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Le successeur du Dalaï-lama: Sangay a prêté serment

août 9, 2011

Lobsang Sangay, un juriste de 43 ans, a prêté serment aujourd’hui en tant que nouveau premier ministre du gouvernement tibétain en exil et successeur politique du dalaï-lama, faisant le voeu de remporter « la liberté » au Tibet au sein d’un mouvement fait pour « durer ».

Lors d’une cérémonie haute en couleur dans la ville indienne de Dharamsala (nord), où est basé le gouvernement en exil, Lobsang Sangay a voulu chasser les inquiétudes sur la poursuite de la lutte pour les droits des Tibétains, qui fut uniquement incarnée par le dalaï-lama depuis qu’il a fui Lhassa en 1959 à la suite d’un soulèvement anti-chinois.

Certains craignent que leur combat ne tombe dans l’oubli à la mort du prix Nobel de la paix, qui incarne aux yeux de l’Occident la cause des Tibétains.

Diplômé en droit d’Harvard

Le dalaï-lama, 76 ans, avait annoncé en mars son intention de renoncer à son rôle politique de chef du mouvement des Tibétains en exil, essentiellement symbolique, et de transmettre ses responsabilités à un nouveau premier ministre aux pouvoirs élargis. Il conservera toutefois son rôle de chef spirituel.

Lobsang Sangay, diplômé de la faculté de droit de l’université de Harvard, a été élu fin avril parmi deux autres candidats. En mai, le dalaï-lama a signé des amendements à la Constitution du gouvernement en exil, mettant officiellement un terme à son rôle politique.

Lors de son discours, Lobsang Sangay a assuré que l’élection d’avril a envoyé « un message clair aux partisans d’une ligne dure au sein du gouvernement chinois selon lequel le gouvernement tibétain est loin de s’éteindre ». Il s’est engagé à soutenir le mouvement « jusqu’à ce que la liberté soit restaurée au Tibet », affirmant que la lutte n’était pas « contre le peuple chinois ou la Chine en tant que pays ».

La « voie moyenne » maintenue

« Notre lutte est contre la politique radicale du régime chinois au Tibet (…), contre ceux qui refuseraient la liberté, la justice, la dignité et l’identité même du peuple tibétain », a-t-il déclaré. « Nous sommes une démocratie qui ne fera que se renforcer au fil des ans et nous sommes là pour durer », a-t-il lancé.

Il a toutefois assuré qu’il soutenait pleinement la formule de la « voie moyenne » voulue par le dalaï-lama, c’est-à-dire une « autonomie significative » du Tibet sous administration chinoise, plutôt qu’une indépendance pure et simple de la région.

Le parcours de Lobsang Sangay, né dans une région productrice de thé dans le nord-est de l’Inde, rompt avec le passé où de vieilles figures religieuses dominaient la vie politique du mouvement tibétain. Cet expert en droit international n’a jamais vécu au Tibet et ne s’y est même jamais rendu.

Cette transition historique va donner au nouveau premier ministre une position beaucoup plus en vue que celle de ses prédécesseurs. Mais si ce rôle accru a été choisi comme solution, la route risque d’être pavée de difficultés. Le gouvernement en exil n’est reconnu par aucun gouvernement étranger, la Chine refuse de le reconnaître et sa légitimité pourrait être mise en doute aux yeux des Tibétains du Tibet sans le soutien du dalaï-lama.

Lefigaro.fr par