Posts Tagged ‘m23’

En RDC, le M23 s’empare d’une nouvelle ville, l’armée évoque un retrait « tactique »

janvier 28, 2023

La rébellion du M23, qui poursuit sa progression dans le Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, s’est emparée d’une nouvelle ville le 26 janvier. L’armée congolaise évoque de son côté un retrait « tactique » pour épargner les populations civiles.

Des soldats du M23 à Rumangabo, dans l’est de la RDC, le 6 janvier 2023. © Guerchom Ndebo / AFP

Après trois jours de combats, le M23 est entré jeudi 26 janvier dans Kitshanga, dans le territoire du Masisi, malgré la présence des forces loyalistes et de groupes armés se présentant comme des « patriotes » résistant à l’avancée du M23.

Retrait de l’armée

« Nous nous sommes tactiquement retirés en dehors de la cité afin d’attirer ces génocidaires en profondeur et d’éviter le pire à nos populations de Kitshanga, a déclaré vendredi à l’AFP le lieutenant-colonel Guillaume Ndjike, porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu. Nous mettons tout en œuvre pour déloger cet ennemi. »

« Nous sommes avec des rebelles ici dans la cité, a indiqué un habitant de Kitshanga interrogé depuis Goma. Le M23 contrôle tout Kitshanga et ce matin, les rebelles avancent vers Mweso [en direction de Walikale]. » Le territoire de Walikale, un des six de la province du Nord-Kivu, est très riche en minerais (cobalt, or, cassitérite,…).

Goma privée d’une nouvelle voie d’approvisionnement

Avant de prendre le contrôle de Kitshanga, le M23 avait déjà conquis plusieurs villages sur la route reliant cette localité d’environ 60 000 habitants à Goma, qui se trouve ainsi privée d’une nouvelle voie d’approvisionnement. La capitale provinciale de plus d’un million d’habitants, située juste à la frontière rwandaise, était déjà coupée d’accès vers le Nord, via la route nationale 2, atteinte par les rebelles durant leur offensive d’octobre-novembre 2022.

Le M23 avait repris les armes un an auparavant, fin 2021, avec, selon la RDC, l’appui du Rwanda, ce que Kigali continue de contester. Le mouvement s’est depuis emparé de portions des territoires de Rutshuru et Nyiragongo, au nord de Goma.

Sous l’effet d’initiatives diplomatiques et sous la supervision de la force régionale est-africaine déployée dans la région, le M23 avait annoncé se retirer en décembre et janvier de deux positions conquises. Mais des affrontements se sont poursuivis dans d’autres secteurs, notamment vers l’Ouest en direction du Masisi, territoire de cultures et d’élevage.

Le « facilitateur » et ancien président kényan Uhuru Kenyatta a fait part cette semaine de sa « profonde préoccupation face à la forte détérioration de la situation ».

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

En RDC, le M23 s’engage à poursuivre un « retrait ordonné »

janvier 13, 2023

Selon Uhuru Kenyatta, médiateur dans le conflit qui oppose la RDC à la rébellion du M23, le groupe armé a promis de poursuivre son retrait des zones qu’il occupe depuis un an dans l’est du pays.

Des combattants du M23 quittent le camp de Rumangabo, dans l’est de la RDC, le 6 janvier 2023. © Guerchom Ndebo / AFP

Les rebelles du M23 sont convenus de poursuivre leur « retrait ordonné » des territoires conquis dans l’est de la RDC, a déclaré, le 12 janvier, Uhuru Kenyatta, l’ancien président du Kenya.

Kenyatta, qui joue un rôle de médiateur dans ce conflit pour le compte de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), s’est entretenu, à Mombasa, avec des responsables du M23, selon un communiqué diffusé à l’issue de cette rencontre.

« Comme gage de leur bonne volonté à œuvrer en faveur d’un règlement au Nord-Kivu, les dirigeants du M23 sont convenus de poursuivre leur retrait ordonné et de respecter un cessez-le-feu strict. Ils sont également convenus de continuer à coopérer avec la Force régionale de la Communauté d’Afrique de l’est (EACRF), qui a commencé à prendre le contrôle des zones dont le M23 vient de se retirer », a précisé l’ancien président dans le communiqué.

Ces retraits du M23 font suite à un sommet réuni à Luanda le 23 novembre 2022, au cours duquel avaient été décidé un cessez-le-feu et le départ des rebelles des zones conquises depuis un an.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Face au M23, bientôt un service militaire obligatoire en RDC ?

décembre 28, 2022

Alors que le M23 a annoncé qu’il se retirait de Kibumba, localité située près de Goma, dans l’Est, le ministre congolais de la Défense, Gilbert Kabanda Kurhenga, a déclaré mardi qu’il fallait « construire une armée pour protéger » le pays.

Des membres du M23 avant leur retrait de Kibumba, près de Goma, dans l’est de la RDC, le 23 décembre 2022. © (Photo by GLODY MURHABAZI / AFP)

Le ministre congolais de la Défense, Gilbert Kabanda Kurhenga, a évoqué la possibilité d’instaurer « un service militaire obligatoire » ou « contractuel de cinq [voire] dix ans » à l’occasion de la présentation officielle du « document de politique de défense » de la RDC. « Il faut construire une armée pour protéger » le pays, a-t-il souligné.

Cette nouvelle politique de défense inclut notamment l’instauration d’une industrie militaire et d’une école de cadets, ainsi que la création d’une armée de réserve et la mise en place d’une force capable de lutter contre la cybercriminalité et la criminalité (trans)frontalière », a énuméré le membre du gouvernement.

« Espions rwandais »

Dans la soirée, l’armée et la police ont par ailleurs présenté à la télévision publique cinq présumés « espions rwandais » et un militaire congolais arrêtés à Kinshasa, accusés de préparer des « actions d’envergure », sans plus de détails. Une annonce qui intervient dans un climat de tensions avec Kigali, que Kinshasa accuse de soutenir activement le M23.

Dans la province du Nord-Kivu, une coalition de groupes armés affirmant se battre contre le M23 a de son côté appelé mardi les autorités à fonder un service de « paramilitaires ». « Nous voulons la création d’une brigade spéciale composée des “résistants” qui [ne soit] pas attachée aux FARDC », mais relève plutôt d’un « service paramilitaire ou de gardes-frontières », a déclaré à la presse Jules Mulumba, porte-parole de la coalition de groupes armés.

Tshisekedi appelle « la jeunesse » à « s’organiser »

Début novembre, le président Félix Tshisekedi avait déjà appelé « la jeunesse » à « s’organiser en groupes de vigilance en vue de soutenir les forces armées » du pays face au M23, qui a conquis de vastes zones du Nord-Kivu ces derniers mois, progressant jusqu’à quelques dizaines de kilomètres de Goma.

Au cours d’une cérémonie, vendredi, en présence de la force militaire régionale de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), le M23 a annoncé son retrait de la position stratégique de Kibumba, près de Goma. Mais l’armée a qualifié de « leurre » cette annonce de désengagement.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

RDC : Paris « condamne le soutien » du Rwanda au M23

décembre 20, 2022

Dans un communiqué puis par la voix de sa secrétaire d’État auprès de la ministre des Affaires étrangères, la France a condamné l’appui de Kigali à la rébellion du M23. Paris dit néanmoins vouloir « parler avec tout le monde » pour « trouver une solution ».

Paul Kagame, Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi à New York, le 21 septembre 2022. © LUDOVIC MARIN/AFP

La France est-elle en train de changer de cap ? Lundi 19 décembre, pour la première fois, Paris a fait officiellement état du « soutien » de Kigali aux rebelles du M23, dans l’est de la RDC. « Nous condamnons le soutien que le Rwanda apporte au groupe M23 et nous demandons que les processus de Luanda et de Nairobi puissent être intégralement mis en œuvre », a déclaré Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, dans un communiqué.

En visite à Kinshasa ce mardi, la secrétaire d’État française auprès de la ministre des Affaires étrangères, Chrysoula Zacharopoulou, n’a pas dit autre chose. « La France a toujours défendu et défendra toujours l’intégrité et la souveraineté » de la RDC, a-t-elle commencé devant la presse. Mais aujourd’hui, « nous constatons le retour d’une situation tragique dans l’est de la RDC. C’est insupportable et c’est inacceptable », a-t-elle poursuivi.

« Il y a des responsabilités et la France n’a aucune difficulté à les pointer, a ajouté Chrysoula Zacharopoulou. Le M23 doit cesser les combats, se désengager et rendre les territoires occupés […]. Le Rwanda, car il faut le nommer, doit cesser son soutien au M23. Il faut en finir avec la répétition de l’histoire dans cette région. » Et de répéter que « la France condamne le soutien apporté par le Rwanda » au M23, tout en précisant que « le rôle d’un ami, ce n’est pas seulement de dénoncer, c’est aussi d’aider à trouver une solution ».

Des accusations également reprises par l’ambassade d’Allemagne en RDC ce mardi, qui a dit sur Twitter attendre du Rwanda « qu’il cesse immédiatement tout soutien au M23 ».

Ces allégations s’inscrivent dans la lignée de celles formulées par les autorités congolaises, mais aussi par des experts de l’ONU et par la diplomatie américaine. Pourtant, le président rwandais, Paul Kagame, a plusieurs fois démenti tout lien avec les actions du M23. « Le problème n’a pas été créé par le Rwanda, et n’est pas le problème du Rwanda, a-t-il encore déclaré mercredi dernier. C’est le problème du Congo. »

Kigali doit « user de son influence »

Jeudi 15 décembre, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken avait, lui, appelé le Rwanda à « user de son influence » sur le mouvement rebelle et dit soutenir « pleinement » l’accord de Luanda afin de trouver une issue au conflit dans l’est de la RDC.

Le M23 (« Mouvement du 23 mars »), qui a repris les armes fin 2021, a conquis de larges portions d’un territoire situé non loin de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu en RDC. Au moins 131 civils, dont 17 femmes et 12 enfants, ont été exécutés par balle ou à l’arme blanche fin novembre dans deux villages de l’est de la RDC, selon une enquête de l’ONU. Rendue publique la semaine dernière, cette dernière accuse directement la rébellion du M23.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC : le M23 prêt à « commencer à se retirer » de certaines zones

décembre 7, 2022

Alors que de violents affrontements ont encore opposé plusieurs groupes armés à la rébellion dans l’est du pays, le M23 a fait cette annonce le 6 décembre.

Des troupes de l’armée congolaise près de Kibumba, dans le Nord-Kivu, en mai 2022. © Arlette Bashizi / AFP.

Dans un communiqué en anglais signé de son porte-parole politique Lawrence Kanyuka, le M23 s’est dit le 6 décembre « prêt à commencer à se désengager et [à] se retirer » des zones dont la rébellion s’est emparée ces derniers mois dans le Nord-Kivu, comme demandé par le sommet de Luanda du 23 novembre.

Ce mini-sommet avait décidé d’un cessez-le-feu le 25 au soir, suivi deux jours plus tard d’un retrait du M23 des zones conquises. Faute de quoi, la force régionale est-africaine, en cours de déploiement dans le Nord-Kivu, interviendrait pour déloger les rebelles. Un cessez-le-feu a tenu quelques jours, mais aucun retrait n’a été observé jusqu’à présent. Kinshasa refuse de discuter avec ce mouvement, qu’il qualifie de « terroriste », tant que ce dernier ne s’est pas retiré de ses positions.

Massacre des centaines de civils

De violents affrontements ont opposé le 6 décembre dans l’est de la RDC plusieurs groupes armés. Selon certaines de ces sources, l’armée congolaise a également combattu le M23 dans le courant de la journée vers Bwiza, à quelque 40 km au nord de Goma. Les combats, qui ont impliqué les milices APCLS (Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain), Nyatura et FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), ont provoqué un déplacement massif de population et la paralysie des activités dans la ville voisine de Kitchanga.

Ces combats ont lieu sur le front ouest de l’offensive du M23, en direction du territoire de Masisi. Des affrontements similaires avaient eu lieu le 29 novembre dans le village de Kishishe, un peu plus au nord, où un massacre de civils aurait fait jusqu’à 300 morts selon les autorités congolaises. Celles-ci accusent le M23, qui a démenti.

Pourparlers

Le mouvement était absent de la troisième session du « dialogue inter-congolais » – les combats du M23 font l’objet de négociations séparées, accueillies par l’Angola –, qui a réuni pendant huit jours à Nairobi les représentants d’une cinquantaine de groupes armés, du gouvernement et de la société civile.

Après trois premières réunions au Kenya, la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC), qui assure la médiation des discussions, a annoncé dans un communiqué que la prochaine séance de pourparlers de paix se tiendra en janvier « à Goma et Bunia pour évaluer les progrès [réalisés] et commencer à aborder l’agenda de moyen et long terme ».

« Nous sommes satisfaits des progrès que nous avons réalisés. Nous ne disons pas que nous avons tout terminé, mais nous avons passé certaines étapes », a déclaré, sans plus de détails, l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, qui œuvre en tant que « facilitateur » du processus de Nairobi.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

RDC : reprise des combats entre l’armée et les rebelles du M23

décembre 1, 2022

La trêve obtenue au sommet de Luanda, le 23 novembre, n’aura duré que cinq jours. Les combats ont repris ce 1er décembre, à 70 kilomètres au nord de Goma.

Un officier des FARDC lors d’une session d’enrôlement de volontaires dans le cadre de la lutte contre le M23, à Goma, le 7 novembre 2022. © ALEXIS HUGUET / AFP

Les tirs d’armes lourdes ont de nouveau retenti ce 1er décembre, dans l’est de la République démocratique du Congo, marquant la reprise des combats entre rebelles du M23 et l’armée congolaise, après cinq jours d’une trêve obtenue au sommet de Luanda du 23 novembre.

Il y avait été décidé d’un cessez-le-feu à partir du vendredi 25, suivi deux jours plus tard du retrait du M23 des zones conquises depuis plusieurs mois dans la province du Nord-Kivu.

Aucun retrait n’a été observé, mais les combats avaient cessé depuis le 26 au matin même si le M23 continuait de s’opposer à des milices, notamment le 29 novembre, dans un village de la région de Bambo, à environ 70 km au nord de la capitale provinciale Goma, où de nombreux civils auraient été tués.

« C’est la panique »

C’est non loin de là qu’une reprise des combats entre les rebelles et les forces armées de RDC (FARDC) a été signalée le 1er décembre, à Kirima, à une dizaine de kilomètres de l’agglomération de Kibirizi. « Depuis le matin, des combats ont repris entre les FARDC et le M23 à Kirima. Les rebelles ont traversé le pont en direction de Kibirizi après les combats d’avant-hier à Kishishe. C’est la panique », a témoigné Paul Lutibahwa, président de la société civile de Bambo.

Une source sécuritaire a accusé les rebelles du M23 d’avoir violé le cessez-le-feu et de « continuer à piller et à se battre ». « Les combats sont violents, nous utilisons l’artillerie lourde », a précisé un officier de l’armée congolaise. Également interrogé par l’AFP, le porte-parole militaire du M23, Willy Ngoma, a confirmé ces combats avec les FARDC.

Plus de voyage papal

Une marche a eu lieu jeudi matin à Goma pour protester contre l’attitude de la communauté internationale, accusée d’inaction voire de complicité. Plusieurs journalistes et manifestants ont été malmenés lors de cette manifestation, qui n’avait pas été autorisée par la mairie.

Une autre marche, organisée par l’Église catholique, s’est déroulée dans le calme à Bukavu, dans la province voisine du Sud-Kivu.

La reprise des combats après une courte trêve intervient alors que le Vatican a annoncé les nouvelles dates, du 31 janvier au 3 février 2023, d’une visite du pape François en RDC, initialement prévue en juillet mais reportée pour des raisons de santé. Le souverain pontife viendra à Kinshasa mais l’étape de Goma ne figure plus au programme.

L’endroit qui avait été choisi pour sa messe, à 15 km au nord de la ville, est actuellement occupé par une position militaire installée par les FARDC pour stopper l’avancée du M23 vers la ville.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

RDC-Rwanda : Kagame accuse Tshisekedi d’utiliser la crise du M23 pour retarder la présidentielle

décembre 1, 2022

Dans un discours d’État ce mercredi, le président rwandais s’est montré très virulent. Se défendant de tout rôle dans la crise qui secoue l’est du pays voisin, il a rejeté la responsabilité sur son homologue congolais.

Paul Kagame lors de son discours d’État, à Kigali, le 30 novembre 2022. © Facebook Paul Kagame

Le mercredi 30 novembre, lors d’une cérémonie de prestation de serment des nouveaux membres du cabinet, le président rwandais, Paul Kagame a accusé son homologue Félix Tshisekedi de tirer parti des violences du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo pour retarder les élections.

Dans un discours d’État, Paul Kagame a déclaré que « le monde entier » imputait au Rwanda la responsabilité de la crise, mais que c’était Félix Tshisekedi qui cherchait à tirer profit des violences avant la présidentielle, prévue le 20 décembre 2023.

« Ce problème peut être résolu si un pays qui se dirige vers des élections l’année prochaine n’essaie pas de créer les conditions d’une situation d’urgence pour que les élections n’aient pas lieu », a-t-il ainsi affirmé. « S’il essaie de trouver un autre moyen de faire reporter les prochaines élections, alors je préférerais qu’il utilise d’autres excuses, et pas nous », a-t-il ajouté.

Les combats dans l’est de la RDC entre les forces gouvernementales et le M23 ont exacerbé les tensions avec le Rwanda voisin, que la RDC accuse d’encourager les rebelles. Kigali nie toute implication. Les pourparlers entre les deux pays, en Angola la semaine dernière, ont abouti à un cessez-le-feu qui semble tenir depuis plusieurs jours.

L’insécurité, un défi pour un vote « libre »

La commission électorale a déclaré ce mois-ci que l’insécurité persistante dans certaines parties du pays constituerait un défi pour un vote « libre, démocratique et transparent ». En RDC, la présidentielle est une élection à un seul tour, couplée aux législatives ainsi qu’aux élections des députés provinciaux et des conseillers communaux. Dans le cadre du cessez-le-feu entré en vigueur le 25 novembre, les combattants du M23 doivent se retirer des « zones occupées », faute de quoi une force régionale est-africaine interviendrait.

Une série de pourparlers avec des groupes armés s’est tenue au Kenya mercredi 30 novembre, sans la présence du M23. Uhuru Kenyatta, l’ancien président kenyan qui supervise les pourparlers, a déclaré que les groupes rebelles étrangers opérant sur le sol congolais « devraient partir » ou affronter les troupes de la RDC et de l’Afrique de l’Est. « Ils ont déjà été prévenus : la RDC ne sera pas un centre de combat pour d’autres pays », a déclaré Uhuru Kenyatta.

Par Jeune Afrique (Avec AFP

RDC – M23 : William Ruto attendu à Kinshasa alors que les combats reprennent

novembre 21, 2022

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour faire taire les armes. Le président kényan William Ruto doit s’entretenir ce 21 novembre à Kinshasa avec son homologue congolais Félix Tshisekedi.

Le président kényan William Ruto et le président congolais Félix Tshisekedi lors d’une visite officielle à Kinshasa, le 21 novembre 2022. © Photo by Arsene Mpiana / AFP

Signe des tensions, les offices religieux ont été brusquement écourtés ce dimanche 20 novembre dans plusieurs villages du nord-est de la RDC par l’irruption des rebelles du M23 toujours à l’offensive. Les lignes de front étaient restées calmes samedi, laissant croire que les appels à cesser-le-feu pouvaient avoir été entendus. Mais l’accalmie n’a duré qu’une journée.

« Nous étions à l’église pour le culte et le M23 a surgi en tirant beaucoup de coups de feu », a déclaré à l’AFP par téléphone un pasteur de Katwiguru, agglomération du territoire de Rutshuru située sur le front nord-est des combats entre l’armée congolaise et le « Mouvement du 23 mars ».

« Les combats font rage »

Selon Jean Bosco Bahati, un responsable de la société civile locale, les rebelles se sont emparés de plusieurs villages de la région, à quelque 35 km d’Ishasha, localité frontalière de l’Ouganda située non loin du Lac Édouard. « La population est en débandade », a-t-il témoigné. Selon un autre habitant, l’armée s’est repliée vers le Nord.

Plus au Sud, les combats ont aussi repris dimanche matin à une vingtaine de km au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, au niveau de Kibumba, qui marque depuis plusieurs jours la ligne du front sud.À LIRECrise entre la RDC et le Rwanda, coups d’État… Au cœur des premiers débats du sommet de l’OIF

« Depuis ce matin les combats font rage » dans la région, a indiqué un habitant. « Trois officiers dont un colonel viennent d’être blessés dans les combats », a précisé une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.

Il y a vingt ans jour pour jour, le 20 novembre 2012, le M23 s’était emparé de la ville de Goma, qu’il avait occupée pendant une dizaine de jours avant de se retirer et d’être vaincu l’année suivante.

William Ruto à Kinshasa

Reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté ses engagements sur la démobilisation et la réinsertion de ses combattants, le mouvement a repris les armes en fin d’année dernière et étend depuis son territoire.

Sa résurgence a provoqué un regain de tension entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir cette rébellion. Kigali conteste, en accusant en retour Kinshasa de collusion avec des rebelles hutu rwandais implantés en RD Congo depuis le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda.

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour tenter de surmonter la crise. Le président kényan William Ruto doit avoir lundi à Kinshasa un entretien avec son homologue congolais Félix Tshisekedi.

Rencontre Tshisekedi et Kagame à Luanda

Sa visite fait suite à celle de son prédécesseur, l’ex-président Uhuru Kenyatta, désormais facilitateur de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) pour la RDC, venu préparer une nouvelle session de pourparlers de paix prévus dans les prochains jours à Nairobi.

Vendredi soir, Uhuru Kenyatta a indiqué que le président rwandais Paul Kagame s’était joint aux appels demandant aux rebelles du M23 de cesser les combats et de se retirer des territoires qu’ils occupent.

L’EAC a par ailleurs décidé de créer une force régionale pour tenter de ramener la paix dans l’est de la RDC, en proie depuis près de trente ans aux violences de multiples groupes armés, dont le M23.

Le Kenya devrait contribuer à cette force à hauteur de 900 hommes, dont les premiers sont arrivés à Goma, où se situe le quartier général de la force.

Une autre initiative diplomatique est conduite en parallèle par le chef de l’État angolais João Lourenço, qui prévoit une nouvelle rencontre dans les prochains jours entre les présidents congolais et rwandais à Luanda.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

M23 en RDC : violents combats à l’artillerie sur fond d’initiatives diplomatiques

novembre 12, 2022

L’armée congolaise et les rebelles du M23 continuaient de s’affronter ce vendredi dans l’est du pays, tandis que le président angolais, João Lourenço, attendu ce samedi à Kinshasa, arrivait au Rwanda pour rencontrer Paul Kagame.

Patrouilles dans la zone de Kibumba attaquée par les rebelles du M23 lors d’affrontements avec l’armée congolaise, près de la ville de Goma dans l’est de la RDC, en juin 2022. © Guerchom Ndebo / AFP

Le président angolais, João Lourenço, est arrivé ce vendredi au Rwanda pour rencontrer son homologue Paul Kagame. Il est attendu samedi à Kinshasa pour y rencontrer le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a annoncé la présidence congolaise. Alors que João Lourenço continue de chercher une solution diplomatique à la crise entre Kinshasa et Kigali, de violents combats ont opposé, ce vendredi 11 novembre, l’armée congolaise aux rebelles du M23 dans l’est du pays.

Dès le matin, des habitants du territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, se sont réveillés au son des tirs d’artillerie de l’armée congolaise contre des positions du M23, trois jours après des frappes menées par des avions Sukhoï-25 et des hélicoptères de combat Mi-24. L’un de ces habitants a fait état de combats à Rugari, localité située à environ 30 km au nord de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, qui marque depuis quelques jours la ligne de front entre les forces armées et le M23.

Selon lui, les combats ont encore une fois provoqué la fuite de la population. « Je suis à Rumangabo [à 10 km au nord de Rugari], d’où nous entendons le bruit des bombes », a-t-il dit. Les tirs d’artillerie partaient du sud, de Kibumba, également sur la route nationale 2 desservant Goma, a précisé un autre habitant. Un char de combat et un camion de l’armée transportant des munitions ont été vus à la sortie de la ville, se dirigeant vers la zone des combats. « Les combats continuent à Rugari, nous progressons vers Rumangabo », a confirmé une source sécuritaire.

Des sources hospitalières ont fait état d’au moins 5 civils tués, dont deux jeunes enfants, et 11 blessés par les combats de ce vendredi 11 novembre. Dans l’après-midi, la fourniture en électricité de Goma, cité de plus d’un million d’habitants, a été perturbée après qu’une ligne reliant la ville à la centrale hydroélectrique de Matebe a été touchée par les combats, a indiqué son exploitant, Virunga Energies. Par ailleurs, le Programme alimentaire mondial (PAM) a déploré le pillage de cantines scolaires qu’il soutient dans des écoles de Rutshuru-centre et Kiwanja, deux localités sous contrôle rebelle.

Feuille de route

Le Mouvement du 23 mars (M23), qui a repris les armes fin 2021, a conquis plusieurs localités du territoire de Rutshuru, dont Bunagana, à la frontière avec l’Ouganda. Après plusieurs semaines d’accalmie, les rebelles ont repris l’offensive le 20 octobre et étendu leur emprise vers l’ouest, occupant des localités sur la route nationale 2, que l’armée tente maintenant de reprendre.

Sa résurgence a provoqué un regain de tension entre la RDC et le Rwanda, accusé par Kinshasa depuis le début de l’année de soutien actif à cette rébellion. Un rapport confidentiel de l’ONU pointait une implication du Rwanda auprès du M23 et des dirigeants américains ont également évoqué l’aide des Forces de défense rwandaises au M23. Mais le Rwanda dément et accuse en retour la RDC – qui nie elle aussi – de collusion avec les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), un mouvement de rebelles rwandais.

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour tenter de surmonter la crise. L’une d’elles est conduite par le chef de l’État angolais, João Lourenço, qui préside la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Celui-ci est arrivé vendredi au Rwanda pour rencontrer son homologue Paul Kagame, et est attendu samedi à Kinshasa pour y rencontrer le président Félix Tshisekedi, suivant la feuille de route qui avait été établie lors d’un sommet négocié par l’Angola entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi en juillet pour mettre fin aux hostilités.

Le parlement kényan a par ailleurs approuvé mercredi le déploiement de quelque 900 soldats dans le cadre d’une force régionale est-africaine pour stabiliser l’est la RDC, en proie depuis près de trois décennies aux violences de groupes armés, dont le M23. L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, facilitateur désigné par la Communauté des États d’Afrique de l’Est, est quant à lui attendu à Kinshasa dimanche pour « une visite de travail de 48 heures », a également annoncé la présidence de RDC.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Est de la RDC : des centaines de jeunes prêts à intégrer l’armée pour combattre le M23

novembre 5, 2022

Des centaines de jeunes Congolais se sont portés volontaires pour s’enrôler dans l’armée et combattre les rebelles du M23 qui gagnent du terrain dans l’est de la RDC.

Des centaines de personnes déplacées ont fui l’avancée de la rébellion du M23 et marchent le long de la route nationale à Kanyaruchinya, le 2 novembre 2022. © ALEXIS HUGUET / AFP

Dans un message à la nation, le président Félix Tshisekedi avait renouvelé jeudi 3 novembre son appel aux jeunes Congolais qui en ont la vocation « à s’enrôler massivement » dans l’armée pour combattre la rébellion du « Mouvement du 23 mars »(M23).

« Depuis ce matin (samedi), nous sommes au-delà de 800 jeunes garçons et filles qui ont répondu présents à l’appel du chef de l’État », a déclaré à l’AFP le colonel Ndakala Faustin, directeur chargé du recrutement au sein de l’armée dans la province du Nord-Kivu.

« Mobilisation générale »

L’officier confirmait une information partagée sur les réseaux sociaux avec des images montrant des centaines de jeunes rassemblés dans un centre de recrutement, en train de faire des exercices physiques.

« C’est une mobilisation générale de la jeunesse du Nord-Kivu », s’est-il félicité, indiquant que dans la partie nord de la province, « 2 018 jeunes » ont rejoint un camp de formation à Beni et « attendent leur enregistrement ». « Ceux qui seront aptes vont aller au centre d’instruction, s’il veulent devenir militaires, ils vont servir après l’agression (du M23), parce que je suis sûr que nous allons bouter l’ennemi dehors » d’ici-là, a-t-il ajouté.

Vives tensions entre la RDC et le Rwanda

La tension est vive entre Kinshasa et Kigali depuis la résurgence, fin 2021, du M23, une ancienne rébellion tutsi qui a repris les armes en reprochant à la RDC de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation de ses combattants. Kinshasa accuse Kigali de soutenir cette rébellion, ce que le Rwanda conteste.

Après plusieurs semaines d’accalmie, le M23 est à l’offensive depuis le 20 octobre et a gagné du terrain tandis que les Forces armées congolaises (FARDC) tentent de lui barrer la route vers Goma, ville de plus d’un million d’habitants et chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Ce regain des tensions entre les deux pays des Grands Lacs inquiète la communauté internationale, qui a appelé à l’arrêt immédiat des combats et au retrait du M23 des zones occupées. Samedi, les ministres des Affaires étrangères de RDC et du Rwanda sont arrivés à la présidence angolaise pour une nouvelle médiation.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)