Posts Tagged ‘Lucha’

RDC: manifestations contre la « machine à voter »

septembre 3, 2018

Kinshasa – Des militants de Lucha (Lutte pour le changement) ont été dispersés ou interpellés lundi lors des manifestations contre la « machine à voter » en République démocratique du Congo, à moins de quatre mois de la présidentielle qui doit élire le successeur du président Joseph Kabila.

A Kinshasa, 22 militants ont été brièvement interpellés devant le siège de la commission électorale (Céni). « Ils ont tenté de marcher, la police les a interpellés. Mais, il n’y avait pas de motif pour les arrêter, je les ai relâchés », a déclaré à l’AFP le général Sylvano Kasongo, chef de la police de Kinshasa.

« Les jeunes de Lucha sont venus, ils n’avaient pas peur, ils sont allés jusque devant la Céni en scandant: non à la machine à voter, non à la machine à voter », a témoigné un vendeur des carte téléphonique.

« Ils ont été interpellés sans opposer de résistance, ils ont été jetés dans une jeep de la police », a ajouté un autre témoin.

A Goma, capitale du Nord-Kivu (est), une manifestation de Lucha a violemment été dispersée par les forces de l’ordre. Plusieurs militants ont été bastonnés et d’autres interpellés, selon un correspondant de l’AFP.

« Nous avons rétabli l’ordre public, il y a une vingtaine des jeunes interpellés », a déclaré à l’AFP le colonel Job Alisi, commandant de la police de Goma (Nord-Kivu).

« Je n’ai pas autorisé la marche d’aujourd’hui, la police n’a fait que son travail de rétablir l’ordre », a dit le maire de Goma, Timothée Mwissa Kiense.

A Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu (est), 17 militants ont été interpellés pendant une heure, selon le mouvement.

« Nous avons été brutalisés, tabassés, torturés. Deux d’entre nous sont grièvement blessés et d’autres ont des égratignures, d’autres ont perdu de l’argent et leurs téléphones portables », a déclaré à l’AFP la militante Judith Maroy.

« Ces militants de la Lucha n’ont été ni brutalisés ni torturés, ils ont été dispersés et les interpellés ont été relâchés sans être verbalisés », a réagi Linda Marhegane, porte-parole de la police.

Des interpellations ont eu lieu ailleurs: 18 à Mbandaka (nord-ouest), deux à Lubumbashi (sud-est), sept à Tshikapa et six à Mbuji-Mayi (centre). Une marche a été dispersée à Kisangani.

A Kananga, grande ville du Kasaï (centre) les militants ont manifesté jusqu’au siège de la Céni où ils ont déposé un mémorandum dans lequel ils exigent « l’abandon de la machine à voter et l’extirpation de 16% d’électeurs fictifs » du fichier électoral, a rapporté un correspondant de l’AFP.

Lucha avait appelé à des marches pour exiger l’abandon des « machines à voter ».

Ces machines, qui servent à choisir les candidats et à imprimer les bulletins de vote, sont au coeur d’une controverse entre la Céni et l’opposition.

Jeudi, la Céni avait dénoncé un « débat politique » et des « intoxications » au sujet des machines à voter et du fichier.

Joseph Kabila, dont le second mandat aurait dû s’achever en décembre 2016 et qui ne pouvait pas se représenter, a désigné comme candidat de son parti Ramazani Shadary.

Romandie.com avec(©AFP / 03 septembre 2018 14h43)                                                        

RDC: la Lucha appelle à manifester le 3 septembre contre les machines à voter

août 22, 2018

 

Une des machines à voter prévues pour les élections du 23 décembre 2018 en RDC. © John Bompengo/AP/SIPA

Les militants de la Lucha ont appelé mardi à des manifestations le 3 septembre contre l’utilisation des machines à voter pour le scrutin présidentiel du 23 décembre en RDC.

« Machines à voter, machines à tricher. » C’est en tout cas ce qu’estiment les militants du mouvement congolais Lutte pour le changement (Lucha), qui ont appelé mardi 21 août à des marches le 3 septembre pour exiger l’abandon de ces outils sud-coréens censés sécuriser l’élection présidentielle prévue pour le 23 décembre en RDC.

Pour annoncer ces marches prévues sur toute l’étendue du territoire, les militants ont organisé des conférences de presse dans plusieurs villes du pays (Kinshasa, Goma, Bukavu…). Si celles-ci se sont déroulées sans incident, les manifestations de Lucha ont jusque là systématiquement été interdites et dispersées.

Le mouvement, qui s’est associé le 14 août à Filimbi, les Congolais debout, l’Aeta et l’Acaj pour créer une plateforme citoyenne pour le suivi du processus électoral, réclame la mise en œuvre des recommandations du rapport d’audit de l’Organisation internationale de la francophonie, laquelle avait identifié en mai dernier plusieurs millions d’électeurs sans empreintes digitales sur le fichier électoral, qui recense quelque 40 millions d’électeurs au total.

Pour la Lucha, Joseph Kabila reste « le maître absolu du processus électoral »

La Constitution interdisait à Joseph Kabila de se représenter après deux mandats. Le 8 août, après plusieurs mois de tensions politiques, ce dernier a désigné son ancien ministre de l’Intérieur et secrétaire permanent du parti présidentiel (PPRD), Emmanuel Ramazani Shadary, comme candidat de la majorité à la présidentielle. « Notre peuple ne peut pas et ne doit pas accepter un simulacre d’élection où Joseph Kabila, tout en n’étant pas lui-même candidat, resterait néanmoins maître absolu du processus électoral » et de ses résultats, estime la Lucha.

La Lucha a en outre appelé la conférence des évêques catholiques à « prendre ses responsabilités » pour le respect total d’un accord opposition-majorité signé sous médiation fin 2016. Trois marches organisées par un collectif catholique contre le pouvoir depuis fin décembre ont été violemment réprimées, faisant 15 morts.

La Lucha est un mouvement né à Goma (est de la RDC) qui se dit apolitique et non partisan mais décidé à demander des comptes aux dirigeants. Il a été à la pointe du combat contre un troisième mandat de M. Kabila depuis 2015. Le mouvement a été endeuillé le 8 juin par la mort de l’un de ses fondateurs, Luc Nkulula, qui a péri dans l’incendie de sa maison. L’enquête pour déterminer les causes du drame a été classée sans suite le 27 juillet par la justice congolaise.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: conférence de presse de la Lucha interdite à Goma, libération de 40 militants à Kinshasa

juillet 31, 2018

Kinshasa – Un point-presse du mouvement pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha), qui voulait dénoncer « l’assassinat » d’un de ses membres mort dans un incendie, a été interdit par la police mardi à Goma dans l’est de la République démocratique du Congo.

Une quarantaine de manifestants arrêtés la veille dans la capitale Kinshasa, ont été libérés mardi, en début d’après midi.

La police a interdit l’accès au point-presse de la Lucha dans son fief de Goma (est), a constaté l’AFP. « Il ne pouvait pas tenir leur conférence de presse sans l’autorisation de la mairie », a justifié le maire Timothée Muissa Kiesse.

Un militant de la Lucha a lu dans la rue un communiqué qui dénonce les conclusions d’une enquête judiciaire sur la mort de Luc Nkulula, 33 ans, mi-juin dans l’incendie de sa maison à Goma. « Pour l’instant, il n’y a aucun prévenu à poursuivre. C’est tout simplement un incident malheureux », a déclaré vendredi le procureur.

« Nous sommes plus que jamais convaincus que notre camarade a été assassiné », dit le communiqué de la Lucha, mouvement des jeunes indignés qui demande le départ du président Joseph Kabila dont le mandat à la tête du pays s’est achevé en décembre 2016.

Lundi, quarante militants des mouvements citoyens congolais dont sept de la Lucha avaient été arrêtés « lors d’une marche silencieuse ».

« Ils marchaient pour aller déposer un mémorandum au bureau de la représentante spéciale du chef de l’État en charge de la lutte contre les violences sexuelles afin d’exiger l’implication du président de la République pour la libération des filles et femmes esclaves sexuelles au Kasaï », avait déclaré plus tôt à l’AFP Nera Kanyinda, chargé de communication d’un autre mouvement citoyen (Engagement citoyen pour le changement, Eccha), organisatrice de la marche.

« On vient de libérer les 40 militants, aucune charge n’a été retenue contre eux », a affirmé M. Kanyinda.

M. Kanyinda a cependant ajouté qu' »un autre militant du mouvement Eccha a été interpellé » par la police alors qu’il assistait à la libération de ses camarades.

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2018 13h19)

RDC: un activiste anti-Kabila tué dans un incendie de sa maison à Goma (mouvement prodémocratique)

juin 10, 2018

Goma (RD Congo) – Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) a annoncé dimanche la mort d’un de ses fondateurs dans l’incendie « suspect » de sa maison, dans la nuit de samedi à dimanche à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Notre camarade Luc Nkulula est décédé dans un incendie suspect dans sa maison, dans la nuit de samedi à dimanche », a déclaré à l’AFP Ghislain Muhiwa, l’un des responsables de ce mouvement des jeunes indignés basé à Goma (Nord-Kivu).

« Nous soupçonnons les ennemis de la démocratie et de la paix d’être responsables de cet acte lâche sur la personne de notre camarade, même si jusque-là, nous ignorons l’origine du feu », a ajouté M. Muhiwa.

Luc Nkulula est l’un des fondateurs de la Lucha, un mouvement pro-démocratie farouchement opposé au maintien au pouvoir du président congolais Joseph Kabila, au-delà de la fin de son mandat, qui a expiré le 20 décembre 2016.

Mi-aout 2016, il était le porte-parole de Lucha lors d’une audience à Goma avec le président Kabila.

La fin du mandat officiel de Joseph Kabila a été marquée par des violences qui ont causé la mort de plus d’une cinquantaine de personnes les 19 et 20 décembre 2016, lors des manifestations organisées par l’opposition et des mouvements citoyens dont la Lucha.

La présidentielle qui doit désigner un successeur au président Kabila est prévue le 23 décembre 2018.

La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat a expiré le 20 décembre 2016, de se représenter. Ses détracteurs l’accusent de chercher à rester au pouvoir.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2018 15h33)                                                        

En RDC, libération de 19 militants du mouvement d’opposition Lucha

décembre 28, 2016

Les membres du mouvement pro-démocratie, arrêtés lors de manifestations contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, ont été relâchés mardi 27 décembre.

Un membre du mouvement pro-démocratie Lucha présente son combat dans les rues du Goma, le 24 avril 2015. Crédits : FEDERICO SCOPPA / AFP
Les autorités congolaises ont libéré mardi 27 décembre 19 militants du mouvement pro-démocratie Lucha. Ils avaient été arrêtés lors de manifestations contre le maintien au pouvoir du président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, au-delà du terme de son mandat, a appris l’AFP de sources concordantes.

« La Lucha confirme la libération mardi de 18 camarades arrêtés le 21 décembre à Goma, lors d’un sit-in devant le gouvernorat » de la province du Nord-Kivu (est du pays), a déclaré à l’AFP Ghislain Muhiwa, l’un des responsables de ce mouvement.

« Une autre militante de Lucha, Gloria Senga, enlevée le 18 décembre à Kinshasa est aussi libérée », a-t-il ajouté, tout en s’inquiétant du sort de « cinq camarades de Goma et deux camarades de Mbuji-Mayi [centre] qui sont toujours en détention ».

Interrogé par l’AFP, le responsable du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme (BCNDH), José Maria Aranaz, a confirmé ces libérations, mais a dit rester « préoccupé par le sort de 6 à 7 autres activistes pro-démocratie arrêtés de manière arbitraire depuis au moins une semaine ».

Au moins 40 morts dans le pays

Lucha (acronyme de Lutte pour le changement) est un mouvement de jeunesse se définissant comme « citoyen, non-violent et non-partisan » qui a lancé la campagne « Bye-Bye Kabila » contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila à la fin de son mandat le 20 décembre.

La présidentielle prévue cette année a été renvoyée sine die et le chef de l’Etat entend rester au pouvoir jusqu’à l’élection d’un successeur. Le mandat de M. Kabila s’est terminé le 20 décembre dans un climat de violences à travers le pays. Selon les autorités congolaises, une vingtaine de personnes ont trouvé la mort pendant les violences. L’ONU a, elle, fait état d’au moins de 40 morts, 107 blessés et 460 arrestations dans les villes de Kinshasa, Lubumbashi, Boma et Matadi, « principalement des personnes protestant contre le refus du président Joseph Kabila de quitter le pouvoir ».

Lemonde.fr

RDC: libération de douze militants prodémocratie interpellés à Kinshasa

octobre 21, 2016

Kinshasa – Les douze militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) interpellés vendredi à Kinshasa alors qu’ils tentaient de déposer un mémorandum au siège de l’Union africaine (UA) dans la capitale de la République démocratique du Congo, ont été libérés après sept heures d’interrogatoires.

Les douze militants, dont au moins une femme, ont été interpellés à quelques mètres du bureau de l’UA puis embarqués dans une jeep de la police par près d’une vingtaine d’agents.

Quelques instants plus tôt, les militants avaient été bousculés et s’étaient vu arracher les affiches qu’ils tenaient, sur lesquelles on pouvait lire: Nous voulons l’alternance le 19 décembre 2016 et Nous contestons les accords issus du dialogue politique en RDC.

La police les a libérés, a déclaré à l’AFP le colonel Rombaut-Pierrot Mwana-Mputu, porte-parole de la police.

Lucha est un mouvement congolais de jeunes indignés né à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, qui se définit comme une organisation apolitique et non violente.

Lucha a confirmé la libération de ses membres.

Remy Mukweso, un des douze militants interpellés, a déclaré à l’AFP avoir été jeté dans le cachot de la police après avoir exigé la présence de son avocat.

Selon M. Mukweso, l’interrogatoire a tourné autour de l’incitation à la désobéissance civile, l’outrage aux autorités publiques et le trouble à l’ordre public.

Dans leur mémorandum intitulé L’Union africaine complice du coup d’État constitutionnel en République démocratique du Congo, adressé à la présidente de la Commission de l’UA, Lucha estime que le dialogue politique facilité par l’UA n’a fait qu’aggraver l’impasse politique.

Pour Lucha, l’accord signé mardi entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition reportant à avril 2018 la présidentielle qui aurait dû avoir lieu cette année, entérine le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au-delà de son second et dernier mandat et viole la Constitution.

La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Le chef de l’État est au pouvoir depuis 2001. Son mandat expire le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter.

L’Union africaine va-t-elle jouer au sapeur-pompier après avoir contribué à mettre le feu aux poudres’ Le temps d’empêcher la RDC de sombrer dans le chaos c’est maintenant ou jamais, et vous en avez la grave responsabilité, écrit le mouvement.

Par ailleurs, lors d’une conférence de presse, une centaine des mouvements citoyens congolais (dont Lucha) et organisations de la société civile ont appelé le peuple congolais à s’exprimer pacifiquement (dans) l’ensemble du pays les 26 et 27 octobre devant les assemblées provinciales.

A Kinshasa, un sit-in est projeté devant le siège de l’UA à Kinshasa pour exiger le départ de M. Kabila du pouvoir le 20 décembre.

Romandie.com avec(©AFP / 21 octobre 2016 20h33)

RDC : trois ans de prison ferme requis contre quatre militants de Lucha

août 21, 2015
Une manifestation organisée par Lucha à Goma, le 13 avril 2014, en soutien aux quatre activistes arrêtés. © Facebook/Lucha

Une manifestation organisée par Lucha à Goma, le 13 avril 2014, en soutien aux quatre activistes arrêtés. © Facebook/Lucha

Trois ans de prison ferme ont été requis vendredi à Goma contre quatre activistes du mouvement Lutte pour le changement (Lucha), accusés d’incitation à la désobéissance. Le jugement sera au plus tard connu le 11 septembre.

Il s’agit de la peine la plus lourde que le ministère public pouvait requérir. Selon la loi congolaise, l’incitation à la désobéissance est en effet passible de deux mois à trois ans de prison.

Ces réquisitions ne surprennent pas Éric Sadiki, l’un des avocats des accusés, qui déplore un dossier « politisé ». Ce qu’a également dénoncé le mouvement Lucha sur son compte Twitter :

Débat autour d’un accusé de réception

Lors des plaidoiries au tribunal de grande instance, les deux parties se sont renvoyées la balle. La défense a souligné que ses clients n’avaient pas violé la loi congolaise qui stipule que, pour toute manifestation, les organisateurs doivent simplement avertir les autorités. De son côté, le ministère public a souligné que la défense n’avait pas présenté de preuves assez solides pour prouver que Lucha avait bien averti les autorités.

Le juge a quant à lui relevé qu’il manquait un accusé de réception sur la lettre que le mouvement dit avoir déposée. La secrétaire du maire, qui aurait pu infirmer ou confirmer la version de Lucha, ne s’est finalement pas présentée à la barre.

Climat tendu à l’approche des élections 

Les quatre militants avaient été arrêtés en avril à Goma. Leur tort : avoir demandé la libération des militants arrêtés mi-mars à Kinshasa, ainsi que le respect des libertés publiques. Le 15 mars, une trentaine de personnes avaient été arrêtées dans la capitale congolaise lors d’une réunion d’échange sur la bonne gouvernance en Afrique.

Depuis, seuls Fred Bauma, de Lucha, et Yves Makwambala, webmaster et graphiste du groupe Filimbi, sont restés en détention. Leur procès pour atteinte à la sûreté de l’État, aujourd’hui suspendu, s’est ouvert le 12 juin dans un climat délétère.

À l’approche d’une série d’élections devant s’achever par la présidentielle prévue en novembre 2016, le climat politique s’est en effet tendu dans le pays. L’opposition craint en effet que Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, ne brigue un troisième mandat.

Jeuneafrique.com

RDC : plusieurs militants de la Lucha arrêtés à Goma

avril 9, 2015

Une manifestation de Lucha, le 17 mars à Goma.
Une manifestation de Lucha, le 17 mars à Goma. © G.Mathys/Lucha RDC

Plusieurs membres de la coordination de la Lucha ont été arrêtés mercredi à Goma alors qu’ils manifestaient pour la libération des activistes détenus à Kinshasa et le respect des libertés publiques.

Les arrestations de militants congolais pro-démocraties se poursuivent en RDC. Trois membres de la coordination de la Lucha (Lutte pour le changement) sont détenus depuis mercredi 8 avril à Goma, dans l’est de la RDC.

Sur Twitter, la Lucha a donné les noms de trois des personnes arrêtées – Trésor Akili, Vincent Kasereka et Gentil Mulume – et dénoncé mercredi matin l’arrestation d’un cinquième membre du mouvement, Pascal Byumanine, qui selon elle apportait de la nourriture aux détenus.

Pascal Byumanine, qu’un journaliste de l’AFP avait pu voir dans la matinée dans un commissariat de Goma (retenu au poste pour les besoins de l’enquête, selon la police), a finalement recouvré sa liberté dans l’après-midi, selon la Lucha.

Les activistes participaient à l’action ‘Coup de sifflet’ pour la libération des activistes détenus à Kinshasa et le respect des libertés publiques.

« Nous avons appréhendé les jeunes gens en train de distribuer des tracts sur la voie publique mardi soir », a-t-on confirmé de source policière dans la capitale de la province du Nord-Kivu, ajoutant : « Nous les gardons au cachot parce qu’ils troublaient l’ordre public. »

« Le moment venu, nous allons les transférer à des instances compétentes, a-t-on indiqué de même source. »

Près de trois semaines après leur arrestation à l’issue d’une conférence de presse organisée avec les responsables de Y’en a marre et le Balai citoyen, plusieurs militants congolais pro-démocratie sont toujours détenus – hors procédure judiciaire – par les services de renseignement à Kinshasa.

La Lucha a appelé le 1er avril la population congolaise à siffler ou à faire du bruit tous les soirs pendant cinq minutes à 17h00 GMT pour obtenir la libération de Fred Bauma et ses compagnons (au moins deux autres personnes) détenus par l’Agence nationale de renseignement depuis leur arrestation le 15 mars.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: des militants toujours détenus, Lucha poursuit sa mobilisation

mars 21, 2015
 Arrestation d'un manifestant à Goma, dans l'est de la RDC, le 19 janvier 2015.REUTERS/Kenny Katombe


Arrestation d’un manifestant à Goma, dans l’est de la RDC, le 19 janvier 2015.REUTERS/Kenny Katombe

En RDC, cela fait six jours qu’une dizaine de militants et artistes congolais sont détenus pour avoir participé à une rencontre avec des activistes des mouvements citoyens Y’en a marre et du Balai citoyen. Alors que les quatre Sénégalais et Burkinabè ont été libérés et renvoyés dans leur pays jeudi 19 mars, les Congolais attendent toujours de savoir s’ils vont être jugés ou libérés. Les autorités avaient pourtant annoncé que le procureur prendrait sa décision vendredi. A Goma les membres de l’organisation lutte pour le changement compte bien continuer à se mobiliser pour obtenir la libération de leurs camarades à Kinshasa.

Installés autour d’une table, ils sont une dizaine à chanter en l’honneur de l’anniversaire de l’un des leurs, Fred Bauma arrêté dimanche dernier et 25 ans depuis vendredi. Une bougie est soufflée. Un anniversaire symbolique en signe de soutien face à une injustice pour son ami Reagan Miviry, militant de la Lutte pour le changement (Lucha) : « Fred n’a rien fait. C’est un citoyen, nous ne cesserons de le dire, un citoyen engagé n’est pas un terroriste. Il n’a fait qu’exprimer ce qu’il pense, que la démocratie doit être défendue dans ce pays. »

Défendre la démocratie et le respect de la constitution, c’est bien ce que compte continuer de faire les autres membres du mouvement Lucha, et ce même si c’est risqué comme l’explique Serge Civia : « On continue à lutter, c’est de notre responsabilité en tant que citoyen et surtout en tant que jeune. La démocratie, c’est quelque chose que nous devons construire dès aujourd’hui. »

Maître Sylvain Lumu, à la tête du collectif d’avocats censé les défendre, demande à les voir au plus vite. Il se dit déterminé à porter plainte pour détention arbitraire : « Malgré la promesse faite par la voix du ministre de la Communication, le parquet n’a pas bougé jusqu’à ce jour. Peut-être qu’il est en train d’attendre les injonctions des autorités beaucoup plus élevées que lui malgré l’indépendance proclamée de la justice au Congo. Nous vivons une logique de criminalisation des défenseurs des droits humains. Je demande absolument d’entrer en contact avec mes clients. Il est important qu’ils soient déférés devant le juge compétent. Plutôt que d’arrêter d’abord les individus et se mettre ensuite à rechercher les éléments de culpabilité, c’est une démarche inverse. Lorsque l’on arrête, cela veut dire que l’on a quelques indices sérieux de culpabilité et très vite dans le respect des règles de procédure on déferre les personnes devant le juge compétent qui peut effectivement juger leur culpabilité ou non. Ici, la démarche est totalement biaisée. On est dans la logique de recherche d’éléments qu’on ne trouve pas pour arriver à justifier cette détention. Il n’y a pas d’autre explication. »

Sit-in, affiches, les membres de Lucha à Goma promettent de continuer à se mobiliser pacifiquement pour défendre l’alternance politique dans leur pays et obtenir la libération de la dizaine de militants encore détenus à Kinshasa.

Rfi.fr