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France: Crash historique pour Pécresse et la droite traditionnelle

avril 10, 2022
Crash historique pour Pécresse et la droite traditionnelle© AFP/Nassim GOMRI, Chloe ROUVEYROLLES-BAZIRE

La droite traditionnelle a connu un crash historique dimanche au premier tour de la présidentielle, Valérie Pécresse tombant à environ 5 % des voix selon les estimations, ce qui complique l’avenir des Républicains, forcés à la refondation sous peine de disparaître.

« Séisme », « claque »… la défaite était attendue mais jamais les cadres LR n’auraient pu imaginer tomber autour, voire sous les 5 % permettant le remboursement de frais de campagne.

Pire, la candidate LR arrive derrière Eric Zemmour — un camouflet pour l’équipe qui espérait encore, il y a quelques jours, sauver les meubles avec un score au dessus de 10 %.

A l’annonce des résultats, un grand gémissement a parcouru le public d’élus et sympathisants LR rassemblés à la Maison de la chimie à Paris.

« C’est une déception personnelle et collective », a déclaré Valérie Pécresse, qui, rappelant « (son) engagement contre les extrêmes », a aussitôt annoncé qu’elle voterait « en conscience » pour Emmanuel Macron au deuxième tour.

C’est la deuxième fois que le principal parti de droite échoue à franchir le premier tour de la présidentielle: en 2017, François Fillon avait fait 20 %, ce qui était alors le plus mauvais score d’un candidat de droite à la présidentielle.

Depuis, LR a vécu un nouveau traumatisme avec les 8,5 % de François-Xavier Bellamy aux européennes de 2019.

Dimanche, le parti a semblé toucher le fond.

« La droite républicaine vient de mourir sous la forme qu’on lui a jusqu’à présent connue » a tweeté le maire de Chalon-sur-Saône Gilles Platret, pour qui « tout est à rebâtir ».

Créditée de 17-18 % des voix en janvier, Valérie Pécresse apparaissait alors capable de se qualifier pour le second tour. Mais elle n’a cessé de baisser ensuite, plombée par son meeting raté du 13 février au Zénith et la guerre en Ukraine avec laquelle elle a pâti d’un « effet drapeau ».

« Renouvellement »

Les raisons de la défaite étaient anticipées. Grignotés sur leur droite par Eric Zemmour, Les Républicains ont également souffert de la fuite de l’électorat modéré vers Emmanuel Macron qui a su s’inspirer des thématiques de LR.

Valérie Pécresse a aussi payé le silence de Nicolas Sarkozy, largement interprété comme un soutien tacite au président sortant.

« Ce n’est pas la défaite de la droite mais celle d’une candidate », estimait dimanche le sénateur Stéphane Le Rudulier.

A cela a pu s’ajouter, au fur et à mesure que Marine Le Pen montait dans les sondages, un réflexe de « vote utile » qui a achevé de déporter les électeurs modérés sur Emmanuel Macron.

Mais plus profondément « on a payé une forme de non-renouvellement idéologique », affirmait dimanche le député souverainiste Julien Aubert en déplorant « les guerres du passé » qui ont continué à jouer.

L’approche du second tour risque d’achever la scission autour de la douloureuse question de la consigne de vote.

Dès dimanche soir, Eric Ciotti a refusé de donner toute consigne, estimant qu’il ne se « reconnaissait pas » dans la candidature d’Emmanuel Macron. Mais le patron des députés LR Damien Abad a annoncé qu’il voterait pour le chef de l’Etat.

L’avenir s’annonce aussi très compliqué pour le parti.

« Aujourd’hui les LR, à force de vouloir être le centre et la droite, sont menacés de n’être presque rien », affirmait M. Aubert.

« Les lâches vont partir d’un côté ou de l’autre, qu’ils partent. Aux autres de remonter un message politique », estimait pour sa part le secrétaire général du parti Aurélien Pradié.

Même son de cloche du côté des militants: « La droite traditionnelle est cramée pour un bon bout de temps, à moins qu’un leadership émerge. Ça va être dur de revenir en politique en France ?, estimait Hervé Cadoret, 62 ans.

Très vite va se poser la question des législatives, les 12 et 19 juin, et du moyen de préserver la centaine de sièges détenus par LR.

Jean-François Copé a plaidé dimanche pour que Macron associe la droite à « un nouveau pacte gouvernemental ». Mais d’autres n’accepteront jamais un tel compromis, au risque de radicaliser le parti.

Le comité stratégique de LR et les députés se réuniront dès lundi pour discuter de l’après.

Par Le Point avec AFP

France-Présidentielle: dans le fief de Ciotti, Pécresse clame « l’unité »

décembre 6, 2021
Presidentielle: dans le fief de Ciotti, Pecresse clame "l'unite"
Présidentielle: dans le fief de Ciotti, Pécresse clame « l’unité »© AFP/Christophe SIMON

« Maintenant, c’est le temps de l’unité ! »: Valérie Pécresse a multiplié les signes de rassemblement lundi dans les Alpes-Maritimes lors de son premier déplacement de candidate à la présidentielle, dans le fief d’Eric Ciotti à qui elle a promis une « place singulière » dans sa campagne.

« Ici commence une campagne d’espoir, avec un pilier: Éric Ciotti », a lancé lors d’une réunion publique la candidate qui vient de gagner (avec 61 % des voix) la primaire LR.

Eric Ciotti a de son côté martelé son « total et entier soutien » en l’assurant: « Je suis convaincu que Valérie Pécresse va remporter la présidentielle » en avril 2022.

Ces soutiens réciproques intervenaient au terme d’une journée où les deux rivaux du second tour de la primaire ont multiplié les signes de concorde: accueil de Valérie Pécresse par Eric Ciotti à l’aéroport, déjeuner privé dans un restaurant cossu de Nice, avant un long trajet dans la même voiture jusqu’au village d’enfance d’Eric Ciotti, à Saint-Martin-Vésubie.

Après un dépôt de gerbe au monument aux morts de ce village reconnu comme « Juste parmi les Nations » pour avoir protégé des juifs pendant l’Occupation et sinistré par la tempête Alex de 2020, tous deux ont fini la journée par un discours dans l’air glacial de la fin d’après-midi, occasion de mettre les pendules à l’heure de l’unité après le coup de chaud du week-end.

Fort de ses 39 % au congrès et comptant bien voir ses valeurs de droite représentées dans la campagne, Eric Ciotti avait reproché dimanche à Valérie Pécresse de ne pas envoyer un « bon message » aux électeurs. En cause: une interview où la candidate refusait de reprendre certaines de ses propositions, comme la création d’un « Guantanamo à la française ».

Lundi, l’heure était à l’explication: « Il va plus loin que moi sur certains thèmes, je vais regarder si mon projet peut être pimenté par un certain nombre de suggestions », a assuré la présidente de la région Ile-de-France, « notamment sur la transmission des patrimoines » où le député veut une exonération totale des successions.

« Je sais à quel point la victoire d’un Jacques Chirac ou d’un Nicolas Sarkozy doit à cette droite forte qui s’est toujours tenue à côté des grands candidats gaullistes », a-t-elle ajouté, en promettant une « place singulière » au très droitier président de la fédération LR ds Alpes-Maritimes.

« Une cheffe »

Eric Ciotti sera donc un « pilier » de la campagne, a expliqué la candidate, sans aller jusqu’au « tandem » espéré par le finaliste de la primaire. Car « dans le parti gaulliste, il y a un chef, en l’occurrence une cheffe » et à côté « des personnalités » qui portent « des valeurs très fortes », a-t-elle affirmé.

« Je serai totalement à ses côtés », a promis Eric Ciotti, en répétant sa conviction que « pour gagner, Valérie Pécresse aura besoin de ces valeurs d’autorité, d’identité, de liberté que nous avons défendues ensemble ».

Car dans cette bataille Valérie Pécresse aura fort à faire, alors qu’Eric Zemmour a fait une entrée fracassante dans la course à l’Elysée, avec dans le viseur l’aile droite de LR – il n’a pas manqué dimanche lors de son meeting à Villepinte de leur tendre la main.

Dans la foulée, l’ex-numéro deux de LR Guillaume Peltier a jeté le trouble dans un tweet où il s’est demandé « comment rester insensible au discours pour la France d’Eric Zemmour ».

Le défi, pour Valérie Pécresse, sera d’entendre cette demande tout en convainquant aussi le centre-droit passé ou tenté par la macronie.

« Il faut qu’elle trouve une place à Eric Ciotti sans qu’il croie qu’il l’a remplacée », expliquait dimanche le politologue Pascal Perrineau, pour qui « avec un Eric Zemmour fragilisé, Ciotti peut servir d’aimant pour ramener les brebis au bercail ».

Pour poursuivre cette semaine dédiée au « rassemblement », Valérie Pécresse rendra visite à chacun de ses concurrents battus: Philippe Juvin mardi, Michel Barnier en Savoie jeudi et Xavier Bertrand vendredi dans les Hauts-de-France. Elle sera aussi mardi auprès des parlementaires LR au siège du parti à Paris.

Par avec Le Point avec AFP

France: La droite choisit son candidat à la présidentielle

décembre 1, 2021
La droite choisit son candidat a la presidentielle
La droite choisit son candidat à la présidentielle© AFP/JULIEN DE ROSA

Les adhérents des Républicains ont commencé à voter mercredi pour désigner leur candidat à la présidentielle, ouvrant un scrutin de quatre jours qui s’annonce serré.

Michel BarnierXavier BertrandEric CiottiValérie Pécresse et l’outsider Philippe Juvin se présentent à ce congrès de LR, dont le vainqueur sera connu samedi à 14H30, à l’issue d’un scrutin à deux tours.

A midi mercredi, la participation atteignait 25,4 %, selon le parti. Michel Barnier, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont posté sur les réseaux sociaux des photos d’eux en train de voter lors du scrutin électronique.

Le premier tour s’achèvera jeudi à 14H00. Le second opposant les deux finalistes aura lieu de vendredi 08H00 à samedi 14H00. La majorité des fédérations ont aussi un point de vote physique en soutien. Une conférence de presse suivra à chaque fois.

A la permanence de Pegomas (Alpes-Maritimes), plusieurs adhérents étaient venus voter dès mercredi matin, comme Paul Zotier qui « ne dispose toujours pas d’Internet » chez lui. « C’est vrai qu’il y avait pas beaucoup de différence » entre les candidats, « cela a été très difficile, j’y ai pensé hier puis toute la nuit, ce (mercredi) matin j’ai pris la décision de celui que je pense être le meilleur », dit à l’AFP Henri Formica.

Côté pratique, le parti a tout fait pour sécuriser le processus, confié à la plateforme Neovote: « Chaque électeur doit fournir un numéro de portable, une adresse mail et une adresse postale pour pouvoir voter », selon le président de LR Christian Jacob.

Le vote s’annonce très ouvert, chacun des quatre « gros » candidats pouvant prétendre au second tour, d’autant que l’approche du congrès a attiré de nouveaux adhérents.

Au total, 140.000 personnes pourront voter, très loin des quelque 4 millions d’électeurs de 2016, mais il s’agissait alors d’une primaire ouverte où chacun, moyennant 2 euros et une profession de foi, pouvait voter.

Avant la fin de la campagne officielle, mardi soir, les candidats avaient eu une dernière occasion d’exposer leurs programmes lors d’un débat télévisé et de tenter de faire oublier l’irruption d’Eric Zemmour dans la campagne.

« Il n’a pas la stature pour rassembler les Français », a lancé Xavier Bertrand, tandis que Michel Barnier estimait qu' »il faut du sérieux, de la dignité, du respect ». Valérie Pécresse a raillé la « fébrilité » du polémiste d’extrême droite, qu’elle oppose à une droite « de retour ».

Distancés par Macron et l’extrême droite

Si cette candidature d’Eric Zemmour n’est pas une surprise, la date semble avoir été choisie à dessein pour parasiter le scrutin LR, d’autant que le candidat identitaire tiendra un meeting dimanche au Zénith, au lendemain des résultats du congrès.

LR doit aussi convaincre alors qu’une partie de son électorat pourrait être tentée par la macronie: mercredi, le maire de Nice Christian Estrosi, qui a claqué la porte du parti en mai, a rejoint Horizons, le mouvement de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe (ex-LR lui aussi). C’est « la seule organisation » pouvant « légitimement revendiquer l’héritage du RPR, de l’UMP et des Républicains », s’est justifié M. Estrosi.

LR reste distancé dans les sondages par Emmanuel Macron et l’extrême droite, mais espère qu’une dynamique s’enclenchera une fois son candidat désigné.

A l’approche du scrutin, les réunions publiques, interviews et annonces de soutien se sont multipliées, chacun jetant ses dernières forces dans la bataille pour tenter de convaincre les indécis, en jouant chacun sa carte: rassemblement pour Xavier Bertrand, compétence pour Valérie Pécresse, sérieux pour Michel Barnier, rupture pour Eric Ciotti…

Le quatrième et dernier débat a aussi été l’occasion de parler de leur programme au-delà de l’immigration et de l’insécurité qui ont dominé la campagne.

Pas de différences « insurmontables »

Michel Barnier a ainsi prôné une « grande politique familiale », Xavier Bertrand une aide au logement pour les soignants en zone tendue, Valérie Pécresse le recrutement de 25.000 soignants, et Philippe Juvin l’obligation de passer un an dans les déserts médicaux.

« Il y a peut être des différences entre nous mais rien n’est insurmontable », a affirmé Michel Barnier, qui a toutefois critiqué plusieurs propositions de Valérie Pécresse.

Les candidats sont astreints au silence jusqu’à l’annonce des résultats jeudi. Ils devront de nouveau se mettre en retrait jeudi à 23H59, jusqu’à ce que le nom du vainqueur soit dévoilé samedi.

Par Le Point avec AFP

France-Présidentielle : Valérie Pécresse va reprendre sa carte à LR

octobre 14, 2021

EXCLUSIF. Candidate à l’investiture de LR, la présidente de la région Île-de-France annonce au « Point » qu’elle réadhère au parti qu’elle a quitté en 2019.

Valerie Pecresse avait quitte LR en 2019. Elle reprend aujourd'hui sa carte.
Valérie Pécresse avait quitté LR en 2019. Elle reprend aujourd’hui sa carte.© PASCAL GUYOT / AFP

Selon nos informations, Valérie Pécresse a décidé de reprendre sa carte des Républicains, dont elle sollicite l’investiture pour la présidentielle d’avril. Et ce, contrairement à son principal compétiteur Xavier Bertrand, qui a fait savoir qu’il ne réadhérerait pas à son ancienne famille politique. « Je vais adhérer à nouveau aux Républicains. C’est la conséquence logique du fait que j’ai accepté depuis le début de jouer collectif. C’est une question de cohérence », annonce à notre journal Valérie Pécresse, qui va officialiser ce choix ce jeudi soir à l’occasion d’une réunion publique à Dijon (Côte-d’Or).

Elle en a informé le patron des Républicains Christian Jacob dans la journée. L’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, puis du Budget, avait quitté LR le 5 juin 2019 après le naufrage des européennes (8,5 % des voix) et la démission consécutive de Laurent Wauquiez. Elle avait alors affiché sa volonté de « refonder la droite, menacée d’extinction », mais de « l’extérieur », aux commandes de son propre mouvement (Libres !).

« Notre objectif, c’est, ensemble, de battre Emmanuel Macron »

« Aujourd’hui, je demande à tous les membres de Libres !, qui partagent comme moi les valeurs de la droite, d’adhérer à LR pour construire ensemble le parti de la reconquête et de l’alternance. Et cette ligne, je me l’applique à moi-même. Notre objectif, c’est, ensemble, de battre Emmanuel Macron », poursuit Valérie Pécresse, contactée par Le Point.

En début de semaine, le président de la région des Hauts-de-France a pour sa part accepté de participer au congrès de LR mais écarté l’idée de revenir dans le giron du parti, s’attirant de fortes critiques en interne. « C’est un bras d’honneur aux militants ! Il réclame l’investiture du parti, son soutien financier mais il ne veut pas prendre la carte ! », s’insurge un cadre LR. Xavier Bertrand se considère lié par sa promesse : en claquant la porte en décembre 2017, il avait indiqué que sa décision était « définitive ». Selon les règles édictées pour le congrès du 4 décembre, qui doit départager les six candidats en lice (sous réserve qu’ils obtiennent 250 parrainages d’élus), rien n’oblige en théorie Pécresse et Bertrand à reprendre leur carte pour candidater. Mais le geste se veut éminemment symbolique.

Avec Le Point par Nathalie Schusk

France-Xavier Bertrand : «Oui, je participerai au Congrès des Républicains»

octobre 11, 2021

Invité du 20 heures du JT de TF1, lundi, le candidat à l’élection présidentielle a enfin levé le voile sur sa participation au Congrès LR du 4 décembre.

Fin du suspense. Après avoir longtemps laissé planer le doute quant à sa venue ou non au Congrès des Républicains, le 4 décembre prochain, Xavier Bertrand a enfin annoncé sa décision.

« Oui, je participerai à ce congrès, parce que les Républicains ont écarté la primaire », a ainsi déclaré le candidat à l’élection présidentielle de 2022 au JT de TF1, lundi 11 octobre. « La solution de facilité, c’était de faire cavalier seul », a ajouté le président de la région des Hauts-de-France, avant d’expliquer que finalement, il n’a pas souhaité « faire ce choix car dans [son] ADN, il y a le rassemblement et il y a l’union ».

« Le plus tôt sera le mieux »

Il se soumettra donc bel et bien au vote des militants du parti. « J’avais dit mon opposition à la primaire, qui était source de division, les militants et les adhérents ont entendu ce message. Christian Jacob leur a donné la parole, et ils ont clairement écarte cette primaire, et je les en remercie », a également estimé Xavier Bertrand.

A ses yeux, et malgré ses prises de position précédentes semblant mettre sous pression les autres candidats de sa famille politique, « ce congrès est la solution la plus rapide pour désigner le candidat de la droite et du centre », a-t-il fait savoir. Quant à la date fixée au 4 décembre, Xavier Bertrand reconnaît que, pour lui, « le plus tôt sera le mieux ».

« J’ai deux certitudes : divisés, on est sûrs de perdre; rassemblés, on peut gagner, et je veux gagner », a également martelé le candidat à l’élection présidentielle. « J’ai la conviction que ce sont les solutions de la droite et du centre qui permettront de remettre le pays sur pied ». « Je veux rassembler l’ensemble des Français, alors il faut que je commence par ma famille politique », a-t-il également expliqué. Lui qui a toujours affiché son refus de participer à une quelconque primaire, peu importe sa forme

Avec Le Point

France: Pécresse officialise à son tour sa candidature pour 2022

juillet 22, 2021
Pecresse officialise a son tour sa candidature pour 2022
Pécresse officialise à son tour sa candidature pour 2022© AFP/Archives/JOEL SAGET

Valérie Pécresse, fraîchement réélue à la tête de l’Ile-de-France, s’est lancée jeudi à son tour dans la course à la présidentielle à droite, une façon de ne pas laisser Xavier Bertrand occuper seul le terrain pendant l’été.

L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy se présente à l’élection présidentielle pour « restaurer la fierté française », a-t-elle dit jeudi dans un entretien au Figaro et le soir sur TF1.

Défendant une droite « ferme sur le régalien, laïque mais aussi écologiste, libérale, pro-entreprise, féministe et sociale », Valérie Pécresse avait pris ses distances avec LR dès 2017 en créant le mouvement Libres !, en opposition au président du parti de l’époque, Laurent Wauquiez, jugé trop populiste.

« Je ne supporte plus qu’on parle au lieu d’agir », affirme l’ex-LR, désireuse de « rompre avec 10 ans de mauvais choix, de demi-mesures, d’indécisions, et en fin de compte l’affaissement de notre pays ».

La candidate à l’Elysée, qui vient d’avoir 54 ans, dit vouloir « faire plutôt que chercher à plaire », après un quinquennat « avec très peu de réformes », et vouloir « remettre le pays en ordre », précisant qu’elle allait maintenant parcourir le pays pendant l’été.

« Sur la sécurité, sur l’ordre sur la justice sur l’immigration, le +en même temps+ ça ne marche pas », a-t-elle affirmé sur TF1 en se présentant comme « plus réformatrice qu’Emmanuel Macron » et ayant « plus d’autorité que Marine Le Pen ».

Réélue en juin à la tête de l’Ile-de-France, elle est la deuxième prétendante à officialiser sa candidature à droite, après son homologue des Hauts-de-France Xavier Bertrand, lui aussi ex-LR, fin mars.

« Equipe »

« Personne ne gagnera la présidentielle 2022 seul. On ne peut gagner qu’avec une équipe rassemblée », a prévenu dans un tweet le président de LR Christian Jacob qui avait réuni mardi Mme Pécresse et quatre autres candidats putatifs à la présidentielle.

Tous étaient convenus d’une « candidature unique » de leur camp pour 2022, alors que Xavier Bertrand, absent de cette rencontre, refuse à ce stade de participer à une primaire. Il entend se poser en rassembleur de sa famille politique, au risque d’un bras de fer avec son ancien parti.

Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui avait lui fait acte de candidature pour une primaire à droite, a salué dans la candidature de Mme Pécresse un « signe de la vitalité de la droite ». « La primaire est désormais une évidence », a-t-il tweeté.

« La compétition est toujours saine à condition bien sûr qu’à la fin il n’y ait qu’un seul candidat », a affirmé son homologue à l’Assemblée Damien Abad, qui soutient Xavier Bertrand, redisant ne pas vouloir être « pris en otage par une double candidature ».

M. Abad est réservé sur la primaire, synonyme pour la direction du parti de « machine à perdre ».

« L’heure des femmes »

Valérie Pécresse, pour qui la primaire est au contraire la « seule solution démocratique », affirme au Figaro qu’elle n’en a « pas peur » et « fera tout pour gagner et rassembler ». « Je suis vaccinée contre les divisions de la droite » qui « nous ont fait suffisamment souffrir », a-t-elle dit sur TF1.

Elle avait déjà promis de faire « entendre (sa) voix » au cours de l’été. « L’heure des femmes est venue », avait-elle affirmé dans La Provence début juillet.

Florence Portelli, vice-présidente d’Ile-de-France et soutien de la candidate, a affirmé sur BFMTV que Mme Pécresse était candidate « quoi qu’il arrive » et a fait valoir qu’une femme pouvait accéder à la « tête du pays » et pas seulement être Premier ministre.

Valérie Pécresse a fait son annonce juste après avoir lancé mercredi une grande partie de son programme à la tête de la région. « Toutes les promesses que nous avons faites, il faut les mettre en place très vite », s’est-elle justifiée, accusée par ses opposants de « précipitation ».

Sa candidature à l’Elysée « est la démonstration la plus magistrale » que « la région n’est pour elle qu’un marchepied », a réagi auprès de l’AFP Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, candidat malheureux face à elle aux régionales et conseiller francilien.

« Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui ont respectivement supprimé 12.500 policiers et gendarmes et 5.000 lits d’hôpitaux, se présentent à l’élection présidentielle pour venir contempler l’ampleur des dégâts qu’ils ont commis comme ministres ? » a demandé Jordan Bardella, numéro deux du RN et lui aussi conseiller d’Ile-de-France.

Par Le Point avec AFP

France: Valérie Pécresse redoute un éclatement de LR avec Laurent Vauquiez

septembre 2, 2017

Alors que Laurent Wauquiez brigue la présidence des Républicains, Valérie Pécresse lance son mouvement «Libres!».

Alors que Laurent Wauquiez brigue la présidence des Républicains, Valérie Pécresse lance son mouvement «Libres!». Crédits photo : PHILIPPE HUGUEN/AFP

Dans un entretien ce samedi au Parisien, la présidente de la région Île-de-France déclare «refuser le repli identitaire» de son homologue d’Auvergne-Rhône-Alpes, candidat à la présidence du parti.

Entre les deux présidents de région, la guerre est déclarée. «Je refuse le repli identitaire. Nous devons être fiers de nos valeurs et bien dans notre époque», déclare ce samedi Valérie Pécresse dans une interview au Parisien, évoquant la candidature de Laurent Wauquiez à la présidence du parti Les Républicains, dont elle évoque «le risque» d’un éclatement si le président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes l’emporte.

» Lire aussi – Les confidences de Laurent Wauquiez, l’homme qui va réveiller la droite

À travers ce duel, ce sont deux lignes politiques qui s’affrontent. Alors que Laurent Wauquiez défend une ligne à droite toute et semble actuellement favori, l’ancienne ministre qui a décidé de ne pas se présenter met en garde contre toute «porosité avec le Front national», qu’elle qualifie de «ligne rouge». «Si la droite met les doigts dans cet engrenage-là, ça ne sera plus la droite. Ce ne sera plus ma droite», avertit la présidente de la région Île-de-France, qui explique néanmoins qu’elle veut «rester» dans sa famille politique. Mais, interrogée sur un possible éclatement du parti si Laurent Wauquiez remporte le scrutin interne des 10 et 17 décembre, Valérie Pécresse répond que «le risque existe. Pour le conjurer, on doit assumer nos différences et ne pas chercher à les étouffer».

«Nous devons tirer les leçons de nos deux défaites, celles de 2012 et 2017. À chaque fois, on a eu le réflexe de se recroqueviller vers le noyau dur de la droite», explique Valérie Pécresse, qui se justifie en citant l’ancien président de la République: «Comme le disait lui-même Nicolas Sarkozy: ‘Quand la droite se rétrécit, elle perd. Quand elle s’élargit, elle gagne’». Celle qui se présente comme «gaulliste sociale» dans la droite ligne de Jacques Chirac préconise donc «d’élargir la droite, de l’oxygéner, d’ouvrir les portes et les fenêtres pour redonner une envie de droite aux Français».

Bienveillance critique envers Emmanuel Macron

Valérie Pécresse s’apprête à lancer le 10 septembre son propre mouvement, Libres!, «pour une droite ferme, sociale et réformatrice». «C’est indispensable pour refonder le logiciel de la droite et rester unis, tout en ramenant à nous toutes les bonnes volontés émanant de la société civile», se justifie-t-elle en ajoutant que l’élection à la présidence des Républicains est «prématurée». «La priorité, c’est le travail sur la ligne. Il faut être inventif et créatif, et mon sentiment, c’est qu’on ne peut pas le faire dans un parti», précise-t-elle, faisant allusion au succès électoral d’En marche!: «Depuis dix ans, ce sont les mouvements politiques ouverts à la société civile qui ont apporté les idées neuves»

À propos de la politique du chef de l’État, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy se montre plutôt bienveillante. «Nous l’appelions de nos vœux», lance-t-elle à propos de la réforme du Code du Travail, ajoutant: «Si j’étais parlementaire, je la voterais». «Je reste tout de même sur ma faim, il aurait pu aller plus loin», précise-t-elle néanmoins, citant par exemple la réforme des 35h ou le «relèvement des seuils» qu’elle aurait souhaité pour les PME. Sur Emmanuel Macron lui-même, la présidente de la région Île-de-France se montre plus critique. «J’y ai vu une certaine forme de fatalisme, un aveu d’impuissance ou un prétexte à l’inaction», explique-t-elle à propos de la sentence du président de la République selon laquelle «la France serait irréformable». «Emmanuel Macron paye les ambiguïtés de sa campagne», ajoute-t-elle, estimant qu’«il y a un espoir déçu chez les Français» car «le bilan des trois premiers mois est tout de même bien maigre».