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Poutine met au défi Obama de montrer ses preuves d’une ingérence russe en Ukraine

juin 4, 2014

Paris – Le président russe Vladimir Poutine a mis mercredi au défi les Américains de présenter des preuves de l’implication militaire russe dans l’est de l’Ukraine et s’est montré conciliant à l’égard du nouveau président ukrainien se disant prêt à le rencontrer en France.

Dans une interview accordée à deux médias français, la radio Europe 1 et la chaîne de télévision TF1, dont le Kremlin a diffusé une transcription, le maître du Kremlin dément par ailleurs chercher à imposer un nationalisme russe ou à faire renaître l’Empire russe.

Accusé récemment par Washington de laisser passer des combattants et des armes dans l’est de l’Ukraine en proie à une insurrection armée prorusse, Vladimir Poutine a lancé: Des preuves ? mais qu’ils les montrent !

Nous avons vu, tout le monde a vu, comment le secrétaire d’État américain (Colin Powell) avait montré des preuves de la présence d’armes de destruction massive en Irak, a ironisé le chef de l’État russe faisant allusion aux accusations infondées lancées en 2003 par les États-Unis pour justifier l’intervention militaire contre Saddam Hussein.

Affirmer, c’est une chose. Avoir des preuves, c’est autre chose. Je vous le répète : il n’y a aucune force russe, aucun instructeur russe dans le sud-est de l’Ukraine. Il n’y en a pas eu et il n’y en a pas, a affirmé M. Poutine alors que les gardes-frontières ukrainiens font régulièrement état d’incursions de véhicules transportant des armes et venant de Russie.

Samedi, le président de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, avait également reconnu que des combattants tchétchènes se trouvaient aux côtés des insurgés prorusses dans l’est de l’Ukraine.

Interrogé sur ses relations avec Barack Obama, avec qui il livre le plus intense bras de fer entre Américains et Russes depuis la fin de l’URSS, M. Poutine s’est voulu apaisant à l’avant-veille des cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement allié en Normandie (France).

J’espère que nous n’entrons pas dans une nouvelle phase de la +Guerre froide+, a déclaré M. Poutine, déclarant ne pas avoir de raison de croire que le président Obama ne veut pas parler au président russe.

C’est son choix, je suis prêt au dialogue, a-t-il ajouté avant de critiquer de nouveau la politique étrangère américaine. Ce n’est pas un secret que la politique la plus agressive, la plus ferme, c’est la politique américaine. Nous n’avons presque pas de forces militaires à l’étranger et regardez : partout dans le monde, il y a des bases militaires américaines, des troupes américaines à des milliers de kilomètres de leurs frontières. Ils prennent part aux affaires intérieures de tel ou tel pays : donc il est difficile de nous accuser de violation.

Va-t-il tendre la main au nouveau président ukrainien Petro Porochenko, également invité en Normandie ? Je ne compte éviter personne, a déclaré M. Poutine. Je ne compte éviter personne et parlerai, évidemment, à tout le monde, a ajouté le président russe qui n’a pour l’instant pas formellement reconnu le président élu le 25 mai et qui sera investi samedi à Kiev.

Le pouvoir ukrainien doit ouvrir un dialogue avec sa population : cela ne doit pas se faire avec des chars et des avions mais par la négociation, a-t-il par ailleurs dit à l’adresse de M. Porochenko alors que l’armée ukrainienne mène depuis le 13 avril une opération militaire pour tenter de reprendre le contrôle des régions séparatistes de Donetsk et de Lougansk, frontalières de la Russie.

Je pense que M. Porochenko a une chance unique : il n’a pas encore de sang sur les mains et il peut suspendre cette opération punitive et commencer un dialogue direct avec ses citoyens de l’Est et du Sud du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 04 juin 2014 20h48)

Ukraine: les rebelles abattent un hélicoptère de l’armée, 12 soldats tués

mai 29, 2014

Kiev – Les rebelles prorusses de l’est de l’Ukraine ont abattu jeudi un hélicoptère de l’armée ukrainienne, tuant 12 soldats, soit une des journées les plus noires pour les forces loyalistes, qui tentent depuis près de deux mois de mettre fin à l’insurrection séparatiste.

Le Mi-8 ukrainien, qui transportait des hommes pour la relève des troupes et un général des forces du ministère de l’Intérieur, a été visé par un lance-missiles sol-air portatif russe près du bastion prorusse de Slaviansk, a affirmé le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, devant le Parlement.

M. Tourtchinov avait fait état dans un premier temps de 14 morts, avant que la Garde nationale ne publie un bilan de 12 morts et un blessé grave et n’annonce avoir éliminé en réponse le groupe de séparatistes ayant ouvert le feu.

Ces affrontements meurtriers ont donné lieu à une nouvelle passe d’armes entre l’Ukraine et la Russie, au moment où les deux pays sont au bord d’une nouvelle guerre du gaz qui inquiète fort les Européens. De nouvelles négociations d’urgence sont prévues pour vendredi à Berlin afin d’éviter une interruption des livraisons, possible dès mardi.

Je suis convaincu que nos forces armées (…) mèneront à son terme le nettoyage des terroristes et que les criminels que finance la Russie seront éliminés ou se retrouveront sur le banc des accusés, a lancé M. Tourtchinov, qui doit laisser sa place début juin au vainqueur de la présidentielle de dimanche, Petro Porochenko.

La diplomatie russe a de son côté appelé les Occidentaux à faire pression sur les autorités ukrainiennes pour arrêter l’escalade de la violence et le glissement de l’Ukraine vers une catastrophe nationale.

Il s’agit d’une des journées les plus sombres pour l’armée ukrainienne depuis le déclenchement de ses opérations contre les insurgés de l’est. Le 22 mai, 17 militaires avaient été tués: 16 dans la ville de Volnovakha, dans la région de Donetsk, et un dans une autre attaque d’insurgés dans la région voisine de Lougansk.

– Espions ? –

Après des combats qui ont fait une quarantaine de morts (surtout des séparatistes) lundi à l’aéroport international de Donetsk, la tension reste vive sur le terrain.

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a perdu mardi le contact avec une équipe de quatre observateurs, un Danois, un Estonien, un Turc et un Suisse.

Pour la première fois jeudi, les insurgés ont reconnu les détenir et laissé entrevoir une possible libération.

Ils sont sains et saufs, a déclaré à l’agence de presse Interfax Viatcheslav Ponomarev, le maire de Slaviansk. Nous allons clarifier qui ils sont, où ils allaient et pourquoi et nous les relâcherons, a-t-il ajouté.

Il y a des soupçons selon lesquels ils seraient des espions, a expliqué de son côté Denis Pouchiline, un des leaders de la République de Donetsk, cité par l’agence de presse RIA Novosti.

Un autre groupe, de 11 observateurs, a été également brièvement détenu mercredi dans la région de Donetsk.

L’OSCE a qualifié la détention de ses observateurs d’acte de sabotage des efforts internationaux pour mettre fin à la crise et aux combats.

Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs annoncé la mort d’un soldat dans un assaut des séparatistes contre une unité de la région de Lougansk mercredi soir.

Nous avons un plan d’action (…) Ce plan conduira à un nettoyage total du territoire ukrainien, et plus précisément de l’est, des séparatistes, a martelé le ministre de la Défense, Mikhaïlo Koval.

Vainqueur de la présidentielle de dimanche avec 54,7% des voix, le milliardaire Petro Porochenko a indiqué vouloir immédiatement entamer des négociations avec les États-Unis et l’Europe sur une alliance de défense pour protéger l’Ukraine militairement, dans un entretien avec le quotidien allemand Bild.

Il assure dans le même temps vouloir discuter avec le président russe, Vladimir Poutine.

Les deux hommes ont été invités à participer aux cérémonies commémoratives du Débarquement le 6 juin, auxquelles doivent assister aussi leur homologue américain, Barack Obama, et la chancelière allemande, Angela Merkel.

– Gaz coupé mardi ? –

Sur le gaz, les deux voisins campent par ailleurs sur leurs positions. Moscou exige de l’Ukraine qu’elle honore ses arriérés (3,5 milliards de dollars) et aussi le paiement anticipé des livraisons de juin.

Kiev, exsangue financièrement, pose comme préalable des assurances sur une baisse du prix du gaz, actuellement le plus élevé en Europe.

L’UE a proposé lundi une feuille de route qui prévoyait dans un premier temps le versement par l’Ukraine de deux milliards de dollars ce jeudi, mais Kiev a refusé de débourser quoi que ce soit sans discussions sur le prix.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2014 16h48)

Ukraine: les séparatistes revendiquent 90% de oui à l’indépendance

mai 11, 2014

Les insurgés prorusses de l’Est de l’Ukraine ont revendiqué dimanche un « oui » massif à leur projet d’indépendance du Donbass. Le référendum qui pourrait déboucher sur une nouvelle partition du pays, a été dénoncé comme une « farce » par Kiev et l’Occident.

Les premiers résultats, tombés dès dimanche soir, ne concernent que la région de Donetsk, l’une des deux avec celle de Lougansk concernées par le scrutin. « 89,07% ont voté pour et 10,19% contre. Cela peut être considéré comme le résultat définitif », a déclaré Roman Liaguine, chef de la commission électorale mise en place par les rebelles. Le taux de participation a atteint 74,87%, selon lui.

« Il a été très facile de compter les bulletins, car le nombre de gens qui ont voté contre a été extrêmement faible », a-t-il souligné.

Les insurgés armés prorusses avaient convoqué dimanche la population du bassin du Donbass (7,3 millions de personnes), dont ils contrôlent les principales villes, pour valider leur projet d' »indépendance » des « républiques populaires » autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

« Une farce criminelle »

A Kiev, le ministère des Affaires étrangères a déjà fait savoir, avant même les résultats, que « le référendum (…) est juridiquement nul et n’aura aucune conséquence juridique pour l’intégrité territoriale de l’Ukraine ». Cette consultation n’est qu’une « farce criminelle » financée par la Russie, estime-t-il. Les Occidentaux ont abondé dans le même sens.

Malgré le référendum, les autorités ukrainiennes sont déterminées à mener à bien le scrutin présidentiel anticipé prévu le 25 mai. Les insurgés ne veulent pas de cette élection et traitent de « fasciste » le gouvernement provisoire au pouvoir depuis la chute du président Viktor Ianoukovitch fin février.

Après une longue journée de vote, l’annonce des résultats est intervenue moins d’une heure après la clôture des bureaux de vote. Le scrutin, qui s’est globalement déroulé dans le calme, a été émaillé de violences à Krasnoarmiïsk, une ville de 65’000 habitants située à l’ouest de Donetsk, où des hommes armés, vraisemblablement des milices pro-ukrainiennes, ont fait irruption dans les bâtiments officiels où se déroulait le référendum et l’ont interrompu.

La crainte de Kiev et des Occidentaux face à ce scrutin est de voir se reproduire un scénario similaire à celui qui a abouti en mars au rattachement de la Crimée à la Russie, plongeant l’Occident et la Russie dans leur pire crise depuis la fin de la guerre froide.

Romandie.com

Ukraine: Poutine demande le report du référendum pro-russe

mai 7, 2014

Moscou – Le président russe Vladimir Poutine a demandé mercredi aux régions pro-russes de l’est de l’Ukraine de reporter le référendum prévu ce dimanche, donnant un signe de détente face au président de l’OSCE dans la crise qui oppose Moscou aux Occidentaux.

Nous demandons aux représentants du sud-est de l’Ukraine de reporter le référendum prévu le 11 mai, pour créer les conditions nécessaires au dialogue, a déclaré M. Poutine en réponse aux propositions du président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, le Suisse Didier Burkhalter, en visite à Moscou.

Il a aussi admis que l’élection présidentielle prévue le 25 mai pouvait aller dans le bon sens, tout en estimant qu’elle ne résoudrait rien si les citoyens ukrainiens ne comprenaient pas comment seraient garantis leurs droits après le scrutin.

M. Burkhalter a proposé une démarche en quatre points : cessez-le-feu, désarmement, dialogue, élection pour faire baisser la tension en Ukraine.

Les séparatistes avaient annoncé pour le 11 mai la tenue d’un référendum sur la déclaration d’indépendance de la république autoproclamée de Donetsk, ville située dans le bassin minier de l’Est, proche de la frontière avec la Russie.

– les troupes russes retirées –

M. Poutine a également affirmé que les troupes russes s’étaient retirées de la frontière avec l’Ukraine, où l’Otan avait estimé fin avril que se trouvaient jusqu’à 40.000 hommes.

On nous a dit tout le temps que nos troupes à la frontière ukrainienne inquiétaient : nous les avons retirées,, a déclaré Vladimir Poutine.

Les marchés financiers ont immédiatement salué les annonces de M. Poutine, les deux principaux indices de la Bourse de Moscou bondissant d’environ 5% et le rouble se renforçant nettement face à l’euro et au dollar vers 14H00 GMT.

La discussion entre MM. Poutine et Burkhalter a permis de montrer que leurs approches sur la façon de résoudre la crise sont largement les mêmes, a assuré le président russe.

Le responsable suisse avait appelé mardi à un suivi de Genève, en référence à l’accord diplomatique conclu le 17 avril, et réclamé un cessez-le-feu pour permettre la tenue de l’élection présidentielle prévue le 25 mai.

Les Occidentaux jugent crucial que ce scrutin se déroule correctement, faute de quoi l’Ukraine glisserait vers le chaos et le risque de guerre civile, selon les termes employés par le président français François Hollande.

La Russie, qui refuse de reconnaître les autorités provisoires mises en place depuis à Kiev, a jusqu’à présent jugé absurde de tenir des élections dans le contexte actuel de violences.

Peu avant les déclarations de M. Poutine, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, avait relevé à Kiev qu’il ne faisait aucun doute que la Russie cherchait à orchestrer un conflit et des provocations dans l’est et le sud de l’Ukraine.

L’objectif selon lui est de perturber l’élection du 25 mai, à moins qu’il ne cherche à créer un prétexte à intervenir.

Plus tôt mercredi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait une nouvelle fois accusé les Européens de fermer les yeux sur la montée du fascisme en Ukraine.

Ce qui s’est produit à Odessa le 2 mai, c’est du fascisme pur et simple, a-t-il dit en référence à la mort dans un incendie vendredi d’une quarantaine de militants pro-russes dans le sud de l’Ukraine.

– Iatseniouk à Slaviansk –

Le Premier ministre ukrainien Arsen Iatseniouk de son côté s’est rendu mercredi près de Slaviansk, épicentre des affrontements qui opposent actuellement les pro-russes aux forces régulières ukrainiennes, où il a rencontré des soldats ukrainiens et les a remerciés de leur engagement.

Même si la Russie dispose d’une armée plus puissante et mieux équipée, nous avons quelque chose de plus important: de l’esprit et de la volonté, a-t-il déclaré.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des tirs à l’arme lourde et des rafales de fusils automatiques avaient retenti.

Sur la route menant de Marioupol à Berdiansk, des insurgés ont attaqué mercredi à l’arme automatique un bus transportant des hommes des forces spéciales de la police, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Une vraie bataille de plus d’une heure a suivi, au cours de laquelle un assaillant a été tué et deux autres capturés, selon la même source.

A Marioupol, au sud de la région de Donetsk, les autorités ont lancé tôt mercredi un raid pour reprendre le contrôle de la mairie, occupée depuis le mois dernier par les insurgés locaux qui en avaient fait leur quartier général.

Armés de grenades lacrymogènes, les forces de l’ordre ont hissé le drapeau ukrainien sur le toit du bâtiment, avant de quitter les lieux alors que des centaines de pro-russes s’en approchaient.

Concernant le référendum prévu dimanche, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a parlé d’un simulacre. Les Occidentaux redoutent une répétition du scénario de la Crimée, où un référendum controversé avait abouti en mars au rattachement de cette péninsule ukrainienne à la Russie.

Romandie.com avec(©AFP / 07 mai 2014 17h18)

L’opération militaire dans l’Est mène l’Ukraine à la catastrophe

mai 2, 2014

Moscou – La Russie s’est dite vendredi indignée après le lancement de l’opération militaire contre les insurgés pro-russes dans leur bastion de Slaviansk (est) en estimant qu’elle menait l’Ukraine à la catastrophe.

Le recours à l’armée contre son propre peuple est un crime qui mène l’Ukraine à la catastrophe, a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Russie est indignée après le lancement à Slaviansk d’une opération de représailles avec la participation de terroristes du (mouvement nationaliste paramilitaire ukrainien) Pravy Sektor et autres organisations ultranationalistes ukrainiennes.

L’armée ukrainienne a recours aux blindés, hélicoptères de combats et effectue des frappes aériennes contre les protestataires, poursuit la diplomatie russe qui affirme que des étrangers parlant l’anglais étaient parmi les assaillants.

Il est de notoriété publique que les soi-disant organisations militaires privées ne travaillent pas à l’étranger sans le feu vert du Département d’Etat américain, souligne le communiqué.

En soutenant les autorités de Kiev, les Etats-Unis et l’Union européenne prennent une grande responsabilité et bloquent de facto la voie à une solution pacifique de la crise, estime le ministère russe.

Nous exigeons fermement que l’Occident renonce à sa politique dévastatrice envers l’Ukraine, conclut-elle.

Romandie.com avec(©AFP / 02 mai 2014 13h23)

Ukraine: violences à Donetsk, la conscription relancée

mai 1, 2014

Donetsk (Ukraine) – Le fossé se creusait encore jeudi entre militants pro-russes et partisans de Kiev dans l’est de l’Ukraine, où des centaines de manifestants se sont emparés d’un nouveau bâtiment officiel de Donetsk en brutalisant des policiers.

Face à la dégradation de la situation dans la partie orientale du pays, le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a annoncé jeudi avoir réintroduit la conscription militaire, qui avait été supprimée.

Le FMI, qui avait voté jeudi un plan d’aide de 17 milliards de dollars a, de son côté, admis que ce plan devrait être remanié en cas de perte de l’est du pays.

Peu auparavant à Donetsk, grande ville de cette région, le siège du Parquet régional avait été assiégé puis saisi en moins d’une heure par une foule de manifestants pro-russes, illustrant l’impuissance croissante des autorités ukrainiennes à assurer l’ordre dans la province troublée du Donbass.

Les policiers qui tentaient de protéger le bâtiment ont été frappés avant qu’ils ne puissent repartir, désarmés et pour certains en pleurs, a constaté l’AFP.

Les rebelles pro-russes, hostiles au pouvoir mis en place à Kiev après le renversement du président Viktor Ianoukovitch, ont continué ces derniers jours d’étendre leur emprise. Ils contrôlent désormais des sites stratégiques (mairie, siège de la police et des services de sécurité) dans plus d’une douzaine de villes.

En ce 1er mai, jour férié, les traditionnels défilés de la Fête du Travail ont donné à chaque camp l’occasion de défendre ses couleurs et slogans.

A Kiev, les habitants ne se sont guère mobilisés en dépit de la gravité de la crise, la pire dans ce pays de 46 millions d’habitants issu de l’Union soviétique et indépendant depuis 1991.

Seules 2.000 à 3.000 personnes se sont réunies dans le calme scandant des slogans en faveur de l’unité de l’Ukraine.

A Moscou, par contraste, la mobilisation a été massive et patriotique: environ 100.000 personnes ont défilé sur la place Rouge. Je suis fier de mon pays, Poutine a raison, proclamaient des pancartes dans la foule.

Même phénomène à Simféropol, capitale de la péninsule ukrainienne de Crimée, rattachée en mars à la Russie, où quelque 60.000 personnes ont défilé en brandissant des drapeaux russes avec des banderoles Nous sommes la Russie, Poutine est notre président.

A Kharkiv (est de l’Ukraine), environ 2.000 pro-russes ont défilé dans le centre en criant l’Ukraine sans fascistes, le russe, langue d’Etat.

– Poutine prié d’intervenir –

A Slaviansk, bastion rebelle pro-russe de l’Est ukrainien échappant depuis plus de deux semaines au contrôle de Kiev, les rebelles séparatistes retenaient toujours une équipe d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

La chancelière allemande Angela Merkel a demandé au président Poutine de faire usage de son influence dans le dossier des observateurs retenus en otages (sept étrangers et quatre Ukrainiens), selon une porte-parole de Berlin.

Les négociations pour leur libération semblent patiner depuis plusieurs jours. Les pourparlers se poursuivent dans une atmosphère amicale, a répété à l’AFP la porte-parole des rebelles de Slaviansk, Stella Khorocheva.

Ces derniers négocient également le sort de trois officiers ukrainiens capturés il y a plusieurs jours, qu’ils espèrent échanger contre des prisonniers ukrainiens.

– Blindés en exercice à Kiev –

La bataille entre Kiev et Moscou se poursuit aussi sur les fronts militaire, économique ou diplomatique.

A Kiev, les autorités ont procédé dans la nuit de mercredi à jeudi à des exercices militaires. Des membres des unités spéciales de la garde présidentielle, à bord d’une dizaine de blindés, ont encerclé le bâtiment du Parlement, et des tireurs d’élite ont été parachutés sur le toit.

Soucieux de priver d’arguments les séparatistes, le gouvernement ukrainien a indiqué envisager un référendum sur l’unité de la nation ukrainienne et sur la décentralisation en parallèle de l’élection présidentielle anticipée du 25 mai.

La Russie a qualifié l’idée de cynique et répété que Kiev devait cesser de mener des opérations militaires contre son propre peuple, en allusion à l’opération antiterroriste lancée par les autorités dans l’Est.

Kiev avait annoncé mercredi avoir mis ses forces armées en état d’alerte total pour le combat, face à la menace d’une intervention russe et pour tenter d’empêcher la propagation de l’insurrection à de nouvelles régions du Sud et de l’Est.

Le ministère russe des Affaires étrangères a mis en garde contre des conséquences catastrophiques en cas d’opération d’ampleur dans l’Est. Il a appelé Kiev, les Etats-Unis et l’Union européenne à ne pas accomplir d’erreurs criminelles et à évaluer la tête froide les conséquences possibles d’un emploi de la force contre le peuple ukrainien.

De son côté, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a annoncé mercredi que l’attaché militaire russe à Kiev avait été arrêté et déclaré persona non grata. Suite à des agissements incompatibles avec son statut, le diplomate russe doit quitter l’Ukraine dans les plus brefs délais, selon le ministère.

Les Occidentaux ont, eux, apporté un soutien financier à l’Ukraine en validant un prêt de 17 milliards de dollars du Fonds monétaire international.

Si le gouvernement central perd le contrôle effectif de l’Est (du pays, ndlr), le programme devra être remanié, a toutefois prévenu jeudi le Fonds dans le rapport détaillant son programme d’assistance financière à Kiev.

Parmi les conditions imposées par le FMI figure une augmentation de 50% du prix du gaz pour les particuliers, entrée en vigueur jeudi. Une nouvelle hausse de 40% devrait suivre dans les deux ans.

Romandie.com avec(©AFP / 01 mai 2014 18h29)

L’Ukraine en alerte face à une insurrection pro-russe qui s’étend

avril 30, 2014

Kiev – L’Ukraine a mis ses forces armées en état d’alerte maximum pour tenter d’empêcher une propagation de l’insurrection pro-russe à d’autres régions potentiellement dans le viseur de la Russie, alors que le chaos gagnait du terrain dans l’Est.

Les forces armées ukrainiennes se trouvent en état d’alerte total pour le combat face à la menace d’une intervention russe, a annoncé mercredi le président par intérim Olexandre Tourtchinov.

Notre objectif numéro un est d’empêcher le terrorisme de s’étendre des régions de Donetsk et de Lougansk à d’autres régions, a-t-il déclaré.

Il y a des tentatives de déstabiliser la situation à Kharkiv (est), Odessa (sud), Dnipropetrovsk (est), Zaporijjia (sud-est), Kherson et Mykolaïev (sud), a-t-il souligné.

Ensemble ces huit régions constitueraient une large zone contigue de la Russie et des territoires séparatistes de Crimée et de Transdniestrie en Moldavie, que Moscou contrôle de fait déjà.

M. Tourtchinov a déclaré craindre des actes de sabotages de la part de la Russie pendant les fêtes de début mai.

Les rebelles pro-russes ont continué ces derniers jours d’étendre leur emprise sur une série de villes de l’Est ukrainien. Ils contrôlent actuellement des sites stratégiques (mairie, siège de la police et des services de sécurité) dans plus d’une douzaine de villes.

c’est le cas de Gorlivka depuis mercredi matin. Selon des médias ukrainiens, quelques dizaines de militants pro-russes ont également occupé mercredi la mairie d’Altchevsk (110.000 habitants) proche de Lougansk.

Les rebelles se sont aussi emparés mardi de la plupart des bâtiments officiels de Lougansk, chef-lieu régional d’environ un demi-million d’habitants. Les rebelles, appuyés par des hommes armés de kalachnikovs et lance-roquette, ont obtenu la démission du chef de la police au terme d’un siège du bâtiment mardi soir, se retirant ensuite.

Un rassemblement pour la défense de l’unité de l’Ukraine, prévu mercredi soir à Donetsk, a été annulé. Une manifestation similaire lundi avait été attaquée par des militants pro-russes, faisant une douzaine de blessées.

L’Ukraine est attaquée. La Russie a lancé une guerre non déclarée contre notre pays dans l’Est, a lancé mercredi Ioulia Timochenko, ex-Premier ministre candidate à la présidentielle prévue le 25 mai.

Je n’ai aucun doute sur le fait que le but de M. Poutine est d’avoir le contrôle total de l’Ukraine, a pour sa part jugé mercredi le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Sur le plan émotionnel comme intellectuel, les dirigeants russes, et manifestement le président Poutine, n’ont pas accepté l’indépendance de l’Ukraine et pensent qu’elle devrait faire partie de la Russie, a-t-il dit lors d’une conférence à Washington.

– Incertitude pour les observateurs OSCE –

Le sort des observateurs de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), retenus depuis vendredi par des rebelles pro-russes à Slaviansk, bastion rebelle de l’Est ukrainien demeurait par ailleurs incertain.

Le dialogue est constructif, on se comprend les uns les autres, a déclaré mercredi le leader séparatiste de Slaviansk, Viatcheslav Ponomarev, qui a promis de renvoyer (les inspecteurs) chez eux à la première occasion.

Les négociations se prolongent pour des raisons techniques non précisées, a-t-il ajouté.

Ils sont en bonne santé, a déclaré à Donetsk un porte-parole de l’OSCE, Michael Bociurkiw, sans donner d’indication sur l’état des négociations.

C’est un bon signe que l’inspecteur suédois ait été libéré. Malheureusement, nous ne percevons pas ces derniers jours de signes encourageants de Slaviansk que les gens là-bas veulent se dépêcher de libérer les inspecteurs, avait auparavant déclaré à Vienne l’ambassadeur ukrainien auprès de l’OSCE, Igor Prokoptchouk. Les observateurs sont des otages, a-t-il estimé.

Le président Poutine avait déclaré mardi soir espérer la libération prochaine de la mission OSCE, composée de sept étrangers et quatre Ukrainiens.

– La Russie déjà en récession –

Russes et Occidentaux continuaient parallèlement de s’accuser mutuellement de l’aggravation de la crise en Ukraine.

Si cela continue, nous allons bien entendu devoir repenser la manière de travailler (des sociétés étrangères) dans la Fédération russe, notamment dans des secteurs clefs de l’économie russe comme l’énergie, a mis en garde M. Poutine.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry avait peu auparavant accusé la Russie de chercher à modifier l’architecture de la sécurité de l’Europe de l’Est en déstabilisant l’Ukraine.

Pour M. Poutine, ce sont les Etats-Unis qui pilotent en sous-main les événements en Ukraine. Il n’y a selon lui ni formateurs russes, ni unités spéciales, ni troupes russes dans le pays.

Mardi, Moscou avait vigoureusement dénoncé les nouvelles sanctions imposées par les pays du G7, évoquant le retour au Rideau de Fer et de possibles conséquences pour les astronautes américains embarqués à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Selon le Fonds monétaire international, la crise ukrainienne a déjà plongé la Russie en récession en raison de la chute des investissements liée aux sanctions occidentales.

L’Ukraine pour sa part a vu son produit intérieur brut (PIB) chuter fortement de 2% au premier trimestre 2014 par rapport au précédent. Le gouvernement compte sur une aide du FMI pour éviter la faillite. Ce dernier doit se prononcer mercredi sur un plan d’aide prévoyant un crédit compris entre 14 et 18 milliards de dollars sur deux ans.

Romandie.com avec(©AFP / 30 avril 2014 18h37)

Ukraine: Kiev en déroute dans l’Est à la veille de pourparlers décisifs

avril 16, 2014

Kramatorsk (Ukraine) – La confrontation avec les insurgés pro-russes de l’est de l’Ukraine a tourné à la déroute pour les forces du pouvoir pro-européen de Kiev mercredi, à la veille de pourparlers décisifs à Genève.

Face à l’aggravation continue de la pire crise Est-Ouest depuis la fin de la guerre froide, l’Otan a de son côté annoncé un renforcement des mesures de défense de ses membres d’Europe orientale. Les pays baltes ou la Pologne sont en effet particulièrement inquiets face à ce qu’ils dénoncent comme un interventionnisme russe.

Mais sur le terrain, les forces loyalistes ukrainiennes ont accumulé les revers face aux groupes armés autour de Slaviansk, ville emblématique de la dernière série d’insurrections pro-russes, contrôlée depuis samedi par des forces séparatistes.

Une colonne ukrainienne envoyée dans le cadre de l’opération antiterroriste lancée par les loyalistes a été bloquée par des manifestants pro-russes à Kramatorsk, à quelques kilomètres au sud de Slaviansk.

Six blindés de la colonne ont été saisis par un des groupes de combattants aux uniformes sans identification qui multiplient les actions depuis 10 jours dans l’Est russophone de l’Ukraine. Ils ont rejoint, drapeaux russes au vent, la défense de Slaviansk, accueillis en héros par une partie de la population.

Après de longues heures de confrontation avec des manifestants, les hommes du reste de la colonne -quinze blindés restés coincés à Kramatorsk- ont fini, certains en larmes, par déposer les armes, sous les cris de bravo les gars.

Au terme d’un accord passé avec un représentant des groupes armés, la colonne devait ensuite repartir en sens inverse.

Les armes ne seront plus jamais utilisées contre le peuple, a lancé à la foule le représentant en uniforme des insurgés, arborant le ruban orange et noir de Saint-Georges, symbole des partisans de la Russie.

– ‘Hommes verts’ –

Les blindés capturés étaient arrivés à Slaviansk chargés de plusieurs dizaines d’hommes puissamment armés, souvent cagoulés, vêtus des mêmes uniformes sans insignes.

Selon Kiev et les Occidentaux, ces groupes armés, ironiquement baptisés hommes verts en Ukraine, sont en fait des soldats d’élite russes. Accusation répétée mercredi par le contre-espionnage ukrainien pour qui ce sont les mêmes agents qui étaient à l’oeuvre en Crimée avant le rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie en mars. Moscou nie avoir des soldats ou des agents en territoire ukrainien.

Le seul de ces hommes à accepter de parler aux journalistes, qui a refusé de s’identifier autrement que sous le pseudonyme de Balou, 50 ans, a assuré qu’ils étaient des volontaires de Crimée et des déserteurs de l’armée ukrainienne.

Ces mystérieux soldats ont en tout cas été accueillis en sauveurs par plusieurs centaines d’habitants de la ville, criant L’armée est avec le peuple! Nous vous aimons!.

Des jeunes femmes déposaient des fleurs sur les blindés, d’autres apportaient nourriture, eau et cigarettes, pendant qu’un avion de chasse passait à intervalles réguliers à basse altitude. On se faisait photographier avec les héros taciturnes du jour.

Dans un autre défi au pouvoir central, un groupe d’hommes cagoulés et armés a pénétré dans la mairie de Donetsk, fief russophone de l’Est où des séparatistes avaient déjà proclamé une république souveraine le 7 avril. Les inconnus affirmaient avoir pour seule revendication l’organisation d’un référendum sur la fédéralisation de l’Ukraine.

La Russie dément énergiquement toutes les accusations de déstabilisation de son voisin, affirmant au contraire que les autorités pro-occidentales issues du renversement fin février d’un pouvoir pro-russe lors de soulèvements violents à Kiev ont conduit le pays au bord de la guerre civile. Ce que le président Vladimir Poutine a encore dit à la chancelière allemande Angela Merkel mardi soir.

– Fédéralisation contre décentralisation –

Les pro-russes réclament un rattachement à la Russie, ou au minimum une fédéralisation de l’Ukraine, pour donner de grands pouvoirs aux régions.

Tout en se disant prêt à une décentralisation, le gouvernement de Kiev refuse l’idée de fédération, porte ouverte selon lui au démembrement du pays de 46 millions d’habitants.

Le Premier ministre Arseni Iatseniouk a d’ailleurs accusé mercredi la Russie de vouloir construire un nouveau mur de Berlin et un retour à la guerre froide.

Signe des débats tendus qui s’annoncent à Genève, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé mercredi un Etat ukrainien qui a cessé de fonctionner et doit accepter la fédéralisation.

Position que l’incapacité de Kiev à rétablir l’ordre sur le terrain ne devrait pas assouplir.

En cas d’échec de la réunion, Washington s’est dit prêt à imposer avec les Européens de nouvelles sanctions contre Moscou. Cela pourrait vouloir dire cibler davantage d’individus que ceux visés par les sanctions existantes, voire interdire l’accès à certains secteurs économiques clés comme les mines, l’énergie et les services financiers.

L’économie russe souffre déjà de la crise, avec une croissance en berne. Les Européens, de leur côté, redoutent les conséquences d’une éventuelle guerre du gaz sur leurs approvisionnements. Moscou a en effet menacé de fermer le robinet à Kiev, qui a accumulé une lourde dette et refuse d’accepter l’augmentation de 80% du prix des livraisons imposé début avril par Moscou.

L’escalade des tensions dans l’Est de l’Ukraine a attisé les craintes d’une intervention russe, la Russie ayant massé jusqu’à 40.000 hommes à la frontière selon l’Otan. Le président Vladimir Poutine a de longue date affirmé qu’il défendrait à tout prix les populations russophones de l’ex-URSS et le Kremlin a assuré lundi qu’il recevait de nombreux appels à l’aide des régions insurgées de l’Est de l’Ukraine.

Dans un parallèle inquiétant, la Transdniestrie, autre territoire séparatiste pro-russe de l’ex-URSS situé en Moldavie et frontalier de l’Ukraine à l’ouest, a enjoint mercredi l’Union européenne de la reconnaître si elle voulait la stabilité dans la région.

Romandie.com avec(©AFP / 16 avril 2014 18h31)

Ukraine: le premier bataillon de la Garde nationale part « au front »

avril 15, 2014

Un premier bataillon de la Garde nationale d’Ukraine a été envoyé « au front » dans l’est du pays, a annoncé mardi le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Paroubiï. La Russie a rappelé sa désapprobation face à ces envois de troupes.

Ce bataillon est formé de volontaires ayant fait partie des unités d’autodéfense du Maïdan, haut lieu de la contestation dans le centre de Kiev qui a renversé en février le régime pro-russe du président Viktor Ianoukovitch, a souligné M. Paroubiï sur son compte Facebook.

« Les soldats sont très combatifs et prêts à défendre l’Ukraine. La situation n’est pas simple », ajoute M. Paroubiï qui rentre de Lougansk (est) où il dit avoir passé une semaine.

Lougansk fait partie du bassin minier de Donbass en proie depuis plusieurs jours à une insurrection armée pro-russe. Des insurgés y tiennent depuis le 6 avril le siège local des services spéciaux (SBU).
Dialogue de Genève en sursis

De son côté, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a prévenu à Pékin que tout ordre « criminel » des autorités ukrainiennes de recours à la force contre les insurgés pro-russes dans l’est de l’Ukraine ferait capoter le dialogue prévu jeudi à Genève.

« Vous ne pouvez pas envoyer les chars et en même temps tenir un dialogue », a déclaré M. Lavrov. « La Russie exige instamment (que l’Ukraine) cesse d’envoyer des forces dans le sud-est pour écraser les manifestations », a ajouté le ministre russe des Affaires étrangères, dans une conférence de presse commune avec son homologue chinois Wang Yi.

Romandie.com

Poutine à Obama: les accusations d’ingérence russe en Ukraine infondées

avril 14, 2014

MOSCOU – Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé lundi comme des spéculations basées sur des informations infondées les accusations d’ingérence de Moscou dans l’est de l’Ukraine, lors d’un entretien téléphonique avec Barack Obama, a annoncé le Kremlin.

En réponse aux préoccupations exprimées par le président américain concernant une prétendue ingérence russe dans le sud-est de l’Ukraine, le président russe a observé que de telles spéculations étaient basées sur des informations infondées, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

Vladimir Poutine a appelé Barack Obama à faire tout son possible pour ne pas permettre l’usage de la force et un bain de sang, a précisé le Kremlin. Il a également appelé une nouvelle fois à des négociations réunissant toutes les principales forces politiques et les régions avec pour objectif d’établir une structure fédérale pour l’Ukraine.

Selon le Kremlin, les deux chefs d’Etat se sont accordés sur la nécessité de poursuivre les efforts de recherche d’une solution diplomatique avant les pourparlers qui doivent réunir Russie, Etats-Unis, Union européenne et Ukraine jeudi à Genève.

Des attaques visiblement concertées ont été lancées pendant le week-end contre des bâtiments publics de l’est russophone de l’Ukraine, notamment autour de Donetsk. Des hommes en uniforme armés visiblement entraînés, rappelant selon de nombreux experts les forces qui ont pris le contrôle de la Crimée avant son rattachement à la Russie, ont été vus sur place, et les Occidentaux ont affirmé qu’il s’agissait d’une opération dirigée par Moscou.

Les autorités pro-occidentales de Kiev ont annoncé le lancement d’une opération anti-terroriste dans l’est mais aucune intervention de l’armée ukrainienne n’a été constatée.

Romandie.com avec(©AFP / 14 avril 2014 22h28)