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RDC: 16 morts dans des combats entre l’armée et le M23

février 23, 2017

Goma (RD Congo) – L’armée congolaise a affirmé que seize personnes ont été tuées en trois jours dans des combats qui ont opposé les forces loyalistes et les rebelles du « Mouvement du 23 mars » (M23) dans l’est de la République démocratique du Congo (M23).

Dans les affrontements qui ont duré ces trois derniers jours, les FARDC (Forces armées de la RDC) ont « résisté » et « ont mis en déroute » les rebelles du M23″, a déclaré à l’AFP le major Guillaume Djike, porte-parole des opérations Sukola 2 dans la province troublée du Nord-Kivu, ajoutant que « le bilan est de 16 morts ». Cinq rebelles ont été capturés et 58 autres se sont rendus.

« Aujourd’hui (jeudi) la situation est calme. Nous demandons à la population qui a fui les combats jusqu’en Ouganda de regagner le pays car la situation est déjà rétablie dans le [territoire de] Rutshuru », a déclaré au téléphone à l’AFP Liberata Buratwa, administrateur de territoire adjoint de Rutshuru.

Mi-janvier, le gouvernement congolais et de nombreux témoignages d’habitants avaient fait état de la présence dans la région de Rutshuru (Nord-Kivu) d’ex-combattants du M23 en provenance de l’Ouganda voisin.

Mais, le M23 affirme que « les ex-combattants qui retournent dans leur pays sont non-armés et n’avaient aucune intension de faire la guerre ». Il accuse le gouvernement de refuser « d’appliquer ses engagements » dont la mise en oeuvre devaient « faciliter le retour au pays des réfugiés et des ex-combattants du M23 », ce qui a « obscurci toute perspective d’un retour organisé » et a « ouvert la voie à un retour incontrôlé et individuel ».

Cependant, pour la Monusco le M23 représente « une menace actuelle » pour la sécurité dans l’est de la RDC et elle dispose « de multiples indices » sur la présence de ces ex-combattants sur le territoire congolais.

Dans un communiqué rendu public mercredi à Kampala, le M23 a estimé que « le choix du gouvernement d’imposer la guerre aux ex-combattants retournés au pays, les contraignant ainsi à se défendre, constitue un signal négatif envoyé à leurs collègues restés dans les centres de cantonnement », en Ouganda et au Rwanda. « Car, ils comprendraient qu’ils ne sont pas les bienvenus dans leur propre pays, ce qui risquerait de conforter la logique de la confrontation », a écrit son président Bertrand Bisimwa.

Dernier avatar de la rébellion à dominante tutsi soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, le M23 avait été vaincu par les FARDC appuyées par les Casques bleus en 2013, après dix-huit mois de guérilla au Nord-Kivu. Plusieurs centaines de ses combattants avaient alors trouvé refuge en Ouganda, où ils ont été cantonnés dans la base militaire de Bihanga et au Rwanda.

L’est de la RDC, est ravagé depuis plus de vingt ans par des conflits armés menés par des groupes armés parfois soutenus par des pays voisins, et qui se livrent au pillage des ressources naturelles du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 23 février 2017 17h46)             

RDC: 200 ex-combattants du M23 réfugiés en Ouganda investissent une localité dans l’est (officiel)

janvier 15, 2017

Kinshasa – Les autorités congolaises ont annoncé dimanche l’entrée sur le territoire de la République démocratique du Congo de 200 ex-combattants du « Mouvement du 23 mars » (M23), un groupe rebelle défait en 2013, en provenance de l’Ouganda voisin où ils étaient réfugiés.

« Deux colonnes d’anciens éléments de la rébellion du M23 ont franchi hier la nuit les frontières en provenance de l’Ouganda investissant le village d’Ishasha », a annoncé à l’AFP Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais.

« Comment nos voisins ougandais avec qui nous avons des engagements très sérieux ont-ils laissé des personnes cantonnées dans des camps de réfugiés pénétrer, armées dans nos frontières ? », s’est interrogé M. Mende.

« Il y a déjà des affrontements avec les Forces armées de la RDC (FARDC) parce que l’armée congolaise ne laissera personne traverser nos frontières sans autorisation, avec des armes », a ajouté M. Mende.

Ishasha est une localité du territoire de Rutsuru située à 155 km au nord-est de Goma, capitale la province déchirée du Nord-Kivu frontière avec l’Ouganda.

Le M23 est le dernier mouvement des rébellions à dominante tutsi soutenues par le Rwanda et l’Ouganda dans l’est de la RDC.

Le M23 a été vaincu en novembre 2013 par l’armée congolaise avec l’appui de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) après dix-huit mois de guérilla au Nord-Kivu (est de la RDC).

En décembre 2013 à Nairobi, le M23 et Kinshasa avaient signé des engagements pour, notamment ouvrir la voie au rapatriement de la plupart des combattants de l’ex-rébellion en vue de leur réinsertion dans la vie civile.

Depuis, le mouvement de retour n’a pas été massif. Selon Kinshasa, seuls 193 miliciens sur 1.500 ont été rapatriés d’Ouganda et 13 sont volontairement rentrés du Rwanda sur les quelques centaines qui y étaient hébergés.

Les autorités congolaises accusent régulièrement leurs voisins (le Rwanda et l’Ouganda) d’avoir laissé « ces criminels circuler librement » sur leurs territoires respectifs alors qu’ils devraient être jugés.

Romandie.com avec(©AFP / 15 janvier 2017 10h49)      

RDC: les rebelles du M23 « prêts à désarmer à deux conditions »

septembre 8, 2013

Les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), actifs dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), sont « prêts à désarmer » et à retourner à la vie civile sous « deux conditions », a déclaré dimanche à l’AFP leur chef, Bertrand Bisimwa.

« Nous sommes prêts à désarmer à deux conditions : premièrement, que soit réglée la question des FDLR [NDLR: milice hutue rwandaise présente dans l’est de la RDC] et, deuxièmement, le retour des réfugiés congolais qui vivent dans des camps », au Rwanda, en Ouganda et au Burundi, a indiqué le président du M23, joint par téléphone de Kinshasa.

Alors que la rébellion a subi un important revers face à l’armée régulière soutenue par la force de l’ONU fin août, et qu’elle apparaît isolée sur le plan international, M. Bisimwa a indiqué que son mouvement est prêt à abandonner les armes avant d’obtenir gain de cause sur l’ensemble de son « cahier des charges ».

Le 2 septembre, le porte-parole militaire du M23, Vianney Kazarama, avait déclaré que son mouvement était prêt à « déposer les armes » mais ne le ferait que si Kinshasa répondait à sa « revendication légitime ».

« Le M23 n’est pas intéressé par l’intégration au sein de l’armée [congolaise] ni au sein du gouvernement congolais », a précisé M. Bisimwa, dont le mouvement est né en mai 2012 d’une mutinerie d’anciens miliciens tutsis qui avaient été réintégrés aux Forces armées de la RDC (FARDC) en 2009.

« Cette armée n’est pas attrayante », a encore dit M. Bisimwa à l’AFP, « le M23 est prêt à se démobiliser et à rentrer dans la vie civile ».

Mais pour cela, a-t-il insisté, il faut que les réfugiés congolais tutsi puissent « rentrer » et que les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) « soient neutralisés ».

Les FDLR sont composés de Rwandais hutus réfugiés en RDC (alors le Zaïre) après le génocide rwandais de 1994 et qui veulent mettre à bas le régime tutsi au pouvoir à Kigali depuis lors.

« Nous ne les voulons plus sur notre territoire », a déclaré M. Bisimwa.

Jeuneafrique.com

RDCongo : nouveaux combats au nord de Goma

août 22, 2013

GOMA (RDCongo) – Des affrontements ont opposé mercredi soir et jeudi matin le mouvement rebelle M23 et l’armée gouvernementale congolaise au nord de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris de sources militaires dans cette ville, capitale de la province du Nord-Kivu.

Les combats, qui ont débuté mercredi soir et ont repris à l’aube, se sont déroulés à proximité des villages de Mutaho et Kibati, situés à une vingtaine de kilomètres de Goma, selon les mêmes sources. Aucun bilan n’a pu être obtenu de part et d’autre.

Dans un communiqué transmis à l’AFP en fin de matinée le M23 a accusé les forces gouvernementales de vouloir généraliser cette offensive. La guerre absurde relancée par le gouvernement congolais aurait des allures d’un coup de colère suite à l’échec de sa diplomatie militariste ces dernières semaines écrit le porte-parole de mouvement, M. Amani Kabasha.

Selon lui cette reprise de l’offensive armée par les FARDC est en violation de récentes recommandations du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, de la Conférence Internationale sur la Région des Grands-Lacs ainsi que la SADC pour la reprise des pourparlers de Kampala.

Selon un officier des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les troupes régulières ont été attaquées sur les positions qu’elle occupent depuis mi-juillet à environ 20 kilomètres de la capitale régionale. L’officier, qui a préféré garder l’anonymat, n’a donné aucun bilan de ces tirs effectués selon lui à l’arme lourde.

Le major Modeste Bahati, officier de renseignement du M23, interrogé par l’AFP, a affirmé que les forces rebelles restaient sur leurs positions. Il n’a pas non plus donné de bilan des affrontements.

Mi-juillet, après environ deux mois de trêve, les combats avaient repris entre l’armée et le M23 à la faveur des forces régulières. Le gouvernement avait annoncé la mort de 120 rebelles et de 10 soldats. Depuis, les affrontements ont repris épisodiquement sans être suivis de mouvements importants autour de l’axe Kibati-Mutaho.

Le M23, actif depuis mai 2012 dans le Nord-Kivu, est essentiellement composé de Tutsi congolais intégrés dans les FARDC à la faveur d’un accord de paix signé en 2009 qui se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n’avait jamais été pleinement respecté. Leur nombre est estimé à environ un millier.

Kinshasa et l’ONU ont accusé le Rwanda et l’Ouganda de soutenir le M23, ce que ces deux pays voisins de la RDC ont toujours démenti.

Romandie.com avec (©AFP / 22 août 2013 14h44)

RDCongo: 130 morts dans les combats près de Goma

juillet 15, 2013

KINSHASA – Les combats en cours depuis dimanche près de Goma (Est de la République démocratique du Congo) ont fait 130 morts, a affirmé lundi le porte-parole du gouvernement, assurant que 120 rebelles et 10 soldats avaient été tués.

Nos forces ont infligé de très lourdes pertes aux assaillants du M23: 120 assaillants ont été tués et 12 capturés, a assuré le porte-parole de Kinshasa, Laurent Mendé, au cours d’une conférence de presse, ajoutant que 10 soldats des forces armées de RDC avaient trouvé la mort.

Selon le porte-parole, les rebelles du Mouvement du 23 mars, soutenus par des troupes régulières rwandaises, ont attaqué les positions des FARDC. Depuis plusieurs semaines, les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais renforçaient leurs positions a-t-il dit.

Ces affrontements avaient débuté dimanche après-midi à Mutaho, à une dizaine de kilomètres au nord de Goma, et se sont poursuivis lundi matin. Des tirs de mortiers étaient audibles depuis les faubourgs de Goma, selon des sources locales.

Les forces des Nations unies présente en nombre à Goma n’ont pas été impliqués dans ces combats, a précisé le porte-parole.

Le bilan de ces affrontements n’est pas encore définitif, mais jusque-là, les FARDC ont répondu avec bravoure et efficacité à cette agression, a dit M. Mendé. Selon lui, les forces loyalistes ont également reconquis quelques positions de l’ennemi qui a fui vers Kilimanyoka, à proximité de Kibati.

Le M23 est constitué d’ancien militaires congolais, essentiellement rwandophones (parlant le Kinyarwanda), qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui en hommes et en munitions des gouvernements ougandais et rwandais. Ces deux pays nient toute assistance au M23.

Le mouvement rebelle, qui avait occupé Goma, la capitale du Nord-Kivu, pendant une dizaine de jours en novembre 2012. Il avait quitté la ville sous la pression des pays de la région, en échange de négociations avec le gouvernement. Mais depuis, ces discussions achoppent sur l’évolution du M23 et l’intégration de ses hommes au sein des forces armées (FARDC).

M. Mendé a accusé les forces négatives du M23 et leurs sponsors dans la région d’avoir relancé les hostilités en tirant à l’arme lourde sur les FARDC.

Le porte-parole du gouvernement a refusé de préciser l’importance des troupes engagées dans cet affrontements. Selon des sources locales, trois bataillons des FARDC – soit environ 2.000 hommes – seraient engagés.

Romandie.com avec (©AFP / 15 juillet 2013 17h03)

RDC : 3069 hommes pour la brigade d’intervention de l’ONU dans l’Est

avril 13, 2013
 

Des Casques bleus de l'ONU près de Goma, dans l'est du Congo, le 18 novembre 2012. Des Casques bleus de l’ONU près de Goma, dans l’est du Congo, le 18 novembre 2012. © AFP/Phil Moore

La brigade d’intervention de l’ONU qui doit être déployée pour combattre les groupes armés actifs dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) comptera 3.069 hommes, a-t-on appris samedi auprès de Mission de la l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco).

La brigade d’intervention de l’ONU qui doit être déployée pour combattre les groupes armés actifs dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) comptera 3.069 hommes, a-t-on appris samedi auprès de Mission de la l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco).

La brigade comptera « 3.069 hommes, c’est le chiffre officiel » a déclaré à l’AFP Madnodje Mounoubai, porte-parole de la Monusco, chargée de la protection des civils et à laquelle sera intégrée la brigade onusienne. L’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Malawi doivent fournir des troupes.

« Chaque pays va contribuer à envoyer un bataillon d’infanterie de 850 soldats, ce qui fait 2.550 hommes. Il reste 519. Ces 519 sont répartis en une compagnie d’artillerie, une compagnie de forces spéciales et une compagnie de reconnaissance », a expliqué M. Mounoubai. Il a précisé que la brigade opèrerait sous le commandement d’un général tanzanien.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 28 mars une résolution créant une brigade d’intervention chargée de lutter contre les groupes armés dans l’Est, en tête desquels le Mouvement du 23 mars (M23) – une rébellion que des experts de l’ONU disent soutenus par le Rwanda et l’Ouganda voisins, ce que ces deux pays réfutent.

Ainsi renforcée, la Monusco se voit confier la tâche supplémentaire de « mener des opérations offensives et ciblées » – seule ou avec l’armée congolaise – pour « stopper le développement de tous les groupes armés, les neutraliser et les désarmer ».

Vendredi, le M23 a déclaré à l’AFP qu’il s’accorderait « le droit de riposter » en cas d’attaque de la brigade d’intervention. Il a par ailleurs écrit aux parlements d’Afrique du Sud et de Tanzanie afin qu’ils poussent leur gouvernement à annuler l’envoi de soldats dans l’Est congolais.

Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, avait annoncé que la brigade serait déployée d’ici « la fin du mois d’avril ». De son côté, l’ONU a indiqué que les premières troupes seraient en place d’ici quelques semaines.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : Jean-Marie Runiga, chef politique du M23, démis de ses fonctions

février 28, 2013
De g.à dr. Sultani Makenga, chef militaire du M23, et Jean-Marie Runiga, coordonnateur politique De g.à dr. Sultani Makenga, chef militaire du M23, et Jean-Marie Runiga, coordonnateur politique © AFP

Dans un communiqué publié le 28 février, le chef militaire du Mouvement du 23 mars (M23), Sultani Makenga, annonce la destitution de Jean Marie Runiga, le coordonnateur politique du groupe rebelle, accusé de connivence avec le général Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale.

Au Mouvement du 23 mars (M23), la rupture est consommée entre les pro-Nkunda et les pro-Ntaganda. Le chef militaire de la rébellion qui sévit dans l’est de la RDC, Sultani Makenga, réputé fidèle au général déchu Laurent Nkunda, a destitué, le 27 février, le président de sa branche politique, Jean-Marie Runiga, qu’il accuse de soutenir le général mutin Bosco Ntaganda. « Jean-Marie Runiga vient d’être destitué de ses fonctions de président du mouvement pour incapacité et incompétence. Il appuie financièrement un général recherché par la Cour pénale internationale : le général de brigade Bosco Ntaganda », a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23.

L’intérim de la présidence politique est assuré par le « général » Sultani Makenga qui était jusqu’à présent responsable militaire du mouvement rebelle. « Jean-Marie Runiga a détourné les ressources financières du mouvement pour appuyer des activités illégitimes et prohibées, notamment le recrutement des cadres politiques et militaires pour le compte du général Bosco Ntaganda », rapporte un communiqué publié par la rébellion. Le document précise que cet appui, qualifié de « haute trahison », a permis au général mutin de « tenter une incursion dans l’espace sous notre contrôle pour y semer troubles et divisions ».

« Aveux »

La destitution a été prise « devant le haut-commandement militaire et devant le congrès », réunis le 27 février, a indiqué le lieutenant-colonel Kazarama. Selon lui, Jean-Marie Runiga « a reconnu qu’il avait collaboré » avec Ntaganda, « donc il a avoué », a-t-il dit. Le porte-parole a expliqué que l’ex-président politique a quitté la résidence qu’il habitait à Bunagana, à la frontière avec l’Ouganda, pour « rejoindre » le général Ntaganda dans le « parc des Virunga », à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda – deux pays accusés par l’ONU de soutenir le M23, ce qu’ils réfutent. Il a par ailleurs souligné que des militaires pro-Ntaganda ont quitté le M23 avec Runiga, mais n’a pas pu donner leur nombre.

Cette rupture intervient alors que des affrontements ont opposé, quatre jours plus tôt, les deux factions rivales du mouvement rebelle. Selon une source hospitalière à Rutshuru, ceux-ci auraient fait 10 morts, mais selon le gouvernement 17 morts ont été dénombrés après des échanges de tirs. Dès le premier jour de sa création, en mai, le M23 a réfuté tout lien avec le général Ntaganda, sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont l’enrôlement présumé d’enfants soldats.

Mais plusieurs ONG et des rapports de l’ONU affirment que le M23 était en réalité dirigé par Bosco Ntaganda, ex-chef l’état-major du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), une rébellion intégrée dans l’armée en 2009 et dont sont issus la plupart des membres du M23.

Jeuneafrique.com avec AFP

Roger Lumbala : « Je soutiens le M23 qui mène une lutte armée contre le régime de Joseph Kabila »

janvier 2, 2013

Roger Lumbala, opposant congolais, leader du Rassemblement congolais pour la démocratie – national (RCD-N), vient de rallier le Mouvement du 23-Mars (M23). Il explique les raisons de son engagement aux côtés de la rébellion.

Après quelques atermoiements, l’opposant congolais Roger Lumbala a rejoint le mouvement du 23-Mars (M23). Les dirigeants rebelles ont officialisé son ralliement le 1er janvier en marge d’une cérémonie d’échanges de vœux tenue dans leur fiel Bunagana. En septembre, Kinshasa accusait déjà cet élu de Miabi, dans le Kasaï oriental, d’être de mèche avec le mouvement rebelle qui sévit dans le Nord-Kivu. Accusation que le concerné rejetait en bloc. Qu’est-ce qui a changé depuis ? Roger Lumbala, le leader du Rassemblement congolais pour la démocratie – national (RCD-N) explique à Jeune Afrique les raisons de ce revirement.

Jeune Afrique : Pourquoi avez-vous rejoint le Mouvement du 23-Mars (M23) ?

Roger Lumbala : Je n’ai pas adhéré au M23, mais je soutiens le M23. Je considère que Joseph Kabila n’a pas gagné la présidentielle du 28 novembre 2011. Dès lors que le M23 fait siennes les revendications de l’opposition politique congolaise relatives aux résultats frauduleux de cette élection, je me sens proche du M23. Par ailleurs, la Constitution de la RDC autorise tout Congolais à faire échec à celui ou ceux qui prennent le pouvoir par la force. C’est pourquoi je soutiens aujourd’hui le M23 qui mène une lutte armée contre le régime de Kabila.

En septembre encore, lorsque Kinshasa vous accusait de connivence avec les rebelles, vous rejetiez tout en bloc, affirmant n’avoir que des revendications politiques. Vous avez même déclaré à Jeune Afrique que c’est Kabila qui « est avec le M23 ». Qu’est-ce qui a changé depuis, pour qu’on vous retrouve dans la rébellion ?

Joseph Kabila n’écoute que le langage des armes. Combien de fois l’opposition a réclamé un dialogue pour débattre des résultats controversés des dernières élections. Il a préféré répondre par des intimidations. Étienne Tshisekedi a été mis en résidence surveillée, Eugène Diomi Ndongala arrêté, et puis Floribert Chebeya ou encore Armand Tungulu ont été assassinés…
Je me reconnais donc aujourd’hui dans les trois revendications principales du M23 : l’application de l’accord du 23 mars, l’imposition de la vérité des urnes et le fédéralisme. Voilà plus de dix ans que Joseph Kabila est au pouvoir, et il n’est pas parvenu à donner ne fût-ce que de l’eau potable et de l’électricité à l’ensemble de la population congolaise. Aujourd’hui, la solution aux problèmes de la RDC passera par le M23, qui a mis Joseph Kabila à terre, l’obligeant à accepter les négociations.

Quel rôle comptez-vous jouer aux côtés du M23 lors des négociations qui doivent redémarrer le 4 janvier entre Kinshasa et les responsables de la rébellion ?

En 2011, j’ai battu campagne pour Étienne Tshisekedi. Je suis à la tête d’un parti politique et vice-président d’un groupe parlementaire. Les Congolais qui m’ont élu député entendent mon message. La population de Bunagana [fief de la rébellion, ndlr] a confiance en moi. Mon rôle aux côtés du M23 sera celui de partenaire.

Les experts onusiens accusent le Rwanda et, dans une certaine mesure, l’Ouganda de soutenir le mouvement rebelle que vous venez de rejoindre. Qu’en pensez-vous ?

C’est faux. Je suis à Bunagana et je n’ai pas vu un seul Rwandais dans les troupes du M23. Ce sont les jeunes Congolais qui sont déterminés à combattre le pouvoir de Kinshasa. À chaque bataille, l’armée de Kabila abandonne des tonnes de munitions aux rebelles. Dans son incapacité à constituer une armée républicaine et dissuasive, c’est Joseph Kabila qui ravitaille la rébellion, pas le Rwanda.

Vous vous associez au M23 au moment où l’ONU multiplie des sanctions contre ses dirigeants. Le 1er janvier, Jean-Marie Runiga, « chef civil » de la rébellion a été interdit de voyager et ses avoir gelés. Ne craignez-vous pas de vous retrouver dans le collimateur du Conseil de sécurité des Nations unies ?

Le Conseil de sécurité sanctionne les responsables du M23 sur des faits dont il n’est même pas à mesure de vérifier la véracité. Pour ma part, je ne crains rien. J’ai déjà levé une option : je m’associe au M23 pour chasser Kabila du pouvoir et rétablir des bons rapports avec nos voisins. La RDC n’a pas intérêt aujourd’hui à être en conflit avec ses voisins.

Jeuneafrique.com propos recueillis par Trésor Kibangula

RDC : la Mission de l’ONU accuse les rebelles du M23 d’avoir tiré sur ses hélicoptères

décembre 29, 2012

La Mission de l’ONU pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (Monusco) a accusé vendredi les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) d’avoir tiré sur ses hélicoptères depuis des localités de l’Est congolais et menacé de poursuivre en justice « les responsables de ces actes ».

La Mission de l’ONU pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (Monusco) a accusé vendredi les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) d’avoir tiré sur ses hélicoptères depuis des localités de l’Est congolais et menacé de poursuivre en justice « les responsables de ces actes ».

« La Monusco met en garde le M23 contre les attaques répétées sur ses hélicoptères » et « rappelle que les Casques bleus sont au service exclusif de la paix et que toute attaque contre eux constitue un crime de guerre », écrit-elle dans un communiqué. « Les responsables de ces actes seront poursuivis et traduits en justice », a-t-elle averti.

Elle explique que le 26 décembre, « aux environs de 20H00 (18H00 GMT), deux hélicoptères de la Monusco qui effectuaient un vol de routine de certification au nord de Goma ont essuyé des tirs, l’un à partir de Kibumba et l’autre à partir de Kanyamahoro, deux localités sous contrôle du M23 ». « C’est la deuxième fois que des hélicoptères de l’ONU sont délibérément pris pour cible par des éléments du M23 au cours du mois de décembre (…) Ces hélicoptères de transport non armés sont couramment utilisés dans les cas d’évacuations médicales » de Casques bleus et de civils, ajoute le texte.

Dialogue suspendu

La Monusco souligne que ces attaques ont été signalées aux membres du Mécanisme conjoint de vérification (JVM), un organe régional de contrôle de la frontière entre la RDC et le Rwanda. Des experts de l’ONU accusent le Rwanda et l’Ouganda de soutenir les rebelles, ce que démentent ces pays.

« On n’a jamais attaqué la Monusco, nous avons tiré sur des hélicoptères des FARDC (Forces armées congolaises) qui faisaient de la reconnaissance au-dessus des zones du M23 », a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23. « Si la Monusco veut faire de la reconnaissance dans nos zones, il faut qu’elle le fasse la journée et qu’elle nous avertisse: la nuit, dans l’obscurité, on ne peut pas distinguer le signe +UN+ (de l’ONU) ou l’avion de telle ou telle compagnie », a-t-il précisé.

L’armée congolaise affronte depuis mai le M23, qui réclame notamment la pleine application de l’accord de 2009 ayant intégré dans l’armée ses hommes – alors membres d’une autre rébellion.

Le M23 a pris le 20 novembre Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, avant de s’en retirer 11 jours plus tard sur demande des Etats de la région des Grands Lacs, et contre la promesse d’un dialogue avec Kinshasa. Ce dialogue, ouvert le 9 décembre à Kampala, a été suspendu jusque début janvier pour les fêtes.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC – M23 : les négociations suspendues jusqu’au 4 janvier 2013

décembre 21, 2012

Le facilitateur et ministre ougandais de la Défense, Crypsus Walter Kiyonga, a décidé, vendredi 21 décembre, de suspendre avec effet immédiat les négociations de paix entre les rebelles du Mouvement du 23-Mars et le gouvernement congolais jusqu’au 4 janvier 2013.

Confronté à l’impossibilité de rapprocher les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) et le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), le facilitateur et ministre ougandais de la Défense, Crypsus Walter Kiyonga, a décidé de suspendre, vendredi 21 décembre, les négociations de paix jusqu’au 4 janvier 2013.

« En dépit de progrès substantiels, le consensus n’a pas été trouvé sur un des points de l’ordre du jour (…) ce point est relatif au besoin de renforcer l’accalmie actuelle des hostilités militaires », a déclaré le ministre ougandais.

Depuis le début des pourparlers, les délégués de Kinshasa et du M23 n’ont réussi qu’à se mettre d’accord sur des règles de procédure présidant les discussions et sur les grandes lignes de l’ordre du jour. Les délégués du M23 à Kampala avaient réclamé mercredi la signature d’un cessez-le-feu avec les autorités de RDC, accusant Kinshasa de s’y refuser et de faire traîner les négociations pour renforcer ses positions dans l’est de la RDC.

« Leadership et de légitimité »

Selon Crispus Kiyonga , quatre grands sujets seront discutés lors de la reprise des pourparlers : l’accord du 23 mars 2009, des problèmes de sécurité, des questions politiques, économiques, sociales et les mécanismes de mise en œuvre d’un éventuel accord.

Jeudi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’était insurgée contre le déroulement des négociations. « L’UDPS affirme sans détour que les entretiens de Kampala ne constituent nullement le cadre et les moyens appropriés pour résoudre la crise dans sa profondeur, dans la mesure où la crise dans l’Est n’est que le prolongement de la crise au sommet de l’État qui se pose en termes de déficit du leadership et de légitimité », avait affirmé Bruno Mavungu Puati, le secrétaire général du parti de l’opposant Etienne Tshisekedi.

Jeuneafrique.com avec AFP