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Canada: Des immigrants paient jusqu’à 12 mois de loyer d’avance pour signer un bail

novembre 26, 2022

Maimouna Bella Sane est assise dans sa cuisine. Elle regarde fixement la caméra. Elle a son pouce et son index de la main droite, appuyée sur ses lèvres.
En arrière-plan, on aperçoit un four et des ustensiles de cuisine.

Mme Sane s’était renseignée sur le coût de la vie à Toronto grâce aux réseaux sociaux et s’est convaincue de payer plusieurs mois de loyer d’avance pour signer son premier bail. Photo : Radio-Canada

Sans historique de crédit ni emploi, même s’ils ont des économies, de nouveaux arrivants se heurtent à des refus catégoriques lorsqu’ils tentent de louer des logements. Des familles proposent de payer des mois de loyer, parfois de 6 à 12 mois d’avance, pour avoir accès à un logement.

Maïmouna Bella Sane est arrivée en Ontario au mois de juin, avec son fils et son époux. Elle a payé 16 800 $ de loyer d’avance pour un bail d’un an.

Durant des semaines, de nombreuses offres de location ont été refusées à l’agent immobilier représentant la famille de Mme Sane. On nous disait non chaque fois, explique-t-elle. J’étais complètement stressée. Il y a des jours où j’avais envie de repartir en France, ajoute-t-elle.

Mais les choses se sont arrangées. Dès qu’on a proposé de payer 12 mois de loyer d’avance, ça a été vite un oui.

Depuis, la mère de famille sent un poids en moins sur ses épaules. Résignée, elle explique qu’il fallait rassurer les propriétaires.

Pour obtenir son permis de vacances-travail auprès d’Immigration et Citoyenneté Canada, Mme Sane ne devait justifier que 2500 dollars comme preuve de fonds pour les trois premiers mois.

Pour ceux qui s’établissent en tant que travailleurs qualifiés avec une famille de trois personnes, le gouvernement fédéral requiert 20 371 $ comme preuve de fonds.

Exigences relatives aux preuves de fonds

Nombre de membres dans la familleFond requis (en dollars canadiens)
113 310 $
216 570 $
320 371 $
424 733 $
528 052 $
631 638 $
735 224 $
Au-delà de 7, la famille doit jouter pour chaque membre supplémentaire3 586 $

Source : Immigration et Citoyenneté Canada.

Dans la région de York, Gildas Alladaye et sa famille, originaires du Cameroun, sont arrivés en Ontario il y a deux mois. M. Alladaye a également eu beaucoup de mal à louer un logement. Des propriétaires exigeaient [un bail de] 12 mois ou rien, affirme le père de famille. Pour inciter les propriétaires à me répondre [positivement], j’étais obligé de leur proposer quatre à six mois de loyer d’avance, ajoute-t-il.

Il explique que la situation a eu un effet sur sa santé mentale. Ça m’a touché psychologiquement. J’ai eu des nuits blanches, confie-t-il.

Un homme debout à l'extérieur dans un parc, un jour d'automne.

Thomas Delespierre est le fondateur de Tomadel, une entreprise qui aide à la location, l’achat, la vente et la valorisation de l’immobilier. Photo : Radio-Canada/Dean Gariepy

Thomas Delespierre, agent immobilier à Toronto, explique qu’il est illégal pour un propriétaire d’imposer des mois de loyer d’avance à un locataire potentiel. En revanche, il n’est pas illégal, en tant que locataire, de proposer de payer des mois de loyer d’avance. Ça doit vraiment venir des locataires et pas des propriétaires, souligne-t-il.

« La vérité, c’est que si un locataire ne le fait pas et qu’il n’a pas un dossier extrêmement fort […] au bout de la troisième, de la quatrième offre qui est rejetée […] s’il veut être compétitif, il offre lui-même de payer des loyers d’avance. »— Une citation de  Thomas Delespierre, agent immobilier

L’Association des francophones de la région de York (AFRY) observe aussi les difficultés de sa communauté par rapport au logement. Son directeur général, Jean Grenier Godard, affirme que les demandes illégales de paiement de loyer d’avance des propriétaires sont courantes dans la région de York. Les propriétaires sont très frileux et demandent beaucoup de garanties, dit-il.

« Si l’on arrive et qu’on n’a pas les moyens financiers de payer six mois de loyer d’un coup au minimum, ça va être très compliqué. »— Une citation de  Jean Grenier Godard, directeur général de l’Association des francophones de la région de York

Rose-Marie Nguyen, travailleuse sociale en établissement pour l’AFRY, explique qu’il est encore plus compliqué pour les familles que pour les personnes seules d’obtenir un bail. Des familles avec des enfants sont discriminées, affirme-t-elle. Ce n’est écrit nulle part sur les sites Internet, mais quand vous dites qu’il y a des enfants […] on ne peut pas louer.

En effet, Gildas Alladaye raconte que certains propriétaires ont refusé de lui louer un appartement pour les mêmes raisons. Ils m’ont dit : « Nous, on n’accepte pas les enfants. »

En Ontario, il est illégal de refuser l’accès à un logement à des familles avec enfants.

La crise du logement peut freiner un nouvel arrivant

Puiser une grande part de ses économies pour payer son loyer d’avance peut aussi pousser un nouvel arrivant à repenser son installation au Canada. C’est le cas de Yasmine Malek Menasria, qui, au bout de ses péripéties, retourne dans son pays natal, l’Algérie.

Yasmine Malek Menasria porte un casque d'écoute et sourit à la caméra. En arrière-plan, un mur et un rideau forment un écran.

Mme Menasria espère revenir pour s’établir en Ontario. Photo: Radio-Canada

Mme Menasria a eu du mal à louer un logement dans la région de York lorsqu’elle avait un statut de résidente temporaire. Ce n’est peut-être pas de la discrimination, mais en quelque sorte la discrimination de statut de quelqu’un.

« Des propriétaires […] demandaient l’historique de crédit ou bien un an de loyer d’avance. […] Finalement, j’ai dit : « On peut vous payer juste six mois et le reste en chèques postdatés. » »— Une citation de  Yasmine Malek Menasria, Algérie

À la suite de ce compromis, la famille de trois personnes a pu s’installer un certain temps à Vaughan. Financièrement, entre autres, la situation s’est corsée, et Mme Menasria et sa famille ont dû rebrousser chemin vers l’Algérie. On a tout abandonné. On a vendu tous nos meubles, bradés.

Mme Menasria a tenté de rester stoïque, mais sa santé mentale en a pris un coup. Je suis passée par un épisode de dépression quand je suis rentrée, parce que c’était un futur qui a été imaginé, confie-t-elle.

« Autant j’étais sûre de moi, de mes compétences, de mes projets, de mes ambitions, autant maintenant j’ai peur de faire quoi que ce soit, en fait.  »— Une citation de  Yasmine Malek Menasria, Algérie

Mme Menasria souhaite qu’Immigration et Citoyenneté Canada informe davantage les nouveaux arrivants. Ce serait bien d’être informés sur nos droits au logement avant d’arriver au Canada, comme ils le font pour les permis de travail, dit-elle.

La famille de Mme Menasria se prépare à revenir au Canada l’an prochain, mieux outillée face à ce qui l’attend. Toutefois, la mère de famille admet avoir encore des appréhensions.

Avec Radio-Canada

Sénégal : Macky Sall baisse le loyer et les prix des denrées

novembre 6, 2022

Le président sénégalais Macky Sall a annoncé dimanche 6 novembre une baisse du loyer, en hausse de « plus de 200% » en huit ans, ainsi que des prix de denrées pour soulager les ménages confrontés à une inflation galopante.

Le président sénégalais Macky Sall, en mai 2021 à Paris. © Stephane Lemouton/POOL/REA

Le président Macky Sall a annoncé à la télévision publique des mesures de baisse relatives au logement, au riz, à l’huile, au sucre ou encore aux fournitures scolaires. Cette décision a été prise à l’issue d’une rencontre sur la consommation samedi soir à Dakar, en présence des commerçants et des industriels, et alors que la période post-covid et la guerre en Ukraine ont renchéri le coût de nombreux produits.

La baisse est de 5% pour les loyers de plus de 500 000 FCFA (750 euros), de 10% pour ceux allant de 300 000 FCFA (457 euros) à 500 000 FCFA et de 20% pour ceux inférieurs ou égaux à 300 000 FCFA. Cette dernière catégorie concerne la plus grande partie des ménages au Sénégal, où le salaire minimum est d’environ 75 euros.

« Les loyers ont augmenté de plus de 200% »

Le coût élevé du loyer se fait particulièrement sentir à Dakar. La capitale sénégalaise, où manquent des milliers de logements, abrite près de quatre millions d’habitants, soit près du quart de la population sénégalaise, estimée à plus de 17 millions d’habitants.

« Les loyers ont augmenté de plus de 200% depuis la dernière tentative de baisse (en 2014) alors que les coûts de la construction n’ont évolué que de l’ordre 45% », a déclaré à la presse Macky Sall.

En 2014, le Parlement sénégalais avait adopté une loi pour alléger les charges des locataires les pauvres. Le texte mettait en place une réduction obligatoire de 29% des loyers inférieurs à 150 000 francs CFA (227 euros). Mais elle n’avait pas été suivie de l’effet escompté.

« Des arrêtés seront pris et les prix seront appliqués d’ici mercredi ou jeudi », a déclaré dimanche le ministre du Commerce Abdou Karim Fofana sur la radio privée RFM.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Dormir chez Leonardo DiCaprio, c’est possible

août 1, 2022

L’acteur hollywoodien arrondit ses revenus en proposant à la location son manoir de 430 m2 à Beverly Hills. Loyer ? 32 000 euros, selfie non compris.

Leonardo DiCaprio, le 5 decembre 2021.
Leonardo DiCaprio, le 5 décembre 2021.© IMAGE PRESS AGENCY / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Si vous êtes fan de DiCaprio, vous pouvez vous offrir une part de rêve hollywoodien en louant une de ses propriétés californiennes… À condition d’avoir les moyens : l’acteur de Once Upon a Time in Hollywood vient de mettre en location son manoir de Beverly Hills pour 32 500 dollars par mois, soit pratiquement 32 000 euros, indique le site Dirt, spécialisé dans l’immobilier, qui met en ligne des photos pour faire le tour du propriétaire.

Rien de bien ostentatoire en vérité : la villa cossue sur deux étages ressemble plus à un pavillon de banlieue chic qu’au manoir opulent d’une star internationale. Construite dans les années 1930, elle présente quatre chambres avec salle de bains, dont une très grande suite avec un dressing particulier et une grande salle d’eau en marbre, une maison d’hôtes avec son propre patio, le tout sur 430 m2 de surface habitable avec une modeste piscine et un jardin très réduit. Un peu cher finalement, mais c’est le prix à payer pour crâner sur Instagram – attention, le selfie avec DiCaprio n’est pas compris… Il faut dire que l’acteur n’y a sans doute jamais mis les pieds : il l’avait achetée pour près de 10 millions de dollars avant de la rénover entièrement pour la mettre sur le marché.

Roi du Monopoly

Ce n’est pas la première fois que DiCaprio propose en location un de ses biens. Il y a une dizaine d’années, on pouvait ainsi louer sa villa de Malibu avec vue imprenable sur le Pacifique pour 75 000 dollars par mois… Depuis le début de sa carrière, l’acteur du Loup de Wall Street a ainsi pris l’habitude d’investir ses cachets en grande partie dans l’immobilier, achetant puis revendant ses biens comme au Monopoly. Il est ainsi propriétaire de plusieurs autres villas à Los Angeles, dont une à Los Feliz et une grande propriété dans le très recherché quartier de Bird Streets, mais aussi d’un manoir à Palm Springs, de plusieurs appartements luxueux à New York et d’un ensemble de villas écolos, alimentées par des panneaux solaires, sur une île de 43 hectares achetée au Belize. Une façon pour lui de consolider sa fortune tout en brouillant les pistes sur sa véritable résidence principale – sachant qu’il bouge beaucoup en raison de ses nombreux tournages.

À la tête d’une fortune estimée à plus de 200 millions de dollars, DiCaprio s’est toujours montré habile en affaires et évite de placer tous ses œufs dans le même panier… Outre l’immobilier, il a également investi dans le secteur alimentaire du futur en pariant sur la viande artificielle – fabriquée à partir de cellules animales – et dans la production de burgers, saucisses et boulettes à base de produits végétaux. Il vient également de mettre un pied dans le champagne en prenant des parts dans la maison Telmont, qui vise une production 100 % bio d’ici une dizaine d’années. De quoi allier business et militantisme écolo, la marotte de l’acteur.

Avec Le Point par Marc Fourny

Canada-Québec/Loyers à 500 $ : Legault se dit « très connecté sur la réalité »

avril 29, 2021

Le premier ministre François Legault assure qu’il sait que les Québécois paient des prix de plus en plus élevés pour leurs loyers, mais refuse tout de même de qualifier ce problème de crise du logement.

Le premier ministre Legault est revenu sur les propos qu'il avait tenu mercredi lors d'une étude de crédits.

© Paul Chiasson/La Presse canadienne Le premier ministre Legault est revenu sur les propos qu’il avait tenu mercredi lors d’une étude de crédits.

Il reconnaît cependant «qu’on a une pénurie de logements abordables» dans cinq ou six grandes villes du Québec.

«La crise qu’on vit actuellement, c’est la pandémie», a-t-il lancé jeudi en conférence de presse organisée pour revenir sur les propos qu’il a tenus mercredi lors de l’étude des crédits du ministère du Conseil exécutif.

Longuement questionné par les partis d’opposition sur les dépenses de son gouvernement, le premier ministre Legault avait alors affirmé qu’il n’y a pas techniquement de crise du logement actuellement au Québec.

Interrogé par la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, sur le prix d’un logement actuellement à Montréal, François Legault avait répondu : «Écoutez, ça dépend de la grandeur du logement, mais je dirais… ça peut peut-être commencer à 500 ou 600 $ par mois…. assez rapidement monter à 1000 $ par mois».

Revenant sur ses propos jeudi matin, le premier ministre affirme maintenant qu’il ne parlait pas à ce moment-là du prix total des logements, mais plutôt, répondant à la question de Mme Massé, de ce qu’un étudiant paie par mois pour son loyer.

«C’était très clair dans la question de Manon Massé, elle parlait des 250 000 étudiants qui vont revenir en présentiel cet automne», s’est défendu M. Legault.

«J’ai même ajouté que plusieurs étudiants se mettent à trois ou quatre pour vivre ensemble. Je parlais du prix minimum payé par étudiant, pas du prix moyen d’un loyer ou de ce qui est payé par une famille», a-t-il assuré.

Le premier ministre dit être au courant que «le loyer médian» est de 1300 $.

Mais bien qu’il jure être très conscient que le coût actuel du logement puisse être exorbitant pour certains, il rejette l’idée d’un gel des loyers pour 2021, comme le propose Québec solidaire. Il privilégie plutôt l’aide gouvernementale directe aux personnes incapables de se trouver un loyer, pour les aider à en payer une partie.

«Pensez deux minutes aux propriétaires. Si on gèle les loyers, il va se construire moins de logements», explique-t-il.

M. Legault ne prévoit pas non plus de rendre plus sévères les règles qui régissent les propriétaires de logements. «On a déjà la Régie du logement et ses mécanismes, qui n’existent pas dans d’autres provinces», fait-il valoir.

Selon lui, le Québec a connu une crise du logement au début des années 2000, avec un taux d’inoccupation des loyers de moins de 1 %, mais il croit qu’avec le taux actuel de 2,5 %, on ne peut plus parler de crise.

Il reproche au précédent gouvernement libéral de n’avoir «rien fait pendant plusieurs années» pour éviter que les loyers atteignent des prix aussi élevés.

Il insiste également sur le fait que la pandémie a eu un effet à la hausse sur le prix de l’immobilier. «Le prix a monté. Les gens n’ont pas voyagé, ils ont de l’épargne de disponible. Ils sont prêts à payer plus cher pour des maisons, pour des condos, donc ça a créé un manque encore plus grand», note-t-il.

Avec La Presse canadienne par Isabelle Maltais