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Brésil: Multiplication des barrages routiers, Bolsonaro toujours muet

novembre 1, 2022
Bresil: Multiplication des barrages routiers, Bolsonaro toujours muet
Brésil: Multiplication des barrages routiers, Bolsonaro toujours muet© AFP/Mauro PIMENTEL

Les barrages routiers se sont multipliés mardi matin au Brésil au surlendemain de l’élection de Lula à la présidence, des centaines de camionneurs et de manifestants pro-Bolsonaro refusant d’accepter la défaite du président d’extrême droite.

Jair Bolsonaro restait muré dans son silence depuis l’annonce dimanche soir de sa défaite de peu (49,1 % contre 50,9 % face à Lula), et n’avait toujours pas reconnu la victoire de son ennemi juré.

Lancé la veille, le mouvement de protestation sur les axes routiers a fait tache d’huile mardi. La police routière fédérale (PRF) faisait état de 250 barrages, totaux ou partiels, dans au moins 22 des 27 Etats du Brésil. Lundi soir, seulement une douzaine d’Etat étaient concernés.

« Lula non ! » était-il inscrit sur un panneau accroché au-dessus d’un viaduc à Sao Paulo, la capitale économique, où plusieurs routes étaient également bloquées, notamment celle qui relie la mégalopole à Rio de Janeiro, empêchant le départ des autocars entre les deux villes.

À Novo Hamburgo, près de Porto Alegre (sud), la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

Santa Catarina (Sud), où Jair Bolsonaro a remporté près de 70 % des voix, est l’Etat qui comptait le plus de routes bloquées.

« J’espère rentrer chez moi » à Rio. « J’ai pu payer une nuit dans un hôtel ici mais beaucoup de gens ont dû dormir ici à la gare routière », a déclaré à l’AFP Rosangela Senna, agent immobilier de 62 ans, à Sao Paulo.

Un juge de la Cour suprême a ordonné le « déblocage immédiat des routes et des voies publiques », a indiqué l’institution dans un communiqué lundi soir.

Il a ordonné à la PRF de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour dégager les routes, sous peine d’infliger une amende à son directeur général ou de l’emprisonner pour « désobéissance ».

Appels à manifester

Plus de 36 heures après les résultats officiels, le président sortant Jair Bolsonaro n’a toujours pas reconnu sa défaite sur le fil, contrairement à plusieurs alliés de son gouvernement ou du Parlement.

De très nombreux chefs d’Etat étrangers ont félicité depuis dimanche soir Luiz Inacio Lula da Silva, le candidat de gauche, pour son troisième mandat à la tête du pays, après ceux de 2003 à 2010.

Il prendra officiellement ses fonctions au 1er janvier, mais dès maintenant une transition du pouvoir devrait avoir lieu — si le gouvernement sortant accepte de coopérer.

Brasilia était calme mardi matin après que la police a restreint depuis la veille au soir l’accès des véhicules à la place des Trois pouvoirs, où se trouvent le Palais présidentiel, le Parlement et la Cour Suprême, proche de l’immense esplanade des ministères, lieu traditionnel de rassemblement dans la capitale.

Cette mesure « préventive » a été prise « après l’annonce d’une possible manifestation à cet endroit, sur les réseaux sociaux », avait indiqué le secrétariat de la Sécurité publique du district fédéral de Brasilia .

Vols annulés

Les appels de bolsonaristes à rejoindre les barrages se multipliaient en effet sur les réseaux sociaux, notamment Twitter et Telegram, selon l’équipe de vérification numérique de l’AFP.

L’un d’entre eux appelait les bolsonaristes à un grand rassemblement à 15H00 (18H00 GMT) sur l’immense esplanade des ministères de Brasilia.

« Le Brésil ne sera pas le Venezuela« , disait le message sur fond jaune et vert, comme le drapeau national, affectionné par la droite radicale. Il reproduisait le texte adressé à son père par le sénateur Flavio Bolsonaro lundi: « Bolsonaro, nous sommes avec toi quoiqu’il arrive ».

A Sao Paulo, des bolsonaristes misant sur une poursuite du mouvement appelaient pour mercredi après-midi à « la plus grande mobilisation de l’Histoire » sur l’Avenue Paulista — cette même avenue inondée dimanche soir par une marée de centaines de milliers de sympatisans de Lula vêtus de rouge, qui avaient célébré dans la liesse la victoire de leur champion.

A Sao Paulo, les axes routiers menant à l’aéroport international de Garulhos, qui a le plus gros trafic aérien du Brésil, ont été dégagés par la police en matinée, après des annulations ou retards de plusieurs vols, a rapporté la presse locale.

La police militaire était par ailleurs en fin de matinée en train de dégager certains axes routiers de Sao Paulo, Rio de Janeiro et du Minas Gerais, sur l’ordre des gouverneurs de ces Etats très peuplés du sud-est.

Par Le Point avec AFP

En Amazonie, des indigènes votent Lula, en bateau

octobre 2, 2022
En Amazonie, des indigenes votent Lula, en bateau
En Amazonie, des indigènes votent Lula, en bateau© AFP/Michael DANTAS

Sur le Rio Negro, affluent de l’Amazone, des indigènes brésiliens à bord d’une barque à moteur font le « L » de Lula avec les doigts: ils s’apprêtent à voter ce dimanche pour l’ex-président de gauche.

Comme beaucoup de Brésiliens, ces autochtones du peuple Kambeba votent dans une école. Mais pour y arriver, ils doivent naviguer jusqu’au village voisin.

« Pour nous, les indigènes, c’est important de se battre pour la démocratie, de voter et de choisir des représentants qui nous respectent », dit à l’AFP Raimundo Cruz da Silva, 42 ans, vice-Tuxaua (équivalent d’un cacique) des Kambeba.

Vêtu d’une chemise blanche avec des bandes verticales de motifs tribaux verts, il ne cache pas qu’il votera pour Lula, l’adversaire du président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Ce dernier est très critiqué par de nombreux leaders indigènes, dont le cacique emblématique Raoni Metuktire, qui a porté plainte contre lui pour « génocide » au Tribunal pénal international de La Haye.

Três Unidos, le village de Raimundo Cruz da Silva, où vivent quelque 115 autochtones, est situé sur une réserve à environ 60 km de Manaus, capitale de l’Etat d’Amazonas (nord).

Une quarantaine de personnes partent voter en même temps, à bord de quatre embarcations.

Le long des eaux sombres du Rio Negro, ils voient la végétation luxuriante vert émeraude à perte de vue, avant d’arriver à Sao Sebastiao, village situé en dehors de la réserve indigène.

« Le regard tourné vers l’Amazonie »

C’est une journée spéciale pour Taynara da Costa Cruz, 18 ans, qui va voter pour la toute première fois.

« Pour nous, les jeunes, c’est très important de voter. Nous votons, le regard tourné vers l’Amazonie, les peuples indigènes », dit cette jeune artisane aux yeux marron clair pétillants, qui arbore un collier et un serre-tête faits de graines d’Amazonie.

Toutes les femmes du peuple Kambeba sont vêtues de longues robes blanches.

Leurilene Cruz da Silva, sœur de Raimundo, porte aussi sur les cheveux deux rangées de graines qui ressemblent à des colliers de perles.

À son arrivée à Sao Sebastiao, cette infirmière de 38 ans sort fièrement son titre d’électeur.

« Il faut qu’on ait de bons représentants, c’est une journée importante. Nous, les indigènes, nous devons montrer que nous sommes capables de résister », lance-t-elle.

Peu après son élection, fin 2018, Jair Bolsonaro a promis qu’il ne cèderait « pas un centimètre de plus » aux terres indigènes.

Il s’est aussi montré favorable à l’exploitation minière ou agricole dans ces territoires censés être réservés aux activités traditionnelles des autochtones.

Sous son mandat, débuté en janvier 2019, la déforestation annuelle moyenne a augmenté de 75 % par rapport à la dernière décennie.

Le bilan environnemental de Lula est loin d’être irréprochable, mais l’ex-président (2003-2010) a promis durant sa campagne qu’il allait créer un ministère des peuples autochtones, avec une personnalité indigène à sa tête

Par Le Point avec AFP

Inauguration de la première usine publique de médicaments anti-sida d’Afrique

juillet 21, 2012

 Inauguration de la première usine publique de médicaments anti-sida d'Afrique Inauguration de la première usine publique de médicaments anti-sida d’Afrique © AFP

La première usine publique de médicaments anti-rétroviraux (ARV) contre le sida d’Afrique a été inaugurée samedi à Maputo en présence du vice-président brésilien Michel Temer, dont le pays a financé une partie du projet, a constaté l’AFP.

« Aujourd’hui nous assistons au lancement de la production (. . . ) Les médicaments, qui étaient fabriqués au Brésil, seront emballés ici au Mozambique, certifiés et distribués aux Mozambicains », a déclaré M. Temer.

L’usine, dont le site, en banlieue de Maputo, avait déjà reçu la visite de l’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva en 2010, est le symbole « de l’excellent partenariat entre les peuples brésilien et mozambicain (. . . ) dans les domaines public et privé ».

Fruit d’un transfert de technologie sud-sud, qualifié à l’époque par M. Lula d' »obligation morale », elle a reçu 23 millions de dollars d’aide du Brésil et 4,5 millions de dollars du géant minier brésilien Vale, implanté dans ce pays.

La production à proprement parler de comprimés doit débuter en fin d’année.

Une centaine de techniciens mozambicains et d’autres employés sont en formation, notamment au Brésil.

Le gouvernement mozambicain était représenté à la cérémonie par son ministre de l’Industrie Armando Inroga.

Le Mozambique compte plus de 2,5 million de séropositifs, soit près de 12% de la population et seuls 291. 000 personnes ont accès au traitement par anti-rétroviraux, selon le ministère de la Santé.

L’idée de cette usine avait été lancée en 2003 et le président Lula – un fervent partisan du rapprochement avec l’Afrique – avait engagé son pays à la construire lors d’une visite d’Etat en 2008.

Le but est de réduire la dépendance de l’ancienne colonie portugaise envers la communauté internationale, qui finance actuellement 80% de l’achat de médicaments dans le pays.

A l’inverse, le Brésil dispose d’une industrie pharmaceutique publique puissante, qui produit de nombreux génériques, notamment d’ARV, et affiche un très faible de taux de prévalence du virus VIH.

En Afrique, des groupes pharmaceutiques privés ont déjà ouvert des petites unités de production d’ARV mais l’usine mozambicaine est le premier établissement public.

Jeuneafrique.com avec AFP