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RD Congo : un véhicule de Moïse Katumbi lui est restitué à Lubumbashi… un signe d’apaisement ?

mars 1, 2017

Moïse Katumbi, alors gouverneur du Katanga, lors d’une visite de la minoterie Africa Milling Congo Company, à Kinsevere, près de Lubumbashi, le 21 février 2015. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

La société Virginika, appartenant à la famille de Moïse Katumbi, a reçu mardi une décision des autorités du Haut-Katanga annonçant la restitution de son véhicule saisi au mois de juillet. Est-ce le début de la fin des ennuis pour l’opposant en exil ?

« Il était dit partout que Moïse Katumbi avait volé un véhicule de l’État et l’avait donné à l’un de ses proches. Huit mois plus tard, la vérité éclate : c’était en fait un gros mensonge », explique à Jeune Afrique un membre de l’entourage de l’opposant, candidat déclaré à la prochaine présidentielle  en RD Congo.

L’affaire remonte au mois de juillet lorsque les nouvelles autorités du Haut-Katanga, dans le sud du pays, décident de saisir le véhicule que l’ancien gouverneur avait cédé à son « chargé d’affaires sociales ». Mais, très vite, « après vérification sur le terrain », la police locale se rend compte que l’engin, immatriculé 15382AK/05, n’appartient pas à l’État mais bien à la société Virginika, propriété de la famille Katumbi.

Un rapport du commissaire provincial est alors envoyé dès le 24 octobre au gouverneur Jean-Claude Kazembe pour l’informer de la situation. Mais ce dernier attendra près deux mois pour accuser réception dans un courrier expédié, mardi 28 février, au numéro un de la police du Haut-Katanga. Dans cette lettre, datant du 13 janvier et dont Jeune Afrique a pu consulter une copie, Jean-Claude Kazembe, se fondant sur le rapport de la police, confirme que le véhicule « est réellement enregistré au nom de la société Virginika ». « En conséquence, je vous autorise à le restituer sans frais à son propriétaire », écrit-il.

Vers un dénouement du cas Katumbi ?

Cette décision présage-t-il un dénouement imminent des autres ennuis de Moïse Katumbi ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il qu’une commission ad hoc mise en place par des évêques catholiques, médiateurs des pourparlers politiques en cours en RD Congo, s’était rendue fin janvier à Lubumbashi pour « recueillir des éléments » sur le cas Katumbi. Son rapport est attendu dans « les prochaines heures », selon une source proche du dossier.

Moïse Katumbi s’était déjà mis Joseph Kabila à dos lorsqu’il s’était prononcé, en décembre 2014, contre un « troisième faux penalty », entendez un troisième mandat du chef de l’État congolais. Depuis, l’ex-gouverneur, devenu l’opposant le plus sérieux face au camp Kabila, s’est attiré les foudres du pouvoir.

Dès le mois de juin 2015, il est ciblé par une plainte pour corruption, fraude et détournement déposée, au nom du président de la République, par Luzolo Bambi, conseiller spécial du chef de l’État en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, le blanchissement de capitaux et le financement du terrorisme. L’affaire fait pschitt, mais le feuilleton judiciaire ne fait que commencer.

Il ne reste plus au régime en place qu’à aller saisir mes chiens, s’offusque Moïse Katumbi

En mai 2016, l’épisode du recrutement présumé des mercenaires étrangers se conclut par une inculpation de Katumbi pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État. Dans la foulée, l’ex-gouverneur du Katanga (aujourd’hui démembré), parvient à quitter le pays pour des raisons de santé.

Derrière lui, une autre affaire aussi rocambolesque est portée devant les instances judiciaires de Lubumbashi. Un Grec l’accuse d’avoir spolié son immeuble. La sentence ne tarde pas à tomber : trois ans de prison ferme à l’encontre de Katumbi qui vit désormais en exil forcé entre Bruxelles, Paris et Londres. « Il ne reste plus au régime en place qu’à aller saisir mes chiens et à dire qu’ils appartiennent à l’État », s’offusque Moïse Katumbi qui ne cesse de dénoncer un « véritable acharnement du pouvoir » à son encontre.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

RD Congo: un opposant accusé d’insulte envers Kabila ressort libre d’une comparution à Lubumbashi

janvier 5, 2017

Lubumbashi (RD Congo) – Un opposant accusé d’avoir insulté le président Joseph Kabila est ressorti libre jeudi du palais de justice de Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, dont les accès ont été bouclés par plusieurs centaines de policiers, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’interrogatoire de l’opposant Antoine-Gabriel Kyungu wa Kumwanza, qui encourt jusqu’à trois ans de prison mais est ressorti libre, a duré 2h30, a constaté l’AFP.

Le parquet de Lubumbashi accuse M. Kyungu d’avoir insulté M. Kabila dans une vidéo réalisée en avril. Le magistrat a projeté le film en présence de l’accusé et de ses avocats, selon une source judiciaire, mais la défense a mis en doute son authenticité et a fait état d’un montage.

L’interrogatoire s’est déroulé dans une grande sérénité, (…) l’innocence de mon client pourra éclater si la justice continue d’adopter cette attitude, a déclaré à l’AFP Hervé Diekesse Kyungu l’un des avocats de la défense.

M. Kyungu est rentré libre chez lui, mais reste à la disposition de la justice pour d’autres interrogatoires.

Près de 400 policiers avaient été déployés autour du palais de Justice de Lubumbashi, deuxième ville de la RDC, où a comparu M. Kyungu.

Une jeep des Forces armées de la RDC (FARDC) avec une douzaine de militaires était postée en face du palais alors que tous les journalistes présents avaient été priés de vider les lieux, une demi-heure après l’arrivée de l’opposant escorté par ses avocats.

A environ 200 mètres du palais de justice, un cordon de sécurité de la police empêchait la progression d’une quarantaine de femmes qui scandaient des slogans hostiles au pouvoir et de soutien à M. Kyungu.

Figure politique de la région et proche de l’opposant en exil Moïse Katumbi, M. Kyungu a notamment occupé les postes de gouverneur de la province du Grand Katanga (divisée en quatre provinces en 2015) dans les années 1990 et de président de l’Assemblée provinciale entre 2006 et juillet 2016.

Il est également le coordonnateur régional dans le sud-est du Rassemblement, coalition d’opposition dirigée par Étienne Tshisekedi, opposant historique en RDC.

Le parti de M. Kyungu est membre du G7, groupe de sept partis passés de la majorité à l’opposition en septembre 2015. Fin mars, le G7 avait demandé à M. Katumbi de se présenter à la présidentielle qui devait se tenir avant la fin de l’année.

A la suite d’un accord passé entre le pouvoir et l’opposition le 31 décembre, cette élection est programmée fin 2017 et M. Kabila, dont le mandat s’est achevé le 20 décembre dans un climat de violence, restera au pouvoir en attendant qu’un successeur lui soit désigné.

Romandie.com avec(©AFP / 05 janvier 2017 16h25)

Violences en RD Congo : bouclage et arrestations à Lubumbashi

décembre 22, 2016

Lubumbashi (RD Congo) – L’armée congolaise a bouclé jeudi matin un quartier de Lubumbashi, où elle a procédé à des arrestations massives d’individus de sexe masculin, ont indiqué à l’AFP cinq habitants ou riverains.

Le bouclage du quartier Matshipisha-Gbadolite, dans le sud de la deuxième ville de la République démocratique du Congo, a commencé au lever du jour, vers 05H00 (03H00 GMT), selon ces sources.

La veille, le gouverneur de la province du Haut-Katanga, Jean-Claude Kazembe, avait dû fuir sous des jets de pierres après avoir tenté à Matshipisha une marche de la paix destinée à montrer que les autorités maîtrisaient la zone au lendemain d’affrontements meurtriers entre les forces de l’ordre et des jeunes hostiles au président Joseph Kabila.

L’armée vient de boucler le quartier et procède à l’arrestation de tous les jeunes garçons, adolescents et jeunes gens, a expliqué un habitant.

Tout au long de la route (goudronnée qui délimite le quartier), il y a des militaires, a déclaré par téléphone un habitant du quartier voisin. On peut voir des soldats qui cherchent les jeunes, maison par maison, a-t-il ajouté.

On arrête tout homme, avec ou sans pièce d’identité. On les met dans des camions pour une direction inconnue, a expliqué une habitante affirmant que deux adolescents et un homme dans la force de l’âge avaient été arrêtés dans sa parcelle.

J’ai vu passer trois camions remplis de jeunes gens, a affirmé un autre habitant.

L’opération était toujours en cours en fin de matinée.

Selon des témoins, une manifestation de plusieurs dizaines de personnes représentant des familles de Matshipisha venues dénoncer des arrestations arbitraires a été dispersée sans heurts par la police congolaise vers 11H30 (09H30 GMT) devant le siège local de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco), dans le centre de Lubumbashi.

Capitale du Haut-Katanga, Lubumbashi est le fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi.

Mardi, au dernier jour du mandat de M. Kabila, Kinshasa, Lubumbashi et d’autres villes du Congo ont été le théâtre d’affrontements meurtriers.

Ces heurts ont opposé les forces de l’ordre à des jeunes entendant dénoncer le maintien au pouvoir du chef de l’État à la suite du renvoi sine die de la présidentielle. A Matshipisha – quartier réputé habité par des Kasaïens – 8 personnes ont été tuées, et 47 blessés, selon la police.

M. Kazembe a fait porter la responsabilité des violences à plusieurs dizaines de voyous venus de Mbuji-Mayi et Kananga, les deux grandes villes de la région du Kasaï (centre), dont est originaire l’opposant historique Étienne Tshisekedi.

M. Tshisekedi, 84 ans, a appelé à résister pacifiquement contre le maintien au pouvoir de M. Kabila.

Le début de la décennie 1990 a été marquée au Katanga, à l’instigation des autorités locales et nationales, par des massacres à grande échelle des Kasaïens résidant dans la région, accusés de voler les emplois des autochtones.

Romandie.com avec(©AFP / 22 décembre 2016 11h10)             

RD Congo: Paris appelle les autorités congolaises à agir dans le respect des droits de l’Homme

décembre 20, 2016

Paris – La France s’est déclarée mardi préoccupée par les violences dans les deux plus grandes villes de la République démocratique du Congo, en proie à une grave crise politique, et a appelé les autorités congolaises à agir dans le respect des droits de l’Homme.

La France appelle les autorités et les forces de sécurité congolaises à agir dans le respect des droits de l’Homme, a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, soulignant que la responsabilité individuelle des auteurs de crimes et d’autres violations des droits de l’Homme est engagée.

Des violences ont éclaté mardi à Kinshasa, la capitale, et à Lubumbashi, la deuxième ville du pays dans le sud-est, alors que ce mardi 20 décembre marque la fin du mandat du président Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter.

Mais ce dernier a annoncé dans la nuit de lundi à mardi un nouveau gouvernement, sans attendre les résultats d’une médiation de l’église catholique, poussant l’opposant historique Etienne Tshisekedi à appeler à ne plus reconnaître M. Kabila, qu’il a accusé de coup d’Etat.

La gravité de la situation justifie que l’Union européenne réexamine ses relations avec la République démocratique du Congo, a également déclaré le ministère français. L’UE a décidé la semaine dernière de sanctionner sept responsables sécuritaires congolais, mis en cause pour la répression meurtrière de manifestations d’opposants à Kinshasa en septembre. Les violences avaient fait une cinquantaine de morts.

Âgé de 45 ans, M. Kabila entend se maintenir en fonction dans l’attente de l’élection d’un successeur, en vertu d’un arrêt de la Cour constitutionnelle rendu en mai.

Les détracteurs de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, l’accusent d’avoir torpillé le processus électoral et de vouloir instaurer une présidence à vie.

La présidentielle qui devait avoir lieu cette année a été reportée sine die.

Romandie.com avec(©AFP / 20 décembre 2016 13h02)             

RDC: un prêtre assassiné à Lubumbashi

octobre 25, 2016

L'abbé Joseph Mulimbi Nguli était vicaire de la paroisse Saint Martin de la commune de Katuba, dans le sud-est de Lubumbashi

Image caption L’abbé Joseph Mulimbi Nguli était vicaire de la paroisse Saint Martin de la commune de Katuba, dans le sud-est de Lubumbashi

La victime, l’abbé Joseph Mulimbi Nguli, a été assassiné selon des sources policières par deux hommes armés cagoulés rentrés clandestinement dans le domicile familiale où il passait ses vacances.

Selon Monseigneur Denis Moto, vicaire général de l’archidiocèse de Lubumbashi, le prêtre Joseph Mulimbi Nguli a été abattu d’une balle dans le ventre.

La police de Lubumbashi a ouvert une enquête pour retrouver les auteurs de ce forfait toujours en fuite.

Le général Bosco Galenga, le chef de la police de cette localité pense qu’il pourrait s’agir d’un « règlement de compte ».

« Seule l’enquête ouverte par la police » pourra l’établir, a-t-il déclaré.

Le chef de la police a également affirmé que c’est avec une arme de type AK 47 que les inconnus habillés en salopette ont abattu l’abbé Joseph.

Le vicaire général espère que cette enquête permettra d’arrêter ces criminels.

Une cousine du prêtre assassiné a elle indiqué que « la famille souhaite que l’Église catholique mène aussi ses investigations avant l’inhumation.

Selon elle « les enquêtes de la police restent souvent sans suite ».

Âgé de 52 ans, l’abbé Joseph Mulimbi Nguli était vicaire de la paroisse Saint Martin de la commune de Katuba, dans le sud-est de Lubumbashi, où dit-on l’assassinat d’un prêtre est plutôt rare.

BBC.com

RD Congo : incendie criminel au palais de justice de Lubumbashi

octobre 17, 2016

La porte d’entrée du greffe pénal du palais de justice de Lubumbashi, le 17 octobre 2016. © DR

Des sources judiciaires ont indiqué lundi 17 octobre que le greffe pénal du palais de justice de Lubumbashi, dans le sud de la RDC, a été incendié dans la nuit, vers une heure du matin. Elles soupçonnent une tentative de faire disparaître le dossier relatif à l’affaire Gédéon, ce chef milicien condamné à mort en 2009 qui vient de se rendre aux autorités après cinq ans de cavale.

« Faut-il rappeler que le palais de justice de Lubumbashi qui abrite le parquet général, la cour d’appel et un cachot, est protégé, jour et nuit, par la police ? Qui peut s’y rendre et incendier le greffe pénal sans être inquiété ? » interroge un avocat qui a requis l’anonymat.

Pour lui, l’incendie signalé dans la nuit du 16 au 17 octobre dans une partie du palais de justice de Lubumbashi n’avait qu’un objectif : « Effacer  toutes les preuves du dossier pénal de Gédéon [chef milicien qui s’est rendu le 11 octobre, ndrl] et éviter que ce dernier soit confronté à ses déclarations de jadis devant la justice. »

Condamné à mort en 2009 par un tribunal militaire de Kipushi – verdict confirmé ensuite en appel à Lubumbashi – pour « crimes contre l’humanité », « crimes de guerre » et « appartenance à un mouvement insurrectionnel et terroriste », Gédéon, de son vrai nom Kyungu Mutanga, avait pu s’évader deux ans plus tard de la prison de Kasapa dans des circonstances encore non élucidées.

« Incendie criminel », selon le parquet

Depuis sa reddition, le chef milicien, responsable des exactions dans le « triangle de la mort » – Mitwaba, Manono, Pweto – entre 2003 et 2006, n’est pas inquiété par la justice. Qu’advient-il de sa condamnation ? Silence radio, pour l’instant, du côté des autorités. Alors que des ONG des droits de l’homme, Human Rights Watch en tête, demandent son incarcération.

À qui profiterait la disparition des dossiers judiciaires conservés dans le greffe pénal du palais de justice de Lubumbashi ? Au parquet de la capitale du Haut-Katanga, l’on se contente d’avancer qu’il s’agit d’un « incendie criminel », sans donner plus d’indications sur ses éventuels auteurs. « Mais tous les dossiers sensibles ont été protégés car ils sont gardés ailleurs », ajoute une source proche du procureur.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

RDC: l’opposant Katumbi condamné à 3 ans de prison pour un conflit immobilier

juin 22, 2016

Lubumbashi (RD Congo) – L’opposant congolais Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle censée avoir lieu cette année en République démocratique du Congo, a été condamné mercredi à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, ce qui le rend pour l’heure inéligible.

Le jugement a été rendu par un tribunal de paix de Lubumbashi, dans le sud-est de la RDC. La cour a donné raison à un ressortissant grec accusant l’opposant au président Joseph Kabila de faux et usage de faux pour l’acquisition d’un immeuble dont le plaignant estime qu’il devait lui revenir en héritage.

M. Katumbi a quitté la RDC en mai sous la menace d’un procès pour atteinte à la sûreté de l’État à la suite d’une enquête diligentée par le parquet général du pays sur des soupçons de recrutement de mercenaires.

L’affaire l’opposant au ressortissant grec a été connue au cours du week-end.

Le ministère public a requis cinq ans de prison contre M. Katumbi, ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga passé à l’opposition en septembre, et la privation de ses droits civiques pendant cinq années supplémentaires après l’exécution de sa peine.

Mercredi matin, le président du tribunal de paix de Kamalondo-Lubumbashi a annoncé lors d’une audience la condamnation de M. Katumbi à 36 mois de détention et au versement d’un million de dollars de dommages-intérêts au plaignant.

Un certain flou a prévalu dans les heures suivantes sur la validité de cette condamnation, un des deux autres juges du tribunal refusant de signer l’acte de condamnation, selon un journaliste de l’AFP sur place.

En fin d’après-midi, le journaliste de l’AFP a vu revenir au greffe l’acte dûment signé par les trois membres de la cour.

Interrogé par l’AFP, Me Mumba Gama, avocat de l’opposant, a estimé, pour le déplorer, que le juge avait finalement signé sous la pression.

Mercredi matin, un journal de Kinshasa avait annoncé avant même que la décision ne soit rendue publique que M. Katumbi avait été condamné à 36 mois de prison ferme.

L’équipe de défense de M. Katumbi, qui avait récusé la compétence du tribunal, n’avait pas fait part en fin d’après-midi de son intention d’interjeter appel.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2016 17h41)

RDC: plusieurs morts dans des heurts entre soldats et rebelles démobilisés

juin 15, 2016

Lubumbashi (RD Congo) – Plusieurs personnes ont été tuées mercredi dans le sud-est de la République démocratique du Congo lors d’affrontements entre militaires congolais et anciens rebelles démobilisés, a-t-on appris de sources concordantes.

Les heurts mortels ont éclaté dans la matinée à l’occasion d’une manifestation non autorisée d’ex-rebelles cantonnés dans la base militaire de Kamina, dans la province du Haut-Lomani, et de sa répression par l’armée, selon des sources locales.

Il y a eu des morts, a indiqué à l’AFP une source requérant l’anonymat à l’hôpital militaire local, refusant de donner un nombre précis. Des inhumations nocturnes sont prévues au sein de la base, a ajouté cette source, jointe par téléphone de Lubumbashi, la grande ville du sud-est de la RDC.

Il y a eu des morts, c’est une certitude, mais personne ne sait exactement combien et on ne le saura peut-être jamais, très probablement une dizaine au minimum selon les informations disponibles, a déclaré à l’AFP un spécialiste des groupes armés congolais tenu à un devoir de réserve.

Selon une source militaire occidentale, il y aurait une bonne vingtaine de morts parmi les rendus (les ex-rebelles, ndlr) selon des informations non encore totalement recoupées. Sollicitée par l’AFP à propos de ces affrontements, l’armée congolaise n’a pas donné suite.

Contacté par l’AFP, le gouverneur du Haut-Lomani, Célestin Mbuyu, a reconnu un mort, un lieutenant des Forces armées de la RDC (…) tué à la machette par des démobilisés (…) ayant cherché à envahir le centre de la ville pour piller.

Selon M. Mbuyu, la tension couvait depuis une quinzaine de jours à la base de Kamina, où sont cantonnés 2.300 anciens rebelles venus de divers groupes armés de l’est du Congo, ex-membres de milices maï-maï (groupes d’autodéfense généralement constitués selon des critères ethniques) ou anciens du Mouvement du 23-Mars (M23), rébellion soutenue par le Rwanda vaincue en novembre 2013.

– ‘Conditions difficiles’ –

Les rebelles démobilisés avaient exprimé le souhait de rejoindre leur milieu d’origine et d’échapper aux conditions de vie difficiles de la base, a-t-il dit.

Après la défaite du M23, le gouvernement a lancé fin 2013 un programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR3) censé ramener à la vie civile plus de 12.000 miliciens congolais encore en activité.

Le programme, qui accumule les retards, ne touche aujourd’hui que quelques milliers d’anciens combattants rebelles.

La RDC demande avec insistance à la communauté internationale des fonds, mais hormis un petit financement débloqué par l’ONU, les principaux bailleurs refusent de mettre la main au portefeuille pour un programme qu’ils jugent globalement flou.

Organisés après la deuxième guerre du Congo (1998-2003), les deux premiers DDR n’ont pas mis fin à la violence dans l’est du pays et la réussite du DDR3 apparaît comme un élément crucial en vue de de l’aboutissement des efforts internationaux pour la stabilisation de la RDC.

Kamina avait déjà été le théâtre d’une mutinerie d’ex-rebelles mécontents de leur sort et de leurs conditions de vie, tout comme la base de Kitona, autre centre du DDR3, à l’extrême ouest du pays.

De source militaire occidentale, on craint que les affrontements de mercredi, signe patent des limites du programme, ne dissuade encore un peu plus les rebelles de déposer les armes, ou ne freine davantage le rapatriement des anciens du M23 réfugiés au Rwanda ou en Ouganda.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juin 2016 21h40)

RDC: la police refoule plusieurs milliers de partisans de l’opposant Katumbi à Lubumbashi

mai 13, 2016

Lubumbashi (RD Congo) – La police congolaise a refoulé vendredi à la mi-journée plusieurs milliers de partisans de l’opposant congolais Moïse Katumbi aux alentours du palais de justice de Lubumbashi, où celui-ci devait déposer dans le cadre d’une enquête diligentée contre lui, selon un journaliste de l’AFP sur place.

A proximité du bâtiment, la police a tiré des gaz lacrymogènes sur la foule tandis qu’à l’intérieur les agents s’employaient à chasser des dizaines d’avocats arrivés depuis plusieurs heures et affirmant vouloir plaider pro deo (gratuitement) pour M. Katumbi.

Nous voulons plaider pro deo en faveur de M. Katumbi et de toutes les autres personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête, a déclaré à l’AFP l’un d’eux, Me Hubert Tshiswaka, peu avant que la police ne les boute hors du palais en dispensant des coups de matraque.

Pour sa troisième journée d’audition par un magistrat du parquet de Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, M. Katumbi est entré au palais de justice vers 12H05 (10H05 GMT) tout de blanc vêtu – comme lors de ses auditions de lundi et mercredi – visiblement tendu, accompagné de ses avocats habituels et de membres de sa famille.

Candidat déclaré à la prochaine présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année, M. Katumbi est accusé par les autorités d’avoir recruté des mercenaires, ce qu’il dément, voyant derrière cette affaire la main du pouvoir, qu’il accuse de vouloir le mettre hors jeu.

Mercredi, la Cour constitutionnelle a autorisé le président de la RDC Joseph Kabila à rester en fonctions au-delà du terme de son mandat, fin 2016, si l’élection présidentielle censée avoir lieu cette année n’est pas organisée.

Romandie.com avec(©AFP / 13 mai 2016 12h56)

RDC: la police disperse des opposants à un 3e mandat du président Kabila

avril 20, 2016

Lubumbashi (RD Congo) – La police a dispersé mercredi à Lubumbashi, dans le sud-est de la RD Congo, quelque 5.000 opposants hostiles à un troisième mandat du président Joseph Kabila ou à un report de la présidentielle au delà de novembre 2016, a constaté un correspondant de l’AFP.

Un groupe d’environ 5.000 personnes s’était rassemblé aux abords du siège provincial de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec), parti de l’opposant Antoine-Gabriel Kyungu wa Kumwanza, avant d’être dispersé par la police à coup de grenades lacrymogènes vers 09h30 (07h30 GMT).

Kabila doit partir, venez nous tuer, nous sommes fatigués du régime, scandaient en swahili ces opposants, des jeunes gens essentiellement, jetant des pierres aux forces de l’ordre.

Interrogé par l’AFP, le général Jean-Bosco Kalenga, commandant provincial de la police, a déclaré que la police était en train de disperser les délinquants qui perturbent l’ordre public, promettant de faire un bilan plus tard.

La tension est retombée à la mi-journée après que les agents de la police aient appelé les habitants au calme: Il n’y a pas de guerre, vaquez à vos occupations, criaient-ils à l’aide des mégaphones, selon le correspondant de l’AFP.

Cependant, la police a indiqué avoir interpellé quatre délinquants accusés d’avoir pillé un bistrot, ce que rejette l’Unafec.

Mardi à Kinshasa, le siège de l’Unafec avait été vandalisé et M. Kyungu a accusé le pouvoir de soutenir des actes anti-démocratiques.

Dans la soirée à Lubumbashi, deuxième ville du pays, les portrait de l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, passé à l’opposition en septembre, ont été arrachés par des policiers devant le bureau provincial de l’Unafec, selon des témoins.

MM. Kyungu, Katumbi et Kabila sont tous originaires de l’ancienne province du Katanga.

Le climat politique est très tendu en République démocratique du Congo en raison de l’incertitude liée à la quasi-certitude du report de la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année.

L’opposition accuse M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, de manœuvrer pour se maintenir à la tête du pays au-delà du terme de son mandat.

Mardi, répondant au sénateur américain John McCain dans une lettre dont une copie a été transmise à l’AFP, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a jugé les délais pour les élections objectivement intenables.

Romandie.com avec(©AFP / 20 avril 2016 13h38)