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RDC-Rwanda : et si la réélection de Tshisekedi dépendait du M23 ?

juin 17, 2022

L’avenir politique du président congolais pourrait se jouer sur le front opposant son armée aux rebelles du M23, qu’il estime soutenus par Kigali. Une victoire ferait certainement grimper sa cote de popularité.

Félix Tshisekedi au palais de la Nation, à Kinshasa, en février 2022 © ARSENE MPIANA/AFP

On l’avait un peu trop vite donnée pour détruite, en 2013. La rébellion du M23 a fait sa réapparition et occupe désormais tous les débats en RDC, plus singulièrement encore en cette période pré-électorale, car la question sécuritaire s’imposera encore comme l’un des thèmes majeurs de la campagne. Une situation qui contraint le président Félix Tshisekedi à se poser à la fois en chef des armées prêt à affronter les rebelles que l’on dit soutenus par le Rwanda – ce que Kigali dément – et en président-candidat à un nouveau mandat qui doit défendre son bilan tant socio-économique que politico-sécuritaire.

Si la condamnation du soutien rwandais au M23 est unanime au sein de la classe politique congolaise, les adversaires de Tshisekedi lui reprochent son rapprochement et ses  relations jugées trop amicales avec « l’agresseur » Paul Kagame.

Les limites de la « diplomatie amicale »

Tout semble désormais se jouer à quitte ou double pour le chef de l’État congolais. La résurrection de M23 l’entraîne, lui le commandant suprême des forces armées, sur un nouveau front. Lors de son avènement au pouvoir, en 2019, il avait promis de mettre fin aux exactions des multiples groupes armés qui ravagent l’Est du pays. Et deux ans plus tard, afin d’accroître les capacités de l’armée nationale à les neutraliser, il avait proclamé l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où persiste l’insécurité.

La recrudescence des activités militaires et des atrocités perpétrées par le M23 complique donc singulièrement l’équation sécuritaire pour lui. À en croire les spécialistes, le M23 serait mieux équipé que la plupart des groupes armés auxquels le Congo livre bataille dans la région. Pour preuve, les rebelles contrôlent actuellement la ville stratégique de Bunagana, dont l’armée nationale s’est retirée.

Par ailleurs, le retour du M23 fragiliserait le président Tshisekedi parce qu’il expose au grand jour les limites de la « diplomatie amicale » qu’il a entrepris de mener auprès du régime rwandais, malgré la méfiance de l’opinion publique et de la classe politique congolaise. Se sentant « trahi » par Kagame, Tshisekedi s’est justifié en déclarant qu’il avait toujours préféré « construire des ponts » avec le Rwanda à la faveur de relations paisibles plutôt que « construire des murs ».

Opportunité politique ?

Malgré tous les désagréments qu’elle cause et que nul ne saurait nier, rien ne dit que la résurgence du M23 ne se traduira pas en opportunité politique pour Tshisekedi. Parce que les Congolais dans leur immense majorité désapprouve l’attitude jugée humiliante et hégémonique de Paul Kagame, une victoire de l’armée congolaise sur le M23 ferait grimper la cote de popularité du président auprès d’une population déterminée à en découdre avec le Rwanda.

Rien de tel qu’une victoire de l’armée pour galvaniser les électeurs et faire oublier les modestes résultats enregistrés au cours du quinquennat. Comme chacun sait, les crises internationales majeures renforcent souvent la cohésion nationale, laquelle peut se traduire, en période électorale,  par un soutien accru au président, au mépris de ses éventuelles défaillances.

Théorie du complot

Une hypothèse qui n’en est pas qu’une aux yeux des adeptes de la théorie du complot, convaincus que la réapparition soudaine du M23 résulte d’un arrangement secret entre Kagame et Tshisekedi visant à permettre à ce dernier de remporter une victoire face au M23 pour regagner la sympathie des électeurs indécis de l’Est du pays.

Leur argumentaire ? Kagame n’aurait aucun intérêt à sacrifier les accords économiques « juteux » signés sous Tshisekedi en aidant le M23. Un peu facile. Car, qu’est-ce qui empêcherait le président rwandais – qui mène une « guerre hybride » en RDC depuis des années – d’ignorer tout simplement les accords miniers conclus avec Kinshasa, sachant qu’il peut obtenir toutes ces matières premières sans contrepartie en s’abritant derrière le M23 ?

Il apparaît de plus en plus évident que Félix Tshisekedi pourrait, grâce à une victoire militaire sur le M23, convertir le fardeau de la persistance de la violence à l’Est du pays en un avantage politique dans la perspective des élections de 2023. Mais, saura-t-il le faire ? Il est encore tôt pour le confirmer.

Avec Jeune Afrique par Roger-Claude Liwanga

Chercheur à l’université Harvard, professeur de droit et de négociations internationales à l’université Emory

RDC-Rwanda : avant que tout ne bascule…

juin 3, 2022

Si la montée des tensions entre les deux pays a de quoi inquiéter légitimement aussi bien les Nations unies que l’Union africaine, créer les conditions d’une remise à plat des relations entre les deux voisins reste envisageable.

En RDC, la rébellion du M23 menace toujours. © Beatrice PETIT/REPORTERS-REA.

Kigali et Kinshasa sont de nouveau à couteaux tirés. Cette fois, c’est au sujet du M23. Les accusations abondent, les discours se radicalisent. Tout peut basculer à n’importe quel moment, même si pas grand monde n’y a vraiment intérêt. Les deux pays semblent surtout englués dans un engrenage de crises qui se succèdent irrémédiablement depuis plusieurs décennies. De telle sorte que la seule certitude, au terme d’une crise, est que la suivante est au coin de la rue.

D’une certaine manière donc, le véritable enjeu est moins celui, ponctuel, du M23 que celui, structurel, des sources de ce malaise latent, diffus, qui alimente ces crises répétées et qu’il faut identifier.

Désir de revanche congolais

Pour cela, il faut peut-être partir de la réalité suivante : la politique est fondamentalement affaire d’émotions, de sentiments, de ressentiments… Ceux-ci sont, en effet, à la base des plus grands bouleversements de l’histoire. Le sentiment de revanche, par exemple. Le jour où, recevant la nouvelle de l’exécution de son frère, Alexandre Oulianov – coupable de tentative d’assassinat sur le tsar Alexandre III –, Vladimir s’écria : « Je les ferai payer pour cela ! Je le jure ! », marque le début de la fin du tsarisme. Vladimir Oulianov entra plus tard dans l’histoire sous le nom de Lénine. Sans l’humiliation infligée aux Allemands par le traité de Versailles, Hitler ne serait probablement jamais entré dans l’histoire, ce qui aurait permis d’éviter la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale.

Il est de bonne politique de prendre au sérieux le sentiment d’humiliation d’un peuple. Le fait est qu’une part importante de l’opinion publique congolaise nourrit à l’endroit du Rwanda quelque chose qui ressemble à un vif désir de revanche, lui-même né d’un profond sentiment d’humiliation. Celui-ci se révèle pour partie honteux, puisqu’il résulte d’une forme de frustration devant les succès enregistrés depuis trois décennies par un pays infiniment moins doté. Mais il y a aussi l’héritage des deux guerres du Congo (1996-1997, puis 1998-2003), cette certitude que le pays a été le terrain de jeux d’intérêts illégitimes, et qu’il en a payé un coût exorbitant.

Cette histoire complexe se prête certes aux caricatures, aux omissions, aux révisions. Elle est différemment interprétée selon que l’on est à Kigali ou à Kinshasa. Néanmoins, certaines critiques émanant du Congo sont légitimes, et, à ce titre, méritent d’être entendues. À défaut d’y apporter une réponse satisfaisante à court terme, il convient, côté rwandais (médias, intellectuels, influenceurs, décideurs, etc.), au minimum de faire preuve d’empathie, et d’éviter toute manifestation d’arrogance qui ne ferait que renforcer les factions bellicistes du gouvernement et de la société congolais.

Fierté rwandaise affirmée

Le Rwanda a beau être petit, enclavé, faiblement doté en ressources, il n’en reste pas moins qu’une partie de ses élites le considère comme une civilisation. C’est en tout cas un pays qui a une conscience historique de lui-même en tant que peuple. Il a une langue élaborée, une culture distincte, une spiritualité qui a structuré la vie des Rwandais pendant des siècles. L’histoire rwandaise est riche de l’épopée de ses guerriers. Sa monarchie a connu des heures de gloire dont la mémoire imprègne les classes dirigeantes aujourd’hui. Tout cela nourrit un sentiment de fierté affirmée, parfois de supériorité, qui s’est admirablement révélé dans la génération qui, en 1994, a mis un terme au génocide contre les Tutsis.

Cette génération, qui est toujours au pouvoir, s’est assignée pour mission, entre autres, de redonner une forme de grandeur au pays. Par conséquent, elle n’acceptera pas la place que lui confère sa taille. Et n’hésitera certainement pas, à chaque fois qu’elle sentira les intérêts vitaux du pays menacé, à « jouer le tout pour le tout ». Si le reste du monde peut se permettre de méconnaître, voire d’ignorer l’histoire récente du Rwanda et ses conséquences sur sa psychologie et sa forme de gouvernance, la RDC n’a pas ce luxe.

Des génocidaires toujours en liberté

D’abord parce qu’elle a activement participé à ladite histoire, ensuite parce que les enjeux de celle-ci sont de nature existentielle pour le Rwanda, enfin parce que, in fine, il est dans l’intérêt de la RDC de comprendre la portée de cette histoire. Cela fera bientôt trois décennies que le projet d’extermination des Tutsis rwandais a été mis en échec. Mais chaque année depuis, des génocidaires sont arrêtés et extradés vers le Rwanda. Que de telles personnes soient toujours en liberté constitue une menace majeure pour ce pays. Chaque année, des charniers sont découverts au Rwanda. Ils rappellent l’horreur absolue, mais aussi, fatalement, la possibilité d’une répétition de l’histoire.

Et si jamais – ce dont on peut douter – pour les autorités et le peuple congolais, la présence continue d’un groupe comme les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FLDR) sur le sol congolais est d’une manière ou d’un autre tolérable, il serait souhaitable d’en tirer les conclusions du point de vue rwandais. En effet, la présence d’un seul militant ou sympathisant FDLR de l’autre côté de la frontière rwandaise ne pourra qu’attiser la tension entre les deux pays.

D’un côté, comprendre l’équation sécuritaire du Rwanda, et le rôle majeur de la RDC dans celle-ci ; de l’autre, prendre la mesure du sentiment d’humiliation et du désir de revanche qui habitent les esprits congolais, et peut-être la part de responsabilité du Rwanda dans cette réalité, serait de nature à créer les conditions d’une remise à plat de la relation entre les deux pays. Ce serait déjà une victoire.

Avec Jeune Afrique par Yann Gwet

Essayiste camerounais. Diplômé de Sciences Po Paris, il vit et travaille au Rwanda.

RDC : Kinshasa accuse le Rwanda d’attaques sur son sol

mai 27, 2022

Alors que des affrontements entre l’armée et les combattants du M23 se déroulent désormais à une vingtaine de kilomètres de Goma, le chef de la diplomatie congolaise a clairement pointé du doigt la responsabilité de Kigali. Le Rwanda dément toute action militaire en RDC.

La rébellion du M23 menace toujours la ville de Goma, où l’armée congolaise est déployée. © Beatrice PETIT/REPORTERS-REA

L’inquiétude monte à Goma. « J’ai peur, je crains que le M23 arrive, il faut que l’armée repousse les rebelles », s’inquiète auprès de l’AFP Charlotte Kavira, vendeuse d’une trentaine d’années, à l’instar de nombreux habitants de la ville de l’Est de la RDC, où des renforts policiers sont visibles aux carrefours stratégiques. D’autres restent cependant confiants et poursuivent leurs activités, comme Muinguko Tulinabo, motard, qui considère que « la guerre est encore loin ».

« Des soupçons se cristallisent sur un soutien qu’aurait reçu le M23 de la part du Rwanda », déclarait mercredi soir le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, au sortir d’une réunion de crise autour du Premier ministre.

À cause de la situation sécuritaire, le président congolais Félix Tshisekedi a annulé sa venue au sommet de l’Union africaine à Malabo, qui s’ouvre ce vendredi 27 mai pour deux jours. Mais hier, depuis la Guinée équatoriale, son chef de la diplomatie, Christophe Lutundula, n’a pas mâché ses mots : « le Rwanda, je le dis sans hésitation, a attaqué le camp de Rumangabo », importante base des forces armées de RDC (FARDC) à une quarantaine de km au nord de Goma. Selon des sources locales, des combats se sont poursuivis jeudi 26 mai aux abords de ce camp, qui abrite le quartier général du parc national des Virunga, célèbre pour ses gorilles de montagne.

« Le M23 est soutenu par le Rwanda »

« Le M23 soutenu par le Rwanda a attaqué les troupes internationales » de l’ONU, a poursuivi le ministre, selon une vidéo mise en ligne par ses services. « C’est le summum de l’outrecuidance, nous ne pouvons pas rester indifférents, nous ne pouvons pas ne rien dire », a-t-il ajouté.

L’armée congolaise avait auparavant affirmé que « plus de 20 obus » venus de « l’Est » étaient tombés en territoire congolais, où des effets militaires dont les rebelles du M23 ne sont pas censés être équipés avaient par ailleurs été découverts. Elle ajoutait avoir demandé une enquête au Mécanisme de vérification conjoint élargi (MCVE), un organisme régional qui surveille et mène des enquêtes sur les incidents de sécurité dans la région des Grands Lacs.

Ancienne rébellion tutsi, le M23, pour « Mouvement du 23 mars », avait brièvement occupé Goma fin 2012 avant d’être vaincu l’année suivante par l’armée congolaise. Il est réapparu en fin d’année dernière, en reprochant aux autorités de Kinshasa de ne pas avoir respecté des engagements sur la démobilisation de ses combattants.

Lundi, c’était le Rwanda qui demandait une enquête au MCVE, affirmant que des roquettes venues de RDC avaient fait plusieurs blessés en territoire rwandais.

« Discours de haine »

Dans une déclaration de sa porte-parole Yolande Makolo, transmise à l’AFP, le gouvernement rwandais a réfuté les accusations congolaises. « Alors qu’il serait légitime que le Rwanda réponde aux attaques répétées des FARDC sur son territoire, il n’est pas impliqué dans les combats en cours », affirme Kigali, en qualifiant ces affrontements de « conflit intra-congolais ».

Les relations historiquement compliquées entre Kinshasa et Kigali s’étaient apaisées après l’arrivée au pouvoir, début 2019, de Félix Tshisekedi. Mais la résurgence du M23 a ravivé les tensions.

Depuis mardi, un nouveau front a été ouvert, lorsque des combats ont éclaté autour de Kibumba, à une vingtaine de km au nord de Goma, provoquant de nouveaux déplacements de populations et la coupure de la RN4, axe vital pour l’approvisionnement de la ville. La région de Kibumba était calme jeudi 26 mai, mais la route demeurait fermée.

Dans la ville, la tension était montée d’un cran la veille lorsqu’un haut responsable de la police, le général François-Xavier Aba van Ang, a encouragé les habitants à préparer leurs machettes pour se défendre. « La guerre contre l’ennemi doit devenir populaire », disait-il en lingala lors d’une parade de policiers.

Des organisations de défense des droits humains se sont émues de ces propos dans cette région ultrasensible. Sur Twitter, le porte-parole du gouvernement a lui aussi estimé que « le recours aux machettes, au discours de la haine, à la stigmatisation, est extrêmement dangereux et à bannir ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans l’est de la RDC, plusieurs villages passent sous le contrôle du M23

avril 10, 2022

Après des affrontements avec l’armée congolaise dans la région de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont occupé plusieurs localités avant d’annoncer qu’ils s’en retiraient.

Un soldat des FARDC, le 3 avril 2022, à 70 km de Goma, dans l’est de la RDC. © Guerchom NDEBO / AFP

« Il y avait des affrontements assez violents autour de la centrale ce matin », dans la zone du parc des Virunga. « La ligne de front est à Matebe », dans le territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu, a déclaré une source au sein de cette réserve.

« Les rebelles du M23 occupent Gisiza, Gasiza, Bugusa, Bikende-Bugusa, Kinyamahura, Rwambeho, Tshengerero, Rubavu et Basare », ils tiennent toujours « Runyoni et Tchanzu », a ajouté Nestor Bazirake, rapporteur des organisations de la société civile du groupement (un groupe de villages) de Jomba.

L’armée contrôle la cité de Bunagana et le pont Rwanguba, a-t-il indiqué, ajoutant que par « peur » de nouvelles attaques rebelles, « les habitants ont fui vers l’Ouganda, Kiwanja et Rutshuru centre », deux localités congolaises.

« Les habitants ont peur »

La situation était plutôt « calme » dans la localité voisine de Kabindi, mais « les habitants ont peur, certains passent la nuit dans des écoles et d’autres dans la forêt », a témoigné un habitant, Jean de Dieu Uwimana, joint au téléphone depuis Goma, capitale provinciale.

Puis le M23 a annoncé avoir pris la « décision de se retirer, une fois de plus, de ses positions nouvellement conquises (…) pour permettre la prise en charge de ses préoccupations à travers un dialogue franc et fructueux avec le gouvernement » congolais, indique-t-il dans un communiqué.

LE M23 N’A JAMAIS EU L’INTENTION DE FAIRE DES CONQUÊTES DES ESPACES POUR LES ADMINISTRER, A AFFIRMÉ LE MOUVEMENT REBELLE

Le M23 « n’a jamais eu l’intention de faire des conquêtes des espaces pour les administrer, notre seule motivation est le règlement pacifique de la crise » qui l’oppose au gouvernement de Kinshasa, ajoute-t-on. Il n’était toutefois pas établi à la mi-journée dimanche que le retrait de la dizaine de villages concernés était effectif.

Le mouvement rebelle a aussi exprimé « son intention de remettre au comité international de la Croix-Rouge tous les [militaires] de l’armée nationale capturés sur la ligne de front en vue d’une prise en charge appropriée ».

Les combats entre l’armée et le M23 avaient repris mercredi après quelques jours d’accalmie. Dans une vidéo daté de vendredi, le porte-parole du M23 a indiqué que le mouvement rebelle avait « riposté vigoureusement » contre l’offensive de l’armée.

LE M23 REPROCHE AUX AUTORITÉS DE KINSHASA DE NE PAS AVOIR RESPECTÉ DES ENGAGEMENTS SUR LA DÉMOBILISATION DE SES COMBATTANTS

Issu d’une ancienne rébellion tutsi congolaise, le M23, aussi appelé « Armée révolutionnaire congolaise », avait été vaincu en 2013 par les FARDC mais il est réapparu en fin d’année dernière, reprochant aux autorités de Kinshasa de ne pas avoir respecté des engagements sur la démobilisation de ses combattants.

Les 28 et 29 mars, il était sorti de ses bastions d’altitude pour venir attaquer des positions de l’armée.

Après deux jours de violents combats, qui avaient provoqué la fuite de plusieurs dizaines de milliers de villageois vers le centre de Rutshuru et vers l’Ouganda, les rebelles avaient déclaré un « cessez-le-feu unilatéral », en affirmant souhaiter « un règlement pacifique de la crise qui (les) oppose au gouvernement ».

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC: 16 morts dans des combats entre l’armée et le M23

février 23, 2017

Goma (RD Congo) – L’armée congolaise a affirmé que seize personnes ont été tuées en trois jours dans des combats qui ont opposé les forces loyalistes et les rebelles du « Mouvement du 23 mars » (M23) dans l’est de la République démocratique du Congo (M23).

Dans les affrontements qui ont duré ces trois derniers jours, les FARDC (Forces armées de la RDC) ont « résisté » et « ont mis en déroute » les rebelles du M23″, a déclaré à l’AFP le major Guillaume Djike, porte-parole des opérations Sukola 2 dans la province troublée du Nord-Kivu, ajoutant que « le bilan est de 16 morts ». Cinq rebelles ont été capturés et 58 autres se sont rendus.

« Aujourd’hui (jeudi) la situation est calme. Nous demandons à la population qui a fui les combats jusqu’en Ouganda de regagner le pays car la situation est déjà rétablie dans le [territoire de] Rutshuru », a déclaré au téléphone à l’AFP Liberata Buratwa, administrateur de territoire adjoint de Rutshuru.

Mi-janvier, le gouvernement congolais et de nombreux témoignages d’habitants avaient fait état de la présence dans la région de Rutshuru (Nord-Kivu) d’ex-combattants du M23 en provenance de l’Ouganda voisin.

Mais, le M23 affirme que « les ex-combattants qui retournent dans leur pays sont non-armés et n’avaient aucune intension de faire la guerre ». Il accuse le gouvernement de refuser « d’appliquer ses engagements » dont la mise en oeuvre devaient « faciliter le retour au pays des réfugiés et des ex-combattants du M23 », ce qui a « obscurci toute perspective d’un retour organisé » et a « ouvert la voie à un retour incontrôlé et individuel ».

Cependant, pour la Monusco le M23 représente « une menace actuelle » pour la sécurité dans l’est de la RDC et elle dispose « de multiples indices » sur la présence de ces ex-combattants sur le territoire congolais.

Dans un communiqué rendu public mercredi à Kampala, le M23 a estimé que « le choix du gouvernement d’imposer la guerre aux ex-combattants retournés au pays, les contraignant ainsi à se défendre, constitue un signal négatif envoyé à leurs collègues restés dans les centres de cantonnement », en Ouganda et au Rwanda. « Car, ils comprendraient qu’ils ne sont pas les bienvenus dans leur propre pays, ce qui risquerait de conforter la logique de la confrontation », a écrit son président Bertrand Bisimwa.

Dernier avatar de la rébellion à dominante tutsi soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, le M23 avait été vaincu par les FARDC appuyées par les Casques bleus en 2013, après dix-huit mois de guérilla au Nord-Kivu. Plusieurs centaines de ses combattants avaient alors trouvé refuge en Ouganda, où ils ont été cantonnés dans la base militaire de Bihanga et au Rwanda.

L’est de la RDC, est ravagé depuis plus de vingt ans par des conflits armés menés par des groupes armés parfois soutenus par des pays voisins, et qui se livrent au pillage des ressources naturelles du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 23 février 2017 17h46)             

RDC: 200 ex-combattants du M23 réfugiés en Ouganda investissent une localité dans l’est (officiel)

janvier 15, 2017

Kinshasa – Les autorités congolaises ont annoncé dimanche l’entrée sur le territoire de la République démocratique du Congo de 200 ex-combattants du « Mouvement du 23 mars » (M23), un groupe rebelle défait en 2013, en provenance de l’Ouganda voisin où ils étaient réfugiés.

« Deux colonnes d’anciens éléments de la rébellion du M23 ont franchi hier la nuit les frontières en provenance de l’Ouganda investissant le village d’Ishasha », a annoncé à l’AFP Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais.

« Comment nos voisins ougandais avec qui nous avons des engagements très sérieux ont-ils laissé des personnes cantonnées dans des camps de réfugiés pénétrer, armées dans nos frontières ? », s’est interrogé M. Mende.

« Il y a déjà des affrontements avec les Forces armées de la RDC (FARDC) parce que l’armée congolaise ne laissera personne traverser nos frontières sans autorisation, avec des armes », a ajouté M. Mende.

Ishasha est une localité du territoire de Rutsuru située à 155 km au nord-est de Goma, capitale la province déchirée du Nord-Kivu frontière avec l’Ouganda.

Le M23 est le dernier mouvement des rébellions à dominante tutsi soutenues par le Rwanda et l’Ouganda dans l’est de la RDC.

Le M23 a été vaincu en novembre 2013 par l’armée congolaise avec l’appui de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) après dix-huit mois de guérilla au Nord-Kivu (est de la RDC).

En décembre 2013 à Nairobi, le M23 et Kinshasa avaient signé des engagements pour, notamment ouvrir la voie au rapatriement de la plupart des combattants de l’ex-rébellion en vue de leur réinsertion dans la vie civile.

Depuis, le mouvement de retour n’a pas été massif. Selon Kinshasa, seuls 193 miliciens sur 1.500 ont été rapatriés d’Ouganda et 13 sont volontairement rentrés du Rwanda sur les quelques centaines qui y étaient hébergés.

Les autorités congolaises accusent régulièrement leurs voisins (le Rwanda et l’Ouganda) d’avoir laissé « ces criminels circuler librement » sur leurs territoires respectifs alors qu’ils devraient être jugés.

Romandie.com avec(©AFP / 15 janvier 2017 10h49)      

RDC: les rebelles du M23 « prêts à désarmer à deux conditions »

septembre 8, 2013

Les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), actifs dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), sont « prêts à désarmer » et à retourner à la vie civile sous « deux conditions », a déclaré dimanche à l’AFP leur chef, Bertrand Bisimwa.

« Nous sommes prêts à désarmer à deux conditions : premièrement, que soit réglée la question des FDLR [NDLR: milice hutue rwandaise présente dans l’est de la RDC] et, deuxièmement, le retour des réfugiés congolais qui vivent dans des camps », au Rwanda, en Ouganda et au Burundi, a indiqué le président du M23, joint par téléphone de Kinshasa.

Alors que la rébellion a subi un important revers face à l’armée régulière soutenue par la force de l’ONU fin août, et qu’elle apparaît isolée sur le plan international, M. Bisimwa a indiqué que son mouvement est prêt à abandonner les armes avant d’obtenir gain de cause sur l’ensemble de son « cahier des charges ».

Le 2 septembre, le porte-parole militaire du M23, Vianney Kazarama, avait déclaré que son mouvement était prêt à « déposer les armes » mais ne le ferait que si Kinshasa répondait à sa « revendication légitime ».

« Le M23 n’est pas intéressé par l’intégration au sein de l’armée [congolaise] ni au sein du gouvernement congolais », a précisé M. Bisimwa, dont le mouvement est né en mai 2012 d’une mutinerie d’anciens miliciens tutsis qui avaient été réintégrés aux Forces armées de la RDC (FARDC) en 2009.

« Cette armée n’est pas attrayante », a encore dit M. Bisimwa à l’AFP, « le M23 est prêt à se démobiliser et à rentrer dans la vie civile ».

Mais pour cela, a-t-il insisté, il faut que les réfugiés congolais tutsi puissent « rentrer » et que les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) « soient neutralisés ».

Les FDLR sont composés de Rwandais hutus réfugiés en RDC (alors le Zaïre) après le génocide rwandais de 1994 et qui veulent mettre à bas le régime tutsi au pouvoir à Kigali depuis lors.

« Nous ne les voulons plus sur notre territoire », a déclaré M. Bisimwa.

Jeuneafrique.com

RDCongo : nouveaux combats au nord de Goma

août 22, 2013

GOMA (RDCongo) – Des affrontements ont opposé mercredi soir et jeudi matin le mouvement rebelle M23 et l’armée gouvernementale congolaise au nord de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris de sources militaires dans cette ville, capitale de la province du Nord-Kivu.

Les combats, qui ont débuté mercredi soir et ont repris à l’aube, se sont déroulés à proximité des villages de Mutaho et Kibati, situés à une vingtaine de kilomètres de Goma, selon les mêmes sources. Aucun bilan n’a pu être obtenu de part et d’autre.

Dans un communiqué transmis à l’AFP en fin de matinée le M23 a accusé les forces gouvernementales de vouloir généraliser cette offensive. La guerre absurde relancée par le gouvernement congolais aurait des allures d’un coup de colère suite à l’échec de sa diplomatie militariste ces dernières semaines écrit le porte-parole de mouvement, M. Amani Kabasha.

Selon lui cette reprise de l’offensive armée par les FARDC est en violation de récentes recommandations du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, de la Conférence Internationale sur la Région des Grands-Lacs ainsi que la SADC pour la reprise des pourparlers de Kampala.

Selon un officier des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les troupes régulières ont été attaquées sur les positions qu’elle occupent depuis mi-juillet à environ 20 kilomètres de la capitale régionale. L’officier, qui a préféré garder l’anonymat, n’a donné aucun bilan de ces tirs effectués selon lui à l’arme lourde.

Le major Modeste Bahati, officier de renseignement du M23, interrogé par l’AFP, a affirmé que les forces rebelles restaient sur leurs positions. Il n’a pas non plus donné de bilan des affrontements.

Mi-juillet, après environ deux mois de trêve, les combats avaient repris entre l’armée et le M23 à la faveur des forces régulières. Le gouvernement avait annoncé la mort de 120 rebelles et de 10 soldats. Depuis, les affrontements ont repris épisodiquement sans être suivis de mouvements importants autour de l’axe Kibati-Mutaho.

Le M23, actif depuis mai 2012 dans le Nord-Kivu, est essentiellement composé de Tutsi congolais intégrés dans les FARDC à la faveur d’un accord de paix signé en 2009 qui se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n’avait jamais été pleinement respecté. Leur nombre est estimé à environ un millier.

Kinshasa et l’ONU ont accusé le Rwanda et l’Ouganda de soutenir le M23, ce que ces deux pays voisins de la RDC ont toujours démenti.

Romandie.com avec (©AFP / 22 août 2013 14h44)

RDCongo: 130 morts dans les combats près de Goma

juillet 15, 2013

KINSHASA – Les combats en cours depuis dimanche près de Goma (Est de la République démocratique du Congo) ont fait 130 morts, a affirmé lundi le porte-parole du gouvernement, assurant que 120 rebelles et 10 soldats avaient été tués.

Nos forces ont infligé de très lourdes pertes aux assaillants du M23: 120 assaillants ont été tués et 12 capturés, a assuré le porte-parole de Kinshasa, Laurent Mendé, au cours d’une conférence de presse, ajoutant que 10 soldats des forces armées de RDC avaient trouvé la mort.

Selon le porte-parole, les rebelles du Mouvement du 23 mars, soutenus par des troupes régulières rwandaises, ont attaqué les positions des FARDC. Depuis plusieurs semaines, les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais renforçaient leurs positions a-t-il dit.

Ces affrontements avaient débuté dimanche après-midi à Mutaho, à une dizaine de kilomètres au nord de Goma, et se sont poursuivis lundi matin. Des tirs de mortiers étaient audibles depuis les faubourgs de Goma, selon des sources locales.

Les forces des Nations unies présente en nombre à Goma n’ont pas été impliqués dans ces combats, a précisé le porte-parole.

Le bilan de ces affrontements n’est pas encore définitif, mais jusque-là, les FARDC ont répondu avec bravoure et efficacité à cette agression, a dit M. Mendé. Selon lui, les forces loyalistes ont également reconquis quelques positions de l’ennemi qui a fui vers Kilimanyoka, à proximité de Kibati.

Le M23 est constitué d’ancien militaires congolais, essentiellement rwandophones (parlant le Kinyarwanda), qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui en hommes et en munitions des gouvernements ougandais et rwandais. Ces deux pays nient toute assistance au M23.

Le mouvement rebelle, qui avait occupé Goma, la capitale du Nord-Kivu, pendant une dizaine de jours en novembre 2012. Il avait quitté la ville sous la pression des pays de la région, en échange de négociations avec le gouvernement. Mais depuis, ces discussions achoppent sur l’évolution du M23 et l’intégration de ses hommes au sein des forces armées (FARDC).

M. Mendé a accusé les forces négatives du M23 et leurs sponsors dans la région d’avoir relancé les hostilités en tirant à l’arme lourde sur les FARDC.

Le porte-parole du gouvernement a refusé de préciser l’importance des troupes engagées dans cet affrontements. Selon des sources locales, trois bataillons des FARDC – soit environ 2.000 hommes – seraient engagés.

Romandie.com avec (©AFP / 15 juillet 2013 17h03)

RDC : 3069 hommes pour la brigade d’intervention de l’ONU dans l’Est

avril 13, 2013
 

Des Casques bleus de l'ONU près de Goma, dans l'est du Congo, le 18 novembre 2012. Des Casques bleus de l’ONU près de Goma, dans l’est du Congo, le 18 novembre 2012. © AFP/Phil Moore

La brigade d’intervention de l’ONU qui doit être déployée pour combattre les groupes armés actifs dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) comptera 3.069 hommes, a-t-on appris samedi auprès de Mission de la l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco).

La brigade d’intervention de l’ONU qui doit être déployée pour combattre les groupes armés actifs dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) comptera 3.069 hommes, a-t-on appris samedi auprès de Mission de la l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco).

La brigade comptera « 3.069 hommes, c’est le chiffre officiel » a déclaré à l’AFP Madnodje Mounoubai, porte-parole de la Monusco, chargée de la protection des civils et à laquelle sera intégrée la brigade onusienne. L’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Malawi doivent fournir des troupes.

« Chaque pays va contribuer à envoyer un bataillon d’infanterie de 850 soldats, ce qui fait 2.550 hommes. Il reste 519. Ces 519 sont répartis en une compagnie d’artillerie, une compagnie de forces spéciales et une compagnie de reconnaissance », a expliqué M. Mounoubai. Il a précisé que la brigade opèrerait sous le commandement d’un général tanzanien.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 28 mars une résolution créant une brigade d’intervention chargée de lutter contre les groupes armés dans l’Est, en tête desquels le Mouvement du 23 mars (M23) – une rébellion que des experts de l’ONU disent soutenus par le Rwanda et l’Ouganda voisins, ce que ces deux pays réfutent.

Ainsi renforcée, la Monusco se voit confier la tâche supplémentaire de « mener des opérations offensives et ciblées » – seule ou avec l’armée congolaise – pour « stopper le développement de tous les groupes armés, les neutraliser et les désarmer ».

Vendredi, le M23 a déclaré à l’AFP qu’il s’accorderait « le droit de riposter » en cas d’attaque de la brigade d’intervention. Il a par ailleurs écrit aux parlements d’Afrique du Sud et de Tanzanie afin qu’ils poussent leur gouvernement à annuler l’envoi de soldats dans l’Est congolais.

Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, avait annoncé que la brigade serait déployée d’ici « la fin du mois d’avril ». De son côté, l’ONU a indiqué que les premières troupes seraient en place d’ici quelques semaines.

Jeuneafrique.com avec AFP