pas de temps en temps, mais régulièrement». Tout au long des 259 pages de A Warning (Un avertissement), un ouvrage à paraître le 19 novembre aux Etats-Unis, un haut-fonctionnaire anonyme de la Maison-Blanche décrit un Donald Trump cruel, inapte et représentant un danger pour la nation américaine.

Le Washington Post, qui a pu consulter l’ouvrage avant sa sortie, a réalisé un compte-rendu de ce portrait terrifiant du président des Etats-Unis. La plume acide de l’auteur, qui a souhaité conserver son anonymat, décrit un chef d’Etat amateur de blagues sexistes et racistes, familier des coups de sang et qui fait régner une atmosphère de travail pesante au sein de son administration.

Contrôler les «pires penchants» de Trump

«Il agit comme un enfant de douze ans dans une tour de contrôle, qui appuie sur tous les boutons du gouvernement sans discernement, indifférent aux avions qui dérapent sur la piste et aux vols qui s’écartent désespérément de l’aéroport». Le haut-fonctionnaire s’appuie sur ses observations et sa propre expérience au sein de l’administration Trump. Il omet toutefois sciemment des détails afin qu’il ne soit pas possible de remonter jusqu’à lui.

Toujours de manière anonyme, il avait déjà publié une tribune dans le New York Times en 2018, intitulée Je fais partie de la résistance à l’intérieur de l’administration Trump. Il assurait qu’il avait choisi de ne pas démissionner afin de contrôler le président et «ses pires penchants», affirmant même qu’il n’était pas le seul dans cette situation. Dans son ouvrage à paraître, il reconnaît avoir eu tort à propos de cette «résistance silencieuse» car Donald Trump est «qui il est», soit incapable de changer.

Des remarques sexistes et racistes

Ses anecdotes sur le caractère et les remarques sexistes et racistes du président sont glaçantes. «Il commente le maquillage, fait des blagues sur le poids et critique les tenues vestimentaires […] Il utilise des termes comme “ma chérie” pour s’adresser à des professionnelles accomplies. Un patron ne devrait pas se comporter de cette manière dans un environnement de travail».

D’après lui, le président américain a même tenté d’imiter l’accent hispanique lors d’une réunion dans le bureau ovale durant laquelle il s’en est pris à des femmes migrantes, qui tentaient de traverser la frontière : «Elles disent :Oh, s’il vous plaît, aidez-nous ! Mon mari m’a quittée !” Elles ne servent à rien. Elles ne font rien pour notre pays. Au moins, si elles venaient avec un mari, on pourrait le mettre dans les champs pour cueillir du maïs».

La porte-parole du président, Stephanie Grisham, a, elle, qualifié jeudi l’ouvrage de «mensonges» et d’«oeuvre de fiction», traitant son auteur de «lâche». Le ministère de la Justice a également averti la maison d’édition Hachette et les agents de l’auteur que ce livre pourrait violer un accord de confidentialité. En réponse, l’un des agents a accusé l’administration de tenter d’obtenir des informations sur l’auteur de ce portrait.

Par Le Figaro.fr

Hommage à Sony Labou Tansi (extrait Africa International n°5, rubrique Culture)

septembre 12, 2019

CULTURE : « L’intérieur est plus impitoyable que le dehors », affirmait Sony Labou Tansi. Un livre-hommage au célèbre auteur Congolais mort il y a déjà près de 25 ans (1995) vient de paraître. Caroline Bourgine nous remet en mémoire l’œuvre de l’écrivain connu pour ses citations.

Publiée le 11 sept. 2019 par MRB Networks

France: «Passions», le nouveau livre de Nicolas Sarkozy sort le 27 juin

juin 21, 2019

 

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy publie un ouvrage le 27 juin prochain. Intitulé «Passions», le livre de 360 pages retrace, entre autres, le parcours de Nicolas Sarkozy de ses débuts à l’élection présidentielle de 2007.

Trois ans après La France pour la vie, Nicolas Sarkozy revient non pas en politique mais en librairie. Ce nouvel opus sera tiré à 200 000 exemplaires.

L’ancien président revient sur ses premiers pas au RPR et retrace en toile de fond l’évolution de la droite ces trois dernières décennies. Il y raconte aussi son rapport personnel à la conquête du pouvoir.

L’ouvrage s’achève sur la date du 16 mai 2007, jour de son entrée à l’Élysée. Peut-être réserve-t-il son expérience du quinquennat pour un troisième livre.

Par Le Figaro.fr

Wall Street rattrapée par la crise turque

août 13, 2018

La Bourse de New York a terminé dans le rouge lundi / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Drew Angerer

La Bourse de New York a terminé dans le rouge lundi, rattrapée en cours de séance par les inquiétudes liées à l’effondrement de la livre turque et à un éventuel effet de contagion sur d’autres économies.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 0,50% à 25.187,70 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a cédé 0,25% à 7.819,71 points.

L’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,40% à 2.821,93 points.

Les trois indices avaient débuté la journée dans le vert avant d’hésiter sur la direction à suivre.

« Le marché a été sans aucun doute guidé par la situation en Turquie et toutes les craintes sur les conséquences qu’elle pourrait déclencher, même si au final la réaction est plutôt contenue », a remarqué Karl Haeling de LBBW en mettant en avant les faibles volumes d’échanges.

Sur fond de tensions diplomatiques entre Ankara et Washington, la livre turque a de nouveau chuté lundi à son plus bas niveau historique.

Dans l’espoir de rassurer les marchés, la Banque centrale de Turquie a bien assuré qu’elle prendrait les « mesures nécessaires » pour assurer la stabilité financière mais cela n’a pas suffi à enrayer l’effondrement de la devise, jetant un froid sur les marchés mondiaux.

Certains observateurs craignent en particulier l’exposition de quelques grandes banques européennes à ces risques.

A Wall Street les valeurs financières ont été particulièrement affectées, à l’instar de JPMorgan Chase (-1,59%), Citigroup (-1,57%) ou Bank of America (-2,28%).

Le repli de la place new-yorkaise dans ce contexte « correspond peut-être juste à un nouvel accès de nervosité du marché, qui va se stabiliser et rapidement remonter à des niveaux record. Mais on ne peut pas non plus écarter tout risque et les comparaisons avec la crise asiatique de 1997, déclenchée par la chute de la monnaie thaïlandaise, ne doivent pas être complètement négligées », a relevé M. Haeling.

« De nombreux pays ont emprunté beaucoup d’argent en dollar, qui grimpe fortement, ce qui va rendre les remboursements plus chers », a-t-il souligné. Dans le même temps, « la liste des pays confrontés à des problèmes économiques ne s’amoindrit pas, qu’il s’agisse de la Chine, de la Russie, de l’Argentine, de la Turquie ou de l’Italie », a-t-il ajouté.

Le marché obligataire se tendait un peu: le rendement sur la dette américaine à dix ans montait vers 20H15 GMT à 2,875% contre 2,873% à la clôture vendredi, et celui à 30 ans à 3,044% contre 3,030% en fin de semaine dernière.

– Trump s’en prend à Harley –

Tesla a pris 0,26% alors que son PDG Elon Musk a indiqué être en discussion avec le fonds souverain saoudien (PIF) et d’autres investisseurs dont il ne dévoile pas l’identité pour financer le possible retrait de la Bourse du constructeur de véhicules électriques haut de gamme.

Harley-Davidson a lâché 4,32% alors que le président américain s’en est de nouveau pris dimanche au groupe, qu’il a conseillé de boycotter si le constructeur de motos déplaçait une partie de sa production en Europe comme il l’a annoncé.

Nielsen, le groupe spécialisé dans la mesure d’audience, a bondi de 12,06% alors que la société d’investissement Elliott Management a pris une participation de 8% et souhaite, selon le Wall Street Journal, pousser la société à se vendre.

Netflix a reculé de 1,32% après l’annonce du départ de son directeur financier, à ce poste depuis huit ans.

Le géant des semi-conducteurs Qualcomm, qui a accepté vendredi de payer à Taïwan une amende largement revue à la baisse pour abus de position dominante, s’est apprécié de 0,03%.

La société VF Corp, propriétaire des marques de jeans emblématiques Wrangler et Lee, a perdu 3,60% après avoir confirmé qu’elle avait l’intention de scinder ses activités en deux sociétés indépendantes, avec d’un côté les vêtements et chaussures et de l’autre les jeans et les magasins d’usines.

Romandie.com avec(©AFP / (13 août 2018 22h49)

Turquie: les cinq raisons de l’effondrement de la livre

août 13, 2018

La livre turque en chute libre face au dollar, sur fond de crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis / © AFP / Yasin AKGUL

L’hémorragie de la livre turque face au dollar pose le plus sérieux défi économique à la Turquie de Recep Tayyip Erdogan depuis la crise financière de 2001. Les raisons sont à la fois conjoncturelles et structurelles.

Le 10 août, déjà baptisé « Vendredi noir » par des économistes, a vu la livre perdre quelque 16% de sa valeur face au dollar, une débâcle accélérée par un tweet de Donald Trump annonçant le doublement des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs.

M. Erdogan a tenté lundi de rassurer les marchés en affirmant que les fondements de l’économie turque étaient « solides ».

Mais les économistes estiment que des explications aux difficultés de la Turquie –17ème puissance économique mondiale qui connaît une forte croissance– sont à rechercher au-delà des politiques économiques du gouvernement.

– Crise avec les Etats-Unis –

Début août, les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre deux ministres de M. Erdogan pour protester contre l’emprisonnement d’un pasteur américain, Andrew Brunson. Ankara a répliqué avec des mesures similaires.

Cette crise entre deux membres importants de l’Otan, la plus grave en plus de 40 ans, a donné des sueurs froides aux investisseurs et a provoqué une chute de la livre turque face au dollar la semaine dernière.

Le tweet de M. Trump sur le doublement des taxes vendredi n’a fait qu’aggraver la situation.

Les sanctions américaines « assèchent le flux de capitaux » en direction de la Turquie, souligne Capital Economics.

– Problèmes structurels –

Chute de la livre turque / © AFP / Laurence CHU

Avant même la crise avec les Etats-Unis, des économistes mettaient en garde contre l’imminence d’une tempête financière. C’est d’ailleurs pour la devancer que M. Erdogan a avancé à juin dernier des élections prévues en 2019, estiment les observateurs.

Le président turc a été confortablement réélu pour un mandat de cinq ans aux prérogatives renforcées.

Les tensions entre Ankara et Washington « n’ont fait qu’exacerber » une crise économique émergente, décrypte Paul T. Levin, directeur de l’Institut des études turques à l’université de Stockholm.

Les problèmes structurels de la Turquie sont illustrés par une forte inflation qui a atteint près de 16% en glissement annuel en juillet et un déficit des comptes courants qui ne cesse de se creuser.

– Politique hétérodoxe –

M. Erdogan a bâti une grande partie de sa popularité depuis son arrivée au pouvoir en 2003 sur une forte croissance et des grands projets d’infrastructures qui ont transformé le pays.

Les économistes décrivent le président turc comme un partisan de la « croissance à tout prix ». A commencer par celui d’un fort endettement.

M. Erdogan provoque régulièrement des haussements de sourcil en soutenant des thèses à rebours de la pensée économique classique. Il affirme par exemple que baisser les taux d’intérêt fait baisser l’inflation, alors que la plupart des économistes défendent l’inverse.

« Il était évident depuis un certain temps (…) que la mauvaise gouvernance économique finirait par avoir des conséquences », souligne M. Levin.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan devant ses partisans dans la ville de Trabzon, le 12 août 2018 / © TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP / Cem OKSUZ / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP

– Taux d’intérêt –

La banque centrale de Turquie est censée être indépendante, mais de nombreux économistes considèrent qu’elle est de plus en plus sous la pression de M. Erdogan.

Sa décision de ne pas relever ses taux d’intérêt le mois dernier en dépit d’une forte hausse de l’inflation a sidéré les marchés.

La banque centrale a annoncé lundi une série de mesures pour rassurer les investisseurs, notamment des facilités pour les liquidités, mais elle n’a pas mentionné les taux.

« Les mesures concernant les liquidités ne s’attaquent pas au problème principal qui est la chute de la livre », souligne Konstantinos Anthis, analyste pour ADS Securities.

– Equipe économique –

Les élections de juin ont marqué une refonte de la politique en Turquie. Le pays est passé à un système hyperprésidentiel qui concentre dans les mains du chef de l’Etat tous les pouvoirs exécutifs.

M. Erdogan n’a pas gardé dans son gouvernement le vice-Premier ministre Mehmet Simsek, une figure respectée et appréciée des marchés.

Il a en outre confié les manettes de l’économie à son gendre relativement inexpérimenté, Berat Albayrak, bombardé ministre du Trésor et des Finances. Sa nomination a été accueillie par une chute de la livre.

« C’est sans aucun doute l’absence d’une réponse rapide, ferme et rationnelle de la part des autorités turques qui a envoyé la livre dans les abysses », note M. Levin.

Romandie.com avec(©AFP / (13 août 2018 16h29)

Turquie: la livre s’écroule après l’annonce de Trump, Erdogan droit dans ses bottes

août 10, 2018

La livre turque en chute libre face au dollar, sur fond de crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis / © AFP / Yasin AKGUL

La livre turque, à l’agonie depuis plusieurs jours, enregistrait vendredi une chute abyssale de sa valeur accélérée par l’annonce américaine d’une forte hausse des taxes à l’importation et des déclarations virulentes du président Erdogan dénonçant une « guerre économique ».

La situation s’est encore aggravée en fin d’après-midi avec l’annonce par le président américain Donald Trump d’une forte augmentation des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs qui s’élèveront désormais respectivement à 50% et 20%.

La livre turque, qui a perdu près de 40% de sa valeur face au billet vert depuis le début de l’année, s’échangeait à 6,6115 livres contre un dollar à 13H35 GMT, soit une baisse vertigineuse de 19% sur la journée. La livre turque a même brièvement atteint 6,87, son plus bas historique.

Devant cette déroute, le président Recep Tayyip Erdogan a appelé ses concitoyens à la « lutte nationale » en échangeant leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie, dénonçant une « guerre économique » contre la Turquie. Son appel n’a fait qu’accélérer la chute de la livre.

Cet effondrement qui pousse la Turquie vers une crise monétaire survient sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington et de défiance croissante des marchés envers l’équipe économique de M. Erdogan.

La bérézina de la livre turque a eu un impact au-delà des frontières et fait chuter les titres de plusieurs banques européennes et conduit Wall Street à ouvrir en baisse, illustrant la crainte d’une contagion à l’économie mondiale.

La chute de la livre vendredi « montre que les investisseurs sont de plus en plus inquiets de l’imminence d’une crise monétaire totale », souligne dans une note David Cheetham, analyste chez XTB.

– « Nous avons Allah » –

La devise turque connaît une érosion inexorable depuis plusieurs années, mais l’hémorragie s’est accélérée ces derniers jours en raison de la grave crise diplomatique avec les Etats-Unis liée à la détention en Turquie d’un pasteur américain.

Ces deux alliés au sein de l’Otan ont imposé des sanctions réciproques contre des responsables gouvernementaux. Si ces mesures sont avant tout symboliques, elles ont inquiété les investisseurs étrangers dont l’économie turque est dépendante.

En annonçant sur Twitter qu’il autorisait la hausse des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs, M. Trump a d’ailleurs mentionné la baisse de la livre turque face au dollar et déclaré : « Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment ».

En l’absence d’annonce de mesures fortes, le président turc et son ministre des Finances n’ont pu enrayer l’inexorable chute de la livre tout au long de la journée.

« Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C’est une lutte nationale », a exhorté M. Erdogan dans un discours à Bayburt (nord-est).

Pendant son intervention, la livre turque a chuté encore plus fort, signalant l’insatisfaction des marchés.

Face à cette situation, le président Erdogan a pointé vendredi un doigt accusateur en direction d’un mystérieux « lobby des taux d’intérêt » dont il n’a pas défini les contours.

« S’ils ont des dollars, nous, nous avons notre peuple, nous avons le droit et nous avons Allah ! », avait-il lancé dans un précédent discours, dans la nuit de jeudi à vendredi.

– Crédibilité en jeu –

Outre ces tensions, les marchés s’inquiètent des orientations de la politique économique du président Erdogan, la banque centrale turque rechignant à relever ses taux pour contrer une inflation qui a pourtant atteint près de 16% en juillet en rythme annuel.

Nombre d’économistes estiment qu’il faudrait une hausse massive des taux de la banque centrale pour réguler l’inflation et soutenir la livre, mais M. Erdogan y est fortement hostile.

Visiblement soucieux d’envoyer des signaux positifs aux marchés, le nouveau ministre des Finances Berat Albayrak, qui est également le gendre du président Erdogan, a insisté sur l' »importance » selon lui de l' »indépendance de la banque centrale » turque.

Depuis sa nomination à ce poste après la réélection de M. Erdogan en juin, M. Albayrak s’est efforcé sans succès d’apaiser les marchés qui voient d’un mauvais oeil la mainmise croissante sur les affaires économiques du président.

« Les pouvoirs renforcés du président Erdogan (…) ont rendu encore plus incertain de savoir si les responsables politiques auront la capacité d’agir pour stabiliser l’économie », souligne William Jackson, de Capital Economics.

L’agonie de la livre turque cette semaine n’a quasiment pas été traitée par les principales chaînes de télévision et les journaux à grand tirage, pour la plupart contrôlés par le pouvoir.

Romandie.com avec(©AFP / (10 août 2018 16h35)

Rwanda: dans un livre a paraître, un ancien officier français brise l’omerta sur l’opération Turquoise

mars 7, 2018

 

Guillaume Ancel, 10 avril 2016. © Jean Saibienpeu /CC/wikipédia

Dans « Rwanda, la fin du silence », qui sortira en librairies le 16 mars, l’ex-officier Guillaume Ancel relate en détails plusieurs pans obscurs de l’opération Turquoise, en 1994, et les menaces reçues pour l’inciter à respecter la « loi du silence ».

Si Guillaume Ancel n’est pas le premier ex-officier français à avoir consacré un livre à son expérience au Rwanda durant l’opération Turquoise, en 1994, il est en revanche le seul à ce jour à y dénoncer « les errements » de cette intervention militaire controversée.

Dans Rwanda, la fin du silence, à paraître le 16 mars aux éditions Les Belles Lettres, cet ancien lieutenant-colonel revient en détail sur le déroulement de sa mission (25 juin-5 août 1994). « Sous le couvert d’une opération humanitaire destinée à mettre fin aux massacres, cet officier comprend vite que la France soutient le gouvernement génocidaire rwandais », résume la quatrième de couverture.

Il me fallait retranscrire intégralement ce que j’ai vécu en 1994, afin que cela ne soit plus jamais effaçable

Dans ce récit écrit à la première personne, Guillaume Ancel revient en outre sur les menaces, voilées ou plus explicites, qu’il a reçues depuis qu’il a rompu l’omerta en 1994 – notamment à travers une interview à Jeune Afrique, publiée en avril 2014 – sur le dossier sensible du rôle de la France durant le génocide des Tutsis.

« Pendant plus trois ans, j’ai livré des témoignages oraux à des journalistes ou lors de conférences, nous confie-t-il. J’ai fini par comprendre que ce n’était pas suffisant et qu’il me fallait retranscrire intégralement ce que j’ai vécu en 1994, afin que cela ne soit plus jamais effaçable. »

Jeuneafrique.com

L’ancien argentier de Kadhafi, Béchir Saleh, visé par des tirs à Johannesburg

février 26, 2018

 

 

La piste d’un crime crapuleux serait privilégiée par les proches de M. Saleh, qui précisent néanmoins que ce dernier « se sentait particulièrement menacé ces dernières semaines ».

Bachir Saleh en 2003. MARWAN NAAMANI / AFP

 

L’ancien argentier du régime de Mouammar Kadhafi, Bechir Saleh, homme-clé de l’affaire du présumé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a été victime d’une agression violente, vendredi 23 février dans la soirée, sur la route de l’aéroport de Johannesburg, alors qu’il rentrait d’un déplacement bref et discret au Zimbabwe.

« Ce serviteur de la Libye en réserve », comme il s’était lui-même qualifié lors d’une rencontre avec Le Monde en septembre 2017, a essuyé des tirs alors qu’il se trouvait dans sa berline en compagnie de son chauffeur sud-africain. Gravement blessé par balle, M. Saleh, 71 ans, a été traité en urgence à l’hôpital privé de Milpark. Ses jours ne seraient pas en danger, mais il ne peut pas s’exprimer. Son avocat en France, Eric Moutet, a confirmé l’agression au Monde.

Malgré la personnalité de l’intéressé, son parcours et les nombreux secrets qu’on lui prête, son entourage, prudent, se refuse pour l’instant à envisager une tentative d’assassinat, même si le spectre de Choukri Ghanem est dans toutes les têtes. L’ancien ministre du pétrole libyen (2006-2011), qui consignait tout dans ses carnets, avait été retrouvé mort « noyé » dans le Danube, à Vienne, entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2012.

Sollicité par la justice dans l’affaire du financement libyen de Sarkozy

La route de l’aéroport est réputée prisée des gangs de voleurs. D’ailleurs, précise-t-on au Monde, ce genre de mésaventure est arrivé il y a peu au chef d’état-major du Togo ou encore à une députée sénégalaise. La piste d’un crime crapuleux serait ainsi privilégiée par des proches de M. Saleh, qui précisent néanmoins que ce dernier « se sentait particulièrement menacé ces dernières semaines » et s’étonnent que les agresseurs n’aient rien dérobé dans le véhicule.

Le chauffeur de M. Saleh, légèrement blessé, a été entendu par les autorités sud-africaines qui mènent l’enquête. Les services de sécurité ont depuis considérablement renforcé le dispositif de protection policière autour de cette personnalité libyenne particulièrement exposée. Exfiltré de France en toute discrétion en mai 2012, M. Saleh, pourtant sous notice rouge d’Interpol, avait rejoint le Niger avant de s’installer à Johannesburg. Le président sud-africain d’alors, Jacob Zuma, de même que les caciques du Congrès national africain (ANC), avaient volontiers accueilli ce proche conseiller de Mouammar Kadhafi, important soutien dans la lutte contre l’apartheid.

Ces derniers mois, alors qu’il vit en exil en Afrique du Sud, M. Saleh a repris une intense activité diplomatique dans l’objectif de jouer à nouveau un rôle de premier plan dans la reconstruction de la Libye. Il a ainsi entrepris, fin 2017, une série de déplacements sur le continent africain, où il entretient des relations avec plusieurs chefs d’Etat. L’ancien directeur de cabinet du colonel Mouammar Kadhafi et ancien patron du fonds souverain libyen avait par ailleurs été sollicité à plusieurs reprises par la justice française pour témoigner dans le cadre de l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, sans jamais y donner suite.

Au Monde, il avait confirmé la tenue d’un déjeuner, le 9 avril 2007, dans sa ferme des environs de Tripoli, en présence du premier ministre, Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, et de son ami Choukri Ghanem, qui consignera dans son carnet qu’à cette occasion Bechir Saleh avait prétendu « avoir envoyé 1,5 million d’euros à Sarkozy ». Au Monde, M. Saleh avait simplement affirmé : « Kadhafi a dit qu’il avait financé Sarkozy. Sarkozy a dit qu’il n’avait pas été financé. Je crois plus Kadhafi que Sarkozy. 

Lemonde.fr par Joan Tilouine et Simon Piel